Ce roman que je ne finirai pas de lire : je suis Pilgrim

Voilà, c’est décidé. Au bout de presque 400 pages, ma sentence est irrévocable : Je suis Pilgrim va rejoindre la petite pile des livres que je n’ai pas terminés (alors que je suis allée au bout d’Ulysse, un des livres les plus abandonnés du monde). Sauf que c’est décidé, cette pile, elle va grossir un peu plus : j’ai pas assez de temps à consacrer à la lecture pour me gâcher ça avec un mauvais roman.

Je suis Pilgrim

Passons rapidement sur le pourquoi ce roman m’a saoulée. Je dirais « beaucoup trop américain ». On tombe sur un héros trop fort, trop intelligent façon Robert Langdon ou Darwin Minor. Ou Jason Bourne manifestement vu que l’on compare généralement les deux mais je n’ai vu aucun Bourne donc je vais y aller mollo sur cette affirmation. Donc c’est raconté à la première personne du singulier sur un ton « je fais un peu genre que je suis modeste mais je sais que je suis le plus fort », un flic héros, un méchant terroriste musulman qui pop dans le roman totalement gratos, le tout arrosé à la sauce « c’est nous les Américains, c’est nous les gentils ». Amy m’ayant confirmé que ça allait être ça sur les 500 pages suivantes, j’ai laissé tomber.

Jason Bourne

Et c’est pas une démarche si évidente pour moi. Que je n’ai pas la fin de l’histoire, je m’en contrefous : on sait que le terroriste musulman va presque y arriver mais que le héros (qui ne s’appelle toujours pas Pilgrim alors que j’approchais de la moitié du roman) va le contrecarrer. Quant à l’enquête policière initiée en début de roman… ben vu qu’on ne sait pas qui est la victime à mi-roman, je me fous bien de savoir qui l’a tuée (même si je pense que c’est la random bonnasse qui a interrogé notre héros en début de roman et qu’elle a été tuée par random bonnasse n°2, celle de la conférence de presse. Les personnages féminins sont super bien écrits, elles ne sont vues qu’à travers le désir qu’elles suscitent ou leur lien de parenté avec le flic héros ou le terroriste. Mais on a quand même droit au laïus en mode sourcils froncés du terroriste musulman qui a une vision arriérée de la femme). Souvent, je m’accroche a des romans moyens pour voir si j’ai bien deviné qui était l’assassin mais là, 900 pages pour savoir qui a été tué par qui et découvrir que le terroriste musulman n’a pas réussi à propager sa variole, pas l’envie et surtout pas le temps.

11 septembre

Oui, évidemment, le 11 septembre n’est pas oublié

Parce que j’ai une pile à lire démentielle. En ce moment, je lis assez peu : ma liseuse est déchargée depuis bien un mois car j’écris. Là par exemple, je suis dans le RER, voyez… Donc j’écris des articles dans le métro le matin, j’écris des romans dans le métro le soir, j’écris mon journal intime et un peu de roman avant de dormir… mais je continue à lire. Parce que mes fictions ne me suffisent pas, parce que j’adore lire, pénétrer de nouveaux univers, me faire embarquer dans un récit. Quand j’écris, le suspense est un peu limité, même si je prends parfois des chemins auxquels je ne m’attendais pas…

pile à lire

Du coup, je ne dois pas perdre de temps. En l’occurrence, ce livre, je l’ai pas acheté mais emprunté a maman donc je peux l’abandonner sans état d’âme. Mais je laisse sa chance au produit. Là par exemple, j’ai débuté un nouveau roman, La promesse de l’ange, qui me laissait un peu dubitative mais ça commence à devenir intéressant vers la page 100. Ouf. Sinon, je l’aurais rangé dans la catégorie « roman que j’ai pas fini et dont je vais dire du mal ». Même si ça me suscite pas mal d’idées d’articles. Hmm.

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The girls d’Emma Cline : secte et adolescence

Aperçu quelques fois dans ma timeline Twitter, j’ai craqué et acheté The girls d’Emma Cline, sans rapport avec Girls, la série de Lena Dunham (que j’ai détestée pour les trois épisodes matés). Ce qui m’avait intriguée : pas l’histoire vu que je m’en savais rien mais quelques phrases méchamment stylées.

The girls d'Emma Cline

L’histoire (maintenant que je l’ai lu, le roman) : Evie Boyd est une femme quelconque… en apparence. Occupant la maison d’un ami pour la surveiller, elle croise l’enfant de celui-ci qui connaît son passé. A 14 ans, alors que son été débutait dans un ennui poisseux, à traîner avec une camarade de classe qu’elle n’apprécie plus vraiment, fantasmant sur le frère de celle-ci, elle rencontre Susan, une jeune femme qui va faire basculer sa vie. Evie va se retrouver dans une espèce de secte où le sexe occupe une grande partie. Evie, dans sa passion pour Susan, va s’investir dans cette folle aventure, jusqu’au drame.

La secte qui assassina Sharon Tate

Alors pourquoi j’ai aimé ce livre ? Le style d’abord. J’ai dit par le passé que le style n’était pas un critère en soi mais quand la plume est jolie, j’admire, je déguste. Même si à certains moments, le tic de coller un adjectif pas forcément attendu à un nom commun ou une métaphore un peu hors sujet, finissait par me lasser un petit peu. Mais le roman est parfaitement écrit et se lit avec plaisir d’autant que… il est magnifiquement orchestré.

Cheffe d'orchestre

Ici, je vais pouvoir faire un parallèle avec mon roman horribilus, notamment la notion d’auto spoiler : dans the Girls, l’histoire est un souvenir remémoré par Evie donc dès le début, on a droit à la fin de l’histoire. Le roman est donc de savoir comment on en est arrivé là. Et c’est sincèrement prenant. Surtout qu’en déroulant l’histoire, tu as l’impression que le parcours d’Evie l’éloigne de ce que nous savons être la fin et tu essaies de comprendre comment on va raccrocher les wagons. Donc quand c’est bien écrit, tu peux donner des éléments de résolution sans que ça nuise au plaisir de lire.

Le tableau de l'enquêteur

En fait, le seul point noir, à mon sens, de ce roman, c’est la partie “dans le présent” qui n’apporte pas énormément, voire pas du tout. Je comprends sa présence (essentiellement nous faire respirer dans l’histoire assez crasse du roman) mais je m’en foutais un peu, j’étais à la limite de sauter les pages même si ça apportait quelques micro éléments supplémentaires au récit et mettait en exergue une question : comment Evie avait réussir à ne pas se faire prendre. Mais sinon…

The girls d'Emma Cline, inspiré de l'histoire de Charles Manson

Bref, The girls est un roman qui ne respire pas la joie de vivre, il évoque des images sales et poussiéreuses mais je le conseille de tout mon coeur car si l’histoire narrée n’est que de l’ordre du fait divers (fortement inspirée de l’assassinat de Sharon Tate par la clique de Manson), Emma Cline manie ses personnages avec brio et même si Evie a des réactions des fois un peu stupides, ça ne donne pas envie de lui hurler dessus car les rapports entre les personnages sont admirablement bien tissés. A ne pas lire à la plage pare que c’est pas le lieu mais dans un train avec la pluie au dehors (assez facile en ce moment), ce sera parfait.

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La scène que tu n’arrives pas à écrire

Chacun sa technique d’écriture. Comme j’ai déjà dû le dire cent fois, quand je débute un roman, j’ai en gros le début, la fin et quelques scènes éparses à recoller dans le récit. Une sorte de squelette avec la tête, les pieds, la colonne vertébrale et quelques côtes de ci de là. Au fur et à mesure de l’écriture, je donne chair (et os manquants) à mon squelette sauf que tout à coup, j’arrive à une côte imaginée depuis longtemps… et j’arrive pas à la coller au puzzle. La maudite scène que tu n’arrives pas à écrire.

Panne d'écriture

Il ne s’agit pas de la différence entre ce que tu as dans la tête et ce que tu produis effectivement. Non, c’est autre chose. Cette scène, ce rebondissement, tu l’as en tête depuis le départ, tu écris ton histoire pour en arriver à ce point là et soudain, stupeur et tremblements, ça ne marche pas. C’est précisément ce qu’il m’arrive actuellement dans mon roman de Maja, à tel point que j’ai mis quelques jours à reprendre ma plume, officiellement parce que je voulais finir un incroyable polar dans le RER plutôt que d’écrire (Rage de Zygmunt Miloszewski dont je vous ai déjà parlé pour ses précédents romans Les impliqués et Un fond de vérité, c’est son 3e avec le plus en plus insupportable Teodor Szacki mais le fond du roman est excellent) mais aussi parce que les personnages tournaient en rond dans des dialogues sans fond pour expliquer un comportement… inexplicable. Merde, je suis tombée dans le travers de toute comédie romantique ou romantic litt malsaine à la Beautiful Bastard ou After : ils se haïssent tellement qu’en fait, à la fin, ils s’aiment.

Couple : de la haine à l'amour

J’ai écrit la scène une première fois, me rendant compte du moisi du truc mais je me suis dit que la réécriture allait nettoyer tout ça. Du coup, j’ai réécrit. Deux fois. Et y a un truc pas net. Et ça me saoule un peu car c’est un arc narratif important pour la fin et même moi, quand j’écris les justifications des personnages, je lève les yeux au ciel en mode “non mais arrêtez vos conneries, ça n’a pas de sens”. Tiens, d’ailleurs, y en a un qui va le sortir ça, que ça n’a pas de sens, ce sera clair, au moins. Limite, je suis à CA d’écrire “oh ben parce que l’autrice voulait intégrer cet élément modificateur dans l’histoire mais elle savait pas trop comment l’amener alors elle l’a posé là, merci, bisous”. Ce serait pas pire…

La scène que tu n’arrives pas à écrire

Et ce blocage est agaçant. J’essaie d’avancer en me disant que de toute façon, j’ai l’ultime relecture derrière qui me permettra peut-être de dénouer le noeud car je touche bientôt au but. Mais j’ai comme la sensation que j’ai construit une maison plutôt pas trop mal mais que j’ai soudain eu l’ambition de rajouter dessus une tour avec un observatoire en haut qui est en train de menacer tout l’équilibre et risque de faire s’effondrer le tout, vous voyez ?

Edifice branlant

Mais bon, je dois passer outre et poursuivre car au bout du chemin, je vois la lumière. Et oui, je ne suis plus trop loin de la fin à présent. Et les derniers mètres sont les plus durs.

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Citizenfour de Laura Poitras

 

Je ne vais pas au cinéma que pour voir des blockbusters, j’y vais parfois aussi pour réfléchir. Comme lors de cette soirée spéciale organisée par rue89 avec la projection de Citizenfour de Laura Poitras suivi d’un débat sur la loi renseignements. Je ne parlerai pas trop du débat puisque nous avons dû partir avant la fin avec Victor vu qu’on dormait à l’autre bout de Paris, j’y reviendrai peut-être un autre jour.

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Citizenfour, donc. Ca commence un peu comme un film d’espionnage un peu étrange : l’écran se couvre de textes, de messages mail cryptés échangés à propos d’un secret qu’il faudra révéler, du fait que ceux qui veulent parler sont certainement déjà surveillés… Paranoïa de 2 accros à la théorie du complot ? On sait que la femme, c’est Laura Poitras, la réalisatrice mais qui s’adresse à elle en l’informant qu’elle est surveillée ? Un journaliste entre en scène, contacté par Laura car le mystérieux homme n’arrive pas à le joindre de façon sûre. Cet homme a une révélation à faire sur des écoutes à l’échelle internationale. Le journaliste, Glenn Greenwald, décide de s’intéresser à l’affaire, il prend donc rendez-vous avec l’Homme mystérieux. Dans un hôtel à Hong Kong, Greenwald suit un long couloir, avançant à la rencontre de ce lanceur d’alertes, il ouvre une porte, on découvre enfin le visage de cet Homme qui sait tant… Edward Snowden. Léger hoquet dans la salle, même si on le savait, ce passage est très bien amené.

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Ce film est en fait l’histoire des révélations de Snowden au sujet des écoutes de la NSA (pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle, petit article récapitulatif) . Une bonne partie du film traite du travail de journaliste de Greenwald et Snowden, une ambiance un peu électrique, ils savent qu’ils prennent des risques. Une scène est assez frappante : pendant qu’ils travaillent dans l’Hôtel, une alarme incendie se déclenche, une fois, deux fois. Snowden se fige, blanc comme un linge, en proie à la panique. Cette scène m’a marquée parce que, nous, on regarde le film en connaissant la fin de l’histoire mais eux, ils y sont en plein dedans. Snowden n’est pas encore le mec qui ébranle le système, il se prépare à le faire mais ne sait s’il arrivera à ses fins.

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L’info sort, Snowden est vite retrouvé et commence à fuir. Cette partie du documentaire tombe un peu à plat, peut-être parce qu’on sait. Mais il perd en force par rapport à la première partie où tu vis le doute et la peur des acteurs impliqués. Avant même que Snowden parle, sa copine a le web coupé par exemple, des petites conneries du genre… La conversation avec Laura, qui a fui en Allemagne, est compliquée, ils passent de cryptage en cryptage pour essayer de ne pas se faire repérer. Limite, la moindre interférence anodine devient suspecte, c’est assez angoissant. Une fois les révélations faites, la fuite s’organise vite même si les protagonistes sont harcelés puis la suite, on la connaît.

La remise de l'oscar du documentaire à Laura Poitras et Glenn Greenwald (qui a eu le Pulitzer aussi)

La remise de l’oscar du documentaire à Laura Poitras et Glenn Greenwald (qui a eu le Pulitzer aussi)

Sur la forme, le documentaire n’est pas fou en soit mais passons sur le fond et sur la question qu’il pose sur nos droits fondamentaux et sur le statut des lanceurs d’alerte. Snowden est pour le moment réfugié en Russie où il vient d’obtenir un droit de séjour de 3 ans parce qu’il risque d’être emprisonné aux Etats-Unis pour espionnage, vols et utilisations illégales de biens gouvernementaux. Rien que ça, oui. Mais à qui profite le “crime” de Snowden. Les données collectées par le programme PRISM en tant que telle n’ont jamais été dévoilées, il dénonce le programme mais n’en dévoile le contenu à personne. A qui ça nuit ? Ah oui, certes, aux gouvernements impliqués et à Verizon, complice de la NSA. Mais les citoyens ont le droit de savoir que leurs conversations sont espionnées… Ah ben vu ce qui l’attend aux Etats-Unis, apparemment, non.

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Bref, je ne suis pas certaine que ce documentaire soit absolument indispensable pour se renseigner sur l’affaire Snowden, le sujet n’est pas tant abordé que ça, on parle plus des précautions prises par les personnes impliquées et les conséquences de la révélation que des révélations en elles-mêmes. Elles y figurent, oui, mais ça ne vous apprendra rien que vous ne sachiez déjà si vous avez suivi de près. Il reste l’intérêt d’une bonne piqûre de rappel, on oublie tellement vite…

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J’ai vu la guerre

(Article débuté y a 15 jours après le crash du boeing de la Malaysia, shooté par un missile)

Pendant longtemps, j’ai aimé raconter cette histoire : à chaque début de siècle, dans les années 10-15, on a eu droit à de sales guerres ou de grands bouleversements historiques.* J’aimais faire frémir les gens en expliquant qu’il allait se passer des choses terribles, bientôt, parce que l’histoire se répète… Sauf que quand on lit les journaux, on finit par se demander si ma blagounette n’a pas un fond de vérité.

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Souvenez-vous quand vous étiez au collège et qu’on vous racontait l’assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand qui entraîna la guerre, le premier domino qui enclencha le jeu des alliances enclenchant la guerre. Et ça nous paraissait couler de source, une machine à rouages bien huilée, il suffisait de tourner la manivelle pour obtenir le mouvement.
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Sauf que c’est toujours plus facile de comprendre l’histoire quand elle est finie. Mais oui mais évidemment que la 1ère Guerre était inévitable, tout comme la 2e, l’enchaînement des faits est limpide. Et là, on y est : un missile tiré par on ne sait qui (j’ai lu des théories parlant d’avions de chasse ukrainiens mais j’ai aussi lu des théories sur le premier avion Malaysia Airlines descendu car il fonçait droit vers une base militaire située vers quelques milliers de km du lieu supposé du crash mais ce doit être un détail. J’ai aussi lu une histoire de force mystérieuse…Bref) sur une frontière où la lutte fait rage. Russie vs Ukraine, la Malaisie, les Pays Bas au milieu. Le Lusitania, version XXIe siècle. Tout ça pue.
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Et pourtant, sommes-nous au bord de la 4e ou 5e guerre Mondiale (les intitulés de guerre mondiale peuvent être accolés à la guerre froide puis à la « guerre des civilisation » ou « guerre contre le terrorisme », je n’entrerai pas dans le débat, tel n’est pas le sujet) ? On y pense forcément, des articles sur le sujet commencent à fleurir et à bien y penser, c’est vrai qu’on entend presque le premier domino tomber, tout ça paraît si évident. Sauf qu’à l’époque, les politiques de l’époque n’avaient pas vu venir le drame et on ne peut pas dire qu’avant le crash, on s’attendait à une telle hécatombe de civils n’ayant rien à voir avec l’histoire. Alors oui, on pourrait débattre du survol de la zone mais pour une guerre qui ressemblait plus à une guérilla jusque là, on ne pouvait pas forcément s’attendre à ce qu’un avion de ligne soit abattu. Même s’il y a eu des cas par le passé.
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La guerre demain ? Dans les 3000 embryons de romans que j’ai débuté, j’ai inventé des tas de débuts de guerres mondiales. Souvent basé sur un conflit qui dégénère ou la lutte contre un dirigeant despotique peu éclairé. Peu importe l’histoire racontée finalement, il y a toujours une idée d’escalade et de chute de dominos déclenchée par un événement premier. Comme l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, finalement. De là à penser que la paix est un équilibre instable… A dire vrai, faut bien être européenne pour s’imaginer en temps de paix. Mais quand nous étions au collège, au lycée, que nous étudions la guerre, ça paraissait toujours lointain : loin dans le temps ou dans des pays très éloignés. Quand la guerre a frappé au coeur de l’Europe**, déjà, ça sentait bizarre, un drôle de goût de métal dans la bouche. Aujourd’hui encore, ça tonne à nos portes.
vukovar 1991
Est-on à l’aube d’un nouveau conflit majeur ? Les générations futures étudieront-elles l’année 2014 comme le début évident d’un nouveau conflit majeur qui changera à jamais le visage de l’Occident ?

Qui sait ?

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*1914 : Première Guerre Mondiale
1815 : Les 100 jours de Napoléon avec la fameuse défaite de Waterloo
1715 : Mort de Louis XIV et début de la Régence
1610 : Assassinat d’Henri IV par Ravaillac
1515 : Marignan
1415 : Hazincourt mais bon, là, c’est la guerre de 100 ans donc c’était facile de trouver.
** La guerre en ex Yougoslavie

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Ce que j’aurais aimé que tu me dises

Profitant de mes congés estivaux, j’ai lu, beaucoup, et j’ai 3000 chroniques littéraires en retard. Entre mes mains est notamment passé “N’oublie pas les oiseaux” de Muriel Magellan, une histoire d’amour tumultueuse dont je vous promets de vous parler très bientôt car j’ai vraiment aimé ce livre. Il m’a parlé et a notamment réveillé une colère que je pensais morte depuis longtemps. Celle contre un ex, celui qui a toujours nié ma souffrance car il n’y avait de place que pour la sienne. En gros.

couple-triste
Lisant ce livre, je m’agaçais donc de cette vieille histoire et me demandais soudain pourquoi ça revenait alors que cette histoire est digérée, limite oubliée. So what ? Aurais-je encore des sentiments pour cette personne que je n’ai plus vue depuis bien 2 ans ? Non, ce n’est pas ça… Et là, je me rends compte du malaise : ce n’est pas de son amour dont j’ai soif mais de ses excuses. Enfin, plutôt qu’il admette qu’il m’a fait souffrir, qu’il n’a jamais pris en compte mes sentiments, que seuls comptaient les siens. Pendant notre relation et après, laissant même son ogresse piétiner avec cruauté les souvenirs de notre relation. Parce que je ne comptais pas.

Bruxelles 365
J’ai donc eu envie de cracher ça. Puis j’ai réfléchi et me suis dit que ça ne servait à rien. Parce que je n’entendrai jamais ce que j’ai besoin (ou envie) d’entendre. Une rupture a cela de frustrant que chacun en a sa lecture et qu’il n’est pas concevable d’en parler calmement. Du moins pas au moment où l’on en aurait besoin tant la colère, la rancoeur, la tristesse, la frustration se mêlent et rendent le discours incohérent, agressif, violent. Je peux être une ex chiante, celle qui fait une scène car l’autre refait déjà sa vie, sans prendre la peine de me ménager un peu. Faut dire que j’ai parfois eu l’honneur de me taper des mecs reprenant le flirt avec une autre moins d’un mois après notre relation et ce sans se cacher nullement. Tu pourrais attendre que le corps de notre amour soit froid quand même. Je m’énerve, je tempête, je crie. L’autre ne comprend pas : on n’est plus ensemble, je ne te dois rien. Si, tu me devais une chose : me dire que j’avais quand même compté pour toi. Que cet amour que j’avais investi en nous n’était pas juste une histoire que je m’étais racontée. Que tu m’avais racontée. Que je n’ai pas infligé une sale cicatrice à mon coeur pour rien. Que tu comprennes que si, aujourd’hui, j’ai si peur de tomber amoureuse, c’est parce que tu m’as blessée et laissée là, agonisante, ne comprenant pas pourquoi ça me faisait mal de te voir déjà tourné vers de nouveaux horizons.

souffrir-amour
Je parle d’amour mais ça marche pour d’autres domaines tels le travail ou l’amitié. Les ruptures sont différentes, certaines sont très administratives, d’autres plus perverses et sournoises, le lien se lâche et finit par se détacher sans réelle rupture visible. Nous ne sommes plus amis parce que c’est la vie, parce qu’on s’est éloignés. Parfois, on ne s’en rend pas compte, d’autres fois, ça pique plus. Moi qui ai investi du temps sur toi, qui ai été présent pour toi, pourquoi me délaisses-tu soudain ? Ne suis-je plus assez bien pour toi ? Penses-tu que tu es mieux que moi, que je ne vaux même pas une explication. Et toi, qui me laisse passer des entretiens sans rien me dire alors que tu sais, penses-tu que mon départ sera une bonne nouvelle, un boulet en moins dans la barque fragile ?

titanic
Sans explication, sans rien dire. C’est la clé. J’ai parfois envie de provoquer la confrontation, de saisir ma plume pour déverser mon fiel et enfin déclencher une réaction chez l’autre. Mais à quoi bon ? Même si je me sens droite dans mes bottes et légitime, personne n’a envie d’avoir le mauvais rôle. Si je confronte en disant “tu as eu tort, tu m’as fait du mal, tu ne me mérites pas”, je ne vois pas qui me répondrait que j’ai raison. On parle de sentiments, pas de mathématiques. Même si parfois, on sait qu’on a chié, personne n’a jamais envie de l’admettre. Alors non, je n’entendrai pas ces mots dont j’aurais sans doute besoin pour avancer. Je dois en faire mon deuil. Plutôt que de ressasser bêtement, je dois voir si j’ai pas une leçon à en tirer et passer la seconde pour passer à autre chose. Au fond, peut-être est-ce aussi de ma faute : j’ai trop accepté, j’ai prêté à des personnes des sentiments, des intérêts qu’ils n’avaient pas, je n’ai pas assez parlé, mis en avant mes envies, mes ambitions. En matière de sentiments humains, personne n’a jamais forcément tort ou raison à moins de tomber sur des personnes perverses et/ou totalement égoïstes. Même si ok, mes exs qui repartent ostensiblement en chasse moins d’un mois après notre rupture, eux, ils sont difficilement excusables. Un peu de ménagement pour mon petit coeur et mon ego, merde !

Coeur-brise
Mais finalement, n’est-ce pas là la fin de l’histoire. Je me demande parfois ce qui marque réellement le point final d’un amour. La rupture n’est qu’une première étape, quand fait-on réellement le deuil de cette relation ? Et si c’était tout simplement quand on se résigne à ne plus attendre ces mots qu’on estimait légitime ? Ou tout simplement le jour où on n’a plus besoin de les entendre.

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Les histoires les plus courtes sont les plus indigestes

Des hommes, j’en ai connus, des liaisons, j’en ai eues. Même des relations amoureuses où l’autre avait une place particulière dans ma vie, une place de choix. J’étais prête à faire des concessions, faire une place dans ma vie. Mais parfois, l’histoire tourne court, gros eau de boudin dans laquelle on se noie. Pourtant, y a-t-il de quoi faire un drame ?

ange-triste

Octobre 2012, le prince charmant se mue en crapaud. Du jour au lendemain, je me prends une rupture en pleine face sans que rien ne m’eut permis de m’y attendre. 5 mois plus tard, je digère pas tout. Je suis lucide, je n’aimais pas ce garçon, j’étais bien avec lui et j’avais envie de construire quelque chose. J’étais amoureuse d’une image que j’avais mais une image fausse. Bon bref, dès octobre, je dis ça à la naturopathe. Mais ça me reste un peu en travers quand même. Je pouvais même plus regarder une série avec Jeremy Sisto parce que je trouvais qu’il avait des airs et je reste troublée dès que j’entends un accent latin (oui, mon ex est Italien pour ceux que ça intéresse). Bref, je digère pas bien parce que… dans la masse à avaler, y a plein de regrets.

jeremy-sisto

Janvier 2011. Début du marasme avec rupture amoureuse. Cette rupture, c’est moi qui l’ai provoquée en posant un ultimatum que je savais fatal. Mais l’histoire était arrivée au bout. Je dors pas mal et là, je rêve de mon ex… Pas celui de cette rupture mais un de 2006 dont je n’avais manifestement pas tout digéré. Pourquoi ? Parce que j’ai des regrets (c’était marqué quelques lignes plus haut, si t’as pas trouvé tout seul, va te servir un café).

regrets

Des regrets, des regrets mais des regrets de quoi ? De pas avoir eu réellement une chance. Une chance de juste voir si ça pouvait marcher ou non. Je ne sais si ces hommes auraient pu m’offrir une grande et belle histoire mais j’ai juste pas eu l’occasion d’aller au bout. Et ça, ça me rend dingue. Et ça rend la rupture indigeste. J’en parlais autrefois avec je ne sais plus laquelle de mes amies et on se disait qu’on mettait souvent plus de temps à se remettre d’une courte histoire que d’une longue, établie. Facile : une relation courte où tu y crois, t’es en plein dans la passion et dans ta lune de miel et là, vlan, dans ta gueule, c’est terminé. Hier encore, Chéri d’amour vous envoyait des SMS enflammés, aujourd’hui, c’est fini. Hier encore, prince-charmant-devenu-crapaud voulait caler son emploi du temps sur le mien pour qu’on ait les mêmes soirs de dispo pour se voir. Le lendemain, j’avais droit à un baratin de merde sur “je ne sais plus, je ne sais pas et puis hop, tiens, j’ai pas digéré la rupture d’avec mon ex dont je n’ai jamais trouvé utile de te parler en 3 mois”. Comment veux-tu te préparer à ça ? Surtout que pardon mais le coup de l’ex, je suis pas conne, je sais très bien que c’est une excuse bidon, un vrai “c’est pas toi, c’est moi”. Même si le connard pointe et atomise le prince charmant, reste le regret de cette semi relation qui ne m’a pas permis de réaliser nos projets. Comme ce week-end qu’on devait faire en amoureux. Comme ce voyage en Russie quand il aurait fini d’écrire sa thèse. De bien jolis rêves. Qui t’empoisonnent un peu.

matrioshka

Au fond, ce qui nous rend cette rupture difficile, ce n’est pas une question d’Amour, sans doute un peu d’orgueil mais surtout la projection idyllique de la relation que nous avions. Nous n’avons pas eu le temps de se rendre compte que l’Autre était aussi imparfait que vous. Ce n’est pas l’absence de l’autre qui nous empoisonne mais ce qu’on aurait aimé qu’il soit pour nous.

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Si t’es pas d’accord avec moi, c’est que t’es con

Face à la « crise » que nous subissons, ça débat, ça discute, ça s’énerve. Non, je ne reviendrai pas sur la grève en elle-même, c’est bon, je pense qu’on a pas mal
éclusé le sujet. Non, ce qui m’atterre au plus haut point, ce sont vraiment les réactions des uns et des autres, preuve que la connerie est décidément universelle. Plantage du décor : lundi, Marine écrit un (très bon) article appelant, en très gros, à la tolérance et au respect des grévistes. Résultat, la moitié des comms ont donné : « ouais, t’as trop raison, c’est vraiment tous des connards ces anti-grévistes d’abord ! ». Vous n’avez donc rien compris. 
Pour ma part, je ne suis ni pro, ni anti grève, finalement mais la position est facile à tenir pour moi vu que je ne les subis pas, le seul désagrément notable est l’état de ma voûte plantaire. Du coup, moi aussi, je pourrais sortir le discours « ouais mais sans déconner, de quoi ils se plaignent ces sales égoïstes d’anti-gréviste, c’est quoi 2h de transport pour rentrer chez soi, hein ? ». Ok, mise en situation. Imaginons que je suis une employée lambda dans une entreprise aux horaires strictes et qu’avant d’aller travailler, faut que je m’occupe de mes gosses, idem le soir. Et bien 4 heures de transport par jour en plus du taf, désolée mais je comprends que les gens soient énervés. Ca ne justifie pas les débordements extrêmes facebookiens mais honnêtement, la plupart des gens sur facebook sont des communicants friqués de droite qui ne subissent pas la grève mais signifient quand même leur mécontentement pour la forme, avec toute la surenchère que ça comporte. Les cheminots sont des êtres humains… Tout comme les gens qui subissent les grèves et qui en ont marre, je ne vois pas au nom de quoi certains méritent notre respect et pas les autres. Surtout qu’en général, moins on subit la grève, plus on se montre critique envers ces « pauvres connards d’égoïstes » qui osent se plaindre de perdre 2 heures dans les transports. Ben oui, de quoi ils se plaignent, c’est pas vrai qu’elle est handicapante la grève et puis à côté de ça, y a plein de gens qui sont morts au Bangladesh ce week-end alors ne nous plaignons pas. 

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Au-delà de ça, de cette grève en particulier, je commence à être plus que lassée des dialogues de sourds. St-Exupéry disait « si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». Aujourd’hui, c’est « si t’es pas d’accord avec moi, c’est juste que t’es un con inculte manipulé par TF1/l’Huma » (oui, ça dépend de quel côté on se place). Non mais vous vous prenez pour qui, sans déconner ? On se prend pour qui, je veux dire, je m’inclus. J’en peux plus de voir des avis tranchés et ce mépris affiché pour « l’autre », l’abruti qui n’a pas le même avis que nous et qui est forcément manipulé car sinon, il serait d’accord avec nous. Mais rien n’est plus subjectif qu’une opinion politique. Sans vous refaire des cours de sociologie politique, la formation d’une opinion est un joyeux mélange des différentes influences que l’on subit tout au long de notre vie, quoi qu’on en dise. En gros, prenons deux cas que je connais, ma sœur et moi : l’une de droite, l’autre de gauche. On est issue de la même famille mais nous ne fréquentons pas les mêmes personnes, nous n’avons pas fait les mêmes études. Aurais-je été de gauche si j’avais fait une école de commerce comme ma sœur ? Rien n’est moins sûr. Ma sœur est-elle une pauvre idiote manipulée par les médias ? Non. Quand on parle politique toutes les deux, on a chacune nos arguments et ils se valent. On ne voit juste pas les choses de la même façon. Je n’ai pas raison et elle tort et vice et versa. Qui suis-je pour dire que les gens de droite sont tous des abrutis ? Qui sont les gens de droite pour dire qu’il faut vraiment être con pour être de gauche ? C’est pas les Bisounours contre les Monstroplantes. Oui, je prends des exemples enfantins parce que quand je lis les débats à l’heure actuelle, ça me rappelle le débat passionnant que j’avais eu avec mon voisin de classe…en 88. En 88, j’étais en CE1 et notre maîtresse nous avait expliqué ce qu’étaient des élections présidentielles sans, bien sûr, entrer dans l’idéologie. Débat avec mon voisin
« Mitterrand, c’est le mieux ! Non, c’est Chirac ! ». Bête expression non argumentée de l’opinion de nos parents mais, vraiment, quand je lis les gens aujourd’hui, je ne vois pas la différence. On choisit nos sources quoi qu’on en dise. J’ai fait deux maîtrises basées sur une analyse de presse et je sais que deux journaux ne présenteront pas l’info de la même façon selon l’orientation politique, c’est un fait. Mais l’actualité peut être vue de plusieurs façons, selon nos sources, nos données. Pour une étude expliquant que la réforme des retraites est nécessaire, une autre prouvera le contraire. Dans l’absolu, ce n’est qu’une interprétation des chiffres et impossible de savoir qui aura raison, surtout que ce ne sont que des projections. On ne peut pas savoir ce qu’il va se passer, on ne peut pas tout prévoir. Aujourd’hui, quand on lit la Fin de l’Histoire de Fukuyama, historien qui prédisait la fin des guerres et autres conflits, une histoire pacifiée à la chute du communisme, on se gausse. Facile 17 ans plus tard. Mais Fukuyama ne propose que sa lecture des faits et elle en vaut d’autres. Il s’est planté et aujourd’hui, ça nous paraît évident qu’il ne pouvait en être autrement. Mais n’oublions pas l’euphorie qu’a provoqué la fin de la guerre froide avant de lyncher ce pauvre Fukuyama. 

Aujourd’hui, je me sens d’une intelligence supérieure quand je vois que je préfère ne juger personne et comprendre les récriminations de chaque camp, essayer de comprendre avant de condamner, sans ressortir les conneries d’antagonisme droite/gauche (la droite méchante anti-grève et la gauche gentille pro-grève… ou l’inverse ! Manichéisme, quand tu nous tiens). Là où je cède à nouveau à la connerie, c’est quand je peux pas m’empêcher de prendre le contrepied des avis trop tranchés, de jouer l’avocat du Diable. Parce que rien ne m’énerve plus que les gens qui se croient supérieurs aux autres car leur avis est forcément le bon. Enfin, il est facile de tout mettre sur le dos de Sarkozy, de dire que c’est lui qui provoque une fracture entre la France qui travaille et les autres. Je suis désolée mais cette rupture, c’est nous tous qui la creusons. Parce que les autres qui ne sont pas d’accord avec moi sont forcément des cons et que moi, j’ai forcément raison. Au moins.

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De l’’art de ne jamais tomber amoureuse du bon…

Par Emma

Malgré le fait que je ne le vois pas du tout comme ça (romantisme oblige…), je dois bien reconnaître que le terme de « liaisons foireuses » s’adapte particulièrement bien à mes parcours amoureux, sentimental et sexuel. Je dois être génétiquement programmée pour uniquement choisir les histoires d’amour impossibles, et, je vous le donne en mille, je crois bien que j’aime ça, à chaque fois je replonge…
 
Je ne vous parlerai pas de mes amourettes d’ado, de mes béguins obsolètes de jeune adulte, mais plutôt de ma réelle difficulté à avoir une vie de femme amoureuse à peu près équilibrée !
 
« De l’art de ne jamais tomber amoureuse du bon… ». En fait, ma vie se résume à 2 choses : cette phrase et la chanson de Priscilla « Toujours pas d’amour » (oui je sais top canon la référence chanson française, mais c’est pas ma faute, c’est Gauthier qui m’a fait découvrir l’œuvre de Priscilla, depuis je suis fan). C’est vous dire l’ampleur de la catastrophe… L’amour a tout de même été présent dans ma vie et heureusement, sinon j’aurais déjà fait mon choix entre le gaz ou la corde ! Le problème essentiel qui me concerne, c’est que je suis amoureuse de « celui qui faut pas ». J’éclaircis vos lanternes : amoureuse de celui déjà marié, déjà fiancé, déjà en couple, plus ou moins déjà père de famille bien entendu ! Bref, la situation simple et saine par excellence ! Ma dernière histoire d’amour s’est déroulée dans ces circonstances, elle est aujourd’hui terminée mais pas complètement cicatrisée, mais voilà que je m’apprête à replonger avec un autre homme dans un schéma quasi similaire !!!
Donc : 1) je suis totalement pathologique
            2) j’ai vraiment pas de bol
 
J’ai rencontré mon ex au boulot, nous sommes collègues. Ce fut un réel coup de foudre, je crois que j’ai été amoureuse à la seconde même où mon regard s’est posé sur son merveilleux sourire. Je ne me suis pas rendu compte de mes sentiments au début, je constatais simplement que nous avions une complicité particulière, que j’aimais travaillais avec lui, être avec lui, parler avec lui, rire avec lui, et qu’il avait également l’air de m’apprécier particulièrement. Au fil du temps j’ai bien sûr réalisé que ce que je ressentais ressemblait fortement à de l’amour, mais il était en couple, venait d’acheter une maison et rêvait de la remplir d’enfants. De mon côté j’étais avec mon copain depuis près de 5 ans et notre relation était devenu amicale, fraternelle, routinière… Sentir à nouveau le frisson amoureux m’a aidé à réaliser que Ludovic et moi, c’était fini. Je l’ai donc quitté quelques mois après avoir rencontré mon collègue, avec pertes et fracas car lui n’était pas du tout près à entendre la fin de notre histoire.
 
Peu de temps après cet épisode, mon collègue et moi sommes partis chercher un patient dans un autre hôpital, voyage nécéssitant un aller-retour en 2 jours. Il m’avoua plus tard avoir tout fait pour pouvoir faire ce transfert avec moi… C’est lors de ce trajet que notre liaison a commencé, pour se terminer 6 mois après. Ce fut je crois, les moments les plus intenses et les plus heureux de ma vie. Les plus douloureux aussi. C’est durant cette période que j’ai croisé Jeff, ma récidive actuelle dont je vous parlerai tout à l’heure.
 
Notre histoire fut malgré tout très simple : il a toujours été très honnête, ne m’a jamais rien promis, et a aussi souffert de cette situation. Je l’ai aimé de toutes mes forces, et je sais que lui aussi a ressenti de l’amour pour moi. Il est très difficile d’émettre un jugement sur ce genre de relation sans y être plongé dedans, sans avoir connu ce tourbillon. Tout en connaissant la réalité, je l’occultais pour pouvoir croire et rêver d’un avenir commun. Mille fois nous nous sommes dit « on arrête » et mille fois nous avons rechuté ; nous quitter semblait impossible. Pourtant il a choisi de continuer sur la route qu’il avait commencé à emprunter avec elle. J’ai cru crever de douleur, je m’étais préparée à cet instant, mais la souffrance emporte tout. J’ai pleuré, je me suis cognée la tête et les poings contre les murs, je ne dormais plus, et je devais pourtant faire bonne figure au boulot… L’année qui suivi la fin de notre liaison il s’est marié et sa femme a accouché de leur premier enfant. De mon côté, cette année-là, j’ai écumé les boîtes gays toulousaines en tenue de pouffiasse, j’ai énormément bu, j’ai fumé, goûté au poppers, vomi, pleuré, pour finir par coucher avec un jeune mec super beau à qui rappelez-moi d’aller casser la gueule un de ces quatre. Non seulement cette relation ne m’a pas aidé à oublier mon collègue et ma douleur, mais en plus c’était un sale con à qui je regrette bien d’avoir fait l’honneur de partager une brouette ! Et le détail que je ne vous dirai pas car c’est beaucoup trop personnel, c’est qu’en plus, sa bite ressemblait plus à un Carambar qu’à un pénis physiologiquement normal… tout piti piti piti… -hein ? non j’l’ai pas dit !!-
 
Notre histoire est finie depuis 2 ans, je commence à vraiment faire mon deuil, après beaucoup de larmes et d’alcool. J’ai eu l’horrible sensation en le perdant, de perdre l’homme de ma vie.
 
Bon, la partie suicidaire de mon article est maintenant terminée, et tu te dis, lecteur, que tu vas pouvoir ranger les kleenex et attaquer quelque chose de sans nul doute autrement plus rigolo… Bingo ! Tu sais quoi lecteur, après tant de souffrance, de questionnements, de nuit sans sommeil, et bien je crains de ne pas être vaccinée… Je suis en train de tomber amoureuse d’un homme marié, avec 1 enfant, et comble du suprême du top de ma capacité à me foutre dans la merde, vivant à l’autre bout de la France, disons à peu près 800 bornes… Elle est pas bonne celle-là ???!!!
 
J’ai donc croisé Jeff à l’époque où j’étais avec mon collègue. J‘avais remarqué le charme, le regard, le sourire, la gentillesse et la douceur de Jeff, sans m’y arrêter, j’en aimais un autre… Nous nous sommes retrouvés avec Jeff cet été, et là, BOUM ! Coup de cœur réciproque… Il ne se passa rien à ce moment-là, juste un jeu de séduction et l’évidence qu’on flashait l’un pour l’autre. Nous avons gardé contact par mail et texto, en s’avouant plus franchement notre attirance l’un pour l’autre, et nous nous sommes revus la semaine dernière. Ce fut la confirmation de ce coup de foudre, il m’a mangée du regard toute la soirée en maudissant son alliance, et moi je priais pour que mon cœur ne s’arrête pas de battre à chaque fois que je le sentais près de moi… La soirée s’est terminée par un chaste mais délicieux baiser, l’incertitude de quand, où, comment nous nous reverrions, la merveilleuse sensation que l’amour m’envahissait et le sentiment que je fonçais tête baissée dans une inextricable galère…
 
Depuis j’ai reçu quelques messages adorables et je m’acharne à trouver un moyen de le faire descendre dans le coin… JE VEUX LE REVOIR !!!
           
Ne pas pouvoir vivre un amour que l’on éprouve est à la fois très déchirant et très excitant, c’est vrai, mais je préfèrerai malgré tout avoir une vie sentimentale plus sereine !
 
Pourtant j’ai croisé des hommes beaux, disponibles, gentils avec qui je m’entendais super bien, mais je ne suis pas tombée amoureuse… Quand je ne plonge pas, c’est pas la peine, je sors de l’eau, mais quand je plonge vraiment, je me noie ! Là, j’ai plongé et je m’apprête à couler… Mais je suis amoureuse et cette sensation guérie de tout, malgré la situation foireuse dans laquelle je suis… c’est grâce à ça que je vais surnager dans mes eaux troubles !
 
           
La suite (ou autre) au prochain épisode… !
 
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