Le vote conservateur, le choix de la zone de confort

[Article écrit avant le 1er tour, peut-être délicieusement anachronique]
J-3 avant le premier tour (ENFIN) et ça débat sec partout où vous allez : au travail, sur les réseaux sociaux, en famille, dans l’ascenseur, dans le métro. Il y a ceux qui sont convaincus, ceux qui ne savent pas… et ceux qui flippent. Et quand j’entends celà, je me demande : le vote conservateur est-il le choix de la zone de confort ?

Sortir de sa zone de confort

Quand je traînasse sur LinkedIn, entre deux équations “que seuls 10% des gens pourront résoudre (ou n’importe quel élève de CE2)”, demande de likes pour trouver du boulot ou mantras à la con, tu vois plein d’appels à quitter sa zone de confort, tenter l’aventure pour réussir. Si j’y vois souvent du bullshit, j’y vois un parallèle intéressant avec le choix politique : aurions-nous une peur panique du changement ? Je lis des échanges à droite à gauche, notamment sur l’Union Européenne et l’euro en mode “ouais mais si on sort, ce sera l’apocalyyyyyypse, regarde le Brexit !”. Alors de 1/ sur le Brexit, faut pas oublier qu’en dehors de Londres, l’Angleterre est un pays avec une paupérisation catastrophique mais surtout de 2/ à part la mère Le Pen et Asselineau, personne ne parle de sortir de l’Euro. Et non, pas Mélenchon, désolée de vous contredire : ce n’est que son ultime recours si la renégociation des traités européens échouent. Et je suis désolée mais l’UE est un échec. Regardez la Grèce, surveillez l’Espagne et l’Italie. Si vous, ça vous gêne pas de faire crever les voisins (tout en ignorant bien leur crise des migrants au passage), ok, bien, mais ne vous faites pas avoir par les épouvantails alarmistes…

Effrayant épouvantail

Parce que je parle de l’Europe mais c’est pas le seul cas. On va pas sortir du nucléaire parce que ohlala, ça coûte cher… alors que bon, un accident, ça coûtera beaucoup plus mais ce n’est pas trop plausible. Ce n’est pas impossible, juste que la probabilité est en notre faveur. Plus personne ne veut de cette énergie, la plupart des pays glissent petit à petit vers une énergie renouvelable moins polluante mais nous, on est leaders, hého ! Oui, cool, mais être leader de quelque chose que personne ne veut plus, je vois pas super l’intérêt. Et pour rappel, on n’a qu’une seule planète…

Centrale nucléaire

Et les emplois ? L’économie ? Le tournant de la rigueur, c’était en 83… Vous trouvez qu’on va mieux, vous ? On a beau changer le nom du président et du premier ministre, on a toujours les mêmes discours nauséabonds sur les salauds de pauvres qui tuent la France, se serrer la ceinture, encore et encore, travailler plus et gagner moins parce que regarde le chômage chez les voisins. Oui, les gens vivent mal, coûtent un fric monstre à la société car leur santé est niquée mais les courbes du chômage, elles sont plus cools que les nôtres. 34 ans, 34 ans qu’on nous fait culpabiliser alors que pendant ce temps, un de nos chers candidats a détourné un million sur les deniers publics (ça en fait des mecs au RSA qui fraudent pour arriver à une telle somme) et que dire des salaires de nos députés et sénateurs, des caisses noires, des détournements et petit arrangements… mais ce sont les pauvres le problème, c’est nous qui ne voulons pas nous serrer la ceinture d’un cran de plus, nous qui ne voulons pas accepter de gagner moins tout en bossant plus. Je ne suis pas allergique à l’effort mais à un moment, faut que je sois convaincue que ça paye.

Des efforts pour l'austérité

Je suis une solidaire. Je ne suis pas de gauche, je ne suis pas socialiste, communiste, trotskyste ou ce que vous voulez, je suis juste solidaire. Je sais que par ma naissance, je suis privilégiée : oui, je suis une femme MAIS je suis blanche, issue d’une classe riche donc j’ai pu choisir mes études et si j’ai bossé pendant mes études, c’était de l’argent de poche. Je fais aujourd’hui de la classe aisée parce que j’ai un boulot qui paye pas si mal parce que j’ai un master 2 que j’ai pu avoir car mes parents ont tout payé. Je suis blanche donc je n’ai jamais eu de soucis à l’embauche (je fais jeune, on ne se pose jamais la question de ma reproduction). Donc je trouve normal de repartager ma part du gâteau parce qu’elle est très grosse alors que mon voisin n’a eu que des miettes. Donc en tant que solidaire, je ne suis pas dérangée par les impôts si l’argent va bien dans un système solidaire. Surtout que bon, aujourd’hui, je suis du côté de ceux qui donnent mais peut-être qu’un jour, je serai du côté de ceux qui reçoivent. J’ai eu la jambe cassée, la solidarité m’a payé mes frais médicaux, mon séjour à l’hôpital… Bon, au pire, j’aurais pu payer, mes parents auraient pu m’aider mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Je n’ai pas peur de perdre parce que finalement, je serai toujours dans celles qui s’en sortent parce que j’aurai toujours un emploi et un revenu. Vivre un tout petit peu moins bien (aka faire un peu moins appel au jap’ quand on a la flemme de manger, prendre les transports au lieu d’un Uber et voyager un peu plus à la roots) si ça peut permettre que mon voisin vive juste décemment, comment on peut refuser ce contrat, sérieusement ?

Solidarité

Mais les conservateurs le savent : on a peur. La bête immonde est à nos portes, chaque parti prendra soin de mettre un de ces adversaires à la place de cette bête. Pourtant, a-t-on réellement quelque chose de grave à perdre ? Peut-on se dire que continuer dans ce modèle qui cumule les échecs, c’est plus sécure ? Parce que quand on voit ce qu’on nous proposait comme changement en 2012, finalement, on n’aime pas risquer, on préfère rester dans sa zone de confort et s’indigner devant ses hippies qui manifestent pour un autre monde en se disant que, oui, quand même, si la police les a frappé/gazé, c’est sans doute qu’ils l’avaient bien cherché.

Vote conservateurvote

Pourtant, pardon mais quand on voit ce qu’on a, comment peut-on avoir peur de changer la donne ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Eteins cette chaîne d’info en continu

Depuis quelques temps, l’actualité s’emballe : Nuits debouts, manifestations, les Migrants, la guerre, les attentats… Ça fuse dans tous les sens. En écho au fond, vaguement le Brésil, un peu plus le Brexit, le défilé des milliers d’aspirants candidats aux primaires des Présidentielles qui viennent sur les plateaux répéter toujours les mêmes choses. Difficile de tout suivre, de tout comprendre. Alors allumons la télé sur une chaîne d’info en continu et voyons ce qu’il se passe.

Allumer sa télé pour mettre une chaîne d'info en continu pour comprendre le monde

Alors non, juste non. Plus jeune, je ne ratais pas la grande messe du 20h car, aspirante journaliste, je me devais de suivre l’actualité. Je me la pétais meuf informée car je ne ratais aucun JT ou émission de reportages et le soir, quand il n’y avait plus grand chose à regarder à la télé, je me branchais sur I télé, écoutant distraitement Thierry Dugeon commenter l’actualité. Et c’est ainsi que j’avais vécu la détresse en direct de Jimmy Jean-Louis lors du tremblement de terre à Haïti, un moment violemment malaisant. Mais j’étais au courant et c’était bien ça qui comptait.

Thierry Dugeon, journaliste sur une chaîne d'info en continu, I télé

Sauf que non, toujours. Revenons en arrière, au printemps 2003. J’animais à l’époque une émission sur un radio associative toulousaine avec une petite équipe d’historiens et nous étions avides d’apprendre. Quand l’association a proposé un stage en collaboration avec une télé pirate dans les anciens locaux de la Préfecture aka l’immense squat d’artistes du centre-ville, on a dit oui. A un moment, on se retrouve à faire un exercice où il fallait montrer qu’un coin de Toulouse était nase quand une autre équipe devait précisément montrer l’inverse. Et voici comment en jouant sur les angles et les montages, tu fais passer une place pour un havre de paix et de beauté ou pour un coupe-gorge sinistre et poussiéreux (pour ceux qui connaissent Toulouse, on avait fait ça sur la place St Georges).

La place St Georges à Toulouse

Dire que j’y passais tous les matins pou aller en cours… Toulouse me manque tellement

L’image a un pouvoir insensé : elle fait preuve. Ca existe, j’ai vu les images. Toutes les vidéos complotistes vous démontreront assez facilement que non, l’image n’est pas une preuve. Je ne parlerai pas de trucage ici car tel n’est pas le sujet mais ce n’est pas l’image seule qui raconte l’histoire mais la juxtaposition qui crée le sens. Et vous savez ce que vendent les chaînes d’info ? L’anxiété, la peur, le suspense, l’attente. J’exagère ? Bah posez-vous la question : pourquoi regardons-nous les chaînes d’info ? Pour se tenir au courant de ce qu’il se passe. En somme, s’il ne passe rien, on n’a aucune raison de regarder. Alors on brode, on scénarise. Pendant les attentats, on a beaucoup parlé pour ne rien dire mais ce n’est pas nouveau. A l’époque de l’attentat à Boston, je matais pas mal les chaînes d’info en continu que je mettais en fond pendant que j’écrivais ou jouais à Yahoo! jeux et je passais la soirée sur Itélé à essayer de comprendre le pourquoi du comment. Et j’ai eu droit à ces fulgurances d’un expert en expertise “oh ben vous savez, Obama, il vient d’être réélu et il est Noir alors faudrait peut-être regarder du côté du Tea Party, c’est sans doute un attentat raciste”. Mmmmm… You lose Mr l’expert, revenez la semaine prochaine.

Jolies tasses en porcelaine, service à thé

Sans aucun rapport avec la choucroute, juste que j’aime bien les tasses en porcelaine fleuries

Ah oui, les experts, parlons en. Il paraît normal, pour décrypter la course de l’humanité vers sa destruction finale suite à une terrible guerre de civilisation (oui, à force de regarder ces chaînes, vous en êtes à peu près là), de faire appel à ceux qui ont le savoir. Sauf que… pour faire de la télé, on ne prendra pas forcément la personne la plus compétente mais celle qui passe le mieux à la télé. Pour vous en convaincre, je vous renvoie à la très bonne vidéo d’Usul sur le philosophe, aka BHL, le “philosophe de service” (supplanté depuis quelques temps par Raphaël Enthoven, de ce que je comprends). Les experts qui vous assènent des vérités n’en savent in fine guère plus que vous sur un sujet donné. Prenons par exemple l’expert en aéronautique Christophe Naudin, qui navigue de plateaux en plateaux à chaque avion qui plante. Alors son fait de gloire : il a énoncé en 1er que le MH17 avait sans doute été abattu par un missile Sol-Air. Bien joué… Mais à force de balancer des hypothèses dans l’attente de nouvelles informations, à un moment, tu peux toucher juste. Et si tu te plantes ? Ca fera plaisir aux conspirationnistes qui diront que si, si, c’est un missile, ils l’ont entendu à la télé mais le gouvernement nous ment, ils cachent la vérité. Sinon, pour finir sur Naudin, c’est le même qui a affirmé que la pièce trouvée à la Réunion ne pouvait en aucun cas appartenir au MH370 (alors que si) et il est actuellement mouillé dans l’affaire Air Cocaïne car il a aidé les deux pilotes impliqués à s’évader. Voilà un petit portrait rapide de celui dont vous avalez les paroles.

Les différents scenarii du crash du MH370

Parce que oui, on touche là le souci majeur du média télé : ça va vite, on avale ça sans recul et on finit par imprimer une vision subjective du monde, on finit par avoir peur de son prochain, surtout s’il est basané, on finit par imaginer des plages envahies de burkinis et des métros pleins de burqas, on pleure pour une chemise déchirée ou une Porsche brûlée sans penser aux dizaines ou centaines de familles qui se retrouvent acculées à la misère suite à un licenciement… Parce que eux, en fait, on ne vous les montre pas. On tendra toujours plus volontiers le micro à un Zemmour, nauséabond, menteur et manipulateur mais qui fait le “buzz” qu’à des citoyens lambdas broyés par une machinerie capitaliste, par exemple. Parce que la misère, c’est chiant, c’est pas télégénique alors qu’une bonne polémique qui pue le rance, ça passe : on ne diffuse pas encore en odorama.

Couverture du livre d'Eric Zemmour "Un quinquennat pour rien", chroniques de la guerre de civilisations, un livre qui pue la merde

Ah bah vous voyez, quand je parlais de fantasme de guerre de civilisations (je ne savais même pas que ce livre existait avant de faire une recherche icono pour Zemmour)

Bref, vous avez envie d’être informés ? Alors éteignez cette télé, lisez. Les dépêches AFP si vous voulez du (relatif) factuel, des magazines ou journaux à la pelle et croisez, croisez encore vos sources, toujours. Allez chercher l’info à l’extérieur dans la mesure du possible si votre maîtrise d’une langue étrangère le permet. Parce que rien n’est objectif, il y a toujours des objectifs de vente derrière, ne nous mentons pas. Mais lire étant déjà une activité plus active que simplement regarder (surtout que j’aimerais savoir qui regarde la télé, surtout ces chaînes là, sans faire autre chose en même temps), il est plus facile de mettre en branle son esprit critique… surtout que grâce à Internet, on est toujours qu’à un clic d’une info complémentaire sur quelque chose qui nous interpelle un peu.
Bref, ouvrez-vous, fermez la télé.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Comment vivais-je sans lui ?

Parce qu’en ce moment, l’actualité m’énerve prodigieusement et que j’ai beaucoup à en dire, parce que j’ai encore plein de trucs à raconter sur le Canada et parce que j’arrive pas trop à écrire sur ma série sur les plans culs, je vous propose aujourd’hui un article niais sur l’Amour à base de “mais comment vivais-je sans lui, avant ?”. Apologie du couple heureux

Couple heureux

Oueeeeee !

Intérieur nuit, quelque part entre 23h et minuit, deux corps lovés l’un contre l’autre, peau contre peau, un sourire se dessinant sur mes lèvres. Mon esprit flotte et quitte peu à peu sa pleine conscience pour glisser doucement dans le sommeil. Les nuits où je m’endors avec lui, j’ai rarement de pensées parasites de type “je suis en retard sur mon dossier, comment faire ?” “Ca va être serré niveau tunes ce mois-ci”, “comment il/elle m’a énervée aujourd’hui, j’aurais dû lui dire ça pour lui clouer le bec”. Rien de tout ça. Je cède doucement au sommeil, certaine d’avoir mon content de repos, sans cauchemars.

conseils-pour-dormir-en-couple

Mais comment vivais-je sans lui, avant ? Je sais pas vous mais c’est souvent une question qui vient gentiment me titiller quand je suis heureuse en couple avec quelqu’un… Il y avait un avant, il y a un pendant. Et autant vous dire qu’avec Victor, ces derniers temps, le pendant se démarque remarquablement de l’avant, notamment sur cette histoire de sommeil : célibataire (ou quand je dormais sans lui), je me couchais rarement (jamais) avant 2h du matin et autant vous dire que je ne connaissais pas de réveil riant. Ces derniers temps, on fait un 23h/0h – 7h du mat sans ciller. Même le week-end, on commence peu à peu à émerger avant une heure à deux chiffres. Mais ne remplace-t-on pas finalement des habitudes par d’autres qui nous rend l’autre indispensable ? Si je prends mes dernières grosses ruptures, il y a toujours une peur primale dans la séparation : comment vais-je vivre sans l’autre ? Même si on ne s’aime plus, même s’il faut parfois arrêter les frais, on renonce aussi à son petit confort de vie, ces petites habitudes rassurantes. Quand je romps avec quelqu’un avec qui je suis restée quelques temps, il me vient toujours cette même exigence : “on reste amis, hein ?”. Parce que la vie sans lui me paraît inconcevable.

Bon, c'est sûr que quand ton ex, c'est le frère de ta meilleure amie, t'as pas trop le choix de rester en contact

Bon, c’est sûr que quand ton ex, c’est le frère de ta meilleure amie, t’as pas trop le choix de rester en contact

Et pourtant… Si je compte mes ex dans mon entourage immédiat, on arrive à peu près à… zéro. Quelques textos de bonne année/ joyeux anniversaire échangés avec Guillaume 1er et c’est tout. Et je le vis très bien. Parce que oui, dans une relation amoureuse, l’autre devient à un moment un rouage important, essentiel, de notre vie. Comme notre meilleurs amis, notre famille. On s’ébahit d’avoir pu vivre sans lui ou elle avant mais finalement, ce qu’on n’a pas ne peut pas nous manquer. Et puis n’oublions pas : en amour, l’ocytocine nous saupoudre tout d’une jolie couche de paillettes.

pluie-paillettes

Mais en attendant, en m’endormant hier soir, j’étais juste bien. Alors j’ai envie de dire : merci ocytocine et merci ma vie avec lui. Des fois, le bonheur, ça fait du bien.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Caressée par un requin

La peur est une chose un peu étrange : elle vous rend visite à l’improviste mais peut aussi vous poser un lapin. Voici donc l’histoire de ma plongée de nuit avec les requins (brrrr).

maldives-fujifilm 041

En général, quand tu vas aux Maldives, on te promet « du gros ». Ayant réussi l’exploit de ne jamais croiser de requin en plongée (enfin, si, un de loin en Égypte), je restais circonspecte : sur les brochures, on te met toujours des requins baleine et des raies manta ou des tortues mais à l’arrivée… Premier jour de plongée aux Maldives, 2 plongées requin. Pardon 2 Putains de plongées requin (dans le sens « waouuuuuh »). Pourtant la 1ère partait mal, mes oreilles passaient pas. Mais une fois crochetée en bas, c’est le spectacle : des requins corail, des requins gris, du thon, des poisson perroquets, ça défile devant toi comme les Parisiens quand t’es enterrassé en été. Peur ? Bah non, ils s’approchent pas ! Mais le soir allait être une autre paire de manche…

maldives-fujifilm-025-02

Le soir, c’était donc the plongée requin. Une plongée facile : on descend, on s’accroche avec nos crochets et on assiste au spectacle. Là, des dizaines de requins nourrices passent dans tous les sens pour manger. Accrochée à mon rocher, je suis hallucinée. C’est si surréaliste ! Un requin passe à côté de moi, caresse ma peau et part vivre sa vie. Et j’ai même pas eu peur. Même quand je me suis couchée (par maladresse) sur l’un d’entre eux qui mangeait sous le rocher auquel j’étais accrochée. Zen la Nina. Même quand une raie est venue me voler pas loin. Une de mes collègues de plongée (plus expérimentée que moi, j’étais la newbie de la semaine) m’a dit avoir crié au début tellement elle flippait. Alors que moi, j’ai juste eu un peu d’appréhension quand, avant de sauter, on a vu passer des dizaines de requins dans l’eau. Heu… Oui, ok, ils sont pas méchants les requins nourrices mais je suis pas sûre que ça les amuse de prendre sur la tronche une flopée de plongeurs. On peut les comprendre.

maldives-fujifilm 040

Mais une fois sous l’eau, c’est si incroyable qu’on ne pense pas au danger. Danger certes relatif mais on parle d’animaux sauvages, on ne sait jamais… Ils te frôlent, caressent, bousculent mais tout se passe comme dans un rêve. Et même pas t’as peur. Heureusement car la semaine nous a réservé des plongées bien difficiles, je vous raconte ça très vite ! (Demain à priori)

maldives-fujifilm 034

Hop, pour vous donner une idée de l’ambiance, une petite vidéo !

Et tiens, la vidéo du défilé de requins de l’après-midi

PS : je suis nulle en photo sous marine et en retouches, désolée pour la piètre qualité des images (prises par moi, y compris celle qui a l’air faite en image de synthèse)

Rendez-vous sur Hellocoton !

L’incroyable histoire de l’open space hanté

(sous titre : comme c’est férié aujourd’hui, je raconte n’importe quoi)

J’ai une théorie : l’immeuble où se situe mon bureau est hanté. Si, si ! Il s’y passe des choses étranges, je sens une présence immatérielle. Pire que les clés tombées du comptoir pendant la nuit dans Paranormal activity.

Curieusement, j’ai observé deux ou trois trucs depuis qu’on est au 3e. Ah oui, je crois pas vous avoir dit mais mon service a déménagé. Vous avez bien compté, c’est mon 3e bureau en 1 an dans la même boîte. Mais j’aime bien ce nouvel open space, je sais pas bien pourquoi. Il est un peu trop calme mais y a une luminosité qui me plaît et une machine à café nespresso aussi. C’est surtout ça qui me plaît, je crois. Bref, malgré quelques inconvénients dont des chaises pourries, je m’y sens mieux. Sauf que le fantôme de l’immeuble, je crois qu’il traîne par ici.

Un jour, nous avons vu un truc incroyable avec Salima. On prend l’ascenseur au rez-de-chaussée pour retourner à notre poste et là, les portes de l’ascenseur commencent à se refermer puis se réouvrir tout à coup. “Hihi, je dis, c’est le fantôme de l’immeuble !”. Sauf que là, les portes coulissantes de l’entrée s’ouvrent à leur tour… alors qu’il n’y avait personne. PEUR !! Depuis, les portes de l’ascenseur font souvent des leurs, se réouvrant sans réelles raisons. A chaque fois, je donne mon explication de fantômes et les gens me répondent “ahah, oui, c’est ça!”.

Mais ce n’est pas tout. Il se passe des choses au 3e. Il faut savoir que dans l’open space, je suis au milieu. Il y a deux grosses rangées de bureaux, des tables de 4 à 6. Je suis sur la droite, sur une table de 6, plus ou moins au milieu de l’open space, dos tourné à l’entrée. Derrière moi, Guillaume mon manager et une directrice de compte. De temps en temps, ils passent derrière moi, ça me fait un petit courant d’air, ça me fait un peu sortir de ma bulle. Par contre, plusieurs fois, j’ai senti ce courant d’air, un peu frais, passer dans mon dos mais aucun des deux ne bougeait, pas plus que mes voisins de bureau… Vendredi, ça l’a refait, j’ai même vu la photo que j’ai sur mon bureau bouger légèrement. Je me suis retournée pour voir une fenêtre ouverte : il n’y en avait pas. PEUR !!

Bon, ok, j’exagère légèrement en disant que mon open space est hanté mais si un film fait des millions d’entrées avec un lustre qui se balance ou un robot de piscine qui sort de l’eau tout seul, pardon mais je suis carrément à niveau avec mon ascenseur possédé et le fantôme qui passe derrière moi. Hein bon voilà !

Sinon, ça va vous ? Vous faites quoi en ce jour de glande ? Moi ? Oh, je raconte des histoires de fantôme. Je pourrais en faire un film, tiens…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Premier entretien, premiers espoirs

Suite donc à la lettre d’avertissement qui m’a rendue intime avec le lexomil, je décide de me bouger les fesses pour trouver un emploi ailleurs, il est hors de question que je devienne une loque dépressive. Donc je me décide à guetter ce qu’il se passe sur le marché et j’ai un très bon outil à ma disposition :Twitter.

twitter-logo1.png

En effet, en tant que community manager, je suis censée connaitre et utiliser les réseaux sociaux dont Twitter fait partie. Un jour, je vois passer un twitt de Gregory Pouy parlant d’un poste de community manager à pourvoir rapidement. Je lui envoie un DM puis mon cv et il le transfère à la personne adéquate avec en PS « cette fille est top ». Au secours, je défaille ! Pour ceux qui ne sont pas de mon milieu, Greg Pouy, c’est un peu Dieu et Dieu a dit que j’étais top. Mes chevilles ont mis trois jours à s’en remettre. J’attends donc quelques nouvelles. A ce moment là, je vais déjeuner avec la team TGGP à savoir Ioulia (qui avait déjà quitté la société), Simon (en recherche d’opportunité) et Philippe. Après avoir discuté de mon état médicamenteux qui désespérait Philippe qui ne m’avait jamais vu comme ça (il faut savoir que dès que je vais mal, ma voix part dans les suraigus), j’explique que j’ai peut-être un truc. Et là, révélation : Simon est aussi sur le coup ! Il a passé l’entretien le matin même et il me conseille de rappeler l’agence pour voir ce qu’il se passe. Après quelques coups de fil, c’est bon, j’ai l’entretien (hiiiii)

pumbby.JPG

Jour J, je ressens à nouveau le stress de la femme adultère que j’avais décrit lors de ma première démission. Sous mon pull informe, un magnifique top délicatement clouté bleu klein (les clous étaient à la mode cet hiver) et dans mon sac de sport une veste toute neuve. Le plus dur est d’arriver à sortir à l’heure soit 18h45, avant 19h, un véritable crime ! Technique : sortir en courant en criant au revoir à tout le monde en serrant les fesses car la spécialité du big boss était de jaillir de son bureau en te criant après pour te parler d’un truc. Oui, il a eu toute la journée pour le faire mais c’est plus drôle de le faire quand tu t’en vas. Donc je me lève, je pars d’un pas assuré, j’ai le coeur qui bat à tout rompre, je transpire, j’ai peur… J’ai réussi ! Je cavale les escaliers, je sors de l’immeuble, je m’éloigne le plus vite possible. Gagné, j’ai réussi à partir !

cite-de-la-peur.jpg

Arrivons maintenant à l’entretien, je trouve le bâtiment sans encombre, j’ai même eu le temps de me planquer dans une ruelle pour virer mon pull et mettre ma veste et c’est parti pour ce qui sera sans doute le plus long entretien de ma vie : 1h30.Face à moi le PDG et le directeur du pôle marketing. Je vous la fais courte, nous retiendrons un « vous changez souvent de poste, non ? », l’excuse magique pour expliquer pourquoi on veut quitter sa boîte : difficultés financières (à l’époque, c’était faux… Je me demande si je leur ai pas un peu porté la poisse). Puis discuter des réseaux sociaux, forces et faiblesses, tester ma connaissance des blogs y compris dans les milieux financiers et du bâtiment. Bref, je sors de là lessivée mais heureuse parce que j’ai réussi et je le sais. Bien sûr, il y a un énorme point noir : ils ont besoin de quelqu’un rapidement, j’ai normalement trois mois de préavis que je pense faire baisser à 2 mais moins, ça me paraît compliqué. A voir.

preavis.jpeg

Le lendemain, mail me demandant de rédiger un article sur un documentaire dont ils doivent assurer la promotion. Ok. J’écris, je publie puis avec Simon, on guette les publications pour avoir idée de qui est dans la course. On commence un peu à flipper en voyant la liste s’allonger mais on se raisonne : de toute façon, on n’a plus qu’à attendre. N’ayant pas reçu de réponse suite à mon article, je renvoie un mail pour savoir s’ils l’ont bien reçu. Je reçois une réponse dès le lendemain : « désolée, tu as perdu, nous avons pris une candidate immédiatement dispo mais tu étais top et si tu veux, tu peux venir à la soirée qu’on organise dans deux jours ». Je contacte Simon : la même. Bon, rendons-nous donc à la fameuse soirée, on fait un coucou puis on va manger avec Ioulia. Nous croisons l’heureuse candidate que je connaissais déjà (je connaissais de fait 3 candidats), le big boss de la boîte nous salue chaleureusement et
présente Simon, la fille et moi à un de ses collaborateurs : « tu vois, là, c’est notre trio de finalistes! ».

podium.gif

Conclusion : je vaux quelque chose. Après toutes les vexations des derniers jours, (re)découvrir que je vaux quelque chose fait un bien fou et me booste à mort même si j’entrevois ce qui va poser problème dans pas mal de cas : le préavis. Comme dit ma soeur, s’ils veulent quelqu’un d’expérience, faut pas qu’ils s’attendent à ce qu’on soit là dix jours après mais bon… En tout cas, cette première candidature m’a fait un bien fou et m’a remise sur les rails. Mais surtout le big boss a envoyé nos CV à un autre employeur qui cherchait un CM. Et cet employeur, c’est carrément pas n’importe qui. A suivre !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Affronter ses peurs


le_licenciement.jpg
Autant jouer carte sur table de suite : je suis plutôt du genre trouillarde. J’ai peur de certaines choses, j’ai peur de me planter, de ne pas être à la hauteur, de faire les mauvais choix. Faut dire que j’en ai fait, parfois, tant au niveau perso qu’au niveau pro. Mais bon, j’ai toujours fini par retomber sur mes pattes, trouver le courage en moi de me sortir des guêpiers. Cf journal d’une démissionnaire que je dois continuer. D’ailleurs, la vie m’a donne raison de démissionner, mes collègues de sont pris un licenciement économique dans la gueule une semaine après mon départ… Je n’aurais a priori pas fait partie du wagon mais ça sent quand même bien mauvais… Bref.

le_licenciement.jpg

Donc trouillarde je suis, jusqu’à me trouver au pied du mur où je me découvre des ressources insoupçonnées. J’ai su ne pas accepter certaines choses, m’imposer, me battre. Je sais aujourd’hui que j’ai cette force là. Mais j’ai un peu envie de tenter un truc ultime, pour voir. Je veux faire un bébé. Non, je déconne ! Non, je parle de quelque chose de plus physique qui me terrorise autant qu’il me fascine. Et si je franchissais le pas ?

affronter-sa-peur.jpg

Déjà, j’ai franchi le pas de la plongee. Oui, la plongée ça fout la trouille. Pas celle en piscine mais celle en mer. Je me souviens la première fois que je suis partie sur le zodiac à Marseille, je ne faisais pas la fière, surtout que je n’étais jamais descendue si bas (je n’avais pas pu m’entraîner à la fosse avant pour cause d’emploi du temps à la con). La première descente fut épique mais une fois en bas, on se demande bien de quoi on avait peur. Quoi qu’en passant au dessus de plus bas fonds, sombres et profonds, là où mon niveau 1 ne me permet pas d’aller, ça fait peur. Passer le niveau 2 pour y aller ? Ok ! Bon, il faut avouer que l’eau est carrément mon élément et une fois à ma profondeur de croisière, je suis totalement détendue de la combi. En plongée, c’est pas compliqué, le secret, c’est de rester calme en toute circonstance et ne pas se précipiter. Ce qui est certes en contradiction totale avec mon caractère mais j’y arrive bien.

zen.jpg

Mais il y a quelques jours, j’ai envisagé un truc fou et ce le plus sérieusement du monde. Malgré la caipirhina et le schtroumpf (curaçao, rhum, lait de coco de mémoire) qui me coulaient dans les veines, j’avais comme une révélation. Si je le fais, je serai capable de tout. Déjà que je mange des tomates crues maintenant… Mais évidemment mon défi ultime n’est pas de manger des produits que je n’aime pas. Non le défi ultime de ma vie : sauter en parachute. Oui, tu as bien lu ! Moi, la fille pas du tout aérienne, qui n’osait pas aller aux toilettes dans un avion de ligne de peur de le déséquilibrer et de provoquer le crash. Quoique maintenant, je n’ai plus peur en avion.

avion-oiseau.jpg

Mais pourquoi cette idée tout à coup ? En fait, tout a commencé en Corse, lors d’un déjeuner sur les hauteurs de Bonifacio. Des mouettes peu farouches étaient posées à quelques mètres de nous et je les regardais de jeter dans le vide avant de remonter gaiement au gré des courants. Là, je me souviens avoir pensé que la vie de mouette, c’est quand même sympa. Partageant ma réflexion, Anthony me répondit que je n’avais qu’à faire de l’ULM. Ah ouais !

mouettes.jpg

(par contre, ça fait un peu peur les mouettes)

Mais comment en suis-je arrivée au saut en parachute ? Simple : parmi mes anciens collègues avec qui je prenais un verre, l’un d’entre eux en est à 80 sauts. Alors je le harcèle de questions, je veux savoir. Ça fait peur ? On tombe vite ? Ça fait pas trop de haut de cœur ? Non parce que moi, ce qui me rend malade sur le bateau pirate ou le zodiac, c’est la sensation de chute, ça me fout le cœur au bord des lèvres. Mais il me rassure, ça ne file pas la gerbe. A ce moment-là de l’histoire, je suis résolue à sauter le pas ! Seul gros bémol : le prix. 230 euros le saut, 320 avec la video. Oui, voilà, d’autant que j’ai des projets de voyage donc euh…

Saut-parachute-initiation.jpg

Mais j’ai envie de le faire. J’en pète de trouille, je me dis que je suis un peu tarée. Limite j’ai qu’à me planifier une nuit dans un vivarium tant que j’y suis… Mais je sais pas, je ressens le besoin de me prouver quelque chose, d’avoir une expérience de référence : « Là, j’étais morte de peur et pourtant, j’y suis allée ». A partir de là, plus rien ne me paraitra infaisable. Enfin, je crois.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Souviens toi des jours heureux

04 juillet 2010. J’inscris cette date avec une certaine fébrilité pour qu’elle reste dans ma mémoire comme un exemple de jour magnifique, parfait. Un jour où tout à coup, on arrive à réaliser que là, de suite, on vit un moment parfait. J’aime cette sensation. Pour rappeler un peu les faits, pour ceux qui ne le subissent ni sur Twitter ni sur Facebook, je suis actuellement en vacances en
Corse avec mes parents, Alice et Anthony, Yohann mon presque frère et sa compagne Blanche.

Aujourd’hui nous nous sommes promenés sur les remparts de Bonifacio, nous avons déjeuné dans une charmante rue avec de l’air puis nous sommes allés nous baigner à la plage de Ronda quelque chose. Où j’ai fait mon aquagym et de la nage palme-masque-tuba mais j’ai pas vu grand chose. Peu importe. A un moment, je me suis un peu éloignée de la famille et quand je suis revenue, Yohann grimpait sur les épaules d’Anthony pour essayer de faire un saut périlleux et tout le monde riait, moi la première. Et là, je l’ai reconnu : un moment parfait. Vous savez, ce moment de la vie où vous êtes juste bien, que vos soucis sont si loin que vous en oubliez leur existence. J’aime les saisir et les inscrire mentalement. Et la soirée fut encore plus heureuse…

De façon générale, j’ai remarqué que, en bonne aquatique que je suis, mes soucis sont dissolubles dans l’eau (de mer). Une fois plongée dans l’eau à courir ou à nager, à croiser des poissons colorés tout en ayant la sensation de voler (même si la nage à contre-courant fatigue légèrement, malgré mes palmes magiques), j’oublie tout. 2010 est pour le moment une année intense, je suis sur une sorte de grand 8 qui ne veut jamais finir, alternant moments de pure grâce et angoisse terrorisante et je me demande à quel moment je vais péter littéralement un plomb. Mais là, dans l’eau, mon plomb, je m’en fous. Les éclats de rire des miens font oublier toutes les galères, les peurs face au gouffre au bord duquel je suis. Là, plongée dans la mer, le teint hâlé (voire cramé car en 2010, j’ai aussi la mélanine super active), je ne pense qu’au bonheur immédiat.

Ma vie a été compliquée ces derniers mois et, alors que je le sors de ornières dans lesquelles je m’escrimais au niveau professionnel, le personnel prend le relais. L’histoire ne dit pas (encore) si la fin sera heureuse ou non, il faut d’abord la vivre mais si tant est que ça se termine mal et que je finisse par barbouiller mon oreiller de mascara, il faudra que je me souvienne de ce jour parfait afin d’y puiser réconfort et repartir de l’avant.

Ps : article écrit et posté à partir de mon iPhone, je ne garantis pas le résultat.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Mon journal intime

Par Gauthier
Je suis toujours en pleine période d’introspection due à ma nouvelle vie. J’ai envie de faire un bilan. Alors aujourd’hui je vais vous proposer un exercice inhabituel. Entre janvier 2003 et septembre 2004 j’ai tenu un journal. Une idée de ma psy pour m’aider à « exprimer de façon claire quels sont mes problèmes et ainsi leur trouver une solution ». En gros je résume sa pensée « Gauthier tu n’as pas de problèmes une fois que tu les auras écrits et que tu les reliras quelques semaines après tu te rendras compte que tu n’as pas de problèmes ». Allez au point où j’en suis, je veux bien me laisser tenter, mais je savais dès le départ que ça serait épique !
Alors pourquoi j’ai arrêté ce journal ? Pour la raison suivante (et là je me cite) « Je viens de me rendre compte que ma vie de ces deux dernières années tient en 30 pages ! C’est déprimant, mais c’est vrai, je tourne en rond… », donc je ne voyais aucun intérêt à continuer, surtout qu’à chaque fois que je le relisais (suivant toujours les conseils de ma psy), ça me tirais plus vers le bas qu’autre chose.
Je propose donc un autre exercice, je vais prendre une partie du journal telle quelle et je vais lui répondre ! Oui parce que maintenant ça ne fait plus peur, j’ai grandi, j’ai évolué, moi fort, moi courageux, moi me lance…
Comme je suis incapable de choisir entre deux parties de ce journal, je vais citer les deux, la première est extraite du premier article que j’ai écrit, la seconde intervient au printemps suivant. Bien sûr les noms seront modifiés, saint anonymat béni sois-tu!
 
29 janvier 2003 :
 
Aussi loin que remonte ma mémoire, j’ai toujours été mal dans ma peau, une sorte d’état second, ou plutôt une situation confortable. En effet quoi de plus facile que de redoubler une année en se disant « c’est parce que je vais pas bien ! » ou encore, se disputer avec des proches à cause d’humeurs changeantes en se disant « ils comprendront, ce sont mes amis, ils me connaissent ! ». Mais le cœur est le plus fragile des muscles, on peut le briser, le détruire, mais jamais il n’en sort intact… Et là je sais de quoi je parle.
            Marc, avec lui tout finit et tout commence, je ne sais pas si c’est l’homme de ma vie, mais c’est à lui que je pense quand j’écris. Il a mon age, il est beau, on s’est rencontré il y a près de deux ans maintenant, dès que je l’ai vu mon cœur c’est arrêté de battre, mon souffle s’est coupé, tout c’est mélangé en moi, désir, peur, timidité… J’ai fait le serment à un ami présent ce soir-là qu’un jour il serait à moi. J’ai mis un mois, mais on a fini par « conclure » là s’en est suivi un an de bonheur. Pourquoi étais-je heureux ? Parce que pendant un an j’ai mis de cotés tous mes problèmes. Dès que ça n’allait pas je me disais « Marc t’aime, il pense à toi ! » Et hop j’oubliais tout. Il a été mon meilleur antidépresseur, ma raison de vivre et maintenant je suis seul face à la réalité de la vie, froide, vide, effrayante… C’est sûrement ce qui me pousse aujourd’hui à dire que oui, je l’aime plus que de raison, et ce jusqu’à ce que j’en crève !
            Pour être honnête, ce n’était pas tout rose, on est très différents, on a cassé, on s’est remis ensemble trois fois. Mais à chaque fois qu’on s’est séparés j’ai souffert, même si c’est moi qui mettais un terme à la relation. J’ai mis un an à me rendre compte que je l’aimais. Et le déclencheur est la rupture finale. Là c’est lui qui est parti et il m’a laissé que mes yeux pour pleurer. Pourtant, encore une semaine auparavant, je disais à ma mère « Marc, ce n’est pas l’homme de ma vie, on est bien ensemble pour le moment, mais j’attends de trouver celui avec qui je pourrais construire quelque chose de vraiment stable et beau ! »
            À l’heure actuelle je ne sais pas si c’est bien lui l’homme de ma vie, pourtant je pense à lui tout le temps. Et je me détruis plus ou moins vite en attendant. Mais j’attends quoi ? Plus rien…
            J’ai du succès auprès des mecs, je peux coucher avec un différent chaque soir, avoir trois petits copains en même temps, mais ça me ne suffit pas. Je veux tomber amoureux, encore, pour oublier ! Avoir un coup de foudre comme j’ai eu avec lui. J’ai déjà appliqué cette sorte de thérapie. Bon le résultat n’est pas concluant. Le cobaye c’est Matthieu, ma pire erreur, je crois, à l’heure actuelle. Non seulement je n’ai pas oublié Marc, mais en plus je suis tombé amoureux de Matthieu. Désespérant dites-vous ? Affligeant en tout cas. Je me suis fait avoir deux fois en moins d’un an. Record digne d’une blonde, ou plutôt dans mon cas d’un névrosé !
            Par névrose, j’entends incapacité à apprécier les choses telles qu’elles sont, je suis un perpétuel insatisfait. Il y a un nom scientifique pour ça… Mais je ne suis pas psychanalyste donc laissons de côté les termes médicaux précis.
            Voilà beaucoup de choses se bousculent dans ma tête, et comme je n’ai pas la prétention de savoir écrire, je vais livrer tout ceci sous sa forme la plus simple : un journal intime. Si c’est intime personne à par moi n’est censé lire ces lignes, mais je livre ces pages comme un testament au cas où, un jour, mes problèmes me pousseraient à faire ce à quoi je pense depuis trop longtemps : dormir et oublier pour toujours. Morbide ? Non, terriblement réaliste et moderne, romantique et surfait, inquiétant et passionnant.
 
Ok, bon quand je vais pas bien j’ai tendance à me prendre pour Proust, et mon style littéraire s’en ressent, mon Dieu que c’est pompeux, ah j’ai honte. Aujourd’hui qu’ai-je à répondre à ça ?
1/ Je ne suis plus amoureux de l’un ou de l’autre.
2/ Je suis incapable de retomber amoureux de qui que ce soit.
C’est pas glorieux, mais je vais quand même éclairer un peu la situation, Matthieu je n’ai plus de nouvelles, depuis au moins 2 ans, tout est clair entre nous, on s’apprécie et si je suis amené à le revoir ça me fera plaisir, et je sais que c’est partagé. Marc c’est plus complexe, je ressens encore beaucoup de choses pour lui, on se donne des nouvelles régulièrement, et dès que j’ai un texto ou un coup de fil de sa part je ne peux m’empêcher de me dire, l’espace d’une milliseconde, « est ce qu’il ressent encore quelque chose pour moi ? ». Oui bon j’ai plus 15 ans, il faudrait que je passe à autre chose, mais c’est plus fort que moi, il occupera toujours une place dans ma vie. Juste un exemple, Marc n’a pas le droit à une vie sentimentale ou sexuelle, quand il me raconte qu’il a couché avec x ou y, des pulsions meurtrières s’emparent de moi. Personne n’a le droit de le toucher, ça me rend fou, mais vraiment. Mais cette colère passe rapidement et se transforme en mélancolie. Vous avez dit névrosé ? Oui et alors, j’assume !
Pour ce qui est de ne plus pouvoir tomber amoureux, je dis ça pour une raison bien précise : je ne pense pas avoir été amoureux de Marc, j’étais plutôt amoureux de la situation, c’était mon anti-dépresseur, il m’a beaucoup apporté, mais je n’ai rien réglé et je me suis tout repris en pleine face après la rupture. Alors si c’est ma façon d’aimer elle ne me convient pas, je veux aimer comme dans les films, et ça je m’en sens incapable, peut-être que je changerai, mais j’en doute, je me vois plutôt finir entouré d’amis, avec des enfants que j’aurais eus avec mes copines, et surtout heureux de regarder mon parcours professionnel. Comment ça je compense ? Mais non arf…
 
02 juin 2003 :
 
Mercredi soir, j’avais pas envie de sortir, Benjamin par contre oui, et en plus il voulait boire, donc on a bu, mais comme des trous ! Débarqué au Club vers 7h du mat’ après avoir supporter la crise de Damien 1* « qui va pas bien parce que ça va pas bien ! », on reboit et il se met à chercher de la C. Bon il a pas trouvé, mais par contre on se démonte pas on file au Jim’s, club d’after que je connaissait pas du tout, et là je tombe sur un couple de potes, ils ont des taz, on sort le fric, et on gobe, il est 8h ! Alors je dois dire que sur le moment j’ai pas vraiment vu la différence, vu que j’étais bourré comme pas possible. Ensuite on est parti en after chez le couple en question, et on est rentré vers 10h, me suis coucher vers 11h, et là j’étais bien bien perché, mais je pensais que ça passerait… Grave erreur !!!!! Suis resté perché jusqu’à samedi matin, avec 5h de sommeil entre mercredi midi et samedi matin, j’étais pas crevé, ni malheureux, juste PERCHÉ !!!!!! N’empêche j’adore ça, y a de quoi finir accro à cette merde, qu’est ce que ça doit être la C ! Le pire ? Il m’en reste un entier qui me fait de l’œil… Mais je le prendrais pas tout seul, et pas de suite ! Non mais… J’ai de la volonté moi ! (Quoi ? Suis pas crédible là ? Pfffffffff mais si !)
            Et hier au Club j’ai revu Damien 2 mon ex**, je l’ai donc royalement ramener chez moi histoire de baiser, et c’est ce qu’on a fait toute la journée, non mais si tout déraille dans ma vie, j’ai quand même une vie sexuelle ! Na ! Là pas besoin de s’étendre sur le sujet trois heures, c’est fait on en parle plus !
            Damien 1 m’énerve, c’est mal parti,  il a vraiment besoin d’aide parce qu’il a des gros problème avec son école et son boulot, et mÔssieur déprime à vouloir s’en suicider parce que un mec qu’il a pas vu depuis un an et avec qu il est resté 3 jours lui pose un lapin pour boire un café ! Quelquefois j’ai vraiment envie de le suicider moi-même ! Comme ça au moins on en parle plus… J’t’jure ! Bref il faut être patient, ça lui passera comme à chaque fois, je le sais de toute façon !
            Voilà après il y a pas grand-chose d’autre à dire, sauf que je suis raide dingue amoureux de l’autre con (Marc) et qu’il me manque comme jamais mais bon, je reprend un taz et j’oublie ! C’est quand même merveilleux la drogue je dis ! De toute façon je sais que je vais finir drogué, ça fait un an que je le sais… Si seulement j’en avais les moyens !
            Je crève la dalle, j’ai pas envie de manger, je suis mort de fatigue, j’ai pas envie de dormir, j’ai besoin d’amour, j’ai pas envie de me trouver un « autre » mec. Joyeux non ? Suis à fond ce soir ! Vais vider le frigo et au pieu…
 
* Damien, c’est mon meilleur ami de l’époque, on ne se parle plus depuis le printemps de cette année, on est fâché comme des collégiens  « t’es plus ma meilleure amie, maintenant c’est machine ma meilleure amie, je vais te griller dans tout le collège, plus personne ne se mettra à coté de toi au self ! », oui je sais c’est pathétique, mais bon on est comme ça 😉
** Rien a voir avec l’autre, ils ont juste le même prénom.
 
Donc petit éclairage contemporain, je ne parle plus donc à Damien, ce qui ne me manque pas. Demandez à Nina et au reste de mes amis, ils m’ont tous applaudit des deux mains quand je leur ai annoncer que je ne l’imposerai plus dans toutes nos soirées « Enfin tu a compris que ce mec ne t’apportait rien !!! ». Bref parlons de l’épisode « drogue », j’ai déjà dit dans un de mes articles qu’on m’en avait proposé récemment et que j’avais fièrement refusé (alors que j’étais plein). Là il s’agit de la première fois de ma vie où j’en ai pris, ça a duré 4/5 mois je me souviens plus trop. J’ai fini par avoir de la C, pour ce qui est du problème de fric, ça ne se pose pas au début. Oui, les dealers, sont des commerciaux doués, au début on t’offre tes doses (là je parle de cocaïne, parce que les taz c’est plutôt rare que ça soit gratuit). Et une fois que tu apprécies bien de te poudrer le nez, une à deux fois par semaine en soirée, on te propose un gramme à « prix d’amis » alors tu ne résiste pas, après tout ça fait quelques semaines que tu en prend à l’œil, cette fois tu peux en offrir. Et tu rentres chez toi avec le reste de C, et un soir où ça va pas bien, tu en prend un peu juste avant de sortir, pour « te mettre dans l’ambiance ». Et là c’est fini, tu en achètes dès que tu as trois sous, tu en as toujours sur toi, et tu en prend quasiment tous les jours. Heureusement pour moi je n’ai jamais franchi la barrière de la dépendance physiologique, j’étais juste dépendant psychologiquement, mais ça a quand même été dur d’arrêter. Alors si je n’ai qu’un conseil à dire : si ce n’est pas encore fait, n’y touchez pas, personne ne peut dire qu’il sait ce qu’il va se passer quand on est drogué (montée, descente), et surtout personne ne peut dire qu’il maîtrise c’te merde, elle te contrôle, tu ne contrôles rien. Et je parle de toutes les formes de drogue. Voilà faut bien un peu de bonne morale bien pensante dans ce blog.
 
Je vais arrêter mon auto analyse ici, peut-être que je recommencerais une autre fois, j’en ai des tonnes dans mon journal, des drôles des moins drôles, mais bon promis la prochaine fois, j’essaie de vous faire rire.
Rendez-vous sur Hellocoton !