La liberté sexuelle pour les femmes : le grand leurre

Elle s’appelle Isabelle. 44 ans, divorcée, “pas mal pour son âge”; comme on dit. Pourtant le matin, quand elle se regarde dans la glace, ce n’est pas ce qu’elle voit. Elle ne voit que la peau qui perd un peu de sa tonicité, quelques taches discrètes qui commencent à apparaître, du gras sur le ventre qui refuse de partir. Ce matin, encore un nouveau cheveu blanc. Une sensation que ses belles années sont désormais derrière elle et qu’elle ne les retrouvera plus. Ainsi, elle n’a pas cru sa chance quand ce jeune homme croisé quelques fois à la machine à café est rentré dans son jeu de séduction. Après quelques verres et beaucoup de rires, il l’a ramené chez lui, ils ont fait l’amour, une fois, deux fois . Quelle fougue, ces jeunes hommes, elle avait oublié. Elle repart le lendemain, la confiance en elle remontée, le sourire aux lèvres.

Femme quadragénaire sourit à la vie, confiance en elle, New York

Elle s’appelle Axelle et c’est une femme libre. Elle aime les hommes, beaucoup, elle en rencontre souvent, elle se donne sans calcul et avec délectation. Ce soir, elle prend un verre avec Tiago, un beau garçon croisé sur Tinder. Ils se cherchent, ils se séduisent. Le contrat est clair : juste du cul, pas d’attaches. C’est donc sans surprise qu’ils finissent ensemble au lit pour une nuit torride. Axelle jouit, Axelle est heureuse : elle prend son plaisir avec un beau garçon après une bonne soirée.

une femme nue dans la forêt adossée à un loup, femme sauvage et libre, liberté sexuelle

Elle s’appelle Daria. Depuis quelques temps, elle flirte avec ce garçon, Charles, qui est en cours d’éco avec elle. Il est drôle et prévenant. Un soir, il l’invite à prendre un verre ailleurs qu’à la fac. Soirée délicieuse mais elle ne cède pas, elle veut être sûre. Ce ne sera qu’au bout du 3e rendez-vous qu’elle se donnera à ce garçon qui a conquis son coeur.

Un jeune couple flirte en buvant un verre en terrasse

Le point commun entre Isabelle, Axelle et Daria ? C’est qu’elles sont tombées sur des connards… Mais des connards puissance 10 000 qui les ont photographiées et balancé des photos d’elles nues ou presque prises à leur insu avec des commentaires pas forcément sympa sur leur âge, leur plastique ou leurs performances. Oui, en 2017, ça existe et pour une page Facebook trouvée, celle de Babylone 2.0, il en existe encore beaucoup pas encore débusquées parce que vous vous doutez bien que, nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenus dans ce type de groupe fermé.

Un jeune homme prend une photo avec son smartphone

Quels torts ont eu nos trois demoiselles ? D’avoir une activité sexuelle. Point. Et d’avoir mal jugé une personne, pensant être dans un environnement safe avec lui. Et franchement, l’addition est très salée pour juste une erreur d’appréciation. Alors, oui, il est possible qu’elles ne sachent jamais qu’elles ont été exhibées là mais la situation reste dramatique. Des centaines ou milliers d’individus ont pu voir leur corps, allez savoir ce qu’ils ont pu faire sur ces photos. Et rappelez-vous qu’on ne parle que d’un seul cas, là… 

Un homme regarde des photos de jeunes femmes sur un ordinateur

Parce que la femme sexuée est systématiquement brimée. Quand j’écrivais mes aventures sexuelles ici (sans photos, sans vrai prénom ni détails permettant de reconnaître le mec impliqué, des fois qu’un mec ait envie de m’expliquer que je faisais pareil), qu’est-ce que j’ai pu me prendre comme seau d’insultes et de messages de type “va te faire gang banger* connasse” et autres joyeusetés. Dès que j’ouvrais la bouche, j’étais rabaissée par un “ta gueule, restes-en à tes histoires de cul”. Oui parce que le fait que je vive une sexualité épanouie semble me disqualifier pour parler de tout autre sujet… On me renvoyait systématiquement à ça, tout le temps. Mais quel est le rapport entre mon activité sexuelle et ma culture gé ou mes opinions ? Je cherche encore.

Une artiste de burlesque lit le journal avant de monter sur scène

Pourtant, on nous l’a vendue cette liberté sexuelle féminine. On regardait Samantha dans Sex and the city mener de front une carrière réussie (enfin, sa carrière, on la voyait que rarement dans la série) et une vie sexuelle débridée, se tapant les plus beaux mecs de Manhattan, dans la joie et la bonne humeur. Idem pour Miranda qui trouva l’amour en se tapant un barman random dans un bar, Charlotte qui finit avec un avocat qui avait pour seul intérêt au départ de la faire grimper aux rideaux et Carrie… Je sais plus. Sauf que non, dans la vraie vie, une femme qui couche est indigne selon les hommes (pourtant ravis de coucher), on peut l’insulter, la dégrader, l’humilier, elle l’a bien cherché. En 2017, on en est encore là et le pire, c’est que je suis moi-même un petit rouage de ce système. Je veux dire pourquoi j’ai arrêté de parler de sexe sur ce blog ? De peur qu’un employeur tombe dessus et ne m’embauche pas alors que… ben ce que je fais de mon cul n’a aucun rapport avec mon professionnalisme (vu que j’ai jamais eu de coït sur la photocopieuse en plein open space donc je ne perturbe personne). Alors je dirais bien que je vais vous reparler de mes histoires de fesses mais vu que je suis désormais monogame, le suspense est un peu limité. Mais on mesure une nouvelle fois à quel point le féminisme est nécessaire aujourd’hui, plus que jamais, car nous sommes de plus en plus opprimées, jusque dans nos libertés de jouir.

scène de sexe sur le piano dans Pretty Woman avec Richard Gere et Julia Roberts

J’ai publié un tweet sur le sujet vendredi et j’ai reçu des réactions assez diverses. J’ai passé beaucoup trop de temps à expliquer des concepts féministes de base comme le “not all men” et mansplaining donc je prévois pas mal d’articles à caractère féministe dans les prochaines semaines donc si ça vous ennuie… Ben arrêtez de lire mon blog car je passe en mode poing levé.

Logo féministe poing levé

* Je l’ai vraiment eu, celui là…

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Faut-il perdre tout dignité sur les sites de rencontre ?

Non. Non non, vraiment non. #non

Depuis que je compulse le site rencontre de merde dans un but de pure recherche (et parce que du coup, je me sens ultra chanceuse dans mes aventures de dating), je découvre différents comportements assez hallucinants qui me font poser de grandes questions sur la santé mentale de mes contemporains. Parce qu’il semble que les sites de rencontre encouragent très fortement la parano.

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Comme je disais la semaine dernière, les sites de rencontres sont des petits collabos fouteurs de merde qui affichent en gros sur nos profils notre dernière date de connexion.  Pour peu que votre nouveau camarade de jeu soit un peu du genre méfiant, si vous avez eu le malheur de vous connecter depuis votre dernier date, attendez vous à devoir vous justifier. Mais d’autres décident de vous prendre au piège, persuadés que de toute façon, vous êtes animés de mauvaises intentions. Ainsi il peut être courant que votre nouveau crush crée un nouveau profil avec “des photos trouvées sur Internet”, tout parfait pour vous, et va venir vous adresser la parole. Autant vous dire que si vous tombez dans le piège, vous allez recevoir aussi sec une liste très complète de gros mots et insultes. Vous l’aurez cherché. Oui, certes si vous lui avez promis monts et merveilles tout en continuant votre chasse, tout accro aux sites de rencontre que vous êtes.Mais ce qui m’interpelle légèrement, c’est le temps consacré par votre moitié parano pour faire tomber son nouveau flirt.

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Il est des rencontres qui marquent un peu, il est vrai. Des matins où l’on se blottit contre ce nouvel autre dont nous ignorions encore l’existence hier ou à peu près et l’on sent son coeur battre un peu plus fort. Pas encore de l’amour mais l’envie de croire que, cette fois-ci, ce sera différent, que celui-ci ou celle-ci restera car il aura vu ce qui fait de vous un être unique et voudra en savoir plus. Parce que vous avez vu quelque chose en lui ou elle, cette étincelle qui rend tout possible. On rentre chez soi la tête haute et le sourire aux lèvres, l’envie de le/la retrouver vite, bientôt, sans attendre une seconde. On s’imagine déjà que cette rencontre-là, elle est pas comme les autres, on réécrit l’histoire aussi vite qu’elle se déroule pour la rendre plus belle, plus forte, on guette le moindre signe que là, on ne se trompe pas, c’est sûr. Et puis, tandis qu’on danse sur notre nuage en barbapapa, on s’aperçoit soudain que cette personne qui a réchauffé notre coeur est à nouveau connecté sur le site (vous aussi mais c’est pas pareil). Alors forcément, on veut savoir. Histoire de pas s’investir pour rien.

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Oui, ok, ça se comprend très bien. Sauf que je dois être très orgueilleuse mais un plan comme ça, je vais pas consacrer 2h de plus à cette personne si elle m’a raconté de jolies histoires pour mieux tirer son coup avec un-e autre le lendemain. Enfin, s’il a promis quelque chose, n’oublions pas qu’on se réécrit très vite une histoire, qu’un “à bientôt” n’est pas toujours promesse de nouvelles rencontres, que certains ne savent pas dire au revoir. Oui, vous êtes peut-être mal tombé-e mais est-ce une raison pour se rabaisser à lui tendre un piège ? Vous voulez savoir ce qu’il veut ? Et bah demandez-lui. Et pas avec un faux profil, bien sûr. Parce que même si vous êtes face à une sale personne, rien ne justifie que vous jouiez les psychopathes. Je dis pas ça pour l’autre mais pour vous. Parfois, dans une rencontre qu’on croyait magique, la seule chose qui peut être sauvée, c’est la dignité. Alors respirez et sortez de ce site. Vous verrez bien si vous avez des nouvelles rapidement et vous poserez tranquillement la question “au fait, on est ensemble ou pas ?”. Mais pas de crise de nerf qui sort de nulle part. A part faire monter votre tension, vous n’en tirerez rien.

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Mais, ok, Nina, allez-vous me dire, elles sont bien jolies tes histoires mais on le trouve sur quel site, l’amour ? Nous verrons ça la semaine prochaine.

 

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Ce que j’aurais aimé que tu me dises

Profitant de mes congés estivaux, j’ai lu, beaucoup, et j’ai 3000 chroniques littéraires en retard. Entre mes mains est notamment passé “N’oublie pas les oiseaux” de Muriel Magellan, une histoire d’amour tumultueuse dont je vous promets de vous parler très bientôt car j’ai vraiment aimé ce livre. Il m’a parlé et a notamment réveillé une colère que je pensais morte depuis longtemps. Celle contre un ex, celui qui a toujours nié ma souffrance car il n’y avait de place que pour la sienne. En gros.

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Lisant ce livre, je m’agaçais donc de cette vieille histoire et me demandais soudain pourquoi ça revenait alors que cette histoire est digérée, limite oubliée. So what ? Aurais-je encore des sentiments pour cette personne que je n’ai plus vue depuis bien 2 ans ? Non, ce n’est pas ça… Et là, je me rends compte du malaise : ce n’est pas de son amour dont j’ai soif mais de ses excuses. Enfin, plutôt qu’il admette qu’il m’a fait souffrir, qu’il n’a jamais pris en compte mes sentiments, que seuls comptaient les siens. Pendant notre relation et après, laissant même son ogresse piétiner avec cruauté les souvenirs de notre relation. Parce que je ne comptais pas.

Bruxelles 365
J’ai donc eu envie de cracher ça. Puis j’ai réfléchi et me suis dit que ça ne servait à rien. Parce que je n’entendrai jamais ce que j’ai besoin (ou envie) d’entendre. Une rupture a cela de frustrant que chacun en a sa lecture et qu’il n’est pas concevable d’en parler calmement. Du moins pas au moment où l’on en aurait besoin tant la colère, la rancoeur, la tristesse, la frustration se mêlent et rendent le discours incohérent, agressif, violent. Je peux être une ex chiante, celle qui fait une scène car l’autre refait déjà sa vie, sans prendre la peine de me ménager un peu. Faut dire que j’ai parfois eu l’honneur de me taper des mecs reprenant le flirt avec une autre moins d’un mois après notre relation et ce sans se cacher nullement. Tu pourrais attendre que le corps de notre amour soit froid quand même. Je m’énerve, je tempête, je crie. L’autre ne comprend pas : on n’est plus ensemble, je ne te dois rien. Si, tu me devais une chose : me dire que j’avais quand même compté pour toi. Que cet amour que j’avais investi en nous n’était pas juste une histoire que je m’étais racontée. Que tu m’avais racontée. Que je n’ai pas infligé une sale cicatrice à mon coeur pour rien. Que tu comprennes que si, aujourd’hui, j’ai si peur de tomber amoureuse, c’est parce que tu m’as blessée et laissée là, agonisante, ne comprenant pas pourquoi ça me faisait mal de te voir déjà tourné vers de nouveaux horizons.

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Je parle d’amour mais ça marche pour d’autres domaines tels le travail ou l’amitié. Les ruptures sont différentes, certaines sont très administratives, d’autres plus perverses et sournoises, le lien se lâche et finit par se détacher sans réelle rupture visible. Nous ne sommes plus amis parce que c’est la vie, parce qu’on s’est éloignés. Parfois, on ne s’en rend pas compte, d’autres fois, ça pique plus. Moi qui ai investi du temps sur toi, qui ai été présent pour toi, pourquoi me délaisses-tu soudain ? Ne suis-je plus assez bien pour toi ? Penses-tu que tu es mieux que moi, que je ne vaux même pas une explication. Et toi, qui me laisse passer des entretiens sans rien me dire alors que tu sais, penses-tu que mon départ sera une bonne nouvelle, un boulet en moins dans la barque fragile ?

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Sans explication, sans rien dire. C’est la clé. J’ai parfois envie de provoquer la confrontation, de saisir ma plume pour déverser mon fiel et enfin déclencher une réaction chez l’autre. Mais à quoi bon ? Même si je me sens droite dans mes bottes et légitime, personne n’a envie d’avoir le mauvais rôle. Si je confronte en disant “tu as eu tort, tu m’as fait du mal, tu ne me mérites pas”, je ne vois pas qui me répondrait que j’ai raison. On parle de sentiments, pas de mathématiques. Même si parfois, on sait qu’on a chié, personne n’a jamais envie de l’admettre. Alors non, je n’entendrai pas ces mots dont j’aurais sans doute besoin pour avancer. Je dois en faire mon deuil. Plutôt que de ressasser bêtement, je dois voir si j’ai pas une leçon à en tirer et passer la seconde pour passer à autre chose. Au fond, peut-être est-ce aussi de ma faute : j’ai trop accepté, j’ai prêté à des personnes des sentiments, des intérêts qu’ils n’avaient pas, je n’ai pas assez parlé, mis en avant mes envies, mes ambitions. En matière de sentiments humains, personne n’a jamais forcément tort ou raison à moins de tomber sur des personnes perverses et/ou totalement égoïstes. Même si ok, mes exs qui repartent ostensiblement en chasse moins d’un mois après notre rupture, eux, ils sont difficilement excusables. Un peu de ménagement pour mon petit coeur et mon ego, merde !

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Mais finalement, n’est-ce pas là la fin de l’histoire. Je me demande parfois ce qui marque réellement le point final d’un amour. La rupture n’est qu’une première étape, quand fait-on réellement le deuil de cette relation ? Et si c’était tout simplement quand on se résigne à ne plus attendre ces mots qu’on estimait légitime ? Ou tout simplement le jour où on n’a plus besoin de les entendre.

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Be kind, rewind (soyez sympa, rembobinez) de Michel Gondry

Cette semaine, j’ai vu 3 films (et là, nous ne sommes que vendredi quand je commence à taper cet article). Tant de cinéma pour une non cinéphile, c’est un peu comme boire un demi quand t’es habitué qu’au Coca : ça enivre. Donc je profite de mon éthylisme cinématographique pour vous parler de ces trois films. Et en premier lieu : Be kind, rewind de Michel Gondry.

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Comme tout le monde, j’ai vu Eternal sunshine of the spotless mind, film qui te fait prendre automatiquement 10 points de maîtrise d’anglais quand tu arrives à dire le titre correctement. J’ai également vu un soir d’insomnie La science des rêves qui avait pour principal atout Gael Garcia Bernal et son accent et son sexyness et même qu’à un moment, on a droit à un nu frontal mais deux ou trois ans plus tard, je ne sais toujours pas si  j’ai aimé le film ou non. Mais gardons ce point en tête.

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Donc quand mon camarade de soirée, Victor, me propose une liste d’une quinzaine de films à voir, nous nous arrêtons d’un commun accord sur celui-ci. Oui, j’avais bien envie de le voir depuis un petit moment et puis nous n’étions pas d’humeur à nous prendre la tête (il est encore un peu traumatisé par Tom à la ferme). Le pitch pour ceux qui ne l’ont pas vu : dans le quartier pauvre de Passaic, un vieux monsieur s’accroche tel une moule à son rocher à son cher vieil immeuble au pied duquel il tient un magasin de location de VHS. Mais le monde moderne menace : l’immeuble est en décrépitude et la mairie souhaite le raser pour construire à la place une sorte de cité mi-moderne mi-clapier parce que, tu comprends, les travaux pour retaper le vieil immeuble coûteraient bien trop cher, environ 60 000 dollars. Le monsieur va partir en voyage initiatique au pays des magasins de DVD pour tenter de trouver un business model efficace pour sa boutique et tenter de gagner les 60 000 dollars.

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Mais cette histoire là, en fait, on s’en fout. La vraie histoire se joue à Passaic pendant l’absence du monsieur avec Mike, le jeune garçon plus ou moins fils spirituel du monsieur qui s’occupe du magasin en son absence. Mike a une sainte adoration pour son quartier et plus précisément pour Fats Waller, jazzman né précisément dans l’immeuble où se tient le magasin. Mike a beaucoup de qualités mais un énorme défaut : son meilleur ami, Jerry, sorte de gros boulet avec quelques pets au casque. Alors que le Monsieur demande à Mike d’empêcher Jerry de rentrer dans la boutique, celui-ci n’en fait qu’à sa tête et déclenche une énorme catastrophe : électrocuté la veille alors qu’il venait de pénétrer illégalement dans la centrale électrique la veille, il est totalement magnétisé et efface toutes les bandes du vidéoclub. Comme une catastrophe ne vient jamais seule, la voisine du dessus, flirt plus ou moins abouti du Monsieur du magasin, vient les surveiller et demande à louer Ghostbuster. En panique, les deux compères décident de rejouer le film puisque, après tout, elle ne l’a jamais vu. A peine ont-ils donné leur version à la dame qu’un client vient réclamer Rush Hour 2.

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C’est le début de la belle histoire : les deux films ont un énorme succès et les gens viennent faire la queue pour réclamer des films “suédés”, nom donné un peu au hasard pour dénommer ces remakes quelques peu originaux. Les 2 compères embarquent dans leur épopée Alma, latina du pressing d’à côté puis peu à peu tous les habitants du quartier jusqu’à la réalisation ultime : la vie de Fats Waller.

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Ce film a un énorme point fort : l’imagination. Les 2 réalisateurs en herbe vont preuve d’une imagination sans faille pour tenter de réaliser les effets spéciaux avec deux bouts de ficelle, rendant les scènes de tournage totalement hilarantes. Evidemment, ça me rappelait un peu trop fortement La science des rêves mais après tout, pourquoi pas. Après, le côté un peu critique sociale, la lutte pour des bâtiments qui ont une histoire, des habitants qui se mobilisent pour leur quartier, ça n’a rien de bien neuf. La modernité vs le bon vieux temps, il nous manque plus que la marionnette de Francis Cabrel. Et le personnage de Jerry,  joué par un Jack Black égal à lui même, a un côté parfois très agaçant, on a juste envie qu’il dégage. On peut également être dérangé par la « non fin » du film. Ca se termine un peu en queue de poisson mais pour ma part, ça restait le meilleur choix car je craignais une happy end sirupeuse à souhait. Peu importe la fin de l’histoire, ce n’était pas important.

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Mais ce film reste un bon moment, on se marre bien et ça, c’est priceless. Et puis ça me fait réviser les “classiques” du cinéma américain, c’est toujours ça de pris.

 

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Tu flirtes là ou… ?

Une histoire d’amour ne commence pas au premier baiser mais bien avant, à l’heure des échanges de regards complices, des effleurements volontaires, des doux flirts agrémentés de rires de gorge, jeux de cheveux et sourires en coin. Ces heures de flirt vues comme une douce période… après avoir conclu.

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Parce que le flirt, c’est quand même compliqué. D’abord, comment savoir si l’autre, en face, est en train de flirter ou s’il est naturellement affectueux, tactile, cordial voire excessivement poli. S’il me demande ce que j’aime lire/écouter/regarder, est-ce parce que ma petite personne l’intéresse ou qu’il entretient la conversation ? S’il met sa main sur mon bras quand il me fait la bise, c’est parce qu’il est tactile ou qu’il a envie de me toucher ? Etc. Etc.

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Parce que tout est question de prisme. Petite mise en situation parce que j’aime ça et vous aussi (si, si, vous le savez pas forcément mais vous aimez ça). Donc imaginons que j’ai en vue un jeune homme, Henry (comme Cavill oui parce que comme dit Loxy, je place super bien mes crushes people). Comme je suis pas tout à fait godiche, j’arrive à adresser la parole au jeune homme qui discute tranquille avec moi. Une interaction humaine tristement classique. Sauf que moi, je suis à fond les ballons donc mon décodeur amoureux s’emballe. Il se passe la main dans les cheveux ? Il me veut. Il me regarde dans les yeux ? Il me veut. Il me sourit ? Il me veut. Il termine la conversation par un “bon ben à plus”, il me sur-veut, la preuve, il dit qu’il souhaite me revoir. Alors que dans les faits, il en a peut-être juste rien à faire de moi, a passé sa main dans ses cheveux par tic, me regarde dans les yeux car je le fixe direct dans les pupilles, il sourit par par politesse. Quant au “bon ben à plus”, je m’attendais à quoi “Bon ben dégage connasse et à jamais, j’espère”.

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Simple interaction ou signe manifeste d’un intérêt ? Peut-être que Henry, il me trouve bien jolie, qu’il a passé sa main dans ses cheveux pour montrer qu’ils sont soyeux, s’est noyé dans mes grands yeux bleus, m’a adressé des sourires complices et que son “bon ben à plus” voulait bien dire “à très vite et puis tiens, on irait pas au ciné demain pour se rapprocher l’air de rien dans le noir ?”. Bref, chacun de nos gestes est-il une invitation ou un mouvement anodin sujet à interprétation ?

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Evidemment, on me dira que si on veut savoir, on n’a qu’à demander. Mais toute histoire d’amour qui se respecte comporte toujours cette zone d’incertitude, ce “je te parlais sans savoir si je t’intéressais ou pas, tu comprends…”. Et puis y a des moments où c’est pas si évident de faire le premier pas non plus. Reste donc à décoder, décoder, décoder. Comment parle-t-il aux autres filles ? Est-ce qu’il se retrouve souvent proche de moi ? Est-ce que son bavardage est poli ou réellement intéressé ?

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Heureusement, la plupart du temps, on finit par démêler le réel du fantasmé. Et au pire, on se prend un râteau mais c’est pas si grave… Des garçons avec qui minauder en se demandant s’ils flirtent ou sont juste cordiaux, ça ne manque pas.

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Ce garçon que j’ai croisé trois fois

J’ai un travers, une perversion. Un truc sympa et nocif pour personne, peut-être légèrement préoccupant pour ma santé mentale mais on n’est pas à ça près. Bref, j’aime imaginer que ma vie est un roman rocambolesque. Vertu première : ça stimule mon imagination. Vertu deuxième : je crois en une happy end. Souvenez-vous, lors de mon marasme, je m’étais dit « ça ferait un bon début de comédie romantique, ta vie qui s’effondre et hop à la fin, tu trouves l’amour et un boulot ultra wouah et tu embrasse l’homme de ta vie en riant sous la pluie« . En vrai, je me suis cassée la jambe et ma grand-mère est morte le 24 décembre mais passons.


À présent que le marasme 2011 est officiellement terminé, je me prends moins pour Jennifer Aniston. Mais quand même, y a un truc qui m’interroge : ce garçon que j’ai croisé trois fois en moins de trois mois. Je croise mes voisins moins souvent que ça !

(source image P45)

Ce garçon, j’en ai déjà parlé, il était au mariage de Lena, le prof de physique qui m’a entendu dire « en cours de physique quand j’écoutais pas, comme d’hab quoi… » (je connaissais pas sa profession à ce moment là de l’histoire ! Je suis pas cruelle) puis le lendemain « non mais en vrai, j’écoutais hein, je suis calée en ohms… Et merde ! ». Les ampères ou les volts ma fille, ça, c’est dénué d’ambiguïté. Donc ce garçon là, avec qui y a rien eu de notable, pas de flirt (c’était vraiment pas fait exprès le coup des ohms), rien. On est tous rentrés sur Paris et fin de l’histoire.


Puis y a eu le 13 juillet. Souvenez-vous, ce jour là, nous allons en famille chercher ma sœur qui a glissé dans ses cheveux des barrettes de couleur pour nous annoncer le sexe de son bébé. Alors que nous repartons gaiement vers nos voitures, je l’apercois. J’en parle quelques temps plus tard à Lena qui semble étonnée qu’il ait pu se retrouver dans cette gare-là. « Mais t’es sûre que c’était lui ? » « Ben, il me semble bien. Il avait un violon… » « Ah bah c’est lui, oui ».


– 31 juillet. Après une expédition ratée au marché St Pierre (j’ai pas trouvé la mercerie que je cherchais), me voici à Anvers pour prendre le métro mais je me fais doubler par un gros troupeau de touriste. Bon fait chier, je vais redescendre jusqu’à St Lazare à pied. Je chemine donc, perdue dans mes pensées (je travaillais le scénario de l’espèce de comédie romantique que j’ambitionne d’écrire) quand je vois une silhouette masculine au loin. Ah ben tiens, on dirait le garçon… Mais merde, c’est lui ! C’est ainsi que je le croise pour la 3ème fois sur un chemin que je n’emprunte jamais…

Les plus romantiques me diront « c’est lui, envoie-lui un mail ! ». Oui sauf que non, ce n’est pas cohérent. Bon d’abord, je ne lui ai parlé qu’au mariage, rien n’indique que lui m’ait vue ou reconnue (à la gare, j’en étais à plus d’une semaine sans maquillage, je perds automatiquement 10 ans). Mais surtout, je suis en pleine romance pathignonne (néologisme, mélange de pathétique et mignon, vous savez, quand l’amour nous rend neuneus concons) avec un autre homme, je suis plus du tout à la recherche d’une histoire. Je comprends pas les scénaristes de ma vie.


Ou alors mon idée de comédie romantique est pourrie et la vie me souffle une autre idée. Ou encore, ça me prouve que j’ai raison de penser que ce garçon est l’amour de la vie d’Anais.

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Tu veux ou tu veux pas

(trois ans plus tard, la suite de une histoire d’amour, j’aurais dû réécrire le premier épisode vu que je change un peu le style d’écriture mais en ce moment, je manque de temps)

Désormais, vous avez conscience de l’existence de cet autre qui vous donne envie de danser la vie. Ah, quelle douce sensation enivrante d’avoir un objet de rêvasserie, d’imaginer des dialogues percutant mâtinés de flirts qui aboutiraient au premier baiser, tant attendu, tant espéré.

Mais la rêvasserie n’est pas la vie et objet de votre désir (OVD) vous obsède. Quand il est à côté de vous, vous sentez votre corps en émoi. Si vous avez l’opportunité de lui parler, votre voix compose une partition folle, montant et descendant les octaves sans logique. Et ne parlons pas d’éventuelles moiteurs des mains ou des aisselles, des rougissements intempestifs… L’émotion a pris le contrôle.

Dans votre obsession, ce petit crush prend des proportions démesurées. Vous commencez à vous persuader qu’OVD est votre only one et vous craignez la fin du rêve. Et comme il n’a pas indiqué de statut amoureux sur Facebook, vous ne savez pas bien s’il est disponible ou non (et s’il ne l’est pas, vous ne pouvez pas jauger la concurrence). Donc vous entrez en phase « tu veux ou tu veux pas » dite aussi « guettons le moindre signe ».

Et c’est parti pour l’auto torture mentale. « Hiiiii, il m’a dit que j’étais jolie aujourd’hui, c’est donc qu’il aime ! La vie est belle, chantons sous la pluie ! » (oui, je sais, je pique une vanne de François Pérusse). Mais « oh non, il m’a à peine fait la bise aujourd’hui ! C’est un connard, je le hais, je vais me jeter du haut de la Tour Eiffel ! ». Bon, ok, je vous peins le tableau en mode maniaco-dépressive… Mais vous saisissez l’idée. On traque sans relâche le moindre signe, le moindre sourire, clin d’oeil, main glissée dans les cheveux… Tu veux ou tu veux pas ? Ton corps envoie tant de signes contradictoires… Comment savoir ? Ça me consume !

Rétrospectivement, cette lente période de doute et de traque reste toujours l’une des plus charmantes de la phase de séduction, celle dont on aime reparler quelques temps plus tard. « Tu sais, quand j’ai dit ça, c’était pas anodin… ». »Je le savais… »

Sauf que le langage du corps ne répond jamais à cette cruciale question : tu veux ou tu veux pas ? Pour savoir, qu’une solution : se jeter à l’eau.

« Ça te dit pas un ciné mercredi soir ?
– Si… »

Trois jours à attendre. Un enfer.

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Ah, tu as une copine…

Je vous racontais l’autre jour que j’avais maté Teresa avec Anna, Anaïs et son cousin. Au détour d’une scène, on s’esclaffe tant ça sent le vécu. Une étudiante en médecine blonde dont j’ai zappé le prénom se rapproche de Mariano en mode bon pote mais elle, elle veut plus. Jusqu’à ce que Mariano prononce la phrase fatidique : “Et si on sortait tous ensemble ce soir ? Je vais appeler ma fiancée pour lui en parler!”.

La pauvre blonde se décomposa avant de se ressaisir : “ah tu as une copine ? Ok, ben super, on fait comme ça” et nous de crier devant la télé “hannnnn, c’est tellement ça !”. Qui n’a jamais vécu ça ? Voici le beau Stéphane qui s’avance. Vous l’avez repéré et entamé quelques travaux d’approche à base de roucoulades, de rires de gorge et de tortillis de cheveux qui, dans votre monde, veut dire “TOI JE TE VEUX!”. Alors que vous discutez avec lui, il glisse soudain les mots fatidique “ma copine” (voire “mon copain”, j’ai un gaydar tout pourri). Et là, vous sentez comme une enclume tomber dans votre estomac, votre sourire se crisper et votre cerveau (à moins que ce ne soit votre orgueil) hurler à votre corps de se ressaisir. Feins l’indifférence ma fille, reprends la conversation l’air de rien, comme si le fait que le sublime Stéphane était désormais hors de portée ne vous affectait pas. Oui, je sais, on a le droit de s’attaquer à des hommes en couple mais de 1) ça complique la donne et de 2) je n’encourage pas ce genre de pratique, c’est un peu du masochisme. Bref.

Le problème, c’est que rien n’est clair. Je veux dire que dans un monde idéal, on aurait chacun une petite marque nous indiquant qui est dispo pour quoi. Alors, toi, tu es célibataire et hétéro, ok, toi célibataire et gay donc je vais te présenter à quelqu’un. Toi, t’es en couple mais tu cherches une maîtresse… Oui alors là, mon système de marque s’effondre parce que y aurait une marque “en couple libre” et une marque “en couple exclusif officiellement mais je suis pas contre un 5 à 7 avec un(e) autre” et le monsieur infidèle aurait un peu de mal à gérer la situation. Mais est-ce que c’est ma faute si les gens ne déclinent pas de suite leur situation aussi ? “Salut, je m’appelle Stéphane, j’ai 31 ans et j’ai une copine”. Au moins, on saurait et ça éviterait l’enclume dans l’estomac.

Le pire étant quand le beau Stéphane se trouve une copine après vous avoir rencontrée. Parce que le coup du tortillis de cheveux, c’est touchant mais peu entreprenant, il peut aussi penser que vous êtes juste un peu cruche. Stéphane étant un être indépendant, il est sorti et a rencontré une belle demoiselle qui s’est mieux démerdée que vous (ou qui lui plaisait plus, ça arrive). Là, c’est pas une enclume mais trois qui vous tombe dans l’estomac pendant que votre machoîre pend lamentablement au bout de votre visage. Merde, merde, meeeeeeeeeerde ! Comment a-t-il osé ? Bordel de bordel. Vous refaites le match dans votre tête, vous vous demandez à quel moment vous avez loupé le coche. Mais toujours est-il que vous voilà devant le fait accompli : le Stéphane s’est envolé. Va falloir se reconstruire un peu l’ego là. Parce que même si on est loin du traditionnel râteau qui te fait cracher les dents, là, t’as quand même un peu mal : pourquoi Stéphane est allé se mélanger avec l’autre greluche (dans ce cas, l’autre pauvre fille est forcément une greluche, pouffiasse, connasse, boudin…rayez les mentions inutiles si tant est qu’il y en ait) plutôt qu’avec nous ?

Et pourtant, c’est une facétie plutôt classique de la vie amoureuse ou plutôt de l’art du flirt. S’il était pris avant, haussons les épaules en maudissant la fatalité. Il était célibataire au départ ? De 2 choses l’une : soit vous n’étiez pas son genre (ça arrive), soit vous avez été trop godiche et n’avez pas bien fait passer votre message de “je te veux”. Quoi qu’il en soit, remettez-vous : à défaut d’un Stéphane, il vous reste des tas d’Arnaud, Pierre, Jacques, Samir, Louis ou je ne sais qui. Mais soyez plus claire dans vos désirs la prochaine fois.

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Patong, le temple du vice thaïlandais

On associe souvent la Thaïlande à un pays très favorable au tourisme sexuel. Peu importe ce que tu as envie de te taper, sur place, tu as, il te suffit de sortir la monnaie. Dans ma petite tête, j’imaginais que ce marché de la luxure se faisait dans des quartiers interlopes, loin de la lumière des quartiers touristiques. Oui, je sais, je suis naïve.

Premier soir, on dîne et on nous propose d’aller à Patong le lendemain. Anaïs et moi sommes enthousiastes, prêtes à accepter toutes les excursions du moment que ça nous fait “voir du pays” (parce que dans l’hôtel, on voit pas grand chose). Le samedi soir, nous voici donc 6 à filer vers Patong : Anaïs et moi, donc, Marine brune et Jeff, Matteo et Fabrice. Déjà, ambiance, notre guide (qui ne fait que nous laisser là-bas sans se joindre à nous) nous répète à plusieurs reprises, à Anaïs et moi, de pas rester seules. Youhou… On y retournera tous le samedi suivant.

Il nous laisse à l’entrée d’une rue piétonne et de suite, ton corps part en vrille : tu perds 3 dizièmes à chaque oeil et la moitié de ton audition entre les néons aveuglants et la musique techno-dance à fond les ballons. Du bruit, de la fureur, la chaleur moite, la foule qui monte et descend, des Thaï qui te sautent dessus tous les deux mètres pour te proposer des shows à caractère sexuels ou les merdasses clignotantes que tu envoies en l’air, les mêmes qu’à Paris sur le Trocadéro ou devant le Sacré Coeur.

D’abord, tu ris de l’ambiance kitsch du lieu, de ces immenses bâtisses parées de néons et de sculptures en tuc, tu ne vois que les trucs pour gentils touristes comme la fish pédicure, tentée par Marine brune et Céline (certainement pas par moi, du fait de ma podophobie), les jeux étranges qui fleurent au coin des bars comme le bon vieux puissance 4 ou ces énormes troncs d’arbre sur lesquels on plante des clous. Comme à Fort Boyard, oui. Tu passes devant des bars où des groupes Thaï chantent, pas toujours juste, voire même carrément faux, du Shakira ou du Metallica. Tu découvres même un petit autel bouddhiste, la longue file des Tuk tuk.

Et puis le stupre commence à te piquer les narines. Tu comprends que la bouillie verbale que te servent tous les Thaï qui t’abordent dans la rue signifie “ping pong show”. Si tu as vu Priscilla Folle du désert et/ou le film South Park, tu sais de quoi je parle. Pour les autres, ce spectacle d’un rare raffinement consiste à se placer des balles dans le vagin et les expulser en le contractant. D’après un de mes encadrants de plongée (à Paris), il y a des spectacles à base de sarbacane dans le vagin qui éteignent des bougies ou des poissons vivants enfilés là-dedans et qui sont expulsés dans un bocal.

Puis tu vois les femmes, partout, qui se dandinent autour de barres de pole dance devant des écrans géants diffusant du foot ou seules dans des vitrines. Poses suggestives, elles se jettent sur tout Occidental s’aventurant près d’elles. Puis tu vois les autres, celles qui racolent dans la rue et ont l’air d’avoir 15 ans. Sans doute ont-elles réellement cet âge là d’ailleurs. Pendant que je bois mon cocktail trop sucré, je vois les va et vient, cette jeune prostituée qui semble flirter avec un Occidental, un badinage amoureux comme on en voit tant mais tu sais que ce n’est pas ça, elle rejette finalement le gars : il ne proposait pas assez. Elle partira avec un autre, l’entraînant avec assurance vers un lieu plus intime. A côté, une autre passe au bureau de change, elle a dû être payée en euros, roubles ou dollars australiens. Dans la rue, tu ne vois plus que ces prostituées, femmes ou hommes grimés en femmes, les fameux lady boys. Tu vois aussi une foule de jeunes Occidentaux complètement défoncés, certains flottant au bord du coma éthylique. Le malaise commence à devenir palpable. Et là, un gamin de 7-8 ans vient de proposer des conneries qui clignotent.

Au loin, tu vois ce qui semble être des flics. Alors tout ceci est normal, légal. Les gamines de 15 ans qui tapinent ont un air prétentieux, un gras chauve d’une cinquantaine d’années fend la foule avec une certaine agressivité en traînant derrière lui une de ces ados qu’on se paye pour quelques baths. Les clients sont de tout âge et de toute nationalité. Un peu comme la fish pedicure, la pute thaïlandaise semble un incontournable.

Le lendemain, alors que nous faisions un tour dans le vieux Phuket avec notre responsable, je lui dis que je trouve ce tour intéressant, que j’ai l’impression de voir enfin la Thaïlande. Et il me répond : “oui, je veux montrer aux gens que la Thaïlande, c’est pas que l’alcool et les putes”. Je suis pas sûre que ce soit clair pour tout le monde. Bref, Patong, c’est à voir juste pour comprendre que oui, ça existe et que même en étant ouvert d’esprit, ça met franchement mal à l’aise. A la fin, t’as juste envie de partir de là, de ne plus être la complice passive de ce bordel. Tu jettes un dernier coup d’oeil à la fille qui danse mollement dans sa vitrine. Et tu prends dans la gueule tout ce tourisme que tu exècres mais auquel tu as participé. Même si à Patong, t’es pas obligé d’aller dans un bar aux filles qui dansent ou de te payer une ado…

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Attention ne pas flirter dans l’open space

Il y a quelques temps lointains, je chantais les louanges du crush de bureau, vous savez, ce petit palpitement provoqué par un(e) collègue bien à votre goût que l’on entretient de loin en loin pour avoir une bonne raison de se lever le matin pour aller au travail et toujours paraître au mieux. C’est mignon, c’est frais, ça donne le sourire. Sauf que je n’avais pas pris en compte un élément dans ma petite histoire : les pipelets.


Oui, pipelets parce que les mecs, ce ne sont pas les derniers à bavasser. Voire même les premiers. Avant, j’avais un pouvoir magique, celui de voir, et particulièrement les connivences entre deux êtres qui se cherchent et se trouveront peut-être dans le secret de l’intimité. Je sais pas, j’y serai pas. Mais en général, je partage assez peu mes observations sauf avec mes plus proches collègues car je suis pas une cancanière. Enfin, pas trop… Quand je veux lancer de fausses rumeurs, je dis les choses haut et fort et personne ne me croit. On en rit et on en oublie. Mais depuis qu’on a déménagé, on m’a mis dans un coin où mon pouvoir ne sert très peu puisque je n’ai dans mon angle de vue plus que 4 personnes, tous les autres sont dans mon dos. Heureusement que j’ai un pouvoir annexe : celui d’attirer les pipelets qui me racontent tout. Même quand le tout est le fruit de leur imagination.


Quoi qu’il en soit, la vie d’une entreprise tourne aussi autour des ragots échangés autour de la machine à café et là, attention, c’est parti pour le quart d’heure jugement où les personnes impliquées dans le flirt peuvent être vues comme des garces (“elle drague un mec marié alors qu’elle le sait”), des salauds (“il est en couple mais répond à ses avances”), des queutards (“il se tape n’importe qui dans la boîte, il paraît qu’il a déjà eu une liaison avec Jasmine de la compta/ Kevin du service marketing”…). Rare sont les idylles naissantes, réelles ou supposées, qui ne font pas l’objet de commentaires chuchotés à la cantine et étouffés sous quelques pouffements mal venus.


Parce que faudrait voir à pas oublier deux choses :
– ça ne nous regarde pas.
– nombre de couples se rencontrent au travail, près d’un couple sur deux (mais ça varie selon les statistiques) donc une idylle naissante entre deux dossiers n’a rien de surprenant.


Oui, certes, mais ça n’empêche pas la discrétion. Surtout si l’un des deux est déjà en couple de façon on ne peut plus officielle. Parce que si on a le droit de se conter fleurette dans l’open space (cadre teeeellement romantique), il ne faut pas oublier que ce petit jeu de séduction est une pénétration de la sphère privée dans la sphère professionnelle et ça n’a rien à faire là. Oui, on parle un peu de nos vies privées entre nous, je sais qui est en couple ou qui ne l’est pas, on a des anecdotes mais on en parle entre nous, à la cantine ou en pause. Dans l’open space, on drague pas, on bosse. On rigole aussi mais le problème d’une séduction repérée, c’est qu’elle trouble : sont-ils au top de leur concentration ? A-t-on vraiment envie de voir ça ? Et surtout, si l’une des personnes est en couple comme déjà évoqué, ne sommes-nous pas malgré nous complices d’un adultère possible ?


Quoi qu’il en soit, ça occupe, ça génère de la discussion. Au mieux ça amuse, au pire ça agace. Mais finalement, n’est-ce pas humain ? Tous ces gens passant leur journée ensemble enfermés entre 4 murs, ça finit bien par susciter des rapprochements. C’est le principe même de base de Secret Story et autres TV réalité. Et puis aussi incroyable que ça puisse paraître, les flirts de bureau peuvent se transformer en réelle love story. Genre je connais un couple qui s’est rencontré sur le lieu de travail et ça fait maintenant 35 ans. Même que ce sont mes parents et qu’ils ont bien fait de se foutre du “no zob in job”. Mais même si chacun fait ce qu’il lui plaît, n’oublions pas ce bel adage : pour vivre heureux, vivons cachés.

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