Ecrire futile : le défi

Ce que je peux être sérieuse, des fois, dramatique à outrance… peut-être un peu trop prétentieuse, sans doute. C’est que l’écriture, c’est du sérieux, on n’écrit pas gratuitement… et on ne lit pas gratuitement non plus. Je veux dire, je n’ai qu’une soixante-dizaine d’années de lecture dans ma vie, je vais pas gâcher ce temps en me vautrant dans les romans à l’eau de rose, la chick lit et autres Harlequin like car ça m’apporte quoi en fait ? Réponse : du divertissement et c’est pas si mal en un sens. Et puisqu’on parle de lecture légère, si je tentais d’écrire futile ?

Ecriture à la plume, écrire futile

J’écris beaucoup. Depuis que je m’y suis remise, j’essaie de détourner chaque moment d’attente ou d’ennui en écriture. Une réunion qui ne sert à rien : j’écris. Dans les transports ? J’écris. Le soir sur mon canap’ ? J’écris… ou je regarde des gens faire des trucs chelous avec du slime, pardon. J’écris, j’écris. En un an, j’ai écrit 210 pages de romans divers et variés et je trouve ça peu par rapport à mes ambitions (j’avais prévu d’écrire une page par jour et par roman, j’en ai 4 en cours donc je devrais en être à 1460…) mais ça donne une idée du volume. Dans chacun de mes écrits, je veux dénoncer notre société et tout ce que j’en exècre. Tout ça pour garder ma prose dans un tiroir mais c’est un autre sujet.

Manuscrit Marcel Pagnol

Ceci est la belle écriture de Marcel Pagnol

Pourquoi être toujours si sérieuse ? Peut-être avant tout parce que j’écris ce que j’ai envie de lire avant tout. Enfin une partie de ce que j’aime lire (les dystopies pour l’essentiel) car j’aime tout autant les (bons) polars ou les “parcours de vie” légèrement historialisés (Elena Ferrante, Victoria Hislop ou même Elsa Morante) ou encore les “drames bourgeois” ou histoires de moeurs à la Moravia ou Nabokov (enfin, Lolita, pas Ada ou l’ardeur). Je suis certes en train d’écrire un polar mais un truc sans prétention mais les récits de vie ou drames bourgeois, j’y arrive pas. J’ai essayé, je dis pas, mais c’est l’ennui. Et les trucs futiles, dans lesquels je range essentiellement la chick lit ou les romances… j’en ai lu. Surtout de la chick lit et tout n’était pas à jeter (et je vous glisse la vidéo de Ginger sur le diable s’habille en Prada, y a un petit laïus sur la chick lit qui me fait un peu réfléchir, même si j’adhère pas à tout. Je reviendrai dessus). Parfait pour la plage, les vacances…

Chick lit

Et si j’essayais d’en écrire ? Il y a le projet Audrey, oui, je le ressors parfois des cartons, j’écris parfois une page de ci, de là… Et je ré abandonne. Je ne désespère pas de m’y coller sérieusement un jour pour en faire un blog à part entière qui reprendrait le concept initial des vingtenaires et peut-être que j’arriverais en faire quelque chose. Après tout, ça fait du bien d’écrire de la futilité aussi. Et y a un autre projet aussi, qui trotte de loin en loin dans ma tête, surtout quand je mate Dynasty : écrire un soap. J’en avais écrit un quand j’avais 17 ou 18 ans, je m’étais éclatée… Et si je relançais cette histoire pour en faire un blog ? Après tout, plus j’écris, plus j’affûte mon style, plus j’agrandis mes chances de pouvoir me constituer un petit pécule grâce à l’écriture (et diminuer mon temps de travail, je rêve tant d’un 3/5e).

Fallon dans Dynasty et Liam

On a souvent une vision un peu noble de la “littérature”, très méprisante, même. On s’est tous moqués des Guillaume Musso et co (moi la première, hein) sauf que je me dis qu’à choisir, je préfère encore qu’une personne lise Musso plutôt qu’elle ne lise pas du tout (la lecture est, de mon point de vue, la meilleure activité pré assoupissement… bon avec le sexe ou la masturbation mais c’est pas le sujet). Ou que la personne lise des romans toxiques de type After et autres romances adultes où on t’apprend qu’être victime d’un pervers narcissique ou équivalent, c’est ça l’amour. J’ai cette image de lectrice très intello jusqu’au coeur de ma famille où ma mère me dit régulièrement qu’elle n’a pas de lectures aussi évoluées que les miennes (alors que je lui pique l’essentiel de sa bibliothèque)… je crois qu’un jour, je me suis suppliciée sur le canapé familial avec Ulysse, ça doit venir de là.  Bref, il est peut-être temps de quitter ce côté intello de la littérature pour s’offrir quelques livres légers. Après tout, ça ne m’a pas nui la dernière fois avec Gavalda. Et il est temps que je me mette à écrire futile, écrire des historiettes qui n’ont d’autre but… que de raconter des histoires. Après tout, moi qui ai une imagination débordante et adore voir des romances partout (souvent à tort, en fait, mais on s’en fout)… suffit juste de coucher ça sur papier.

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Je ne sais pas écrire d’histoires d’amour

J’avais pensé commencer à écrire cet article en vous expliquant que je n’aimais pas tellement les histoires d’amour. J’insiste sur le mot “histoire”, c’est pas l’amour qui me gêne dans cette histoire. Mais dans toute romance, vous savez déjà comment ça va finir : ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Mais quel ennui ! Mais en fait, en y pensant deux secondes, je mens : j’adore les histoires d’amour.

A christmas prince sur Netflix

Je vous parlais des podcasts Transferts la semaine dernière où, parmi les différentes histoires de vie, se nichent quelques récits de rencontre amoureuse, histoires heureuses ou malheureuses. Et ce sont mes préférés. De la même façon, je suis avide des jolies histoires des gens de mon entourage, je rêvasse un peu sur cette magie du moment où tout bascule, ce premier baiser qui fait passer la relation dans une nouvelle dimension… Mais curieusement, je déteste les romances fictionnelles. Les comédies romantiques me font soupirer, je n’ai jamais réussi à fini After (en même temps, c’est pas une histoire d’amour, c’est l’histoire d’une pauvre fille tombée entre le griffes d’un pervers narcissique et j’espère qu’à la fin, elle le largue et se rend compte qu’elle mérite mieux que ça), j’ai hésité à me motiver à lire des Twilight ou Fifty shades of grey (tiens, en anglais, ça aurait été une idée) qui me paraissent être des modèles du genre mais…l’ennui. J’ai lu le premier tome de Gilles Legardinier avec une histoire d’amour sans intérêt, plein de chick litt avec des filles maladroites et la conquête du prince, j’ai même un jour débuté la lecture d’un bouquin de collection Harlequin (emprunté dans la bibliothèque du bateau de croisière, là). J’ai dû lâcher au bout de trois pages. Idem sur les Marc Lévy et Guillaume Musso : l’ennui, l’ennui, l’ennui.

Lire dans le jardin

Et en conséquence, je n’arrive pas à écrire une histoire d’amour qui soit au coeur du récit. Des histoires d’amour, j’en ai toujours un peu truffé mes récits, d’aussi loin que je me souvienne. Dans Technopolis, il y avait la romance entre Oceany et Ethan (et qui pourrait disparaître dans Technopolis reload sur lequel je travaille actuellement, déjà 46 pages et pas l’ombre d’un Ethan pour le moment…), certes. Dans d’autres, il y a toujours de la romance mais ce n’est pas le coeur, jamais, du récit. Dans le roman de Maja (un jour, je le relirai pour réécrire une ultime fois, promis), Maja a certes des romances mais la vraie histoire, c’est la lutte contre le nucléaire et le questionnement sur les formes de lutte… Parce qu’en fait, les histoires d’amour seules me paraissent ennuyeuses au possible.

Ted et Stella, une des pires histoires d'amour

En fait, quand je décide de tenter le coup (je le fais de temps en temps notamment via le projet Audrey que je relance une fois tous les 36 du mois, un peu), je me lasse vite. En fait, j’ai parfois des scènes romantiques (au sens romance du terme) qui me viennent en tête… notamment à la suite de quelques rêve érotiques qui m’émoustillent. Je me dis “ah mais oui, belle histoire !”, je commence à écrire… Et au bout de cinq pages, j’en ai déjà marre. Parce que je n’ai aucune chair pour enrober la colonne vertébrale de mon récit. Il faut du drama pour raconter une histoire d’amour et je vomis ce modèle. Parce que toute production de romance t’explique que l’amour se mérite, qu’il faut se battre… du coup, quand tu rencontres quelqu’un avec qui ça se passe bien, si y a pas de drama, de tension… ben c’est que ce n’est pas la “passion” donc ça n’est pas le vrai amour.

Coeur blessé par un couteau

En vérité, je crois qu’écrire des histoires d’amour ne devrait être qu’un exercice limité à des nouvelles, juste pour travailler la fameuse montée de la tension érotique, le premier baiser, pourquoi pas la première nuit pour les plumes audacieuses mais après… raconter un quotidien normal ennuie. Personne n’a envie de lire ce qu’il expérimente déjà, surtout si on ne cherche pas à se sortir de ce quotidien, justement…

Lire en couple sur le divan

Des nouvelles, oui. D’ailleurs, entre le moment où j’ai prévu d’écrire cet article et son écriture effective, j’ai lu un livre qui m’a un peu turlupinée précisément sur ce sujet. Je vous en parle dimanche.

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La dystopie version glamour ?

J’ai un problème d’addiction… aux livres. Aller dans une librairie est toujours un grave danger pour mes finances, je ne me contrôle pas, je dépense, dépense, dépense. Et je furète, beaucoup. Le week-end dernier, je erre donc dans les rayons d’un Cultura et je découvre un rayon dystopie. Extatique, je m’y précipite et que vois-je ? Ils ont confondu avec les Harlequin ou quoi ? Non, bienvenue dans la dystopie version glamour.

dystopie version glamour

Réflexe n°1 : non mais vous êtes sérieux ? La dystopie, c’est un sujet grave, politique, l’auteur dénonce les dérives de notre monde actuel en grossissant les traits les plus préoccupants pour en faire les règles générales d’un monde où il ne fait plus bon vivre. C’est 1984, c’est Farenheit 451, c’est Le meilleur des mondes, c’est Barjavel, Metropolis ou Terminator ou Mad Max. C’est censé délivrer un avertissement, nous faire réfléchir… Pas faire soupirer les jeunes adolescentes en fleur le soir dans leur lit.

adolescente amoureuse

Mais j’ai un peu poussé la réflexion. Je n’ai pas vu Hunger Games et j’ai juste vu les deux premiers épisodes de Divergente, dystopie que je trouve assez navrante dans son traitement alors que je trouvais le principe de départ de leur société très intéressant mais je n’ai pas lu les bouquins donc bon… Je ne les ai pas tous vus, donc, mais je sais néanmoins une chose : les deux héroïnes sont ultra badass. Elles sont puissantes, sans peur, elles se battent et provoquent une révolution. Alors oui, ok, elles tombent amoureuses maiiiiiiiiiiis elles ne deviennent plus dès lors le simple love interest du héros principal, elle garde leur force et leur indépendance. Et je pourrais même rajouter que dans Divergente, on est clairement dans un univers de femme puisque le leader de ce monde là est clairement une leadeuse en la personne de Kate Winslet.

Kate Winslet dans Divergente

Et du coup, je nuance mon jugement. Parce que ouais, ces couvertures me font mal aux yeux et je ne parviens pas à y projeter quoi que ce soit de dystopique mais si ça peut apprendre aux jeunes filles à pas se laisser faire et se battre pour leurs idéaux plutôt que de s’aplatir devant un pervers narcissique qui prend un plaisir pervers à les piétiner “mais c’est pas sa faute, il a eu une enfance difficile” (oui ok mais rappel : t’es pas sa psy. Barre-toi de là). Si on peut les soustraire du traditionnel “rabaisse-toi parce que l’amour fait souffrir”, je ne peux finalement qu’applaudir la démarche.

Katniss dans Hunger Games

Et j’ai donc décidé de me lancer dans la lecture de l’un d’entre eux (mais j’ai pas choisi lequel). Je prends toutes les suggestions.

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Vais-je aller voter à la primaire socialiste aujourd’hui ?

Je commence cet article sans savoir comment il va finir car, quand je débute l’écriture de cet article, à savoir samedi soir à 19h57, j’en sais encore rien… Et j’espère que cet article m’aidera dans mon choix. Oui, mon blog me sert à prendre des décisions, pratique… Alors, la primaire socialiste, j’y vais ou j’y vais pas ?

les sept candidats à la primaire socialiste de 2017

Prenons en compte différents éléments :

  • Je dois sortir de toute façon

Premier argument minable, certes, mais qui a du poids dans la balance, ne nous mentons pas. Pendant que vous lisez cet article (si vous le faites de 14h30 à 17h30), je suis en plein atelier yoga avec une nouvelle prof que je viens de découvrir et que j’ai trouvé super. Et que puis-je trouver sur mon chemin ? Un bureau de vote pour la primaire socialiste. Non parce que même si ce bureau est à environ 5-10 mn à pied de chez moi, j’avoue qu’au vu du temps, l’idée de s’habiller et de foutre le nez dehors juste pour ça, ça me motive que très moyennement…

Une femme fait du yoga dans une forêt, figure du pont

  • Je ne voterai pas PS au premier tour

Ah non, ça, c’est clair et net. Je suis cette génération qui a voté pour la Présidentielle pour la première fois en 2002… Pleine de prétention et d’idéaux, j’avais mis un bulletin Besancenot dans l’urne parce que le PS, ils étaient bien gentils mais ils étaient pas très à gauche quand même, je voulais envoyer un message. Enfer et damnation, pas de Jospin au 2nd tour mais un Le Pen tout triomphant. Je m’en suis longtemps voulu et ai renoncé au vote contestataire parce que “Front Républicain”, gna gna gna. Sauf que bon, pardon, mais si Le Pen s’est retrouvé au 2nd tour en 2002, ce n’est pas tant la faute de ceux qui n’ont pas voté Jospin au 1er tour… que ceux qui ont voté Le Pen justement. Depuis, j’ai à peu près toujours consciencieusement voté PS par prudence, jusqu’en 2012 donc… et depuis, c’est terminé. Pour info, le “front républicain contre le FN” n’est pas un programme. Et franchement, suite à la trahison totale que fut ce mandat, bien pire que ce à quoi je m’étais préparée, allez cordialement vous faire voir. Mon candidat pour le premier tour est choisi et il ne sera pas PS.

écologie

Même si ok, là, aussi, ça se pose niveau trahison

  • Et je ne suis pas sûre de voter PS au 2ème tour

Si tant est que le PS passe au 2nd tour, ce qui n’est déjà pas garanti. Mais imaginons un second tour Fillon-candidat PS, est-ce que ça ne vaudrait pas le coup de voter pour le candidat PS qui serait sans doute “moins pire” que Fillon. Là, j’ai envie de répondre “ça dépend”. Honnêtement, si c’est Valls jamais-de-la-vie-je-vote-pour-lui.

Manuel Valls en duck face

Allez, si, vote pour moi

  • Mais y a ce candidat qui me parle

Evidemment, je ne suis pas d’accord avec lui sur tout, tout, tout, et il dit aussi des conneries mais j’ai une certaine appétence pour ses idées. D’ailleurs, quand j’ai fait le test BFM pour savoir qui était mon candidat et je ne fus guère surprise du résultat. Oui, j’ai de la sympathie pour ce candidat et ses idées mais… Il reste quand même un sale goût dans la bouche, celui de la trahison… Désolée mais je vois pas bien comment passer au delà de cette enculade des 5 dernières années. Voter PS, ce serait un peu comme m’installer  avec un pervers narcissique, c’est juste insane.

Manifestations contre la loi travail et l'utilisation du 49-3 en France

  • Mais c’est sans doute élire le prochain chef de l’opposition

Considérant que, sans surprise, le PS ne gagne pas les élections, le nouveau patron peut potentiellement être le patron de la prochaine opposition (non parce que Macron et Mélenchon, ils sont mignons mais ils ne préparent pas du tout les législatives donc bon, pour représenter une opposition à l’Assemblée, ça va devenir compliqué) et vu que je sens que si Fillon passe, je vais vraiment pas aimer ce qu’il va se passer, j’aimerais un chef de l’opposition pas trop en mousse.

Renho Murata, chef de l'opposition japonaise

  • Juste pour dégager Valls

Oui, ok, je vais aller voter.

Bon, voilà, on va dire que selon le monde qu’il y a quand je passe, j’irai. Ou pas donc.

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Tu n’es pas d’accord avec moi : tu n’as aucune ouverture d’esprit

Depuis le temps que je zone sur les réseaux sociaux, il s’est passé deux choses : je me suis “radicalisée” sur de nombreux sujets (genre le féminisme où je mords de plus en plus facilement) et par conséquent, je me suis retrouvée à “débattre” avec des gens aux avis radicalement opposés au mien. Ce qui entraîne en général deux réactions :

  • tu n’as vraiment pas d’humour (non, l’humour oppressif ne me fera jamais rire, sorry)
  • tu n’es pas ouverte d’esprit.

Ben tiens…

ouverture d'esprit

M’étant déjà énervée sur le sujet de l’humour, passons donc directement à l’autre sujet : l’ouverture d’esprit. Je peux affirmer sans rougir que je suis ouverte d’esprit : de nature curieuse, j’aime bien découvrir de nouveaux sujets, me passionner pour ceci ou cela, butiner tel un colibri un peu de connaissance à droite, à gauche. Il suffit que je lise un livre ou un article sur quelque chose qui attire mon attention pour que j’entame une boulimie d’infos sur le sujet. Ce qui crée une légère frustration au vu du temps libre dont je dispose actuellement… Parfois, je lis un article ou mate un reportage qui me laisse froide, ça arrive aussi. Bref, j’essaie de m’intéresser et de me cultiver dans la mesure du possible mais au vu de mon temps libre disponible, je vais me consacrer aux sujets qui ont allumé l’étincelle de mon intérêt. C’est ainsi que je ne vais pas lire 50 nuances de Grey juste “par ouverture d’esprit”. Ca va, je me suis déjà tapé 2 volumes de l’infect After, ça me suffit en terme de “tomber amoureuse d’un pervers narcissique qui va te faire chialer tous les 2 matins, c’est ça, l’amour, le vrai !”.

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Non mais à un moment, comment on a réussi à faire croire que l’amour, le vrai, saigne forcément ?

Parfois, je m’indigne sur certains sujets ou propos. J’ai ma sensibilité et certaines choses, je ne veux plus les entendre. Je vomis le sexisme donc quand je vois une remarque gratuite et déplacée sur les femmes, je ne vais pas hésiter à mordre. Idem, en ces temps troublés, je ne supporte plus le racisme ou la xénophobie et je ne vais pas hésiter à rentrer dans la mêlée. Et c’est là que le bât blesse : “han, tu ne tolères pas mon opinion [dégueulasse], t’es pas ouverte d’esprit”. Ou en sous texte : “tu veux pas être d’accord avec moi alors que je t’explique, t’es pas ouverte d’esprit”. Alors non, ceci n’est pas de l’ouverture d’esprit. Par exemple, un mec m’a fait chier dimanche sur une conversation autour de Ivan Rioufol, le mec néo réac qui recycle sans trembler le choc des civilisations d’Huntington et qui crache en toute occasion sur le multiculturalisme (“le cheval de Troie de l’islamisme”. Je cite, oui). Donc je trouve que, déjà, connaître les propos de ce monsieur, c’est déjà beaucoup. Mais quand je m’érige contre de tels propos et qu’on m’explique que les pays musulmans ne sont pas plus ouverts au multiculturalisme (pas du tout le sujet) et que je refuse de cautionner, voilà “je suis pas ouverte d’esprit”.

couple-dispute-debat

A se demander si on ne prend pas les autres pour de sombres idiots. En somme : moi seul-e est le savoir et je te le confie. Tu refuses de me suivre ? Alors tu es borné-é, tu n’es pas ouvert-e. Mais quoi ? L’ouverture d’esprit, ce n’est pas adopter l’avis du dernier qui a parlé. Tu as exposé tes arguments et je ne suis toujours pas convaincue mais c’est moi qui ai un problème d’ouverture ? Pourquoi, toi, tu ne te remets pas en question ? En général, quand je l’ouvre sur un sujet, c’est que je me suis un minimum renseignée dessus, je ne contredis pas juste pour faire chier. Ca ne veut pas dire que je refuse toute conversation sur le sujet, mes opinions ont aussi évolué (heureusement), mais à un moment si tu n’arrives pas à me faire changer d’avis, pose toi la question : soit tu n’as pas su trouver les arguments, soit nous avons des vues totalement opposées sur le sujet et il est difficilement imaginable que nous trouvions un consensus. Et à la limite, ce n’est pas grave. Pour ma part, quand je débats, je sais très bien qu’à un moment, l’orgueil entre en jeu donc même si j’arrivais à convaincre la personne en face, je me doute que 9 fois sur 10, celle-ci ne l’avouera jamais. Et je m’en fous de ça, je veux juste que la personne réfléchisse, se dise qu’effectivement, y a peut-être une autre vision des choses, que oui, les propos tenus sont problématiques… ou peut-être que quelqu’un lisant le débat sera touché par les arguments.

le débat d'entre deux tours

Mais arrêtez de décréter qu’une personne qui n’adopte pas vos opinions manque d’ouverture d’esprit. Surtout quand elles puent bien fort la xénophobie.

 

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Couple : pauvres victimes de l’amour

Lundi matin, je branche mon Twitter et là, je vois un déferlement de tweets sur… non, pas David Bowie (enfin, si, aussi) “quand tu es en couple, tu renonces à”. Ah oui, le couple, ce grand sacrifice ! Alors nous avons bien sûr quelques jolies réponses amusantes et mignonnes tendance neuneu :

Quand tu es en couple, tu renonces à... hashtag et réponses rigolotes

Mais certaines me mettent légèrement mal à l’aise :

Quand tu es en couple, tu renonces à... les réponses qui font peurAlors révélation : si tu te sens oppressé dans ton couple et que tu renonces à tes libertés, c’est que tu devrais changer de partenaire au plus vite.

Relations-toxiques-Comment-les-reperer-et-s-en-proteger

Je l’ai déjà dit mais je vais me répéter : la passion amoureuse telle que vendue dans les romans et films est nocive 9 fois sur 10. Là, je suis en train de lire After saison 2 (“saison”, ça me donne envie de jeter le truc direct aux ordures, déjà) et je suis littéralement ulcérée de voir qu’Anna Todd nous explique qu’un amour parfait, c’est juste être victime d’un pervers narcissique. Le mec est violent, abusif, il s’impose dans la vie professionnelle de la fille, l’enferme dans un appartement, la coupe de sa famille, de ses amis (enfin, non, elle n’en a pas), lui fait des scènes de jalousie partout, tout le temps, y compris sur son lieu de travail à elle, prend les mêmes cours qu’elle pour la surveiller, lui vole sa voiture pour la réparer. En fait, il était tout le temps là, elle peut pas faire un pas sans qu’il apparaisse et menace de péter la gueule de tous les hommes daignant lui parler. Alors toi, fille, tu dois te casser au plus vite et toi, mec, va te faire soigner. Mais c’est de l’amour tu comprends…

relation-toxique

Non, je comprends pas. Si pour toi, l’amour, c’est passer plus de temps à pleurer qu’à être heureux, c’est que tu as sans doute trop regardé les Feux de l’amour petit en prenant ça pour une vérité absolue. Bien sûr, il faut faire quelques concessions car on se partage l’espace à deux mais si ça vous rend malheureux, c’est que vous n’êtes pas avec la bonne personne. Si je prends ma relation avec Victor, nous n’avons pas forcément les mêmes centres d’intérêt, on s’installe peu à peu dans une routine : moi j’écris pendant qu’il code ou mixe et tout va bien. Je ne lui ai pas demandé de mettre un casque quand il fait sa musique ou je ne le prive pas de jeux vidéos… surtout que bon, depuis qu’on a réactivé ma Nintendo DS, c’est plutôt moi qui abuse un peu. On essaie de trouver notre rythme et notre équilibre alimentaire, on ne renonce à rien. Alors, oui, c’est sûr que je peux pas dormir en travers du lit et je ne peux pas m’improviser chanteuse de comédie musicale en pyjama si l’envie m’en prend mais… d’abord ça doit m’arriver une fois par an. Mais surtout je ne renonce pas à l’essentiel. Je veux sortir avec mes amis ? Ben je le fais et réciproquement. Il veut se faire un Festival à Amsterdam ? Ben va… La confiance étant un pré requis dans notre couple, on peut partir chacun de notre côté sans inquiétude ou jalousie.

Moi je pars toute seule aux Philippines et je me selfise sur la plage

Moi je pars toute seule aux Philippines et je me selfise sur la plage

Alors évidemment, ceux qui ont répondu à ce hashtag ne savent peut-être juste pas ce qu’est un couple et répondent par clichés… et c’est précisément ce qui m’inquiète. On nous vend tellement d’histoire d’amours toxiques que ça en devient presque la norme. On nous fait croire que l’amour, c’est du sacrifice : du plus superficiel (toujours être épilée au poil… je suis une très mauvaise élève) au plus dérangeant (ne jamais refuser les envies sexuelles de son/sa partenaire, se séparer de certain-e-s ami-e-s dérangeant notre moitié). Mais alors expliquez-moi : ça sert à quoi de se mettre en couple si c’est pour souffrir ? Je sais pas vous mais moi, perso, si je dois juste sacrifier ma liberté, mes amis, voire ma famille dans les cas les plus sévères juste parce que c’est ça “l’amour”, mais j’en veux pas ! Je me fais suffisamment chier à sourire et faire des courbettes hypocrites au boulot pour pas m’amuser à faire la même en rentrant à la maison.

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Bref, ton couple est une souffrance : barre-toi. Tu n’as plus le droit de dire ou faire ce que tu veux ? Barre-toi ? Ton mec/ta nana pense que tu dois être comme ci ou comme ça, parler à telle personne et pas à celle là ? Barre-toi. Etre en couple n’est en aucun cas une obligation, on peut très bien vivre seul (si, si) donc réfléchis bien : est-ce que cet “amour” faut vraiment que tu paies le prix fort ? Dédramatisons la rupture : si c’est pour se sentir mieux et plus libre, ce n’est pas un échec mais bel et bien une victoire. Sur soi, sur sa dépendance à l’amour (enfin, l’idée qu’on en a), sur la société qui nous impose à marcher par paire, quitte à tomber sur une personne abusive et toxique. Je pense que pas mal de twittos ayant joué avec ce hashtag devraient sincèrement se poser la question

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Ex Machina d’Alex Garland

Depuis que j’ai plus la télé et que je traîne beaucoup sur YouTube, j’entends parler de tas de films qui me font bien envie. Du coup, après The lobster, magistralement vendu par In the panda, voici Ex machina, film très bien chroniqué par le fossoyeur.

Ex machina affiche

Un huis clos dans les montagnes, un robot si humain qu’il quitte la vallée dérangeante, un génie un peu fou, un jeune homme très intelligent mais un peu perdu, une magistrale partie d’échec entre les protagonistes, qui manipule qui ? C’est tout ça, Ex Machina. Caleb, jeune programmateur d’une big society, gagne le droit de passer une semaine dans le chalet de son PDG, dans les montagnes. Une semaine au frais ? Pas tout à fait : en guise de chalet, Caleb se retrouve dans une sorte de prison, dans une chambre sans fenêtre, et va participer à un test de Turing. Un test de Turing ? C’est un test qui détermine si un ordinateur qui simule des conversations humaines peut être suffisamment convaincant pour que l’humain en face soit incapable de savoir qu’il parle à une machine ou à un autre être humain.

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Ici, Caleb ne va pas parler à un ordinateur mais à un robot au visage humain, Ava, créée par Nathan le PDG. Petit à petit, les deux vont se rapprocher, laissant s’instaurer une certaine intimité, frôlant le sentiment amoureux. Mais Nathan qui interroge souvent Caleb pour étudier son ressenti vis à vis de sa création, insinue le doute : Ava est-elle sincère ou ne répond-elle que parce qu’elle a été programmée ainsi ?

Ex Machina

L’ambiance est lourde. Malgré les très beaux paysages montagnards qu’on ne voit finalement que peu, l’essentiel de l’histoire se passe au coeur du clair obscur du chalet, Nathan est un putain de connard pervers narcissique, sa compagne Kyoko assez flippante de servilité, Caleb ne comprends pas tout ce qu’il se passe (et nous donc) et Ava semble la seule personne normale de ce quatuor. C’est prenant, troublant et la dernière partie est juste géniale. Le film a beau durer presque 2h, il passe comme dans un souffle, on n’a pas le temps de s’ennuyer mais les pauses dans l’intrigue sont suffisamment bien aménagées pour qu’on ait le temps de se demander qui manipule qui et si Nathan est vraiment la pire enflure du monde.

Ex machina face à face

Ce film a été co-écrit et réalisé par Alex Garland, scénariste (et auteur du roman, surtout) de 28 jours plus tard que j’avais vraiment bien aimé (alors qu’à la base, les zombies, ça ne me parle pas du tout), qui était bien haletant, également, malgré quelques scènes de respiration. Ici, on retrouve ce rythme parfaitement équilibré entre avancement de l’intrigue et pause pour digérer ce que l’on vient de voir et d’apprendre.

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Je ne peux que conseiller ce film avec force. D’abord parce que c’est de la très bonne came, entre science fiction et thriller psychologique mais surtout pour une fois qu’on a un (très) bon film sur l’intelligence artificielle, ce serait vraiment dommage de faire l’impasse. Et il a 92% sur Rotten tomatoes, la preuve ultime !

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La passion amoureuse, c’est de la merde

Non, cet article ne parlera pas d’une rupture avec Victor, tout va très bien, merci. C’est juste une constatation que nous avons eu tous les deux un matin que nous discutions au lit en sirotant notre café (notre vie est si dure). Je vais donc vous parler ici de la passion amoureuse ou comment un concept bancal est censé te faire avaler les plus grosses couleuvres du monde.

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(je lis Anna Karénine en ce moment, mieux vaut tard que jamais)

Prenons n’importe quelle comédie romantique, le matériel parfait pour étudier une certaine image de l’amour. Scénario classique : ils se rencontrent, ils s’aiment, il se passe un truc nul, ils se séparent, l’homme se bat pour reconquérir sa belle, elle finit par oublier ce qui avait causé la rupture car au fond, elle l’aime, ils se remettent ensemble et fiiiiiin, happy end ! Voilà, vous voyez ? Dès le départ, on nous explique que l’amour, ça fait quand même mal et que le vrai amour, si tu dois pas te battre et avaler 3 litres de glace devant un film nul en pleurant, c’est que c’est pas de l’amour. Vous auriez une corde que je me pende ?

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La vie de couple n’est certes pas tous les jours un long fleuve tranquille, il faut savoir faire des concessions pour trouver un juste équilibre et parvenir à limiter les engueulades. Mais de là à nous expliquer que si tu vas pas coller ton visage à ta fenêtre un jour de pluie car “il pleut sur la ville comme il pleut sur mon coeur”, que tu n’as pas pleuré sur cet amour difficile mais à la fin qui triomphe, ce n’est pas de l’amour… Je suis désolée mais non. Si je prends mon cas personnel, ma dernière relation longue me filait souvent envie de pleurer, j’essayais de me raconter des histoires pour y croire. Avec le recul, je me rends compte que plutôt que d’être amoureuse, j’étais malheureuse et entêtée et je peux vous garantir qu’en fin de compte, l’histoire n’était pas si belle. A l’inverse, avec Victor, les choses sont plus cools, plus sereines et je me suis rarement sentie aussi bien dans mes baskets.

Young beautiful woman jumping with a scarf

Mais ce qui me dérange surtout dans cette passion amoureuse douloureuse, c’est que ça fait le lit de tous les connards et connasses en tout genre, genre les pervers-es narcissiques. Ah, c’est sûr que si vous considérez que l’amour doit vous en faire chier des ronds de chapeau, avec eux/elles, vous allez être servis. Du genre à aller fouiller dans votre téléphone et vous faire une scène sur ce qu’ils ont trouvé (même si le seul reproche est que vous avez l’indécence de vous confier à vos amis… ceci est une histoire vraie). Du genre à provoquer des disputes à longueur de temps et à vous pousser à finalement vous excuser, ce genre de choses. “Mais je l’aime, tu comprends…” . Oui, je comprends, moi aussi, j’ai aimé au delà de la raison…

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Quoi que… Est-ce réellement ça, aimer ? Chacun sa définition, bien sûr, mais il me semble qu’aimer est plus synonyme de construire quelque chose à deux (ou plus, après tout) que de se détruire à petit feu. Non parce que d’où l’amour mérite-t-il qu’on souffre et qu’on se sacrifie à ce point ? Non parce qu’autant je conçois qu’on fasse des efforts pour son roudoudou d’amour, autant renier tout ce qu’on a été, renoncer à ses amis et ses passions pour cet être aimé, je vous jure que c’est malsain et que ce n’est pas de l’amour. C’est de la connerie.

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Mais voilà, on nous a dit que l’amour, c’était fou, absolu, c’était s’embrasser sous un orage torrentiel en s’en foutant de choper une pneumonie (j’ai vraiment vu cette scène à New York : alors que j’étais sanglée dans mon magnifique Kway, de jeunes gens s’embrassaient à perdre haleine dans Bryant Park. J’ai pas osé les photographier mais je savais bien que cette photo aurait pu me servir, damned !). C’est pas s’avaler une pizza devant Mr Robot en discutant de la vie, ça, non, pouaaaah ! Alors oui, vous avez le droit d’être masochiste et d’aimer quand ça fait mal… mais vous pouvez admettre aussi que vous n’êtes pas le personnage d’un roman ou d’un feuilleton et que ce n’est pas pour autant que votre histoire n’est pas magique, à sa façon. Celle qui vous donne le sourire chaque matin, par exemple.

Pour compléter mon article, cette vidéo de Personne ne bouge qui illustre précisément le type d’amour qu’on nous vend au cinéma

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Camilla Läckberg, petits meurtres en famille

Aaaaaah la Suède ! Un pays qui m’attire pour diverses raisons et s’il  n’y avait pas un léger souci d’ensoleillement 6 mois sur 12, j’aurais déjà appris la langue de Nobel pour partir m’installer là-bas. En attendant, je lis quelques polars issus du froid en me disant que j’irais bien y passer quelques jours de vacances (en été).

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Je vous ai parlé de Viveca Sten la semaine dernière, je vous présente Camilla Läckberg qui nous a concocté une série de romans qui se déroulent de la charmante station balnéaire de Fjabalka… Fjalabalka… Fjalbacka… Fjällbacka. Je n’ai pas la moindre idée de la prononciation du truc. Lors du premier roman, nous faisons la connaissance d’Ericka, fille du pays qui découvre le cadavre d’une de ses amies d’enfance. Le jeune Patrick Hedström est chargé de l’enquête et ce qui devait arriver arriva : ils tombent amoureux.

A noter que Cyanure est un roman à part mettant en scène Martin, le policier qui aide Patrick et qui attire aussi pas mal les psychopathes

A noter que Cyanure est un roman à part mettant en scène Martin, le policier qui aide Patrick et qui attire aussi pas mal les psychopathes

En fait, chaque roman mêle à la fois un élément du passé (une vieille histoire qui a un rapport avec l’enquête en cours), la dite enquête… et la vie privée d’Ericka, Patrick et tous leurs amis. Vous vous souvenez quand je disais que j’étais toujours un peu saoulé par le syndrome Julie Lescaut où tout crime est forcément lié de pas si loin à l’enquêteur ? Et bien là, c’est absolument systématique.

Image tirée de la série "les enquêtes d'Erica"

Image tirée de la série « les enquêtes d’Erica »

Sur la partie vie privée, donc, il y a pas mal de choses assez agaçantes. En un le bonheur un peu too much de nos héros. Ericka et Patrick tombent amoureux et se mettent à faire des bébés dans tous les sens et des bébés plutôt intelligents puisque leur fille de 1 an maîtrise plutôt bien le langage. Autour d’eux, on a droit au boss de Patrick, une caricature de chefaillon aussi incompétent qu’autoritaire et fier de lui, la nuance, c’est pour les faibles. Même si Läckberg essaie de lui fournir une évolution intéressante sur les derniers romans. Autre personnage hyper gonflant : Anna, la soeur d’Erica. Läckberg lui a concocté une vie bien pourrie : un mari violent et pervers narcissique qu’elle finira par assassiner avant de se mettre à la colle avec le meilleur ami d’Erica, un enfant perdu, dépression, dépression, dépression. Parce que faut savoir qu’à part Erica et Patrick, ça chie pas mal dans la colle pour leurs amis, entre stérilité et cancer tueur, ça ne rit pas tous les jours à Fjällbacka. Mais ça se reproduit beaucoup (sauf le personnage stérile), on a au moins 5 bébés parmi les personnages récurrents plus une grossesse qui se termine mal sur 8 romans, ça fait beaucoup. Ok, bon, Erica a eu des jumeaux, ça fait de suite plus, mais quand même…

Ca se reproduit pas mal dans la série, on dirait

Ca se reproduit pas mal dans la série, on dirait

Bref, la vie privée des personnages prend beaucoup de place dans le roman, sans doute parce que tous les meurtriers du coin sont reliés d’une façon ou d’une autre à Erica, son mari, sa soeur… Non mais en fait, cette fille porte une poisse noire. Elle sympathise avec sa voisine ? On noit l’enfant de celle-ci. Elle va voir un spécialiste de vieux objets nazis ? Il se fait buter. Elle sympathise avec le bibliothécaire ? Il publie un livre et ça devient la merde totale dans sa vie. A un moment, je serais son mari, je lui empêcherais de parler à qui que ce soit, ça lui évitera de gérer tous les meurtres du coin.

Harriet Andersson, Claudia Galli

Harriet Andersson, Claudia Galli

Mais revenons en au polar en lui-même. L’écriture est efficace mais, une fois de plus, je réussis à mettre les pièces du puzzle en place à temps, n’étant donc guère surprise à l’heure du twist final. Mention particulière cependant à “Le gardien du phare” qui a vraiment réussi à m’avoir, faisant donc de ce roman mon préféré de la série et de très loin. Le dernier aussi m’a pas mal surprise… Est-ce qu’à force de pratiquer, Camilla est devenue très bonne pour gérer les fausses pistes et ménager les révélations ? Pas impossible. Car malgré le côté “j’en ai un peu marre d’Ericka qui est au centre de tout” (et de sa soeur boulet), ça reste un moment de lecture agréable que je ne saurai que conseiller. Ne serait-ce que parce que ça donne furieusement envie d’aller à Fjackabala, Fajkaballa… Enfin, là-bas quoi.

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(Et il faut que je chope la série, rien que pour les paysages)

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Couper les fils

Ce week-end, je suis partie en week-end yoga, faudra que je vous raconte, j’ai souffert. Non, pas souffert mais souffeeeeeeeert. Mais j’en ai recueilli une certaine sagesse et des résolutions que j’ai immédiatement appliquées : j’ai cassé certains fils.

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Nous sommes la génération connectée. Connectée à la toile mais connectés entre nous aussi, si bien qu’il devient difficile de réellement rompre tout contact. Il y a environ un mois, après un petit dîner à 4, je rentre avec Victor qui me fait remarquer que c’est bizarre que j’ai toujours mon ex à qui je ne parle plus dans mes contacts Facebook (ceci n’était pas du tout une scène de jalousie, juste un constat). Du coup, j’ai un peu réfléchi à tout ça. Pourquoi tu gardes ce mec dans tes contacts ? Raison 1 : parce que tu ne veux pas être celle qui rompt tout contact (même s’il n’y en a plus). Raison 2 : parce que j’ai une curiosité mesquine. Vous savez, ce côté “sa vie est moins bien que la mienne”, le match des exs en un sens. Et raison 3, aussi : voir ses défauts m’exploser à la figure à chaque statut. Mais là, ça vire limite au masochisme, quand on lit une énième fulgurance en se demandant “mais je lui trouvais quoi à lui, déjà ?”

love story set. all images this series, see my portfolio

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Donc 3 mauvaises raison de rester en “contact”. Suite à mon stage, une séance de lecture avec l’océan pour seul compagnon et un massage ayurvédique, ma décision fut prise. Ciao ex. Ciao un autre d’ailleurs. Un autre sautera bientôt (seule la raison 1 m’a empêché de le faire). Ciao les 2 ex manageuses que j’ai détestées et que j’espère ne jamais recroiser. Ciao une ex amie qui m’a un peu foutu hors de sa vie sans que je sache pourquoi tout en continuant à suivre la mienne et à la raconter à des gens. C’est ainsi qu’après quasi un an sans se causer, je l’ai croisée à une soirée et elle me présentait comme Nina “tu sais la fille dont je t’ai parlée par rapport à [événement assez récent]. D’ailleurs, ça va mieux ta jambe cassée ?” Freakyyyyyyyy ! Donc on enlève. Puis passons sur Twitter couper les ponts avec une ex amie qui me disait le lundi qu’aucun homme n’arriverait jamais à nous séparer pour me virer dès le mardi parce que monsieur ne m’aimait pas. Sans doute parce que je n’étais dupe d’aucun de ses mensonges… En même temps, je n’y suis pour rien s’ils étaient dramatiquement énormes ! C’est depuis ce temps là que je suis très énervée sur la question des pervers narcissiques d’ailleurs.

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Bien sûr, ça ne se fait pas comme ça, ça réveille forcément des souvenirs, des regrets. Pas pour mes exs, eux, c’était bel et bien terminé et le fait que je les laisse désormais glisser peu à peu dans l’oubli me laisse indifférente. Oui, il y en a un qui m’a rendue marteau, qui m’a permis de voir certaines de mes limites, où je me suis rendue compte que j’avais fait de la merde sur pas mal de points mais aujourd’hui, il ne représente plus rien. L’idée de ne plus jamais parler avec lui ne suscite plus rien en moi. Par contre, les amitiés, ça fait un peu plus chier. Elles ont été remplacées depuis, il n’est pas dit que mon moi d’aujourd’hui se serait entendu avec leur Elles du jour. Une, je suis même sûre qu’on était arrivées au bout de toute façon, l’autre… Je ne sais pas mais après tout, si les choses sont telles qu’elles, c’est sans doute qu’il n’y avait pas d’autres alternatives. Tant pis, tant mieux. Alors au lieu de soupirer de la voir s’enfoncer dans son déni et sa fuite en avant, tournons la page.

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De temps en temps, il me prend une frénésie de vide. Je suis une fille qui accumule. Trop, tout le temps, qui garde des bouts de ficelles “parce que ça pourrait me servir”. J’ai gardé des magazines plusieurs années parce que je voulais découper les jolies images et m’en servir pour des tableaux ou des bijoux. Je garde des vieilles fringues que “si, si, je vais remettre” et que je ne renfile jamais. Alors parfois, je pète un plomb et je remplis les sacs poubelles. Au fur et à mesure que je les évacue, je me sens mieux, je me sens renaître. En ce moment, je liste les choses à revendre/jeter, mon Victor en fait autant, on s’encourage à faire de la place. Mais la place, ce n’est pas que dans l’appart qu’il faut la faire…

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Je coupe les fils. Bye gens qui n’avez plus de place dans ma vie, je vous laisse filer. Au fond, on ne partageait plus rien. Je laisse désormais la place libre pour qui voudra la prendre, pour qui je voudrai la donner.

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