La politique est le cancer de la société

Pif, allez, c’est gratos. En fait, non, c’est pas gratos, c’est vraiment une pensée de plus en plus prégnante chez moi, je réfléchis beaucoup à ce sujet : comment on abandonne la politique pour passer à une gouvernance purement administrative qui prend en compte l’intérêt général avant le clientélisme. Lourd.

L'intérêt général

En fait, il va falloir que je décortique tout ça, que je me penche bien plus sur l’anarchisme, par exemple, que j’imagine un système qui me paraîtrait plus juste et surtout plus safe au niveau mondial. J’avais commencé à poser ça dans mon utopie de “Fin de l’histoire” qui en est actuellement à la page 4 depuis des mois (mais parce que je dois le recommencer), je me pique à imaginer ce que serait un monde à la démocratie participative poussée à l’extrême, où il n’existerait plus de “politiques”, ces hommes (surtout) et ces femmes (parfois) qui sont prêts à brader l’avenir de leur citoyens pour un titre, qui n’envisage l’avenir que dans un délai court-termiste et décident en fonction de ce qui va leur rapporter le plus. A eux, pas à nous. Je vous invite par exemple à lire La revue dessinée de cet été et notamment la BD sur le nucléaire (ou vous pouvez aussi mater la vidéo du Defakator sur le sujet). En fait, je vous invite à lire la revue dessinée tout le temps, voilà.

La revue dessinée

Alors d’où je sors ça maintenant ? Et bien, la chaleur, les incendies, la colère. Je suis très angoissée par l’avenir de notre planète. Enfin, non. La planète, elle survivra. Nous, par contre… En vrai, je ne serais pas du tout préoccupée de la survie de l’humanité s’il n’y avait pas Pivoine et Saturnin. Ca va paraître très violent ce que je vais dire, et ça l’est, mais depuis le temps que les climatologues tirent la sonnette d’alarme et qu’on ne fait que de vagues promesses en sachant très bien qu’on ne fera rien pour les tenir, désolée mais l’humanité ne mérite pas d’être sauvée. La seule chose qui me fait chier, c’est qu’on aura exterminé très violemment une faune et une flore qui ne méritait pas ça. Bref, je suis atterrée et furieuse que ce problème soit nié, encore et toujours parce que… le résoudre ne rapporte rien ou tout du moins pas assez pour respecter compétitif, bla bla bla, mon cul sur la commode.

La politique française ne veut pas renoncer au nucléaire

Je suis de plus en plus persuadée aujourd’hui que la politique (ou les politiques tout du moins) est le principal problème de notre société. Trop de “je”, pas assez de “nous”. Trop de volonté d’assurer une élection/réélection, pas de volonté de réellement avoir des vues sur un long terme. De toute façon, on peut pas régler tous les problèmes sur un quinquennat, on promettrait quoi pour la prochaine réélection ? Le pire, c’est que j’exagère même pas. Alors bien sûr, dans mon utopie très brouillonne, là, il manque des tas de choses, ça soulève beaucoup de questions dont la première serait “qu’est-ce que l’intérêt général” ? J’aime aussi me poser la question de la modalité. Comment impliquer les citoyens, comment rester une démocratie. Non parce que détacher la politique des intérêts particuliers pour la mener dans une optique d’intérêt général, à un moment, ça peut vite devenir “non mais selon les prédictions, stats et pia pia pia, il vaut mieux choisir ça”. Du coup, met-on la destinée du pays dans les mains des statisticiens et experts dans leurs domaines respectifs. Sauf qu’il est assez rare qu’on obtienne un consensus global sur un sujet donné, les querelles de clocher, comme on dit, sont nombreuses et il est souvent difficile à brûle-pourpoint de prendre partie. Sans parler de l’argument d’autorité dont je reparlerai un jour car c’est un sujet passionnant. Ah et pour le consensus sur le réchauffement climatique, clic clic. Du coup, est-ce qu’in fine, la solution serait de tout confier à des algorithmes prédictifs qui prendraient les meilleures décisions possibles en fonction des paramètres… Alors perso, donner trop de pouvoir à l’IA, c’est…

Terminator

Mais voilà, je glisse peu à peu dans le défaitisme le plus total quant à la politique (sauf locale dans une certaine mesure, j’y reviendrai)… et c’est pas simple à vivre même si ça ouvre des champs d’étude incroyables.

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2017, cuvée… mouif

Ca y est, on arrive sur deux de mes articles préférés de l’année : le bilan de l’année et les résolutions pour l’an prochain. Ce sont mes petites traditions adorées ! Certains préfèreront le calendrier de l’avent, la dinde, croquer dans un marron glacé ou boire un petit pumpkin latte à la cannelle, moi c’est ça. Et on commence de suite par le bilan 2017, une année… un peu mouif, finalement.

Femme boudeuse - Mouif

J’avais de folles attentes pour 2017. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que j’aime me tisser des prédictions à base de chiffres, de cycles, tout ça. Donc qui dit année impaire dit année bénéfique pour moi et en plus, les années en 7, j’aime. Non mais en 2007, j’avais chopé non pas un mais deux CDI après près d’un an et demi de galères d’emploi. Alors forcément, j’avais des ambitions pour cette année, notamment au niveau de l’emploi justement… et bide. BIDE. J’ai voulu changer de voie et j’ai tenté la mobilité interne au sein de mon entreprise. Résultat : j’ai envoyé un message très positif à ma direction actuelle (“je voudrais aller bosser ailleurs, merci”) mais sans résultat aucun à cause d’histoire de salaires, de seniorité ou de poste finalement fermé. Poisse, poisse. Et depuis mon changement de manager, je ne vous raconte pas le cauchemar (peut-être plus tard, là, restons prudents).

Emily dans le diable s'habille en Prada

Bref, moins belle la vie de 9h à 19h (plus des fois le soir et le week-end parce que bon, le sous-effectif et la sous estimation de ta charge de travail malgré tes cris de protestation, on aime ça) mais le reste ? Côté vie privée, une jolie année ma foi. Pas d’emménagement ou de pacs cette année (on peut pas tout refaire non plus) mais des moments câlins, des fous-rires et de très jolis voyages dont je ne vous ai encore pas raconté grand chose mais ça va venir… Parce que ça fait du bien de raconter ses vacances, ça remet une petite pièce dans la machine. Un peu comme quand je continue de poster des photos du Japon plus de deux mois après mon retour sur Instagram, j’ai un petit sourire nostalgique à chaque fois. Le Japon, justement, un des grands moments de cette année 2017. Jamais je n’étais partie si longtemps, si loin, et en couple. Et bien, à part deux ou trois chamailleries inhérentes à tout voyage en couple, ce fut assez merveilleux, alors même que nous avons eu de la pluie 60% du temps. Je ne pense qu’à y retourner. Je crois que, justement, le côté “loin à deux” fait un bien fou même si le wifi n’aide plus tant à la déconnexion que ça. Mais le Japon en particulier et nos voyages en général, c’est clairement du côté “trucs cools de 2017”. Tout ce qui touche à notre couple, d’ailleurs. Tellement que c’est décidé : en 2019, on achète. Pas avant parce que les déménagements, c’est un peu chiant et je veux aller au bout du bail de notre appart actuel.

Déménager en couple

Et sinon, côté “projets annexes”… Je me suis un peu engagée en politique, pas tout à fait là où je pensais, j’ai plus choisi des individus qu’un parti (même si, vous vous en doutez, le changement de voie n’est pas du tout radical). En quelques mois, j’ai donc pris des cafés avec mon député, devenue co référente d’un groupe d’action local avec le directeur de campagne du dit député, été cadre de manif (je gérais l’installation avec vingt bénévoles sous mes ordres, hé oui) et me suis faite apparemment repérer par le national. J’ai pas mal d’envies de ce côté là… pas de politique en soi, je n’ai aucune envie de devenir députée, maire ou je ne sais quoi mais de tracter, de parler aux gens, je ressens le besoin de trouver une voie pour redonner l’envie aux citoyens de s’impliquer, d’aller plus loin que ce que certains entendent en écoutant BFM et co d’une oreille… Et justement, transition magique, j’avais pour projet de créer un blog engagé et… je l’ai créé. J’ai choisi le nom, j’ai choisi le thème, je lui ai donné vie sur une plateforme de blogs (pas envie de payer pour un blog wordpress avec nom de domaine et tout) eeeet… fin. Idem pour mon blog “Nina feels good”… Problème de temps, de charge mentale… Nous mettrons dans la catégorie des “j’eus aimé mais non…” : le paper art, ces blogs, donc, l’envie de se mettre aux vidéos, le sport tous les jours, la couture, l’équilibre alimentaire…

DIY

MAIS ! 2017 n’est pas que l’année du “j’ai pas fait parce que le boulot m’empoisonne”, c’est aussi l’année où j’ai repris l’écriture et bien. Un roman de 366 pages terminé, un autre entamé de 60 pages, plein d’idées, plein d’envies. Le plaisir d’écrire revenu. Et je vais vous teaser un peu mon article sur mes bonnes résolutions de 2018 : ce sera l’année où je vais noircir de la page.

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S’engager en politique ?

[Article écrit il y a deux ou trois semaines donc je ne connais pas le résultat du premier tour des législatives mais je sens que je vais bien pleurer dimanche soir] Bien le bonjour ! Ca va la Macronie ? Moi ça va mais je ressens comme un fourmillement, une envie au fond de moi, un grondement de plus en plus puissant… Je veux changer les choses. Pour de vrai, pas juste en tapant quelques articles de ci de là sur mon coin du web ou en retweetant à ma communauté des propos qui ne les convaincront que s’ils sont déjà convaincus, en gros. Eduquer, communiquer, ce n’est certes pas rien mais il est temps de quitter son fauteuil de bureau et d’agir “dans la vraie vie”, comme on dit. Je veux m’engager ! Mais comment ? Pourquoi ? Dois-je choisir la voie honnie pour faire bouger les choses à savoir s’engager en politique.

Femme forte

Je n’aime pas la politique, je l’ai déjà dit. Les magouilles, les pousse-toi que je m’y mette, l’oubli de ceux que l’on est censé représenter (les citoyens) pour grimper sa petite échelle, ça, je peux pas. Mais étant, souvent malgré moi, une citoyenne concernée et inquiète, je ne peux pas juste tout balayer d’une main et vivre ma petite vie en me foutant du reste. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Alors que je vois le monde qui ne va pas mieux (euphémisme), je me dis que je dois apporter ma pierre à l’édifice, même si celle-ci a plus la gueule d’un caillou mal branlé. Râler derrière son écran, c’est quand même globalement stérile même si des fois, tu peux apprendre quelque chose à quelqu’un. Des fois, pas tout le temps.

Râleuse

Alors s’engager, ok, mais quoi ? Où ? J’avais assisté dans des temps anciens à une réunion de section du PS et j’avais été saoulée d’entrer par la petite bagarre d’egos entre les uns et les autres. Il y avait là une fracture entre les citoyens concernés et ceux qui s’imaginaient une carrière. Fin du game pour moi. Quelques années plus tard, un de mes camarades décide de s’investir dans la lutte contre le nucléaire : d’abord très actif sur les réseaux sociaux, il tombe quelques mois plus tard dans le mutisme. Je lui demande donc s’il est toujours impliqué “non, j’ai laissé tomber. Tous les gens là-dedans, ils sont là parce qu’ils espèrent monter en politique”.

s’engager en politique

Au défilé du 1er mai, je n’ai pas su si la dame avait choisi cette couleur de ballon exprès mais j’avoue que ça m’a fait rire

Alors me voici, là, à me gratter la tête pour savoir quelle direction prendre. Je sais déjà ce que je ne veux pas mais comment être sûre ? J’ai pensé à Greenpeace mais à mon avis, le côté politique est bien présent… Alors je discute, je me renseigne. J’hésite. Je dois définir ma priorité. L’écologie, l’environnement. Oui. Mais l’éducation aussi, c’est important, non ? Je veux dire à quoi ça sert de militer dans son petit coin quand les gens sont murés dans leurs certitudes. Oui, les certitudes ça peut évoluer mais pas toujours. Et puis y a les Migrants, on peut pas laisser faire. Et puis… et puis… Et puis il y a ce parti. Ce parti avec qui je suis quasiment toujours d’accord sur le projet de société, ce parti presque parfait… ne serait-ce l’opportunisme gonflant de ses têtes d’affiche prêtes à s’aplatir pour choper un ministère, voire un secrétariat d’état. Ce parti là qui se souvient de son moteur qu’épisodiquement, dont les têtes de proue se taisent étrangement sur quelques projets gouvernementaux catastrophiques pour l’environnement genre Notre Dame des Landes, Sivens, la ferme des mille vaches… A part quelques fulgurances de ci de là, une Duflot qui monte régulièrement au créneau, un Jadot qui négocie la fin du projet Notre-Dame-des-Landes et la sortie du nucléaire en s’alliant à un Hamon déjà perdant. Par contre, sur le terrain, ça agit, ça vitupère, ça ne laisse pas faire.

S'engager pour l'écologie

Alors oui, je vais y aller. Je vais attendre la fin des élections législatives et puis, j’irai. Surtout que ma candidate EELV locale, elle a l’air bien inspirante. Mais attention, je ne ferme pas les autres portes. Parce qu’il est possible que je finisse dégoûtée comme je le craignais, je dois aussi investiguer les associations… En attendant mon blog citoyen qui arrivera, promis.

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Liberté d’expression et blocage sur les réseaux sociaux

Dans un monde idéal, les réseaux sociaux, c’est un lieu d’échange et d’enrichissement, un lieu ou la culture et la connaissance coulent à flot… entre deux lolcats et une loutre trop mignonne, ok (j’adore les loutres). Mais parfois, des gens qui ne sont pas d’accord avec toi ou des trolls (à ne pas confondre) décident de te harceler jusqu’à ce que tu changes d’avis. Alors tu les bloques… et là ça hurle “et ma liberté d’expression, alors ?”

Un couple de loutres

Depuis le drame de Charlie Hebdo, c’est devenu l’argument massue de tous les rageux “liberté d’expression !”, ce truc magique censé les autoriser à appeler à la mort ou au viol de leurs ennemis (musulmans voire arabes en général, homos, femmes, qui vous voulez). Les plus lettrés vous citeront peut-être Voltaire au détour d’une menace, vous rappelant que vous seriez bien nobles de respecter leur parole car “je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai pour que vous puissiez exprimer vos idées”… Oui ok sauf que Voltaire n’a jamais dit ça, pour commencer, et s’il l’avait fait, je ne pense pas vraiment qu’il pensait à tes menaces de viol ou de meurtre, tu vois… La liberté d’expression est une chose précieuse mais il faut en comprendre le principe de base : cette liberté, c’est celle que l’on a, en tant que citoyens, d’élever la voix, de dénoncer, une autorité quelconque. C’est notre droit à aller manifester (quoi que ces derniers temps…), à écrire des éditos ou réaliser des dessins qui dénoncent. je schématise parce que c’est pas le coeur de mon article mais la liberté d’expression, elle est là pour contrebalancer le pouvoir. Pas pour menacer l’intégrité physique d’une personne.

Extrait du film Menace d'Etat avec Sean Bean

« Tu vas la respecter ma liberté d’expression, sale pute bobo gauchiasse féministe ? »

Du coup, parfois, sur les réseaux sociaux, tu rentres en contact avec une personne qui a décidé que tu avais tort et qui va venir te faire la leçon. Avec pas de chance, le mec (car ce sont souvent des mecs, quand même), va commencer direct à annoncer ses intentions vis à vis de ton cul, tes dents, voire ta personne dans sa globalité. Et on a beau avoir les épaules larges et s’attendre à ce genre de déferlement quand tu oses attaquer la virilité et la domination de ces petits êtres fragiles, à un moment, se faire menacer de viol toutes les deux minutes, ça limite l’envie de sourire. Non mais sérieusement, quand j’ai relayé un article sur l’atroce Babylone 2.0, y a des mecs qui sont quand même venus me cracher à la gueule en mode “de toute façon, vous n’êtes que des putes, bien faits pour vous !”. Mais je… quoi ?

Dispute de couple

Et puis il y a ceux que j’appellerai les évangélistes, ceux qui viennent t’apporter une vérité que tu n’avais pas forcément demandé. Alors comprenez bien : je peux parfois dire des conneries, évidemment, je n’ai pas la science infuse et je ne suis pas du tout opposée à ce que quelqu’un vienne m’apporter avec des sources de la contre argumentation qui me fera réfléchir. Mais y a d’autres moments où juste non. Typiquement, quand je m’exprime en tant que femme sur un ressenti en tant que femme, un homme n’a pas à venir tenter de me faire changer d’avis car lui sait mieux que moi. Non, tu ne sais pas mieux que moi, tu es un homme, tu ne peux pas savoir ce que je vis en tant que femme. Au mieux, tu peux imaginer. De la même façon, je vais pas aller expliquer à une personne de couleur qu’elle exagère à parler de racisme tout le temps parce que je n’en sais rien, je ne vis pas le racisme ordinaire donc shut the fuck up. Mais je ne me démonte pas, j’essaie d’expliquer à cette personne qu’elle ne sait pas de quoi elle parle, j’enrichis mon propos de liens vers des articles. Tu persistes et signes ? Tu refuses ma demande de cesser de me parler ? Ok : block.

Liberté d'expression sur twitter

Et là, ça se met à hurler “han mais quelle conne, elle respecte pas ma liberté d’expression”. Peurdon ?? Alors juste deux points :

– en général, je bloque quand même au bout d’une heure, voire deux, de débats stériles, je pense que tu as eu plus que ta part d’expression

– en quoi je nuis à ta liberté d’expression ? Je t’interdis désormais de m’adresser la parole (et en général, ça survient après plusieurs demandes de me laisser en paix non respectées) mais tu gardes ton espace pour déballer ta merde, t’inquiète. Je t’ai juste fermé la porte de chez moi, je t’ai pas enfermé dans un bunker, seul au monde. Comme j’aime à dire, je me tape suffisamment de cons dans la vraie vie que je ne peux malheureusement pas masquer ou bloquer, je vais pas m’imposer ça en plus sur les réseaux sociaux. Surtout que bon, le prends pas mal mec mais y a 9 chances sur 10 qu’on se connaisse pas donc je ne vois pas trop pourquoi je devrais continuer à te subir…

Bref, le fait qu’une personne n’ait plus envie d’écouter vos préchis préchas ne veut pas dire que votre liberté d’expression est menacée. C’est un concept beaucoup trop important pour être réduit à votre simple blessure narcissique et admettez enfin que, non, tout le monde n’a pas envie de vous entendre sur tout. Votre parole n’est indispensable pour personne.

 

D’ailleurs, faudra que je vous explique pourquoi quand on vous bloque sur Twitter, ça ne vous fait pas automatiquement gagner le débat. Un jour.

 

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Une bonne gauche est-elle une gauche d’opposition ?

Hier, des gens dont je ne fais finalement pas partie ont désigné le candidat PS aux élections présidentielles. Comme j’écris cet article le samedi, je n’ai aucune idée de l’heureux élu, Hamon était certes en tête au dernier virage mais on n’est jamais à l’abri de magouilles tricheries mauvaises surprises quoi… Oui, je déteste Valls du plus profond de mon âme et je pense qu’il faut manquer particulièrement de jugeotte pour élire comme champion le mec à la tête du gouvernement le plus impopulaire de la Ve République, qui s’est bien torché le cul avec la notion de démocratie grâce au 49-3… mais bon, quand j’entends que des gens veulent voter Macron, j’ai quand même l’impression que le peuple souffre d’un syndrome de Stockholm très poussé (ou de masochisme, je sais pas… mais si vous pouviez le garder dans le secret de votre intimité, ça nous arrangerait). Bref, je digresse mais voilà la question clé : une bonne gauche peut-elle gouverner ou est-elle condamnée à l’opposition ?

Assemblée Nationale France - Qu'est-ce que la bonne gauche ?

Ma réflexion va partir de là :

Alors je vais pas disséquer très longtemps cette pensée parce que “OUI”. je dirais presque “oui, putain, oui”, d’ailleurs mais je trouve que je suis trop vulgaire parfois. Ce qui m’intéresse dans ce laïus, c’est le paragraphe “si le PS avait été dans l’opposition…” parce que, très clairement, c’est le malaise que j’ai depuis 5 ans. Je n’attendais pas de Hollande une révolution, entendons-nous bien. Le mariage pour tous, la belle arnaque narrative du quinquennat, ok, c’est bien mais après ? Comment se fait-ce qu’un homme qui s’opposait à un autre sur les plateaux télé y a 5 ans poursuive une politique identique en allant même plus loin ? Parce qu’une loi travail proposée par un parti de droite, le pays aurait été (encore plus) à feu et à sang. Quand la droite a voulu instaurer plus de précarité (coucou le CPE), elle a dû reculer face à l’ire populaire. Et là ? Des yeux crevés par ci, un coma par là, une violence policière qui atteint des niveaux plus que préoccupants mais le storytelling médiatique fait passer ça crème. J’en pouvais plus de l’intolérance et du racisme d’Etat de droite, on a eu encore pire avec la gauche… Recul des droits les plus fondamentaux, précarité accrue, citoyens dévalorisés, accusés, acculés. C’est ça ma gauche ?

Manuel Valls et Emmanuel Macron

Alors ok, vous allez me dire que le PS, c’est pas la gauche, je vais avoir du mal à vous contredire. Mais si on peut légitimement se demander pourquoi cette politique des 5 dernières années à été appelée de “gauche” (Hell, no !), revenons sur la posture du parti. Quand celui-ci est dans l’opposition, il se targue de défendre les plus démunis, les minorités… et c’est toujours ça de pris. Vous me voyez donc venir : je vote quoi en mai ? Alors il existe des alternatives à gauche de type Mélenchon ou Jadot ou même l’extrême gauche. Mais imaginons que Mélenchon ou Jadot soient élus, est-ce qu’ils pourraient réellement faire une politique de gauche ? Est-ce qu’il n’y a pas un peu une fatalité du pouvoir ? Pour quelques concessions à la marge (ex le mariage pour tous), est-ce qu’on ne se retrouve pas condamnés à revivre sempiternellement la même histoire avec juste un casting différent. Si je regarde Tsipras, si je regarde Podemos, j’ai l’impression que les espoirs ont été sacrifiés sur l’autel d’un certain réalisme (discutable néanmoins), que finalement, après l’envie de changement, on repart au classique. Un peu comme un retour à la routine grise après des vacances magnifiques. Du coup, pour limiter les dégâts, ne vaut-il mieux pas laisser la gauche dans l’opposition ?

La gauche en Europe : Alexis Tsipras et Pablo Iglesias

Du coup, on fait quoi ? Pour moi, 2017 se résume à un vote Jadot au 1er tour et très certainement blanc au second (même si y a la mère Le Pen dans le lot, oui). Mais du coup, si je suis la logique de mon paragraphe précédent, je devrais m’assurer que la gauche se retrouvera dans l’opposition… et donc voter à droite ? Et c’est là qu’on touche (enfin) du doigt là où je voulais en venir : voter, c’est quoi au fond ? En presque 19 ans de citoyenneté (argh), j’ai eu différents types de votes : le vote utile, le vote de peur (2002), le vote de contestation, le vote du moins pire (ou le fameux vote “contre” que je finis par ne plus voir en peinture tellement ma citoyenneté me semble réduite à tenter de mettre des gens dehors) jusqu’au vote d’abandon, le vote blanc. Au fond, ça sert à quoi de voter ? A éviter le pire ou envoyer un message ? Finalement, est-ce que je n’ai pas été un peu trop victime des discours alarmistes pendant des années en votant systématiquement pour un candidat donné juste pour éliminer “la menace” ? Ai-je été trop naïve (oui) ? Du coup, ne dois-je pas redonner à mon vote sa réelle valeur, à savoir une occasion de dire ce que je veux, le modèle de société auquel j’aspire, même s’il n’a aucune chance de gagner, même si un modèle de société que j’exècre risque de repasser ? Je ne crois pas en une victoire du FN, très sincèrement, et finalement, quand les Républicains sont au pouvoir, malgré leur conservatisme dégueulasse sur pas mal de sujets, c’est finalement pas pire que le PS. En gros, je pense que quel que soit le gagnant des prochaines élections présidentielles ET législatives, ça ne changera rien. Alors aujourd’hui, je voterai en quoi je crois… quitte à voter blanc si rien ne me convient. Même si c’est un message que peu écoutent, au moins, je l’aurai envoyé… car aujourd’hui, je pense sincèrement que ce n’est plus en votant qu’on changera les choses. 

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Le mariage pour tous ou la grande arnaque narrative du PS

Lundi, j’évoquais rapidement le mariage pour tous en disant que j’étais ravie que tout le monde puisse désormais se marier s’il en a envie. C’est ainsi que, si tout va bien, en 2018, j’irai au mariage de Isa et Joy (mes copines d’Irlande puis Canada). Une belle avancée oui, il était temps que la France franchisse le pas, une belle victoire de François Hollande et de son gouvernement avec en tête, la pasionaria Christiane Taubira.

Christiane Taubira, Minsitre de la justice des gouvernements Ayrault puis Valls

On en a entendu des horreurs pendant les débats sur cette loi… Il ne faisait pas bon être homosexuel-le dans ses moments là. Non parce que t’as beau avoir le cuir épais, entendre à longueur de journée que tu es une anomalie de la nature, un malade, un déviant ou en version soft que tu n’as aucune raison de vouloir te marier et que tu ne seras jamais capable d’élever un enfant, à un moment, ça finit par être *légèrement* agaçant. Personnellement, j’ai été assez choquée que tant de gens aillent manifester contre une loi qui ne leur nuisait en aucun cas et qui, de tout façon, ne les concernait même pas. J’ai eu mal à ma France, j’ai eu honte, j’ai eu envie de clamer à tous ses connards que ce n’était que l’ordre logique des choses et que leur avis, on s’en battait gentiment les steaks.

La vie est si simple quand on raisonne en binaire... je suppose

La vie est si simple quand on raisonne en binaire… je suppose

Et puis, il y a eu la digne Christiane, ennemie numéro 1 de la droite et extrême droite parce que le mariage pour tous,  parce qu’elle vidait les prisons, parce qu’en plus, elle était Noire. On s’est tous unis derrière Christiane, on a crié dès que quelqu’un lui manquait de respect, on s’est émerveillés de sa culture, de son intelligence, les journaux dressaient d’elle un portrait séduisant. Ouais, elle était grave hypée Christiane et son aplomb face à ses contradicteurs, surtout les plus cons (et y avait du level) rajoutait encore à l’admiration que nous avions pour elle et son noble combat pour l’égalité.

Christiane Taubira à l'assemblée nationale

Sauf que y a arnaque. Déjà, malgré toute ma réelle sympathie pour Christiane, elle ne s’était pas opposée à l’incarcération de huit syndicalistes de Goodyear ni à l’amende que dut payer un professeur à Avignon pour avoir fait une vanne sur Valls. Certes, la justice est indépendant mais les plaintes dans le cas de Goodyear avaient été retirées… On reste à se poser des questions. On veut bien donner quelques droits aux gays mais on va pas trop aller sur la gauche non plus, hein…

affiche du frond de gauche, statut de la bastille et usine

Mais le foutage de gueule n’est pas que là, reprenons une autre loi qui a suscité (et suscite encore) colère, rage, manifestations massives : la loi travail. Alors que les débats à l’assemblée s’annonçaient compliqués, Valls n’a pas tortillé : 49.3.  Trois putain de fois. Alors que pour le mariage pour tous, on a bien laissé le débat traîner en longueur, les amendements les plus farfelues être débattus au coeur de la nuit, Christiane exhibée à toutes les sauces pour bien nous montrer que notre gouvernement est bien de gauche et qu’il se bât pour les minorités opprimées. Ils ont laissé la situation se tendre pour prendre la place de héraut (et non Ayrault) de la cause, tant pis si les fachos décidaient que les “LGBT” étaient désormais la nouvelle cible, tant pis si quelques gays se faisaient péter la gueule gratos au passage. Regardez comme elle est courageuse Christiane, regardez comme on tient nos promesses malgré l’adversité.

mariage pour tous, manifestation à la Bastille, rainbow flag

Alors vous allez me dire que la différence entre le mariage pour tous et la loi travail, c’est qu’on n’avait pas le même Premier Ministre et que Valls, ce n’est pas Ayrault et donc qu’on ne peut pas comparer la situation. Certes mais vous ne m’enlèverez pas de l’idée que la lutte présentée comme courageuse de Christiane sur une loi qui devait arriver car ce n’est qu’une évolution logique de la société, c’était juste un argument marketing du gouvernement pour faire croire qu’il avait quelques valeurs de gauche. Ce même gouvernement qui emprisonne les syndicalistes et enlève toujours plus de droits aux salariés… On a volontiers sur-médiatisé les opposants au mariage pour tous, on leur a donné une visibilité hors norme (bien plus qu’aux manifestants à la loi travail qu’on présentait surtout comme des sauvageons violents qui ont blessé un flic, une fois, brûlé une Porsche et cassé trois vitrines), on nous a fait croire que le Moyen Âge était de retour… Et on a réussi à donner vigueur et légitimité aux fachos qui ont trouvé une victime toute désignée (Taubira) et une cause un peu fantoche derrière laquelle se réunir.

Couples gays et lesbiens sur les gâteaux de mariage

Et je sais déjà que quand la campagne va débuter (faut vraiment que je m’expatrie avant, ça me saoule déjà), ce sera brandi comme une victoire, ce mariage pour tous, un label “gauche et socialiste” alors que non. Je ne tomberai pas dans le piège. Jamais de la vie je vote PS en 2017, quel que soit le casting du second tour, c’est bon, j’ai déjà donné. Votre narration d’un gouvernement courageux face aux obscurantismes, je n’achète pas. Parce que j’ai compris que vous aviez allongé la sauce à l’infini pour constituer une belle histoire mais j’espère que les citoyens ne mordrons pas à cet hameçon. Ni à celui du sursaut républicain face à la menace bleue marine (qui sera très certainement au 2nd tour), car si elle est là aujourd’hui, c’est bien grâce à vous (droite comme gauche)

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Et là, on a atteint le point François-Ferdinand ?

L’actualité glace le sang. Tous les jours, des citoyens qui ne demandaient qu’à vivre tranquillement leur vie meurent sous les bombes. Celles de sectes fanatiques (oui, j’appelle ça des sectes, moi), celles de dictateurs narcissiques. Pendant ce temps, nos gouvernants échangent, vitupèrent, essaient de se refiler le bébé, hésitent à intervenir ou pas, oui, non, ça va dépendre de qui fait quoi, on parle de guerre. Guerre contre quoi, contre quoi ? Guerre contre le terrorisme ou Troisième guerre mondiale ? Les tensions s’exacerbent, on a l’impression que la chute des dominos est lancé jusqu’à ce que… jusqu’à ce que quoi ?

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Quand vous étiez de jeunes collégiens ignorants de la vie, vous avez appris que l’assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand à Sarajevo avait provoqué la Première Guerre Mondiale. Alors oui mais c’est un peu plus compliqué que ça. Reprenons les faits. Oui, sur ce blog, on révise son Histoire, voilà. Bon, par contre, ça va pas trop rentrer dans les détails non plus.

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C’est le 28 juin 1914 que l’Archiduc d’Autriche François-Ferdinand, héritier de l’empire Austro-Hongrois et son épouse Sophie sont assassinés par le serbe Gavrilo Princip à Sarajevo. L’Empire austro-hongrois est fort mécontent et accuse le Royaume de Serbie d’être responsable… et effectivement, Belgrade est animée par de nombreuses manifestations de joie d’autant que l’attentat est formenté par Jeune Bosnie car à ce moment là de l’histoire, la Serbie est annexée depuis 6 ans à l’Autriche-Hongrie. D’ailleurs, un premier attentat a échoué le matin même, un des membres de la Main Noire a jeté une bombe sur le capot de la voiture de l’archiduc mais celle-ci a rebondi sur le capot pour exploser sur la voiture derrière. Ironie de l’histoire : c’est en se rendant à l’hôpital visiter le blessé que le chauffeur se trompe de route et doit s’arrêter pour retourner sur la bonne route… manoeuvre exécutée sous le nez de Princip qui saute donc sur l’occasion.

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L’Autriche-Hongrie ne peut pas laisser le crime impuni (même si ça les motive pas des masses de se lancer là dedans non plus) donc au bout de 4 semaine, Vienne envoie un ultimatum à Belgrade qui accepte l’ensemble des points sauf un : autoriser les policiers autrichiens à agir sur le territoire serbe. Le 28 juillet, l’Autriche-Hongrie déclare donc la guerre à la Serbie. Pendant ce temps, les puissances européennes essaient de jouer les médiateurs pour en arriver là mais ça échoue. La guerre est déclarée, le Reich suit la Autriche-Hongrie, la Grande Bretagne et la Russie sont du côté serbe. L’Allemagne demande à la France de ne pas soutenir la Russie mais celle-ci répond en décrétant la mobilisation générale. Suite à un nouvel ultimatum à nouveau rejeté, l’Allemagne déclare donc la guerre à la France et à la Belgique (qui avait également reçu un ultimatum pour laisser passer les troupes allemandes). Or, la Grande Bretagne étant garante de la neutralité belge, elle entre à son tour en guerre. L’Empire Ottoman entrera plus tard en guerre après un traité signé avec l’Allemagne et le Japon déclare à son tour la guerre à l’Allemagne.  Et voilà comment un attentat qui a finalement plus réussi par le fait du hasard a fait tomber le premier domino et tout entraîné.

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Aujourd’hui, je guette. Je ne suis pas vraiment du genre à crier à la guerre tout le temps, on a tellement annoncé la 3e Guerre Mondiale qu’on finit par ne plus y faire attention (on pourrait débattre de si la guerre froide était la 3e Guerre Mondiale mais pour simplifier, on va continuer à dire 3). Peut-être qu’on exagère le déséquilibrage des forces, les tensions. Qu’après tout, on ne peut pas déclarer la guerre à des groupuscules terroristes alors du coup, on risque rien de ce côté là. C’est vrai mais quand tu vois les petites tensions diplomatiques du genre un avion russe abattu par la Turquie, tu finis par te poser la question : est-ce que finalement, on y est pas ?

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Cet article n’a pas du tout vocation à répondre, il reste toujours difficile de connaître les tenants et aboutissants des faits et de leur succession. Quand on apprend l’histoire, il nous apparaît évident que l’assassinat de François-Ferdinand précipite tout… alors qu’à l’époque, ce n’était pas si évident que ça. En premier lieu parce que le ballet diplomatique faisait tout pour empêcher cette escalade. Et c’est là que je veux en venir : les Cassandre nous crient à la guerre depuis des années et des années (remember 2001) et finalement, les tensions continuent d’augmenter mais personne ne dégaine… Enfin de façon globale, je suis pas sûre que l’Irak, la Syrie ou l’Afghanistan aient noté que “personne n’avait dégainé”. Mais reste la question : est-ce qu’une fois de plus, on nous brandit l’épouvantail de la guerre pour rien ou si le point François-Ferdinand arrive en courant… ou s’il est déjà arrivé. Est-ce que dans 50 ans, nos (enfin, vos) petits enfants apprendront l’histoire avec un fait qui était le début de la fin de la paix ?

Troisième guerre mondiale

Il ne reste qu’à espérer que tous les partis en présence arrivent à garder leur sang froid… Et je sais pas vous mais en ce moment, j’ai pas trop confiance là-dessus…

 

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Les politiques ne sont pas Julien Courbet

Je le confesse : j’ai des penchants masochistes. De type lire encore des commentaires sur des articles d’actualité. Quand bien même je ne le ferai pas, j’ai droit aux fulgurances de mec contacts Facebook ou Twitter. Et des fois, je lève les yeux au ciel et je me pince le haut du nez. C’est pas possible d’être aussi cons… Parce que, mesdames, messieurs, le politique n’a pas pour mission de régler vos petits problèmes particuliers.

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Mise en situation : prenez un gouvernement lambda, de droite ou de gauche, on s’en fout. Comme tout gouvernement, il va faire des lois, c’est son rôle. Gouvernement annonce donc sa nouvelle loi et forcément, forcément, quelque part dans l’Hexagone, un Français se sent lésé. Sortez les violons, c’est parti pour une longue litanie « gouvernement de merde, moi, cette loi me va pas. Ce gouvernement fait tout pour [choisir la catégorie socio-demo adéquate]. Et moi, il fait quoi pour moi ? ». Rien. Parce que le gouvernement, son taf, c’est pas de régler les problèmes particuliers de chaque citoyens mais tenter de préserver le bien commun (vision certes très idyllique de la politique mais je vais pas commencer à nuancer ça ici sous peine de vous pondre un article de 10 pages qui fera chier tout le monde).

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Je suis toujours amusée de constater que dans chaque débat (pseudo) politique, chacun débute son argumentation par un « oui mais moi… ». Donc parce que toi, tu n’y trouves pas ton compte, tu souhaiterais que personne ne bénéficie d’une loi qui pourrait améliorer le quotidien d’autres personnes (au pluriel) ? Reprenons le « débat » sur l’autoentreprise menée par un exilé fiscal qui n’est même pas autoentrepreneur. Disons le franchement : ce statut est merdique. On fout sous le même intitulé des gens générant un chiffre d’affaires inférieur à 1000 € et des gens ramassant jusqu’à 32000 € de CA. Bref d’un revenu argent de poche à une véritable source de revenus. L’autoentreprise n’est pas un cadeau pour les petits revenus qui pourraient faire de leur marotte un métier. Non, c’est un cadeau aux entreprises qui se retrouvent avec une masse salariale disponible sur laquelle il n’aura à payer aucune charge sociale, celle-ci incombant désormais au salarié précaire. Mais l’autoentreprise, c’est génial ! Je suis mon propre chef et j’ai dégagé un bénéfice net de 2000 € en un an, hihihi. Bon, pour terminer sur ce paragraphe (je suis hors sujet), je trouve ce système pratique pour se faire un peu d’argent de poche quand on décide de vendre le fruit de ses travaux manuels ou de son écriture mais ça manque salement de garde-fous et faudra bien un jour se pencher sur cette usine à gaz pour discipliner un peu tout ça (et envisager une sorte de statut où l’on peut monter un petit truc pour gagner un peu d’argent de poche sans appeler ça crânement et faussement « entreprise »). Bref, quand le gouvernement a souhaité donner un coup de pied dans la fourmilière, énorme levée de boucliers chez les autoentrepreneurs de mes réseaux sociaux à base de « moi, ça me,permet de gagner de l’argent », « moi, je veux pas passer en SARL »…. À la fin, tu avais l’impression de lire les complaintes des rois du Pétrole et qu’on allait ruiner la France à les empêcher de gagner leurs quelques milliers d’euros. Peu importe l’intérêt global, passer en SARL les faisait chier, fin du débat.

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Mais le gouvernement, c’est pas Julien Courbet. Jean-Marc Ayrault va pas appeler la petite PME à côté de chez toi pour que tu trouves du boulot, Arnaud Montebourg n’appellera pas le promoteur immobilier véreux qui ne t’a pas livré la maison de tes rêves et Benoît Hamon ne viendra pas voir ton voisin pour tenter de vous réconcilier. Quoi que ça, y a Stéphane Plaza et Karine Lemarchand qui le faisaient à une époque (ils méritaient un césar pour leur prestation de personne impliquée dans un conflit dont ils n’avaient, de fait, rien à foutre). Le gouvernement a pour mission de faire voter des lois pour atteindre un équilibre entre les citoyens, lutter contre les inégalités, les discriminations. À l’occasion, ils aideront un citoyen qui a publiquement fait appel à eux pour la beauté du geste (et surtout de l’image) mais ce n’est pas leur rôle. Alors oui, Citoyen, toi, t’es pas content parce que, toi, tu te sens lésé ou tu considères qu’il y a une loi plus importante que celle actuellement votée et qui ne te concerne pas (« argument » lu 30 fois durant le débat pour le mariage pour tous. J’ai surtout aimé les gens de droite conspuant le temps gaspillé sur ce débat, oubliant que ça a été si long grâce à la pluie d’amendements et de rappels au règlement des députes… De droite justement). Au moins, le citoyen lésé fera la joie du JT de 13h qui fera un petit reportage sur lui…

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