Pourquoi la drague de rue fait chier

Et que vous seriez fort aimables d’arrêter de nous faire subir ça, bordel à queue. J’en ai déjà parlé sur mon blog quelques fois par le passé mais c’était y a longtemps et j’aime à me répéter parfois car comme disait une ancienne collègue commerciale “répéter, c’est convaincre”. Donc on note : la drague de rue, c’est chiant. Et non, ça ne fait pas plaisir, désolée de vous l’apprendre.

Drague de rue

En 37 ans d’existence donc 25 avec des seins, j’ai réalisé un truc, mmmm, intéressant. Je ne me fais draguer que quand je dégage une certaine vulnérabilité. C’est quand je suis en jogging, quand je suis rêveuse et que j’ai baissé mes défenses. Et du coup, maintenant, quand un mec m’adresse la parole pour me draguer, je flippe “merde, j’ai l’air vulnérable”. Alors ouverture des épaules, technique de sophrologie du tigre et on repart. Car la drague de rue se caractérise par son manque de sincérité neuf fois sur dix.

Un homme importune une femme dans la rue pour la draguer

Reprenons. Je suis dans la rue et un mec vient m’aborder. Que sait-il de moi ? Je suis dans cette rue à ce moment donné et à priori, il doit me trouver un peu jolie (ou cherche juste à me rappeler à qui appartient la rue). Point. Et je trouve ça insultant autant pour moi que pour lui. Moi parce que manifestement, l’emballage est suffisant, on s’en fout du reste. Lui parce qu’il ne s’intéresse qu’à l’emballage. Si j’inverse les rôles, pourquoi j’irais draguer un inconnu. Il y a cet homme, bien joli, avec sa petite barbe, ses lunettes, son joli nez, tout ce que j’aime. Mais après ? D’abord, il peut être en couple donc soit il est fidèle et je l’ai juste dérangé pour rien, soit il a une meuf mais j’ai pas forcément prévu d’être sa maîtresse (dans l’hypothèse où il serait réceptif à ma demande). Mais ça, ce n’est qu’une donnée parmi tant d’autres. Peut-être que je vais lui parler à un moment où il est anxieux car il va à un entretien et se le répète dans sa tête. Peut-être est-il en colère. Peut-être est-il en train de tisser une jolie histoire dans sa tête dans laquelle je n’ai rien à faire, peut-être qu’il est triste car il a appris une mauvaise nouvelle… Je ne connais pas son état psychique et peut-être que je vais tomber au pire moment et qu’il n’a juste pas envie de subir ça juste parce qu’il est sorti de chez lui et que je l’ai trouvé fort appétissant. Mais ce n’est pas tout. Peut-être qu’il est raciste et/ou homophobe, peut-être qu’il est violent, peut-être qu’il est macho, peut-être qu’il a des passions dans la vie qui ne me parlent pas du tout, peut-être qu’il adore Hanouna et les anges de la téléréalité, peut-être qu’il écoute Jul en boucle chez lui, peut-être qu’il ne boit pas d’alcool… (c’est pas un défaut ça mais on risque d’avoir un léger souci de compatibilité). Ce que j’aime chez un homme, c’est pas juste sa jolie frimousse et son petit cul frétillant, non. C’est un tout. Alors ce joli garçon, au pire, je le prends en photo mentale et je m’en servirai pour l’un ou l’autre de mes romans. Ou je l’oublierai parce que ce n’est pas très important.

Hernano Fuentes Sense 8 Alfonso Herrera

Ensuite, la drague dans la rue, ça me rappelle ma vulnérabilité, comme je disais. Ça me rappelle ma période de journaliste en plein micro-trottoir. Lors de mon premier micro-trottoir, je me jetais à la tête de tout le monde avec un taux de réussite très bas. Alors j’ai changé mon fusil d’épaule et j’ai pris des gens immobiles : ceux qui attendent, ceux qui rêvent, ceux qui traînent… Bref, ceux qui sont peu attentifs et n’oseront me dire non car ils ne sont pas en action. Une femme l’avait souligné lors de la vidéo indigne de Guillaume Pley en mode PUA “abuser de la confiance des femmes pour les embrasser de force”, vous savez, le “je peux te poser trois questions ?”, cette femme avait relevé que les femmes abordées étaient soient assises soit au distributeur automatique donc pas en position de s’enfuir… donc en position de vulnérabilité.

Draguer dans la rue

Et puis, ça me rappelle assez méchamment que dans la rue, je suis pas dans mon espace, j’en ai déjà parlé. En gros, je pénètre un univers masculin, je suis priée d’être disponible, souriante et polie sinon, j’aurai droit à ma petite insulte.

Des hommes matent une femme qui passe

Mais surtout, le point chiant de la drague de rue, c’est le non. Jean-Michel dragueur décide de m’aborder, je lui indique que je suis pas intéressée (quand j’entends, je suis devenue une ninja du j’entends pas…) mais pas de bol, je suis tombée sur la version lourde qui veut savoir pourquoi je ne veux pas aller boire un café avec lui. T’as déjà un mec ? Pas grave, je suis pas jaloux, mouarfffff ! Tu vas bosser ? Ben donne ton numéro, je t’appelle et on se voit après ! Je vous jure, c’est insupportable. Parce que le coup du petit copain, ça m’est arrivé de le sortir en période de célibat par politesse. Parce que oui, j’ai pas forcément envie de dire cash au mec que sa gueule me revient pas et que j’ai pas envie de prolonger cette conversation, merci, au revoir. C’est quand même pas dur à piger, il me semble. “Oui mais si le mec était beau, tu dirais pas ça…”. Non, un mec qui me colle et me saoule, je vois pas trop comment je pourrais le trouver autrement que flippant, en fait…

Krysten Ritter - Jessica Jones

Bref, vous trouvez une femme bien mignonne dans la rue et vous pensez que c’est la mère de vos futurs enfants ? C’est votre droit. Elle vous envoie quelques regards invitant à la conversation ? Vous pouvez lui répondre. Sinon, foutez-nous la paix. Parce que si vous avez le droit de nous trouver jolie, nous avons le droit de ne pas être intéressées et de ne pas prendre d’insultes pour ça ou de devoir se justifier pendant dix bonnes minutes alors qu’on a franchement autre chose à faire. Même si on n’a rien à faire, d’ailleurs, ce sera quoi qu’il en soit plus sympa que de commencer à flipper parce qu’un mec nous colle et qu’on ne sait pas s’il va pas finir par nous agresser parce qu’on n’a pas envie de lui.

Femme agressée dans la rue

Et pour les chouineurs qui comprennent pas la différence entre jeu de séduction et harcèlement, le projet crocodile vous expliquera ça très bien, hop !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Pollution des chakras

Depuis que je suis allée au Canada l’an dernier, pays de la civilité et de la politesse, j’essaie de mettre beaucoup de bienveillance dans ma vie, j’essaie de pas perdre mon calme inutilement. Sauf que certains ont décidé qu’ils n’en avaient rien à foutre de ma tentative de sérénité et rien ne les arrêtera : c’est la pollution des chakras.

Pollution des chakras

Je ne parle pas des anonymes pressés et parfois agressifs qui peuvent te démonter une épaule dans les couloirs du métro car tu dépassais d’un millimètre sur leur trajectoire et qui ne se retourneront pas pour s’excuser : pas le temps et de toute façon, tu n’existes pas, ils ont déjà oublié. Je ne parle pas des connards et leurs manspreading qui empiètent très largement sur ton espace vital ni ceux qui te regardent avec insistance alors que tu t’appliques à les ignorer. Je ne parle pas non plus des connards et connasses qui restent obstinément assis sur les strapontins aux heures de pointe, alors même qu’ils ont un cul inconnu à 3 cm du visage. A la limite, je me dis que pour ceux-là, le karma filera peut-être quelques gaz au propriétaire du dit cul. Ceux-là, au mieux, je lève les yeux au ciel et les oublie aussitôt, au pire, ils me pompent l’air et me font monter la tension quelques minutes.

Panneau de métro parisien au soleil levant

Non, je parle de ceux qui squattent dans ton quotidien et dont tu ne peux faire fi. Des collègues oppresseurs machos, incultes ET bruyants que tu n’arrives pas à évacuer de ta bulle de sérénité. Je vous parle aussi de la voisine harceleuse qui est en train de piétiner de ses petits pieds énervés la jolie bulle de bonheur qu’on s’est constituée, avec Victor. Parce qu’on ferme les volets trop tard, parce qu’on utilise le vide-ordures, parce qu’on déplace les meubles la nuit (??)(je rappelle que c’est la voisine du dessus au passage). Et comme elle connaît bien notre agente immobilière qui vit deux étages en dessous de nous, autant vous dire que niveau soutien, c’est un peu léger, surtout que la folle est allée voir tous nos voisins pour se plaindre de nous… Bref, on a la loi pour nous mais on va être obligés d’agir pour régler ça alors que bon, on a autre chose à faire de nos vies, hein…

Commissariat de police

Du coup, comment tu gères ça ? Je fais du yoga, je fais de la sophrologie, je respire par le nez et écoute des sons de pluie qui tombe mais y a des fois où tu tiens pas, où tu sens la moutarde te monter au nez et le cri dans la gorge, où tu n’en peux juste plus. Mais si tu cries, c’est toi qui perds. Parce que tu es la collègue chiante sans humour, parce que tu es la jeune locataire qui ne respecte pas la vieille proprio du dessus. Encore les bonnes vieilles oppressions : accepte l’humour du mâle dominant, accepte de baisser la tête face à tes riches aînés. Même s’ils sont en tort. Respirer par le nez, écouter la pluie, boire une tisane…

Femme sous la pluie

C’est dur, franchement, c’est dur. Mais peut-être aussi parce que la bienveillance ne doit pas passer par l’acceptation de tout et n’importe quoi. Les règles doivent être pour tous, quelle que soit votre âge, sexe, couleur, orientation sexuelle, patrimoine… Si je reprends l’exemple de la folle du dessus, elle nous écrit des trucs IGNOBLES tout en nous rappelant qu’on ne sait pas vivre et respecter notre prochain. T’es sérieuse, meuf ? Tu n’arrêtes pas de nous dire qu’on est mal élevés, mal éduqués, qu’on a aucun respect mais tu n’as jamais tenté de nous parler un minimum correctement. Mais voilà, comme c’est nous les jeunes, on est forcément en tort (36 et quasi 37 ans, tous les deux cadres dans de grosses boîtes mais apparemment, le fait qu’on n’achète pas autorise l’infantilisation). Et il y a un truc que je ne supporte pas, mais alors vraiment pas, c’est l’injustice, au sens large du terme.

Gal gadot est Wonder woman

Alors on fait quoi ? Concernant mes collègues, j’ai essayé de retendre la main, elle a été dédaignée donc la solution est désormais simple : je vais oublier politesse et bonne éducation la prochaine fois. Pour le reste, on verra avec une assistance juridique. En fait, c’est peut-être ça, le secret de la bienveillance : ne pas accepter n’importe quoi mais être bienveillant avec soi-même en se dépolluant l’air des nuisibles… Ca rendra peut-être service à ceux qui subissent.

Rendez-vous sur Hellocoton !

La femme sur le net : injonction à l’invisibilité

Alors que les élections approchent à grand pas, l’ambiance devient salement toxiques pour tous ceux qui ne font pas partie de la classe dominante, c’est racisme, homophobie et sexisme à tous les étages. D’autant que les fachos désoeuvrés et violents (du moins avec leur clavier) prennent de plus en plus de place sur les réseaux sociaux, forums ou sites d’actu. Et quand tu es une femme sur le net, tu en prends salement plein la gueule quoi que tu dises. Même quand tu fais un innocent article sur les poches de jeans.

La femme sur le net

En 12 ans (!!) de visibilité sur les Internet, je dois avouer que je me suis pris mon lot d’insultes, de menaces, d’essayer de me faire peur pour que j’arrête de parler… alors que je ne dis quand même rien de bien problématique. Ah oui, je vomis la drague de rue, j’aime le sexe mais j’aime aussi choisir mes partenaires… Pendant longtemps, un oppresseur errait dans les commentaires en m’insultant régulièrement car je couchais sans me poser, honteux ! Répréhensible ! Curieusement, depuis que je suis entrée en monogamie, il a disparu. Sans doute parce qu’à ses yeux, je suis “rentrée dans le rang”. Vous allez me dire “non mais c’est qu’un troll, exagère pas non plus”. Non, il n’est juste qu’un maillon d’un système bien plus large.

machinerie rouages

Cette semaine, deux femmes journalistes spécialistes du jeu vidéo ont vécu l’horreur : Kayane d’un côté, harcelée par un fou depuis de longs mois, qui parvient enfin à le faire arrêter… en vain. La fille raconte cette histoire vraiment épouvantable et réaction d’un gros site de merde “ah bé fallait pas poster de photos en ligne, aussi”. En gros : si tu veux pas attirer l’attention d’harceleurs déséquilibrés, disparais. Vous allez me dire que le conseil vaut pour les hommes sauf que les hommes n’ont pas ce souci de harcèlement, voyez-vous. Eux, ils distribuent leurs photos de bite en érection à qui en veut (ou à qui n’en veut pas, d’ailleurs). Une femme paraît un peu coquine, un peu exhib sur les réseaux sociaux : avalanche de dick pics non sollicitées. Donc pardon, mais le discours “han mais ce sont les hommes et les femmes qui doivent se protéger”, c’est juste une immense hypocrisie. Oh hé, rappel : ce n’est JAMAIS la victime qu’il faut blâmer. L’autre journaliste, c’est Carole Quintaine qui a craqué cette semaine et montré ce qu’elle subissait au quotidien, des gentils “ta gueule grosse pute” dès qu’elle émet un avis sur un jeu vidéo, par exemple. Alors oui, vous allez me dire “han mais l’univers jeux vidéos, c’est un peu macho quand même, c’est pour ça”. Oui mais ta gueule en fait.

Silence tais toi

Parce que ce que subit Marie Kirschen, Kayane ou Carole Quintaine, c’est ce qu’on subit tout le temps et à notre petit niveau. Même moi, j’ai dû porter plainte dans le temps alors que j’ai même pas le 100e de la communauté de ces filles là. Dès qu’un tweet un tant soit peu féministe est repris, y a toujours un connard qui vient m’agresser, se contentant d’une insulte stupide dans le meilleur des cas, de menaces de viol, de violence voire carrément de meurtre ou injonction au suicide dans le pire. “Ouais mais roh, tu sais bien que les mecs, ils feront rien en vrai”. Alors déjà, non, je ne sais pas. Relire l’histoire de Kayane. Relire celle de Christina Grimmie, assassinée à 22 ans par un fan… Mais même si la personne qui menace de me défoncer n’en fera rien, faut arrêter de parler de troll à un moment : c’est trop souvent, jamais la même personne, on est au delà de la simple taquinerie. Surtout que vous, vous ne voyez pas trop le souci de recevoir des dizaines et des dizaines de messages violents mais quand vous êtes la destinataire,je vous jure que même si vous êtes solide, y a un moment où vous ne pouvez plus.

Femme épuisée

Les hommes pensent pouvoir distribuer la parole, ils montent des raids pour empêcher les féministes de parler. On cherche à nous remettre à notre place : à la maison, mutiques et à disposition. Et le pire ? C’est la complicité ou le silence d’autres hommes qui viennent nous expliquer alors qu’on vient de se prendre un violence symbolique inimaginable dans la tête qu’on exagère, que ce n’est que du troll et que ça vaut pas la peine de réagir, de laisser faire, que tous les hommes ne sont pas comme ça. Ca ne leur vient jamais à l’idée d’expliquer au “troll” qu’il ne doit pas agir comme ça non, c’est à nous, les victimes, de prendre sur nous et de, une nouvelle fois, fermer nos gueules. Et c’est là toute la magie de l’oppression masculine : assumée ou insidieuse, quand tu es une femme et que tu oses parler d’un sujet qui est soit réservé aux hommes soit qui dérange leur suprématie (des poches de jeans, on en est là), tu t’en prends plein la gueule mais s’il te plaît, fais le en silence pour ne pas heurter les mâles qui ne comprennent pas bien pourquoi tu vis mal des menaces de sodomie…

Femmes manifestent baillonnées

Du coup, la prochaine fois que vous aurez envie de dire à une femme de ne pas relever les attaques des “trolls”, réfléchissez bien. D’ailleurs, la prochaine fois que vous voudrez utiliser le mot “troll”, réfléchissez bien aussi… On est maintenant très loin de la fonction poil à gratter mais dans une réelle oppression.

Rendez-vous sur Hellocoton !

La rue ne t’appartient pas [connard]

Jeudi matin, je quitte mon appart, à peu près fraîche et prête à affronter la journée. Alors que je chemine, un peu perdue dans mes pensées, un mec m’interpelle “bonjour… Bonjour… Oh bonjour ! Oh ! Tu pourrais répondre, déjà que t’es pas belle !”. Alors évidemment, je lui ai un peu pourri la gueule. Parce que j’en ai marre de me prendre des giclées de domination masculine dès que je fous un pied dehors.

aborder-une-fille-dans-la-rue

Le problème n’est pas tant ici l’agression verbale. Ce monsieur a le droit de ne pas me trouver à son goût (mais dans ce cas, il aurait été tellement plus plaisant qu’il ne m’adresse pas la parole, n’est-ce pas) même si je m’interroge quant au besoin de verbaliser ça. Je ne sais pas, je ne me sens pas obligée d’indiquer aux hommes qui ne me plaisent pas et que je croise dans la rue que je les trouve laids. Le problème ici c’est qu’une fois de plus, mon tort a juste été de pénétrer dans l’espace public. Je portais certes un short très court mais a) en été, je n’aime pas porter ma combinaison de ski, b) si j’achète des jolies fringues, c’est pour les porter, c) il m’arrive assez régulièrement d’avoir envie d’être jolie et surtout d) je fais ce que je veux, connard. Mon short bien court n’est une invitation à rien surtout si je ne réponds pas à ton premier bonjour. Je t’ai vexé en ne te répondant pas ? Je ne t’ai pourtant pas insulté… enfin, avant que tu fasses ton macho de base en me traitant de “pas belle”,là, j’avoue, ton “connard”, tu l’avais bien mérité.

incivilites

Le problème de cette insignifiante anecdote, c’est que ça nous rappelle une nouvelle fois que nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenues dans la rue. Féminines, nous sommes priées de nous plier aux envies de ces messieurs qui se considèrent sur leur territoire alors que nous ne faisons que de le traverser. Je dois répondre à un monsieur qui me parle sous peine de me prendre une agression verbale alors que je ne demandais qu’à me rendre au travail tranquillement, sans rien demander à personne. On ne se rend pas compte à quel point la place de la femme dans la rue est une bataille constante. Un exemple ? Cet excellent épisode du Meufisme :

Parce que si on traîne tard dans la rue, les mecs peuvent s’amuser à nous coller ou à nous demander nos tarifs, histoire de souligner, rigolards, que notre place n’est certainement pas ici.Une femme seule dans la rue est une incongruité, une anomalie qui semble autoriser le mâle plafonné à venir la mettre mal à l’aise avec des remarques déplacées ou une tentative de drague qui n’a souvent pas pour but de draguer mais bien de continuer à asseoir la domination masculine : tu es sur notre territoire, nous pouvons donc faire de toi ce que nous voulons.

« Ah oui mais avec des conneries comme ça, on peut plus vous draguer, aussi ! ». Ca tombe bien : on n’en a pas envie. Surtout si je tombe sur du lourdaud premier choix qui mesure ma beauté à ma capacité à me soumettre à sa volonté de mâle alpha. Je réponds : belle, je réponds pas : pas belle. Gnééééé ! « Oui mais y a cette fille, elle est belle et je suis pas un dragueur de rue, moi ». Alors observe la. Marche-t-elle d’un pas pressé ? Te rend-elle tes regards insistants ? Pianote-t-elle son smartphone avec ardeur alors que tu tentes un eye contact ? A priori, tu sauras dès le départ si elle est prête à te laisser ta chance ou si ça va la déranger que tu l’abordes. Oui parce que pardon mais la rue n’est pas un  site de rencontre, j’y suis en général pour des raisons beaucoup moins romantiques (aller au travail, au hasard) et je n’éprouve jamais de plaisir à coller un râteau à quelqu’un. Donc oui, me faire draguer me dérange (non, je n’ai pas besoin de me rassurer sur mon pouvoir de séduction et non, tes compliments ne me font pas plaisir vu qu’ils sont intéressés et qu’une fois sur deux, tu les retireras en les remplaçant par une insulte) surtout quand le mec insiste louuuuuurdement. Mais oui, je les ai bien entendus tes 5 bonsoirs mademoiselle, j’essayais juste de nous éviter un moment gênant et pénible à tous les deux.

exemple-shit-test

La rue m’appartient autant qu’à toi connard et je vais pas remiser mon joli short au placard juste parce que je te dérange. Et la prochaine fois, viens me dire en face que je suis pas belle plutôt que de le marmonner dans mon dos, petite merde sans courage.

Pour ceux qui ont encore du mal à comprendre pourquoi la drague de rue, c’est ultra chiant, un peu de lecture avec le Projet Crocodiles qui t’explique quand la drague est subie et pas appréciée (des fois que)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Il me faut une copine spéciale « plan à 3 »

Parfois certains trucs m’agacent un peu chez les hommes et en premier lieu cette espèce de tenace légende urbaine comme quoi toute fille un tant soit peu open a forcément une copine dispo pour un plan à 3. Ah je savais qu’il me manquait quelqu’un pour obtenir un paysage amical parfait !

lesbiennes.jpg

Au début, ça fait sourire mais au bout d’un moment, ça devient limite lourd surtout quand tu le rabâches trois fois au même que NON tes copines n’ont pas envie de venir jouer avec nous, même si c’est son anniversaire et que ça lui ferait plaisir comme cadeau. Moi, ce qui me ferait plaisir, c’est un appareil Leica, tu me le payes ?

leica-s2-tiers.jpg

Là, on en vient à plusieurs points. Une fois de plus, la bisexualité féminine semble aller de soi dans l’imaginaire masculin. Oui, il serait possible de ne pas toucher l’autre fille pendant l’acte mais on se ferait un peu chier quand même. Mais bon, ça, ça me dérange pas en soi, le jeune homme exprime un fantasme, je suis libre de souhaiter le réaliser avec lui ou non. Là où ça me titille, c’est quand ils semblent ne pas comprendre que je n’ai pas envie de coucher avec mes amies. Comme avec Vicky, j’en avais parlé lors de notre coloc de la vacuité. Pourtant on s’est déjà vues nues, on a dormi des centaines de fois ensemble, on nous décrit même comme un couple. Mais coucher ensemble me paraitrait affreusement incestueux.

Copines.jpg

Je sais que je peux avoir un coté psychorigide dans la gestion de mes relations mais c’est ainsi. Quelqu’un que je classe dans la catégorie « amitié » ne passera jamais dans la case « amant(e) » même s’il est passé par la case « cible repérée ». Car l’amitié comme l’amour, ça se construit et je ne range pas quelqu’un dans le bac amitié des le premier regard non plus, il faut qu’il gagne ma confiance. Il ou elle, je veux dire. En plus, mon agenda étant ce qu’il est, je n’ai pas extrêmement de temps libre non plus donc mes soirées, je les donne à qui les mérite. Ca fait très prétentieux ce que je suis en train de dire, là, non ? Si.

Paris_Hilton-Hi_Bitch_Bye_Bitch.jpg

Et puis pardon mais quid de la nouveauté ? Je veux bien être arrangeante mais bon, si je dois toujours ressortir ma vieille copine de plan à 3, ne serait-ce pas un peu triste ? J’irais même plus loin. Imaginons que j’ai une copine de plan à 3 que nous appellerons Anaïs juste parce que j’aime bien ce prénom (j’ai failli dire Alice mais c’est un peu le prénom que je file à ma soeur ici donc ça fait de suite malsain alors que ce n’était pas mon but). Donc voilà, dès qu’un monsieur énonce le désir de mêler deux corps féminins au sien, nous voici au rendez-vous. Si bien qu’en fin de compte, on peut se demander si un couple n’est pas en train de naître entre Anaïs et moi et qu’on s’offre de temps en temps le luxe d’un beau pénis en chair et en sang (et pas en os). Alors ok, pourquoi pas mais tout ça ne me semble pas clair. Si Anaïs est ma copine de plan à 3, ce n’est pas ma petite amie. Et que suis-je pour elle ? Est-on réellement sûre que pour l’une comme pour l’autre, les choses sont claires ? Non parce que ce n’est pas anodin non plus à gérer. De toute façon, je ne suis pas sûre que sexe et amitié fasse bon ménage quelle que soit la configuration. Non mais c’est vrai, qui dit que cette histoire de plan à trois n’est pas une bonne façon pour l’une ou l’autre d’assouvir son amour pour sa camarade en faisant passer ça pour de la pure jouissance ?

amour-lesbien.jpg

Et puis merde un peu. C’est son fantasme, ce serait à moi de me bouger les fesses pour le réaliser ? Bah tiens. Il peut demander, hein, j’ai peut-être ça sous la main mais si tel n’est pas le cas, il peut pas chercher de son côté aussi ? C’est quoi ce macho qui attend qu’on lui livre des femmes toutes prêtes à se faire dévorer sans lever le petit doigt. En plus, je ne veux pas dire mais trouver une fille célibataire open comme ça au pied levé, c’est pas vraiment facile. Autant un mec, c’est sans soucis ou à peu près(allez fureter sur certains forums, y en a qui sont partant pour à peu près tout) autant trouver une fille célibataire open, c’est pas si simple, surtout quand c’est une femme qui cherche. Parce que les femmes lesbiennes ne cherchent pas de couples hétéros et que, souvent, les femmes qui sont motivées pour un plan à 3 sont déjà en couple et cherchent justement une troisième (pour leur propre plaisir ou celui de leur mec mais ça, c’est un autre débat).

erotic_ghost_story2_trio4.JPG

Enfin, il me semble que souvent, le trip « je couche parfois avec mon pote » est souvent condamné à base de « non mais fais gaffe, tu vas tomber amoureux, c’est risqué, faut pas », blablabla. Je me trompe ? Je n’en ai pas l’impression. Or ce qui est « mal » entre un ami et une amie devient tout à coup normal entre une amie et une amie ? Pourquoi ? Par hétéronormisme ? Ben ouais, on peut coucher entre femmes juste pour le fun, y a forcément pas d’amour entre. Vu qu’elles couchent aussi avec un mec, elles sont forcément hétérosexuelles, hein. Et puis la marmotte, tout ça…

MarmotteMilka.jpg

Bref, tout ça pour dire que quand je réponds « non » à la question « as-tu une copine qui veut jouer avec nous », c’est pas juste pour faire chier mon monde alors c’est pas la peine de me redemander toutes les heures non plus. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Tu seras un garçon, mon enfant

Héhé, pour une fois, je vais être en phase avec l’actu. Lundi, après mon déjeuner en super compagnie, je fais un tour sur Voici.fr histoire d’assurer une douce transition entre la pause et le travail. Et là, que vois-je ? Carla Bruni Sarkozy est en visite en Inde. Comme qui dirait on s’en fout. Ok moi aussi. Mais ce qui m’interpelle, c’est quand elle va demander au gardien du temple de Fatehpur Sikri de tomber enceinte… d’un garçon. Quelqu’un peut me rappeler dans quel siècle on vit ?

couple-carla-bruni-sarkozy-et-nicolas-sarkozy-1-172409_L.jpg

D’une part, faire un tel voeu dans un pays qui connaît un triste phénomène d’enfanticide quand les parents ont une fille du fait des lois eugénistes, ça me paraît incroyablement mal venu. Qu’il s’agisse d’une boutade ou d’un voeux pieux, peu importe. Il me semble qu’en tant que représentante d’un pays où l’on peut encore choisir le nombre d’enfants que l’on va avoir et qu’avoir une petite fille n’est pas un drame (à priori), il aurait été de bon ton de dire « priez pour que j’ai un enfant », POINT. Voire « une petite fille » parce que de mémoire, son cheeeer mari et elle-même n’ont eu que des garçons jusqu’à présent donc un bébé rose, ça leur ferait découvrir de nouveaux univers, waouh.

New-baby-girl.jpg

Ensuite, rappelons à Mme Sarkozy que techniquement, ce n’est pas elle qui décide du sexe de son enfant ni son ovule, c’est le petit spermatozoïde qui gagne la course. Donc à la limite, si on doit éventuellement faire porter la responsabilité du sexe de l’enfant sur un membre du couple, c’est plus au monsieur. Bien qu’on va me dire que ça dépend, tu comprends, selon l’environnement, c’est plus les spermos X ou Y qui vont mieux se porter et donc auront plus de chance d’arriver au but donc ça dépend de l’alimentation de la maman puis c’est une question de position aussi parce que tu comprends, les Y, sont un peu feignasses. Donc Carlita, si tu veux un petit boy, privilégie la levrette voire la fameuse position du marteau-piqueur. On dit aussi que les orgasmes favorisent les spermos Y,
toujours bien feignants donc si tes parois sont toutes vibrantes de jouissance, ça les aide à avancer. Oui, je sais, on dit surtout beaucoup de conneries, tout ça n’est que de la loterie. Mais techniquement, c’est quand même le spermatozoïde qui détermine le sexe du foetus.

spermatozoide.jpg
Enfin, mais surtout, pourquoi un garçon ? Vois-tu, Carla, je passe mes journées sur des forums féminins parce que c’est mon métier et dans le lot, y a beaucoup d’aspirantes maman. Des femmes qui tentent, qui ne parlent plus que de dpo (date prévue d’ovulation) de c12 (12e cycle depuis arrêt de la contraception) j35 (35e jour de ce dit cycle sans règles), d’opk (ovaires polykystiques) et je te passe les anovulations, l’endiométrose, l’azoospermie et autres joyeusetés du style. Il y a aussi des femmes en parfait état de marche, en couple avec un homme sans aucun problème non plus et ça ne transforme pas. Ou pire, ça n’accroche pas et les fausses couches se multiplient. Ces femmes et ses hommes-là, vois-tu, ce qu’ils veulent par dessus-tout, c’est un enfant. Avec ou sans pénis. Ils s’en foutent, ils sont en souffrance de ne pas avoir d’enfant alors l’un ou l’autre, ce sera un vrai bonheur. Et pour les couples n’ayant pas de problème de stérilité, le sexe est souvent un détail aussi.

b_b_.jpg

Et puis pourquoi spécifiquement un garçon ? Ah ben oui, le fameux héritier, suis-je bête ! C’est marrant, pourquoi ça t’angoisse , Tu crains le même sort que Joséphine en son temps , Oui, je sais que Nico, il fait un peu penser à Bonaparte (je ne ferai aucune assimilation physique, note), tellement que j’oublie parfois qu’il est pas Corse, le tien. Tu crois qu’il te répudierait telle une fiente de scarabée juste parce que SON spermato était marqué du sceau du X ? Mais ma fille, l’histoire (avec un petit h, je parle de celle de ton mari, pas du
monde) ne t’a-t-elle donc rien appris ? Ses 2 précédentes épouses lui ont donné un héritier (et même deux pour la première) mâle et elles ont fini divorcées. Ok, Cécilia, elle s’est barrée mais c’est pas la question. Alors je me demande, Carla, souhaites-tu être la troisième « ex Mme Sarkozy » ? Souhaites-tu lui donner un fils pour oublier le petit Louis parti aux Etats-Unis avec sa môman
(oh, je suppose bien qu’il y a garde partagée quand même) ? Souhaites-tu donner un camarade de jeu à ton Aurélien qui s’ennuie ferme chez sa nounou pendant que tu cours le monde ? Ou alors penses-tu juste qu’encore aujourd’hui, un héritier vaut plus qu’une héritière et ravira le corps de ton macho ? Tu sais, les lois saliques, ça fait un petit moment qu’on ne les applique plus en France.


loi-salique.jpg

Quoi qu’il en soit, Carla, tu as beau être capricieuse, la nature le sera toujours plus que toi. Si d’aventure, tu tombes enceinte, merci de t’en réjouir quel que soit le sexe de ton enfant. Et puis, égalité sexuelle faisant, peut-être que ta rejetonne, un jour, elle sera Présidente de la République. Comme papa. Quel bel héritage, ne penses-tu pas ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Où trouver un homme ? Etape 2 : la salle de sport

(Rappelons avant tout chose que cet article est une vaste blague, second degré inside)

La semaine dernière, après avoir barboté gaiement à la piscine à mater des Adonis masqués, ce qui pourrait être un fantasme s’il n’y avait pas le bonnet en prime, je décide de changer de terrain de chasse. Jetons un peu un œil sur les salles de sport. Evidemment, dans ce monde fantasmagorique où je chercherais activement un fiancé, j’aurais plein de sous et je m’abonnerais à une salle de sport tendance limite lounge comme il en existe tant sur Paris.

 undefined

La salle de sport me parle avec des mots ésotériques excitants car globalement incompréhensibles. Aqua suspension ? Non l’aquatique, déjà testé. Tai Chi Chuan ? C’est pour se moquer des gens qui ont un cheveu sur la langue qu’ils ont inventé ça ? Cycling, high low aerobic ? Ah non, y a plein de sports avec du body dedans genre body balance, ça sonne bien ça, tiens. Parce que body attack ou body combat, c’est un peu violent. Je veux un fiancé qui tombe sous mon charme, pas sous mes coups. Enfin, je dis ça, vu la force naturelle que j’ai, c’est moi qui vais me retrouver au tapis.

Mais bon, pour ne pas m’enfermer dans un cours où il n’y aurait potentiellement que des femmes, on va plutôt miser sur la salle de muscu. L’appareil qui permet de se muscler les pectoraux dont je connais pas le nom va me permettre de mettre mes seins en avant, en voilà un bon plan. Oui, ok, le fait que je connaisse pas le nom de l’appareil montre mon niveau en matière de muscu mais faut bien s’y mettre un jour. Et c’est là que la néophyte que je suis va réaliser son mauvais choix stratégique en terme de lieu de drague.

Commençons par la tenue. Il n’y a que dans les clips pour puceaux n’ayant jamais foutu les pieds en salle de gym que les nanas ont des maillots en lycra hypra sex. Moi en vrai, j’ai un t-shirt en coton de préférence XL pour pas qu’il me colle trop et un bas de jogging. De suite, mon potentiel de séduction se gamelle. Sans parler de la coiffure assez primaire ayant pour fonction d’empêcher mes cheveux de trop rester près de mon visage et de mon cou car sinon, quand je vais transpirer, ils vont s’y coller.

La transpiration, tiens. Alors les déo anti transpirants, tout ça, c’est de la connerie. En vrai à la fin d’une vraie séance de sport, on a de la sueur tout partout. Et même si c’est de la sueur fraîchement produite, ça sent pas très bon quoi qu’on en dise. Le seul moment où la sueur est acceptée dans la relation homme/femme, c’est pendant une brouette endiablée. Sinon, elle est priée de se cacher, même si tout le monde transpire mais chut, ce n’est pas un élément séduction. Donc en faisant du sport, je transpire et en plus, je suis rouge. Pour peu que j’ai oublié de me démaquiller, je ressemble vaguement à un panda. Alors on va m’objecter que le maquillage un peu coulé, ça fait très sexe genre je sors du lit après avoir pris mon pied comme une garce mais en vrai, je suis pas hyper fan du concept. Même si j’avoue qu’à titre totalement personnel et prétentieux, ça me va plutôt bien le smocky eyes (comme je maîtrise le vocabulaire girlie au passage) parce que mes yeux sont quand même ce que j’ai de plus joli sur ma figure. Mais le smocky eyes, c’est maîtrisé, le mascara qui coule parce que je transpire, moins.

Donc voilà, je suis pas au top de ma glamouritude mais en plus, il y a un dernier élément essentiel à maîtriser : le choix de la salle. Bah oui, je cherche un fiancé, pas une maman de substitution parce que la mienne est restée dans le sud donc pas de salle à destination de la ménagère de moins de 50 ans. Ou plus, d’ailleurs. On va éviter aussi les salles pleine de machos plein de testostérone qui ne cherchent pas une femme pour la vie mais juste un nom à rajouter sur leur liste. Mais surtout, surtout, il faut se montrer attentive : le jeune homme beau comme un Dieu, finement musclé (non, je ne veux pas le petit frère de Schwarzenegger, Diesel ou Van Damme parce que eurk !) qui vous sourit, vous explique le fonctionnement des engins sans qu’il soit payé pour et qui vous propose même un verre post remuage de graisse, celui que vous voulez épouser dès demain… il est gay. Hé oui, des gay en salle de sport, il y en a et même pas
qu’un seul. Il y a même des salles qui sont assez réputées pour ça.

Bon, finalement, se dégoter un mec à la salle de sport, c’est pénible, même si les endorphines que je produis pendant l’effort me rendent de bonne humeur. La semaine prochaine, je vais prendre des cours de danse plutôt.

Rendez-vous sur Hellocoton !

La liste de la fille qui fait pas pipi debout

– Il paraît que la semaine prochaine, c’est la grève SNCF-RATP mais je suis pas sûre de voir la différence tant c’est devenu n’importe quoi le trafic par chez moi. Jeudi dernier, j’arrive sur le quai pour prendre le train de 48 qui arrive en général à 50 voire 53. Sauf les jours où je suis à la bourre et que je dois lui courir après. Donc j’arrive sur le quai et vérifie l’heure d’arrivée « train retardé ». Oh la vache, ça sent mauvais. Au bout de 10 minutes, on nous annonce que le train est annulé, ce qui est un peu évident vu qu’en temps normal, le
train suivant est à 03. A 10, toujours pas de train, ça circule plus de l’autre côté non plus et je commence à m’énerver. A 15, je vais voir le panneau : prochain train à 18, son horaire
normale. A 20, il est marqué  qu’il arrivera à 21. A 22, il est toujours annoncé à 21. Bon, là, je suis de super mauvaise humeur, je vais y aller à pied. Au cas où, je passe par l’arrêt de
bus « prochain bus : indisponible ». Bordel. Je regarde sur le wap : le trafic sur ma ligne RER est perturbé. C’est une blague ou quoi ? Bref, j’ai mis 1h30 à aller au travail au lieu de 20 minutes. Heureusement que j’avais appelé Simon pour prévenir. Lundi, j’arrive sur quai à 48. Le train a été annulé sans qu’on nous prévienne mais après tout, j’aurais pu m’en douter toute seule que le train était annulé, ça se voit un train qui n’est pas là. Dans ces moments là, j’ai une très furieuse envie de déménager, allez savoir pourquoi.
undefined

– Dimanche, petite réunion de famille avec Yohann et sa copine, Anthony, Alice et moi, donc. Au menu : galette et champagne. Ah, Yohann et sa chérie, Blanche, ont amené du vin
blanc, on va boire ça plutôt. Ah, à 4, on a fini la bouteille, Alice ayant passé son tour (parce qu’elle s’est pris une méga cuite vendredi). Là, je me sens un peu partie. Bon, allez, y a le
champ au frais, j’ai offert de coupes à champagne à ma sœur pour Noël, faut pas gâcher. Forcément, la conversation part un peu dans tous les sens, y compris sur le pipi, sujet assez universel, en fin de compte. Et là, Anthony a eu une formule que j’adopte : « pipi debout, t’en fous partout ! ». Ah, quand même ! Enfin un mec qui le dit mais apparemment, c’est assez rare, Gabriel m’expliquant plus tard qu’un mec, ça ne fait jamais pipi assis, c’est une question de virilité. Tiens, j’avais pas remarqué ce côté macho… En tout cas, quand Anthony a voulu me servir un martini rosé limite de force, j’ai résisté en sortant mon arme secrète : « Aliiiiiiiiiiice, ton mec, il veut me faire boire !! – Ben dis lui non. – Oui mais il veut quand mêêêêêême ». Du coup, j’ai évité le martini. Rapporter, c’est mal, ne faites pas comme moi, les enfants.

– Des fois dans la vie, on s’engueule avec des gens. Puis ces gens reviennent et on se rend compte qu’on n’a plus aucune rancœur et qu’on n’a plus aucune raison de faire la gueule.
Du coup, vous passez la soirée avec cette personne et vous vous rendez compte que c’est comme si vous vous étiez quittées hier.

– Mardi, Joy m’annonce toute contente que je vais recevoir ENFIN mes tiroirs dans la semaine, ainsi qu’une nouvelle chaise (que je n’ai jamais réclamé). Jeudi matin, j’arrive et
oh, une nouvelle chaise ! Mais… mais, ils sont où mes tiroirs ? A midi, je vais demander à Joy qui m’explique qu’elle était pas là quand les colis sont arrivés et qu’il faut demander à
Vanessa, la secrétaire, c’est elle qui les a réceptionnés. Okayyyyyyy… Donc je vais la voir (docile la fille) « ah mais non, le caisson, il est parti chez Florence ». Bon, je commence à
râler, faisant remarquer que ça fait 3 mois que je le réclame (et qu’il était commandé pour moi, ce foutu caisson de mes fesses). Mais Vanessa est une fille pleine de ressources :
« mais y en a un qui traîne dans le bureau des développeurs, t’as qu’à le prendre ». Et voilà, j’ai une nouvelle chaise, des tiroirs et je suis également intégrée dans les mails communs
à la boîte. Bon, la semaine prochaine, je réclame d’avoir les droits administrateurs sur mon pc, avoir accès au serveur graphiste (qui sert à tout le monde) et que mon pc soit relié à
l’imprimante…

– Mercredi, réunion d’éditing pour TMF, sans rapport avec la conférence de rédaction qui était jeudi (c’est pas du tout la même équipe). On s’installe, on rigole puis Louise,
l’éditrice du site, m’annonce que LA grande journaliste que j’aide pour les blogs « m’adore ». Pop ! Mes chevilles ont explosé !
Toujours pendant cette réunion, la plus longue de mon histoire chez TGGP, je commence à sérieusement piquer du nez, je louche, mes paupières tombent, je m’agite dans tous les sens pour pas que ça se voit trop. Heureusement, Gabriel, le directeur artistique du site, qui est assis à côté de moi en fait autant et du coup, tout le monde le taquine lui. Note pour moi-même : me mettre toujours à côté de Gabriel.
 

– La vie ne m’apprend décidément rien, comme dit la chanson. Jeudi, grosse journée, je dois aller au siège de TGGP : conférence de rédaction avec TMF.com puis galette des rois
d’un journal people dont je vais devoir animer le site. Conférence nickel, je profite de l’heure de battement pour aller chercher mes colis à la Poste (le siège de TGGP n’est pas loin de chez moi). Retour pour la galette, je monte dans l’ascenseur avec deux personnes dont une qui me sourit ostensiblement. Il me veut quoi lui ? Oh, mais… Mais c’est Lénaïc ! Il va falloir que j’arrête de pas le reconnaître le pauvre, surtout que lui m’appelle par mon prénom alors qu’il gère tout le personnel de chez nous, soit une bonne centaine de personnes.

– Jeudi, donc, je vais à la galette du journal people, je dois être rejointe par mes collègues mais j’arrive, je suis la première. Me voici donc au milieu de gens que je ne connais
absolument pas avec mon verre de champagne et ma galette, à me sentir trèèèèèèèèès à l’aise.
 

La semaine prochaine, c’est la folie, j’ai une formation blog à assurer lundi, deux réunions pour le mag people dans la semaine, la traditionnelle réunion Editing de TMF…Donc si un
des vingtenaires a envie d’écrire, je dirais que c’est le moment. Parce que je crois pas tenir le rythme.En attendant, j’ai répondu à tous les comms. ENFIN !!

Rendez-vous sur Hellocoton !

Un gars, une fille, et moi et moi et moi ?

Je suis ce qu’on appelle une fille qui découvre des trucs trois plombes après tout le monde genre Un gars, une fille. Tout le monde en parlait à la fac, racontait les meilleurs sketches, moi j’étais dépassée. Mais là, ça passe en boucle sur les chaînes de la freebox donc je profite pour rattraper mon retard. Et pif, tiens, j’en fais même un article.

brune.jpg

Revenons aux origines de la série. Tout est parti du Québec où la série est lancée. Les créateurs de la série décident de l’importer en France et moi, déjà, je commence à tiquer. Non parce que faut voir que le Québec a une culture très différente de la nôtre, quoi qu’on en dise, on avait déjà essayé de nous importer un show à l’américaine avec Julie Snyder qui s’est lamentablement vautré. Dans les rôles principaux, Jean Dujardin, que je connais très vaguement grâce au « Nous c nous » et Alexandra Lamy, que je connais pas du tout. La série démarre,
je la regarde pas parce qu’à la même heure y a les Guignols mais je me dis que ça fera pas long feu de toute façon. Finalement, j’ai eu tort (ça arrive même aux meilleures) et voilà que Loulou et Chouchou deviennent des stars, on est tous des Loulous et Chouchoux. Je commence à jeter un œil un peu, j’ai l’impression de voir Guillaume et moi de temps en temps même si Guillaume n’est pas
macho et coureur (juste mateur même pas discret mais bon, c’est pas grave). Depuis, Jean Dujardin est l’acteur bankable du cinéma français, il joue même les Beigbeder dans 99 francs. Alexandra Lamy joue dans quelques comédies romantiques mais rien de bien trippant. En tout cas, à force de jouer les amoureux tous les jours, ils ont fini par sortir ensemble.

 

Bon, maintenant que j’ai fait un petit historique, je vais vous dire pourquoi j’aime cette mini-série. Outre le fait que je mangerais bien Jean à 16h, je trouve qu’au-delà de la caricature, c’est bien vu. Les traits sont bien évidemment grossis, il est macho connard et coureur, elle est jalouse hystérique et superficielle mais on a tous un peu de chouchou et loulou en
nous. Si je suis pas du genre jalouse, je peux être casse-couille à la Alexandra, superficielle et cancanière comme elle. Mais là où je trouve que la série est terriblement juste, c’est dans la complicité du couple. Ils sont gamins qu’ils n’en peuvent plus mais c’est fou comme en couple, on l’est tous. On se chamaille toujours pour de rire, on a nos petits délires totalement incompréhensibles pour ceux qui ne font pas partie du couple (les autres, quoi). Non mais c’est vrai, les couples ressemblent souvent à des chiots qui se mordent l’oreille pour jouer. Ouais, elle est pourrie ma comparaison mais vous voyez l’idée quoi.

Autre chose que j’aime beaucoup dans Un gars, une fille, c’est l’appétit sexuel d’Alexandra. A bien y regarder, deux fois trois, c’est elle qui allume son mec et pas l’inverse et ça, ça me fait plaisir. Et oui, les filles ont aussi des désirs et c’est normal. D’ailleurs dans un épisode, elle menace son mec de faire la grève du sexe et il lui répond du tac au tac : « ouais, c’est ça, tu te lasseras avant moi » et elle lui fait : « Ouéééééééééé, c’est vrai ! ». D’ailleurs y a pas mal de sexe dans la série et de façon pas du tout sous-entendue, plusieurs scènes tournent autour du coït (bon, ça reste soft comme image, on les voit pas en pleine levrette non plus), ça baise, ça parle cul, pipe et même sodomie. Si ! Dans

un épisode, Alex a une grosse gueule de bois et son mec lui raconte à l’oreille ce qu’ils sont censés avoir fait la veille et elle lui répond « ah ben non, ça m’étonnerait ! » « Pourquoi ? » « Parce que c’est à la tête que j’ai mal ! ». Pour une série diffusée à l’origine en access prime time, c’est quand même super osé. Ségolène Royal s’était d’ailleurs émue d’un épisode où Alex convainquait son mec d’aller dîner chez sa mère en lui faisant une fellation. Pourtant, soyons honnêtes, c’est le quotidien d’un couple. Le sexe en fait complètement partie et je trouve ça très bien de ne pas zapper ce gros dossier.

Bon, évidemment, tout n’est pas rose, hein. La plupart des sketches me font marrer, certains sont pas bons mais au vu du volume, le contraire aurait été étonnant. Je regrette juste la fin, du gros n’importe quoi puisqu’ils plaquent tout pour partir vivre à Ste Anne (l’Ile, pas l’hôpital psy). Quand on voit comment Jean est un acharné du boulot pendant toute la saison, qu’ils viennent d’acheter une maison et tout, je trouve dommage que sous prétexte de mettre des décors plus sexy, on gâche le plaisir de retrouver les petites histoires de ce couple ordinaire en se disant que tel sketch nous rappelle quand avec notre chéri(e) à nous, on a vécu une situation similaire.

Rendez-vous sur Hellocoton !

L’enfer des soldes

Par Enzo

J’avoue, je n’avais pas réalisé. Pourtant c’était dit clairement. De plus, les journaux télévisés avaient parlé de ça également. Je n’ai aucune excuse pour me plaindre. Je ne comprend vraiment pas pourquoi mon spider-sense n’a pas fonctionné pour me prévenir de ce danger potentiel…

Toujours est-il que je m’en suis rendu compte trop tard. Sur le pas de la porte du Printemps (le magasin, pas la saison, surtout qu’on est en été). Plein de monde. Une petite vague d’agoraphobie m’envahit. Je pose la question bête qui n’attend pas de réponse : « C’est le premier jour des soldes ? ». Ma copine me répond par l’affirmative.

Après quelques arrêts pour admirer des sacs, nous trouvons le chemin de l’ascenseur. Pour plonger au sous-sol, l’étage de la lingerie…

En temps normal, je pourrais simplement jouer à l’accompagnateur. Mais là mon avis est spécialement requis. C’est un achat « pour me faire plaisir » même si je n’ai pas exprimé ce souhait. Elle me montre des soutiens-gorges, de toutes les couleurs, de toutes les textures. Mes avis oscillent entre « bof » et « hmm ». Je n’arrive pas à avoir une palette très développée de qualificatifs quand on me montre une cinquantaine de soutiens-gorges qui se ressemblent presque tous. On me reproche mon manque de coopération. C’est bizarre mais je m’imagine mal lui montrant des dizaines de boxers et exigeant un avis argumenté sur chaque. En boudant si elle n’adore pas ce caleçon ‘homer simpson’. Elle me montre plusieurs fois le même pour tenter de me piéger et voir si je suis. Je passe l’épreuve. Après plusieurs tours de l’étage, elle commence à bouder et à craquer.

Comment peut-on vouloir se mettre un napperon en dentelle sur les seins ? Tiens celui avec les petites fleurs sur fond blanc ressemblent à la nappe que mon arrière-grand-mère avait brodé. Je ne dois pas avoir les goûts proposés/imposés par l’industrie de la mode. Rassurez-moi, la plupart des hommes ne tombent pas à genoux en criant à l’immaculée beauté lorsqu’on leur montre un bout de
tissu brodé ? Une fois porté par une demoiselle, je veux bien croire, et encore, c’est mieux sans l’emballage, non ? Là il n’y a que les deux séparés. Plein de demoiselles. Plein de soutiens-gorges. Mais pas les deux. Enfin si, plein de demoiselles avec des soutiens-gorges mais qu’on ne voit pas. Presque aucun décolleté. Quelques posters mais rien de génial.

Jane téléphone. On doit se retrouver bientôt. Le temps nous est compté. Je bénis le ciel d’être venu en fin d’après-midi dans ce magasin. Finalement, je suis plus volubile sur celui qu’elle m’a montré plusieurs fois. Couleur framboise et sans trop de dentelle à fleurs. De toute manière, jolie comme elle est, elle serait craquante avec n’importe lequel de ces trucs. Je trouve que malgré mon féminisme (ou à cause de), je deviens de plus en plus un cliché masculin (aucun goût pour la mode, boit de la bière, …), mais cela fera l’objet d’une prochaine note avec un titre du genre
« Plus je suis féministe, plus je deviens macho » !

Rendez-vous sur Hellocoton !