Où je passe à côté du mariage du siècle

J’ai la patte folle. Les béquilles accrochées à mes avant-bras, je claudique. Façon Lady Gaga dans son clip Paparazzi, le glamour en moins. Sauf que voilà, je n’aurai pas le droit de poser le pied avant la semaine prochaine et que THE mariage a lieu ce week-end. Mais si, je vous en ai parlé moult fois : ma soeur va devenir madame.

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Il est vrai que je ne suis guère attachée au mariage pour ma propre personne et quand je vois tous les préparatifs que ça nécessite, sans même parler des coûts, de toute la diplomatie du “j’invite machin donc je suis obligée de convier chose que je n’aime pas”, tous les amis des parents des mariés conviés au vin d’honneur (ça, j’ai pas bien compris pourquoi), la musique à choisir, la messe à préparer (quoi que ça, non, j’éviterais)… On ne s’en sort pas. Cependant c’est le choix de ma soeur qui attendait ça depuis bien 5 ans donc forcément, je suis heureuse pour elle. Et là, je réalise : pour le mariage de ma soeur unique… Je suis trijambiste (j’ai deux béquilles…). Et merde !

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J’avoue que ça m’agace. Jusqu’à présent, j’ai pris mon accidentounet avec philosophie, me disant que oui, ça fait un peu chier de se casser le genou mais que ça aurait pu être pire donc comme dit l’adage, faisons contre mauvaise fortune bon coeur. Puis faudra que je vous parle de la rééducation, ça me plaît ça (et pas juste à cause de la partie massage). Sauf que tout positive que je sois, force est de constater que je vais pas être à mon optimum au mariage de ma soeur : je peux pas trop aider à la décoration (qui va accrocher les rubans aux arbres ? Ben pas moi), je vais pas pouvoir danser, je vais être un peu le boulet qui reste pas debout trop trop longtemps parce qu’au bout d’un moment, ça tire et laissez moi avancer en premier sinon le temps que j’arrive dans la salle à la mairie ou dans l’église, la cérémonie sera fini. 

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Je ne peux pas dire que je suis pour autant laissée de côté, ma soeur m’implique autant qu’elle peut : confection de petites choses, peinture de petits cadres, mise en page du livret de messe (ce qui est plutôt étonnant vu que je suis une calamité en terme de mise en page et de présentation, faudrait peut-être que je chope une formation sur le sujet). A défaut d’être la reine du bal, je deviens la reine du ruban. 

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Hier soir, Yohann, notre presque frère, le 3e enfant de la fratrie, m’a appelée pour régler quelques trucs “ahlala, je sens l’excitation monter”, me dit-il. Moi, pas tellement, c’est plus la frustration. La frustration de me dire que je ne pourrai pas fêter comme il se doit le mariage de mon unique soeur. Même si je reconnais qu’elle a tout fait pour m’impliquer malgré ma patte folle et que Yohann m’a garanti qu’ils feraient en sorte que je m’amuse aussi (ce à quoi j’ai répondu en toute sincérité que j’étais pas la reine de la soirée donc qu’il ne fallait pas se mettre martel en tête sur la question), je suis quand même le boulet de service, celle qui propose son aide et s’entend dire “non, non, c’est bon” parce que ce qu’il reste à faire implique de conduire une voiture, de porter des choses, de prendre des escaliers… 

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Evidemment, je me serais pas cassé la marboulette, je ne serais rentrée en province qu’hier soir et n’aurait été utile qu’à partir d’aujourd’hui, j’ai peut-être été plus utile handicapée que mobile car des bras (et surtout des jambes), on n’en manquera pas ce soir. Reste ce sentiment de passer à côté de la fête du siècle. Parce que de soeur, je n’en ai qu’une et normalement, elle ne se mariera qu’une fois.

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Je vais commencer à lui parler de ces gens qui renouvellent leurs voeux lors de cérémonies identiques à celle du mariage pour qu’elle en refasse un dans 5 ans…


Par contre, je risque de tuer ma mère au passage…

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Volée !

Et énervée un peu. Samedi, retour de la plongée, j’ai mon gros sac sur le dos, mon sac à main suspendu à mon épaule, mes écouteurs dans les oreilles. Stalingrad, changement de métro, je suis perdue dans mes pensées quand 2 jeunes me sautent dessus.

« Madame hé madame ! »

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Au passage, depuis que j’ai écrit mon article annonçant qu’en fait j’ai à nouveau 25 ans, on n’arrête pas de m’appeler madame. Le pouvoir contradictoire de ce blog me fatigue. Par exemple la semaine dernière, je marchais dans la rue avec ma collègue Salima quand une nana nous aborde pour Handicap National : »[à Salima] mademoiselle, vous avez une minute ? [à moi] et vous madame ? ». Blaaaaaf ! Je vais arrêter de porter la veste moi.


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Bref je disais Stalingrad, 2 ados me sautent dessus « Madame, y a un type qui vient de vous voler votre portefeuille ! Il est parti dans le couloir pour la ligne 5! ». Hein ? Sur le coup, je pense à une embrouille, mon sac est fermé et personne ne s’est approché de moi puis avec le sac de plongée, ça me parait impossible. Et pourtant mon porte-monnaie a
bel et bien disparu. Montant du butin : 3 euros max. Ma CB, mon iPhone et mon téléphone sont toujours dans mes poches, mon billet de 5 euros aussi, mes papiers dans mon sac. Inutile donc de courir après mon voleur qui doit déjà etre loin.

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Pourtant je sens la colère monter. Je m’en fous des 3 €, dommage pour le porte monnaie que j’aimais bien mais le geste me rend furieuse. La seule fois où on a essayé de me faire les poches, le gamin était tellement adroit que je l’avais capté en deux secondes et engueulé mais là, j’ai rien senti. Première réaction : pourquoi moi ? Facile : j’ai dû bien faire sentir que j’étais dans la lune et mon porte monnaie était facile d’accès dans ma poche (faut que j’arrête de tout mettre dans la poche). Mais j’ai quand même un profond sentiment d’injustice, une envie de retrouver ce petit con pour lui démonter la tête. Même si imaginer sa réaction en découvrant son butin me console un peu.

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Le truc, c’est qu’après, tu paranoïses. Dans le métro suivant, il y avait du monde, j’ai passé mon trajet à contrôler mes poches. iPhone ? Vu que j’ai toujours de la musique dans les oreilles, ok. Téléphone mobile ? Ok mais lui, on me le volerait, on me le rejetterait aussi sec à la figure en m’insultant : « non mais tu te fous de moi, tu utilises vraiment cette rougne pour téléphoner? ». Oui, monsieur, depuis que mon iPhone a tenté un baptême sauvage de plongée dans mes toilettes et vu le prix d’un smartphone (même si je change d’opérateur), on va attendre un peu, j’ai dû me payer des dents et des lunettes récemment. Et je préfère me payer des vacances aussi. Bref, personne n’a fouillé mes poches mais je restais bloquée sur la violence symbolique de l’acte, le côté « c’est dégueulasse ». Tout ça pour 3 euros, je sais, j’ai toujours été excessive.

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Je suppose qu’il faut y voir une alerte : j’ai eu chaud y a 15 jours avec le gamin maladroit, fallait bien que ça finisse par m’arriver. Devenir parisienne ne protège pas des mains piqueuses. J’ai eu du bol, je n’ai perdu que 3 euros dans l’affaire, j’ai toujours mon iPhone (qui me sert de smart sans phone) et ma CB, rien de grave. Ca fait juste chier et ça ébranle mon monde Bisounours dans lequel personne ne me veut du mal, surtout un gars croisé dans un couloir de métro qui a vu mon porte-monnaie dépasser.

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Enfin, voyons le positif : cette semaine, je suis en vacances, je n’aurai donc pas besoin de monnaie pour le café.

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Je vieillis

(Non, non, je ne suis pas morte)

Je ne sais pas pourquoi mais cette année, mon anniversaire m’a plus marquée qu’à l’ordinaire (alors que je l’ai même pas fêté, tiens). Est-ce parce que le chiffre est symbolique, la dernière année avant la prochaine décennie ? Quand on tient un blog qui s’appelle les vingtenaires, je suppose que ce n’est pas banal.


Depuis, j’ai l’impression que je suis sur la pente descendante et ça commence à me faire peur. Déjà, on m’appelle de plus en plus souvent « madame ». Et je trouve ça totalement intolérable. J’ai pas de bague à mes doigts, je suis profondément blessée au plus profond de ma jeunesse. Encore, quand je suis en galante compagnie, je veux bien mais quand je suis seule, non de non. Et comme ça arrive de plus en plus régulièrement, je le vis de plus en plus mal.


Et puis, je vois la différence physiquement. D’abord, j’ai une ridule en plein milieu du front et j’ai beau l’assaillir de mille et une crèmes, elle est toujours là, à me narguer. Bon, il est vrai que je dois me coller au miroir pour la voir mais je sais qu’elle est là et qu’elle ne partira plus jamais. Elle me regarde tel l’œil de Caïn, elle me nargue… Et que dire de mes joues qui s’affaissent un peu ? Et du fait que je mets trois jours à récupérer d’une nuit de 5h alors qu’avant, c’était mon quotidien ? Non mais imaginez, y a des soirs où je suis couchée à 23h, moi…


Ah et tant qu’on est dans le « on ne peut pas être et avoir été », atomisons ce qu’il me restait de réputation de fêtarde : je ne tiens plus du tout l’alcool. Selon ma forme, il peut suffire d’un verre de vin pour me saouler. C’est dramatique. Surtout quand ce verre est pris à l’heure du déjeuner, entre amis, et que je dois retourner au boulot ensuite alors que ma tête est lourde, lourde.


Bref, je sais pas mais depuis quelques temps, je sens que le temps me rattrape et que mon sentiment d’éternelle jeunesse s’envole. Il est bien loin le temps de l’insouciance et des nuits blanches « même pas mal », cette époque bénie où je bossais la nuit quand la ville dormait. J’adorais vraiment ça, écrire entre 3 et 6h du matin, j’avais l’impression de dominer un peu la ville, être la gardienne. Ce qui est illusoire mais j’aimais cette solitude. Aujourd’hui, même le week-end, je ne tiens pas jusqu’à 6h du matin. A partir de 2h, je ne peux plus écouter ce qu’on me dit, je m’endors en pleine conversation…  Merde, bientôt, je vais avoir des rhumatismes ! Et je n’ose plonger dans ma chevelure à la recherche du premier cheveu blanc. C’est un peu l’avantage de la châtainité claire (ohé, je peux aussi inventer des mots) à base de mèches blondes naturelles, un cheveu blanc n’est pas visible. Il y a 4 ans, je n’avais pas un seul cheveu blanc, dixit ma coiffeuse. Là, je parierais pas… Déjà que j’ai une tension élevée.


Dieu merci, j’ai encore des gens qui s’écrient (sincèrement) : « Quoi, t’as 29 ans ? Ah je t’en donnais moins ! ». Sinon, je ferais une grosse grosse déprime. Bon, puisque je fais moins, je vais en profiter un peu pour faire la fête et essayer de tenir debout jusqu’à des 3h du mat. Youhou !

NB : Par exemple, si cet article n’a pas été écrit hier soir, c’est que je me suis écroulée à 21h.

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