Pourquoi on s’engage ?

Mercredi, je suis allée au cinéma, fait particulièrement notable, et lors de la (bien trop courte) séance de bandes-annonces, je vois un film français dont j’ai oublié le nom et que je n’irai pas voir (un article hautement sourcé s’annonce) mais qui m’a interpellée. L’histoire : Agnès Jaoui est une bourgeoise qui donne des cours de français aux migrants et y a tout un questionnement sur l’engagement, le personnage ayant l’air accro à la reconnaissance. Mais il n’en reste pas moins que ça me gratte, cette question : pourquoi on s’engage ?

Pourquoi on s'engage, manifestation place de la République

Commençons par une évidence  : et bien, ça dépend des gens ! Merci, bisous. Je vais donc parler de mon cas et de mes observations, n’hésitez pas à enrichir avec vos propres expériences. A mon niveau, je perçois deux militantismes : celui qui parle et celui qui agit. J’ai d’abord été une sorte de militante de la parole, surtout écrite, essayant de diffuser au maximum des concepts, des pensées. J’étais comme un prisme diffusant un savoir. Savoir que j’essayais soit de présenter à travers des articles, soit en narrant une expérience, soit en me contentant de rediffuser une parole, telle une caisse de résonance. Tiens, il faudra que je parle de ce militantisme de parole, ça fera un article intéressant.

Le prisme qui filtre la lumière

Puis 2017, le virage. Cette élection présidentielle qui sonne comme un naufrage, la peste et le choléra. Tout ce dont tu rêves pour la société est menacée, la solidarité, l’entraide. La start-up Nation agit tel un rouleau-compresseur, ultra libéralisant tout au profit des plus riches, des voyous hors-la-loi qui me rendraient PRESQUE Sarkozy sympathique. Et je ne parle même pas de l’écologie, de nos petits accords sales avec un pays qui massacre tranquille un de ses journalistes, de la médiocrité crasse de la plupart des députés de cette majorité abrutie qui fait ce que dit le chef sans discuter sinon attention à la fessée. Bref, ça me rend hystérique qu’on vote depuis trente ans pour le mêmes mecs en mode “y a pas le choix, y a que ça qui marche” alors que force est de constater que non mais qu’on refuse de tenter quoi que ce soit d’autre. Bref, parler ne suffit plus, surtout quand l’ombre devient de plus en plus présente. Oui, je passe souvent pour la Cassandre de service* mais faut pas être un génie pour voir que ça pue vraiment en ce moment et qu’on est en train de préparer tranquillement le lit de la peste brune en libérant plus que jamais une parole sexiste, raciste, homophobe…

Tatouage nazi

Et c’est difficile de laisser faire alors on essaie de s’engager, on essaie d’expliquer que non, ce n’est pas ok de cracher à la gueule de ces individus parce que vous refusez de remettre en question vos privilèges. Ceux que vous appelez avec mépris les décoloniaux, féminazies, LGBT aux cheveux bleus… Evidemment, c’est toujours plus facile d’imaginer que ces gens là inventent leurs oppressions malgré les milliers d’études, statistiques ou d’enquêtes qui prouvent le contraire. Moi, j’ai envie de changer la donne, d’accepter que nous ne devons plus nous crisper sur notre micro-privilège en laissant ceux qui n’ont pas eu notre “chance” au bas de l’échelle en anônnant que qui veut peut et que vous aussi, vous en avez chié. Le problème, c’est que personne ne lâchera rien si ce n’est pas un mouvement global et je peux comprendre : nul n’a envie d’être le dindon de la farce.

Le prêcheur des manifs

Alors, moi, je voulais m’engager pour essayer d’instiller mes petites graines d’espoir, porter un message haut, essayer d’aider à mon niveau. Je ne m’engage pas pour la reconnaissance, mes envies (ou besoin) de reconnaissance sont ailleurs. Je ne m’engage pas en espérant faire carrière, j’ai de plus en plus de mal avec la sphère politique et ses petits arrangements entre amis, quel que soit le côté de l’hémicycle où l’on se trouve. Je m’engage parce que j’ai envie de croire qu’on peut arrêter d’être collectivement con, qu’on peut essayer, au moins, de changer quelque chose.  Non parce que y a des jours, quand je vois où on en est, je me dis que finalement, laissons les extrêmes monter, que tout le monde se foute massivement sur la gueule et c’est peut-être comme ça qu’on arrivera à sauver la planète. Bon, par contre, je ne garantis pas qu’on soit toujours là pour le voir.

Ville abandonnée en Chine

Idéaliste ? Oui, et ? Faut bien tenter des choses à un moment. S’asseoir sur son canapé en soupirant que le monde est moche, c’est un peu court. Maintenant, vouloir changer les choses (je n’irai pas jusqu’à dire le monde), c’est bien, mais y a quand même une question de taille : comment. Point de recherche d’une formule magique, juste trouver un medium permettant de bouger un tant soit peu les choses, avoir un tout petit poids. Et là, je crois que je me suis fourvoyée, va falloir que je trouve autre chose. Et le temps qui va avec accessoirement. Pour changer.

Déprime saisonnière

* N’empêche que Cassandre avait raison, c’est juste qu’on refusait de la croire.

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Une question de style : le cas Victor del Arbol

Le style d’écriture peut-il sauver une histoire moyenne, voire mauvaise, ou un mauvais style peut-il ruiner un très bon synopsis. Alors ici, je vais être totalement subjective mais j’ai lu récemment deux livres qui m’ont plongée dans la plus grande perplexité. Commençons aujourd’hui par Toutes les vagues de l’océan de Victor del Arbol.

Toutes les vagues de l'océan, polar de Victor Del Arbol

Le synopsis : je… Je sais pas trop. Pour résumer, je dirais que c’est l’histoire un Espagnol moyen, Alfonso, avocat raté à la solde de son beau-père, sorte de mafieux local, qui apprend le décès par suicide de sa soeur Laura et va se retrouver au coeur d’une enquête mêlant proxénétisme et secret de famille. Et franchement, c’est rare que je lise un thriller où, quand les plot twists s’enchaînent, je suis en mode “Ah… ok.”

Barcelone vue de Tibidabo

Pourquoi cette indifférence ? Parce que le scénario est hyper mal branlé. En clair, ça m’étonnerait pas que ça finisse en série HBO cette histoire : autour de l’axe principal (que je ne suis même pas sûre d’avoir identifiée. Est-ce l’histoire d’Alfonso qui guide l’histoire ou celle de son père Elias dans la Russie des années 30 ?), on a toute une foule de récits secondaires à base de cul et de violence et, surtout, des personnages qui réagissent n’importe comment. Les pièces du puzzle s’emboîtent mal, impossible de comprendre le motif global. Je vous jure, à un moment, y a une révélation, genre “hinhin, c’était moi depuis le début”, j’avais même pas compris qu’il y avait un enjeu là-dessus, je lisais vraiment en mode “ah… ok”.

Le bad guy dans Jojo's bizarre adventure

Du coup, vous allez penser que j’ai détesté lire ce roman… Et bien pas vraiment en fait. C’est curieux mais oui, c’est une expérience de lecture qui est restée agréable de par le style de l’auteur. Il s’est vraiment passé quelque chose d’étrange avec ce livre : je n’ai jamais réussi à retenir ni le nom de l’auteur ni le titre du livre alors qu’il a dû m’occuper pendant trois semaines, un mois, il me semble (tout comme Un monde après l’autre de Jodi Taylor dont j’égratigne systématiquement le titre mais parce qu’il y avait trop d’écart entre mes attentes et la réalité, je pense). L’histoire ne m’a pas vraiment intéressée car j’ai trouvé le traitement de l’histoire… trop HBO avec une violence inouie pas toujours nécessaire et des passages sexuels pas du tout nécessaires (avec une petite lichette de pédophilie et d’inceste carrément hors sujet). J’ai réellement senti une volonté de choquer le lecteur et pourquoi pas, après tout. Sauf que là, je percevais juste une to do de trucs dégueulasses à cocher et… bof, en fait. Et pourtant, je n’ai pas eu un rejet total de ce livre parce que… c’était super bien écrit.

Style d'écriture

Oui, ok, paie ta révélation en carton vu que j’avais évoqué le sujet en titre mais vraiment, en lisant, je me disais plus “elle est jolie cette tournure de phrase”, “mmm, belle métaphore” que “elle est fuckée ton histoire”, “mais pourquoi y a cette histoire à la con avec le fils d’Alfonso ? Et c’est quoi cette histoire de fesses qui sert à rien, là… Ah si, ça déclenche un truc… mais on s’en fout, en fait”. Je prétends souvent que je ne suis pas particulièrement attentive au style, qu’une histoire bien ficelée m’intéresse plus qu’une jolie plume… et force est de constater que ce n’est pas si tranché. Un peu comme un film finalement où quelques jolis plans sauveront le tout de la médiocrité. Genre Man of steel avec deux ou trois plans inspirés (mais après, c’est un peu le souci que j’ai avec Zack Snyder qui fait une sorte de clip géant au cinéma. Tu veux faire du clip ? Bah fais du clip parce qu’en attendant, je comprends rien à la moitié de tes plans de bataille où ça bouge trooooooop)(et non, on ne dira pas ça de George Miller parce que j’ai adoré Mad Max Fury road. Oui, je suis SUBJECTIVE). Disons que ça rend la lecture moins pénible, moins agaçante, ça aide à aller au bout, même si, à l’arrivée, on n’avait pas bien compris où on était censés arriver.

Puzzle sans motif

Du coup, que se passe-t-il quand j’aime le fond d’un livre et pas du tout la forme ? On voit ça la semaine prochaine !

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Se divertir tout en apprenant, c’est possible ! le cas Max Bird

“Oui, je sais que c’est con et nul mais je regarde ça le soir parce que ça me détend”. 10 fois sur 10, j’ai envie de hurler sur celui ou celle qui légitime la médiocrité par une fatigue mentale. Je me demande souvent à partir de quand la culture (petit c) est devenue aussi fatigaaaaante surtout que ça va, y a des moyens d’apprendre ou de rire sans se taper la lecture de l’encyclopédie ou faire dans l’humour oppressif. Une preuve ? Oui, Max Bird.

L'affiche de l'encyclo-spectacle de Max Bird

Bon y a Alexandre Astier aussi, avec notamment son Exoconférence, mais ce n’est pas de lui donc je voulais parler même si je souscris totalement à ce qu’il dit sur le divertissement : “On ne peut pas ranger tous ceux qui réfléchissent dans le camp de ceux qui se prennent la tête”. Et c’est navrant de cette persistance, de se dire que si on est fatigués, on passera un meilleur moment devant Secret Story ou je ne sais quoi plutôt que devant C’est pas sorcier (qui n’existe plus certes mais je sais plus ce qu’il y a à la télé) ou un reportage d’Arte. Arte vu comme une chaîne chiante alors qu’elle parle énormément de pop culture, au passage… Pourtant, petits, on regardait des dessins-animés éducatif du genre Il était une fois… et je ne crois pas qu’on en ait été malheureux. Je suis même sûre que si vous retombiez dessus, vous regarderiez avec plaisir. Apprendre n’est pas ennuyeux.

Extrait d'il était une fois la vie

La vie, la vie, la vie, la vie… (oui, je sais que vous l’avez instantanément eu dans la tête aussi)

Et justement, aujourd’hui, je vais vous parler de Max Bird et son (un peu trop) court spectacle “l’Encyclo-spectacle”, situé au nez rouge (c’est sur une péniche vers Stalingrad, de suite, j’étais conquise, j’adore les péniches). De quoi ça parle ? Et bien, c’est un peu dur à résumer car y a de la biologie, des dinosaures, des pingouins et des manchots, de la mythologie égyptienne et grecque, une chanson, un jeu vidéo… et un sketch final dont je vous parlerai une prochaine fois car il mérite un article à part entière. Ouais, tout ça et en une heure, s’il vous plaît. Alors forcément, dans le lot, vous allez apprendre un truc ou deux, c’est promis. Et je vous garantis qu’on s’est bien marrés avec Victor.

Max bird fait le vélociraptor

Et j’en suis sortie, résolue à diffuser cette bonne parole : apprendre, savoir n’est pas chiant. Il faut arrêter de croire ça. Il n’y a même pas besoin de réfléchir de trop, de se “prendre la tête”, le savoir vient à vous, tout doucement, vous rigolez mais vous retenez des choses. Par exemple, vous saviez qu’il existe un rapace extrêmement rare en Amazonie qui s’appelle la harpie féroce ? Moi non plus mais maintenant, je sais. D’ailleurs, coucou, la voilà :

Photo d'une harpie féroce de Guyane par Maxime Dechelle

Harpie féroce. Famille des Accipitridés. Ordre : Accipitriformes

Prise justement en photo par Max Bird himself. J’ai rafraîchi mes connaissances sur le mythe d’Osiris (j’en étais à “il a été découpé par Seth, Isis l’a remonté et voilàààààà”, donc assez loin, en fait), j’ai appris l’existence de la harpie féroce, comment différencier un pingouin d’un manchot, que les iguanes se masturbaient… Franchement, il faut y aller. Et pour ceux qui ne peuvent pas, vous pouvez toujours vous abonner à sa chaîne Youtube dédiée au spectacle (y a le sketch d’Oedipe dispo, par exemple).

Oedipe et le sphynx, un tableau de Ingres

Et portons ce message : OUI, on peut se cultiver tout en riant franchement. Le savoir n’est pas prise de tête… Et ça évite de laisser la médiocrité prendre toute la place. Pensez-y la prochaine fois que vous aurez envie de mater de la merde (moi, j’ai arrêté, je me sens beaucoup mieux) juste parce que “ça repose le cerveau”. Loin de moi l’idée de vous imposer un programme plutôt qu’un autre mais juste, soyez honnêtes : vous regardez parce que vous aimez ça, par par peur de vous “prendre la tête”.

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Faut-il intellectualiser les merdes télévisuelles ?

J’ai des vices dans la vie et en tête de liste la merdassent télévisuelle. Je me délecte de certaines émissions télé dans un but pervers : mater puis m’en moquer. Soap operas, sitcom, telenovelas et parfois même téléréalité, je touille, j’avale et j’en fais un joli étron que j’expose avec fierté ici. J’ai pas dû bien gérer ma phase anale, moi.

Faut dire que c’est jouissif. L’éternelle lutte des classes telenovelienne saupoudrée de crises d’hystérie proches du delirium tremens, tirages de cheveux des furies manucurées défendant bec et ongles en résine leur couple. Et avouons que y a des latinos, j’en ferais bien mon 4h… Et que dire des luttes dynasto-fratricides, des chassés-croisés amoureux improbables où une jeune trentenaire épouse l’ex mari de sa mère sous l’œil humide de celle-ci avant de se taper l’ex de sa belle-fille ? Faut dire que là-bas, les gosses passent en trois épisodes de 5 à 20 ans, ça brouille un peu les frontières des générations. Et parlons un peu du fétichisme des pieds Azouleen, de son usine à fabriquer du scénario à base de copier/coller… Et pour la téléréalité, régalons nous du machiavélisme de maternelle de candidats idiots persuadés d’être les dignes héritiers du Prince de Machiavel. Mon chéri, il n’y a aucune gloire à être le plus intelligent au milieu des abrutis congénitaux.

Alors oui, je regarde, je rigole et je critique, je caricature, j’admire le travail de montage et le suspense préfabriqué tout en admirant les petites manipulation de la prod. Mais en même temps, est-ce que j’encourage pas un peu l’abêtissement général (et le mien en particulier). Si une émission/série marche, elle sera prolongée et ces émissions coûtent peu cher. Si nous avions un équilibre entre émissions de merde et émissions de qualité, je ne dirais rien mais là, existe-t-il aujourd’hui de bonnes productions télévisuelles françaises (hormis éventuellement les fictions Canal mais vu que je l’ai pas, je peux pas juger) ? La plupart des séries sont mal écrites, mal jouées et mal réalisées, le suspense est parti avec mon amour dans les grottes de Rocamadour. A moins d’être ivre, drogué ou trop fatigué pour réfléchir, rien ne nous surprend.

Boycotter la merde télévisuelle pour améliorer nos programmes télé. Qui suis-je, moi, petite téléspectatrice parmi la masse, même pas comptée parmi le panel d’audience pour penser révolutionner quoi que ce soit ? Que je regarde TF1, Arte ou que je laisse mon poste éteint, rien ne changera, je n’existe techniquement pas pour les chiffres d’audience.

Alors je pourrais continuer à regarder ces merdes télévisuelles en riant grassement et en rédigeant des articles assassins. Oui, j’aime ça, les articles assassins, empreints parfois de mauvaise foi. Seulement, n’est-ce pas encourager la médiocrité ?

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Coupe tes mails

Il y a quelques temps, j’ai lu un article très intéressant de Rue89 sur le temps de concentration moyen de l’employé français : 12 minutes. 12 ridicules minutes surant lesquelles il peut vaguement travailler avant d’être dérangé. On fait quoi en 12 minutes , hein ? Pas grand chose, à peine le temps pour deux ou trois chansons. Un souffle. Voilà à quoi nous sommes rendus.
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Je suppose que la plupart d’entre vous travaillent comme moi en open space ce qui sous-entend « personnes venant jusqu’à votre bureau pour vous demander quelque chose ». Imaginons la vie lambda du salarié (qui est un peu la mienne, je le concède): on arrive, on consulte nos mails. Une fois le tri fait dans les dernières infos et demandes à prioriser, on
peut commencer à travailler. Tiens, ce matin, commençons par le dossier « brûlant ». Avec un peu d’efficacité, dans une heure, il est fini. Là, on applaudit toute la naïveté de l’employé optimiste. Oui, camarade, tu aurais pu terminer ton dossier en une heure sauf que tu vas être dérangé. Téléphone : « Ouais, c’est Luc, tu peux me dire où on est sur le dossier
pas-urgent-mais-comme-j-appelle-tu-me-réponds steuplé », les mails : « tu peux faire ça ? », les collègues qui soignent leur tonus fessier en se déplaçant jusqu’à votre bureau pour vous brieffer sur un nouveau dossier, brief noté en hiéroglyphes sur un bout de cahier, re les mails « non mais pourquoi tu n’as pas encore fait ça, ça fait une demi-heure que je te le demande! »; Ding ding, il est midi, le dossier urgent n’est pas bouclé.

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Comme je suis une rebelle administrativement célibataire et nullipare, j’aime ne pas prendre certains jours de congés que certains s’arrachent comme le 12 novembre, surtout quand, comme cette année, il tombe un vendredi. J’ai également « travaillé » le 31 décembre mais en vrai, « travailler » le 31 décembre consiste surtout à poser son cul sur sa chaise de 10h30 à 15h et de partir en criant : « amusez vous bien, on se revoit l’année prochaine, huhuhu! ». On se marre ! Donc le 12 novembre, disais-je, j’ai travaillé et j’ai BIEN travaillé. Parce que j’ai dû recevoir une dizaine de mails dans la journée et que personne n’est venu au bureau me brieffer alors que je travaillais sur autre chose. C’est fou comme on avance mieux quand on n’est pas dérangés.


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Admirant mon efficacité toute neuve, je me dis que je tiens là la clé du succès : et si je coupais mes mails pendant que je travaille pour ne les rallumer que lorsque je termine un dossier avant d’en reprendre un autre. Belle utopie. Tout d’abord, pour avoir réellement la paix, il faudrait aussi couper les messageries instantanées du boulot, débrancher
le téléphone et se couper physiquement de ses collègues pour éviter le fameux « je viens à ton bureau te parler comme ça, tu es obligé de m’écouter parce que « non mais j’en ai pour deux minutes ». Je sais pas qui a eu l’idée des open spaces un jour en se disant « ouais mais trop bien, la vie en collectivité, ça émule ! ». Ouais, je veux bien mais bon sang, quel parasitisme surtout. Le nombre de fois où je manque de mourir d’un infarctus car, tout à coup, un collègue se matérialise derrière moi pour me demander un truc… Gaaaaaah ! Mëme quand je travaille dur, ça me fait peur (quand je procrastine, ça me fout juste la honte).
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Je me demande quand même comment on faisait avant. C’est vrai, y a pas si longtemps, les mails n’existaient pas donc pas de réponse exigée en instantané, sans parler des messageries instantanées internes (ou pas). Evidemment il y avait déjà le téléphone (non mobile) et les collègues qui bougent leur cul mais au moins, on n’était pas censés rester joignable et lire nos mails à l’autre bout du monde et on pouvait ne pas répondre immédiatement à une demande vu qu’on ne la recevait pas dans l’immédiat. C’est l’ère de l’instantanéité, avec ses avantages et ses inconvénients. Non, je ne vais pas diaboliser le web, faut quand même rappeler que je suis de la classe laborieuse digitale quand même. Mais des fois, ça me ferait un peu plaisir de pouvoir attendre avant de répondre à un mail pour avancer sur mon dossier sans en recevoir 3 avec un sigle urgent à la fin alors que ça ne l’est pas tant que ça. Pourquoi je ne fais pas ça maintenant ? Mais parce que je préfère faire deux choses bien successivement que deux choses moyennement faites voire médiocre simultanément. C’est pas dur à comprendre.


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Mais c’est un peu de ma faute aussi. Je ne sais pas ne pas répondre sans rapidement culpabiliser parce que voilà, dans ma tête d’employée traumatisée, les choses devraient être faites avant même qu’on ne me les demande. Cherche pas, c’est traumatique, je te dis. Et plus l’heure de réception du mail s’éloigne de l’heure actuelle, plus j’angoisse, plus je
crains l’apparition de la fenêtre bleue maudite me notifiant d’un nouveau message. Oui, j’ai aussi travaillé avec des gens qui harcèlent, qui te demandent 10 fois la même chose dans la journée et à qui tu réponds 10 fois que oui, c’est noté, que tu feras ça quand tu auras terminé ce que tu fais. Parce que dans la mesure où on ne s’exécute pas de suite parce qu’on travaille sur autre chose, ce n’est pas un drame. On travaille quand même. Evidemment, dans le monde magique du travail, les priorités changent trois fois dans une journée et tout est finalement prioritaire. Mais comme j’aime à dire “si tout est prioritaire, rien ne l’est en fait”. Parce que je veux bien être efficace et pro active mais je n’ai hélas qu’une tête avec deux yeux et un seul cerveau, un pc, deux mains donc dur dur de faire trop de choses en même temps. Malgré toute la bonne volonté du monde.
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Finalement, n’est-ce pas à moi d’éduquer mes collaborateurs à ma façon de travailler. “S’il ne s’agit pas d’une demande urgente qui nécessite absolument que j’abandonne tout ce que je suis en train de faire pour exécuter ta demande, tu attendras. En attendant, là, je bosse sur un truc super chaud donc je coupe mes mails”.


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A tenter ! Quoi que pour mon nouveau boulot, je ne reçois mes mails externes que depuis aujourd’hui donc ça a limité ce stress (parce que j’ai déjà plein de trucs à faire). Et pour finir un article de 2007 sur les zero mail friday qui dit que c’est trop bien de pas ouvrir ses mails.

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En quel temps ?

Depuis hier se déroule un étrange phénomène sur ma boîte mail : le club des 5 essaie de se trouver un créneau. Le club des 5, ce sont 5 filles (dont moi, des fois que vous n’auriez pas compris) qui se cherchent un rendez-vous mensuel pour se retrouver et bitcher en toute tranquilité. Non parce que sinon, on se voit toutes hebdomadairement à la plongée mais c’est pas pareil. Mais drame : nous sommes toutes légèrement débordées.

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Je vous résume la situation : le mardi, mort pour tout le monde, plongée. Le lundi et le mercredi, Lena a danse. Le jeudi, Isabelle 1 (oui, y en a 2 sinon c’est pas drôle) a espagnol le jeudi, cette même Isabelle et Alice vivent en banlieue lointaine et le brunch le dimanche, ça fait chier et le samedi, c’est pas sûr parce que Lena bossera parfois. Je rappelle que nous cherchons un rendez-vous mensuel. Et voilà, le club des 5 est victime de cette maladie chronique : le manque de temps. Et encore, moi, j’ai pas trouvé mes activités de la rentrée (je suis toujours en pleine hésitation, j’ai raté les inscriptions à la mairie de Paris pour le russe. Ceci étant étant salariée, non parisienne et faisant ça pour mon développement personnel, je pense que c’était mort. Sinon, j’ai plein de trucs qui me titillent mais je sais que je n’aurai pas le temps pour tout).
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Pourquoi courons-nous toutes après des activités annexes ? Pour ma part, la réponse est simple : parce que j’en ai les moyens. Moyens financiers et j’ai pas de gamins à m’occuper en sortant du taf. Justement, je dois profiter de ce temps béni où je ne peux vivre que pour moi. Donc si les mardis sont pris, me reste 4 soirs par semaine plus deux jours de week-end à remplir. Si je le souhaite car je garde aussi du temps pour voir mes amis, mes amants ou juste pour glander. Oui, j’ai eu du mal à admettre que j’y avais droit mais si je prends ma soirée d’hier : rentrée tard (j’avais rien de prévu donc j’ai un peu avancé au boulot, sachant que ce soir, je pars à 18h20 et demain 18h donc bon…), je m’allonge « 5 mn » vers 21h40. Je me réveille à 22h30 au moment où mon chat se dit que c’est cool de dormir sur moi. Elle se love dans mon dos, un truc que j’essaie de lui apprendre depuis 6 ans. Oui, j’ai décidé que ce serait super que mon chat se pose sur mon dos et patasse un peu, histoire de me faire un petit massage et bouillote par la même occasion. Mais apparemment, mes seins sont plus confortable que mes reins, j’arrive à rien sur ce point. Alors pour une fois qu’elle le fait, j’allais pas la dégager. Du coup, je suis restée au lit et j’ai profité qu’elle reparte (la garce) pour virer mes fringues et roupiller. Donc oui, hier soir, je n’ai strictement rien fait MAIS j’ai dormi 9 heures en cumulé (ça tirait quand même ce matin, faut que la société arrête de croire que je peux être pro-active aux heures à un chiffre) donc cet après-midi, vers les 14-15h, je n’aurai pas de coup de pompe donc je serai efficace. Bon, je serai efficace au boulot donc mon épanouissement personnel ne se sent pas très impliqué MAIS si on considère que mon épanouissement personnel coûte quelques sous (aucun cours n’est gratuit, normal), vaut mieux que je sois efficace au boulot, quand même. Bref, j’ai le temps, j’ai l’argent, faut en profiter. Non parce que si je daigne un jour faire un(e) mini-moi, même si je peux le/la confier au papa quelques soirs, faut pas abuser non plus donc là, Güdrun oblige, pas de mini-moi en vue donc apprenons des choses.

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Alors évidemment, l’emploi du temps devient compliqué à gérer. Entre les amours et les amis, rien que ça, c’est un peu la quadrature du cercle surtout que toute personne normalement socialisée ne cesse d’élargir le dit cercle, au point de ne plus pouvoir voir personne. Si le club des 5 a pu se voir relativement facilement cet été, dès que la rentrée et les activités reprennent, c’est une autre paire de manches. Est-ce un espèce de mal urbain (peut-on réellement parler de mal en la matière ? Vous avez trois heures) d’essayer de combler à tout prix nos emplois du temps ? On pourrait croire à un mal de célibataire ne voulant pas se retrouver seul chez lui mais ça ne marche pas puisque Lena vient de s’installer avec son mec. Cyniquement, on pourrait alors en déduire qu’elle cherche à fuir l’appart commun mais ils font de la plongée ensemble alors même pas.Envie de se dépenser, de s’évader pour oublier ou éliminer notre stress ? J’y crois plus. C’est mon cas en tout cas. Outre le fait que j’ai envie de devenir une personne meilleure à mes yeux, je suis toujours à la recherche d’un équilibre et cet équilibre me paraît difficilement compatible avec le stress. Stress qu’il faudrait que je combatte à coup de yoga mais je suis pas sûre d’aimer ça, le yoga. La plongée, c’est mieux.

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Mais cette quête que nous semblons toutes avoir de ce petit plus, de cette envie d’apprendre, de maîtriser de nouvelles disciplines n’est-elle pas la résultante d’une société de la performance où l’oisiveté est combattue, méprisée ? Où il faut être toujours plus fort que le voisin, plus cultivé, brillant, multitalentueux ? Une société où l’on montre à la télé des exemples de médiocrité absolue, des jeunes ne sachant pas parler français passionnés de choses futiles, si tant est qu’ils soient passionnés, assoiffés de gloire facile, qui veulent être des « stars ». Stars de quoi, la question reste posée.

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Ou c’est juste parce que justement, à la télé, y a rien et plutôt que de se faire chier chez soi, on préfère s’occuper ailleurs.

PS : Sans vouloir faire ma féministe, le guide Eyrolles « s’organiser c’est facile » avec en sous-titre « pour les femmes » et l’image du gamin,ça sous entend que seules les femmes doivent gérer boulot et marmots ? 

 

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Le choix de partir


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J’ai donc démissionné depuis maintenant un mois et demi, suite à une recherche plus ou moins active d’emploi m’ayant fait passer une bonne quinzaine d’entretiens, parfois deux par jour. Mais revenons aux origines de cette histoire ou comment on décide de partir. Pour ceux qui prennent ce blog en cours de route, un rapide résumé s’impose.

Premier job (en CDI) décroché en avril 2007 après un an et demi de chômage. « Et là, tout s’enchaîne ». Je démissionne dès septembre car un très grand groupe de presse (surnommé TGGP) m’appelle. J’y débarque en octobre 2007 pour en repartir en mars 2009, déçue par le tour qu’avait pris les choses. Ca, je l’ai raconté lors de ce premier journal d’une
démissionnaire. En arrivant chez Pubilon, j’étais donc bien décidée à rester longtemps, minimum deux ans car à force de changer de taf, mon CV va finir par puer la fille instable. Non parce qu’en entretien, je peux tout à fait justifier mes choix mais pour se faire, il ne faut pas que mon CV effraie.

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Tout a commencé en novembre, quand ma sœur m’envoie une annonce pour être community manager pour une marque oeuvrant dans le commerce équitable. C’était à un moment

où j’étais en pleine turbulences suite à un couac sur une opé qu’on m’imputait directement. Pour le coup, j’ai admis m’être planté (en toute bonne foi) mais Iasmina m’a toujours dit que je n’y étais pour rien. Ceci étant, il fallait bien que quelqu’un paye et ce quelqu’un, ce fut moi. Donc j’en étais arrivée à un point où envoyer un mail me terrorisait de peur de me faire engueuler car il était mal rédigé et là, cette annonce providentielle. Et pourtant, j’hésite. Non pas à cause de l’annonce en elle-même qui, soyons honnêtes, me motive carrément, mais pour cette désagréable sensation de quitter le navire à la première goutte d’eau suspecte. Même si mon relatif mal être au sein de cette société n’était pas tout à fait nouveau mais, quelque part, partir, c’était admettre ses faiblesses, son incapacité à donner une bonne image de soi, à prouver que, non,  je ne suis pas incompétente. Mais ma sœur me convainc de postuler quand même, me rappelant qu’envoyer un CV ne voulait en aucun cas dire être embauchée. Et elle avait raison, je crois n’avoir jamais reçu de réponse pour ce poste.



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Mais au moment de cette candidature se noue un nouveau drame, consécutif à celui évoqué plus haut. Je décide de prendre 4 jours de vacances pour me remettre un peu sur les rails mais comme une conne, je lis mes mails pro, je me fais harceler de demandes de dossiers à terminer en urgence, etc. Jusqu’au mail fatidique qui m’annonce que je n’avais pas pris en compte les remarques des derniers jours et qu’on allait discuter à mon retour. Là, grosse crise de nerf, je me retrouve à 16.12 de tension, je supplie mes parents de me filer un médoc pour pouvoir retourner au boulot car sans ça, c’est juste impossible. Et voilà l’arrivée du Lexomil. Retour sur Paris, shootée, à côté de mes pompes, je me prends donc un avertissement. Et dans l’avertissement version écrite, il y a un mot, un seul, qui m’a littéralement fait péter les plombs : « médiocrité ». Je me tue pour cette boîte et mon travail est qualifié de médiocre, tout ça pour une
erreur qui m’a été imputée car, je cite « mais si je ne te le reproche pas à toi, à qui veux-tu que je le reproche ? ».


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Donc là, goutte en trop, je décide de repartir sur les sentiers de la recherche d’emploi, sentiers que je finis par bien connaître. Mais cette fois-ci, la recherche allait être plus longue que prévue…  Mais déjà, fin novembre, je décroche un premier entretien…

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Le Gamin de ma Nana

Par Lucas

Bon OK,  j’avoue.
Il y a 15 jours je comptais vous faire une bafouille « moi je « . Un truc mâtiné de vérités faciles et ternes, de clichés putrides et stériles… Tout ça parce que le 3 août j’ai passé la barre fatidique : mon âge commence maintenant par un 3 ! Sur ce sujet, Enzo nous avait gratifié d’un article bien sympa que vous trouverez sur cette page, et j’ai senti  venir l’article doublon. Sauf que moi j’aurais mis plein de phrases à la con ! Et des tas de conseils de vieux schnock ! Ouui, des conseils de vieux con à l’attention des jeunes vingtenaires nécessairement niaiseux car jeunes. Strange paradox : pour les romains l’adolescence allait jusqu’à 30 ans et aujourd’hui j’ai l’impression qu’un gamin de 10 ans est plus mature que moi quand j’en avais 16… Bon allez passons ; je préfère évoquer un autre sujet.

Comme vous le savez, depuis septeumbeur twenty ho eight, je suis diplômé. Bien sûr je n’ai pas attendu le papelard pour chercher un taff mais sans succès. Depuis avril 2008, je virevolte toute la journée sur les sites d’emploi, de l’ANPE à Candremploi en passant par UK Job et même la Craig List…  De fait, une fois que les annonces ont été sélectionnées, les lettres personnalisées écrites, les mails envoyés, je vais hurler un grand coup sur mon balcon et, avant d’aller courir pour oublier tout ça, je vais me balader sur d’autres pages, notamment les sites dits de rencontre. Je vous ai déjà parlé de Adopte Un Mec. J’y ai fait quelques séjours de 3 semaines, de ci de là, blasé à chaque fois par la médiocrité fulgurante des nanas (c’est bien simple : les plus mieux étaient happées/submergées par les mecs qui avaient un abonnement ou alors elles quittaient le site au bout de 3 jours ou bien c’était moi qui n’était pas à la hauteur,  hypeeeeeeer vexant…) Bref, l’épisode Adopte passé, un beau jour de juillet, sur FB, j’ai cliqué comme un benêt sur une pub pour AW qui proposait un mois gratuit histoire qu’on devienne accroc (et qu’un bot nous interpelle juste avant la fin de la période d’essai histoire qu’on prenne un abonnement…) D’ailleurs cette bande de nases fait comme Facebook : lorsque tu te désinscris, ton compte reste quand même et il faut envoyer une requête par mail pour que son profil soit viré. Ya vraiment des coups de pied au cul qui se perdent. Surtout quand on te prend pour un abruti en te faisant croire que ton profil doit être validé par les membres pour que tu sois accepté par la commiounity.

Bref…
Je râle, je râle,
Toujours est-il que j’ai rencontré un soir une nana IRL.
Petit diner sympa, on discute, ca colle bien, on rigole et les anges passent. De fait, on sort du resto, elle regarde sa montre et elle me propose de passer chez elle.
On vous l’a déjà fait le coup du dernier verre ??
Je précise qu’on avait parlé de plein de choses, elle m’avait posé des questions, j’en avais eues moi aussi. Je la savais divorcée ou séparée après une longue relation. J’aurais ptete dû aller plus loin…
On arrive à son étage, elle ouvre son verrou d’un coup sec, la porte s’ouvre en grand et là…

Un p’tit bou’d’chou de 4-5 ans galope vers nous avec sa baby sitter blasée « Rosalyn represent ». Arrêt net en voyant le Louka et là ça fuse, cinglant :
 « Téki !? »
Temps de réflexion : 1 seconde (et je vous promet : ca parait super long dans ces cas là une seconde)
Je me suis mis sur les genoux, gros sourire : « Salut moi c’est Lucas ! Chuis un copain de ta maman (regard vers la maman, un peu inquiète et qui s’attend au pire). Comment tu t’appelles ?
Oscar…Pfff, chuis trop jaloux, j’ai toujours rêvé d’m’appeler comme ça…. Et ton nounours ? Il a l’air trop sympa ! Mais non j’vais pas t’le piquer… »
En 5 minutes j’avais Oscar de mon coté (j’ai fait un DESS Management des Gnomes).
Encore dix minutes de jeux et il était couché (j’ai eu mention assez bien). Une demi-heure et il dormait.
En refermant la porte, sa maman m’a regardé avec un joli sourire. Et puis elle est venue me faire un bisou. Et puis…
Rideau.

Bon, dites-moi, ya combien de mères célibataires sur Paname ?
Ouep, de celles qui doivent tout assumer.
Le gamin à emmener à la crèche, puis quelques années plus tard à l’école, le boulot toute la journée, le gamin à récupérer à l’étude à 6h00, les courses à Monoprix, les lessives, l’éducation, la garde partagée, les vacances, prendre du temps pour soi et être là pour son gosse, bosser assez pour elle et son gamin mais être suffisamment là pour lui…

Le Monde et des magazines dans le genre nouvel obs (sans majuscule parce que ce torchon m’agace) avaient surfé il y a quelques années sur les familles recomposées, style un papa, une maman, la quarantaine et 2 gosses chacun : deux monoparents dans leurs vies qui se rencontrent un beau jour (ou peut-être une nuiiiiiiiiiit) et ensuite tout le monde vit ensemble. Céboooooooooo.

Mais là c’est pas pareil.
C’est notre génération.
D’un coté il y a un célibataire, de l’autre une jeune maman.
Pourquoi Sabrina ne m’avait rien dit au resto ?
Le gamin est-il un repoussoir aux yeux des mecs ?
Avait-elle peur de ma réaction ?
Elle a éludé quand je lui ai posé les questions…
Bon perso, je n’aurais JAMAIS présenté un coup d’un soir à mon gamin. Chais pas s’qu’il lui a pris (mais je suis peut-être un peu old school. Si un gamin est habitué à voir sa mère virevolter de mecs en mecs, faut-il y voir la déréliction de la société et doit-on conclure qu’il va reproduire le schéma ? )

J’ai l’impression que pour notre génération ca va devenir commun les couples avec enfant d’un premier mariage. La sœur d’un ami vit avec un kiné qui est papa depuis longtemps, il est des Vingtenaires qui pourront nous en dire autant, mon ex-coloc file le parfait amour avec un trentenaire papa d’un gamin de 5 ans… et cætera.
Est-ce propre à notre génération ?
Les mœurs ont évoluées, certes. Mais je pense quand même qu’il y a un problème. au delà du rapport enfant/parent.

Faire un gamin c’est quand même une responsabilité (« j’ai pas d’mandé à naître »)
J’ai jamais connu mon père et j’ai été élevé par une mère célibataire : je ne m’en tire pas plus mal.
Je pense que si le divorce a lieu avant deux trois ans c’est encore jouable pour l’évolution de l’enfant (je n’y connais rien, je suppute)
Mais le gamin qui voit son père quitter le foyer, puis qui va chez papa seulement un week end sur deux, comment fait-il ?
Ca me rappelle une triste VDM où un père divorcé recevait chez lui son fils qui pleurait et réclamait de rentrer chez maman…

Le fait de constater cette réalité, avec tous ces couples autour de moi, plus ou moins « installés, ca me rend encore plus circonspect sur le mariage. Je reste perplexe quand je vois des jeunes diplômés de mon école de commerce se marier à 23 ans sans même avoir vécu un an ensemble. Pire, je suis rassuré que ma sœurette ne se marie que dans un an, après avoir vécu 12 mois avec son namoureux. D’un autre coté, une copine de lycée  a passé quelques années avec son mec avant de se marier et en moins de 2 ans ils avaient divorcé…
La vérité est ailleurs ?
Une très bonne amie qui vit en couple depuis un an, nous a dit que son projet avec son mec c’était, avant tout, d’avoir un bébé, avant même de se marier.
Je trouve ça génial.
Beaucoup plus que le lien marital, je suis persuadé que ce qui contribue à l’unité d’un couple c’est d’avoir un enfant. D’abord parce qu’on est plus enclin à faire des efforts pour supporter les emmerdes de son conjoint car le divorce aura des répercussions sur les gosses… Ensuite parce que l’enfant permet de compenser les travers de l’autre, d’avoir un allié dans la place.
Le problème c’est que beaucoup de jeunes mariés qui ne trouvent plus en l’autre le « truc » initial pensent que le gamin va venir comme un pansement. Sur des plaies ouvertes… Attention, ça va brûler chérie… Faire un gamin pour résoudre leur problème…. Pfffff.

Et pour revenir à Sabrina, ca n’a pas duré longtemps. 15 jours tout au plus.
Je repense souvent à elle et à Oscar.
A Oscar surtout.
Comment juge-t-il tous les « amis » fugaces de sa maman ? J’avoue que je ne l’ai pas du tout pris en compte quand j’ai mis fin à cette relation. J’ai fait un passage éclair dans leur vie. En fait, je pense que le problème de la responsabilité se pose de facto quand un mec devient plus ou moins officiel ; « le nouvel amoureux de maman ». Pour ce qui est de donner des conseils et être cool, ça va. Mais comment trouver une légitimité pour engueuler le gamin et jouer un rôle de père quand il fait des conneries ? Comment éviter le « t’as pas à me dire ça, t’es pas mon père ! » ? Quand je vois que, d’ores et déjà, dans la rue, je me retiens de mettre des tartes aux sales gosses…

 C’est donc avec un p’tit sourire triste que je pense à Sabrina. Elle veut trouver quelqu’un qui la comprenne et qui accepte Oscar aussi. Je me dis que, si ça se trouve, ce soir, au fond de son lit un matcho s’endort, qui ne l’aimera pas plus loin que l’aurore…

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Confessions intimes ou comment je deviens sociopathe

Hier soir, j’ai pas passé une super soirée car j’ai dû me battre avec mon pc qui est mort ou à peu près vu qu’il ne veut plus démarrer. Enfin si mais écran bleu, erreur fatale… Je peux juste accéder au mode sans échec. Si quelqu’un peut m’aider, ce serait adorable, merciiiiiiiii.

Donc j’étais énervée et je décide de regarder Confessions intimes pour me « détendre ». J’avoue que je ne suis pas familière du tout avec l’émission, je l’avais jamais regardée en entier je crois. Et après le visionnage qui laissera des traces mémorables dans ma mémoire, je comprends pourquoi : cette émission nous rendra fous et solitaires, y a pas d’autres issues.

Sans vous raconter les épisodes d’hier en détail, on a eu droit à des couples bancaux avec des mecs tyranniques et machistes, un gamin avec un comportement déviant qui inquiète ses parents et une mère abusive. Moi, à la fin de l’émission, j’ai  juste envie de me ligaturer les trompes et de partir dans un couvent histoire de ne plus jamais avoir à faire avec la gent masculine.

Alors, évidemment, tout ça n’est que mise en scène de pauvres gens limite ravis d’avoir un problème pour passer à la télé. Hier soir, y avait même des gens de ma ville natale, j’avais les racines douloureuses, pour le coup. Je comprends les gens du nord qui râlent de voir que la plupart des cas sociaux télévisuels viennent de chez eux. Ou de Nice pour le lot de cagoles. Si visionner un ou deux reportages comme ça, c’est marrant, autant tout une émission, là, j’ai le vertige. Je suis certes très sensible en ce moment, dans tous les sens du terme, mais bon sang, là, j’ai quand même envie de vomir, envie de frapper le connard avec son chien, le connard qui flique sa femme ou la chiante qui est toujours en train de coller son mari « bon, tu t’occupes de moi, dis, dis, hé, hé ! Regarde moi ! Houhou, parle plus à tes potes ! » Mais au secours, sortez moi de là.

A la limite, moi, j’ai la télécommande, un bouton et le cauchemar est terminé mais toutes ces vies sur le même modèle médiocre, ce désir fou de passer à la télé que je ne comprendrai jamais. Quand je vois des caméras dans la rue pour un micro trottoir, je fais un gros détour, laissant les dindes gloussantes (« hiiii, y a la télé ») faire un coucou derrière. Puis je me pose la question de l’utilité de ces émissions. Trouver ma vie plus belle ? Parce que vous pensee que tout cette misère humaine jetée en patûre aux spectateurs me réconforte d’une façon ou d’une autre ? Ouais, super, je me sens plus belle, plus intelligente, je me rends compte que savoir parler en conjugant correctement les verbes n’est pas donné à tout le monde, même ceux qui s’affirment « littré » (ohohoh!), que je n’ai rien en commun avec cette France deschienne… Mais en fait, non, ça me fait peur. Parce qu’au delà de l’aspect « France profonde » qui se donne à fond pour bien passer à la caméra, y a cette sensation que le bonheur est une chose si fragile et qu’il est vraiment trop facile de tomber dans des comportements hallucinants de bêtise sans même s’en rendre compte.

En attendant, j’ai plus envie de me mettre en couple, plus jamais, et ne pas faire d’enfants car soit ils auront des comportements bizarres, soit je les étoufferai par mon côté mère abusive et ils appelleront TF1 pour régler ce conflit (mais quelle idée) et la fille qui fera peur dans le poste télé, ce sera moi.

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Grosse colère !

[Attention, EDIT en fin d’article]

Bon, maintenant, ça suffit, la blague a assez duré.

Ca fait un long, long moment que je suis régulièrement victime d’un troll dont les particularités sont toujours les mêmes :
– pseudo qui change à chaque fois ou presque
– utilisation d’un proxy pour cacher son IP
– des adresses mails bidons
– une orthographe improbable
– des insultes très violentes
– des liens vers des sites genre youporn ou boursorama
– un fichier sur lequel il a copié/collé son comm (vu qu’il est incapable de le retaper) qu’il reposte quotidiennement.

C’est lourd, très lourd. Mais là où vraiment, ça dépasse les bornes, c’est quand ce noble Seigneur va poster sa merde sur les blogs de mes copines. Il avait posté un comm incendiaire chez Lil Virgo pour dénoncer ma censure et là, il poste son comm insultant chez PinkLady. Ce qui est intéressant, c’est qu’il a choisi un pseudo qui correspond à mon pseudo MSN, un pseudo que je n’utilise pas forcément quotidiennement, signant mes mails autrement.

Donc il est évident qu’on se connaît. Un individu normalement constitué (pemets moi de lâcher un lol) ne viendrait pas ici quotidiennement poster de tels messages de haine et les garder sur son pc pour pouvoir les poster quotidiennement ici, des fois que je n’aie pas compris.

Alors vas-y, montre toi, aies pour une fois les couilles d’assumer tes actes. Tu fais preuve de lâcheté depuis de longs mois, prouve moi que tu vaux plus que ça. Je t’attends. Parce que tu vois, je ne vois pas bien ce que tu cherches. Me faire fermer mon blog ? Mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’il te gêne mon blog ? Tu sais, il y en a des millions d’autres, des milliers d’actifs au moins. Tu peux très bien vivre sans lire le mien, à me laisser à ma médiocrité crasse. Je ne représente rien, je suis lue par à peine un millier de gens, ce qui veut dire que plus de 63 millions de Français ne connaissent pas mon existence. Je ne suis pas leader politique ni leader d’opinion, je ne promeus aucune idée extrémiste, je me contente de partager mes réflexions de provinciale arrivée sur Paris et qui évolue depuis 3 ans. Je ne me trouve ni provocante, ni subversive. Que mon blog existe ou pas ne changera rien à l’histoire. Et puis je vais te dire, plus tu t’excites contre moi, moins j’ai envie de fermer mon blog, ça te ferait trop plaisir.

Je ne sais pas si tu es la même personne qui m’a forcée à porter plainte l’an dernier suite à des menaces de mort. La gendarmerie était remonté jusqu’à une personne, je ne sais pas où ça en est. Ca explique peut-être pourquoi tu te planques derrière des milliers de proxy et que tu as un abonnement sur Globenet.  Je pense que tu as sérieusement besoin d’aide car cette haine envers moi n’est vraiment pas normale.

Ah et pour te faire plaisir, je publie ce fameux comm que tu postes quotidiennement ici, pour que mes lecteurs saissise bien l’ampleur de ta psychopathie : «  tu finiras vieille fille,et tu ne seras jamais une femme. moi je connais les femmes,les trou:come toi,j’ai eu ma période mais les ptites morues de ton gends qui rèvent de devenir de vrai femmes respectées(mdr) on les retrouve toujours assises sur un tretoire à attendre des ptites pièces…t’en fais pas je t’accorderais 2 ou 3 gouttes d’urine mais le moindre centime d’euro c’est exclu 🙂 ». Evidemment, j’ai respecté l’orthographe de base.

Alors si tu as un problème avec moi, et manifestement, tu en as un, tu le règles avec moi et tu laisses les autres en paix. Mon mail n’est pas difficile à trouver, j’attends tes explications. Je suis vraiment curieuse de savoir ce que j’ai pu bien te faire pour mériter une telle haine. Et surtout savoir qui tu es car sur les trois noms des gens avec qui je me suis disputée dans ma vie, je sais qu’une n’utiliserait pas ces méthodes (enfin, pas comme ça), un ne perdrait pas de temps à ça et le troisième, j’ose espérer que depuis le temps, il est passé à autre chose. Donc qui es tu et pourquoi tu te comportes de la sorte ? Mais je sais pertinemment que tu ne répondras jamais à cette question.

Pour mes autres lecteurs, je m’excuse mais qu’on aille emmerder mes copines, là, je ne suis pas d’accord. Alors pour me faire pardonner, quelques vies de merde  :
– Aujourd’hui, je suis caissier, un client dépose, entre autres, un cahier de vacances. Pour faire de l’esprit je lui dis: « Ah ! Moi aussi lorsque j’étais petit, mes parents m’en achetaient chaque été ! Je ne le faisais jamais ! » Le client m’a regardé et m’a dit : « Vous auriez peut-être dû, non ?! » VDM
– Aujourd’hui, épreuve du Bac, j’ai tenté 7 fois de réussir un créneau avec ma vieille 2CV sans jamais y parvenir devant tous les Terminales S de ma ville. J’ai dû me résigner et virer 10 personnes qui squattaient la dernière place en épi pour pouvoir m’y garer. VDM
– Aujourd’hui, mon copain à qui je propose de lui amener un café au lit me répond « c’est gentil Sophie ». Nous sommes ensemble depuis 5 ans et je m’appelle Maude. VDM
– Aujourd’hui, j’étais dans la foule en train de danser devant un très grand groupe lors d’un festival de musique. Un mec me donne une petite tape sur l’épaule, je me retourne et là il me dit : « Ah nan en fait t’es moche ». VDM

Tiens, à part Lil’ Virgo, quelqu’un a déjà posté sur Vie de merde ?

Demain, ce sera plus léger, Lucas prendra la parole.

NB : Pardon pour le chat animé…

EDIT : Ok, en fait, j’ai un gros doute, mon troll est un antisémite notoire fréquentant un blog à la limite du nazisme (il a balancé un lien vers mon blog deux fois, paraîtrait que je ne respecte pas sa liberté d’expression,on se demande bien pourquoi). Ne connaissant personne d’ouvertement antisémite voire franchement nazi, il semblerait que l’utilisation de mon surnom soit un pur hasard. En fait, j’espère VRAIMENT que je ne connais pas cette personne car là, j’ai envie de vomir. Vous ne m’en voudrez pas de pas filer le lien. Est-ce que c’est le moment de préciser que je ne suis pas juive ou pas ?

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