Islanova : un roman au cœur de la ZAD

Souvent, je m’agace, je vitupère, j’égratigne ces films ou ces romans qui m’ont raconté un joli synopsis mais derrière, c’est tout moisi. Je me suis répandue sur des articles sur le roman horribilus, je reste avec un goût amer après la lecture d’Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Sans doute parce que j’en attendais quelque chose qui me transporte, qui me capte… pas des pages qui le donnent envie de gifler des êtres d’encre et de papier. Alors quand je tombe sur un roman qui me plaît fort, je jubile. Aujourd’hui, on va donc parler d’Isla Nova de Nathalie Hug et Jérôme Camut.

islanova couverture

L’histoire en bref : la famille recomposée Macare-Stark coule des jours heureux dans les Vosges… jusqu’à ce que le père, Julian découvre sa fille, Charlie, dans le même lit que Leni, fils de sa compagne Wanda. Un malheur n’arrivant jamais seul, un terrible incendie ravage la vallée, allumé par des extrémistes écologistes décidés à accélérer la 6e extinction de masse (donc faire disparaître l’humanité). Pendant que Julian essaie de sauver sa maison et son chien, Leni et Charlie prennent la poudre d’escampette et le train pour une ZAD installée sur l’île d’Oléron. On va donc assister à l’installation de nos tourtereaux dans la zone, les affrontements avec la police et la prise d’un espèce de Center Park construit par la Chine qui sera proclamé territoire indépendant nommé Islanova. Mais tout n’est pas rose à la ZAD, Leni le découvre à ses dépends tandis que Charlie devient un des éléments forts de la nouvelle contrée.

Une maison dans les arbres

En gros. C’est assez compliqué à résumer car il se passe plein de choses donc je vais m’arrêter là pour l’histoire et vous dire pourquoi j’ai aimé ce roman et pourquoi il m’a bien inspirée. Non parce que je dis toujours “ah non, ce livre est nul, faut pas faire ça, ça et ça” mais faut aussi étudier ces romans qui nous séduisent. On va commencer par ce qui m’a un peu dérangé dans le roman : les personnages masculins. Je n’ai aucune idée de comment travaillent notre couple d’auteurs (oui, c’est un couple, je trouve ça chou) mais j’ai trouvé trouvé les personnages masculins principaux très faibles, un peu beaucoup bourrin, surtout Julian et Leni (Vertigo et Aguir sont mieux balancés). Julian, c’est un peu un prototype Vin Diesel-Jason Statham, tout en force, malgré la grosse faille qu’on lui a collée (et que je trouve assez mal exploitée, globalement). Leni subit. Durant tout le roman, il suit des femmes en chouinant, grosso modo. Du coup, les scènes les concernant m’intéressaient moins. A l’inverse des personnages féminins que je trouve bien mieux gérés, notamment Charlie. On parle d’une ado de 16 ans un peu naïve, follement passionnée, parfois trop gentille mais qui n’a pas froid aux yeux et j’ai bien aimé ce personnage qui nous fait découvrir la ZAD dans toute sa réalité.

Nathalie Hug et Jérôme Camut

Autre point : les auteurs sont audacieux à un niveau… En fait, vers le milieu du roman, il se passe un truc que je ne dévoilerais pas et j’étais là “Non… Nooooon ? Non mais je suis sûre y a arnaque, ils ont pas pu faire ça… Ah mais si putain !”. Ce qui m’agace dans pas mal d’oeuvres de fiction, c’est une sorte de volonté de ne pas choquer, entre guillemets, qui fait que tu ne sens pas tellement de tension, pas d’enjeu. Typiquement sur la survie en bonne santé des personnages. On peut penser ce que l’on veut de The walking dead ou Game of thrones par exemple mais il faut du courage pour tuer ou mutiler des personnages (dans les versions écrites, les deux mâles alpha que sont Jaime et Rick perdent leur main, par exemple) et tu lis avec inquiétude car tu n’as aucune garantie que tout le monde va s’en sortir sans trop de casse. Idem sur le manichéisme de très nombreuses oeuvres où les gentils gagnent et les méchants perdent. Si tu sais que la cause d’un personnage est bonne, peu importe les circonvolutions de l’intrigue, tu sais qu’à la fin, il triomphera… Alors que là, tu n’as aucune idée de l’issue, tu ne sais même plus qui a de nobles intentions et qui n’en a pas. 

The walking dead, morts

Et justement, on touche là LE point qui m’a fait aimer ce roman : il n’y a pas de bien ou de mal en soit. Déjà, selon qui tu suis, le point de vue sur la ZAD peut énormément évoluer, il y a pas mal de violence et nous-mêmes, en tant que lecteurs, on est un peu ballotés. Il y a d’un côté la cause. Belle, forte, elle est unanimement reconnue par tous les personnages mais certains sont rebutés par la violence d’Islanova (dans la défense de son territoire) et par la méthode de lutte (prise d’autorité d’un centre aquatique pas encore ouvert). Et ça touche ici le sujet qui me fascine depuis des années : la lutte, comment. C’était un peu tout le propos du roman de Maja (que j’ai toujours pas commencé à relire malgré ma semaine d’intercontrat… Je suis une loseuse) et c’est hyper bien amené car il n’y a, dans son roman, aucune vérité. Oui, la cause est juste mais est-ce qu’on peut agir ainsi ? Oui pour les soutiens de la ZAD (dont Charlie), non pour ses opposants (Julian en tête), ça dépend pour les dirigeants même de la ZAD car même dans un même camp, il y a des différends.

Croquis du futur centre aquatique à Lormont par Stark

J’avoue que j’ai acheté le roman avec un peu de crainte : je ne pouvais résister puisque le sujet me branchait mais j’avais peur d’un traitement un peu réac de la ZAD. Il n’en est rien, on n’est pas non plus dans une admiration béate. Les personnages féminins sont bons, les masculins moins mais je me demande limite si ce n’est pas fait exprès, notamment Leni qui ne fait que suivre différentes femmes dans le roman sans vraiment servir à grand chose. Bref, je l’ai lu en vacances (dans un centre thalasso, la mise en abyme était un peu troublante) et je l’ai dévoré. Donc puisqu’on est pile dans la saison où l’on passe beaucoup de temps à lire… foncez.

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Fahrenheit 451 : ne réfléchis plus

Classe de 4e, 1994, la prof de français nous propose de choisir entre 4 dystopies, je choisis Fahrenheit 451 de Ray Bradbury un peu par hasard. Parce que les autres s’étaient majoritairement tourné vers Le Meilleur des mondes et j’avais pas envie de faire pareil et, dans un cours, il avait été question des chroniques martiennes et comme j’étais dans ma période X-files et passion pour tout ce qui était extraterrestre, ce M. Ray Bradbury me paraissait par conséquent un homme bien.

Fahrenheit 451

Alors l’histoire, un peu rapidement. Montag est un pompier mais sa mission n’est pas d’éteindre le feu mais de l’allumer afin de brûler les livres, ceci étant accusés de niveler les gens par le bas par son contenu creux et est facteur d’inégalité sociale. Les citoyens passent donc leur temps libre devant un écran, s’abrutissant de plus en plus. Montag rencontre un soir Clarisse, sa voisine de 17 ans qui vit chez son oncle et qui, par une série de questions, va lui faire découvrir le monde tel qu’il est : un peuple malheureux et abruti qui n’a plus la force de penser, des gens qui n’observent plus et, surtout, ne se parlent plus. En rentrant chez lui, Montag découvre sa femme Mildred inconsciente, elle a tenté de se suicider mais deux personnes viennent la ranimer et elle ne se souvient plus de l’incident. Montag réalisé alors qu’ils ne s’aiment pas, aucun ne pouvant même se souvenir de leur rencontre dix ans plus tôt. Lors de l’incendie d’une maison plein de livres où la propriétaire préfère mourir brûlée vive que de vivre sans ses livres, Montag va voler un livre. Et commencer à lire.

Fahrenheit 451, la propriétaire brûle avec ses livres

Selon les interprétations, ce livre est une métaphore du maccarthysme avec notamment la chasse aux intellectuels suite à une simple délation (la maison de Montag sera brûlée suite à la dénonciation de sa femme et de ses amies qui ont vu Montag lire). De façon un peu plus large, j’y vois cette dystopie de l’abrutissement des masses pour les rendre plus dociles. Comme 1984, le discours ici est le symbole même de la régression des masses puisque les discours des leaders (exemple le chef pompier de Montag) n’a pas de réel sens mais Montag ne découvre tout ça qu’en se posant des questions, ce qu’il n’était pas encouragé à faire jusqu’à ce qu’il rencontre Clarisse. Se réveille alors chez lui une envie de tout changer, il rejoint les hommes livres (il lit un livre et le retient pour pouvoir le transmettre), la société s’écroule (la guerre est imminente, la population se suicide par paquet comme on l’apprend dès le début du roman quand des infirmiers viennent retaper Mildred en mode “on en a de plus en plus des comme ça”). Le bonheur par l’oisiveté mène à la catastrophe, le manque de réflexion tue les hommes.

Couverture de Fahrenheit 451

Mais quand j’ai lu Fahrenheit 451, j’ai pas vu tout ça et j’en viens à un nouveau point sur les dystopies : peut-on lire les dystopies comme une simple histoire ou ne peut-on que les apprécier qu’à partir du moment où on a un solide bagage culturel ? Quand j’ai lu Fahrenheit du haut de mes 13 ou 14 ans, je ne connaissais pas les autodafés, alors même que j’avais vu Indiana Jones et la dernière croisade plusieurs fois mais je sais pas, la scène de l’autodafé devait pas me parler, et en lisant le livre, j’étais là “mais pourquoi ils font ça, je comprends pas…”. Je n’ai cependant pas un mauvais souvenir du livre, je l’ai dévoré (essentiellement parce que je voulais savoir ce que devenait Clarisse qui disparaît dans le roman) et la scène finale de la ville bombardée m’a tellement marquée que je m’en étais inspirée pour la scène finale de Technopolis. D’ailleurs, à bien y réfléchir, Technopolis emprunte énormément à Fahrenheit, tiens… Oceany étant in fine une très bonne Clarisse. J’ai écrit ce roman y a 17 ans et je me rends compte aujourd’hui de cette énorme influence. Parce que peut-être qu’à 13 ou 14 ans, j’avais pas tous les outils pour tout comprendre (autant vous dire que le Maccarthysme à ce moment là de mon histoire perso, j’avais juste aucune idée de ce que c’était).

Affiche Maccarthysme : le communisme arrive

Mais pour en revenir à ma question initiale : peut-on lire un dystopie sans le contexte ? Aurais-je dû d’abord me renseigner sur le Maccarthysme et/ou les autodafés avant de rentrer dans ce roman ou dois-je entrer dans une dystopie avec une certaine candeur, quitte à rechercher ensuite des explications ? Et quand on écrit une dystopie, doit-on donner direct le trousseau de grosses clés ou les glisser discrètement sous le matelas (je suis un peu traumatisée des escape games, aussi) et laisser le lecteur les chercher s’il en a envie ?

Bibliothèque universitaire

Et bien… j’ai pas du tout les réponses, en fait. Mais il est clair qu’en tant que lectrice adulte, j’adore les différents degrés de lecture. Mais peut-être que faire lire des dystopies à des ados sans leur donner un minimum de clés, c’est risquer de les dégoûter du genre… Heureusement, depuis, y a eu Hunger games… dont je ne vous parlerai pas la semaine prochaine car je n’ai ni vu, ni lu mais je vous garantis que c’est sur ma liste. Ah et pour ceux qui sont un peu intéressés par Fahrenheit mais moyen chaud pour le lire,  y a le film de Truffaut, super fidèle (avec une esthétique que j’adore).

Le film Fahrenheit 451

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Disparue de Lisa Gardner : les polars se déclinent au féminin

Forcément, semaine des droits des femmes oblige (oui, j’en fais une semaine, moi), j’avais envie de vous parler d’une auteure de roman. J’avais dans ma besace d’un côté Lisa Gardner et de l’autre “Sur ma peau” de Gillian Flynn mais j’ai préféré prendre celui où l’héroïne est la plus badass. Donc Disparue de Lisa Gardner.

Disparue de Lisa Gardner

Je vous raconte l’histoire : Rainie est enlevée au coeur de la nuit, son mari, dont elle est temporairement séparée, Pierce Quincy, va collaborer avec les forces de police locale pour tenter de retrouver celle qu’il aime. Voilà, ok, niveau originalité, on repassera, je suis d’accord. Mais ce roman va déjà me permettre de mettre en exergue quelques différences majeures entre une écriture masculine et féminine, à savoir :

Ecriture féminine

  • Le héros n’est pas omniscient ou omnipotent

Il y a un truc qui m’a toujours gonflée, c’est le héros parfait qui sait tout, qui voit tout, qui réalise des prouesses dès le petit déjeuner, genre Robert Langdon, Darwin Minor ou encore Miles Lord, ces mecs qui te sauvent le monde et ramassent la fille qui les aident à la fin, vous voyez ? Cet archétype masculin du mec infaillible qui hurle en sous-texte “l’auteur aimerait tellement être moi”. Ici, Quincy ne fait quasi rien, finalement. Il réfléchit certes mais c’est plutôt sa fille, Kimberly, qui va agir, une shérif, aussi. Même, par le passé, quand la famille de Quincy est disséminée par un serial killer, ce n’est pas lui qui va sauver sa dernière fille mais Rainie. Bref, sans les femmes, il n’est plus grand chose.

Lucy Lawless dans Xena

  • Les héroïnes n’attendent pas d’être sauvées

Pas de syndrome Belle au Bois Dormant ici (vous savez, la meuf qui roupille en attendant qu’un mec ait l’obligeance de la tirer de là où elle est), Rainie, dont on suit également les péripéties, essaie à tout prix de se sauver de la situation périlleuse où elle se trouve, devant par ailleurs sauver la vie d’un enfant kidnappé avec elle. Je vous dirai pas si elle s’en sort ou non mais elle perd pas mal de son intégrité physique au cours de l’histoire (ses cheveux pour commencer mais aussi un genou, quelques côtes…). Et pourtant, elle lâche rien… On dirait presque le méchant increvable d’Avatar, à force.

Sarah Michelle Gellar dans Buffy

  • Mais la beauté doit être préservée

Oui, la beauté reste la beauté. Je spoile un peu là donc pour ceux qui veulent lire le roman (qui est franchement pas mal), rendez-vous paragraphe suivant. Donc au cours de moult péripéties, la belle Kimberly (la fille de Quincy) et la shériffe pas très jolie se retrouvent dans un phare en flamme. Alors que la vie de Kimberly est menacée, elle est sauvée par la shériffe qui perd un peu son visage au passage. Alors certes, la belle Kim était évanouie au sol mais c’est quand même étonnant que la belle ne soit pas défigurée alors que l’autre… Par ailleurs, les personnages féminins sont souvent décrits en fonction de leur beauté (Rainie est belle, Kim aussi, un autre personnage secondaire et pas très sympathique par contre…). Mais bon, y a des mécanismes sociaux plus difficiles à démonter que d’autres.

Wonder woman

Alors du coup, Disparue de Lisa Gardner, on lit ou pas ? Ma foi oui : l’action est nerveuse, on n’échappe certes pas à quelques clichés mais qui passent sans trop faire lever les yeux au ciel. Par contre, y a eu une maladresse d’écriture à un moment, je sais pas si ceux qui ont lu ont eu pareil. C’est peut-être moi qui ai lu de travers, je dis pas mais du coup, à un moment, y a un dialogue mal ficelé et qui m’a révélé le nom du ou de la coupable… Sur le coup, je me suis dit “quoi, c’est iel ?” mais en fait, ce n’était pas encore l’heure de la révélation… mais ça m’a permis de tout remettre à l’endroit et quand j’ai su que c’était Emile le tueur, ça ne m’a guère émue.

Cité de la peur - Odile Deray

Bref, si vous voulez un polar sympa qui occupe le temps, celui-ci est très bien. Pas forcément le meilleur, je n’avais pas de mal à le remiser au fond de mon sac une fois ma destination atteinte mais ce fut quand même plaisant à lire. Et je pense retenter l’aventure avec Lisa Gardner à l’occasion

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Faire la queue ou le début de la fin de la civilisation

Ah ben oui, j’y vais cash. De retour de vacances, je suis au sommet de ma forme ! Et pour mon retour, je vais vous narrer une anecdote car ça, j’aime bien.

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Tout se déroule vendredi fin d’après-midi. Après être partie en courant du boulot pour attraper le train de 18h23, j’arrive dans une gare Montparnasse bondée. Oui bah un vendredi soir de juillet, ça ne m’étonne pas plus que ça. Je file acheter mon sandwich et je répère une dame qui tourne autour des queues, vraisemblablement pour gruger. Et ça n’a pas manqué. Je commence à m’agacer : putain mais pourquoi les gens essaient toujours de faire ça ? Et quand je dis dame, elle avait le look de la dame du catéchisme prête à se lancer sur les chemins de St Jacques de Compostelle, la gruge de queue semble une maladie universelle. Mais j’en étais qu’à l’échauffement…

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Car mon train n’est jamais parti. Et ce n’était pas le seul à ne pas partir. Donc dans ce hall surchauffé et survolté, j’appelle mes parents pour avoir leur avis : le train de 16h40 et celui de 17h48 n’étant pas partis, est-il utile d’attendre celui de 18h23 alors que d’après les infos que j’ai, un incendie fait rage sur les voies puis y a eu un accident en plus ?

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Ah oui, petit apparté. Soyons clair, je ne reproche pas à la SNCF ce navrant enchaînement des faits mais par contre, il faut vraiment apprendre à communiquer. Je suis arrivée à la gare vers 17h45, je suis donc allée m’acheter à manger. J’avais bien vu qu’il y avait des retards et des trains annulés mais je n’ai pas fait particulièrement attention. Une fois mon sandwich acheté, je commence à remarquer qu’il y a quand même vraiment beaucoup de monde, pas mal d’agents SNCF sécurité et de gens énervés. Et pas parce qu’ils se sont faits dépasser par la dame du catéchisme dans la queue de la boulangerie. Donc 20 mn après mon arrivée à la gare, je finis par choper mon smartphone et je découvre la vérité : ça chie grave. A ce moment là, le train de 17h48 est annoncé avec juste 10 mn de retard et le mien à l’heure… Aucun des deux n’est parti. Alors je veux bien que ce soit le bordel mais informez putain !

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Bref, comprenant que je ne partirai pas, je commence à me rendre aux guichets pour me faire rembourser et là, on arrive au summum de la gruge et je peux vous garantir que les grugeurs sont de tout âge, c’est universel, je vous dis ! Technique favorite du grugeur : jouer le paumé. Ainsi, quand j’atteins enfin le point ticket après 15 mn de queue (donc juste pour retirer un ticket), un mec arrive de nulle part et interpelle l’employé SNCF pour lui poser des questions et lui tend son billet en mode “je veux être remboursé”. Oui pardon, monsieur, ça te gêne pas que je sois déjà là, sans parler de la vingtaine de personnes qui font la queue derrière moi ? Ca déborde dans tous les sens, les gens ignorent les queues déjà formées, le nez levé, utilisant leur air perdu comme un coupe-file.

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Et ça me rend folle. J’avais déjà parlé de l’incivisme ordinaire dans le métro mais là, ça frôle le débordement de vase ! Surtout que je suis la meuf prête à laisser passer des gens si besoin est comme cette femme enceinte qui cherchait un guichet rapide pour juste avoir un mot pour dire que le train n’est pas parti. Mais là, ça vire au n’importe quoi. Mais quel est l’intérêt, pourquoi faire ça ? Pourquoi cracher systématiquement à la gueule des autres juste pour gagner 5 minutes ? Pourquoi prendre le risque de se faire prendre à parti et donc de s’engueuler, mettant tout le monde de mauvaise humeur ? Qu’est-ce qui vous pousse à systématiquement faire un gros doigt aux règles et à la bienséance quand lesdites règles ne sont qu’une question de mieux vivre ensemble ? Toi qui a grugé, es-tu rentré chez toi satisfait de toi-même, te disant que tu étais plus fort et plus malin que tous ces abrutis qui font docilement la queue ? Mais imagine 30 secondes si tout le monde faisait comme toi, tout le temps… Déjà qu’on fait la gueule dès qu’on doit se rendre dans le métro, par exemple, tout ça à cause de petites incivilités de merde, si tout le monde commence à ne plus compter que sur son intérêt personnel et essaie de dépasser tout le monde dans la queue, ça finira en guerre civile cette connerie ! Le premier au guichet, ce sera celui qui aura pris les cours de krav maga !

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J’aurai mon ticket avant toi d’abord !

J’exagère, certes, mais je me demande à un moment où ça a chié dans la colle. Je ne suis pas une acharnée des règles à la base, je peux même concevoir que certaines sont discutables. Mais parfois, respecter les règles ne nuit à personne, bien au contraire. Je vous renvoie, par exemple, à cet épisode de Minute Papillon avec sa sublime conclusion sur les limitations de vitesse. Après tout, c’est qui le con ? Celui qui ne respecte pas les règles en espérant ne pas être chopé et qui hurle au scandale dès qu’il se fait flasher ou l’Etat qui sait très bien qu’il y aura toujours des cons pour se croire plus forts que les autres, ne respecteront pas les règles et rempliront tranquillement la caisse avec l’argent de leurs amendes ? On pourrait voir ici un paradoxe : en disant merde à la société et ses règles, vous l’engraissez, intéressant. Non parce que pareil, qu’est-ce qui vous paraît si compliqué dans le respect de la limitation de vitesse, surtout aujourd’hui avec des voitures où tout est parfaitement sous contrôle ? On vous a déjà expliqué que rouler plus vite ne vous faisait gagner que quelques minutes au mieux (et en plus, ça consomme plus d’essence donc ça coûte plus cher). Et si vous avez envie de vous la jouer Fangio, inscrivez-vous au club de kart voisin.

Bref, non, vous n’êtes pas plus malins que les autres, vous êtes juste la lie de la société, vous comptez sur la passivité des gens qui n’osent pas l’ouvrir parce qu’on n’a pas été élevés comme ça mais putain vous gonflez tout le monde et ça finira mal. Si vous avez des accès de rébellion, je sais pas, engagez-vous dans une association qui se bat pour changer les règles pour dessiner un monde qui vous convient… Ah mais oui, suis-je sotte, vous n’avez pas envie de dessiner un autre monde puisque la seule chose qui vous enchante, c’est votre propre confort. Emmerder les autres pour gagner 2 minutes que vous reperdrez très rapidement (genre en attendant le métro ou le train qui n’arrivera jamais), ouah, super, quel gain incroyable !

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Pour achever cet article sans queue ni tête (mais j’aime bien ces articles à la limite de l’écriture automatique), revenons à la SNCF qui a versé la dernière goutte de cette journée de merde (oui, de merde car l’écran de mon iPhone pro, déjà abîmé, est définitivement mort quand mon chat l’a fait tomber de mon lit. Oui de mon lit, vive la solidité de l’iPhone 5c, hein ! Or mon smartphone ne serait pas mort si j’étais partie puisque, partant sans mon chat, elle ne l’aurait jamais fait tomber de mon lit). 0h, je reçois un mail “ouais, super, vous avez effectué 5 trajets en IDTGVmax, vous avez gagné une étoile”. Super, à quoi sert cette étoile ? A rien ! Si on considère en plus que je suis abonnée à ce service depuis février, 5 trajets c’est pas grand chose… Surtout si on considère que le 5e, c’était celui de vendredi soir, celui que je n’ai pas pu faire donc… Alors la SNCF, vos employés au guichet ont été super et, de façon générale, j’ai été surprise par le calme des gens face à cette situation. Mais revoyez votre communication, pitié…

Le chat casseur d'iPhone

Le chat casseur d’iPhone

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Paranormal Activity 1 & 2 de Oren Peli

Lecteur, je ne sais pas si tu en as bien conscience mais des fois, je souffre exprès pour toi. Comme par exemple quand, dans l’avion, je regarde Paranormal Activity 1 et 2. Et si j’ai pas regardé le 3, c’est parce qu’il y était pas. Tout ça pour t’écrire un nouvel opus de l’art du nanard… Remercie moi.

En fait, tout a commencé par accident, je me demandais quelle était cette étrange émission de téléréalité bidon que regardait la fille devant moi dans l’avion (au passage, pourquoi je me retrouve toujours derrière le connard ou la connasse qui allonge son siège dès le décollage ?). En guise de téléréalité, c’était en fait un film réalisé avec trois bouts de ficelles façon vidéo amateur pour faire plus vrai : Paranormal activity 1.

Katie et Micah sont de jeunes étudiants qui s’installent ensemble dans une belle maison mais suite à quelques événements étranges, Micah achète une caméra pour filmer tout ça. Et c’est vrai que ça fait peur : pendant la première nuit, les clés que Katie avaient posées sur le comptoir de la cuisine sont tombées au sol. OH PUTAIN C’EST LE DEMON ! A dire vrai, les premières nuits, ils ne se passent quasi rien : un lustre qui se balance, des lumières qui s’allument et s’éteignent. C’est du démon de compète… Y a la porte qui bouge un peu. Bref, je meurs de peur. Katie appelle un prêtre ou un exorciste et lui raconte qu’elle est poursuivie par un démon depuis qu’elle est toute petite, même qu’il a mis le feu à leur ancienne maison.

Bref, la caméra énerve un peu notre démonounet qui commence à se fâcher un peu. Katie passe une nuit debout, endormie, avant de partir dans le jardin, il prend possession d’un oui-ja, ça monte en pression. Un soir, Micah trouve dans le grenier et trouve une photo à moitié brûlée de Katie petite. Tout le monde flippe mais moi, pas trop, trop. En fait le suspense se base sur une technique de base : images sombres, silence, tu sais qu’il va se passer un truc (un truc = porte qui claque, un objet qui tombe…) et forcément, quand ça se passe, tu sursautes. Finalement, seule la fin est bien foutue, les deux dernières attaques sont sérieuses (c’est pas juste une lumière qui clignote mais j’en dis pas plus). Le premier opus se termine sur une scène “d’horreur” (on voit rien, t’as qu’à imaginer), sans explication.

On passe à l’opus 2 avec une petite famille américaine : le papa, la toute nouvelle maman avec un petit garçon et la fille du père (belle-fille de la mère). On a droit à des images absolument sans intérêt d’un bonheur familial jusqu’à ce que l’on frappe à la porte : oh mais c’est Katie de l’épisode 1. Katie est la soeur de la jeune maman ! Effectivement, elle avait parlé d’une jeune soeur… Bon, il me semble que dans l’épisode 1, la dite soeur devait s’appeler Cherry et là, elle devient Kristi mais comme j’ai eu la flemme de vérifier, on va dire que je me plante. Petite ellipse temporelle, on se retrouve un an plus tard et la maison de Kristie a été dévastée par des cambrioleurs qui n’ont rien emporté… Ohoh, dit Kirstie à Katie, ça me rappelle quand on était petites, tu sais ? “non, non, parle pas de ces choses là!”. Du coup, le mari de Kristie installe des caméras partout dans la maison et c’est reparti pour un tour : il se passe des trucs trop flippants genre le robot de la piscine qui sort tout seul de l’eau pendant la nuit. TERREUR ! Le démon semble en vouloir à Hunter, le bébé, il se passe des choses étranges la nuit dans sa chambre. Un soir, la bonne espagnole entend de drôles de bruits, elle flippe et veut exorciser la maison mais les parents rentrent à ce moment là et la virent.

Là encore, les événements deviennent de plus en plus violents, on passe de pas grand chose à un bébé qui vole jusqu’à l’attaque violente de la mère par le démon. On sait que l’histoire se passe juste avant le 1. Kristi révèle qu’elle est attaquée depuis toute petite et…. Non mais attendez, quoi ? Dans l’opus 1, c’est Katie la victime du monstre, pas Kristi… Et pourtant si. Le démon prenant possession du corps de Kristi,  la seule façon de s’en débarrasser est de le refiler à Kathy pendant un exorcisme (où la bonne espagnole revenue entre temps disparaît entre deux scènes, normal). Super les mecs, vous êtes en train de totalement vous contredire.

Bref, je vous raconte pas l’histoire plus avant. Dans le 3, de ce que j’ai vu de la bande annonce, ils relieraient le démon à la légende “Bloody Mary” (le truc où tu dis trois fois son nom dans le miroir pour l’invoquer). Là encore, le démon en a après Kristi. Sauf que dans le 2, la belle-fille de cette dernière semble trouver une raison liée à un ancêtre de la famille qui aurait vendu son âme au diable. Et dans le 1er, c’était Katie la victime du démon et non Kristi.

En fait, la “force” du 1 était qu’il n’y avait pas vraiment d’explication bien que Micah parle d’un cas similaire, une certaine Diane (prénom gravé par le démon sur le oui-ja), histoire qui disparaît complètement dans l’opus suivant. En donnant une explication dans le 2 (qui semble modifiée dans le 3), ça casse complètement finalement le peu de peur psychologique du film : Katie est victime sans raison, limite, ça peut nous arriver à tous. Le 2 est plus poussé en terme d’effets spéciaux , les attaques sont de fait plus violentes et le switch final peut être un bon lien entre les deux opus en fin de compte.

Le problème en fait, c’est le rythme. C’est long, très long, tu as des scènes où il ne se passe quasi rien, voire carrément rien et tu attends limite les attaques avec impatience histoire de voir un truc. Le suspense est gonflé de façon artificielle : tu vois les heures défiler au fur et à mesure et dès que le compteur repasse à vitesse normale, tu sais qu’il va se passer un truc. Pas forcément un truc de ouf mais un truc. Du coup, t’as la pression qui monte, tu flippes et quand un objet tombe, tu sursautes. Sauf qu’une fois le film fini, ben tu peux dormir seule chez toi dans le noir sans aucun stress. Parce que ça ne fait juste pas peur, du début à la fin, tu te dis “bon allez, c’est quand la prochaine attaque parce qu’on s’ennuie ferme, là…” Et tu espères qu’à la fin, tu n’auras pas perdu 1h30 pour rien. Et ben si.

Et dire qu’ils vont en faire un 4e…

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Les vacances de l’amour

Lecteur, tu l’auras remarqué, plus une série est pourrie, plus je la kiffe. Pourquoi ? Masochisme télévisuel ? Non, c’est pas tant ça, c’est juste que j’adore parler de
ce genre de séries, surtout qu’on remarque vite qu’on n’est pas la seule à les regarder. Et ce que j’adore encore plus, c’est de les disséquer pour en faire sortir les grandes lignes.
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Donc les Vacances de l’amour, c’est quoi ? C’est la suite (et à priori la fin) d’Hélène et les garçons. Avant, Hélène et ses potes étaient étudiants (Hélène et les Garçons)
puis y en a un qui a hérité d’une maison et ils y ont tous emménagé (Le miracle de l’amour) et enfin, un d’entre eux a gagné au loto et comme il est trop sympa, il embarque tous ses potes dans une île paradisiaque des Antilles, Love Island (les Vacances de l’amour). Déjà, rien que le nom de l’Ile, ça promet. Alors dans un premier temps, ils vivent tous à l’hôtel puis on vire la moitié du casting et on récupère Johanna, héroïne des débuts de la série et là, les filles tiennent un bar sur cette même île pendant que les garçons sont skippers sur un bateau sauf un qui est moniteur de jet ski. On récupère Nicolas au passage, l’ancien fiancé d’Hélène qui avait quitté la série avant que l’autre gagne au loto mais je sais pas pourquoi. Bon, en gros, à chaque épisode, la bande sans Hélène, partie depuis longtemps en Australie, traque tous les méchants de l’Ile et Dieu sait qu’il y en a, un par épisode. Puis nouvelle saison, les gens changent un peu de travail : les filles n’ont plus leur bar, Johanna et Lalie tiennent une agence immobilière, Bénédicte une galerie d’art, la moitié des garçons sont skippers et les autres tiennent un watersport. Arrive les méchants-méchants : les Watson, Peter et sa sœur Eve, nymphomane qui se fait sauter à tous les épisodes. Puis Hélène revient, Eve Watson disparaît mais y a une plus grande nympho, Audrey McAllister, qui se tape en moyenne 3 mecs par épisode. En très gros, les méchants-méchants veulent faire un super complexe hôtellier et les gentils-gentils veulent pas pour
protéger l’écosystème. Oui, l’intrigue d’Hélène aux Antilles et écologique.

 

Bon, en fait, le scénario en lui-même, on s’en branle. Moi, ce qui m’intéresse, c’est l’évolution de la série. A l’époque de la fac, ils baisaient mais ça se disait pas, c’est
très sous-entendu. Genre, dans un épisode, on veut faire croire que deux personnages ont passé la nuit ensemble, ils se baladent avec des lunettes de soleil (sous entendu, j’ai pas dormi, j’ai des petits yeux). Des fois, y avait un peu de pédagogie aussi « mais tu te protèges au moins ?

– Mais bien sûr enfin ».

Là, ça nique pour de vrai et c’est carrément pas sous entendu. Déjà, on voit des seins tout le temps. Enfin, ceux des putes de service genre Eve ou Audrey, les gentilles-gentilles,
non. Déjà, les gentils-gentils, ils ont tendance à coucher dans un lit donc les draps cachent leurs courbes alors que les garces couchent sur la plage. J’ai même vu un cul nu (masculin), un méchant-méchant qui couche avec Audrey, sur la plage, donc. Parce qu’Audrey, à peine elle a atterri sur Love Island qu’elle connaît toutes les plages désertes où copuler avec ses nombreux amants. De toute façon, Audrey, elle répète à longueur de temps qu’il n’y a que le cul et le boulot dans la vie pour elle donc dans un épisode, elle va se faire son complice dont j’ai oublié le nom (David, je crois), son futur mari, Peter Watson, et Nicolas qui est tout dépressif car il croit qu’Hélène est morte et que sa fiancée officielle est en prison à Paris. Je pense qu’Audrey lave son hygiène intime avec Rogé Cavailles pour pouvoir assurer ces multiples coïts sans que ça finisse par brûler et sans choper une cystite. Surtout qu’Audrey, elle est sale, elle couche surtout dans la mer, les piscines et sur les plages et c’est pas bon pour la flore intime.

Il y a de la drogue aussi. Ca, ils aiment bien la drogue dans Hélène et les garçons sur le modèle chute, rédemption et mea culpa. Là, on a Cynthia, l’Allemande molle qui revient
dans la série et elle est droguée. En allant chercher une dose, elle se fait voler son sac et elle se retrouve employée de force dans une boîte de strip tease (c’est Matrioshka version
bisounours) mais ses amis la sauvent à temps et du coup, elle est désintoxiquée dès qu’elle dit « non mais la drogue, c’est trop mal ! ». Quoi que non, dans l’épisode suivant, en
manque, elle s’endort et y a le feu et le bébé de Laly manque de cramer. Mais il est sauvé quand même, faut pas déconner non plus.

Bref, sexe, alcool, mais plus rock n’ roll puisque les garçons ne jouent plus, ils barrent des bateaux et conduisent des jet skis. Et font des bébés à leur copine, genre ça pullule
dans la série : Laly nous en fait un et après, c’est Bénédicte. Mais pas Audrey qui met jamais de capotes, elle doit prendre la pilule. En fait, le but de cette série est clair : le
scénariste a pris le pari que ceux qui regardaient Hélène ado suivraient ses nouvelles aventures adultes et trouveraient donc que les personnages sexent et travaillent (même s’ils changent de boulot tous les 3 jours alors qu’il me semble qu’aucun n’a jamais été diplômé de quoi que ce soit). Sauf qu’à l’arrivée, je me demande si le trop grand décalage entre l’histoire de départ et celle d’arrivée n’est pas trop grand. Surtout que si on regarde, des jeunes qui passent leur journée au bord de la mer, qui baisent à tout va et changent de métier tous les jours, c’est pas précisément nouveau…

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Friends

« I’ll be theeeere for youuuuu ! » En 1997, j’allume la télé un soir d’été et je tombe sur une série bizarre, débile et qui me
fait mourir de rire : Friends. Je connaissais de nom, la série passait depuis quelques temps sur Canal Jimmy et tout le monde en parlait sur Fun Radio ou dans le magasine XL (oui, là, je viens de démontrer qu’ado, j’étais une super pintade). Du coup, j’étais méfiante. Quand on hurle au génie, j’ai peur de l’effet de mode. Donc comme rien ne vaut ma propre opinion, je regarde.

 

Voici donc l’histoire de 6 New-Yorkais pré-trentenaires. Rachel, Monica, Phoebe, Chandler, Joey et Ross. J’avoue que je ris comme une bossue, je suis totalement fan. Bon, je m’abstiendrai de présenter les personnages, je pense que tout le monde connaît la série et l’a vu au moins une fois. Cette série a « révolutionné » ma culture de fin d’adolescence. Au lycée, dans notre groupe d’amis, on ne parlait que de ça, j’étais surnommée « Phoebe » parce qu’à l’époque, j’étais totalement mystique, un peu timbrée et surtout, je voulais devenir
chanteuse. Oui, moi, mon rêve, ado, c’était de me retrouver seule sur une scène avec ma guitare. Bon, presque 10 ans plus tard, je n’ai jamais pris un cours de guitare mais les rêves d’adolescence sont très beaux. Bref, on en était accro, on s’était amusé à doubler un épisode, on en parlait souvent : « et tu as vu Friends, hier soir ? ». Cette série m’a d’ailleurs valu une déclaration d’amour particulière. Je raconte. J’ai donc 17 ans et je fais une soirée chez moi, trois copains restent dormir à la maison. Je vais me coucher et quelques
instants plus tard « toc, toc, toc ». Je vais ouvrir : Julien, un des trois garçons. Il m’explique que les deux autres font les cons et qu’il a envie d’un peu de calme donc on commence à discuter et on dérive sur Friends. A un moment, je babillais sur le sujet et je me prends un : « je t’aime ». Là, je bloque et je réponds : « Heu… Tu dis ça pour moi ou pour Friends ? ». Oui, quand je dis qu’ado, j’étais vraiment nulle dans mes relations homme/femme, je mens pas.

Bref, revenons à Friends. Les personnages sont assez caricaturaux, pour provoquer des situations burlesques, mais je pense que nous nous reconnaissons tous un peu dans ces personnages. Ado, j’étais plutôt Phoebe, aujourd’hui, je serais plutôt Rachel. Un peu gamine, un peu pleurnicheuse, carriériste, enthousiaste et totalement nulle en matière de drague. Non parce qu’il faut l’avouer, ce que je préfère chez Rachel, c’est quand elle s’amourache d’un mec et ne sait comment se déclarer. Et ses galères, je connais. Comment faire comprendre au mec trop craquant qu’on aimerait bien qu’il nous fasse des câlins, qu’on s’installe ensemble et tout ça ? En plus, j’adore la façon dont elle s’habille, faudrait que je m’inspire un peu de son style.

Pour les garçons, j’ai remarqué que la plupart d’entre eux se reconnaissent plus dans Chandler ou Ross. Sans doute parce que Joey, même s’il est très mignon et attendrissant, est un sacré idiot. Même si Phoebe a un côté très naïf, elle aussi, elle se montre redoutablement intelligente quand il s’agit de manipuler les gens. Donc les mecs aiment bien se sentir proche de ces deux-là. Je me souviens de Guillaume the first qui essayait de copier le mouvement de tête de Ross quand il part brutalement après une lose, genre « je garde ma dignité ».

Friends, c’est un peu la vie dont tout le monde rêve : une bande de potes qui reste unie quoi qu’il arrive. Ils vivent dans de beaux apparts, ont des boulots plutôt peinards (ils passent leur vie au café), ont des gardes robes impressionnantes, ont toujours des histoires amoureuses avec des personnes physiquement très séduisantes… Bref, tout est plutôt rose. Bien sûr, ils connaissent les loses du quotidien : les problèmes d’argent, les problèmes de boulot, les problèmes sentimentaux… Mais ils finissent toujours par s’en sortir, notamment grâce au soutien de leurs amis. Il y a aussi des décès, comme la grand-mère de Ross et Monica puis la grand-mère de Phoebe. Il y a des naissances également : Phoebe donne naissance aux triplés de son frère, Rachel a une fille avec Ross. A la fin, Monica et Chandler, qui ne peuvent se reproduire, adoptent des jumeaux. Il y a des mariages aussi : Monica et Chandler, Phoebe et Mike. Ross
s’est marié deux fois dans la série, la série débute juste après sa séparation de sa première femme, Carole, devenue lesbienne. Le jeune homme a épousé Emily et Rachel avant de se séparer d’elles.

Ce qui est fantastique, c’est qu’ils vivent tous en coloc : Monica et Rachel et Joey et Chandler puis Ross vient vivre chez les garçon, Monica et Chandler s’installent ensemble donc Rachel part chez Phoebe alors que Ross se prend un appart. Suite à un incendie, Rachel part vivre chez Joey puis Phoebe chez Monica et Chandler avant de récupérer son domicile. Puis lors de sa grossesse, Rachel part vivre chez Ross avant de revenir chez Joey. Ce sont les entreprises de déménagement qui doivent être contents. Notons aussi que pendant un temps, filles et garçons ont échangé leur appart et qu’avant le début de la série, Phoebe vivait chez Monica. C’est compliqué, hein ? Au moins, ça fait des économies pour les décors.

Le truc qui m’agace un peu dans Friends, ce sont les incohérences : lorsque Rachel arrive lors du premier épisode, Monica lui présente Chandler qu’elle n’est pas censée connaître. Or, lors de plusieurs flash back, on apprend qu’ils se connaissaient déjà (Chandler étant l’ami de Ross, Rachel celle de Monica), ils se sont même échangés un baiser à la fac puis Rachel s’est faite draguer par le même Chandler quand elle était fiancée à Barry (celui qu’elle a abandonné) mais elle l’oublie à chaque fois, le pauvre garçon ! Par ailleurs, il y a de gros
soucis avec les âges. Lors de la 1ère saison, Monica a 26 ans. A la 5e saison, on apprend que Ross a 30 ans. Or Monica devrait arriver à sa 31e année et vu qu’elle est la petite sœur du monsieur, y a comme un souci. D’ailleurs, dans la 7e saison, Rachel fête ses 30 ans alors qu’elle a le même âge que Monica et devrait donc arriver aux 33. Or une saison équivaut bien à une année chez nos amis puisqu’on a systématiquement droit à l’épisode de Thanksgiving. De la même façon, certaines pistes intéressantes sont abandonnées : une
fois que Phoebe a accouché, on ne revoit quasiment plus son frère et les triplés, elle en parle de temps en temps mais je la trouve pas très préoccupée par ses neveux, la tatie. Idem pour Emma, la fille de Ross et Rachel qui passe plus de temps chez ses grands-parents ou chez la nounou qu’avec ses géniteurs.

A l’inverse, certains éléments sont présents tout au long de la série comme le chien blanc en marbre acquis par Joey lors de la 2e ou 3e saison qui navigued’appart en appart jusqu’à la fin de la série. Il y a aussi la porte coupée de la chambre de Chandler. Par contre, l’élément récurrent le plus agaçant de la série est le personnage de Janice. Petite amie de Chandler durant la 1ère saison, elle revient régulièrement dans la vie du jeune homme. A partir du moment où il sort avec Monica, Janice revient de temps en temps, croisant par hasard nos héros mais je trouve que son personnage est surexploité à la fin, il n’apporte rien du tout à l’intrigue et ses : « OH MON DIEU, Nahahahahahahahah ! » sont plus agaçants que drôles, à la longue. Je veux bien croire que les hasards de la vie nous fait revoir certaines personnes mais qu’elle croise tout ce petit monde au resto, à l’hôpital (comme par hasard, elle accouche en même temps que Rachel), ou se retrouve future voisine de Monica et Chandler, faut pas déconner non plus.

Friends, c’est fini. Et ce n’est pas plus mal, il faut savoir arrêter les choses tant qu’elles marchent et pas trop tirer sur la corde. D’ailleurs, la dernière saison n’est pas forcément la meilleure et pue un peu trop la guimauve à mon goût. Phoebe se marie, Monica et Chandler adoptent des jumeaux, Rachel et Ross se retrouvent et Joey part faire carrière à Hollywood. Manquerait plus que l’un d’eux gagne au loto ! Ce qui est agaçant, aussi, ce sont les réactions excessives du public. Exemple : lors du dernier épisodes, il font des
« houhou » en applaudissant comme des fous quand Monica et Chandler présentent des jumeaux à leurs amis qui n’étaient pas au courant de la nouvelle. Mais le public sait puisque l’une des scènes précédentes montre l’accouchement. Alors c’est pas la peine de s’exciter, hein ! Mais bon, c’est pareil dans toutes les séries, ils doivent être super bien chauffés pour être au bord de l’hystérie, comme ça.

Ceci étant, je pense que Friends est et restera une série culte emblématique de la fin des années 90, début 2000. Malgré le côté caricatural, on se reconnaît tous plus ou moins dans les galères de ses pré-trentenaires. Et moi, je l’avoue, je revois cette série avec plaisir, surtout que toutes les chaînes du câble s’empressent de la rediffuser…

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J’aime pas l’hiver

17h, il fait nuit, mon thermomètre m’indique que les températures sont passées en dessous de zéro. Hop, je jette sur les épaules ma super couverture en mohair de mémé et je me fais une infusion : l’hiver sera long.
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Mercredi 22 décembre, 16h, ma mère et moi sommes dans la voiture, on fait les courses de Noël… Et on n’y voit rien. « C’est pas possible, doit y avoir un incendie ! » clame ma mère. Faux, c’est le brouillard. A 16h30, c’est comme s’il faisait nuit, je répète ma charmante litanie : « Berk, j’aime pas ça, c’est sinistre, ce temps ! ». Effectivement, on n’a pas revu le soleil avant le samedi, le thermomètre n’atteignait même pas le zéro en journée, les stalagmites formées par la canalisation pétée dans le jardin restent là, les toiles d’araignées sont détruites par le givre, trop lourd pour elles. Je me plante devant la cheminée, une couverture sur les épaules (c’est mon truc, ça), avec juste une envie : roupiller un coup. Ou alors ne rien faire, bouquiner tranquillement. Mettre le nez dehors ? Je suis obligée ? Parce que l’hiver, j’hiberne. Je ne sors que contrainte et forcée, j’essaie de faire un maximum de trucs à partir de chez moi. Quelle déprime !
 
L’année commence en plein hiver. Passé les premiers jours pleins de motivation (une nouvelle année, une nouvelle vie !), la déprime revient : il fait froid, il fait gris. Le seul avantage de l’hiver, c’est que je me promène dans la rue sans me faire draguer par quiconque. Faut dire qu’il faut être en manque pour avoir envie de moi dans ma tenue anti-froid : une immense doudoune qui me fait ressembler à une chenille informe, un chapeau enfoncé jusqu’aux yeux, une écharpe qui me cache le cou… En gros, on ne voit que deux choses : mon nez rouge qui a tendance à couler dès que je rentre dans un lieu chauffé et mes lèvres craquelées par le froid ou barbouillées de baume hydratant. Sexy au possible, en somme. Ce qui est particulièrement pénible, en hiver, ce sont les changements de températures. Outre le nez qui coule, on se prend des suées insupportables. Quand j’habitais à Toulouse, j’avais dix à quinze minutes de marche pour attraper le métro donc je traçais dans la rue pour me réchauffer et une fois que j’entrais dans le métro, je devais virer toutes mes épaisseurs sous peine de me mettre à dégouliner… Evidemment, je chopais un rhume, de temps en temps. Je me souviens particulièrement de l’hiver 2000 où je ratais une semaine sur deux de cours à cause de foutues crèves qui me clouaient au lit (j’ai quand même eu ma licence, n’ayez pas peur). En plus, les rhumes, c’est mauvais pour mon nez. Par exemple, si vous regardez les photos familiales de Noël 2004, vous ne m’y verrez pas : j’étais malade et j’avais la tronche écorchée à force de me moucher.
 
Outre ces petits problèmes de santé soignés à coup de grog qui m’assomment littéralement, il y a une baisse de forme indéniable sur tous les plans. Par exemple, en hiver, j’ai la libido d’un poisson : je ne cours pas après les brouettes, j’ai plus envie de chastes câlins pour se réchauffer à deux… De toute façon, l’hiver, je ressemble à rien : outre ma tenue anti-froid, l’électricité statique me fait de drôles de coiffures. A propos d’électricité statique, cette dernière m’en veut particulièrement. Je me prends des pignes en permanence. Quand je rentre chez moi, j’enlève mon manteau et quoi que je touche, paf ! Je me prends une décharge. Ouvrir ou fermer la porte d’une voiture ? Paf ! Avant de faire un câlin à Kenya, je me décharge en prenant une pigne pour pas lui faire mal. Mais l’autre soir, alors qu’elle me faisait un câlin, clac ! Même en me peignant, je prends le jus ! Quand je me déshabille, le soir, je jette mon pull le plus loin possible, il atterrit dans un tonnerre de claquements, j’attends cinq minutes pour le ramasser. Je me souviens, plus jeune, ma mère m’avait offert un pull en polaire que je mettais tout le temps quand je rentrais chez moi, le soir. Une nuit, je l’enlève puis j’éteins la lumière. Et là, le voilà qui me fait des éclairs verts ! Bonjour l’angoisse…
 
Les journées sont plus courtes et notre activité s’en ressent : se lever alors qu’il fait encore nuit, il n’y a pas pire à mon sens. Je me souviens, l’an dernier, je partais de mon appartement à 7h30 le matin pour aller en cours, l’ambiance dans les rues était glauques : pas un passant, peu de voitures et surtout ce froid atroce… Je me souviens, une fois, j’étais partie travailler à 7h à la Poste, j’avais dû traverser le Pont neuf qui enjambe la Garonne à pied car le métro était en panne et je devais rejoindre mon bus au Capitole. Durant la traversée du Pont, j’ai cru mourir, le froid me mordait tellement que j’ai cru un instant que mes oreilles allaient tomber. Parfois, on commence les cours, il fait encore nuit, c’est tout de même étrange… De la même façon, le soir, il fait nuit à 17h et on n’a qu’une envie : une soupe et au dodo. En ce moment, comme je suis au chômage, je n’ai pas d’horaires particulières et quand la nuit tombe, j’ai l’impression que la journée est finie et que je n’ai rien fait. Faux, il n’est que 17h, j’ai encore le temps de faire des tas de choses. Mais sortir une fois que la nuit est tombée, ça ne me séduit que peu. Quand j’étais au lycée, c’était ma litanie préférée : « c’est horrible, on passe notre journée à l’école : on arrive, il fait nuit, on repart, il fait nuit ! ». Il est vrai que quand je compare mon emploi du temps en hiver et celui en été, ça n’a rien à voir. Même mon temps de sommeil n’est pas le même, je dors beaucoup plus en hiver qu’en été. Parfois, je me dis que je ferais mieux d’hiberner, ça irait plus vite !
 
De toute façon, il est prouvé qu’en hiver, on déprime, c’est scientifique : on voit moins le soleil, ça joue sur l’humeur ! Quand je suis allée voir Yohann en Suède, j’ai pu mesurer l’effet des longues nuits sur nos vies. Yohann est un lève-tôt : pour lui, se lever à 9h, c’est une fantastique grasse matinée. Pourtant, quand je suis allée le voir, on se levait jamais avant 11h. De toute façon, on passait plus de temps dans les cafés qu’ailleurs. Le premier jour, on va au centre commercial voisin et quand on ressort, il fait nuit.
« Tu veux faire quoi ? me demande-t-il.
Ben, il est tard, on va peut-être rentrer.
Nina, c’est 16 heures… »
Oh Seigneur ! Du coup, il y a des tas de choses qu’on ne peut faire, genre aller se promener en forêt… Enfin, si, nous l’avons fait, mais on s’est perdus et on a manqué de se retrouver dans la forêt en pleine nuit, seuls et abandonnés de tous… Heureusement, on a fini par s’en sortir, pas du tout là où on pensait… Et on fumait ! On allait de cafés en cafés (quand il fait nuit, traîner dans les rues, ça tente moins) donc on fumait. D’ailleurs, après ce voyage, j’ai arrêté quelques temps…
 
Bref, l’hiver est une saison qui me semble morte, où rien de positif ne peut vraiment se passer. Pourtant, j’ai rencontré Guillaume mon ex fin janvier, par exemple, il s’en passe des choses pendant ce temps-là. Mais c’est vrai que mon humeur est extrêmement cyclique : charmante le matin, irascible l’après-midi, une crise de fou rire peut succéder à une crise de larme (ou vice et versa). Oui, parce qu’en hiver, je pleure tout ce que je n’ai pas pleuré tout le reste de l’année et je pleure pour un rien. Je pleure devant un film, parce que je suis fatiguée, parce que je sais même pas… Et puis je ris pour rien aussi. L’hiver, je suis totalement paradoxale : je ne veux voir personne et je ne supporte pas la solitude. Par exemple, dimanche, je rentre de chez ma sœur chez qui j’ai déjeuné, mes parents sont repartis pour notre sud natal. Je m’étale sur mon lit et Gauthier m’appelle. « Tu veux aller au cinéma ? » Grande question : oui… et non. Oui, j’ai bien envie de me bouger un peu, de voir Gauthier. Mais non, j’ai pas envie de sortir et ai-je envie de voir quelqu’un ? Bon, finalement, j’accepte, on va voir un navet américain mais ça fait du bien, finalement, on discute un peu après et ça me fait du bien. En hiver, je recherche le maximum d’activités à l’extérieur mais sur le coup, ça m’emmerde de sortir… C’est où Sainte Anne, déjà ?
 
Enfin, bref, vivement le retour du printemps, du soleil, du jour quand je me lève, des températures normales, des bonnes humeurs permanentes…Plus que trois mois, courage !
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J’’ai la lose

Aujourd’hui, je pousse un cri. Un cri de rage. Un gigantesque : « va te faire f**** » à la sale personne qui m’a jeté un sort. Aujourd’hui, je me plains parce que j’ai la lose. Il y a quelques temps, j’avais écrit un article annonçant une bonne période… Je crois que je me suis avancée.
 
 
Effectivement, si on analyse la situation, ma vie a de bons côtés : côté cœur, j’ai rencontré de charmants garçons récemment, c’est très épanouissant. Côté études, c’est officiellement terminé : sur une promo de 12, nous ne sommes que la moitié à être diplômés. Après avoir reçu mes notes, je me retrouve avec une mention assez bien, j’ai raté la mention bien de peu (je sais, je m’en plains, je suis chiante). J’ai eu la moyenne partout (même à mon rapport de stage et à mon cours de droit) sauf à un partiel où je me suis pris un sale 2,5/10. Bon, j’avais raconté à peu près n’importe quoi dans ma copie mais c’est ma faute, aussi, si le prof qui a pondu le sujet n’était pas le responsable de ce cours ?
 
Oh, j’ai la lose !
Bref, a priori, ça va. Mais j’ai la lose et je commence à en avoir assez de cet acharnement du sort. Oh, il ne m’arrive rien de grave, personne n’est décédé, je n’ai perdu aucun membre. Que des petits ennuis qui s’accumulent, s’accumulent et me font sortir de mes gonds. Comme une sale fatigue qu’on traîne.
 
Première catastrophe : la réaction en chaîne. Je fais une machine, bam ! bam ! badaboum ! Comme d’habitude, lors de l’essorage, ma machine essaie de se faire la malle, la garce. Bon, je m’en vais pour étendre mon linge avec le système D (comme débile, pas comme débrouille). En fait, je mets un étendoir à linge en équilibre sur la barre de mon rideau de douche qui tient lui même sur 5 mm de carrelage. Donc équilibre instable. Je commence à étendre mes trucs quand mon étendoir se casse la gueule une première, fois, je le rattrape comme je peux (avec deux bons kilos de linge mouillé). J’essaie de remettre le tout sur ma tringle et là, la tringle tombe et décanille la bouteille de bain moussant en verre qui traînait sur le bord de la baignoire. Cette dernière va naturellement s’écraser sur le sol, craaaaaac ! Et voilà le bain moussant qui coule sur le sol, vague bleue et gluante sur mon carrelage en marbre… Et cette douce odeur de raisin chimique absolument pas entêtante, mmmm… Bon, et bien, nettoie. Le truc très amusant avec le bain moussant, c’est que ça mousse, précisément. Donc me voici avec mon seau plein de flotte a essayer de nettoyer le cataclysme, ma serpillère fait des bulles, plus je rince, plus ça mousse, je m’en sors plus !
 
Brrrrrrrr !
Ça continue samedi dernier (soit trois jours après l’affaire du bain moussant) : après une nuit torride avec mon nouvel amant dont je parlerai plus tard (pas Guillaume, un autre), je dois vite me doucher car Benoît arrive. Oui, je sais, deux amants à une poignée d’heures d’intervalle, j’ai fait fort mais c’est pas le sujet de l’article. Donc opération épilation avec de la crème (pas le temps de fignoler) qui sent pas très bon donc c’est une bonne idée de se doucher, après. Hop, je fais couler l’eau, elle commence à se répandre sur mon corps et… merde ! L’eau chaude s’est fait la malle ! C’est froid, c’est désagréable ! Bon, en désespoir de cause, je pompe de l’eau chaude dans le lavabo et me frotte à l’éponge mais, là, aussi, la douce chaleur liquide se transforme en griffes glacées. A partir de là, l’eau chaude joue l’arlésienne : dès que ça marche, je prends des douches bouillantes, j’aspire à pleines narines la vapeur d’eau, j’ai des orgasmes aquatiques… Mais ça se fait rare. D’ailleurs, à partir de mercredi, c’est la catastrophe. Solution de dépannage : mettre la chaudière en mode « eau et chauffage ». Mais c’est pas tout à fait ça, je me lave avec un filet d’eau et c’est plus tiède que chaud… Je crois que je vais me laver avec mon brumisateur, ce sera plus efficace. Il faut que j’appelle mon proprio mais je ne sais pas si c’est un problème de chaudière ou de plomberie. A priori, je dois avoir une fuite au niveau de la salle de bain puisqu’il fait toujours humide là-dedans…
 
Allo ? Allo ?
Appeler… En voilà une bonne idée ! Encore faut-il pouvoir ! Vendredi, je sors de la douche en compagnie de Guillaume quand je reçois un texto SOS de Gauthier : « je m’ennuie, je veux sortir, pitié ! ». Du coup, je lui renvoie un texto pour lui proposer d’aller boire un verre à trois. Il me répond : « ok, je t’appelle sur le fixe ». Deux minutes après, texto : « t’as débranché ton fixe ? » Oui, je suis joueuse : quand on m’annonce qu’on va m’appeler, je coupe mon téléphone. Donc je lui réponds que non, on discute par téléphone portable : c’est parti pour le film du jour : « le mystère de ma ligne fixe ». Guillaume, qui travaille dans les télécoms regarde et conclue que le téléphone est décédé. Ouais, bonne remarque. Bon, partant de ce principe-là, je ne m’inquiète pas outre mesure. En effet, j’ai essayé de le brancher à l’autre prise téléphone, même résultat. Donc, aujourd’hui, après mon déjeuner avec Zoé, je m’en vais à la FNAC acheter deux téléphones (un pour ma ligne fixe, l’autre pour la freebox). De retour dans mon doux foyer, je fais un test : mon nouveau téléphone marche pas non plus sur la ligne. Bon, ok, ne paniquons pas ! Je branche le troisième téléphone, toujours pas de tonalité… Bon, pas de panique, faisons le 1014. Ils me balancent sur le service « payer votre facture ». La dernière,je l’ai payée il y a trois semaines, ils se moquent de moi ?
 
Pas énervée du tout, je vais à mon agence France Telecom voisine : deux pauvres mecs doivent servir tous les clients et c’est du lourd : la moyenne d’âge doit être de 50 ans (rappelons que j’en ai 25 et que je l’ai faite chuter). Une mémé accapare le premier vendeur : « mais comme on fait pour mettre une ombre noire sous le texte ? » donc le vendeur, plutôt mimi, lui fait la manipulation et lui montre. « Et on fait comment ? Mais c’est ça l’ombre noire ? Ah non, c’est moche, ça me plaît pas ! ». Le mec me regarde, désemparé, je lui souris, amusée (on ne sait jamais, au cas où ma loose disparaîtrait…). A côté, l’autre vendeur se fait incendier par un vieux parce qu’il n’a plus de minitel disponible, il faut en commander un (je croyais que ça n’existait plus). Bon, finalement, c’est celui-là qui me sert, si je puis dire. En effet, après avoir pianoté sur son ordinateur, il me donne le téléphone pour que je m’entretienne avec le service technique. Personne me répond. Bon, le gentil vendeur, avec des beaux yeux bleus, essaie de trouver et m’explique que ma ligne a été suspendue mais il ne sait pas pourquoi. « Vous vous êtes trompée de code, non ? » me demande-t-il. Mais de quoi il me parle ? Quel code ? J’ai pas de code, moi ! Bon, le pauvre gars jonglait entre trois clients, essayait de m’aider tout en se faisant engueuler par son collègue : « non mais elle a qu’à appeler le 1014 ! » Connard, tu me payes la communication ? Parce que, certes, c’est gratuit à partir d’un fixe… MAIS JE N’EN AI PLUS ! Et voilà, au bout de trois-quarts d’heure, je repars et j’ai toujours pas de téléphone.
 
Luke, je suis ton père…
On rajoute à ça un autre élément fort sympathique : mon téléphone portable qui date d’il y a 3 mois marche mal… Gauthier m’appelle ce soir pour discuter et la qualité de la discussion se dégrade rapidement : de mon côté, j’entends des drumbles, du sien, une étrange voix déformée, si bien qu’à un moment, il me dit : « On dirait Nono le petit robot qui a avalé Dark Vador ». Du coup, je ris et ça lui fait peur.
 
J’en viens sérieusement à penser que la technologie moderne me déteste et me le fait sentir. Maintenant, je me demande quelle va être la prochaine contrariété. Une maladie ? Vu que je me douche à l’eau froide ou tiède, ça ne va pas tarder. Me retrouver coupée du monde ? Mon téléphone portable survit, Internet marche encore mais si on me coupe free, plus de téléphone (oui, j’ai une ligne freebox) et plus d’Internet (donc plus d’articles pour toi, lecteur !). Une inondation ? Ça me pend au nez. Un incendie ? L’inondation l’éteindra. Une coupure d’électricité ? Les huissiers pour me réclamer de payer une facture jamais reçue ? Me casser un ongle ?
 
Lecteur, les paris sont ouverts.
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