Au fond de l’eau de Paula Hawkins, le bon polar de vacances

(Pour ceux qui ne partent que maintenant). Je suis une fille rarement à la page, je ne me précipite pas sur les nouveautés littéraires à quelques exceptions près mais pour une fois, j’ai lu un livre à sa sortie… parce que je l’ai piqué à ma maman lors de mon dernier passage en province. Donc Au fond de l’eau de Paula Hawkins, autrice de La Fille du train

Au fond de l'eau de Paula Hawkins

L’histoire : Jules reçoit un matin la visite de la police l’informant du décès par suicide de sa soeur, Nell, qu’elle ne fréquentait plus depuis des années. Jules va donc devoir partir à Beckford où vivait sa soeur, dans la maison que sa famille louait quand elles étaient enfants, pour s’occuper de sa nièce Lena, ado de 15 ans qu’elle n’a jamais vue. Alors que Jules doit faire face à des souvenirs enfouis très désagréables, les habitants de Beckford cachent tous soigneusement leurs secrets tandis que Nickie, vieille excentrique voyante, va essayer de partager ce qu’elle sait sur la mort de Nell mais aussi sur celles de ces femmes qui se sont suicidées au même endroit… Car Nell était fascinée par ce lieu et ses histoires et les nombreuses questions qu’elle posait lui attirait l’inimitié de certains. Suicide ou assassinat ?

La baie du naufrage, Grèce

Alors que retenir de ce roman ? Comme la fille du train, on est très loin des super héros omnipotents et omniscients, Jules, Lena et l’ensemble des personnages ont des failles et composent plus ou moins avec. L’histoire avance et l’on découvre des éléments au fur et à mesure, ça se lit facilement, je l’ai lu en à peine dix jours (ce qui est plutôt remarquable en temps normal vu que je ne lis guère un livre papier qu’une vingtaine de minutes par jour). Je le conseille pour la plage, un voyage en train car il se dévore l’air de rien, mais…

Lire à la plage

Je ne le trouve pas indispensable non plus. Déjà, un gros souci par rapport à la Fille du train : la multiplication des personnages et points de vue. Dans la Fille du Train, qui doit faire peu ou prou le même nombre de pages, on ne suivait le point de vue que de trois personnages : l’héroïne principale, la fille qu’elle observe du train et la nouvelle compagne de l’ex de la fille du train (dont j’ai oubliée le prénom et j’ai la flemme de chercher, je confesse) et on suit surtout la fameuse fille du train donc on s’attache quand même à elle, on s’inquiète pour elle, on ressent ce qu’elle ressent. Là, pas tellement. Déjà, au fond de l’eau fait référence à Nell, celle morte dès le début du roman mais surtout, la multiplication des points de vue rend le récit très confus surtout au départ où on suit des tas de gens dont on ne sait rien et tout le monde est ravi que Nell soit morte ou à peu près. Du coup, en suivant les pensées de gens qui se détestent tous entre eux ou à peu près, difficile d’avoir de l’empathie pour qui que ce soit.

Nous avons tous des secrets

Autre point qui me dérange un peu : on a tendance à deviner les rebondissements un peu à l’avance ce qui ne me dérange pas, en soi. Ca arrive qu’on devine l’assassin, ça fait chier mais on poursuit la lecture pour valider notre scénario. Mais là, pour nous perdre, Hawkins multiplie les tours de passe-passe qui n’ont in fine pas de réel intérêt dans le récit à auquel on n’apportera aucune explication, c’était juste un panneau “hé regardez là !” pour un peu complexifier le jeu… Et c’est un peu de la triche. Je trouve que l’écriture d’un polar est assez difficile, je ne m’y suis jamais vraiment risqué car je trouve justement difficile de mener l’histoire à bien sans que l’on devine trop tôt qui est le meurtrier. Je m’étais dit que, effectivement, la fausse piste pouvait être une façon facile de ménager le suspense. Sauf qu’à lire, ça peut être légèrement agaçant. On n’est pas des lapereaux !

Lapereau

Dernier point enfin : c’est bien de faire parler différents personnages pour tisser un récit, pourquoi pas, mais qui pense à ses secrets en mode « si jamais quelqu’un découvrait que… non, personne ne doit le savoir ». Quand je pense à mon secret, je le visualise, j’y mets malgré moi des formes et des mots, tu peux pas faire parler des gens qui ont une myriade de secrets et faire en sorte qu’ils n’y pensent pas des fois que… je sais pas, on lise dans leur esprit ? Dans ce cas là, ne les mets pas en scène… Dans La fille du train, sur les potentiels suspects, aucun ne racontait l’histoire, c’était plus simple… et ça faisait moins truc en toc pour perdre le lecteur, j’avoue.

Paranoia

Donc est-ce qu’on lit Au fond de l’eau ? Oui, sur la plage, en train ou en avion, c’est pas désagréable… mais pas immanquable.

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Plus c’est con, plus ça détend

La culture de la médiocrité à son paroxysme

Avant de vous raconter mes quelques jours au Canada (spoil : j’ai adoré), j’ai envie de m’énerver un peu sur une excuse que j’entends trop souvent de la part de ceux qui adorent regarder de la merde à la télé : “mais ça prend pas la tête, ça détend”. Et voilà Cyril Hanouna qui explose, la télé-réalité, les Hollywood girls et je ne sais plus quoi. La culture de l’humiliation, du clash et du bashing pour votre plus grand amusement.

Touche pas à mon Poste, émission typique surfant sur la culture de la médiocrité

Alors premier point : si tu veux te détendre, il y a d’autres options : va prendre un bain, va faire du sport, lis un roman, une BD, un blog… Ou mate un film ou une série voire un documentaire, joue à un jeu vidéo il existe des tas d’options pour se détendre… Donc viens pas me dire que tu choisis la médiocrité pour te reposer. Si tu regardes les Anges de la télé-réalité, Hanouna et autres grosses merdes, c’est avant tout… Par méchanceté gratuite.

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Lundi, un chroniqueur de France Inter a signé une chronique sur le fameux Touche pas à mon poste, une émission que je connais peu… Parce que les 3 fois où j’ai regardé, j’ai détesté. Entre un Hanouna prétentieux, agressif et qui écrase son équipe pour se faire valoir et une équipe complice qui joue les clichés (la blonde insupportable qui parle djeunz, le vieux beau, le vieux con) et accepte l’inacceptable pour son chèque de fin de mois… Non mais merde quoi. Qui peut réellement se réjouir de devoir subir des gages humiliants et se faire insulter par son manager dès qu’il ouvre la bouche ? Dans le monde du travail, on appelle ça du harcèlement… Mais bon, qui osera gueuler ? On est à la télé, on a la pression des camarades, on veut pas passer pour le pas drôle, celui qui n’a pas d’humour. Alors on se laisse garnir le slip de nouilles… Ah, l’injonction sociale de l’humour : ris ou sois ostracisé.

L'argument que je déteste le plus au monde

L’argument que je déteste le plus au monde

Et puis c’est de la télé, la célébrité. Tous ces candidats de real TV prêts à vendre leur cul, littéralement, pour gagner leur quelques minutes de gloire et, graal ultime, un passage au zapping. La pseudo vie de rêve où vous passez vos journées à vous clasher pour gagner vos quelques euros. Mais bon, avec de ma chance, vous pourrez finir fiancée au fils d’un ex Président de la République…

nicolas-sarkozy-son-fils-louis-sarkozy

Et vous regardez. Peu importe les Chloé, Sarah, Shirine, Nicolas, David ou Nasser : pas les mêmes gueules mais les mêmes histoires minables qu’on vous sert comme véridiques alors que tout est déjà écrit, qu’on a choisi pour qui vous allez voter. Vous n’êtes pas dupe, vous le savez mais c’est tellement bon de se foutre de la gueule de ces cassos qui valent tellement moins que vous. Peu importent les invités des talk shows : chanteuse pour ado, Miss France, people obscur ou candidat de télé-réalité… Vous avalez cette merde avec délectation parce que « ça prend pas la tête, j’ai le droit ».

Des fois, on sait même pas qui sont les invités

Des fois, on sait même pas qui sont les invités

Oui, vous avez le droit. Après tout, on peut choisir de se taper un McDo tous les soirs parce que cuisiner prend la tête, lire un roman nul et mal écrit parce que ça se lit tout seul, subir les injonctions des magazines féminins parce que c’est moins fatigant que se taper le dernier numéro de Courrier International. Mais arrêtons les mauvaises excuses. J’ai été merdophage aussi, j’en ai eu bien conscience mais la méchanceté, je peux plus. Un exemple : lors de mon séjour au Canada, j’ai maté un épisode de l’amour est dans le pré : candidats beaux et qui s’expriment bien, candidates pas connes avec une carrière. En France, on te collera toujours deux ou trois cassos bien mis en scène pour faire de l’audience et déclencher les commentaires dégueulasses sur les réseaux sociaux. Des émissions entières fonctionnent ainsi et vous vous en régalez.

Oui, j'ai un peu fait exprès de choisir une photo avec des enfants, ça illustre le niveau

Oui, j’ai un peu fait exprès de choisir une photo avec des enfants, ça illustre le niveau

Alors que je ne vous entende pas pleurer sur la qualité des émissions télé, que je ne vous entende pas déplorer le niveau de méchanceté et d’agressivité de vos concitoyens, qu’on nivelle par le bas. Parce que vous avez le choix de ne plus regarder, de ne plus encourager cette médiocrité, cette méchanceté qui permet d’ accéder à une certaine célébrité. Parce que désolée mais vous nourrissez la bête. Et ça vous fait jouir.

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Redeviens sérieuse, blogueuse

Bon, j’estimais que mes “résolutions” de blog allaient tenir sur mon article de résolutions tout court mais je me rends compte que j’ai déjà beaucoup de résolutions et l’article allait se transformer en liste indigeste. Donc reprenons ici, en bref : en 2016, je vais essayer d’être un peu plus sérieuse sur mon blog.

amandine-huffington

2015 a été une année un peu… hmmm…particulière en ce qui concerne l’écriture. Disons que j’avais envie de parler de sujets légers, finir mes histoires de site de rencontre, parler de plan cul, d’amour et de réseaux sociaux mais l’actualité m’a coupé l’herbe sous le pied à plusieurs reprises. Entre horreur de la situation, indignité des politiques et petites manipulations à peine discrètes, il devenait difficile de rester légère et superficielle. Trop de colère à évacuer, d’envie de ruer dans les brancards et de secouer des consciences endormies. Surtout que moi aussi, par le passé, je soufflais d’ennui quand j’entendais parler de la France qui va mal et des magouilles politiciennes. Ohé, ça va, on n’est pas en Corée du Nord, non plus. Non, certes mais entre une riante démocratie et la Corée du Nord, il existe toute une gamme de nuance et la nôtre vire caca d’oie…

jaune-vert-caca-doie

Mais reprenons ensemble mes résolutions blog / réseaux sociaux et rions ensemble de voir que j’ai rien foutu.

  • les bouquins en auto édition : pas du tout
  • Les dossiers de Nina : pas du tout
  • les guides de la vie parisienne : pas du tout
  • une liste de gens intelligents sur Twitter : pas du tout
  • les selfies : pas du tout
Je fais juste des selfies avec ma nièce d'amour

Je fais juste des selfies avec ma nièce d’amour

Ah et la version des 10 ans :

  • le flat design ; mouiiiiiiiiiii…
  • raconter des histoires : pas du tout
  • mini strip : pas du tout
  • Etre rigoureuse sur l’histoire d’Audrey : pas du tout

Businessman resting head on desk, playing with rubberband ball

Voilà, bravo le veau. Alors j’ai des excuses, hein. En un, donc, l’actualité qui m’a soit poussée à prendre la parole sur certains sujets, soit me taire tellement je ne me sentais pas légitime pour prendre la parole. Oui, j’ai été choquée par les attentats and so what ? Mon témoignage n’a que peu de valeur : je n’ai rien vu, je ne vis pas près des lieux touchés, je n’ai, Dieu merci, perdu personne. Rajouter une couche de “moi,je” n’aurait servi à rien. Ensuite, il y a Victor, mon adoré qui me prend du temps : on passe en moyenne un soir sur deux en semaine et tous nos week-ends ensemble mais comme on ne vit pas encore ensemble, c’est difficile de vaquer chacun à nos occupations donc, pour moi, d’écrire. Et en 3, je passe en rouge niveau charge de travail donc c’est pas en rentrant après 22h que je vais écrire quelque chose de pertinent.

Panne inspiration pour blog

Mais en 2016, je vais essayer de remédier à ça puisque a/l’écriture fait partie de mes résolutions et ce blog reste un très bon entraînement, que b/ on va arrêter les conneries au boulot (sous entendu le trop de travail) et c/ si tout se passe bien, Victor et moi aurons un chez nous donc chacun nos pcs et on pourra s’occuper chacun de notre côté (mais faire quand même des trucs ensemble, faut pas déconner non plus).

geek

Du coup, je pense axer mon blog sur plusieurs axes :

  • les histoires : celle d’Audrey qui devrait repartir quand j’aurai trouvé le ton (et le temps de faire l’illustration) mais aussi une histoire d’amour, celle de Camille et Sacha. Je reprends le concept d’une histoire d’amour avec un côté généralité puis focus sur Camille et Sacha. J’ai volontairement choisi des prénoms épicènes afin d’écrire une histoire la plus universelle possible même si, étant hétéro, ça risque de ressembler à l’histoire d’un homme et d’une femme. Je vais essayer d’éviter ça au max.
  • les séries : je vais finir par lancer mon guide du bien vivre son plan cul, promis
  • guide de défense à destination des gauchistes : c’est un peu le prolongement de ma résolution d’hier d’être une gauchiste éclairée. En gros, je vais essayer d’écrire des articles riches en exemples concrets de pays étrangers ou de pensées de grands philosophes, sociologues, économistes pour pouvoir mener des débats les plus éclairés et éclairants possibles. Je vais aussi essayer d’aller fureter sur les sites complotistes (de merde) pour tenter de comprendre comment à un moment, on peut me dire sérieusement dans une conversation “non mais si les députés sont contre la déchéance de nationalité, c’est que la moitié sont franco-israéliens” (véridique, véridique). Pour démonter certains arguments, il faut comprendre d’où ils sortent. Même si, dans mon anecdote, c’était facile de démonter en demandant des noms et en faisant remarquer qu’on avait le nom de tous les députés et qu’il suffisait de chercher.
  • La mise en scène du soi sur les réseaux sociaux : parce que je kiffe la cyber anthropologie
  • La chômagie ou plutôt un espèce de coaching de la recherche d’emploi parce qu’Anaïs veut changer de job et que je la conseille du mieux que je peux et je me rends compte que je suis devenue pas mauvaise en la matière
  • De la culture parce que des films ou des livres que je vois/lis, y en a des supers que vous devez découvrir et des mauvais que vous devez éviter à tout prix.
  • Carnet d’une aspirante écrivaine : (si écrivaine) parce que peut-être que si je parle d’écriture, ça va me forcer à vraiment m’y mettre.

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Et évidemment, mes traditionnels coups de sang, anecdotes et autres petits impromptus qui font le sel de la vie.

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2016, tu peux démarrer, je suis prête !

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Miscellanées New Yorkaises

Petits fragments de mon voyage à New York que je n’ai pas pu caser dans un article structuré mais dont j’ai quand même envie de parler. Une liste comme à la grande époque, quoi. Des instants à New York, c’est parti !

Instants à New York

Pour vous faciliter la vie, pour ceux qui ne voudraient pas tout lire (bad), voici le menu ancré pour aller directement à ce qui vous intéresse : manger sain, manger gras, le lobster roll, le Flat Iron, le Chrysler Building et comédie musicale à Broadway.

La célèbre gare Grand central

La célèbre gare Grand central

Le manger sain

New York est une ville assez paradoxale où tu peux choisir entre manger très gras ou au contraire très healthy. Ainsi, le premier matin, on décide de petit déjeuner dans le petit resto hyper hipster en bas de l’immeuble. La déco est absolument adorable, je vous laisse juge.

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Au menu, des plats incroyables comme ce pudding coco-dattes-graines de chia-lait d’amandes, framboises et myrtilles et son granola. C’était mortel (mais je suis pas objective, j’adore tout ce qui est noix de coco fraîche, je suis une militante de l’eau de coco pour rappel), Zeno se régalait, elle, d’une tartine à l’avocat. Le tout arrosé d’un grid coffee et sans attente. Dans vos gueules les bars hipsters parisiens qui te fond poireauter une heure et font passer leurs potes avant toi même s’ils sont arrivés après (Paperboy, pour pas les re-balancer).

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Sinon, New York est truffé de whole food market, des hypermarchés du bio avec une cafet’ intégrée, on s’est fait une ENORME salade, il y a des smoothies green, aussi… Je veux ça en France. Non parce que la saladerie fraîche en face de mon boulot est hors de prix et le sourire est définitivement en option.

Photo trouvée sur la page Facebook de Whole food market de NYC, j'avais pas pris de photos

Photo trouvée sur la page Facebook de Whole food market de NYC, j’avais pas pris de photos

Le manger gras

Mais donc, paradoxe, c’est qu’à côté, tu peux manger très très gras ! Les jours où j’étais seule, je m’arrêtais quelques instants pour un déjeuner sur le pouce : un gros bretzel, une canette et on repart. Parfois, pause un peu plus gourmande et souvent, les calories étaient indiquées à côté de ce que tu commandes..; et attention les bombes caloriques ! 600 calories la gourmandise, bim, plus de mon quart de mon apport quotidien recommandé (bon, ok, on marchait beaucoup mais je suis pas sûre que ça compense). Donc dans ce point fatty fat fat, retenons :

  • Le shack shack du Madison Park (pas loin du Flat Iron) : une sorte de Big Ferdinand où tu manges dans le parc sous des loupiotes. Charmant, goûtu et faaaaaat. Surtout le dessert, une sorte de cake-glace pumpkin. Bon mais faaaaat

shack shack

  • Le layering cake au pumpkin (j’insiste). Le dernier jour, on décide de se faire un plaisir : s’arrêter au salon de thé cupcake à côté de notre appartement. Après hésitation, je finis par céder au gâteau citrouille-canelle “layering” (à couches, donc). Bon jusqu’à l’écoeurement et faaaaaaaaat.

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cupcakes

Du coup, à New York, tu peux enchaîner bouffe ultra healthy et du bon gras qui te sature les artères en faisant à peine quelques mètres. Par contre, j’ai bien envie de me lancer dans le layering cake moi (mais en cherchant une version light)

Photo trouvée sur le blog Butter and Brioche 

Le lobster roll

Le kif, le pied, l’explosion de saveurs. Peu avant de venir à New York, Zeno m’explique vouloir se faire un lobster roll, un sandwich au homard, donc. Homard ? Ah bah oui, je veux bien, aussi. Du coup, on se planifie ça pour le samedi soir et…comment dire… on l’a vraiment mérité ! Non parce qu’on a fait ça juste après la high line, vous savez, la balade super chouette mais où on avait super mal aux pieds. Et il a fallu marcher pour trouver ce bar référencé dans le Routard de 2010. On a cheminé, on a douté “et s’il était fermé ? Et s’il n’existait plus ? Et si on renonçait et qu’on se posait dans le premier resto venu ?”. Sauf que le samedi soir, les restos sont plutôt très plein. Mais enfin, nous voici devant la bonne adresse et double alleluia : ça existe toujours et y a de la place en salle. Quelques instants après notre arrivée, nous voici donc devant la bête : du pain brioché sur lequel repose des morceaux de homard délicatement mayonnaisé (néologisme) (je suis très vite écoeurée par la mayonnaise donc si je vous dis que c’était léger, c’est que c’est vrai), une pile monumentale de frites maison. Je goûte et… oh mon Dieuuuuuuuuu ! C’est bon, c’est délicieux, je savoure chaque bouchées avec un réel plaisir. La note fut un peu salée (60 $ TTC pour le lobster roll, un dessert et un verre de vin) mais bon sang, ça valait tellement le coup.

lobster-roll

Le Flat Iron

On arrête de parler bouffe, parlons architecture. Comme j’ai dit dans mon premier article, j’ai adoré l’architecture new yorkaise pour son côté Gotham City. Et forcément, il y a de très beaux bâtiments comme par exemple le Flat Iron. Alors de un, ce bâtiment est très beau et je regrette que mon appareil photo soit tombé dans le coma à ce moment là de l’histoire, m’empêchant de capturer plus de détails que ça. Le truc avec le Flat Iron, c’est que c’est le bâtiment préféré de Victor et je m’étais jurée de lui prendre une photo rien que pour lui. Ma première rencontre avec le building ayant eu lieu de nuit, je n’avais pas pu le faire vu qu’il n’est pas aussi éclairé que d’autres bâtiments plus emblématiques. Donc dès que j’ai pu, je suis allée devant lui, je l’ai immortalisé et envoyé à mon adoré. La prochaine fois, on ira tous les deux et on rentrera même dedans

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Le Chrysler Building

Le plus beau, tout simplement. Pas visité non plus (je le ferai à ma prochaine visite avec Victor) mais du haut de l’Empire State ou du Rockefeller Center, c’était un peu ma vedette, je l’ai pris sous tous les angles. Parce que je le trouve beau, parce qu’au couchant, il est juste sublime et parce que je comprends pas pourquoi on n’en parle pas plus que ça.

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Broadway

Qui dit New York dit Broadway alors pourquoi ne pas se faire une petite comédie musicale. Après m’être fait lestée de 90$ (alors qu’on a acheté le billet à Time Square, sous l’escalier rouge, là où c’est censé être à moitié prix), voici donc que nous allons voir Kinky Boots. J’avais pas trop écouté ce que racontait le mec qui nous expliquait le concept, j’ai un peu entendu “c’est l’histoire d’un mec qui reprend la fabrique de chaussures de son père puis [là, j’ai perdu le fil, j’ai dû voir une mouche voler, je sais pas ce qu’il s’est passé] c’est drôle et c’est Cindy Lauper qui a écrit le livret”. Ah ouiiiiii, Cindy Lauper, la meuf qui a écrit une des chansons les plus “c’est les années 80” du monde, la chanson qui te file toujours la pêche quoi qu’il arrive mais aussi la chanteuse qui a magnifiquement repris les plus grands thème de Starmania. Ouais, vazy, on y va.

kinky-boots

Nous voici donc dans un charmant théâtre, les décors sont juste énormes. Je dois replacer un truc dans son contexte : les rares comédies musicales que j’ai vues (Starmania 5 ou 6 fois et Notre Dame de Paris, une fois. Eventuellement, Carmina Burana monumental opera qui n’est pas une comédie musicale mais qui avait une mise en scène sublime), je les ai vues en province, en tournée, donc, alors forcément, les décors devaient se monter et démonter très vite et étaient réduits au minimum. Ainsi, quand je vois les décors pour un spectacle qui ne bouge pas, je suis toute impressionnée. Donc l’histoire commence par la présentation des personnages, une ôde aux chaussures, je place bien les personnages, la musique est entraînante. Charlie doit reprendre la fabrique de chaussures de son père suite au décès de celui ci mais le projet l’emballe peu vu qu’il vient de s’installer à Londres avec sa copine et que les chaussures, c’est pas trop sa tasse de thé et surtout, la fabrique est au bord de la faillite. Il hésite, erre dans les rues de Londres et sauve une femme d’une agression… Mais en fait, cette femme, c’est un drag queen ! Du coup, il y a plusieurs numéros avec ce drag queen, Lola, et ses angels. Quelle surprise ! Bon, apparemment, le mec qui nous a expliqué le spectacle a évoqué les drag queen mais je ne devais certainement pas écouter (on ne peut pas accuser mon anglais vu que drag queen, ben, ça marche dans les deux langues. Puis d’ailleurs, je n’ai eu aucun problème de compréhension dans l’ensemble de mon voyage et, à part dans une boutique, personne n’a eu l’air de me prendre pour une étrangère. Ou alors j’ai un accent trop chelou pour qu’ils situent mon origine).

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Bon bref, y a de l’humour, un peu d’amour, des chansons qui te restent bien en tête (une écoute et je te chantais “the most beautiful things in the world” pendant 2 jours). C’est très entraînant, fluide, les figurants ne restent pas plantés en attendant de se retrouver dans la lumière. Ouais, vraiment, j’ai bien aimé. Et je vous glisse une petite vidéo :

La prochaine fois, je vous parlerai de Brooklyn et d’un brunch avec d’autres Français…

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Les impliqués de Zygmunt Miłoszewski

Je vous parlais de polars suédois les deux dernières semaines en vous expliquant que c’était sympa, que ça donnait envie d’aller faire un tour du côté de chez Björn mais que le côté “syndrome Julie Lescaut” me saoulait un petit peu. Mais il y a un autre polar qui m’a totalement emballée, fascinée, j’arrivais pas à le lâcher et la conclusion m’a totalement surprise. Laissez-moi vous parler d’un polar… polonais.

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J’aime bien la littérature slave, je me promène parfois dans les rayons de la littérature de l’est pour voir si je ne trouve pas quelques pépites. C’est ainsi que j’étais tombé sur Les pingouins n’ont jamais froid d’Andreï Kourkov, un roman ukrainien fort sympathique. Quand j’ai saisi Les impliqués de Miloszewski, je me laisse convaincre par le résumé, à savoir : “Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’oeil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances. Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ? Zygmunt Miloszewski signe un polar impressionnant, où s’affrontent la Varsovie d’aujourd’hui et les crimes du passé.”. Ouais, rien que ça.

Varsovie_-_Palais_stalinien

Donc on va pas se mentir : autant les polars suédois me donnent envie de faire un tour par là-bas, autant en lisant les impliqués, Varsovie est tombé très bas dans ma liste de mes destinations préférées (bon, surtout qu’en Pologne, je vise plutôt Cracovie). Le héros, désabusé, déambule dans une ville perdue entre son passé communiste et son présent plus tourné vers l’Europe. Ca donne pas très envie… Mais ça pose un décor parfait pour l’intrigue par contre.

Alors que Varsovie vu comme ça, ça donne carrément plus envie

Alors que Varsovie vu comme ça, ça donne carrément plus envie

Celle-ci est complexe. D’un côté, on a le crime en lui-même avec la découverte d’une thérapie psychologique aux rouages complexes, de l’autre, notre procureur se retrouve en prise avec une sorte de mafia polonaise décidée à garder certaines exactions de la période communiste sous silence. Très honnêtement, tous ces ingrédients avaient un potentiel de dingue pour que le rendu soit absolument indigeste. Déjà, la psychologie est toujours un rouage intéressant mais tellement galvaudé, souvent mal joué, qu’il me rend parfois folle. Combien de polars mettent en scène le psy de la victime, un mec qui sort des conneries plus grosses que lui, prétexte à tisser une psychologie torturée mais totalement foirée de la victime ? Non, ici, on flirte avec les limites de la folie mais de façon brillante, finement amenée.

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Et puis la mafia polonaise qui cache des secrets. Ca aussi, ça a rapidement le potentiel de virer au n’importe quoi, la théorie du complot version nerd de 13 ans persuadé de connaître la vérité car il l’a lu sur Internet, voyez… Mais non, tout est subtilement tissé, ça tient la route, ça la tient même très bien.

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Bon, après, Teodore se comporte parfois come un crétin qui te fatigue un peu mais à l’arrivée, ça ne gâche pas la lecture. Du coup, Zygmund Miloszewki semble commencer à avoir une petite notoriété en France, ses romans arrivent petit à petit dans nos rayons… Et il ne faut pas les rater !

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Te laisse pas bouffer

Hier, je vous expliquais qu’être gentil, c’est cool, ça met des paillettes et des arcs en ciel dans la vie des gens et qu’on gagnerait tous à être plus sympas. Sauf que voilà, les gens, des fois, ils ont de vrais problèmes et quand tu arrives tel un angelot naïf, tu te retrouves vite dans une spirale infernale.

J’ai, malgré moi, un côté St Bernard. Je tombe toujours amoureuse d’hommes un peu fragiles que j’essaie de rebooster parce que “hé mais mec, tu vaux plus que tu ne crois”. On appelle ça une soignante mais comme me dit un jour Tribulanne, dans soignante, il y a “soi niante”. Le problème, c’est que je m’y prends mal en soi. Voyez, en plongée, on fait un peu de sauvetage et la première chose qu’on a appris, c’est le coup de coude en pleine face de l’assisté. Bon, c’est pas obligatoire mais une personne qui se noie a tendance à se débattre donc si elle devient ingérable, qu’elle s’accroche à nous et nous fait sombrer, mieux vaut l’assommer. De façon générale, mieux vaut un nez cassé que deux morts. Les gens qui ne vont pas bien sont la personne en détresse qui va se raccrocher à vous avec désespoir et vous faire couler. Mais comment leur casser symboliquement le nez ? Comment leur secouer les puces sans commettre de dégâts irréparables ?

Le problème est que certaines personnes ne veulent pas aller mieux. Je connais une fille qui s’entretient une petite paranoïa à base de “personne ne m’aime, les gens sont méchants, je comprends pas” depuis deux ans. Cette fille nous a bousillé une soirée en partant en claquant la porte parce que “personne ne s’occupait d’elle”, soirée survenant à rupture avec l’Ex H+24 (et même pas tout à fait) pour moi, le surlendemain du décès de la grand-mère d’une autre donc bon, elle n’avait pas la palme de la situation la plus dramatique. En lui courant après pour tenter de la calmer, je me suis retrouvée à discuter 1h sur un trottoir sans manteau en plein mois de janvier. A l’arrivée ? Elle n’a même pas pris la peine de prendre de mes nouvelles quand je me suis cassée la jambe. Et elle continue à faire la gueule à des gens sans qu’on comprenne pourquoi et à se poser en victime. Bah tiens.

Il y a aussi ceux dont la dépression est un moteur. Genre les artistes maudits qui se biturent tous seuls chez eux et se jettent sur leur lit en criant que la vie ça pue et qu’ils souffrent. Enfin, quand je dis seuls, faut que ça se sache quand même, ils SOUFFRENT et le monde entier se doit d’être au courant. Je t’expose ma plaie béante, monde cruel, viens y déposer mille cataplasmes. Ceux qui sont suivis par un psy ne le sont finalement que pour donner une caution à leur mal être. Ce n’est plus “vu à la télé” mais “suivi par un psy”. Leurs maux sont d’ailleurs parfois réels, ne nions pas la souffrance, mais leur éternelle mise en scène te fait te poser des questions : ton mal être précède-t-il ta mise en scène de ta souffrance ou s’en nourrit-il ?

Le truc, c’est que je suis pas psy. Aider les gens qui ne vont pas bien est une noble attention résultant certainement de mes propres névroses (la principale étant : “j’ai une vie globalement satisfaisante, mes parents sont supers, mon enfance fut très heureuse, je dois partager tout ce bonheur qui est mien pour rééquilibrer le monde”, en gros) mais faudrait voir à se poser les bonnes questions. Puis-je réellement aider cette personne ? Le souhaite-t-elle réellement ? En étant gentille et attentive à ses malheurs, est-ce que je l’entretiens pas dans ses délires dépressifs ? Et à un moment, tu te rends compte qu’à ne pas oser éloigner les gens nocifs (parfois malgré eux), tu t’es oubliée. Que tu rentres le soir totalement vidée. Que tu appréhendes de les voir car tu sais qu’ils vont avaler goulûment ton énergie et ta joie de vivre. Et que ça te gonfle. Mais tu culpabilises en même temps, c’est quand même pas cool de tourner le dos aux gens qui ne vont pas bien, ils ont besoin d’être entourés. Oui mais entourés par qui ? Par moi ? Parce que tu vois, je pourrais me couper un bras pour certaines personnes qui vont mal mais ces personnes se comptent globalement sur les doigts de la main. Ces personnes, elles peuvent m’appeler ou m’écrire, je suis là. Les autres, arrive un moment où il faut admettre qu’on ne leur doit rien, que notre histoire commune n’est pas assez profonde pour que je me perde. Surtout quand la douleur n’est qu’une façon de se mettre en scène,d ‘acheter notre affection. Souvenez-vous la fausse leucémique

(c) Mamzel*D

Maintenant, je dois apprendre à ne pas culpabiliser, faire le tri, ne secourir que mes amis qui comptent et laisser les autres à la périphérie. C’est dur mais force est de reconnaître que je ne suis pas wonder-psy-woman.

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Spectacle insoutenable d’une véritable émotion

Mardi soir, aux petites heures de la nuit (enfin, 1h, ça va), la télé tourne en boucle sur I télé sur l’édition de la nuit présentée par Thierry Dugeon (j’ai dû chercher son nom sur wikipedia, j’avoue) et une fille avec plein de beaux cheveux mais un peu tarte. Je vous en parlerai une autre fois. J’entends sans réellement écouter, il y a une histoire de séisme en Haïti mais je ne percute pas trop.

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Là, ils annoncent un duplex téléphonique avec un dénommé Jimmy Jean-Louis, acteur que je ne connais pas, qui est d’origine haïtienne. Au vu du physique du dit Jimmy, là, je scotche sur l’écran. Comment est-il possible que je ne connaisse pas cet ultime beau gosse ? Mais mon emballement est vite calmé par ce qu’il se passe sur mon écran. Alors que Thierry Dugeon lui demande s’il a des nouvelles d’Haïti, Jimmy explose et se met à pleurer. Je suis tétanisée par ce qu’il se passe, je me rends soudain compte de quoi on parle exactement, de la gravité de la situation. Thierry Dugeon bégaie un peu et finit par essayer de calmer Jimmy : « je comprends que vous soyez émus mais est-ce que vous pouvez nous dire… ».

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La télé bannissant au maximum le direct, on n’est plus habitués à ce genre de spectacle, l’émotion étant en général mise en scène au préalable. Cette explosion de sanglots, tout à coup, qui prend à la gorge, prenant au dépourvu le présentateur. Les larmes des gens, des inconnus j’entends, me mettent toujours mal à l’aise car je ne sais pas quoi faire. Je
me souviens d’une fois où j’étais dans le métro, dans mes premiers mois à Paris, je me souviens, j’étais avec Anne. On discutait quand je vois arriver une fille, accompagnée de sa copine, en larmes. Elle pleurait toutes les larmes de son corps, c’était horrible. Je me suis retrouvée tétanisée, ne sachant trop que faire.. Dois-je feindre l’indifférence comme tout le monde, faire comme si je ne la voyais pas en décrétant que sa copine allait la consoler ou lui adresser un geste, quelque chose ? Evidemment que je n’ai rien fait, le contraire aurait sans doute été déplacé.  Mais je n’aime pas assister à la détresse des gens que je ne connais pas car je ne peux rien y faire.

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Mais surtout, la détresse de Jimmy rendait le drame encore plus réel. Je dois regarder les journaux télés depuis 15 ans et à force de voir des drames quasi en direct grâce aux vidéos des amateurs, on perd un peu la réalité du truc, on a parfois l’impression que tout est scénarisé. Typiquement, le tsunami m’a fait un peu ça sur le coup, on voyait un
déferlement de vidéos (sans mauvais jeu de mots), on ne comprenait pas trop le drame de la situation. Surtout qu’à force de nous répéter les choses, elles perdent leur sens. Vous savez, c’est comme quand on répète un mot et qu’il finit par ne plus rien dire. Ben là, pareil, on nous répète le drame, on nous repasse les vidéos, on nous balance des chiffres tellement énormes qu’ils en deviennent surréalistes…

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Et là, c’était pareil, j’entendais vaguement séisme, catastrophe, incroyable… Jusqu’aux larmes de Jimmy. Des larmes hors reportage estampillé « l’émotion est palpable » ou autre formule consacrée pour dire que les gens sont malheureux. C’est en entendant les sanglots de Jimmy à un moment qui n’est pas programmé que j’ai réalisé toute cette
indifférence face à des drames qui paraissent irréels à la télé. Enfin, peut-être pas indifférence mais sensation d’irréel, plutôt. Pour une fois, l’émotion avait sa place dans un JT sans que tout ça soit orchestré. Et c’était troublant.

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Au théâtre de mon blog, ce soir

L’autre jour, je lisais le blog de Wandrille qui, des fois, ne dit pas que des conneries. Du coup, j’ai un peu réfléchi à ses propos et je me suis dit « tiens, si j’en faisais un article ? ». Donc pour ceux qui auraient la flemme d’aller chez Wandrille (ce qui n’est pas très gentil, entre nous soit dit), je vous résume le propos : de ce que je donne sur mon blog, quelle est la part de réalité et celle de fantasme ?


Ce qu’il faut comprendre dès le départ, c’est qu’un blog n’est ni plus ni moins qu’une scène de théâtre virtuelle où on représente une version narrée et idéalisée de notre vie. C’est bien sympa de vivre un instant T, encore faut-il ensuite savoir le raconter et pour se faire, on utilise des… des ? des effets de narration ! Tout n’est au fond que mise en scène et mise en lumière pour laisser certains éléments dans l’ombre. Pas forcément des choses à cacher, juste qu’en parler n’a pas le moindre intérêt en soi. Peu importe que j’aime traîner en jogging le week-end, que je suis sortie faire les courses au Monoprix voisin sans avoir pris la peine de mettre des sous-vêtements et que j’étais pas épilée non plus. S’il ne se passe rien de particulier autour de ça, je ne vois pas l’intérêt d’en parler. De la même façon, certaines choses me touchent, en bien ou en mal, je vais pas forcément avoir envie de l’exhiber. C’est mon droit.


Au fond, même dans le cadre d’un journal extime, le blogueur n’en reste pas moins un personnage. A tel point d’ailleurs que je me suis créée une fiction, définie comme telle, avec où trouver l’homme. Je suis donc toujours assez amusée par certains ruades dans les brancards de mecs qui prétendent pouvoir m’analyser en n’ayant qu’une partie du puzzle. Sans doute est-il intéressant de voir quelles sont les parties exhibées puis cachées au fur et à mesure de ce blog. Mais croire que je suis toute exposée ici est un leurre. Croire que je ne fais plus du tout la fête et que je suis redevenue vierge parce que je ne parle plus de mes soirées ou de mes conquêtes en est un, également. Entendez bien que je ne mens pas et que ce qui est inventé est signalé, je ne fais pas de mytho ici, juste que je ne me livre pas entièrement. J’ai pris trop de coups par ici pour le faire.


Autre élément fascinant, c’est la haine qu’ont certains à mon égard et que je ne comprends pas. Oui, la haine, littéralement. Savez-vous que pendant deux ans, j’ai eu un autre blog, ailleurs qu’ici où je racontais ma vie bien plus que je n le faisais ici (d’où d’ailleurs sa création, je ne me sentais plus vraiment libre ici) ? J’ai parlé là-bas de tous mes amants, de toutes mes histoires et mes coups de cœur, des choses qui n’ont jamais parues ici. Oh, ne le cherchez pas, il est mort à mon arrivée à TGGP, je n’avais plus le temps d’écrire dessus. Sans doute plus trop l’envie aussi, la période idyllique chez TGGP m’ayant permis d’être si bien dans ma peau que je n’avais plus besoin de me confier. De toute façon, ce blog là n’était que très peu lu et essentiellement par mes amies. Mais en deux ans, alors que j’enfilais les amants comme des perles (et vice et versa), je n’ai pas reçu un seul commentaire désobligeant ou insultant. Enfin si mais je sais d’où ils venaient donc c’était contre moi et non pas contre mon pseudo. Etrange… Vicky me dit toujours que c’est à cause du nombre de lecteurs mais je reste fascinée par la haine que peut déclencher Nina et qui n’existait pas sur l’autre blog… Ni dans la vie (sauf vilaine dispute mais je parle d’à priori). Peut-être une question d’éclairage ?


Mais au fond peu importe, je reste le metteur en scène, je montre et tais ce que je veux. Maintenant, le spectateur peut comprendre la démarche ou non. Peu importe, au fond. Le mécontent se réfugiant immédiatement dans l’insulte, je me dis qu’il manque bien d’arguments pour me descendre et qu’il ne vaut pas la peine d’être écouté. S’il avait quelque chose d’intéressant à dire, il le dirait posément, non ? Et l’avantage du blog par rapport à la scène, c’est qu’on ne peut pas se prendre de tomate pourrie dans la gueule. Parce que la tomate, ça tâche et ça fait mal alors qu’un comm insultant, ça s’efface et ça s’oublie.




Allez fin de l’entracte, on reprend !

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Confessions intimes ou comment je deviens sociopathe

Hier soir, j’ai pas passé une super soirée car j’ai dû me battre avec mon pc qui est mort ou à peu près vu qu’il ne veut plus démarrer. Enfin si mais écran bleu, erreur fatale… Je peux juste accéder au mode sans échec. Si quelqu’un peut m’aider, ce serait adorable, merciiiiiiiii.

Donc j’étais énervée et je décide de regarder Confessions intimes pour me « détendre ». J’avoue que je ne suis pas familière du tout avec l’émission, je l’avais jamais regardée en entier je crois. Et après le visionnage qui laissera des traces mémorables dans ma mémoire, je comprends pourquoi : cette émission nous rendra fous et solitaires, y a pas d’autres issues.

Sans vous raconter les épisodes d’hier en détail, on a eu droit à des couples bancaux avec des mecs tyranniques et machistes, un gamin avec un comportement déviant qui inquiète ses parents et une mère abusive. Moi, à la fin de l’émission, j’ai  juste envie de me ligaturer les trompes et de partir dans un couvent histoire de ne plus jamais avoir à faire avec la gent masculine.

Alors, évidemment, tout ça n’est que mise en scène de pauvres gens limite ravis d’avoir un problème pour passer à la télé. Hier soir, y avait même des gens de ma ville natale, j’avais les racines douloureuses, pour le coup. Je comprends les gens du nord qui râlent de voir que la plupart des cas sociaux télévisuels viennent de chez eux. Ou de Nice pour le lot de cagoles. Si visionner un ou deux reportages comme ça, c’est marrant, autant tout une émission, là, j’ai le vertige. Je suis certes très sensible en ce moment, dans tous les sens du terme, mais bon sang, là, j’ai quand même envie de vomir, envie de frapper le connard avec son chien, le connard qui flique sa femme ou la chiante qui est toujours en train de coller son mari « bon, tu t’occupes de moi, dis, dis, hé, hé ! Regarde moi ! Houhou, parle plus à tes potes ! » Mais au secours, sortez moi de là.

A la limite, moi, j’ai la télécommande, un bouton et le cauchemar est terminé mais toutes ces vies sur le même modèle médiocre, ce désir fou de passer à la télé que je ne comprendrai jamais. Quand je vois des caméras dans la rue pour un micro trottoir, je fais un gros détour, laissant les dindes gloussantes (« hiiii, y a la télé ») faire un coucou derrière. Puis je me pose la question de l’utilité de ces émissions. Trouver ma vie plus belle ? Parce que vous pensee que tout cette misère humaine jetée en patûre aux spectateurs me réconforte d’une façon ou d’une autre ? Ouais, super, je me sens plus belle, plus intelligente, je me rends compte que savoir parler en conjugant correctement les verbes n’est pas donné à tout le monde, même ceux qui s’affirment « littré » (ohohoh!), que je n’ai rien en commun avec cette France deschienne… Mais en fait, non, ça me fait peur. Parce qu’au delà de l’aspect « France profonde » qui se donne à fond pour bien passer à la caméra, y a cette sensation que le bonheur est une chose si fragile et qu’il est vraiment trop facile de tomber dans des comportements hallucinants de bêtise sans même s’en rendre compte.

En attendant, j’ai plus envie de me mettre en couple, plus jamais, et ne pas faire d’enfants car soit ils auront des comportements bizarres, soit je les étoufferai par mon côté mère abusive et ils appelleront TF1 pour régler ce conflit (mais quelle idée) et la fille qui fera peur dans le poste télé, ce sera moi.

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Entre les murs, de Laurent Cantet

Par Bobby

L’autre jour, de passage dans ma province natale, j’ai décidé d’aller voir Entre les murs, alors que, n’étant pas à Paris où je peux faire usage de ma précieuse carte UGC illimité, je devais payer 5 euro 50 pour une mauvaise salle toute pourrie, mais bon, c’est notre cinéma d’art et d’essai, on le soutient envers et contre tout.


A première vue, je dirais que ce qui m’a le plus interrogé en regardant le film, c’est une question de forme : comment arrive-t-on à mettre en scène un univers aussi réaliste (et proche en cela des films de Abdellatif Kechiche –L’esquive, La graine et le mulet…-), comme si la caméra s’était rendue invisible et observait des scènes de la vie courante, alors que l’intrigue est assez tendue pour que l’on sente que l’on est bel et bien dans la fiction ? Cantet lui-même semble regretter que la critique ne soulève que les aspects polémiques et sociétaux de son film, et n’explore pas assez la question du « drama » qui, pourtant, fait tenir Entre les murs et l’a placé en si haute estime dans le regard du jury de Cannes. J’en ai eu la preuve quelques instants après avoir visionné le film, quand un mec me dit « ouais mais bon, donner la palme d’or à un film aussi politique c’est pas top, un film comme ça c’est pas vraiment du cinéma ». Bon, déjà,
j’ai envie de répondre « va le voir avant de parler pov’ quiche ». Et alors là, je suis sidéré. Depuis quand le cinéma politique, en plus, c’est pas du cinéma ?

Et puis, ici, en l’occurence, c’est pas « politique », c’est davantage sociétal, voire même philosophique. La question de l’éducation, ses impasses, ses
beautés, ses souffrances, je pense pas que ça date d’hier. Ce film nous immerge dans une classe de 4e du collège Françoise Dolto (20e arrondissement de Paris), et l’on y suit le quotidien sur une année d’un professeur de français, François Marin (incarné par François Bégaudeau, ancien prof, et écrivain du roman Entre les murs dont a été tiré le film), et d’une bande d’élèves assez diversifiée, en plein dans l’âge du dindon (comme disent les espagnols), avec ses rapports de force permanents, ses cris, ses insultes, sa violence, mais aussi, parfois, ses moments d’écoute, des moments au cours desquels la bande de petits sauvages est happée et apprend des choses. C’est un film qui nous montre les erreurs du système scolaire, les failles humaines, à la fois des élèves, des profs,
des parents. Personne n’est parfait, en somme, mais exige que les autres le soient. La lourde question des sanctions et de la valorisation fait également rage. Comment tirer le meilleur de TOUS les élèves, même quand ceux-ci vous insultent, vous frappent, étalent leur bêtise, leur violence. Personnellement, ce qui m’a marqué, c’est la solitude des professeurs. On les jette en pâture dans l’arène, où leur moindre geste est analysé et moqué, ou leur savoir est souvent méprisé. Je pense qu’on manque cruellement de profs, et qu’en supprimer ne résoudra en rien le problème de l’éducation, le conflit entre les jeunes et les adultes, mais va, au contraire, l’agraver considérablement. Il faut des équipes pédagogiques plus conséquentes pour  inspirer plus de respect
aux élèves, parce que 4 guguss face à des hordes de gosses, ça le fait pas. D’un autre côté, le film ne prêche pas en faveur des Saints Profs. Il montre aussi leurs moments de mépris pour les élèves, leurs colères, leurs peurs. Je trouve que c’est les respecter davantage que de les montrer sous un aspect aussi humain. Car c’est de ça qu’ils manquent le plus, nos profs, de respect, avant tout. Avoir la volonté de transmettre le savoir, au lieu de le garder pour soi, c’est quand même le plus beau métier du monde.

N’ayez donc pas peur de vous confronter à un soi-disant « film politique ». Entre les murs invite à la réflexion, mais n’oblige personne à réflechir pendant le film (je dis ça pour les plus retors de la pensée !). Il vous fera rire, et peut-être même pleurer. Il saura vous maintenir en haleine
devant une simple salle de cours de français, et ça, franchement, c’est très fort.

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