La petite fêlée aux allumettes de Nadine Monfils

Week-end de mai : ma boîte m’ayant gentiment filée tous les ponts (en me piquant quelques RTT au passage), me voici rentrée dans mes pénates parentales avec une furieuse envie de lire. Un tour dans la bibliothèque maternelle qui déborde et je m’embarque 2 romans qui semblent être des polars. Le 1er, « la petite fêlée aux allumettes », le titre et la couverture m’attirent. Sans doute un vague rappel du tome 2 de Millenium, allez savoir. Il n’empêche que je devrais arrêter de choisir des livres ainsi. Parce que paie ta mauvaise pioche.
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Je vous raconte en gros : dans la ville de Pandore, située peut-être quelque part en Belgique mais rien n’est moins sûr, il y a un  vilain meurtrier qui tue des jeunes filles et met leur corps en scène façon contes de fées. Sur l’enquête, un vieux flic usé et son jeune assistant gay, travesti durant ses heures libres. Autour d’eux gravite une fille paumée tatouée d’une pieuvre sur l’épaule qui a des visions des meurtres dès qu’elle craque une allumette héritée de sa grand-mère morte dans les premières pages du roman qui se retrouve avec un drôle de locataire dans sa mansarde. Et une vieille azimutée amoureuse de Jean-Claude Vandamme qui tue tout le monde parce que… je sais pas.
Jean-Claude Van Damme
Déjà vous sentez à mon résumé que c’est le bordel ? Bon ben en fait, c’est pire. Tu lis le truc, c’est déjà mal écrit. Enfin, non, c’est un style, un peu gouaille, super vulgaire à mon goût avec des « bourre-pif » et « keuf », « il va me jeter en cabane pour des plombes », « un ptit coup dans le lampion », ce genre d’expressions que je n’aime pas lire. Chacun ses goûts mais cette façon d’écrire m’a profondément gonflée. Ne nous attardons pas sur la forme, passons sur le fond parce que… c’est pire.
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Désossons dans un premier temps Pandore. Qui n’est pas une planète bleue, non. C’est une ville avec un maire mystérieux qui ne s’exprime que par énigmes, 21 bois tous nommés en fonction des cartes de tarots. Il y a du fantastique là bas sauf que… sauf que ça sert à rien. L’intrigue aurait pu se passer à Bruxelles ou à Boulogne (pour le côté forêt), ça n’aurait strictement rien changé. A part la fameuse énigme du maire qui devait donner la solution du meurtre… sauf que dans les faits, sa résolution n’a pas le moindre sens. C’était un peu du genre « L’inspecteur se coucha avec une envie de fruit. De pomme… Comme Blanche-Neige, mais bien sûr, c’était la source de tout ! ». A peu près. A Pandore aussi, on est super fans de Magritte et les anciens meurtriers se promènent dans la rue la nuit, vêtus d’un grand manteau et d’un chapeau rond sur la tête en attendant que des gens glissent des voeux, réalisables, dans leur poche pour qu’ils rachètent leur péché. En fait, c’est limite ça qui est agaçant : y a deux, trois bonnes idées pas mal mais ça ne sert pas à grand chose, ce n’est pas poussé. Ok, la fille voit les meurtres mais à la fin, on ne voit pas bien l’intérêt de ce ressort. Ni de tous les autres liés à l’ésotérisme en toc de Pandore. La fille paumée a des visions grâce à une boîte d’allumettes, la mémé azimutée lit l’avenir dans le tricot… Mais ces visions n’aident pas à résoudre l’énigme, juste à annoncer un mort de plus. Trouvé par la police trois pages plus loin.
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Passons aux personnages, tous tellement caricaturaux que je ne sais même pas par quel bout commencer. Déjà, ce roman est tellement bien écrit et pensé que la fille paumée est posée au départ comme la dealeuse officielle du gay-travesti… qui devient en fin de compte le dealer de la paumée et de quelques autres. Oui, voilà, on a qu’à intervertir les rôles ni vu ni connu j’t’embrouille, ça passe. Le gay, tout en cliché, reste pourtant le personnage le plus crédible. En début de roman, la fille paumée va chez un mec croisé en bar et il la cogne. Du coup, elle finit par le tuer pour se défendre. Elle a un doute sur ses intentions « oh mais peut-être qu’il voulait pas me tuer/violer finalement. Bon, tant pis, fait c’est fait, je rentre chez moi ». Et voilà, elle n’y repense plus du roman et quand le flic gay-travelo lui en parle, elle hausse les épaules « oui bah j’ai cru qu’il voulait me violer » « ah ok, tout va bien alors! Tu veux de la coke ? ».
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Autre personnage très mauvais : le vieil inspecteur. Le mec le moins crédible du monde. Ce personnage marche pas mal en duo avec la catastrophe littéraire de ce livre : mémé Cornemuse. La vieille amoureuse de JCVD (élément narratif qui ne sert globalement à rien mais pourquoi pas) qui commence le roman par buter une meuf par accident et une voisine qui l’enquiquine. Comme ça, sans réelles raisons mais on va  dire que ça passe. Après, elle va squatter la maison du flic et lui, quand il la découvre, qu’est-ce qu’il fait ? Rien. Elle siffle sa cave, planque un cadavre dans son puits, fait brûler sa baraque mais il dit rien car elle sait qu’il collectionne les canards en caoutchouc et si elle le dit, ce sera trop la honte. Et puis on pourrait penser que c’est lui qui a tué la voisine chiante planquée dans son puits. C’est vrai, le mec est flic, il se laisse pourrir la vie par une vieille tueuse alors qu’il pourrait l’incarcérer en 5 minutes mais non, tu comprends… Donc le vieux flic est un Bourvil version Corniaud totalement foiré et la vieille, un prétexte à vulgarité puisque, totalement obsédée, elle passe son temps à vouloir baiser et l’exprime crûment. Non mais je cite (à propos d’un flic qu’elle était en train de sucer): »Je terminerai la prochaine fois parce que là, j’ai mon dentier qui m’remonte dans les amygdales ». Tant de poésie…
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Bref, vulgaire, une histoire mal ficelée, un style horripilant, des personnages sans queue ni tête. Il paraît que c’est une sorte de roman dans la droite ligne de l’Absurde belge. Je me contenterai de Magritte.

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(s)Trip à Bruxelles

Je ne t’épargnerai jamais aucun jeu de mots. Moi, quand j’étais ado, je voulais être journaliste à Libé, d’abord-euh (cette info est relativement fausse, je voulais être journaliste, peu importait le journal). Enfin bref, voici enfin le récit de mon voyage à Bruxelles, youhou !

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Samedi 09 novembre, 8H30, deux jeunes filles serrent contre elles une un gobelet de café en carton, l’autre un thermos de thé, pressée d’embarquer dans leur petit Thalys mais encore un peu pleines de sommeil. Ce voyage a failli ne jamais se faire : d’abord, Amy et moi avions prévu de partir à Londres mais finalement, Voyage Privé nous a proposé un meilleur plan pour Bruxelles. Ca m’allait bien surtout que j’étais légèrement déconfite par mon dernier voyage au pays de la BD : j’avais rien vu de la capitale européenne (mais j’avais plongé dans une eau à 33 degrés). Et puis ma soeur avait un peu réservé des tas de week-ends pour le baptême de mon neveu, notamment celui du 09 novembre. Finalement, le baptême ayant lieu le week-end avant, nous voilà parties pour Bruxelles, le pays de la gaufre, de la BD, des arts décoratifs, des moules frites et de Magritte.

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Arrivées à la gare, on va d’abord à l’hôtel poser nos affaires : il est idéalement situé, juste en face de la gare centrale et à côté de la Grande Place. Sur la dite place, d’étranges guirlandes de fleurs à moitié défaites donnent un drôle d’air à la place… Peu importe, on va pas y passer le week-end. On jette nos affaires et on débute notre visite par une galerie marchande avec une belle verrière et de belles vitrines. Les chocolats nous font de l’oeil, la tentation est grande ! On reviendra plus tard et on reprend notre marche vers la grande place, bien évidemment. Je n’aurai qu’un mot pour cette place : profusion. Les façades baroques sont extrêmement chargées, les bâtisses semblent avoir été posées là sans aucune unité architecturale. C’est assez spectaculaire et grandiloquent et je ne me rendais pas compte qu’on touchait du doigt une des caractéristiques de Bruxelles : l’unité architecturale, c’est pour les faibles. Sur la place, des scouts font des choses étranges : ils crient très fort autour d’un enfant au sol. Je… quoi ? Bon, les scouts seront aussi notre gros fil rouge du week-end, on les croisera absolument partout. Woké.

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Deuxième incontournable de Bruxelles : le Manneken Pis. Pas de bol, on croise une énorme foule qui vient de l’habiller, c’est un peu le bordel, ça hurle dans tous les sens. Nous aurons donc un Manneken Pis vêtu. Il est minuscule ! Sans la foule autour, je pense que je l’aurais carrément loupé ! On continue à s’enfoncer dans le coeur de Bruxelles, croisant deux ou trois murs BD. On finit par se poser dans un resto très bobo dans la rue du marché au charbon. On commande des bagels et un petit cocktail pamplemousse – schweppes. Puis on attend. Encore. Encore… Au bout de 45 mn, je finis par faire remarquer à la serveuse que nous avons été oubliées. Ah oui, pardon, on a mis votre commande au mauvais endroit, blabla. Supeeeer ! On finit notre déj, on boit le café qu’ils nous ont penaudement offerts puis on repart, on remonte la rue du marché au charbon pour guetter les murs BD. On croise quelques brocantes, la bourse et la fameuse rue au beurre pleine de pâtisseries. Un petit tour chez Dandoy pour acheter quelques biscuits speculoos, du massepain (de la pâte d’amande en belge), des biscuits au thé earl grey. On repart vers la place de l’opéra mais il commence à salement pleuvoir, on se rabat vers l’hôtel histoire de faire un petit pipi.

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Après cette petite pause, on décide de se rendre au Musée Bozart, on a eu des entrées avec l’hôtel. On se paume et on ne trouve pas l’entrée (par ma faute, j’ai été attirée par un gros cube en verre, je trouvais que ça faisait très entrée de musée). Malheureusement, il est un peu tard, la dame de l’accueil nous invite à revenir le lendemain. On fait un petit tour sur la place Royale, on avise le musée de musique cis dans un immeuble totalement art déco, on jette un oeil à la boutique du musée Magritte, je joue à me prendre en photo dans des miroir en forme de l’homme au chapeau melon. Je suis une artiste. On retourne à l’hôtel siroter un thé et grignoter quelques gâteaux (que servir de mieux avec un earl grey qu’un biscuit au thé earl grey ?) puis on finit par ressortir pour dîner dans une petite taverne à côté de l’hôtel. Alors un truc qui me fascine à Bruxelles et que je veux à l’identique à Paris : y a des cheminées absolument partout, j’adore !

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Dimanche, après un bon petit déjeuner, on file à l’Atomium. Comme à chaque virée, je fais mon boulet : après la violente allergie au pollen mixée à des courbatures terribles à Lyon, après mes atroces remontées acides en Irlande, je fais dans l’originalité : je vire aphone. Bon, j’ai plus de voix mais le reste roule donc en avant l’aventure et c’est parti pour l’atomium. Arrivées sur place, je fais la roue de joie : y a des bâtiments qui font communistes ! Un jour, j’analyserai ma passion pour ça, je situe pas. On décide de monter tout en haut du monument parce qu’après tout, nous n’y retournerons pas tous les jours. La vue est assez sympa, notamment l’immense parc à côté où j’irais bien faire un tour, surtout pour aller mater l’étrange pagode chinoise héritée de l’exposition universelle de 1958. C’était quand même top ces expositions universelles, une pagode à Bruxelles, c’est si délicieusement incongru ! Donc la visite de l’Atomium : on monte d’abord tout en haut du monument grâce à un ascenseur très rapide, on redescend ensuite et on peut monter par la suite dans les différentes boules, profitant au passage de l’exposition temporaire du moment sur l’innovation. Bon, ça m’a un peu laissée sur ma faim mais on s’en fout de l’expo. Se balader dans l’atomium est assez sympa, on a l’impression de se balader dans une étrange structure, entre usine et vaisseau spatial, ça monte, ça descend, c’est le bordel. Ca me plaît, j’ai toujours bien aimé le côté « architecture industrielle ».

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En sortant, on va faire un petit tour dans le parc voisin mais on renonce vite : il repleut. On retourne au centre de Bruxelles pour notre virée Musée. Le problème, c’est que le lendemain, tout est fermé car 1/ c’est lundi et 2/ c’est le 11 novembre donc autant vous dire que ça se bouscule au musée ! On arrive à arracher des places pour 16h, soit 1h30 plus tard donc après un tour aux boutiques des musées puis dans le parc royal (qui n’est pas incroyable à part un joli kiosque), on finit par faire notre expo Magritte. Bon, j’ai trouvé ça vraiment bien, la scénographie est intelligente, j’ai appris pas mal de choses. Oui, je suis plutôt une quiche en surréalisme, avouons le, j’en suis restée à mes cours de première avec André Breton et le dadaïsme, en gros. Et pour moi, l’écriture automatique, ça me fait plus penser à Mystères… Bref, j’ai aimé cette plongée au pays de Magritte. Nous avons enchaîné avec une exposition sur l’Inde à Bozart que nous avons dû un peu faire au pas de course car ça n’allait pas tarder à fermer. Expo pas mal du tout mais pour le coup, la scénographie était un peu étrange : certains recoins pouvaient échapper à la sagacité du visiteur et la présence d’un tableau représentant le Christ m’a un peu interpellée.

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Bref, on rentre à l’hôtel se reposer puis on repart dîner du côté de la bourse à la danish tavern que je ne conseille pas trop. Je me suis pris un traditionnel moules frites mais les frites étaient surgelées et la gaufre en dessert n’avait rien à voir avec la gaufre belge… Y avait même pas de cheminée mais au moins, on mange chaud. Après un dernier tour à la Grande place de nuit, on rentre se coucher.

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(photos prises avec mon iPhone, ne cliquez pas pour voir en plus grand, ça pique)

Lundi matin, je parle en chuchotant. Après un bon petit déj, on réattaque : on part de la grande place pour remonter vers une grande chapelle et tracer vers les sablons. Bruxelles a du mal à émerger en ce lundi férié, on ne croise même pas de scouts. On remonte vers les sablons, on s’arrête devant l’immense palais de justice actuellement en travaux. Le lieu est magnifiquement imposant, on se croirait dans une série se déroulant dans la Rome Antique (si, si). Malheureusement, le lieu doit être pas mal squatté pour des soirées, c’est assez crade, ça m’agace légèrement… On remonte un peu dans les quartiers un peu chicos mais il faut repartir libérer la chambre.

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Dernier tour : autour de la gare du midi, on visite un peu : la porte de Hal puis le quartier au dessus qui me fait furieusement penser à Belleville. Une fois de plus, faut garder l’oeil ouvert : à côté d’immeubles un peu miteux, on découvre de belles façades arts déco. Ca, c’est Bruxelles.

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Bref, que retenir ? En positif, j’ai aimé l’Atomium, le Musée Magritte, les murs BD, les détails arts décos semés de ci de là qui donne aux rues de la ville un parfum de jeu de piste et le bâtiment du musée de la Musique, totalement arts déco, les vraies gaufres. J’ai bien aimé la grande place pour sa profusion. J’ai moins aimé : le manneken pis, je comprends pas bien pourquoi il est aussi populaire, l’extérieur du musée Bozart dans le style art déco bétonné que j’ai trouvé assez laid, la difficulté de trouver un endroit sympa pour dîner qui ne soit pas hors de prix. Quant à l’amabilité relative des belges croisés (aka les serveurs et personnels des musées), je pense que ça vaut ceux de Paris. Palme à la meuf du musée Bozart qui nous a carrément envoyé balader, trop occupée à parler à sa collègue.

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Bef, Bruxelles, je reviendrai en traquant tous les murs BD et les coins arts déco. Et je mangera une gaufre pour me féliciter de mon travail.

Ah et dernière petite photo pour le plaisir :

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Je repose mon sac à dos pour quelques temps. Prochaine virée ? Le 27 décembre, je me barre aux Maldives. Mon réveillon sera forcément plus beau que le vôtre, je vous le dis !

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