Les hommes gentils et totalement safe existent-ils ?

NON ! (générique de fin). On n’arrête pas de se répéter : le not all men nous insupporte. On parle de nos souffrances, de nos peurs, la seule chose que vous nous répondez “non mais tous les mecs ne sont pas des connards, hein, moi par exemple…” Alors je te cache pas que le fait que toi, simple inconnu, ne soit pas un connard ne va pas me consoler de m’être faite toucher par des individus qui n’en avaient pas l’autorisation. Mais surtout, en es-tu sûr ?

Homme gentil

Vous ne savez pas ce qu’est la séduction

On va attaquer direct par ce qui fâche. Je vais commencer par citer Victor, l’homme que j’aime et parfait à mes yeux “tu sais, aujourd’hui, je me rends compte que j’ai parfois été limite avec les femmes. Je mettais un peu ça sur le compte de l’alcool mais c’est l’excuse facile, ça.” Voilà. Je pourrais vous parler de milliers de soirées dans ma vie où je me retrouvais coincée par un individu qui avait certainement lu des dizaines d’article ou vu des vidéos de ces arnaqueurs de PUA sur comment isoler sa proie. Le problème, c’est que vous n’êtes pas attentifs aux signes… enfin, non, je corrige : vous n’en avez rien à battre. Ce que vous appelez de la séduction, pour nous, c’est une menace. Pendant que vous débitez vos merdes, on cherche comment à se sortir de ce traquenard.  Bien sûr, il est possible que la jeune femme soit intéressée par vous mais elle vous le fera savoir. Et en général, quand elle ne fait aucun effort pour relancer la conversation et que tu t’enfonces dans un soliloque, c’est que c’est mort, laisse tomber.

Le dragueur lourd qui ne veut pas entendre qu'on ne veut pas de lui

C’est votre principal problème : vous pensez avoir le droit de nous importuner parce que vos intentions sont pures (aka soit nous baiser après avoir recueilli notre consentement… soit flatter votre ego quand vous commencez à collectionner des 06 gratos) alors que bon, si vous n’avez effectivement pas prévu de nous violer (vous êtes bien urbains), vous représentez néanmoins une menace pour nous. Parce que vous ne nous lâcherez pas tant qu’on aura pas lâché notre 06 (option “attends, je t’appelle comme ça tu auras mon numéro”, la technique fourbe pour nous afficher si on a filé un numéro à la con), certains auront même l’audace de nous imposer une accolade, une bise… Vous ne voulez pas nous violer ? Mais il y a bien d’autres comportements dérangeants avant ça qui nous forcent à adopter tant que faire se peut un maximum de stratégies d’évitement (ne pas croiser les regards, ne pas se retrouver isolée voire un code entre potes pour appeler à l’aide… vous nous forcez à ça, oui). Tu es un mec gentil parce que tu ne veux pas me violer ou me mettre une main au cul ? Super mais quand tu m’as coincée une heure dans un bar alors que je voulais passer une soirée avec mes copines, que tu m’as au passage gâché mon plaisir, et que je commençais à m’inquiéter de comment me débarrasser de toi, non, désolée, je ne t’ai pas perçu comme un mec gentil. Car tu ne l’as pas été.

Peur de la drague

Vous êtes complices

Oui, c’est vrai, il est un peu lourd le poto Mateo… dès qu’il est bourré, il roule un peu des pelles gratos à des meufs, c’est chiant. Un peu comme cette première scène des Petits mouchoirs Dujardin sort des WC, commence à plaquer une meuf  contre le mur des chiottes puis va rouler une pelle à une meuf qu’on lui présente, meuf qui se fera ensuite assaillir par son petit ami en mode “azy, c’est pas grave, c’est Jean, il est un peu comme ça”. Je ne me souviens pas du prénom du personnage de Dujardin, j’ai détesté ce film qui est gênant à tous les niveaux avec des personnages tous plus insupportables et problématiques les uns que les autres (notamment celui de Laurent Lafitte… je finis par avoir un peu de peine pour ce mec qui ne se tape que des rôles de connard) et une morale de merde. Bref, votre pote Mateo, il a un peu tendance à coller les meufs en soirée, à leur rouler des pelles gratos et tant pis si c’est accessoirement la vôtre mais bon, c’est l’alcool et il est sympa quand même.

Jean Dujardin dans Les petits mouchoirs, personnage insupportable

Et vous vous voyez encore comme un mec gentil et respectueux ? Vous laissez un prédateur parfaitement identifié agir en toute impunité et pire, vous riez de petites forfanteries parce que bon, il est con Mateo quand même. En général, il finira toujours par exhiber son cul ou sa bite parce que Yolo, vous rirez aux éclats et tant pis pour les femmes qui commencent à faire de grands cercles pour éviter de rentrer de trop près dans le périmètre de votre pote qui ne manquera pas de choper une main féminine pour la poser sur son sexe ou son cul. Nous sommes en pleine agression sexuelle mais vous ne faites rien. Not all men mais on en a un gros paquet qui laissent faire en trouvant toutes les circonstances atténuantes à celui qui est en train d’agresser une femme. Pire, vous en riez. Donc pour un Mateo, on peut compter facilement une demi-douzaines de potes passifs, ça commence à faire beaucoup… Et c’est pas fini car…

Soirée mec

Vous ne faites rien

Très concrètement, si je me fais emmerder dans la rue et que je cherche de l’aide pour m’en sortir, je n’irai vers un homme que s’il n’y a pas d’autres solutions. Déjà, vous avez zéro empathie pour nous, on ne peut jamais compter sur vous… du moins sur les Blancs. Demandez à n’importe quelle femme qui a été enceinte et qui a dû trimballer une poussette dans le métro : les seuls à vous aider sont les femmes et les hommes issus de minorités. Je l’ai observé aussi dès que j’étais chargée ou quand je vois des femmes avec poussettes (c’est même parfois moi qui aide, je ne fais pas qu’observer, hein). D’ailleurs, ces femmes avec poussettes demanderont plus naturellement de l’aide à une femme. Même dans la vidéo des violences du 1er mai où Benalla, Croze et les flics (si) tabassent le couple de manifestants, les seules à spontanément s’interposer étaient des femmes…

Benalla maltraite une jeune femmes, deux femmes essaient de s'interposer

Vous, vous faites quoi ? Vous vous posez en victimes. On parle de femmes qui ont été agressées, qui ont eu peur, qui risquent d’avoir du mal à se rendre à nouveau dans une foule et vous avez l’audace de chialer sur le fait que quand même, vous n’êtes pas comme ça, vous ? Mais vous êtes nés avant la décence ! Personne, personne ne dit que toi, Thibault, tu es une raclure de bidet. Par contre, le fait que tu trouves légitime de pleurer sur ton sort sur un tel sujet, capturant le débat et refusant de partager la souffrance féminine… et bien si, Thibault, tu fais partie du problème. Et pas qu’un peu. Non seulement tu silencies la souffrance féminine en détournant le débat mais surtout, tu nous fais comprendre qu’on pourra continuer à se faire toucher, embrasser contre notre gré, agresser, insulter… tu prendras toujours la défense des “hommes” et non pas d’une victime. Alors oui, Thibault, tous les hommes ne sont pas de sombres ordures et ceux qui ne le sont pas ne se sentent d’ailleurs pas visés et partagent la parole féminine sans la prendre à leur place. Toi, par contre, tu es juste une merde.

Un homme vexé

Le jour où vous aurez compris ça, on aura déjà fait un énorme pas en avant. Commencez par éduquer vos potes, à ne plus rire des agressions dont se rendent coupables vos potes parce que “oh, c’est la fête, c’est pas grave”. Et laissez-nous la parole. Vous ne saurez jamais ce que c’est de tenter de sortir dans une foule festive et les risques que l’on prend quand on sort en soirée. Parce que les hommes se croient permis de nous importuner et que si vous n’êtes pas ce dragueur impétueux, il y a des chances que vous soyez le témoin silencieux.

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Qui qui qu’on invite ?

Le mariage n’est pas que la célébration de notre amour, non, non. Le mariage est d’abord une convention sociale : oublier d’inviter quelqu’un peut déclencher une crise familiale et/ou amicale, une déchirure grave et irréversible. Sauf que ça coûte des sous, les invités et que non, la fille qui était à côté de nous en CE1 et qui nous a prêté unes cartouche d’encre une fois n’est pas un témoin indispensable à notre bonheur.

Qui devons-nous donc inviter ? La famille pour commencer. De mon côté, j’ai deux parents, une soeur et un beau-frère, un presque-frère et sa presque-femme (ils se marient en septembre), 3 tantes, 2 oncles, 6 cousins, 2 cousines, 6 moitiés respectives, 9 petits cousins (Aparté : c’est atroce, je n’en connais physiquement que 5 !). D’ici que j’ai un vrai Jon, je devrais gagner un ou deux neveux ou nièces (hiiiii !) et peut-être un ou deux autres petits cousins. Ça va aussi dépendre du droit à l’adoption des couples homosexuels parce que dans les hétéros de ma famille, hormis ma sœur, y a pas trop d’envie de bébé… Bon ma famille pure, ça fait une quarantaine de personnes, on va en mettre autant pour Jonichou, ça fait déjà 80 personnes. Ploum.


Le problème, c’est que parmi ces 80 personnes somme toute difficilement contournable, il y en a toujours au moins un(e) dont on espère ardemment l’absence. Car comme dirait le poète, on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille… Et on a tous un(e) cousin(e), oncle ou tante pas fin qui finira par vous foutre la honte mais vous sourirez en vous excusant platement auprès des autres invités alors que vous mourrez d’envie de lui planter une ou deux fourchettes dans les yeux. Le cas le plus classique est celui du lourdaud bourré car dans un mariage, l’alcool coule à flot et certains ne connaissent toujours pas leurs limites. Celui là même qui interrompra votre émouvant discours de remerciement par un galant et fort bienvenu « à poil la mariée ! ». Il draguera lourdement les femmes, ira emmerder le DJ pour faire changer la playlist et dans les cas les plus extrêmes, se sera pris une baffe après avoir mis la main aux fesses d’une demoiselle non consentante.


Nous avons également le plaisantin de service (qui peut aussi être bourré) qui confond mariage et one man show, qui nous la joue Jean Dujardin dans le lénifiant « Mariages » (ce film était à chier malgré un synopsis prometteur mais j’ai du mal à supporter Mathilde Seigner et Lio, c’est peut-être pour ça), vous savez genre cynique anti mariage. Celui qui vous saoule toute la soirée à base de corde au cou, début des emmerdes et tutti quanti. Ahahah… Ta gueule.


On a aussi l’accro des bébés, une femme en général, qui considère que puisque vous êtes mariés, vous allez donc procréer. Sauf que pas forcément, ne serait-ce que parce que vous avez envie de profiter de la vie à deux, que vous n’avez pas envie de mélanger vos gènes ou vous avez envie de rentabiliser Gudrun. En fait, peu importe votre corps vous appartient et là, vous avez pas envie de parler couches et allaitement. C’est légitime, j’avoue que ça n’est guère passionnant. Mais voilà, vous y avez droit, vous êtes jeune, fertile (à ce qu’on en sait) et surtout mariée. La sainte trinité de la procréation. Puis merde, si tu te reproduis pas, qui paiera ta retraite, hein ? Hein ?


À propos d’enfants, parlons en. À un mariage traînent toujours quelques chérubins tout mignons gniiiiiiiii. Oui, sauf que les enfants ont une patience à leur échelle : minuscule. Alors que vous écoutez votre magnifique quatuor à cordes la main sur le cœur et les larmes aux yeux, un étrange son discordant s’élève « PATAPATATAPAAAAA! » parfois suivi d’un « keuf keuf bouuuuu… Ouiiiiiiiiin ! ». C’est un fait, les enfants se foutent de l’incroyable magie romantique de votre mariage, ils expriment quelques besoins vitaux (pipi, faim, sommeil) ou tout simplement leur ennui. En tant que mariée extrémiste, je souhaite donc mettre en place un système de garde pour les petits car entre ceux qui chouinent et leurs parents qui se focalisent sur leurs mini mois beuglards, la cérémonie devient un vrai bordel. Déjà qu’ils vont courir partout pendant le vin d’honneur…


Et les amis ? Bon, c’était fatigant de faire la liste famille, on s’occupera des amis la semaine prochaine !

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La leçon de vie des acteurs

Si des fois, tu finis ta journée de travail mécontent car tu as fait de la merde pour répondre aux besoins de tes clients, si des fois, tu te sens sales d’exécuter certaines tâches, je vais te donner mon secret pour revoir la vie en technicolor. Je pense aux acteurs.

Il était une fois un jeune homme (ou une jeune femme, ma fable est unisexe) qui décida de devenir acteur. Plus qu’un métier, une passion. Il prit des cours, travailla dur, il se donnait sans compter pour son métier, n’hésitant pas à brûler les planches dans d’obscurs théâtres à 10 places pour prendre de la bouteille, assouvir sa passion et, avec de la chance, se faire repérer. Une fois diplômé, il courut les castings, plein d’espoir. Aujourd’hui, il a connu son heure de gloire : c’est le monsieur ridicule d’une pub pour banque ou assurance. Voire pire genre la pub Panzani où les mecs chantent faux en souriant dans un décor dessiné ? A chaque fois que je la vois, je pleure pour les acteurs dedans, j’imagine quels ont été leurs rêves et quelle peut être aujourd’hui leur désillusion. Et que dire de la pub Crédit Lyonnais avec les acteurs recalés du cinéma français ? Samuel Le Bihan ou Clothilde Coureau qui hochent la tête face à un banquier qui se croit au souk et leur offre des milliards d’avantages. Non mais imaginez ce qui peut bien se passer dans leur tête. Genre Lebihan qui était un peu une star hypra bankable après la sortie du Pacte des loups, qui a dû se faire un max de pépettes et de soirées de l’ambassadeur et qui se retrouve aujourd’hui à cachetonner dans une pub. Bon, ok, il a dû se faire du blé facile, être payé à rester assis en faisant la moue, ça gère mais on sent bien que sa carrière est plus derrière que devant lui. Ou la Coureau, pareil, sorte d’actrice écorchée vive du cinéma français, ancienne fiancée de l’acteur maudit mort trop jeune et épouse d’un prince, ça fait joli sur le papier. Mais dans les faits, sa carrière se termine face à un faux conseiller financier. Triste, triste, que tout ceci est triste.

Ca met mal à l’aise, hein ? Mais oui, voilà, c’est la vie. Je veux dire que quoi que tu choisisses comme voie professionnelle, y a des moments où faut bien manger et les rêves de gloire et de grandeur attendront des jours meilleurs.Bon, les rêves de grandeur et de gloire sont relatifs dans mon métier : même si on met en place la meilleure appli du monde et que je suis fière à en pleurer, peu de gens sauront que j’ai apporté ma pierre à ce petit édifice mais vous voyez l’idée. La vie professionnelle comporte des moments où on s’éclate, des moments de réussite où on arrive à imposer nos choix et nos préconisations par une subtile argumentation. Et d’autres où le client n’écoute pas, qu’il sait mieux que toi et que vu que les cordons de la bourse sont dans sa main, tais toi et exécute. Non mais pense un peu aux mecs qui ont dû créer la pub Panzani, pense à eux !

Et puis parfois, tu fais des pubs pourries en priant pour que personne ne te reconnaisse et puis un jour, paf, tu es nominé aux oscars. Comme quoi, accroche-toi quoi qu’il advienne, la roue tourne, toujours. Et en attendant, faut bien manger… même des pâtes à la sauce Panzani… aussi !!

PS : Oui, je parle de Dujardin dans une pub pourrie même si pour le coup, à l’époque, il était déjà connu mais c’était avant l’époque Un gars une fille, il était encore dans le Nous C nous

J.Dujardin et B.Salomone – Pub Quick mug par seby9

PS bis : Y a Patrick Bosso aussi qui me donne envie de pleurer quand je le vois faire de la pub pour Point S.

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Un gars, une fille, et moi et moi et moi ?

Je suis ce qu’on appelle une fille qui découvre des trucs trois plombes après tout le monde genre Un gars, une fille. Tout le monde en parlait à la fac, racontait les meilleurs sketches, moi j’étais dépassée. Mais là, ça passe en boucle sur les chaînes de la freebox donc je profite pour rattraper mon retard. Et pif, tiens, j’en fais même un article.

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Revenons aux origines de la série. Tout est parti du Québec où la série est lancée. Les créateurs de la série décident de l’importer en France et moi, déjà, je commence à tiquer. Non parce que faut voir que le Québec a une culture très différente de la nôtre, quoi qu’on en dise, on avait déjà essayé de nous importer un show à l’américaine avec Julie Snyder qui s’est lamentablement vautré. Dans les rôles principaux, Jean Dujardin, que je connais très vaguement grâce au « Nous c nous » et Alexandra Lamy, que je connais pas du tout. La série démarre,
je la regarde pas parce qu’à la même heure y a les Guignols mais je me dis que ça fera pas long feu de toute façon. Finalement, j’ai eu tort (ça arrive même aux meilleures) et voilà que Loulou et Chouchou deviennent des stars, on est tous des Loulous et Chouchoux. Je commence à jeter un œil un peu, j’ai l’impression de voir Guillaume et moi de temps en temps même si Guillaume n’est pas
macho et coureur (juste mateur même pas discret mais bon, c’est pas grave). Depuis, Jean Dujardin est l’acteur bankable du cinéma français, il joue même les Beigbeder dans 99 francs. Alexandra Lamy joue dans quelques comédies romantiques mais rien de bien trippant. En tout cas, à force de jouer les amoureux tous les jours, ils ont fini par sortir ensemble.

 

Bon, maintenant que j’ai fait un petit historique, je vais vous dire pourquoi j’aime cette mini-série. Outre le fait que je mangerais bien Jean à 16h, je trouve qu’au-delà de la caricature, c’est bien vu. Les traits sont bien évidemment grossis, il est macho connard et coureur, elle est jalouse hystérique et superficielle mais on a tous un peu de chouchou et loulou en
nous. Si je suis pas du genre jalouse, je peux être casse-couille à la Alexandra, superficielle et cancanière comme elle. Mais là où je trouve que la série est terriblement juste, c’est dans la complicité du couple. Ils sont gamins qu’ils n’en peuvent plus mais c’est fou comme en couple, on l’est tous. On se chamaille toujours pour de rire, on a nos petits délires totalement incompréhensibles pour ceux qui ne font pas partie du couple (les autres, quoi). Non mais c’est vrai, les couples ressemblent souvent à des chiots qui se mordent l’oreille pour jouer. Ouais, elle est pourrie ma comparaison mais vous voyez l’idée quoi.

Autre chose que j’aime beaucoup dans Un gars, une fille, c’est l’appétit sexuel d’Alexandra. A bien y regarder, deux fois trois, c’est elle qui allume son mec et pas l’inverse et ça, ça me fait plaisir. Et oui, les filles ont aussi des désirs et c’est normal. D’ailleurs dans un épisode, elle menace son mec de faire la grève du sexe et il lui répond du tac au tac : « ouais, c’est ça, tu te lasseras avant moi » et elle lui fait : « Ouéééééééééé, c’est vrai ! ». D’ailleurs y a pas mal de sexe dans la série et de façon pas du tout sous-entendue, plusieurs scènes tournent autour du coït (bon, ça reste soft comme image, on les voit pas en pleine levrette non plus), ça baise, ça parle cul, pipe et même sodomie. Si ! Dans

un épisode, Alex a une grosse gueule de bois et son mec lui raconte à l’oreille ce qu’ils sont censés avoir fait la veille et elle lui répond « ah ben non, ça m’étonnerait ! » « Pourquoi ? » « Parce que c’est à la tête que j’ai mal ! ». Pour une série diffusée à l’origine en access prime time, c’est quand même super osé. Ségolène Royal s’était d’ailleurs émue d’un épisode où Alex convainquait son mec d’aller dîner chez sa mère en lui faisant une fellation. Pourtant, soyons honnêtes, c’est le quotidien d’un couple. Le sexe en fait complètement partie et je trouve ça très bien de ne pas zapper ce gros dossier.

Bon, évidemment, tout n’est pas rose, hein. La plupart des sketches me font marrer, certains sont pas bons mais au vu du volume, le contraire aurait été étonnant. Je regrette juste la fin, du gros n’importe quoi puisqu’ils plaquent tout pour partir vivre à Ste Anne (l’Ile, pas l’hôpital psy). Quand on voit comment Jean est un acharné du boulot pendant toute la saison, qu’ils viennent d’acheter une maison et tout, je trouve dommage que sous prétexte de mettre des décors plus sexy, on gâche le plaisir de retrouver les petites histoires de ce couple ordinaire en se disant que tel sketch nous rappelle quand avec notre chéri(e) à nous, on a vécu une situation similaire.

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Le cinéma fait-il encore rêver ?

Comme je suis une nana au top de l’actualité ou presque, en cette période de festival de Cannes, je me sens obligée de parler cinéma. Enfin, obligée, non, c’est juste que ça m’interroge. Je me demande si le cinéma d’aujourd’hui fait toujours autant rêver qu’autrefois. Non parce qu’à première vue, j’aurais tendance à dire que non.
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Quand on parle cinéma, on pense souvent aux films et acteurs d’un autre temps. Par exemple, je lisais dans un vieux Technikart que le cinéma français peinait à trouver ses nouvelles stars masculines. Qui sont les nouveaux Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo ou Alain Delon ? Ben… Personne. Le cinéma d’aujourd’hui nous donne beaucoup de stars (en ce moment Dujardin, Cornillac, Cassel, Canet, Magimel) mais ce sont des consommables, ils font deux ou trois films et disparaissent. Ou retournent à la télé. Genre Frédéric Diefenthal. Du côté féminin, c’est pas forcément mieux, ça défile mais ça ne reste pas bien longtemps. Quant aux films actuellement, on ne sait plus bien ce qui fait leur aspect mythique. Par exemple, y a 5 ans, le super film culte, c’était Matrix. Aujourd’hui, je n’en entends plus du tout parler. Y a quelques temps, on avait Mélanie Doutey qui était incontournable, je ne sais pas ce qu’elle devient. Comme Alexandra Lamy, Marina Fois ou même Monica Bellucci.

De fait, la production cinématographique s’emballe, de plus en plus de films sortent donc il devient de plus en plus difficile de tirer son épingle du jeu, certains ne restant pas un mois à l’affiche. L’autre jour, je lisais la chronique hilarante de François Reynaerts sur Spiderman 3. Oui, je sais, suis chiante avec mon François Reynaerts mais c’est mon idole en matière de chronique hilarante. Il disait donc que ce qui était dramatique dans ce genre de film, c’est que le principal argument vente c’est « c’est le film le plus cher de l’histoire du cinéma ». Avant lui, on avait eu Independance Day, qui s’en souvient, sans déconner ? Je crois qu’il y a eu le Seigneur des Anneaux, aussi. Là, par contre, je pense que ces films resteront plus dans les annales mais est-ce dû au film seul ou au fait que ce sont des adaptations de livres cultissimes ? Je me pose la question.
 

Quand vous demandez à des cinéphiles quel est leur film préféré, on vous répond rarement un film sorti ces 5 dernières années. Voire ces 10. Est-ce parce que les films récents ne sont plus de l’art ou est-ce parce qu’on ne gagne le titre de culte qu’après quelques années ? Pourtant quand on regarde des acteurs mythiques comme James Dean, ils n’ont pas tourné 150 films. Bon, ok, Dean, il est mort, Marilyn aussi, c’est peut-être pour ça qu’ils sont mythiques. Mais je sais pas, j’ai globalement l’impression que le cinéma fait moins rêver. Si on regarde le Festival de Cannes, y a quelques années, c’était le rendez-vous incontournable du cinéma mondial, on avait droit à un plateau quotidien de Nulle Part Ailleurs… Aujourd’hui, le festival est de plus en plus boudé par les artistes qui lui préfèrent Berlin, par exemple, ou Venise. Cette année, j’ai pas l’impression qu’on en parle plus que ça, Paris Première a bien mis sa chaîne à l’heure de la croisette mais en dehors de ça…

Je me demande si, globalement, trop de cinéma tue le cinéma, en gros. On a une telle offre qu’on ne peut plus voir tous les films à moins d’y passer ses journées mais pour ça, faut soit être critique ciné, soit chômeur et vu le prix du cinéma… Les films balancés cultes avant même de sortir sont vite oubliés car remplacés très vite par un nouveau « film culte de toute une génération ». Ouais, ma génération, on a tellement de films cultes qu’on sait plus quoi faire des DVD, ensuite. Ok, on est la génération zapping mais nous filer un film culte tous les mois, c’est pas un peu too much ? Faut dire qu’on n’attend plus l’avis du public pour donner ce qualificatif de culte. Sauf que vu qu’on peut pas tout voir, certains films attendus comme le succès de l’année sont de fantastiques fours. Moi j’avoue que ça me fait un peu marrer quand même.
 

Pourtant, des films récents et bons, y en a. Genre Requiem for a dream qui est le seul film à l’heure actuelle à m’avoir fait pleurer. Y a eu pas mal de films de Burton (mais pas tous quand même) qui sont de petits bijoux, d’autres films que j’ai vraiment aimé. Mais souvent, ils sont noyés dans la masse, oubliés à peine sortis de l’affiche. Alors, le cinéma est-il en train de perdre sa capacité à nous faire rêver ?

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