Comment décrédibiliser un camp : comparatif manifestation Cop21 vs féminisme

Le 29 novembre dernier, peu de temps avant de décoller pour aller voir des amis, Victor et moi traînons un peu sur Twitter, suivant la manifestation écologiste à l’occasion de la Cop21. Il avait prévu d’y aller, me convainquant de ne pas le suivre car ça pouvait être dangereux. Pas à cause d’un éventuel attentat mais bien à cause des lacrymos et autres coup de matraque distribués dans le tas. Oh mais non, tu exagères, petit coeur. Ah mais non… Et sur ma timeline, je vois l’impensable : un silence de la plupart de mes contacts sur la manif jusqu’au moment fatidique où 3 connards ont jeté des bougies du Mémorial. Enfer et damnation, ces écolos sont des connards, ils méritent bien un peu de lacrymo et des coups, ils détruisent nos témoignages de compassion. Mais… Comment vous pouvez tomber dans un piège aussi grossier ? Alors oui, les connards (Black blocs apparemment mais d’après ce que j’ai pu voir/lire, aucun des cagoulés n’a été arrêté… Mais bon, vu que les black blocs ne sont pas une entité fixe mais qu’on peut tous l’être, j’imagine que c’est compliqué de savoir qui est qui), il y en a eu comme il y en a dans chaque manif mais bordel, vous voyez pas qu’ils se servent de ça pour brouiller le message ? Non.

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Ok alors pour vous prouver que si, c’est bien ça l’astuce, je vais prendre un sujet qui fait bien plus réagir ma timeline que l’écologie : le féminisme.

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Les black blocs = les Femen

Classic shit de n’importe lequel des mouvements : les membres dont on se passerait bien parce qu’on va vous les balancer systématiquement à la tronche pour décrédibiliser votre combat. Côté COP21, on l’a bien vu, ce sont les Black Blocs. Côté féministe, on a les Femen et tou-te-s celles et ceux qui ont essayé d’avoir un propos pro féministe vont confirmer : on a toujours droit aux Femen “ah ouais mais t’es féministe et t’es d’accord avec les Femen, alors !”. Non pas forcément parce que tu vois, quelles que soient tes opinions, tu ne trouveras jamais un mouvement où tout le monde est absolument d’accord sur les fins et moyens. Les Femen, je trouvais le discours de base sur la réappropriation du corps intéressante, quelques happenings qui ont du sens, je les ai trouvées couillues d’aller se frotter à Civitas mais… je comprends jamais bien ce qu’elles veulent, en fait. Des opérations coup de poing, on en a eues mais on n’entend jamais bien leurs revendications. Mais quoi qu’on pense des Femen, elles semblent constituer à elles seules un amalgame pénible à porter pour toute féministe alors qu’elles ne représentent qu’un mouvement minoritaire mais visible. Comme les Black Blocs. Et cette assimilation systématique devient un argument en lui-même pour ne pas écouter les féministes ou militants écologistes.

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“Il fallait pas faire comme ça” = le mansplaining

Toute féministe qui débat a un jour entendu un homme lui expliquer que c’est pas comme ça qu’il faut s’y prendre. En légèrement caricatural, ça donne “non mais vous êtes toutes hystériques, comment voulez-vous qu’on adhère à votre combat, aussi ?” et ces gentilles personnes (souvent des hommes) viennent nous expliquer comment qu’on milite pour gagner l’adhésion de la populace tout en nous imposant un calendrier de priorités qu’on doit suivre à la lettre parce que pardon, y a plus important que le combat que vous êtes en train de mener. Vous luttez contre la place des femmes en entreprise ? Idiotes, la priorité, c’est le viol ou la violence conjugale. Apparemment, la légende voulant qu’un homme ne puisse exécuter qu’une seule tâche à la fois semble vraie. car, voyez-vous, on peut mener plusieurs luttes de front, sans hiérarchiser la priorité en délaissant les autres dossiers. Sur la fameuse manif, on retrouve la même rhétorique : fallait pas manifester. Il est vrai que les grands changements dans le monde ont toujours été faits à partir d’un canapé. Rappelons que la chaîne humaine était autorisée et que les choses ont dégénéré lorsque les manifestants ont commencé à être enfermés sur la Place de la République et gazés avant même les premières échauffourées. Ah et pour celles et ceux qui me diraient que, quand même, y a des façons plus douces ou subtiles de lutter, relisez l’histoire du MLF, elles ont pas toujours fait dans la dentelle, loin de là.

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“Fallait pas manifester” = “elle l’a cherché, t’as vu comme elle est habillée ?”

Suite du précédent : ok, ils se sont faits gazer/frapper/interpeller mais on leur avait dit de pas aller manifester alors, hein… On remplace par “oui, elle s’est faite agresser mais t’as vu comme elle était habillée aussi”. Je n’aurai pas l’audace de comparer ça à un viol mais ici, la victime n’est jamais innocente. Non parce que pardon, remettons un peu en contexte : des centaines de personnes ayant participé à une marche autorisée avec leur drapeau peace qui se prennent des coups par des flics alors qu’ils sont assis par terre les mains en l’air, je ne vois pas dans quel univers, c’est chercher la merde… Ah si, dans celui de ceux qui veulent démonter cette manif, bien sûr.

Ces activistes sont tellement dangereux qu'un flic laisse traîner sa matraque au sol et lui tourne le dos... manifestation COP21

Ces activistes sont tellement dangereux qu’un flic laisse traîner sa matraque au sol et lui tourne le dos…

“Ouais mais les flics du Bataclan” = “no all men”

Oui les flics du Bataclan ont des couilles XXL et je n’aurais pas été capable de faire la même chose qu’eux. Mais ça n’empêche pas que les CRS qui ont “encadré” la manifestation se sont adonné à des violences injustifiées et le reconnaître n’enlève pas le mérite de ceux du Bataclan vu que ça n’a strictement rien à voir. Cette volonté de soudain déifier les flics comme l’entité salvatrice, empêchant ainsi toute critique me gêne, c’est un peu “non mais y a des mecs bien aussi”. Je suis la première saoulée par la systématisation du flic= gros con débile mais en l’occurence, sur cette manif, ils ont grave chié et abusé de leurs prérogatives. De la même façon que des mecs courageux vous sauvant d’une agression ne transforment pas tous les mecs en personne bien attentionnées à votre égard.

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Bref, une rhétorique simple qui s’applique à tout ce qu’on veut dénigrer. Toujours pas indignés, toujours indifférents ? Peut-être souffrez-vous de… snobisme géopolitique !

Je vous explique ça demain (enfin, j’essaie, je suis tellement charrette cette semaine… Enfin, ça fait un mois mais là encore plus)(mais c’est pas pour autant que je vais pas m’indigner, ça s’agite violemment en moi tout ça)

 

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Le majordome de Lee Daniels

Continuons sur la vague biopic : après Yves Saint Laurent, penchons nous sur le Majordome de Lee Daniels avec Forrest Whitaker. Rappelons donc que j’aime pas vraiment les biopics, surtout quand ils prennent de faux airs de Forrest Gump mais quand on a plein d’heures d’avion à tuer, ça passe. Donc voici mon avis sur le Majordome, film encensé par la critique.

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L’histoire : Cecil Gaines démarre un peu mal dans la vie : fils de deux travailleurs dans les champs de coton (esclaves ?), son père est tué par le patron après que celui-ci se soit tapé sa mère. Cecil est pris en charge par la mère du patron qui en fait son petit majordome. Fort de cet apprentissage, Cecil grimpe les échelons jusqu’à travailler dans un luxueux hôtel. Jusqu’au jour où il est convoqué à la Maison Blanche pour devenir majordome là bas. Il côtoiera ainsi pas moins de 7 Président américains. Parallèlement à sa carrière, on suit également l’histoire de sa famille : femme dépressive et alcoolique, fils en pleine rébellion qui trouve que les Noirs souffrent de la ségrégation aux Etats-Unis. Le parallèle est intéressant : on va suivre d’un côté Cecil, le Noir intégré dans un monde de Blanc et qui en accepte la domination, et son fils, le Noir rebelle qui va tenter de se rebeller contre cette même domination, passant de Martin Luther King aux Black Panters. Ok, bien.
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Alors là, sortez votre bingo « événements historiques américains qui doivent figurer dans tout film ricain racontant une vie » genre Forrest Gump ou Benjamin Button, par exemple. Prêts ? Go, on coche : Vietnam, Kennedy, Watergate, on est bons. Rajoutons la mort de Luther King et les Black Panters, le Klux Klux Klan du fait qu’on parle de la destinée de Noirs et on a le paquet. Curieusement, aucune mention de Rosa Parks alorq qu’en tant que Française blanche ayant une connaissance somme toute relative de l’histoire américaine, ça me paraissait un acte très fort. Comme quoi, peut-être pas. Alors évidemment, ça agace légèrement cette sensation de passages obligés, cette sensation que le fils est forcément au coeur de toutes les manifestations noires, de tous les happenings de provocation pour dénoncer la domination blanche, c’est un peu trop systématique pour être vrai. De la même façon, le fait que Cecil soit toujours le chouchou des Présidents est légèrement fatigant. Je regarde et je me demande : où s’arrête la réalité, où commence la fiction ? Le réalisateur serait blanc, ça puerait le mea culpa à trois kilomètres à la ronde.

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Cependant, n’être que négative serait de mauvaise foi. D’abord, je dois confesser que la VF diffusée dans l’avion était vraiment très bizarre (oui, j’arrive pas à regarder en VO non sous-titrée, j’ai un complexe rapport à ça alors même que je rends des PPT en anglais mais bon…), j’ai légèrement du mal à être objective vu que c’était assez agaçant. J’ai un peu été interpellée en retrouvant tout le casting de Precious dans ce film mais après tout, pourquoi pas. L’angélisme des personnages est crispant, l’impression que l’on doit suivre un cahier des charges de l’événement historique lassant. Mais. MAAAAAAAIIIIIIIIS. En un, ça m’a permis de réaliser que j’y connais que pouic en histoire des minorités noires américaines et que c’est un sujet très intéressant. En deux, ça ne fait jamais du mal de rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, les Noirs étaient des sous citoyens de l’un des plus grands pays de l’Occident. Malgré une certaine naïveté et un grand manichéisme, les faits sont là. Et on n’est jamais loin de retomber dans la suprématie du Blanc (ou de l’hétéro ou de l’homme, finalement).

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Le roi est mort, vive la thune

Saviez-vous que Michael Jackson est mort ? Et bien voilà, The King of pop est décédé à 50 ans, usé jusqu’à la corde. La célébrité est toujours beaucoup moins dorée en vrai que ce qu’on imagine, finalement. Bref, Michael est mort, c’est triste pour sa famille et en particulier pour ses gosses qui vont faire l’objet de moult disputes puisque leur mère biologique a déjà déclaré que Michael n’en était pas le père. Au secours !


Et là, on découvre que beaucoup ont tout compris au système. Parlons d’abord de cette agence de comm qui, à peine le corps refroidi, a organisé un Moonwalk géant à Paris. Qu’on ait envie de rendre hommage au King, à la limite, pourquoi pas, ce n’est pas du tout mon trip mais bon, ça ne tue personne. Mais qu’une agence de comm l’organise en son nom là, déjà, ça me dérange un peu plus. J’imagine tout à fait la réunion du vendredi matin : « oh merde, Michael Jackson est mort !

– Vite, organisons un happening ! Genre un moonwalk géant dans la rue. Vite, Gérald (le créa), prépare nous une maquette avec Greg (le graphiste), faut profiter du buzz ! »

Oh, c’est facile de taper sur cette agence dont je ne retrouve même pas le nom, ce qui tendrait à prouver que le coup de pub a foiré. Ca n’aurait pas été elle, ça aurait été une autre. Et tant que j’y suis, parlons aussi brièvement de cette newsletter reçue sur ma boîte mail de façon intempestive (comme pas mal de newsletter, ça m’énerve un peu…) du magasin de sextoy Dreamstore intitulée « les vraies raisons du crash » (semaine du crash de l’AF447) et quand on ouvre : « la façon la plus sûre de s’envoyer en l’air » avec liste de sextoys. Laissez moi sortir, je vais vomir et je ne suis pas la seule.


Mais revenons à Michael, sa mort est limite un cas d’école du décès business. Déjà, sa famille se cache derrière des mouchoirs pour préparer ses petits calculs et le patriarche Jackson, Joe, qu’on soupçonne de n’avoir pas été le père idéal au vu de l’équilibre de ses enfants (Michael et Latoya, ravagés par la chirurgie esthétique, Janet qui prend/perd 20 kg tous les deux jours et n’a plus son nez d’origine non plus, je crois que Germaine a eu quelques soucis de drogue mais je ne suis point sûre) se place particulièrement en vue. Ca tombe plutôt mal, il semblerait que son fils l’ait déshérité mais bon, de la rumeur à la réalité, on ne sait plus bien. Parce que là, c’est le ballet des fantômes qui démarre : le petit qui déclarait il y a 15 ans que Michael l’avait violé dit qu’en fait, il avait menti (ce qui me surprend en terme de révélation, j’avais déjà lu ça y a une bonne dizaine d’années, comme quoi son père l’avait hypnotisé pour qu’il raconte tout ça), la mère de ses deux aînés déclare que les petits ne sont pas les siens. Puis on enchaîne : on va faire payer les funérailles et puis on va sortir un DVD ultra méga collector que la mort qui tue (c’est bien le cas de le dire) des répétitions de sa dernière tournée qu’il n’a pas faite, puisqu’il est mort, donc.


Et ça continue : M6 donne un supra concert hommage de chai pas quoi, me souffle-t-on dans l’oreille. Ah, apparemment, c’est la rediffusion mondiale de son enterrement. Oui, il est vrai qu’être une superstar interdit toute intimité. Tu as vécu à la lumière, tu mourras tout pareil.


Au fond, Michael, s’il y a quelque chose après la mort et que tu m’entends dans tout ce brouhaha, je te plains. Ca doit être moche à voir ses proches se déchirer notre dépouille pour quelques milliers de dollars de plus. Au fond, voilà le vrai drame de toute ta vie : tu étais entouré de charognards de la pire espèce. On est tous en train de capitaliser sur ta mort, tes CD se vendent comme des petits pains, ton futur DVD sera collector, des petits malins vendent leur place pour ton concert qui n’aura jamais lieu, flairant l’objet collector. Tout le monde te pleure mais finalement, ta mort fera des heureux. Dégueulasse, hein ?


Sur ce, je vais acheter des goodies Johnny, des fois qu’il décède avant son concert du 14 juillet. Ah ouais mais apparemment, c’est un concert gratuit, zuuuuuuuuut, y aura aucun billet collector.

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La liste de la fille caramélisée et bronzée

Putain, demain, je rentre à Paris

– Je suis pas douée au billard. Ni aux fléchettes, ni au bowling. Vive le tarot et la belote mais là, j’ai jamais de chance. J’envisage de me louer pour des soirées ou autres, genre « vous avez un ami très mauvais joueur qui ne supporte pas d’être dernier ? Pas de panique, louez Nina, elle fera toujours pire que lui ». Oui, je capitalise ma lose.

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– Des fois, je découvre à quel point je suis une pudique de circonstances. C’est-à-dire qu’à des moments, je le suis pas. Ma pudeur est un bon indicatif de mon degré d’intimité avec une personne, je m’en fous de me balader à poil devant mon mec/amant (même que curieusement, je me sens plus belle nue qu’habillée alors qu’à poil, on peut pas cacher ses bourrelets et sa cellulite). Et passer la journée avec Vicky en culotte et nuisette, je m’en fous aussi.

– Paris plage, le soir, c’est sympa même si les mecs arrêtaient pas de mater la brochette de filles (certes trop canon) que nous étions. Nous, c’est Summer, Tatiana et moi. On a prévu plein d’happenings pour la girlie team en août, le but serait de nous réunir toutes les 5 (les 3 précitées ainsi que Vicky et LilVirgo). En fait, il serait temps qu’on définisse qui est dans la girlie team parce que c’est pas super clair. En attendant, je sens que je vais créer le myspace girlie team avec des flyers pour nos réunions. Personne n’aura le droit de venir mais c’est
juste que photoshop me démange. Sinon, on s’est fait une nouvelle copine vendredi soir. On marchait dans la rue et on parlait du dernier Harry Potter quand une nana à la classe innée se retourne vers nous et beugle : « A la fin, il meurt Harry Potter ! » ? Okéééééééééé… On s’installe à notre cantine fétiche bis et là, qui s’installe à la table voisine, notre nouvelle amie qui se met à huler « A LA FIN, IL MEURT HARRY POTTER, IL MEURT, IL MEURT !!! A LA FIN, IL MEURT HARRY POTTER ! ». Arrête la drogue, ma fille, c’est le mal.

– Si tu veux être top tendance, fais du Velib.

– Samedi soir, après une soirée passablement arrosée à notre QG du forum pour célébrer la venue de notre Belge préférée, Boulou, on s’entasse dans la voiture d’un ami de Van, les deux garçons devant, Summer, Boulou et moi derrière. Après un mic mac pas possible, on arrive à s’attacher toutes les trois. Vitre ouverte, je profite de l’air. Sur les Champs, on mate les mecs des voitures voisines. Si tu conduisais une mini noire sur les Champs samedi dernier à 1h30, que tu es petit, brun et mal rasé, fais moi signe.

– A la question « suis-je en couple », Vicky dit que non, Summer, oui, Tatiana, Boulou et KC sont partagées. Merci les filles, ça fait pas avancer le shmiblick, tout ça.

– Dimanche, je prends le train de 8h15, en 1ère parce que ça coûtait moins cher. Je pensais naïvement terminer ma nuit dans le TGV sauf qu’en 1ère, y a que
des clubs 4 donc c chiant pour les jambes. Et surtout, en face, on a l’Attila du bac à sable, un gamin très agité. Heureusement, son accompagnatrice (mère ou grand mère ?) lui a fait faire un somme donc j’en profite, je me plie tant que je peux sur le siège (ce qui est bien en première, c’est qu’entre les deux accoudoirs, on rentre une Nina pliée eu deux). Au moment où j’arrive
enfin à m’installer sans avoir mal quelque part, je ferme les yeux et 2mn plus tard, le contrôleur passe. Puis Attila se réveille. J’ai donc pas dormi.

– En fait, au lieu de bronzer, j’allergise. C’est atroce, ça graaaaaaaaaaatte !

– J’adore mamie Parmentier. Jeudi soir, on va au resto, papa, maman, mamie Parmentier, Tante 1 (ma marraine) et moi. Faut savoir que mamie Parmentier est un peu sourde, c’est important pour la suite. Mamie Bartoldi aussi, d’ailleurs. Donc on discute et à la table derrière, y a le boucher de la famille donc ma mère, ma tante et moi, on lui explique plusieurs fois « C’est Chevalin », « oui, oui ! ». Fin du repas et là, ma grand-mère s’écrie discrètement « Mais c’est Chevalin ! ». J’avoue que j’étais morte de rire.

– Cette semaine, je suis allée à l’aquagym de ma maman. Le bon plan : c’est une piscine privée, c’est-à-dire que la prof a une piscine couverte chez elle rentabilisée par les cours d’aquagym. N’empêche que c’est de la vraie aquagym, ça, pas un truc de mémé ou de bonnes femmes en post-natal. Même que la gamine de 13-14 ans, elle suivait pas du tout alors que moi, si. Sauf que j’arrivais pas à pas bouger quand on faisait les exercices avec les frites et je me retrouvais toujours au milieu du bassin.

– Y avait un mec, je croyais que c’était un connard mais en fait non. Du coup, c’est un peu moi la connasse dans l’histoire.

– J’ai un nouveau mobïle qui déchire sa maman et je peux prendre plein de photos avec, mieux que l’ancien (parce que celles là, je peux les mettre sur pc)

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Pourquoi manger chez soi quand on peut piquer dans l’assiette ?

Depuis quelques temps, avec Vicky, on squatte les soirées VIP et/ou prout prout. Jeudi, nous sommes donc à la soirée Geekette avec Sony, Kenzo et je sais plus qui comme marques présentes. On dépose nos manteaux et on va au bar. Je veux du champagne, des tas de coupes à moitié pleines sont abandonnées ça et là. Tout sourire, j’aborde le serveur qui nous annonce la terrible vérité : champagne, il n’y en a plus. Non mais quelle bande de crevards !

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Bon, comme tu es brillant lecteur, t’as compris que je voulais parler des piques-assiettes, des taxeurs, profiteurs et autres. Retour en arrière, en juillet 2005. Clara (une cops
journaliste ancienne vingtenaire) m’invite au Grand Palais pour une expo, elle a eu des entrées à son taf. Au menu, visite du Palais mais surtout buffet. Celui-ci ouvrait à 20h et à 19h45, les gens se pressent tout autour. 20h, ouverture dudit buffet et là, c’est la folie : les gens se ruent sur les cacahuètes et les biscuits apéros (rien de sophistiqué), les gens prennent même les coupelles destinées à mettre les noyaux d’olive pour les remplir à rabord de bouffe. Avec Clara, on prend une coupe et deux Bretzels et on file à l’autre bout de la pièce, atterrée : on se croirait en pleine guerre, genre y a plus de bouffe.

 

C’est incroyable comme dès qu’il y a manger et à boire gratuitement, les gens perdent le sens de la mesure. Personnellement, quand je vais à ce genre de soirée, mon but n’est pas
de boire et manger au max pour profiter à fond de la gratuité de ces mets. Surtout des cacahuètes. Je prends une coupe de champagne et si je n’ai plus soif, je vais pas en prendre une autre juste pour le style. De la même façon, je remplis pas mes poches de bouffe. Et pourquoi pas prendre un doggy bag tant qu’on y est ? Ouais, c’est gratuit mais soyons raisonnables, tout de même. Ce qui est d’autant plus fascinant, c’est qu’en général, on invite pas des RMIstes à ce genre de soirée, c’est toujours un certain gratin : des influents, des journalistes, des bloggeurs (oui, paraît qu’on est des influenceurs. J’ai tellement de badges de Buzz Paradise que je vais finir par en faire la collection). Donc des gens qui ont des salaires plutôt sympas, pour la plupart. Et plus ils ont de tune, plus ils tapent dans le buffet. Bon, faut avouer que de soirées en soirées, ils doivent avoir un frigo aussi vide que la tête d’Eve Angeli. Donc du coup, ils sont accueillis et nourris. Mais qui les empêche de manger raisonnablement à ces buffets et de manger ensuite chez eux. Surtout que les petits fours et cacahuètes, c’est pas bon pour la ligne.

 

Le top du top des gratteurs, ce sont les stars. Une soirée, un nouveau mobile, ordi portable, parfum, fringues de marque… Ca dépend qui organise la soirée. Alors, oui, pour la
marque, c’est un coup marketing bien vu, voir une star (ou à peu près) en photo dans Voici avec le dernier Sony Ericsson ou Nokia ou Sagem, ça fait de la pub. « Moi, je suis hype comme Lindsay Lohan, j’ai un téléphone de la même marque ! ». De la même façon, le buzz des soirées bloggeurs est pas mal. Par exemple, hier, je vous ai dit que j’avais gagné un walkman vidéo Sony Ericsson, j’ai chopé plein de produits de beauté Kenzo que je vais forcément tester, j’ai joué à Singstar sur PS2 et c’était marrant et j’ai des catalogues des marques présentes à la soirée. Mais si les marques, je comprends leur intérêt, pour les stars, ça paraît parfois déplacé. Ces gens là gagnent plus en un film ou en un CD que nous en une vie et ils courent après ce genre de soirées pour bouffer à l’œil et se ramasser plein de cadeaux gratos. Bon, ok, certaines redistribuent aux amis mais quand même. Si j’ai souvent remarqué que l’argent rend souvent radin (plus t’en as, plus t’économises), j’ai l’impression que plus on est aisé, plus on joue les piques-assiettes. Bien sûr que c’est toujours agréable ce genre de soirées, toute cette bouffe et cet alcool sont là pour qu’on les consomme, oui. Mais tout est question de proportion. Je trouve ça super impoli de se gaver à ce genre de soirées. Par ailleurs, ce n’est pas rare que ces personnes se rendent
dans ses soirées précisément pour s’en foutre plein la panse, le reste compte peu. Honnêtement, vous enlevez l’open buffet et bar de ce type d’happening, je suis sûre que la liste des participants est divisé par deux. J’avoue que perso, je découvre en arrivant que c’est nourriture et boisson comprise, vu que c’est pas ce qui me motive en premier. Jeudi, je savais même pas qu’il y avait des trucs à gagner, hihi.

 

Bref, les piques assiettes sont des parasites sociaux de type aisé. Bien sûr, on me fera remarquer à raison qu’ils ne coûtent rien à la société puisque ce sont des entreprises
qui organisent ce genre de soirée donc techniquement, y a pas de mal. Si ce n’est peut-être une certaine indécence. Si moi, j’arrive à me payer un steack, j’ai du mal à croire que eux,
non.

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Best of de ce qu’’aurait pu être un réveillon raté

Bon, aujourd’hui, il n’y aura pas grand monde ici, vu que vous récupérez tous de votre réveillon et je ne vous en blâme pas, hein ! Donc, du coup, je vais faire un article de type légèrement dadaïste, du genre « je commence, je sais pas où je finis ». Donc, histoire que vous restiez dans l’ambiance de votre nuit, je vais vous parler réveillon. Mais pas de façon idyllique, genre, le worse of de cette nuit de la St Sylvestre. Bon, évidemment, tout dépend de la personnalité de chacun : pour certain, le pire réveillon serait de se retrouver en boîte à minuit avec des ados de 16 ans boutonneux et en pleine montée de sève. Pour d’autre, c’est de se retrouver en petit comité et à 2h au lit.


Mais avant de commencer mon blabla, je vous souhaite à tous une bonne année 2007 et tous mes vœux. Vous allez penser que je suis hypocrite de dire ça, que je ne vous connais pas pour la plupart. Sauf que moi, j’aime bien savoir qu mes lecteurs sont heureux, surtout si c’est un poil grâce à moi. Des fois, j’aimerais avoir comme slogan « le blog des vingtenaires, le blog qui rend les gens heureux ». Ca déchire comme slogan, quand même ! Donc, voilà, je vous souhaite plein de bonheur, en espérant en avoir autant que vous (mouarffff !).

Revenons à nos moutons et nos cotillons. Pour moi, qu’est-ce qu’un mauvais réveillon ? Ben, c’est comme une mauvaise soirée : si je m’y ennuie, c’est pas top. Je me souviens du réveillon 2001-2002,
j’étais allée chez des amis de Guillaume et j’avoue que je m’étais ennuyée ferme, j’ai vu les minutes passer, de 21h à 4h du matin, aarrrrrrrrrrrghhhhhhhhh !! Je connaissais personne, on était que
4 à avoir moins de 40 ans, j’étais pas du tout dans le mood quoi. Et ça, y a pas pire. Surtout que le réveillon, c’est pas trop la soirée où vous pouvez filer à 0h30, faut boire la coupe jusqu’à la lie.

Bref, on peut imaginer tout un tas de scénario catastrophe. De la soirée « mais qu’est-ce que je fous là » quand vous constatez que la moyenne d’âge est de 12 ans, que vous allez dîner devant les DVD best of de la Star Ac tout en massacrant joyeusement les chansons en compagnie des élèves. Ou alors que vous êtes super bien sapée et que vous êtes bien la seule ou vice et versa, histoire de se sentir bien à l’aise. Que vous ne pouvez pas refuser la mousse de canard tiède alors que ça vous donne la nausée, tout comme les huîtres d’ailleurs mais y a que ça à manger et que du champomy tiède à boire.

J’ai aussi testé pour vous le « invité chiant et rabat-joie que personne n’aime et c’est qui le con qui l’a invité ? ». Vincent était son nom, il se disait RPR mais il était la réincarnation de Pétain, rien ne valait la vieille France pour lui. Alors, évidemment, dire qu’il n’était pas en phase était un doux euphémisme, surtout qu’on a passé une partie de la nuit assis sur la route (où personne ne passait ou presque) à jouer de la guitare, fumer des cigarettes et arrêter les trois voitures qui passaient pour leur demander une citation pour le réveillon (oui, on est débiles, et alors ?). Il nous a d’ailleurs cassé les couilles à soutenir mordicus que ce n’était pas Malraux qui avait dit « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Franchement, un soir de réveillon à 2h, du mat, je m’en foutais bien ! Mais bon, il devait penser que c’était De Gaulle, son saint homme. Bref, il nous a cassé les couilles toute la soirée, ce qui est un peu dommage car sinon, le réveillon était nickel.

J’ai aussi testé le « allons en boîte histoire de ramasser tous les relous qui traînent ». Donc je n’irai plus jamais en boîte un 1er janvier, même à 4h du mat, même en boîte à pédé, y a trop d’outres à vin relou. Cette année, avec Zoé, on s’était dit que si on se faisait un truc toutes les deux, on irait sur les Champs à minuit mais je crois que je me passerais très bien de cette happening à la con « il fallait y être, c’est trop hype ! ». Ben, moi, je le suis pas mais je m’en tamponne le cocotier. Ma mère m’a même dit « non mais faut pas y aller, y a plein d’agressions et tout ! ». Bon ma mère, je l’aime bien mais sa parano me fatigue parfois… Donc le mieux, c’est de se donner rendez-vous dans un lieu clos avec des amis et ne plus en bouger : comme ça, au moins, les relous, on les connaît déjà…

Après, y a pas de règles pour un réveillon raté ou réussi, chacun fait selon ce qu’il aime. Pour la bouffe, préférez les réveillons « chacun amène un truc », comme ça, vous êtes sûrs d’aimer au moins un truc à manger. Et ça évite les « tu me dois 70 euros » pour trois toasts et deux crevettes… (cf le blog de Soph). Ou alors faites faire la cuisine à Mr Big, lui, il assure sa mère ! Bref, je crois que pour un réveillon réussi, y a pas 36 000 façons de réussir :

– savoir ce que vous voulez comme soirée

– considérer que c’est une soirée comme les autres et faire comme d’hab, quand tout marche bien

– si vous n’êtes pas contents des réveillons où on vous invite, vous n’avez qu’à en organiser un.

PS : Moi, j’ai passé un super réveillon, tranquille mais très convivial et j’ai rencontré des gens. Par contre, qu’est-ce que j’ai bouffé ! Sur la photo, c’est un peu de ma tenue de réveillon, enjoy !

 

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Si vous voulez un homme nouveau, votez Ségo !

(ou pas)

Bon, aujourd’hui, je vous prouve que je suis une journaliste, une vraie : toujours à la pointe de l’actualité ! Donc aujourd’hui, comme tu le sais ou pas, les militants socialistes vont voter pour choisir leur candidat aux élections présidentielles. Si y a un deuxième tour, on saura donc le 23 novembre qui sera le candidat du PS et moi, j’avoue que j’ai un peu hâte de savoir. Même si, étant de gauche, je suis pas super motivée par nos trois candidats.

 

Lundi, dans un élan citoyen, j’ai accompagné Gauthier au meeting de Ségolène au gymnase Jappy où elle tenait son meeting. Après tout, peut-être qu’après cet happening, j’allais devenir totalement fan de notre amie. Donc on arrive, LilVirgo nous rejoint. On se pose à l’étage, juste derrière un vieux qui pue la vieille poubelle, je sentais que j’allais pas forcément apprécier ce meeting ! Le meeting devait commencer à 20h. 20h20, les gens se lèvent et applaudissent à tout rompre, les diaporamas commencent sur les deux écrans géants de part et d’autre de la salle et… rien. C’est ce qui s’appelle une fausse entrée. 20h30, rebelote et, enfin, à 20h40, la voilà enfin, elle met bien 5 mn à faire 30 mètres, assaillie par les partisans, les journalistes, protégée bon an mal an par les gardes du corps. Bon, ok, comme je suis légèrement agoraphobe, je comprends à ce moment là que je ne serai JAMAIS une personnalité politique. Bon,
première constatation : elle est petite Ségolène. Oui, je la voyais assez grande mais en fait, c’est que François est déjà nain. Donc en gros, au début, je vois un bras gainé de tissu rose fuchsia émerger de la foule.

 Bon, première partie du meeting, le député du 11e fait un discours introductif qui nous refait l’histoire du socialisme parisien du XXe siècle, youpi you ! Parce que ce meeting est très parisiano-centré, genre « Oui, Paris est de gauche, la France de droite, c’est pas possible, ça, Vive Delanoë ». Mouais, je suis pas convaincue par cet argument là. Bon, enfin, le monsieur finit son discours et Ségolène Royal prend (enfin) la parole. Enfin, elle essaie parce que les vivats de la foule n’aident pas. Elle se dresse au milieu de la salle, ne se colle pas au pupitre contrairement à M. le député et entame son discours. Elle prend soin de se tourner régulièrement pour ne pas tourner le dos à toute une partie de la salle. Bon, elle maîtrise bien le topo, pour ce que je peux entendre. Non parce que ce qui me gonfle dans les meetings, c’est cette manie qu’ont les gens d’applaudir n’importe quand, dès qu’un mot leur plaît, en plein milieu d’une phrase, ce qui nuit quand même à la bonne écoute du discours. A un moment, elle aurait pu nous traiter de pauvres débiles profonds, ça aurait été pareil, on n’entendait plus rien. Suite à ce discours triomphant, on passe à la partie « question du public » et là, Ségolène Royal se débrouille beaucoup moins bien, elle cherche ses mots, elle hésite. Comme on s’est dit avec Lil et Gaugau, face à Sarko, elle va se faire plier en deux minutes.

Bon, sur le fond, je n’ai pas grand-chose à dore. Oui, je pense que l’éducation est très importante et qu’il faut assurer au maximum l’égalité des chances. Mais je suis contre les internats pour les mauvais élèves, ça risque de les dégoûter de l’école plus qu’autre chose. Je ne suis pas non plus pour que les profs restent 35 heures au collège. Soyons honnête, une salle des profs, c’est pas l’endroit rêvé pour bosser, corriger des copies, préparer des cours… Je comprends qu’un prof qui n’a cours que de 14 à 17h ne vienne pas passer la matinée au collège. C’est quand même plus simple de préparer des cours à domicile avec tous les bouquins à portée ! Par contre, les tutorats, je suis pour. Pour le reste, ce qui me gonfle un peu, c’est la question des femmes. Comment se fait-ce que cette question ne peut être traitée que par une femme ? Si on est un homme, on ne peut pas défendre le droit des femmes ? Et bien, bordel, on est mal
barrées, mesdemoiselles et mesdames ! Parce que le fait qu’on ne voit qu’en Ségolène que son sexe (je parle du genre, pas de son intimité !), je trouve ça totalement navrant. J’en parlais déjà y a un an et j’ai pas changé d’un iota. Je n’ai jamais voté pour une candidate que parce qu’elle était femme, y a rien à voir. Je trouve grave que les adversaires de Mme Royal l’attaque sur sa féminité mais je trouve ça aussi grave qu’elle utilise son genre pour jouer les victimes. Avant d’être femme, elle est une politique et c’est au fond tout ce qu’on lui demande. J’aimerais vraiment que ses adversaires arrêtent de lui parler cuisine ou famille, que les journalistes arrêtent de ne parler que de son physique (bien que j’avoue qu’elle est très élégante, jolie et super bien foutue). Et j’aimerais aussi que la demoiselle évite les questions gênantes en répondant « vous me poseriez la question si j’étais une femme ? ». On s’en fout qu’elle soit femme, on veut qu’elle soit candidate.

Quoi qu’il en soit, je ne suis définitivement pas fan des meetings. C’est le deuxième que je fais en un mois et demi (le premier, c’était celui de Jack Lang) et le parti pris favorable des gens présents m’agace. Quoi que le candidat (ou la candidate) dise, on applaudit n’importe quand, on n’écoute finalement pas ce que dit la personne, on se contente de lui manifester son soutien. Et si on les laissait parler, juste pour voir ? Parce que, mine de rien, ce genre de discours sans les vivats de la foule, je suis sûre que, de suite, on accroche moins.

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Paillettes et politique

Pour ceux qui sortiraient de leur grotte et tomberaient direct sur ce blog ou pour ceux qui ne vivent pas en France et ne suivent pas l’actu de l’hexagone, j’ai un scoop : dans 8 mois, on va élire un nouveau Président. Chirac ne se représentant sans doute pas (sauf surprise mais j’y crois pas du tout), le prochain président (ou la prochaine présidente) sera donc le 6e de la 5e République. Alors que la campagne n’a pas encore commencé, le show, lui, est déjà parti.

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Pour l’heure, la liste des candidats est longue, comme d’habitude mais il semble à peu près sûr que le prochain président sera issu soit de l’UMP, soit du PS. Oui, en France, on a pas de bipartisme officiellement mais officieusement… L’UDF, les verts et le PC ont encore quelques députés à l’Assemblée mais grâce (ou à cause, je vais pas lancer le débat) de notre système électoral particulier à deux tours, les petits partis sont souvent éliminés au premier tour. Et donc nos prétendants au trône partent dans une entreprise de séduction qui me dépasse parfois. A droite, Sarkozy. Bon, MAM a dit qu’elle n’excluait pas de se présenter mais je pense que ça tient plus de l’effet d’annonce qu’une réelle volonté. A gauche Ségolène Royal, Dominique Strauss Kahn, Laurent Fabius, Lionel Jospin et même Hollande n’a pas exclu de se présenter. Tout ce petit monde a profité du grand moment que sont les universités d’été qui marquent en général la rentrée politique. Ce qui me sidère d’ailleurs au sujet de ces universités, c’est qu’elles sont organisées par les jeunes militants et qu’on ne parle pas d’eux. J’ai fait les revues de presse sur les sujets et les journalistes semblent oublier ces jeunes militants grâce à qui ont lieu ces universités.

 

A Marseille, Sarko a fait son show, invitant à ses côtés Johnny Hallyday, un citoyen exemplaire puisqu’il voulait récupérer sa nationalité belge y a quelques temps, et Doc Gynéco. Limite, ça m’étonne qu’il ait pas invité Céline Dion ! Bon, remarquez, il a déjà fait le pantin aux côtés de Tom Cruise qui se fout royalement de la politique française, sauf peut-être de la loi anti-secte mais c’est un autre sujet. Donc voilà, pour qu’on vote pour lui, M. Sarkozy nous présente deux people tout acquis à sa cause, un vieux chanteur qui veut se casser du pays et un jeune rappeur un peu foncé de peau qui, rappelons-le, chantait autrefois au sein du Ministère Amer. Là, j’avoue que je n’ai pas du tout compris ce que Doc Gynéco foutait là, c’est une alliance bien improbable tout de même ! Je tape sur Sarko mais à gauche, c’est pas mieux. Dimanche dernier, je suis donc allée à la conférence de Jack Lang : officiellement, il s’exprimait sur l’avenir des jeunes, officieusement, il se vendait pour le scrutin au sein du PS. Ce genre d’happening est assez fascinant pour un observateur, genre la petite journaliste qui est là pour faire son travail. Je vous explique un peu le principe. Dans tout meeting politique, vous voyez des gens débordant d’enthousiasme brandissant des banderoles, applaudissant à tout rompre, limite en transe. Et bien sachez que quand vous vous pointez à un meeting, on vous propose de l’argent pour faire ça. Ca casse un mythe, hein ? Les partis sont plus ou moins généreux, je crois que ça tourne généralement autour de 75 euros. Dimanche, je ne sais pas si les gens ont été payés mais tout a été savamment orchestré. Avant que la conférence ne commence, un gars explique aux gens assis par terre sur la piste que quand Jack rentre, il faut se lever puis l’acclamer puis quand il termine son arrivée, on se rassoit pour recommencer la standing ovation à la fin du discours. Et oui, tout est calculé ! Et il avait même son people, Jack : Armande Altaï, la seule people que je croise dans Paris (ça fera que la 3e fois, je suis désespérée).

 

Il y a quelques années, Yohann, mon ex meilleur ami, était allé au meeting européen de Charles Pasqua et Philippe De Villiers (oui, il était de droite), il m’expliquait que ces meetings étaient tellement prenant que si tu devais voter juste après, tu votes forcément pour le candidat que tu viens de voir. Mais à l’arrivée, qu’il y a-t-il dans ces meetings ? Quelques idées mais surtout des belles phrases qui pourront être reprises par les journalistes (qui sont des gens feignants qui aiment bien qu’on leur mâche le travail). Et plus on attaque l’adversaire, mieux c’est. Je pense qu’à cet égard, le plus fort, c’est Jean-Marie Le Pen. Parce que si on regarde les apparitions de ce monsieur dans les médias, ce ne sont pas tant ses idées qu’on expose que ses attaques envers les adversaires, les « Chirac, c’est Jospin en pire » (ou vice et versa).

 

Et là, ça me saoule. Je ne veux pas voter pour un candidat qui aligne les formules creuses pour séduire mais qui ne propose rien derrière. Or j’ai l’impression qu’on glisse de plus en plus vers ça. Il y a quelques années, on se moquait de la gueule des Américains avec leur politique spectacle, les confettis qui tombent du plafond et les pom pom girls mais n’est-ce pas le concept de la paille dans l’œil du voisin et la poutre dans le sien. Parce que nous, on a peut-être pas les pom pom girls mais on n’en est vraiment pas loin. Les politiques sont des stars que l’on peut toucher, à qui on peut demander un autographe (ça, ça me dépasse complètement !), qui côtoie les people et dresse leur liste d’amis célèbres. La politique fait partie du show biz, au point qu’on se permet de demander aux artistes pour qui ils votent. Mais c’est quoi cette question ? Certains sont engagés donc eux, on connaît leurs opinions mais les autres. Je me souviens, y a 5 ans, VSD (grand journal hautement intellectuel) avait demandé aux peoples pour qui ils allaient voter. Et bien, moi, j’avoue que je m’en fous de savoir pour qui ils votent mais c’est symptomatique. Si on leur demande, c’est que leur opinion peut influencer, qu’ils sont une sorte de super citoyens qui guident les pauvres anonymes que nous sommes. Je veux pas être méchante mais je crois pas que Jenifer ou Loana puissent m’encourager à voter pour X ou Y, surtout que leurs justifications sont parfois affligeantes : « mon papa, il était ouvrier chez Renault alors moi, je vote Jospin ! ». Ah, putain, c’est beau la conscience politique ! Pourquoi se faire chier à lire les programmes alors que nous avons là la plus belle raison de voter Jospin ?

 

Alors quand je vois cette irruption de people dans la politique, le tout sous le sourire complice de nos hommes politiques, je me demande encore si les gens votent pour Sarko ou Johnny, pour le PS ou Renaud ? Parce que du coup, nos amis les journalistes se régalent de la présence de people. Mais du programme, on n’en parle point.

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