L’empathie est morte

Alors que la Start Up Nation démarre sous les chapeaux de roue, grignotant pépouse des acquis sociaux chaque jour un peu plus, les plus aisés commencent gentiment à faire la morale aux plus pauvres : 5€ d’APL en moins ? Respire Bobby, 5 €, c’est rien de rien, un peu d’effort collectif, que diable. Sauf que 5 € pour ceux qui ont si peu, c’est énorme… et c’est là que je me pose la question : est-ce que l’ empathie est morte ?

Menue monnaie, empathie pour les démunis

J’aurais pu vous parler des migrants, sans doute aurait-ce été plus facile, vous demander quelle société empêche des gens qui fuient la guerre de boire à leur soif en pleine canicule ? Dans quelle société les ramasse-t-on tous les trois matins pour les déplacer de centre en centre, rognant chaque jour un peu plus leurs droits élémentaires. Et je ne parle pas ici que des autorités, ne nous lavons pas les mains de ça. Quand je lis les commentaires des articles concernant les Migrants, j’ai la nausée. Et la colère. Merde, qu’est-ce qui nous rend aussi insensibles, au point de rire sans gêne de la mort d’un être humain juste parce qu’il n’a pas la bonne nationalité ? Ni la bonne fortune ?

Emmanuel Macron fait une blague immonde sur les Kwassa Kwassa

En même temps, quand le premier d’entre nous se permet de rire de ça, comment éduquer les gens là-dessus ?

Pourtant, je fais erreur. Ce n’est pas que l’empathie est morte, c’est surtout qu’elle n’a jamais existé. Enfin, pas de ce que j’en sais, en tout cas. Evidemment, je n’ai que les romans et cours d’histoire pour me référer à un temps que les moins de 37 ans ne peuvent pas connaître mais la charité et la solidarité ont toujours été une question compliquée. On se serre les coudes entre semblables et on rejette ceux qui semblent directement nous menacer. Jusque là, pourquoi pas. Je pense qu’en terme de solidarité, il nous est à tous plus facile et plus naturel pour aider quelqu’un que l’on connaît ne serait-ce qu’un peu. Rien qu’à mon minuscule niveau, je donne plus facilement la pièce à la dame au chat gris du RER que je croisais tous les jours à une époque (elle a réapparu vendredi, je vous cache pas que je commençait à m’inquiéter) qu’une personne que je n’aurais pas identifié auparavant. Il y a parfois des élans de solidarité instantanés face à de terribles catastrophes comme le tsunami de 2004 ou le séisme à Haïti. J’aurais pu penser que c’était parce que les gens étaient touchés par la détresse des enfants mais le cas des Migrants a bien démontré que ça ne marchait plus. Alors quoi ? Sans doute le caractère exceptionnel. Et encore, je pense qu’il y a aussi une forte part de « s’acheter une bonne conscience », littéralement. 

Tsunami 2004

Alors quoi ? La peur de l’autre ? Ca marche pas mal, surtout pour les Migrants, mais pour les plus défavorisés ? On peut éventuellement avoir peur de se retrouver avec un faible revenu mais ensuite ? Oui, ok, l’histoire nous a démontré que le peuple pauvre pouvait renverser des Rois et des Tsars mais dans le cas qui nous intéresse, ce n’est pas tellement ça. En vrai, je crois que ce qui agace, c’est l’injustice. Plutôt fantasmée pour le coup mais ceux qui ont tout ont du mal à admettre qu’ils doivent donner un petit peu à ceux qui n’ont rien. Parce que eux, ils ont “mérité” leur argent. Peu importe que leur fortune vienne d’un héritage, d’un salaire indécent car la personne a pu fréquenter de grandes écoles grâce à la magie de la reproduction sociale, de l’exploitation de stagiaires jusqu’à revendre à prix d’or sa start up (même si très peu perdurent)… Certains méritent leur patrimoine, je ne dis pas, mais ceux qui ne parviennent pas à boucler les fins de mois ne sont pas nécessairement imméritants, pour le coup. “Ah mais ils achètent des cigarettes et des écrans plats”. C’est à dire qu’à un moment, la vie n’est pas faite que pour travailler et payer ses factures, hein… Bref, pour moi, 5 €, c’est pas beaucoup, même pas un paquet de clopes, une dizaine de cafés à la cafèt’ du bureau, un quart de cours de yoga… Mais quand chaque centime compte, ça fait une réelle différence et je ne suis pas sûre d’avoir envie de vivre dans une société où on hausse l’épaule quand on grignote toujours plus la part de solidarité vers ceux qui n’ont déjà rien tout en leur faisant la morale. Et si on faisait preuve d’empathie au lieu de donner des leçons de vie à ces gens dont on ne sait rien ?

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Politiques, je vous hais

C’est la rentrée ! Je vous parlerais bien des cartables neufs, des gommes flambant neufs et de l’odeur de l’encre sur les pages encore blanches d’un nouveau cahier mais cette année, j’ai grave le seum. Parce que cette rentrée lance le bal des what milliards de candidats aux primaires et que ça me fait réaliser à quel point je hais la politique. Enfin, je hais les politiques.

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J’ai une vision idéaliste de la société : l’idée que les plus forts donnent la main aux plus faibles pour pour un vivre ensemble harmonieux, dans la joie et la bonne humeur. Mon projet sociétal idéal se repose avant tout sur la solidarité car si, sur le papier, chaque individu naît libre et égal en droit à son voisin, rien n’est plus faux. Si j’en suis là où j’en suis dans ma vie, on va dire que c’est un quart grâce à mes capacités intellectuelles, un quart grâce à ma culture due à ma curiosité insatiable, un quart grâce aux hasards bien faits de la vie… Et un quart grâce à mes origines démo-socio. Oui, le fait que mon père soit médecin spécialiste m’a permis de faire des études sans coupler mes cours à un job alimentaire, mes jobs étudiants me servant à me constituer un petit pécule, ça m’a aussi permis de « monter à Paris » tenter l’aventure professionnelle et embrasser la carrière de webmarketeuse pour laquelle je ne me destinais pas du tout. Bref, si je veux bien croire que mon intelligence et mon grand sens de l’adaptabilité me permet de mener une carrière atypique mais qui va dans le bon sens (je mets actuellement un orteil dans le monde de la data), les sous de mon papa ont quand même bien aidé. Donc ce serait sympa d’imaginer que Jonas ou Sandra, tout aussi capables mais nés du mauvais côté de la barrière sociale, aient la possibilité de tenter leur chance pour devenir un jour des super community managers, data analystes ou physiciens brillants. Ou ce qu’ils veulent.

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J’aimerais qu’on se donne tous la main. Pour les jeunes pousses comme Jonas et Sandra mais aussi pour ceux qui ont vu leur vie brisée suite à un accident, la maladie d’un proche, la perte d’un emploi. A ceux qui échouent dans notre pays après avoir traversé la mer pour fuir la guerre et espéraient des jours meilleurs… Bref, je pourrais vous dresser une liste infinie de cas de gens peu chanceux résidant en France et que j’aimerais que l’on aide grâce à ce formidable projet de société qu’on appelle la solidarité (le truc qu’on a dans notre devise, là, tu sais…). Et là, je ne te parle que de la partie sociale du truc, j’en ai gros sur l’écologie, aussi, sur l’éducation, sur l’économie, le multiculturalisme… Dimanche dernier, en attendant le train sur un quai de gare de ma ville natale adorée (moment toujours propice aux pensées vu que t’as que ça à faire), ça m’a frappée : oui, je m’intéresse aux questions de société mais putain, qu’est-ce que je déteste la politique et surtout ces connards (et connasses mais y en a de suite beaucoup moins, parité, éternel mensonge) qui prétendent agir au nom du bien commun. Sérieusement, ça devient plus facile de compter les politiques qui n’ont pas de casserole au cul que ceux impliqués de près ou de loin dans des « affaires », comme on dit. Ah ça, on aime bien rigoler en montrer du doigt tonton Berlusconi (quoi que depuis Sarko et DSK, beaucoup moins…) mais on devrait commencer par balayer devant notre porte. J’en ai marre de tous ces êtres pansus et vieillissants nous expliquant qu’il faut se serrer la ceinture pour relancer l’économie, qu’il faut sacrifier nos droits, nos rêves, parce que y a pas le choix. C’est vrai que quand on voit les résultats de l’austérité, on se dit… Que c’est une voie de merde. Sans parler des injonctions contradictoires à base « faut consommer mais économisez pour votre retraite et serrez la ceinture », c’est pire qu’un magazine féminin, pour dire ! Bref, entre les petits arrangements et les plus gros, les polémiques gênantes et humiliantes, les mecs en qui t’as envie de croire un peu qui te plantent une épée dans le dos, je suis à CA de rendre ma carte d’électrice tellement je suis écœurée et désabusée.

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En vrai, je peux pas la déchirer car je l’ai perdue en 2012… La vie m’envoyait pourtant un signe clair à l’époque

Ca fait quelques années que je répète qu’à mon sens, le vrai changement, ça se passe au niveau des associations, ce sont elles qui sont les plus à même de faire bouger les choses à leur micro niveau. Alors oui, je sais, elles ne sont pas toutes clean non plus, y a toujours moyen qu’un individu peu scrupuleux aille un peu taper dans la caisse mais globalement, pour régler le problème d’Ulysse ou Jasmine, elles seront souvent plus efficaces que ces fats politiques et leurs discours creux. Et on peut dépasser le cadre du cas particulier : je pense que les associations de consommateurs ont fait bien plus que n’importe quel gouvernement pour défendre nos menues économies.

Supermarket Shopper

Donc je hais les politiques, j’en ai déjà marre de la prochaine campagne présidentielle, j’ai déjà acquis la certitude que je voterai blanc au second tour quel que soient les candidats (c’est bon, j’ai bien retenu l’arnaque de 2002) et je doute de mettre un bulletin dans l’enveloppe pour le 1er… Essentiellement parce que je ne les crois plus. Oui, la 6e république de Mélenchon me fait de l’œil, oui, j’ai la fibre écolo et énormément de sympathie pour Duflot mais… Entre les pétages de plomb réguliers de Mélenchon et les volte-faces opportunistes des ténors de EELV, comment tu veux que j’ai confiance ?

Image d'illustration du documentaire J'ai pas voté, clic si vous souhaitez regarder

Image d’illustration du documentaire J’ai pas voté, clic si vous souhaitez regarder

Le souci, c’est que je m’intéresse aux sujets sociétaux. Que je m’inquiète du devenir de la France, que l’injustice qui s’étale au quotidien en une des journaux me donne la nausée. Mais je fais quoi ? Je ferme tous les journaux, j’abandonne Twitter ou je ne suis plus que des comptes qui mettent des gifs de chats ou de loutres ? N’est-ce pas lâcheté de s’en laver les mains ? Après tout, pour moi, tout ne va pas si mal : j’ai un pouvoir d’achat pas dégueulasse, un boulot qui ne menace pas de me filer entre les doigts demain et de toute façon, dans moins de deux mois, je serai solidaire avec mon Victor. Puis y a mes parents. Moi, je ne risque pas grand chose. Mais je ne peux pas laisser tomber. Parce que cette société solidaire, j’y crois.

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Faut juste que je trouve comment la défendre en laissant les politicards dans leur cirque.

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J’ai testé pour vous l’Oculus Rift… y a deux ans

 

Parce que je suis la reine pour vous raconter ma vie en direct live (tiens, j’ai pas fini le Canada, d’ailleurs. Je crois que je vais vous épargner le récit de mon week-end à Londres), je voulais vous parler d’une expérience que j’ai faite… y a deux ans : j’ai testé l’Oculus Rift. Et réalisé au passage le rêve de mon moi ado.

J'ai testé l'oculus rift

Quelque part dans le passé, j’ai 11 ou 12  ans, je me livre un samedi à mon activité préférée : végéter sur le lit parental, une télécommande à la main et je zappe. Oui, le début de mon adolescence fut assez ingrat, on va pas se mentir. Je tombe sur une émission de Canal+ qui s’appelle l’Oeil du Cyclone qui était, je cite Wikipedia, dédiée aux arts alternatifs. Ce qui explique sans doute pourquoi j’en ai un souvenir un peu étrange… Bref, un jour, un épisode est consacré à la réalité virtuelle et OH MON DIEU, je veux ces trucs là. Alors pour rappel, pour ceux qui tomberaient sur ce blog pour la première fois, je suis née en 80 donc cette émission, je l’ai matée en 1991 ou 92. Je reste bouche bée devant ces casques que tu enfiles et qui te permettent de tout faire. Bon, j’avais un peu trop laissé mon imagination gambader, je croyais que ces casques projetaient en 3D ce que tu étais en train de penser et que, donc, tu pouvais naviguer dans les décors que tu créais toi même juste par la pensée… Ce serait géant… mais très flippant.

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Donc depuis 91-92, j’attends. Je lisais avec avidité les reportages de VSD et compagnie (la référence) annonçant que notre bon vieil écran cathodique aurait disparu de nos foyers en 2000, au profil des fameux casques de réalité virtuelle. Alors oui pour les écrans cathodiques mais non pour les casques de réalité virtuelle. Alors, j’attends, j’attends puis un jour, je reçois un mail dans ma boîte pro “venez tester l’Oculus Rift à la cafète”. Et j’ai testé la montagne russe. Donc ça a donné des “aaaaaaaaaah putain” et le mec qui finit par se mettre derrière moi parce que je bouge beaucoup trop pour ma propre sécurité. Au bout de 2 mn, je suis extatique et légèrement nauséeuse, aussi. Récemment, j’ai aussi eu l’occasion de tester le Samsung VR, les mecs avaient compris que j’avais pas lancé la vidéo qu’on m’avait proposée mais un jeu au vu de mes gestes.

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Alors est-ce que c’est à la hauteur de ce que j’attendais. Alors évidemment, j’ai compris depuis bien longtemps que le casque VR ne lit pas dans mon esprit pour projeter les images que j’imagine mais j’avoue que ça reste bluffant. T’as beau être face à de l’imagerie 3D (et on sait que j’aime pas trop ça), tu es vite immergé dans l’univers qu’on te propose, tu esquives des images en polygone qui te foncent dessus, tu n’entends plus ce qui se dit autour de toi, tu découvres un nouvel univers… Alors oui je suis enthousiaste, surtout que je peux utiliser l’Oculus Rift ou le Samsung VR avec mes lunettes mais…

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Il reste quand même un gros point négatif. Oh je ne parle pas de vos camarades qui vous font des blagounettes pendant que vous jouez parce que pour certains, j’ai envie de dire… ben choisissez mieux vos amis…

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Non, je parle de la nausée. Ben oui, ça tourne, ça vire et ton cerveau commence à perdre un peu les pédales et donc… ben tu finis par avoir la gerbe au bord des lèvres. Donc oui, la VR, c’est génial et si j’avais pas prévu de a/déménager, b/ faire des voyages, c/me racheter un pc portable à l’occase et d/aller au Japon en 2017, je me serais précipitée sur l’Oculus Rift mais pour le moment, on va attendre…

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A moins qu’en tant que super professionnelle des réseaux sociaux, Facebook m’offre un casque… Non ? Et bah tu peux attendre pour que j’utilise la réalité virtuelle sur mes pages de marque, Mark !

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Où je ne suis plus dupe – manipulation médiatique

(Cet article ne devrait pas parler des élections régionales, j’ai rien de plus à en dire…je crois. Quoi que j’ai un peu envie de vous faire un plaidoyer sur le vote à la proportionnelle)

L’autre jour, je vous parlais de ma consommation de magazines et de mon arrêt total de la presse féminine parce que “je les vois, vos grosses ficelles, j’aime pas trop trop être prise pour un lapereau”. Même si c’est mignon dans l’absolu, un lapereau.

C'est tellement adorable hiiiiii

C’est tellement adorable hiiiiii

Curieusement, ma conscience féministe accrue ces dernières années m’a permis de détecter toutes les injonctions de la presse féminine (maltraite ton corps, refuse ton âge, mincis, tu ne vaux rien sans homme, achète, achète, achète)  et montrer les dents dès que j’en repère une. Par exemple, je dois l’avouer, je lis Voici quand je redescends chez mes parents. C’est curieux car je ne supporte plus ce magazine de par ses remarques grossophobes et viellophobes systématiques mais je sais pas, j’ai envie de me confronter à ça. Si Closer est un peu plus soft sur la grossophobie (un peu, ils se font plaisir sur Mariah Carey, toujours elle), eux, ils sont plus dans la glorification du couple (et de l’hétérosexualité). Du coup, je m’énerve, j’ai envie d’insulter tout ce petit monde sur Twitter. Oui, devenir féministe m’a rendu la lecture des féminins impossible, à moins de vouloir dénoncer (je veux bien mais je manque de temps pour faire un vrai travail de fond, hélas).

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Sauf que ce petit “talent” à détecter les injonctions s’étend à l’actualité en général et je vois les grossières petites manipulations médiatiques et je deviens folle furieuse lorsque je vois l’ensemble de mes communautés plonger dedans tête la première. En ce moment, forcément, c’est festival : entre les attentats, la COP21 et les régionales, on parle à votre coeur en oubliant volontairement votre tête et toute cette manipulation me donne la nausée.

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Je passerai sur les régionales, je pense que pour le coup, la mascarade est assez mal passée et le vote “barrage” a été mal digéré par pas mal d’entre nous. Mais quand même, je ne peux m’empêcher de faire claquer ma langue d’agacement quand je lis qu’on est en pleine crise politique, que le FN va passer, qu’on va tous mourir… Alors que ce discours est tenu depuis au moins 2002 et que déjà, en 98, le FN avait foutu le bordel dans les élections régionales mais à chaque fois, c’est la même histoire : on crie, on s’inquiète, on supplie… En fait, l’entre deux tours devient de plus en plus l’équivalent des 7 étapes du deuil : le choc “oh mon Dieu, on vit dans un pays de fachos”, le déni “non mais en fait, on croit juste ça parce que les gens se sont abstenus mais ils n’ont pas eu tant de voix que ça”, la colère et le marchandage : “Non mais tout ça, c’est la faute de ces connards d’abstentionnistes ! Bon allez, entre le FN et l’UMPS, le choix est facile, quand même, non ?”, la tristesse “j’ai mal à ma France”, la résignation “je vais devoir voter Wauquiez/Estrosi mais c’est pour la bonne cause”, l’acceptation “ok, on a un conseil régional pas ouf mais le FN a perdu alors c’est pas si mal” puis la reconstruction “allez, on va se battre pour pas que ça se reproduise en 2017!”. Oui alors là dessus, sans vouloir spoiler, je suis à peu près persuadée qu’on aura le même cirque dans 1 an et demi. Bref, en 17 ans, rien de neuf mais on a toujours droit à la même rhétorique : tu votes anti FN ou tu es un mauvais citoyen, comment a-t-on pu en arriver là et tutti quanti. On distribue les responsabilités en faisant bien attention à ne pas prendre sa part. Et c’est ainsi qu’on a facilement accusé les abstentionnistes, oubliant qu’en 2010 (la vague rose), le FN n’a pas tant fait chier alors que l’abstention était supérieure à celle de cette année (53.64% vs 50.09% au 1er tour). Surtout qu’au 2e tour cette année, le FN a fait plus de voix au 2nd tour qu’au premier alors qu’il y avait moins d’abstention. Du coup, ça veut dire qu’il y a des abstentionnistes frontistes, en fait ? Et sinon, taper sur les médias ou les politiques eux-mêmes ? Naaaaaaan, pensez donc.

Par contre, je trouve que Marine Le Pen peut avoir son utilité dans la lutte anti tabac...

Par contre, je trouve que Marine Le Pen peut avoir son utilité dans la lutte anti tabac…

Mais surtout, il y a eu la COP21 et la fameuse manifestation du dimanche 29 novembre, celle où j’ai eu envie de distribuer pas mal de claques. Reprenons : une manifestation interdite suite à l’état d’Urgence (je vais même pas commenter ce point, je deviendrais vraiment très vulgaire) même si la chaîne humaine avait bien été autorisée finalement. Pour être bien claire : je ne suis pas allée à cette manif car Victor ne voulait pas que je me mette en danger (il m’a amenée à une manif antifa juste pour vous situer que c’est pas un trouillard non plus) et que nous avions un rendez-vous en fin d’après-midi. On suit donc un peu les événements sur Twitter, on voit que ça commence à dégénérer dans la plus grande indifférence de ma timeline, à 3 ou 4 exceptions près. On annonce que ça commence à gazer, que des gens essaient de fuir la place mais se retrouvent bloqués par les CRS. Toujours grande indifférence de ma timeline, ça doit pas trop les déranger qu’on bouscule des hippies qui auraient dû rentrer chez eux, je suppose. Sauf qu’à un moment, l’info fuse : des manifestants auraient pris des bougies du Mémorial pour les jeter sur les CRS. Et là, ma timeline bien passive se met à s’énerver, à traiter les manifestants de tous les noms. Mon Dieu, vous êtes vraiment tous en train de tomber dans ce grossier piège ? Les ficelles sont aussi grosses qu’un tronc de séquoia !

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Alors pour être tout à fait honnête, ce Mémorial ne m’évoque pas grand chose. Je suis pas quelqu’un attachée à ce genre de symboles : je comprends que certains le soient mais de là à cracher à la gueule de toute une foule qui se retrouvait prisonnière de la place à ce moment là, faudrait voir à réfléchir avant de condamner comme de dociles moutons. Ok, s’attaquer au Mémorial était une bien mauvaise idée mais je vous ai pas entendus gueuler quand des gens ont piétiné ledit Mémorial dès le dimanche après les attentats quand ils ont cru être attaqués ou quand les flics l’ont ruiné alors qu’ils étaient en train de “maîtriser” des manifestants. Juste pour info : sur les 317 gardes à vues suite à cette manif, seules 2 ont abouti sur une mise en examen… sans rapport aucun avec le Mémorial ou les Blacks Blocs. Mais vous avez marché dans l’histoire parce qu’elle repose sur les mêmes mécanismes que les fables qu’on nous sort depuis janvier : l’émotion. Je suis choquée de voir que vous êtes plus préoccupés par les atteinte à un symbole qu’à celles à la démocratie. Oui parce que gazer et retenir des manifestants pacifistes (les black blocs n’ont pas agi avant les premiers gazages), j’appelle pas ça de la démocratie, perso… 

Photo d'Irina Kalashnikova pour Sputnik que j'aime vraiment beaucoup (la photo, pas Sputnik)

Photo d’Irina Kalashnikova pour Sputnik que j’aime vraiment beaucoup (la photo, pas Sputnik)

Vous me croyez pas ? Alors demain (si j’ai le temps, pas garanti), je vous expliquerai que le dénigrement des manifestants de la COP21 est identique au dénigrement des féministes.

 

Et pour se cultiver un peu plus sur le sujet, une vidéo au poil d’Osons Causer (une chaîne à regarder de près)

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La prochaine fois, je vote à droite

(Spoiler : article qui va puer le cynisme et la désillusion)

J’y ai cru. Naïvement, certes mais j’y ai cru. En 2012, j’étais enfin heureuse d’être débarrassée de l’Affreux qui nous prenait pour des cons et nous divisait, j’ai cru qu’enfin, enfin, les choses allaient changer. Près de 3 ans plus tard, il est vrai qu’on a le Président le plus normal du monde, avec les mêmes soucis conjugaux que plein de Français, et le mariage et l’adoption pour tous. Mais putain à quel prix les a-t-on obtenus ? C’est précisément là où je veux en venir.

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Je ne m’attarderai pas à commenter la politique “socialiste” de notre gouvernement, tout mon mépris et ma déception sont contenus dans mes guillemets. A un moment, je ne comprends pas bien qu’un parti qui se base quand même pas mal sur les notions de solidarité et d’entraide peut à ce point chercher à tous nous diviser en désignant tous les jours de nouveaux boucs émissaires pour expliquer les différentes crises (économiques, sociétales, sécuritaires…). Alors, moi, je veux bien que ce soit la faute des Roms, profs, retraités, jeunes, classe moyenne, resquilleurs du Pôle Emploi ou qui tu veux mais… c’était déjà les mêmes sous la droite, ce sont toujours les mêmes qu’on dénonce et on est toujours dans la même merde. Y a pas un léger souci quelque part ? Oui, non, ta gueule tu comprends pas ? Bref, changement de parti mais same old shit.

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Le problème, c’est que notre gouvernement de gauche a beau avoir peu ou prou le même agenda et les mêmes bêtes noires que ses prédécesseurs (au fait, est-ce qu’on peut arrêter de dire qu’on va revenir sur les 35h ? Ca fait 15 ans qu’elles sont installées dont 12 avec un gouvernement de droite et personne n’a rien fait donc faut arrêter de nous dire qu’on va les abroger, hein…), une opposition se lève, la voix de la rue, et je la trouve particulièrement hideuse. Effrayés par l’incroyable loi permettant aux pédés de se marier et même d’avoir des enfants, le tout ficelé par une femme qui est noire, en plus, les opposants à cette intolérable égalité des droits ont décide de prendre la parole… et ne la lâchent plus. Alors dans l’absolu, il est sain que toutes les opinions aient leur espace de parole dans  notre société mais dans les faits, j’en peux plus, j’en ai marre. Parce que ce qui m’agaçait franchement sous la droite (les commentaires racistes) sont devenus encore plus fréquents depuis que la gauche est au pouvoir en y rajoutant une bonne lichette d’homophobie et de grands relents de “ah, les heures sombres de notre histoire”. On a quand même des gens qui ne cessent de parler de dictature socialiste alors que si je m’en réfère à la dernière élection de leurs leaders (100% de voix pour Marine ou un vote interne UMP qui sent la merde et l’embrouille à 3 km à la ronde), pardon mais vos gueules…

Cette image traduit à elle seule la folie de ces personnes...

Cette image traduit à elle seule la folie de ces personnes…

 

Je ne comprends pas qu’aujourd’hui, des gens pensent que ne pas être d’accord avec le parti en place les autorise à mal parler des bougnoules, des négros, des pédés et des gouines. Je ne comprends pas qu’une loi qui se contente de donner une égalité suscite autant de haine. Je ne comprends pas qu’on en vienne à revenir sur des droits fondamentaux (IVG) pour “faire l’opposition”. J’en peux plus des cons, ça me fait mal, mal à ma France de lire tant de haine au quotidien et voir la vague bleu marine se former au loin. Bien sûr que la vie tous ensemble, c’est compliqué et qu’aucun pays n’y arrive parfaitement, il y a toujours des tensions mais merde, quand même… Ca fait un an et demi que la loi est votée et on continue à recevoir des tombereaux de haine de la part de ceux qui voient leurs schémas menacés, qui hurlent que la GPA est une ignominie alors qu’il n’y a bien qu’eux qui en parlent. On parle d’une loi qui a juste étendu un droit à tous sans nuire à personne. Et tout s’amalgame, on nous parle de lobbies LGBT, de gauche dégénérée (la violence dans le choix des mots).

Enfant géopolitique observant la naissance de l'homme nouveau-dali

Ca me rend malade, vraiment. J’ai essayé de répondre, d’argumenter, de tenter de faire comprendre le mal dans ses propos, ça ne sert à rien. Mais comment veux-tu prêcher pour un mieux vivre ensemble quand, aujourd’hui, on t’explique qu’on serait mieux sans eux (eux, ça dépend du jour de la semaine mais ça peut être les Arabes, Musulmans, Juifs, franc-maçonniques, immigrés de tous horizons, les pauvres en général…), qu’il faut réfléchir à fermer les portes, à punir ceux qui trichent en te faisant croire qu’ils sont légion, à taper sur les déjà plus faibles parce qu’ils ne ressemblent pas à cette belle France blanche, chrétienne et hétérosexuelle d’avant… La nausée.

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Alors non, bien sûr, j’irai pas jusqu’à voter à droite. Mais j’aimerais parfois que ces voix se taisent, que je puisse un peu me prendre à rêver de cette france multi… multi ce qu’on veut, en fait, je m’en fous du nom, l’important est que chacun de ses habitants puisse avoir les mêmes droits que les autres, indépendamment de ce qu’ils aiment… Juste parce qu’on a beau se la raconter “on est les pays des droits de l’Homme”, là, de suite, ça me saute pas aux yeux.

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PS : Et oui, je sais, c’est pas forcément mieux ailleurs mais ça me console pas pour autant

 

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La droite ou l’apprentissage de la rébellion

Je suis fascinée. En bien ou en mal, je ne suis pas sûre. Mais avez-vous seulement conscience de l’incroyable révolution que nous sommes en train de vivre. De mémoire de Nina, on n’avait jamais vu ça (mais ok, j’ai que 33 ans et je me souviens que peu de l’opposition au PACS, c’était peut-être aussi violent mais je crois pas). La droite découvre la révolution. Et ils y vont pas avec le dos de la cuillère.

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Je n’ai pas aimé le débat sur le mariage gay, pas du tout. Ca m’a rendu allergique à l’expression des idées quelles qu’elles soient, voyez vous car quand je lis des vomis de haine sur des pauvres individus qui n’ont pour seul “tort” (j’insiste sur les guillemets) que d’aimer une personne du même sexe qu’eux, ça me donne plutôt envie de pleurer. En tant que Bisounours en chef, je croyais qu’on avait dépassé le stade de l’homophobie en général (je ne pouvais nier la survivance de quelques abrutis arriérés), que l’on ne considérait plus les gays et lesbiennes en fonction de leur orientation sexuelle mais qu’on les considérait comme des individus. J’ai du mal à comprendre qu’on puisse hiérarchiser les amours, qu’on trouve une union légitime et une autre non simplement en fonction du sexe des personnes concernées. Qu’on affirme qu’à priori, une personne sera forcément meilleur(e) père/mère de par ses préférences sexuelles. J’ai dû rater la découverte scientifique liant hétérosexualité et instinct paternel/maternel, sans doute. Bref, comprenez bien que les propos de cette droite estampillée “Manif pour tous”, “printemps français”(assez drôle quand on pense qu’il y a deux ans, ce terme était revendiqué par des indignés plutôt de gauche) et qui scande “on ne lâche rien”, me donnent la nausée. Mais à côté de ça, je ne peux m’empêcher de regarder les yeux grands ouverts leur apprentissage de la révolte et de la manifestation. Et comme tous les “convertis”, ils en font toujours trop.

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Traditionnellement, on associe la droite à l’ordre. Enfin, moi, en tout cas : les gens de droite que je connais ne manifestent pas. Les gens de gauche pas vraiment non plus remarque, je ne connais que peu de batteurs de pavés, maintenant que j’y pense… Ma tante m’avoua même un jour qu’elle avait manifesté comme une petite fille entraînée par les autres. Même si elle est de droite, elle est allée manifester pour protester contre les paroles indignes d’une élue UMP assimilant le mariage homo au mariage entre animaux. Oui, quand je vous dis que ce débat a généré beaucoup de propos classes et subtils… Bref, les gens de droite, c’est pas super leur truc de manifester. Lors du dernier gouvernement Jospin, les manifs étaient plus remplies de syndicalistes et de “gauchistes” que de fiers membres du RPR. Mais là, nos petits Charles-Henri et Marie-Bertille découvrent, héberlués, la révolte et ils y vont franco : provocation des forces de l’ordre, interpellations, dégradations des biens publics, appel à la violence. De vrais sauvageons, finalement.

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Evidemment, tout cela est très triste quant aux propos tenus, au déni de démocratie, aux parallèles historiques et géopolitiques plus que douteux (entre ceux qui hurlent à la dictature socialiste et qualifient un gosse de prisonnier politique et ceux qui se réjouissent que les militants d’Act up aient déjà le triangle rose pour les reconnaître plus vite), aux attaques physiques des plus minables fleurant bon le racisme et l’homophobie. Oui, faire défendre une loi élargissant le droit du mariage par une femme Noire, y en a qui ont eu beaucoup de mal. Les gens de droite qui se revendiquent de la manif pour tous, du printemps français, des veilleurs… apprennent dans la violence et la douleur ce que signifie être dans l’opposition, être la minorité parlementaire. Mais finalement, est-ce que ça ne démontre pas que l’opposition finit toujours par se réfugier dans l’agressivité et la bêtise la plus totale ? Pendant 15 ans, j’ai soufflé par le nez en lisant certains propos de mes amis de gauche sur la droite. Non que je ne tolère pas la critique, bien au contraire, mais la taille de Sarkozy ou l’identité de l’époux de Boutin ne sont et ne seront jamais un argument. Critiquer des projets de loi, des chiffres erronés, des distorsions des faits, oui. Balancer des Sarko facho (même si ça nous fait une jolie allitération) ou taguer des murs pour dire qu’on l’aime pas, non.  Quelque part, ça me rassure de voir que dans l’opposition quelle qu’elle soit, les réflexes sont souvent mauvais, qu’on se roule avec délectation dans la mauvaise foi, les non arguments, les propos délirants. La société change, la droite se rebelle. Bientôt, le gilet noué autour des épaules aura plus de sens que le béret étoilé de Che Guevarra. Ou pas !

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Peut-être qu’il ne peut y avoir d’intelligence dans un débat de société, au fond. Pas la plupart du temps, du moins.  Par contre, je rêve encore et toujours de balancer tous les petits cons qui gueulent au fascisme et à la dictature dans les pays reconnus pour leur manque total de liberté d’expression, histoire qu’ils prennent conscience des conneries qu’ils profèrent.

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Où la vie est une pute

Elle aime me taquiner un peu méchamment des fois.

6 mars 2013, je crache les dernières volutes de la dernière cigarette de mon dernier paquet. Voilà, tiens, je vais arrêter de fumer pour voir. En béquille, une cigarette électronique. Je vous parlerai d’elle un autre jour, promis. Donc depuis un mois, plus une clope, rien. Alors que je me gargarisais auprès de collègue chouchoute en journée, je ne savais que le drame était en train de s’ourdir, tels des nuages lourds et menaçant s’amoncelant sur un horizon qu’on ne regarde pas. Pourtant, l’orage est proche.

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Mercredi soir. Comme évoqué au détour d’une parenthèse, je me suis rendue à une soirée entre célibataire à base de champagne (oui, l’histoire ne dira pas si c’est le champagne ou le côté célibataires qui m’a attirée vu que la première soirée avait été mi figue mi raisin. Mais j’aime m’entêter). La soirée commence à 19h30, je débarque donc à 20h en panique totale mais j’ai pas réussi à m’extirper du boulot à temps. J’arrive et j’ai à peine mis le pied dans le bar (assez minuscule) que je me retrouve une coupe de champagne à la main. Oui, je…euh…ok. N’étant pas des plus réservées, je commence à entamer la conversation avec deux mecs (sachant qu’une fois de plus, ces messieurs sont visiblement en minorité) dont un brun pas mal. Les mouvements de foule font et défont les groupes, le premier mec, un petit blond, disparaît du groupe (mais étant juste derrière moi, nos fesses furent très intimes. A un moment, j’ai hésité à carrément m’adosser sur lui, vu notre proximité physique) et je me retrouve à parler seule avec le brun pas mal. Anaïs arrive et on parle à trois. Le mec est musicien et fait des percussions. Là, je me sens plus. Des percussions, ma lubie depuis longtemps ! Ahah, merci la vie.

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Sauf que. Sauf que la vie est une pute avec moi sur le plan sentimental, une enfant cruelle qui me tend une gourmandise pour mieux me la retirer (ou me la donne et attend avec un sourire vicieux que je chope une vilaine carie. Du style prince charmant devenu crapaud). Alors que tout semblait bien parti, le sort s’en mêle. Deux nana se fraient un chemin pour sortir fumer et là, ma proie annonce avec un grand sourire “ah ben je vais fumer, moi aussi”.

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J’ai arrêté de fumer y a un mois. Un mois sans toucher la moindre vrai clope. Un mois à avoir limite la nausée à l’idée de refumer (processus cognitif intéressant au passage). Donc je ne sors pas. Or : une soirée où y a mathématiquement plus de filles que d’hommes et que les hommes pas mal sont en minorité, des filles globalement tabagiques. Ben oui, voilà, ma proie a été capturée par un groupe d’amazones. J’ai tenté, une fois de retour à l’intérieur, d’intégrer leur groupe avec Anaïs mais pas moyen. Là, la vie, elle m’a tendu une friandise… qui dissimulait des fils électriques et je me suis pris une sacrée pichenette !

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En repartant, je joue un drama en 3 actes à Anaïs “non mais meeeeeeeerde, j’ai arrêté de fumer et voilà le résultat, putain, trop vénère sa mère la pute !” (bon, non, j’ai pas parlé comme ça mais laissez moi re redramatiser la situation). Et la petite qui en rajoute une couche : “Ah oui, c’est con parce que c’était le seul mec mignon. Quand je suis arrivée, je me suis dit que t’avais trop géré et tout. Puis en plus, il essayait de revenir nous parler après”. Des regrets, des regrets, des regrets.

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Moralité : ben y en a pas. Ah si : le chemin d’une vie saine est vachement plus pentu que celui d’une vie de débauche…

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Mais bon, j’ai pas dit mon dernier mot non plus, je vais pas laisser mon non tabagisme me faire perdre une proie, je prépare le round 2 (teasing… ou pas parce que s’il le faut, le round 2 n’existera jamais et j’écrirai pas un article pour dire “ah bé voilà, pas eu de round 2, bisous !”)

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Ressusciter ?

Par Pink Lady

Magie d’un pseudo web. On l’endosse, on le fait vivre puis un jour, si on en a assez, on le fait taire. C’est facile : plus un mot sur Twitter, Facebook ou sur votre blog et les gens vous oublient. Ô, gloire éphémère que celle des « blogueurs influents ». Pendant 3 ans, j’ai été Pink Lady, blogueuse parmi d’autres, invitée aux soirées blog et tout.

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Puis cette blogosphère là m’a gonflée. Vous n’imaginez pas comme certaines blogueuses «  » » »stars » » » » sont de vraies connasses manipulatrices, prêtes à lécher le premier cul passant au dessus d’elles pour grappiller un backlink ou une invitation en soirée blog. Je le sais, j’avais à un moment ce [vague] pouvoir d’offrir de l’argent contre des articles. Jamais eu autant d’amies blogueuses. Le jour où j’ai changé de travail, tout le monde m’a oubliée. Je n’en ai pas souffert, j ‘ai de vrais amis par ailleurs. Après, sauvons quelques têtes, il y a aussi de belles personnes dans le lot. Mais ça taille sec au pays des macarons.

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Les macarons, tiens. Grot it gourmand des années 2005, avant les cupcakes, pop cakes et mug cakes… Oui, nos goûters aussi sont fashion, que voulez-vous. La blogosphère féminine s’est scindée en deux à l’ère du macaron : les blogueuses mode, celles qui ont leur carte de fidélité chez Ladurée et Pierre Hermé sont devenues les cibles de toute une autre blogosphère féminine. Drôle au départ, celle-ci est devenue répétitive, souvent aigrie et surtout sacrément faux-cul : il suffisait qu’une marque leur fasse les yeux doux pour qu’elles prennent, elles aussi, leur part du gâteau et n’hésitent pas à partager aux internautes leur photo de Look « mais c’est pas pareil, c’est pour se moquer, c ‘est du second degré ». Oui, oui, oui… Mais bon, la haine est un bon fédérateur, taper sur de la blogueuse mode rapporte RT sur Twitter et nouveaux lecteurs sur votre blog. La win quoi !

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Tout ça m’a filé la nausée. Et je vous raconte même pas les ennemies que j’ai pu me faire juste en me moquant de cet état de fait… Il faut comprendre que la blogosphère, c’est comme le lycée (voire le collège) avec ses bandes, ses populaires et toutes celles qui se rêvent reine de la promo même si elles s’en défendent. Collège ou lycée de petite ville, la plupart d’entre elles sont strictement inconnues hors de leur petit cercle mais chut, ne leur dites pas que j’ai dit tout ça, je vais encore me faire détester.

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Mais j’ai mes torts. Celui en premier lieu de penser que les reines de la blogosphère puissent avoir un soupçon de recul sur ce que tout ceci représente (rien ou si peu). Mais surtout je me suis perdue. Au départ, Pink Lady se voulait surtout une satire des filles des magazines, celles qui mangent des graines germées en passant du pilates au krav maga en passant par l’aqua bike selon le dernier magazine qui en a parlé en disant que c’était ultra top. Celles qui baisent pas le premier soir. Ah si. Ah non… Et qui trouve que se taper une fille est très bon pour sa crédibilité Swag (c’est de Elle pour ceux qui ont raté la polémique). J’ai vite, trop vite, intégré la vie de cette fille des magazines pour la faire mienne, je parlais trop de moi et j’ai perdu de vue l’existence même de Pink Lady. Qui a fini par disparaître. Mais j’ai un peu envie de la ressusciter en gardant en tête cette fille des magazines. Histoire de se marrer un peu.

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Les amitiés malsaines

Pendant des années, je vous ai parlé ici d’amour et de couple mais en somme assez peu des relations amicales, une forme d’amour, et surtout certaines qui se révèlent assez malsaines. Mais je commence à savoir les détecter (enfin, avec pas mal de temps)

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En amour, je suis méfiante. On sait tous et toutes que celui ou celle que l’on considère comme notre doux alter ego peut se révéler un jour une arnaque complète plus intéressé par ce qu’il se passe dans notre culotte que dans notre cage thoracique. En amitié par contre, je donne sans parcimonie. Concrètement, je ne vois pas pourquoi je serais la victime d’une amitié non sincère : je suis pas particulièrement friquée, mon nom n’ouvre pas de portes. La seule chose que j’ai à offrir, c’est ma personnalité et une oreille compatissante, voire une épaule pour pleurer au besoin. Malgré cela, j’ai parfois donné à tort, tombant soit sur des pompeuses d’air (au féminin car j’ai plus d’amies que d’amis) ou, pire, d’éternelles rivales. Arrêtons nous un instant sur le second cas, je consacrerai un article aux premières un autre jour. Ou pas parce que j’aurai oublié.

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La rivalité entre amis n’est pas nécessairement une mauvaise chose à partir du moment où elle reste limitée et ludique. Focus sur Cécile, ma meilleure amie du lycée avec qui je jouais à qui aura la meilleure note. Saine émulation qui avait une limite majeure : si l’une d’entre nous se prenait une sale note, l’autre fermait simplement sa gueule, pas de « ohlala, t’as eu 5 ? Moi 15, je suis la meilleure ! ». Contrairement à Rachel qui me faisait régulièrement la gueule parce que j’avais eu une meilleure note qu’elle, m’expliquant inlassablement qu’elle ne comprenait pas pourquoi vu qu’on avait fait le même plan. Rachel était l’amie rivale type : l’idée qu’un mec puisse s’intéresser à moi et pas à elle lui filait régulièrement la nausée. A cette époque, nous formions un trio amical avec Yohann qui finit par tomber amoureux de moi. Sa réaction : « Non mais Nina et moi, on a le même caractère [pas du tout ndlb], pourquoi elle plutôt que moi ? ». Notez que pour elle, mon physique ne pouvait pas être un argument… A chaque fois qu’un mec s’intéressait à moi, il fallait qu’elle en tombe amoureuse pour ensuite me reprocher l’intérêt du jeune homme pour moi. Heu…

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Comme je suis naïve, je ne repère pas toujours ces amitiés malsaines et pourtant, avec le recul, j’en ai eu mon petit lot. Le must have étant d’essayer de choper le mec avec qui j’ai pas trop réussi mon coup. Sur le coup, je remarque pas. Après tout, je n’ai pas de droits sur mes ex amants ou ex crushes et à partir du moment où je n’ai plus de sentiments (sinon je mords), si l’amie rivale veut tenter sa chance, qu’elle y aille. Oui, moi, connement, j’espère que mes copines soient bien dans leur vie et si c’est avec un de mes exs (avec un petit e), ok… Je ne mesure pas la compétition engagée, je n’en prends pas conscience car ça n’a aucun sens.

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Puis un jour, soudain, je réalise. Et je ferme la porte. Je considère souvent l’amitié comme un îlot, un havre de paix. La compétition, je la vis assez au quotidien pour ne pas m’en foutre une lichette en plus. D’autant que je ne comprends pas pourquoi on se mettrait en concurrence avec moi vu que j’ai rien d’exceptionnel. Sans doute une question de tempérament mais un tempérament qui ne me convient pas. Surtout que ce n’est quand même pas très agréable à la longue de subir cette volonté de te démontrer qu’on vaut mieux que toi.

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La jalousie n’a rien à faire dans une amitié. On peut envier la chance d’un de nos amis, se dire qu’on aimerait vivre la même chose. Mais si on en vient à tout faire pour prouver à l’autre que nous, on a tout pareil mais en mieux, là, ça vire malsain. A ce niveau là, c’est sans doute plus d’un psy que d’une amie dont l’ami rival a besoin mais, une fois que j’ai fermé la porte, tout cela ne me regarde plus.

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De la dignité (bordel)

La semaine dernière, j’ai eu la nausée. Aucun rapport avec un éventuel squattage de mon utérus, Gudrun veille. Non, cette violente envie de vomir a été provoquée par nos « amis » politiques et leur gué-guerre du « moi, je suis digne, toi, tu recupères ».

Grande émotion suite aux tueries de Toulouse et Montauban, la foule sentimentale a plaint, pleuré, condamné, lynché. Ce genre de drame est toujours une boîte de Pandore ouverte d’où dégueule des propos antisémites, racistes et/ou xénophobes, choisissez votre camp. Propos legitimé par cette émotion de masse paraît-il. On parle d’un drame survenu dans une région que je connais très bien, j’y ai vécu 25 ans, et j’ai préféré garder le silence. Parce que je ne savais pas d’abord qui était coupable, si la judaïcité des victimes avait une quelconque signification. Puis on a su mettre un nom sur le meurtrier, un mec « d’origine musulmane » (oui, il parait qu’on peut être d’origine d’une religion, c’est le Figaro qui le dit. Comme il paraît, selon Morano, que juif et israélite, c’est pareil). Donc là, on avait le droit du dire du mal des Arabes (même non musulman, le panier est grand). Perso, j’ai tendance à séparer le grain de l’ivraie mais apparemment, c’est une compétence rare.

Déjà, j’avais la bile au bord de la gorge dans ce festival de clichés, d’approximation et de racisme. Et voilà-t-il pas que nos politiques s’y mettent, s’accusant les uns les autres de récupérer le drame pour leur campagne. Palme à celui qui a accusé Hollande de copier Sarko. Tu voulais qu’il dise quoi, du con ? « Bravo au tueur, 4 juifs et 3 arabes en moins, champagne ! » ? Sérieusement ? À peine le drame fini, une vidéo à circulé en provenance apparemment de l’UMP pour dénoncer l’indécence du PS qui a récupéré l’affaire.

Quelque chose s’est rompu en moi, cette puissante envie de vomir comme un tsunami de colère qui voudrait sortir par ma bouche. Vos gueules. VOS PUTAIN DE GUEULE. 7 personnes sont mortes, peu importe leur âge, leur fonction ou leur profession. Il en meurt tous les jours des gens, c’est vrai mais tel n’est pas le débat. Les familles de 7 personnes sont en deuil et personne ne semble vouloir les laisser tranquille, on veut leur avis, on publie les photos de leurs enfants sans autorisation (à vérifier ce point), on agite leurs dépouilles pour attiser la haine, cette haine de l’autre, cet étranger qui nous veut du mal. Vous n’avez pas le droit de faire ça, ça suffit. Assez de vos guerres politiciennes, de vos minables tentatives de manipulation. C’est la faute de la gauche, c’est celle de la droite. Bien alors on y va gaiement : Toulouse, ville de gauche, Montauban, ville de droite. 1 partout, balle au centre, fin de ce débat sans le moindre intérêt.

Parce que s’accuser l’un l’autre, c’est nier que toute société quelle qu’elle soit est victime de violence. Que c’est nier que quoi que tu fasses, tu auras toujours une personne qui sera à un moment en rupture totale, qui passera à l’acte. Un acte fou. Aucune société quelle qu’elle soit ne peut protéger à 100% ses citoyens. Montauban est truffée de caméras de vidéosurveillance sauf qu’elles ne peuvent pas descendre de leur poteau pour aller défendre le quidam. Sans parler de la rapidité de l’acte, aucun système, aucun parti n’aurait pu agir assez vite pour éviter ce genre de tuerie. On parle tout de même d’un geste exceptionnel, imprévisible. C’est un peu comme les accidents d’avion, tu mets le maximum de garde-fou mais vient toujours un moment où y en a un qui crashe car un scénario n’avait pas été envisagé. Enfin, peu importe, je m’égare.

La semaine dernière, j’ai eu honte. Honte de voir les politiciens se rejeter la haine à la figure, tenter de jouer avec nos sentiments pour gagner quelques voix de plus. C’était indigne. Tout simplement.

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