Ton personnage, j’ai pas d’empathie pour lui

L’avantage de ne pas avoir trop le temps d’écrire, c’est que ça me permet d’avoir quelques livres d’avance à chroniquer. Ou pas, il y a certains bouquins sur lesquels je n’ai rien à dire. Depuis que j’ai abandonné « Je suis Pilgrim », j’ai avalé la promesse de l’ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, Piégée de Lilja Sigurdardottir et Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Et autant vous dire que réussir à créer un personnage suscitant un minimum d’ empathie, c’est vraiment un sacré challenge.

La promesse de l'ange de Frederic Lenoir et Violette Cabesos Piégée de Lilja Sigurdardottir Un monde après l'autre de Jodi Taylor

Sur ces 3 romans sus-nommes, nous avons 3 héroïnes : Johanna, Sonja et Maxwell. Et bien autant vous dire que je n’ai eu de sympathie et donc d’empathie que pour la 2e. Je ne sais pas encore si j’écrirais un jour un article sur ce roman donc à tout hasard : je vous le conseille. Alors pourquoi Johanna, Maxwell et ce bon vieux Pilgrim, qui n’a jamais été appelé ainsi pendant les 400 pages que je me suis cognées mais j’ai oublié son nom, ne m’ont pas émue ? C’est un peu difficile à lister mais en gros :

 

Leurs réactions sont illogiques

Alors ça, ça me rend hystérique aussi dans les séries Ou au cinéma, quand un personnage fait un truc débile alors que s’ouvrait devant lui un autre chemin tellement plus joli et évident. C’est souvent le signe d’un scénario mal maîtrisé, un peu un « Merde, je dois déclencher un nouvel événement, comment faire… ah ben tiens, mon héros/héroïne va sauter de l’immeuble en parachute. Oui, ok, il aurait pu prendre l’ascenseur mais c’est pas badass ». Un peu ce genre. Alors je sais qu’au naturel, je suis pas la fille la plus aventurière du monde, je suis à -17 sur l’échelle du trépidant (je ne cours pas pour descendre les escaliers car j’ai peur de tomber… monter en courant, je peux par contre) mais y a des moments où les personnages prennent des risques TOTALEMENT inutiles juste parce qu’ils raisonnent n’importe comment. Du coup, qualité de m’inquiéter pour eux, je m’agace de leur manque de jugeotte.

Les réactions illogiques des personnages : prometheus

Ils sont débiles

Le suspense est quelque chose de difficile à installer, notamment dans l’univers polar/thriller. On suit donc le personnage dans sa perception de l’énigme à résoudre, on dispose du même faisceau d’indices qu’eux. Or il arrive parfois que nous trouvions qui est le coupable avant la résolution de l’énigme… parce que c’est évident. Mais l’écrivain.e a choisi de ne pas arrêter son récit là et pendant les 100 pages restantes, on a envie de leur hurler qu’ils sont cons. Parfois, c’est juste qu’ils se noient dans un verre d’eau, qu’ils cherchent une solution et partent dans des pensées complexes alors que la solution est ultra simple et tu passes une partie du roman à soupirer devant les fausses difficultés du personnage.

Pretty little liars

« Mais comment elle sait tout, A. ? » Et jamais vous cherchez des micros, par hasard ?

Je ne les connais pas

Et là, on touche au cœur du problème. Je sors de mes romans pour parler du docufiction Mars qui est extrêmement révélateur du problème. Dans le 1er épisode, un astronaute, Ben, est salement blessé et tout ce 1er épisode va s’organisée autour de la survie du groupe en général et de la sienne en particulier. Sauf que j’ai vu ce mec 5 mn en cumulé et suivre son agonie et celle de ses camarades qui se mettent en péril pour le sauver… ben je m’en fous, en fait. Surtout qu’on avait en parallèle un laïus en mode « oui, on peut mourir mais c’est pour la science donc on est en paix avec ça ». Alors pourquoi vous êtes tous prêts à crever pour un mec qui a 9 chances sur 10 d’y passer ?

Le docu fiction Mars

Autre problème : le nom. Dans Pilgrim, le mec a plein de nom parce que espion, tout ça… du coup, j’avais du mal à vraiment m’intéresser à lui. Mais le pire, c’est Un monde après l’autre. Les personnages s’appelaient par leur nom de famille et donc notre héroïne était Maxwell voire Max. Pourquoi pas. Par contre, je n’ai pas compris si son prénom était Madeleine ou Lucy vu qu’elle a eu droit aux 2. Pareil, un autre personnage est soudain appelé par son prénom au bout de 200 pages, prénom qui avait dû apparaître dans une phrase de type « Je te présente Baptiste Tartempion qui fait ci, ça et ça et pia pia pia ». Le mec sera appelé alternativement chef et chef tartempion (à ne pas confondre avec Boss, c’est un autre personnage, ça). Du coup, quand y a un Baptiste qui pop tout à coup, je perds quelques secondes à comprendre de qui on me parle. Le nom est important, un personnage peut être nommé différemment selon qui s’adresse à lui… du coup, autant je peux admettre que je ne suis pas toujours 100% attentive quand je lis, autant un roman où j’identifie mal plusieurs personnages, le souci ne vient pas forcément de moi.

Halle Berry dans Catwoman de Pitof

Leurs motivations sont pétées

Là, c’est surtout le cas de la promesse de l’ange où la psychologie du personnage est un peu… surréaliste, dirons nous. Pendant tout le roman, je secouais la tête dès qu’elle justifiait un acte en mode « non, meuf, tu n’as pas le droit de piller une tombe parce que tu as fait un rêve chelou quand tu avais 8 ans » (c’est le vrai pitch du roman). Son obsession la rend d’ailleurs absolument insupportable.

Avoir de l'empathie pour un personnage

Ils sont insupportables

Justement. Que ce soit Johanna, Lucy-Madeleine ou le Pilgrim, ce sont des gens que je n’aurais aucun plaisir à rencontrer dans la vraie vie. Johanna et Pilgrim sont très imbus d’eux-mêmes, Lucy-Madeleine est lourde… mais très en fait. Elle m’a fait penser à plusieurs reprises à la Mickey du roman horribilus… en mieux écrit néanmoins. Ouf.

Leila Bekhti dans jour polaire

Construire un personnage qui va plaire aux gens est un défi… colossal. Peut-être qu’il est même impossible de créer un personnage faisant l’unanimité, ça doit dépendre de notre sensibilité, je suppose…

Peut-on avoir de l'empathie pour Ted Mosby

Mais s’ils pouvaient arrêter d’être cons, ça me faciliterait l’empathie.

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Renoncer à l’humour oppressif n’est pas une régression

Un pas en avant, deux pas en arrière. C’est un peu comme ça que je vois la société française (et je parle de société française parce que c’est celle que je maîtrise le mieux mais en la matière, je me doute que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs) au sujet des oppressions des minorités. Alors que l’humour raciste, sexiste, homophobe… commençait à être remis en question, voilà qu’il revient à fond les ballons avec des chantres du “on peut rire de touuuuut” citant Desproges à tour de bras. Même qu’arrêter de rire des minorités, ce serait une régression…

Pierre Desproges et le cochon

Alors on va évacuer ce point Desproges* très vite : vous ne connaissez pas le sens de cette citation, arrêtez de l’utiliser. Sans parler du corollaire “non mais tu as vu son sketch sur l’antisémite ? Ca ne passerait plus aujourd’hui, ohlala.” Sauf que non. Parce que le sketch est sur l’antisémite et pas sur les juifs. Le but de Desproges n’est pas de dire des horreurs sur les Juifs mais de poser l’antisémite en crétin fini. La nuance est importante. Idem pour Coluche et la violence faite aux femmes : quand Coluche sort ce genre de vannes, il joue l’ultra beauf alcoolique que tout le monde méprise. Quand Tex sort une vanne sur les femmes battue en sachant en plus que c’était limite, c’est lui qui l’énonce, il ne joue aucun personnage. Vous voyez la nuance, un peu ? Si vous la voyez pas, c’est inquiétant.

Le bingo de l'humour oppressif

(c) Maelle Diction

Mais revenons en au point de départ : on ne peut plus rire de ce qu’on veut. Et… bien excusez-moi de le dire mais c’est un progrès, en fait. Faut vraiment être un gros con ne subissant pas la moindre oppression pour croire qu’on peut se torcher les pieds sur la gueule d’une minorité quelle qu’elle soit pour “faire rire”. L’humour est une arme, je l’ai dit je ne sais combien de fois mais je vais le répéter encore et encore. L’humour, perso, j’adore ça, hein… sauf quand il s’agit de perpétrer des clichés de merde. Surtout proférés en public. Si dans votre cercle privé, vous avez envie de faire des blagues racistes ou misogynes, faites. Soit vous les faites au 2nd degré et vos potes sont parfaitement au courant, soit vous les faites au 1er degré… et je vous juge. La situation est déjà plus gênante quand vous perpétuez ce discours en public laissant penser que c’est ok. Non. Rire des femmes battues, ce n’est pas dédramatiser le sujet (130 mortes en 2017 sous les coups de leurs compagnons, qu’est-ce qu’on se marre), c ‘est laisser penser que ce n’est pas si grave, au fond, de molester sa femme. Si toi, tu ne sais pas pourquoi tu la frappes, elle, elle sait *rire gras de connard*. Faire des blagues sur les Arabes qui volent ou les Noirs qui sont feignants, c’est perpétuer ce cliché. Imiter l’accent africain ou asiatique, déjà, c’est nier les disparités entre les différents peuples africains et asiatiques mais surtout, c’est les poser en personnes qu’on peut moquer, placer dans des stéréotypes… Et ce qui est drôle, c’est que ceux qui hurlent au “on peut rire de tout” sont les premiers à péter les plombs dès qu’on sort une généralité sur les hommes ou les Français… En gros, on peut rire de tout sauf de moi.

Homme énervé

Donc je trouve que c’est un progrès d’un peu plus respecter l’autre, de ne plus faire de blagues sur les blondes, les folles, les Arabes voleurs et les Noirs feignants ou les Asiats qui mangent plein de riz (je ne vois même pas ce qui est drôle, à y penser). Un vrai progrès et un défi : aujourd’hui, l’humour nous impose d’être intelligents et fins, de jouer sur d’autres ressorts que ceux tellement éculés que je m’étonne encore qu’on s’en resserve (Tex a quand même placé dans un sketch une blague qui devait exister bien avant ma naissance, comment pouvez-vous applaudir ce genre d’”humoristes”). Et il y en a pléthore. Regardez Raymond Devos, regardez les sketchs de nos humoristes français piqués aux stand upeurs américains. Vous voulez faire rire ? Et bien, faites rires de vous, pour commencer. Caricaturez le raciste (cf le Noir de Muriel Robin où le rire vient du malaise de la mère qui prétend ne pas avoir de soucis à ce que sa fille épouse un Noir mais qui s’en étouffe ou la Coiffeuse qui, sous prétexte d’être ouverte d’esprit, se prend un peu les pieds dans sa bien pensance sur les enfants adoptés ou son employé gay) et non le Noir. Caricaturez l’antisémite et non le Juif (cf Rabbi Jacob, arrêtez de ne pas comprendre ce film, tant qu’on y est) Caricaturez le beauf misogyne plutôt que de faire un sketch sur les salopes. Jouez sur les situations du quotidien, moquez vous de vous… Mais laissez tomber les brimades sur votre voisin qui s’en prend naturellement plein la gueule surtout que bon, reprendre de vieux clichés moisis ne vous donnera qu’une image de médiocre sans imagination.

Michel Leeb, humoriste raciste

Bref, non, ce n’était pas mieux avant, on a enfin l’occasion de faire reluire notre intelligence, faudrait être stupide pour refuser de relever le défi, non ?

 

* Et au passage, Desproges lui-même a regretté certains textes car ils faisaient rire des gens qu’il vomissait (cf le fameux « On peut rire de tout mais pas avec tout le monde » jeté à la figure de Le Pen) donc bon…

 

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Marine teste pour vous : le Golden Boy

Par Marine

Le Golden Boy marche au strass paillettes. Ceux de son monde. Comprendre anorexique/bien sapée/qui fait bien en public.
J’ai rencontré le Golden Boy en période faste, je venais de perdre 5 kgs.

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La mise en bouche
Tu rencontres le Golden Boy en soirée. Son domaine de chasse privilégié est le seven-to-one, mais il étend ses capacités à toutes les boîtes de nuit, ainsi qu’aux amies d’amis, lors des dîners.
J’ai rencontré le mien dans le dernier cas de figure. Comment attirer l’attention du Golden Boy? Sois mondaine, parle fort, mais ponctue tes phrases de légers gloussements pour ne pas faire trop rentre-dedans (après tout, c’est une fille qu’il recherche, pas un pote de bar pour la Coupe du Monde de rugby), circule entre les convives, virevolte, et dans un battement de cils, fais comprendre que tu es intéressée. Sans plus. Car le Golden Boy fonctionne au date. Il veut du rendement, mais si tout se joue le premier soir, c’est trop facile pour lui, le goût du défi n’y est
pas, l’envie est trop vite assouvie. Or toi, tu veux une histoire avec le Golden Boy (ou pas). Donc tu lui donnes ton numéro, tu attends qu’il te rappelle, tu le fais patienter : ça s’appelle se donner de la valeur ajoutée, c’est essentiel pour le Golden Boy. Chez lui, la maxime « A ne désire B que si B est désiré par C » n’a jamais été plus vraie. Le rendez-vous fixé, à toi de jouer. Des petites choses à savoir sur le Golden Boy, tout de même.

Les points positifs :
– il alimente seul la conversation, il a le contact facile, il te mettra à l’aise, te posera des questions, répondra aux tiennes, bref, en l’espace d’une heure, c’est la meilleure amie dont tu avais toujours rêvé, mais dans un corps d’homme, avec les hormones qui vont avec. Et, gros plus par rapport à la meilleure amie (nonobstant la masculinité), il ne t’abreuve pas de doutes existentiels, mais plutôt d’anecdotes marrantes. Le rêve.
– il roule en BMW (et même si tu sais que c’est mal d’être superficiel, tu ne peux pas t’empêcher de penser à Tom Cruise dans la Firme) (d’autant plus que mon Golden Boy n’était pas beaucoup plus grand et avait le même genre d’yeux)
– il est beau, il a le regard franc, il soigne son allure et dans le fond, tu es super fière d’être pendue au bras d’un mec aussi beau, aussi classe, aussi sexy… eeeeeh salope! t’arrêtes de mater le cul de mon homme, toi, oui???
– il est riche il T’INVITE, et non par machisme : c’est normal, s’il gagne plus que toi, que lui mette un peu plus la main au portefeuille
– il prend les devants, mène la danse, fait des compliments avec une grande spontanéité, veut t’offrir des cadeaux, ne voit que toi, te prend en photo sur son portable (oui bon, j’y peux rien,c’est le monde moderne)… en 4 mots, tu te sens belle. Tu es séduite. Tu aimes être séduite.

Les points négatifs :
– se méfier des contrefaçons : ça a l’air d’un Golden Boy, ça parle comme un Golden Boy, ça a 2 portables et un Blackberry comme un Golden Boy (c’est kéké comme un Golden Boy)… mais ça porte une chemise Yves Dorsey (vous savez le stand au milieu de la Gare Montparnasse, entre le métro et les Grandes Lignes?). Bon, n’est pas Patrick Bateman qui veut. L’intérêt, c’est qu’on a moins de chances de vous retrouver découpée en morceaux dans une benne à ordures. L’inconvénient, c’est que de la chemise Yves Dorsey au rencard à l’Indiana Café d’Opéra, il n’y a qu’un pas.
– Opéra, justement. L’ensemble du quartier. C’est celui qu’il préfère.
– il est consumériste. Parfois sans discernement (voir le premier point de cette rubrique). La culture? Pas le temps. La politique, la société? Ouais ouais… il regarde Zone Interdite et Capital, quoi…
– il cause il cause … c’est tout ce qu’il sait faire… quoique… passée la période d’essai, la conversation, essentiellement centrée autour de lui, tourne un peu à vide. Et les monts et les merveilles, tu les attends encore.
– il est bavard, certes… sauf au pieu. Et il est pressé. Pas de période de découverte. Pas de réflexion sur les attentes de sa partenaire. Il pourrait t’enculer à sec, ce serait aussi bien pour lui (si vous me permettez d’être vulgaire)
– il n’a pas le temps. Pour toi. Il te le fera comprendre au moment de la rupture, d’ailleurs. Entre son boulot, le judo, ses seven-to-one… Il n’a que les week-ends pour se détendre devant sa Wii en fumant des clopes et en bouffant des pizzas… Tu n’as pas ta place dans ce schéma.

Le SAV :
Il faut rester ami avec le Golden Boy, et ce pour 3 raisons
– il ne s’encombre pas de sentiments superflus, il te quitte, il te quitte. C’est simple et carré. Il te fera pas espérer si y a pas lieu. Un mec franc et sain (au moins dans la rupture). Ceci étant, tu pourras toujours l’exhiber comme un trophée (je sais c’est mal, mais quand-même)
– il se fait chier à sa pause déjeuner (voire pendant qu’il bosse). Par conséquent, il sera toujours d’une compagnie fort appréciable quand toi, tu es cloué au lit malade, et que personne n’est dispo sur MSN ou par téléphone.
– le Golden Boy, même après la rupture, saura rester un conseiller bancaire (et un traducteur bancaire) d’exception.

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Stop la clope !

En fait, j’aurais dû publier cet article hier pour être top dans l’actu mais j’y ai pas pensé en fait et puis c’est un blog, ici, pas Le Monde. Donc comme ma vie est chiante en ce moment et que j’ai strictement rien à raconter, je vais te parler de la fin de mon tabagisme, histoire d’être un exemple, que dis-je, un modèle pour ceux qui souhaitent arrêter. Oui, j’aime bien penser que j’ai une incidence sur la vie des gens, et alors ?

stop-clope

Y a-t-il un bon moment pour arrêter ? Non, en fait, si on veut vraiment pas arrêter, on aura toujours une bonne excuse. Donc moi, j’ai décidé d’arrêter le 18 décembre, point. Pourquoi le 18 ? Parce que c’était le jour où je rentrais chez mes parents, lieu où je ne fume pas. Donc ça nous fait déjà 15 jours sans clope, c’est un bon début non ? Le 18, donc, j’arrive sur le quai de la gare excédée par toutes mes loses (souviens-toi…), j’allume ma dernière clope et je l’écrase alors qu’il reste un bon quart à fumer car je veux pas rater le train. Et surtout, celle-là, je l’ai fumée symboliquement, the last one, alors que j’en avais même pas envie. Une fois dans le train, après m’être bien étalée pour faire fuir les gens qui sont censés être à côté de moi (déjà, j’ai le chat qui vomit, ça marche d’enfer, ça, mais ça pue), je sors mon paquet. Il reste cinq ou six clopes dedans. Hors de question de les garder : la tentation, c’est bien mais si on peut l’éviter, c’est mieux. Donc j’abandonne mes dernières clopes là, elles feront au moins un heureux, en espérant que ceux qui nettoient le TGV se rendent compte qu’il reste des clopes dedans. Sinon tant pis.

 

Psychologiquement, j’avais du mal à admettre le fait que j’étais désormais une non fumeuse et j’avais souvent envie d’en cramer une. Quand je discutais avec Anne chez elle (alors qu’elle ne fumait pas, en plus), quand je suis allée voir un gentil blogueur dans un café (pourquoi ils fument tous les gens !), pour le réveillon (alors que personne ne fumait)… Bref, si mon corps ne réclamait pas de nicotine, mon esprit, si. Quel connard, c’ui-là ! C’est vraiment un esprit de contradiction. Mais bon, le vrai défi, c’est quand je rentre sur Paris : j’ai la liberté de fumer, un tabac à 100 m de chez moi, des cafés où je traîne, tout ça, tout ça. Sans compter les sales histoires que je traverse, histoire de me tenter mais non, non, je ne craquerai pas.

A peine arrivée, j’installe un logiciel qui me permet de calculer depuis quand j’ai arrêté (en jours, heures, minutes), les sous que j’ai économisés et le nombre de jours de vie que j’ai gagnés. Par exemple, là, ça fera 46 jours à 14h02, j’ai économisé 165 euros (sa mèèèèèèèèèèèère !) et gagné 5 jours de vie. Je vais bientôt gagner une semaine ! Quoi que si j’agonise une semaine de plus à la fin de ma vie, je l’aurai un peu mauvaise d’avoir arrêté de fumer. Mine de rien, ces chiffres sont un peu ma bouée quand je suis en soirée avec des gens qui fument et que je suis tentée de leur en taxer. Parce que mine de rien, les habitudes ont la vie dure ! Je suis en soirée et là, quelqu’un se met à fumer et je me sens inactive, les mains vides… Alors qu’avec une clope, ma main, elle serait pas vide et pendant que l’autre me dit des choses, je recracherais ma fumée en attendant que ce soit mon tour de parler. Mais bordel, je vais pas céder au bout de 46 jours, c’est ridicule. Parce que si j’ai arrêté de fumer, la raison number 1, c’est de me prouver que je peux le faire. Et là, 46 jours, c’est pas assez. Non, je veux me prouver que je peux définitivement.

 

Car la moindre cigarette peut être fatale. Je l’ai entendu l’autre jour à la télé dans chais plus quelle émission sérieuse (ça m’apprendra à jamais faire gaffe à ce que je regarde). Ils expliquaient en gros que si le corps se débarrasse rapidement de la nicotine, le cerveau, lui, garde ses effets en mémoire. En gros, si je refume une seule clope, je peux retomber accro de suite. Et puis merde, le plus dur, c’est d’arrêter, ce serait con de reprendre. D’ailleurs, ça ne m’obsède plus tant que ça, j’avoue, j’y pense de moins en moins. Quand je suis dans un bar avec des fumeurs, oui, mais sinon… Même quand j’attends le train, j’y pense plus. Surtout quand je l’attends au terminus, qu’il est là et qu’il fait un froid de canard. Au moins, je peux me réfugier à l’intérieur de la rame alors qu’avant, je fumais et je pouvais pas. Et quel bonheur de me réveiller sans avoir la gorge archi sèche ! De ne plus avoir peur d’avoir une haleine de cendrier froid ! De plus avoir l’angoisse, le dimanche, de plus avoir de clopes et pas de tabacs ouverts à proximité (je vis vraiment dans une banlieue de merde !) ! De plus dépenser 20 euros de clopes par semaines (même si sur la fin, c’était 25/semaine, voire 30…) ! D’avoir les fringues qui sentent bon le propre quand je les mets et pas le tabac, vu qu’elles sèchent dans la cuisine qui est dans la même pièce que tout le reste de l’appart et où je fumais ! Quel bonheur de plus me demander si mon chat peut choper un cancer par tabagisme passif ! Surtout que sur ce point, personne n’a pu me dire s’il y avait un risque ou pas.

 

Bref, finalement, je vis mieux sans clope qu’avec ! Et en plus, j’ai un joli teint maintenant (enfin, je suis passée de gris cendre à blanc bidet mais c’est déjà mieux !)

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Débauche

Par Gauthier
DÉBAUCHE. n. f. Excès dans le boire et dans le manger, et quelquefois Habitude, goût de ce genre d’excès. Faire la débauche. Faire débauche. Aimer la débauche.
 
Il s’applique, dans un sens moins défavorable, à l’Action de se livrer un peu plus que de coutume aux plaisirs de la table. Nous avons fait hier une petite débauche. Ce sens est familier.
 
Il signifie aussi, d’une manière générale, Dérèglement des moeurs. C’est un homme qui a sombré dans la débauche, abruti par la débauche, perdu de débauches.
 
Dictionnaire de L’Académie française, 8th Edition (1932-5)
 
*Début de parenthèse*
Je trouve que les vieilles définitions, il n’y a rien de mieux pour bien prendre la mesure et la portée des mots que l’on emploie aujourd’hui, souvent à tort et à travers…
Pour le coup, je ne vous apprends rien, mais avouez que les académiciens, ils ont l’art et la manière quand même, ça en jette !
*Fin de parenthèse*
 
Pourquoi je commence l’article comme ça ? Pour vous annoncer le retour de Gauthier le débauché, le vrai, le seul, l’unique, celui que tout le monde aime.
 
Actuellement je suis dans une phase de transition, entre les années bénies de fac, et l’âge adulte. Adieu soirées apocalyptiques, adieu insouciance permanente, adieu alcoolisme chronique… Et je dois dire que plus j’y pense, plus ça me fait mal !!!! Alors quoi, parce que j’approche du quart de siècle et de la fin de mes études, je dois forcément devenir adulte ? Mais c’est marqué où cette connerie ? J’ai jamais rien signé d’abord…
 
Fort de cette constatation je m’en vais vous conter mes excès du précédent week-end. Oui quitte à entrer dans l’age adulte, autant le faire en beauté !!!!! Me voilà donc invité à une soirée tout ce qu’il y a de plus conventionnelle avec mes camarades de promo. Mais il y a dès le départ hippopotame sous cailloux. En effet la demoiselle qui nous reçoit si gentiment est en fait russe, et de surcroît sibérienne. Et qu’est ce qu’une russe de Sibérie fait mieux que quiconque sur cette planète (y compris moi mais avant cette soirée j’en doutais encore) : boire des litres et des litres de vodka importée !
 
Fort de mon alcoolisme latent, alimenté par des litres d’Absolut depuis ma plus tendre enfance, je me rends confiant à ce que je considère comme un petit défi personnel. Résultat des courses ? Je me rappelle plus trop de ma soirée. Je me suis laminé en profondeur, j’ai atteint des sommets (gouffres ?) que je ne soupçonnais pas pouvoir un jour toucher du doigt. Pour faire court : j’ai sorti des phrases dont seul moi ai le secret à des gens avec qui je le rappelle (toujours pour les deux du fond qui suivent pas) je suis en cours encore jusqu’au mois d’avril : « je t’adore, tu es formidable, tu es fantastique, c’est toi que j’aime le plus ici » *deux sec plus tard à quelqu’un d’autre* « je t’aime, tu es formidable, tu es fantastique, c’est toi que j’aime le plus ici » ; etc…
 
Bref je vous laisse imaginer l’épave… Mais je suis digne, et j’assume, et après avoir récolter quelques échos (oui j’ose retourner en cours la semaine qui suit et demander ce que j’ai fait de ma nuit), en fait tout le monde ne m’apprécie que bien plus… (je ne suis pas sûr que cette phrase soit en français correct). Comme quoi, comme dit l’adage : « Vodka connecting people »
 
Mais le mieux reste à venir, oui parce qu’une fois au fond, je continue à creuser. Donc me voilà effondré sur un canapé à la périphérie de Paris, il est 1h30 du matin, je suis morte poule comme jamais de ma vie, et la pièce se met à tourner à une vitesse folle autour de moi. Que faire ? Partir dans le centre pour aller en boite bien sûr ! (qui a dit va te coucher vieille outre pleine ? Attention j’ai les noms…). Donc je descends les deux étages et j’atterris en rouler-bouler sur l’avenue. Là déclenchement de l’opération « toi aussi trouve un taxi quand tu as 4 grammes 50 », je me concentre, je franchis un passage piéton, déjà 10 minutes se sont écoulées depuis que je suis sorti de l’immeuble, ça me semble de plus en plus dur mais j’y crois encore. Le prochain passage piéton je peux le faire en moins de 7 min, je me le promets (tu as déjà essayé de voir quand le feu est vert alors que tu dois fermer un œil pour vérifier que tu as encore tes deux bras ? Je te le dis, la mise au point prend du temps..). Mais comme dieu est un grand farceur, il me lance immédiatement un défi.
 
Défi de la mort qui tue : trois mecs du style « échappés du 9-3 en conditionnelle pour le viol de 45 lycéennes dans une cave » me croisent lors d’un de mes grand moment de solitude (j’essayais désespérément de m’allumer une clope alors que je n’avais plus aucune coordinations de mes mouvements). L’un deux, le plus mignon de surcroît, me dit :
         Eh, qu’est ce que tu as là ? (montrant l’extrémité de ma main gauche)
         C’est un appareil photo !
         Chouette, tu nous prends en photo ?
C’est quoi ce mec ? Là s’engage une discussion, il me présente ses potes, ils m’informent qu’ils vont dans un bar à hôtesse, et me demandent de les suivre « pour s’éclater entre mecs ». étant à 45 grammes je le rappelle, je leur dis fièrement « pour moi s’éclater entre mecs, c’est forcement sans filles, je suis gay ! ». Ni une ni deux je me prends en pleine face : « ouais c’est cool, viens avec nous y a des mecs aussi, tu vas t’amuser ». Mais pourquoi je ne suis pas encore mort ? On se posera la question plus tard…
 
Donc on papote, le petit mec mignon me drague ouvertement, devant ses potes, et ils me proposent de m’embarquer en caisse. Je ne les connais pas, je suis morte poule, je ne sais pas où je suis, je ne sais pas où ils vont, donc j’accepte. On traverse Paris à 160km/h. On boit, on papote, ils sont adorables, me posent plein de questions sur ma vie, moi j’en fais de même. On se gare. Je suis très fier de moi, je n’ai pas vomi dans la voiture (une trois portes et comme j’étais à l’arrière, ben j’avais pas le droit de vomir quoi !). Ils insistent pour que je vienne en boite avec eux, je refuse poliment et je leur laisse la carte de l’endroit où je vais au cas où ils veuillent me rejoindre. Je m’éloigne de la voiture et je remarque un détail troublant « putain, ils sont immatriculés 93 ! ». Je remonte une rue glauque, un mec m’apalgue :
         Eh mec, viens chez moi tu vas t’amuser !
         Non merci, je suis attendu (complètement faux mais bon il me faisait peur)
         Mais tu verras, il y a plein de filles super belles, tu vas t’amuser, je te le garantis !
         Je suis gay…
         Super, il y a des mecs aussi, tout aussi beaux, viens je t’ouvre la porte, tu vas pas regretter…
Mais qu’est ce que c’est que ce bordel (c’est le cas de le dire) ? Il y a des mecs dans les bars à hôtesses maintenant ? Promis dès que j’ai 500€ à cramer dans une soirée, je vais y faire un tour, l’idée me plaît. Je m’enfuis en lui rétorquant que je suis fauché…
 
Je ne sais pas du tout où je suis, je m’approche d’un taxi pour lui demander comment je me rends au Louvre de là, il me dit « je vous y emmène ! ». Je pensais pas être si loin que ça… Je monte, 1 min après il me débarque. « mais attendez, on était où là ? » « ben à Châtelet, 7,50€ svp » PARDON ????????????? L’encufoiré (© Muriel Robin), je le crois pas, je me promets de brûler deux ou trois taxi si je m’en rappelle encore le lendemain !
 
Me voilà donc en boite, enfin, il est quelque chose comme 2h du matin (enfin j’imagine puisque je suis incapable de lire l’heure…). Je m’approche du bar, commande un verre, le bois, et je m’effondre sur un tabouret, et me rends compte que je n’aurais pas dû prendre un verre. Les gens me parlent, je me rends compte de rien, très vague souvenir… Tout ce que je peux dire c’est que j’ai galoché des mecs, à mon avis au moins 5 ! Dont un que j’ai tenté de violer dans les toilettes (quand je bois je suis encore plus chaud que d’habitude) mais le pauvre il était dans le même état que moi et n’arrivait pas à bander. Moi frustré, moi en colère, moi vouloir homme qui bande. Je sors des chiottes en furie, et je me mets à hurler « mais pauvre con, tu bandes même pas, t’es une épave, et tu veux mon numéro de téléphone et me revoir ? Mais tu crois quoi, que j’ai du temps à perdre avec des vieux moches impuissants ? ». Oui quand je suis saoul, en général, je suis gentil, en général… Là je sais pas pourquoi mais je me suis transformé en putasse hystéro ! Bref normalement c’est là que tu te fais vider, et ben non !
 
Donc après ça, tout le monde a dû se dire « je vais pouvoir me faire sucer par l’épave là bas », l’épave étant moi pour ceux qui suivent toujours pas. Et donc je me suis retrouvé à me faire draguer par des bombes, et des moins bombes… Le fait est que je me souviens plus trop, sauf qu’à un moment je violais tranquillement un beau black contre un miroir sur la piste, et là un mec me tape sur l’épaule :
         Euh excuse moi de te déranger, mais après c’est à moi, ok ?
         Pardon mais de quoi tu parles ?
         Ben une fois que tu as fini avec lui, tu t’occupes de moi, d’accord ?
          …
N’ayant aucune dignité, je me suis gentiment exécuté une fois que mon beau black s’est éclipsé, non sans avoir précisé au préalable « attend moi au bar avec une vodka-get chouchou, j’en ai pas pour longtemps ». Vous avez dit pute ?
 
Voilà je pense que j’ai fait le tour, une dernière chose toute fois avant de vous laisser à vos tristes vies, en partant je demande au barman combien je lui dois, sachant que j’ai bu comme un enculé toute la nuit, et il me répond « 16€ ». Soit deux verres. L’histoire ne retiendra pas qui m’a offert les 10 autres, je n’ai même pas voulu le savoir…
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Les femmes préfèrent les connards

Qu’est-ce que c’est que cette  affirmation, encore ? Décidément, lecteur, je ne t’épargne aucun cliché. Et pourtant, c’est un fait : les femmes préfèrent les bad boys.

 

Trop bon, trop con ?
Lors de mon ancien stage, j’ai côtoyé un garçon charmant, Ludovic, qui figurait dans mes « targets ». Brun, mignon, un sourire à tomber, des fesses à croquer… A la fin de mon stage, il y a eu la finale de rugby et nous avons tous fait la fête jusqu’au bout de la nuit. Nuit blanche avec Ludovic, le lendemain, nous avons dormi ensemble durant un quart d’heure dans un bureau, c’est hautement romantique. Et alors que j’étais à côté de lui, que nous discutions, je me suis dit : il lui manque un truc. Je le trouve super mignon mais, au fond, je  ne suis pas attirée par lui.

Un mois plus tard, je déjeune avec une ancienne collègue de mon âge et nous voilà en train de discuter de Ludovic : il est mignon, attirant, sexy, mais… En fait, ce « mais », c’est qu’il est trop gentil, un comble ! Ma collègue sort d’une histoire compliquée avec un homme marié qui l’a quittée pour fréquenter une autre jeune femme. Mais elle ne vit et ne respire que pour lui, elle attend (à raison, apparemment) son retour. Ludovic est sur le carreau, il ne la fait pas vibrer. D’après ce que nous savons de la vie amoureuse du jeune homme, elle n’est pas brillante : il ne sortait qu’avec des filles qui ne lui plaisent pas plus que ça car celles qu’il convoite n’ont pas envie de lui. Il est trop gentil, trop lisse. Fin de la démonstration.

Si tu ne m’aimes pas, je t’aime
Les femmes préfèrent les connards, c’est un fait. Le font-elles exprès ? J’en doute. Si je regarde dans la liste de mes vingtenaires et que je vois les relations de Anne et son Tobias ou Victoire et son Fulbert, Linga et son ex, je me dis que nous avons un gène masochiste très prononcé. Je suis désolée, les filles, mais quand je vois comment ces hommes vous ont traitées, ça me gonfle. D’une part, nous sommes des princesses donc nous devons être considérées comme telles. D’autre part, pour ces sales types, votre ego est passé à la trappe et à l’arrivée, vous avez souffert plus qu’autre chose. Bien évidemment, je n’échappe pas à la règle. Jeune, je suis sortie avec un sale type trentenaire alors que je n’étais pas vingtenaire, une relation dominant/dominée très forte. Plus il me foutait plus bas que terre, plus je rampais à ses pieds. Gauthier m’a avoué récemment qu’il m’aurait volontiers giflée, à l’époque, pour que je me sorte de cette relation. Six ans plus tard, je me rends compte qu’il avait raison, je ne comprends pas comment j’ai pu me faire marcher sur les pieds comme ça.

Mais pourquoi préférer les bad boys aux gentils garçons ? Dans la série Lost, je bave devant le vilain Sawyer qui est terriblement sexy, Jack est trop lisse, toujours pareil…Et
apparemment, je ne suis pas la seule. Pendant son séjour, Clara et moi discutions sur un banc de ma ville à 22 heures en attendant que nos pizzas soient prêtes (elles m’ont rendue malade, d’ailleurs). Et voilà qu’elle considère sa propre vie amoureuse et soupire : pourquoi a-t-elle couru longtemps après son ex qui ne l’a jamais considérée avec les égards qu’elle mérite. Je me souviens en décembre, juste avant les vacances, nous avions passé un après-midi avec une camarade de promo et elle nous avait exposé ses problèmes de couple. Pour moi, il était clair qu’ils ne passeraient pas les vacances et j’ai eu raison. Je ne parlerai pas de leur couple en détail mais le coup de grâce fut un voyage professionnel de monsieur au Sénégal (je crois, je ne suis pas sûre du pays). Il part avec une collègue plutôt charmante et des amis et n’appelle quasiment pas Clara. Et, à son retour, il lui sort : « Je veux retourner au Sénégal avec X et Y pour les vacances ! » Et elle, elle pue le pâté ? Et pourtant, elle a cherché à le récupérer en avril et a lâché l’affaire il y a peu, définitivement dégoûtée de son attitude. Pareillement, nous avons discuté d’une de ses amies dont le cœur balance : d’un côté, son nouveau petit ami officiel qui la bombarde de textos d’amour, de coups de fil, qui veut la voir tout le temps. De l’autre un playboy dédaigneux qui aime s’entourer de jolies filles mais qu’elle avait repéré avant. Normalement, la raison devrait la conduire à choisir le premier…mais non !

Un de mes charmants lecteurs (il se reconnaîtra) m’a raconté par mail quelques anecdotes amoureuses dont une qui illustre ce que je raconte : il sort en boîte avec, entre autres, un de ses amis et une nana. A l’entrée de la boîte, la joyeuse troupe croise deux demoiselles qui s’apprêtent à partir car il n’y a personne mais nos gentils garçons les convainquent de rester : pourquoi partir puisqu’ils sont là ? Bref, durant la soirée, un des garçons mélange copieusement sa langue avec la fille avec qui il est arrivé (mais qui n’était pas sa copine), celle-ci étant morte saoule puis il est allé rejoindre les deux filles croisées à l’entrée et il a soutiré le numéro de la plus jolie avec qui il est sorti deux jours plus tard.

Le connard a tout compris
Mais pourquoi on préfère les connards ? J’ai une théorie à ce sujet. C’est parce que sortir avec un connard, c’est un sacré défi. Partons du constat, indéniable, qu’on veut toujours ce qu’on ne
peut avoir. Sortir avec un garçon sympa, c’est être sûre d’avoir de suite un prince charmant serviable et dévoué à notre personne. C’est bien mais pas drôle, il est où, le défi ? Je pense qu’inconsciemment, on recherche le bad boy qu’on va tenter de transformer en parfait lover. Comme ça, on pourra se vanter : « tu vois, lui, avant de sortir avec moi, c’était un parfait connard. Maintenant, il file droit ». Quelque part, il y a la satisfaction du travail bien fait, le plaisir d’avoir fait du lion sauvage un chaton câlin…  Déjà, le connard ne se traîne pas à nos pieds, à nous de le conquérir. Voici un premier défi de taille. Le connard aime les femmes et laisse son regard glisser sur les fessiers et seins à portée de vue. Ça nous exaspère mais, en même temps, si on parvient à devenir l’unique objet de son attention, quelle gloire ! Le connard n’a pas besoin de nous susurrer de beaux mots d’amour, il a d’autres moyens pour nous rendre folle de lui. Le connard a compris quelque chose, le fameux adage : « je te fuis, tu me suis ». Le connard a compris qu’une femme est jalouse et les mettre en concurrence.

Une fois à la colle avec le connard, on fait tout pour rester avec lui et, s’il file, pour le récupérer. Pourquoi ? Je me base sur ma propre expérience avec mon connard cité
précédemment. Je me considère comme quelqu’un ayant un sacré caractère et une assez haute opinion d’elle-même et, pourtant, je me suis laissée rabaisser sans rien dire et j’ai tout fait pour le garder. Mais là, je sais pourquoi. Une nuit, après de multiples brouettes, nous discutions tranquillement et il m’expliquait qu’il ne se souvenait pas de toutes ses partenaires sexuelles, il en avait trop eu… Et là, je me suis dit que je ne voulais pas être oubliée par lui, d’autant qu’il était le premier à visiter mon intimité. Donc pendant deux mois, malgré la distance, je me suis escrimée pour pas le perdre. Tout ça pour rien, à l’arrivée.

Ça ne m’a pas trop servi de leçon, finalement. Sans aller jusqu’à dire que je ne sors qu’avec des connards (ce qui serait logique, vu qu’ils m’attirent), j’ai besoin d’un mec qui a
du caractère pour m’attirer, quelqu’un capable de dire merde… Mais pas à tort et à travers non plus. Quelqu’un capable de parler sexe crûment et de jouer les misogynes gentiment, tant qu’il ne
l’est pas vraiment (à choisir, je préfère un gars qui fait des blagues machos qu’un gars qui regarde le foot avec sa bière pendant que je me tape la vaisselle parce que ma place est à la
cuisine…).

Les garces ont tout compris aussi ?
A l’inverse, les hommes préfèrent-ils les garces ? Au vu de mon expérience, malgré mon jeune âge, j’ai tendance à penser que oui. En effet, quand j’étais une gentille jeune fille, peu de garçons s’intéressaient à moi (enfin, si, les gentils). Depuis que j’ai une réputation plus sulfureuse, le nombre de mes prétendants s’est multiplié de façon exponentielle. Après, je reste une gentille fille, je ne suis pas désagréable gratuitement ni dédaigneuse mais mon côté brouette girl les attire… Sans doute plus grâce à la perspective d’une folle nuit en ma compagnie que grâce à ma merveilleuse conversation… Ceci étant, je sais que mon côté peste plaît beaucoup, plus que mon romantisme (s’il m’en reste encore). Après, je me demande si un homme épousera plus facilement la parfaite ménagère ou une maîtresse limite SM…

Alors, les gentils garçons n’ont donc aucune chance ? N’exagérons rien ! Les gentils garçons ont tous une mauvaise conscience, un côté un peu insupportable ! Et parfois, ils font
les connards sans le faire exprès, comme quand ils ne se rendent pas compte que nous sommes folles d’eux et qu’il ne nous rendent pas les regards langoureux que nous leur lançons. Messieurs, montrez-vous un peu peste (sans abuser, nous ne sommes pas de vulgaires paillassons) : on a beau dire, on adore ça.

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