Tu veux pas débattre avec moi ? Nazi.e !

Le débat, ah, le débat… Sacralisé, c’est, paraît-il, le summum de l’ouverture d’esprit, le “je suis tellement mature pour un échange d’idées”, alors que je déteste le débat, en fait. D’abord parce qu’il ne sert à rien dans l’absolu, les impliqués ne changeront jamais d’avis, par conviction ou par ego. Après, ça peut toucher ceux qui écoutent mais surtout, cette sacralisation du débat fait qu’aujourd’hui, on se sent obligés d’opposer deux camps d’égal à égal alors que non. Mais surtout, refuser de débattre serait une preuve de faiblesse, un reproche légitime à faire. Oh vraiment ?

refuser de débattre

Revenons d’abord sur le problématique débat d’égal à égal évoqué plus haut mais que j’évacue en paragraphe deux pour ne pas perdre tout le monde. Je peux tout à fait comprendre le débat politique où l’on va tenter d’équilibrer les couleurs des intervenants, je n’ai, sur ce point, aucun souci. Même en étant quelqu’un de très fermement positionnée sur l’échiquier, ça peut m’apporter une certaine culture. Le problème du débat politique est surtout le manque de modération de la part des journalistes qui ont l’air de pioncer les ¾ du temps et on va se retrouver avec un débat où A accuse B de mentir sur des chiffres… et personne ne valide (ou pas) cette affirmation. Alors que ce serait justement le travail journalistique. Autant il est difficile de trancher sur les idées, sur les faits, y a peut-être du fact checking à faire et en direct, s’il vous plaît, tout le monde ne se rue pas sur Twitter pour voir ce que disent les comptes de fact checking, voyez… Mais le pire, ce sont les débats “pseudo” scientifiques où on donne la parole d’égal à égal à des personnes qui n’ont pas la même légitimité. Un exemple ? L’homéopathie. Alors oui, je suis fille de médecin donc je ne suis pas rigoureusement objective mais à quel moment des billes de sucre sont censé guérir quoi que ce soit en fait ? Non parce que des études cliniques ont été menées, l’histoire de la mémoire de l’eau complètement démontée et je suis à peu près persuadée que la moitié des gens qui prennent de l’oscillococcinum n’ont aucune idée que c’est censé contenir des cellules de foie et de coeur de canard de Barbarie. Je suis quelqu’un qui évite dans la mesure du possible de prendre des médocs à la moindre occasion mais mettre sur un pied d’égalité un médecin qui prescrit des médicaments qui ont subi des études concluantes et un homéopathe qui défend une médecine qui est scientifiquement reconnue comme inefficace, pardon mais non. A la limite, moi, si les gens sont rassurés par un placebo pour un rhume, ça me pose aucun souci mais quand on commence à se passer de certaines vaccinations parce qu’on prend des billes de sucre ou qu’on croit que ça marchera mieux que la chimio (comme l’ananas fut un temps ou le fruit du jacquier aujourd’hui), s’il vous plaît… Enfin, c’est étrange parce que sur le cancer, on a aussi des articles de merde te disant qu’il disparaîtra si t’arrêtes de manger du sucre… ce qui me paraît un peu antinomique avec l’homéopathie mais passons*.

Homéopathie

C’est rigolo parce que je trouve plein de photos avec des petites fleurs mais aucune avec un canard…

Passons maintenant sur l’obligation de débat. Ben pardon mais non. La semaine dernière, quelques hommes se sont indignés d’avoir été placé sur une liste Twitter référençant les comptes problématiques. Cette liste, on en fait ce que l’on veut, notez. Je peux m’en servir pour bloquer des comptes en préventif parce que j’ai pas forcément envie de m’attirer des mascus malsains dès que j’ouvre la bouche ou recevoir des dick pics non sollicitées. A dire vrai, j’ai déjà bloqué des comptes qui venaient me suivre et qui puaient les embrouilles genre le mec bien macho qui vient me suivre moi, le genre de compte où tu sais que son seul but sera de te faire fermer ta gueule dès que tu diras quelque chose d’un tout petit peu féministe. Donc oui, je me protège un peu et je ne comprends pas le scandale.

Le scandale

D’abord, Twitter, comme n’importe lequel de mes réseaux sociaux, c’est un espace personnel et j’y suis/lis qui j’ai envie de suivre/lire. Je n’ai aucune obligation de RIEN. Non mais déjà que dans la vraie vie, je suis obligée de me coltiner beaucoup de gens dont l’avis me file vite la nausée, les commentaires dignes des meilleurs PMU dans le métro entre deux personnes qui ont décidé de partager leur conversation à tout le monde… Voilà, dans la vie, on n’a pas toujours le choix d’entendre certains avis moisis, c’est pas pour me les récupérer aussi sur mes réseaux sociaux. “Mais tu m’as bloqué alors que je t’avais rien dit, ma liberté d’expression, blablabla”. Alors le fait que je te bloque peut signifier deux choses : je n’ai pas envie de te lire mais aussi je n’ai pas envie que tu me lises, des fois que tu décides de me casser les ovaires, comme déjà expliqué. Mais même en te bloquant, je ne nuis pas à ta liberté d’expression : tous les 12 millions d’utilisateurs actifs mensuels Twitter peuvent te lire sauf une… Je trouve que niveau censure, c’est ultra léger.

L'homme qui pleure

Bref, va falloir un peu désacraliser le débat, surtout pour les quidams qui n’ont aucune obligation à le faire, rien à vendre, pas d’élections à gagner… Par exemple. Je n’ai pas envie de répondre ou même de voir quelqu’un parler, c’est mon droit le plus absolu. “Mais t’es pas ouverte d’esprit”. Si par “pas ouverte d’esprit” tu veux dire que je n’ai pas envie de perdre du temps avec des gens aux idées nauséabondes (j’ai bloqué Boutin) ou ceux qui guettent mes mots juste pour tenter de me rabaisser le caquet… heu ben ok, pas de soucis. Par contre, si tu trouves à ce point intolérable une personne qui ne voit pas l’intérêt de rentrer en connexion avec toi, demande-toi ce qui te motive vraiment : défendre une cause ou consolider ta posture ? D’ailleurs, j’en parle souvent de posture, va falloir que j’écrive dessus, tiens.

* Si des pro homéopathie passent par là : le fait que vous, à un moment donné, ça vous a fait du bien ne démonte pas différentes études prouvant que ça ne sert à rien. Soignez-vous avec des billes de sucre en expliquant à qui vous voulez que les médicaments et les vaccins, c’est juste un truc de labos (sinon, l’oscillococcinum, c’est vendu par les laboratoires Boiron, bisous) mais perso, je m’en fiche donc épargnez moi vos complaintes, merci.

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Humeur Noire

Comme la plupart d’entre nous, j’ai mes défauts, mes péchés. Si je ne suis point avare, je plaide coupable pour pas mal de péchés capitaux dont un qui vient rarement mais quand il se présente, il m’empoisonne la vie : la colère.
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Il y a quelques mois, ma vie a connu un virage qui m’a mise en colère. Pendant des jours, des jours et encore des jours (trop de jours), elle a déversé son noir poison en moi, me rendant irascible obsédée, agacée de tout. Parce que j’étais frappée par l’injustice dont je me considérais victime, parce que je brûlais de faire un esclandre, de régler mes comptes, de balancer des 4 vérités. Mais il est des contextes où l’ouvrir ne servira à rien, s’énerver se retourne contre toi comme un boomerang lancé trop fort qui viendrait te péter une dent. Alors tu fermes ta gueule, tu te dis que ça va passer et que la vie te vengera. En attendant, tu serres les dents à les casser, ta main est déchirée par tes ongles enfoncés dans ta paume. Tu agresses ceux que tu aimes dès qu’ils essaient de relativiser parce qu’ils ne comprennent pas. Parce que ça te bouffe de l’intérieur et ce n’est pas deux phrases qui te consoleront. Pire, tu as la sensation qu’ils ne prennent pas ta colère au sérieux, que tu n’es qu’une petite fille capricieuse.
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La colère est le cancer de ton bien être, elle empoisonne tes nuits, elle est tout le temps là, prête à t’assaillir. Un mot, une attitude et ça repart. Les répits sont de courte durée. Tu as beau essayer de relativiser, te dire qu’il suffit de sortir tes billes de ce sac mité, de te contenter d’être en mode automatique, ça finit toujours par revenir. Car la vague noire envahit tout, recouvre tout. Tu ne dors plus, tu n’écris plus, tu n’essaies plus de manger correctement. Tu t’oublies à tel point que tu pars en vacances « tongs » avec des ongles de pied type « french pédicure ». Sauf qu’à part dans quelques esprits dérangés, les ongles de pieds longs, c’est franchement dégueulasse.
orteils-deguelasses
Tu luttes. Tu luttes parce que c’est dans ta nature, tu n’y peux rien. Tu es résolue à exploser, à balancer cette noirceur pour t’en débarrasser mais tu es lâche. Alors tu essaies de trouver une sérénité ailleurs. Dans le sport, dans le yoga, dans ces sciences du bien être. Parce que si tu ne peux rien dire, peut-être trouveras-tu la force de vider cette noirceur autrement.
goutte-pluie
Tu vires cyclothymique, alternant accalmies et orages. Puis un jour, ça se termine. Non que tu aies fini par parler (ce qui aurait été une solution en fin de compte raisonnable mais je n’ai jamais su m’exprimer correctement sous le coup de la colère, les mots auraient dépassé ma pensée pour un résultat épouvantable), la vie finit par te mener ailleurs, loin de l’orage qui te pourrissait la vie. L’eau noire se dilue pour laisser place à un beau lagon. Jusqu’à la prochaine fois…
Corse 2013 - Triu 182
Non. Je refuse ce poison noir car il ne me permet pas de l’utiliser de façon efficiente. Éventuellement, quand j’y pense, je marche ou nage plus vite mais ça nuit à tout processus créatif. Autant je peux écrire de bons articles sur le coup de la colère brute, autant quand elle s’insinue en moi, elle finit par me bloquer. Je suis trop obnubilée pour jouer l’insouciance, parler d’autre chose. Parce que j’ai juste envie de cracher mon venin, encore et toujours. La prochaine fois, je saurai : yoga et honnêteté sinon, point de salut. Et arrêter la lâcheté hypocrite, aussi, ça ne sert à rien.

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Etre dans l’opposition rend-il forcément con ?

(Titre troll)

Avant, mes opinions politiques étaient celles de l’opposition. Puis le 6 mai, grâce à la victoire de François Hollande (et surtout celle de la gauche aux Législatives,hein…), on change de place : me voici dans le camp du gouvernement et les gens de droite dans l’opposition. Et c’est là qu’on découvre que changer de place ne rend pas plus intelligent.


Quand Sarkozy était au pouvoir, je me suis énervée plusieurs fois contre les attaques physiques à son encontre, les points Sarko, ce moment où on lui colle des responsabilités qu’il n’a pas (genre « un enfant renversé par un chauffard, c’est encore la faute de Sarko). Maintenant que les rôles sont échangés, je constate avec une pointe de soulagement que nos amis de droite ne font pas une opposition plus fine. Passons sur les histoire de Flamby, à nouveau, on constate que notre Président et son gouvernement sont la cause de tous les maux. Et cette nouvelle opposition tombe dans tous les pièges, exaltée par son nouveau rôle. Gueuler contre le gouvernement quand on reçoit son 3e tiers des impôts. Heu, pardon les enfants mais les impôts, vous les avez déclarés avant la fin des législatives, quand la France était encore à droite. Et disons le une fois pour toutes : ça vous fait peut-être mal au cul de payer des impôts mais toutes les aides dont vous avez bénéficiées (moi aussi d’ailleurs) dans votre vie, ça tombe pas du ciel. On a reçu quand on avait besoin, on donne quand on le peut, normal.  Vous allez me dire, les gens de droite n’applaudiront jamais le travail de Hollande, c’est normal. J’ai pas du beaucoup dire en 15 ans de droite « ah mais ça, c’est bien », même si je me force à essayer d’être la plus honnête possible parce que je ne supporte pas la politicaille primaire, de quelque bord qu’elle soit. Tout ce que fait la droite/la gauche, c’est caca beurk ! Oui bien mais tu n’aurais pas un petit argument pour me dire pourquoi c’est de la merde ? Ah ben non. Manifestement, le fait d’être un€ abruti(e) fini(e) qui s’y connaît à peu près autant en politique que moi en biologie moléculaire ne t’encourage pas à fermer ta gueule. Et depuis que tu es dans l’opposition, c’est pire que tout, tu regardes le bout de ton nez avec obstination en te disant que la gauche t’en veut, à toi perso et fait tout pour te pourrir la vie. Même quand tu es un joyeux expat installé en Suisse qui manipule tous les pigeons en omettant de rappeler que tu as été bien proche de l’équipe Sarko à l’époque.


Mais là encore, disons que c’est normal. Mais le pire, le pire, c’est bien la néo opposition composé de ceux qui ont voté Hollande comme ils auraient voté Obama s’ils avaient été Américain en se disant que demain, tout sera différent. Je rappelle à toutes fins utiles qu’un homme politique (ou une femme, tiens) est avant tout un humain, il n’a pas de pouvoirs magiques. En mai dernier, nous étions au beau milieu d’une crise et aucun prévisionniste n’avait envisagé sa fin dès le 07 mai. Notre nouveau gouvernement récupère donc un pays dévasté ou à peu près et va falloir cravacher dur pour remonter la pente. Si vous prenez 15 kilos avec des bourrelets dégueulasses, c’est pas en claquant des doigts que vous allez les perdre, faut faire des efforts. Là, on doit tous se serrer la ceinture. Tous. Les riches plus que les pauvres, c’est au moins juste ! Mais jamais ô grand jamais il n’a été question de ne plus payer d’impôts ! Alors quand je lis le témoignage d’une petite connasse pourrie gâtée sur Rue89 (ce site est devenu une immonde merde où les egos se précipitent pour se la raconter. Une vraie revue d’articles de blog finalement) qui est scandalisée d’être moins payée suite à la fin de l’exonération des heures supps, c’est intolérable, elle a voté Hollande, merde ! Ah ? Ah mais pardon, j’avais pas du tout compris que ça marchait comme ça ! Non parce que moi aussi j’ai voté Hollande alors bon, je dois aller où pour réclamer une exonération d’impôts ? Et qu’il fasse voter les lois qui me plaisent à moi puisque je lui ai donné ma voix. Quoi ? C’est pas comme ça que ça marche ? Je vais payer tous mes impôts l’an prochain ? Oh ben vu ce que j’ai gagné cette année, ça va me faire très mal au cul, je suis scandalisée. Néo opposition, attends-moi ! J’ai tellement envie de grossir les rangs des gros débiles incultes qui ont cru que la gauche ferait sauter les impôts… Juste pour rappel : les impôts ne sont pas une punition.


Bref, tout ça pour dire qu’en ce moment, j’ai vraiment envie de faire marcher la machine à baffe.

PS : J’ai découvert le site « Je suis stupide j’ai voté Hollande » en préparant cet article… via une pub Google Ad ! Ben dis donc, les entrepreneurs saignés à blanc à les entendre ne savent plus quoi faire de leurs sous…

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Hier, je suis allée voter

Je me suis demandée comment traiter du sujet, à savoir celui des Européennes et surtout celui de l’abstention record. Car hier, quand j’ai vu que 60% des Français n’avaient pas daigné lever leur cul de leur canapé pour aller poser un papier dans une boîte, j’ai eu honte, mais vraiment. Evidemment, remis à l’échelle de l’Europe où l’abstention était à 56%, on relativise, on se dit qu’on est juste un petit peu pire que les autres.


En premier lieu, j’ai envisagé un article agressif à base de « vous me gonflez à ne pas voter, surtout que moins vous votez, plus vous gueulez pour tout et rien ». Parce que ça, les abstentionnistes sont généralement forts en gueule. En 2002, j’étais au Mirail, la super fac extrémiste (de gauche) qui manifeste au moindre pet odorant de la Présidence. Le lendemain du 1er tour où on se retrouvait avec un Chirac- Le Pen, évidemment, tout le monde était motivé pour manifester et péter des dents. Sauf que la plupart de ces gens hyper engagés n’avaient même pas voté au premier tour parce que bon, il faisait beau, tu comprends… Non, je ne comprends pas, un bureau de vote est ouvert entre 10 et 12h, selon où l’on vit. Hier, j’ai pris une heure de mon temps pour aller voter (parce que j’ai pas dit à la mairie que j’avais déménagé et j’habite à 25 mn à pieds du bureau de vote) alors que j’avais autre chose à faire mais je l’ai fait. Parce que l’Europe, c’est bien plus important que ce qu’on nous dit dans les journaux. L’Europe, c’est ce qui peut rendre caduque certaines de nos lois comme par exemple la fameuse loi Hadopi que tout le monde a conspué derrière son écran (mais personne n’est pas allé manifester en vrai, faut pas déconner). On est aujourd’hui trop engagé dans l’Europe pour la négliger mais il faut se battre pour ne pas laisser l’Europe se faire sans nous. Je vous rappelle à tout hasard que dans la constitution qui n’a pas été ratifiée, il était question d’inscrire la culture judéo-chrétienne de l’Europe. Perso, ça me fait mal à ma laïcité.



Hier, j’ai eu une idée qui, je suis sûre, va faire hurler dans les chaumières mais je ne peux m’empêcher de la partager. Je propose qu’une personne qui ne vote pas durant trois élections d’affilée soit rayée des listes électorales. Hou, ça agace hein ? Mais attendez un peu avant de râler. Voter est aussi un devoir et pourtant, c’est le seul devoir qui n’est pas sanctionné s’il n’est pas suivi.  Si vous ne respectez pas la limitation de vitesse, paf amende. Si vous ne payez pas vos impôts, paf, majoration (faut que je le fasse !). Si tu ne votes pas… ben rien. Alors qu’en Belgique, si tu sautes trois élections sans une bonne raison, tu te prends une amende, en France, rien de rien, même pas les gros yeux. Alors si les gens ne prennent pas leur droit de vote, autant le leur enlever. Extrémiste ? Oui bien sûr mais peut-être que si le droit de vote est menacé, on va un peu plus se mobiliser.



Alors j’entends déjà la litanie de bonnes excuses. Que je pouvais pas aller voter pour ci ou pour ça. Evidemment, sur les 60% d’abstentionnistes, on peut considérer que 2 à 5% n’ont pas pu voter malgré eux (genre ils sont morts dans le week-end, ils ont été coincés dans les bouchons et n’ont pas pu rentrer avant la fermeture du bureau de votes (genre mes parents qui sont arrivés à 18h30, ça fermait à 18h). Mais bon, on ne peut pas penser sérieusement que plus d’un citoyen français sur deux a eu un empêchement. La plupart d’entre eux ont préféré ne pas quitter leur canapé et regarder le Grand Prix et Roland Garros plutôt que de voter. Je ne sortirai pas les grands discours à base de « nos ancêtres se sont battus pour ça » ou « y a 65 ans, les femmes ne pouvaient même pas voter, tu y penses ? ». Non, au fond, l’argument larmoyant, ça m’épuise. Certains me diront qu’il vaut mieux parfois ne pas voter que voter n’importe quoi et que si le vote blanc était vraiment reconnu, ils iraient voter. Sur ce dernier point, je doute fort mais alors fort. Et je ne parlerai même pas des adeptes du « élections piège à con » parce que passé un certain âge, je trouve ça assez ridicule. Surtout que j’en vois qui sont très fiers de ne pas voter et qui tâcle Sarko et ses amis à longueur de journée. On t’avait laissé le choix entre lui et une autre à l’époque, tu l’as pas pris alors maintenant, ferme ta gueule. Mais comme dirait Martin Vidberg : « on n’a pas voté mais on râlera quand même ». Sacrés Français.


Maintenant, je laisse aux politiques le soin de dire que tout ça, c’est la faute aux journalistes qui n’ont pas couverts la campagne comme il faut alors que ce sont eux qui ont fait des élections européennes une occasion de se débarrasser des ministres boulets (ciao Rachida !) ou un vote sanction du gouvernement (aucun rapport, merci Martine). Enfin, je terminerai juste par cette réflexion : l’UMP a « gagné » les élections. Comment peut-on gagner une élection où plus d’un citoyen français n’a pas voté ? Surtout quand on sait que Sarko a été président de l’UE il y a moins d’un an. Sa présidence ne nous a pas rendu l’Europe plus proche et moi, j’appelle ça un échec.


Pour finir, un petit lien vers Camille de Rue 89 qui, j’espère, fera taire les chantres de la bonne excuse. Parce que quand on veut vraiment voter, on se bouge le cul.

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Faut-il envoyer chier un recruteur qui le mérite ?

 

Parfois, en période de recherche d’emploi, on tombe sur des gens indélicats, les mésaventures de Tatiana cette semaine me l’ont rappelé (1,2 et 3). Elle m’a fait suivre le premier mail insultant d’un recruteur, assez énervée mais elle a eu la bonne réaction : répondre calmement.

Il y a des fois où ça démange fortement. Je me souviens de cette fois où j’avais traversé tout Paris (une heure de trajet) pour un entretien où le mec m’avait expliqué qu’il ne travaillait qu’avec des étudiants non rémunérés, « pourquoi je paierais pour quelque chose que j’ai gratuitement » avant de me demander si je ne connaîtrais pas des étudiants à Toulouse ou Bordeaux pour distribuer ses journaux. Evidemment que j’ai eu envie de lui jeter son torchon à la gueule, évidemment que j’ai eu envie de crier très fort mais je suis restée calme, j’ai dit « je vais voir », je lui ai serré la main, je suis sortie dignement avant d’appeler ma sœur pour lui expliquer tout le bien que je pensais de ce monsieur. Et que dire de ce responsable d’un site Internet permettant de passer une annonce si on a eu un petit béguin dans le métro pour se signaler qui non seulement ne m’a jamais rémunérée pour les vidéos que j’avais faites mais qui en plus expliquait ensuite que notre collaboration s’était mal passée. Ah ? Je n’étais pas au courant, ce monsieur a toujours été très courtois par devant. On dit faux cul, plutôt, au temps pour moi.

Alors oui, on a envie de leur dire d’aller se faire foutre et que ce n’est pas parce qu’ils sont du bon côté de la barrière (employeur) qu’ils ont forcément le droit de nous traiter comme de la merde. Parce que franchement, si on avait le choix, on ne bosserait certainement pas pour eux.  Sauf que voilà, on ne sait pas si Monsieur l’énorme goujat n’a pas des copains qui travaillent dans une boîte où on va aussi postuler.  Parce qu’il peut se passer deux choses : si on ferme notre gueule, il nous oubliera dès qu’on aura passé la porte de son bureau. Mais si on l’insulte et que le monsieur est très susceptible, il va se faire une joie de nous faire une réputation bien merdique. Et déjà qu’il n’est pas évident de trouver du boulot en temps normal, se faire une sale réputation, même si elle n’est pas méritée, ce n’est pas vraiment conseillé.

Je sais qu’il est parfois dur de fermer sa gueule au moment T mais respirez un bon coup et dites-vous que s’ils n’ont pas su reconnaître vos compétences, d’autres le feront. Il est important de toujours faire la part des choses même si c’est plus facile à dire après. C’est un peu le principe du « il faut embrasser plusieurs grenouilles pour trouver un prince charmant ». Sur le coup, on est énervés, indignés mais voilà, on n’est pas du côté de celui qui peut ouvrir sa gueule. Alors faut se dire que de ne pas travailler pour un tel con est forcément une bonne chose in fine car un mec qui ne respecte même pas les gens qui viennent passer des entretiens ne doit guère être plus sympa avec ses employés. Par exemple, pour le monsieur des annonces du métro, là, j’ai su grâce à un stagiaire mécontent cette histoire de « notre collaboration ne s’est pas bien passée » sinon je n’aurais même pas été au courant. La seule chose à faire, c’est de rentrer chez soi, continuer à répondre à des annonces ou envoyer de nouveaux CV et se dire qu’un connard pareil se prendra forcément un retour de manivelle un jour.

Bon, ok, vous avez le droit de faire du vaudou sur une poupée à son effigie. Ca ne marchera pas forcément mais ça défoule, au moins.

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C’est la grève (comme tous les autres jours)

Lundi matin, j’arrive à la gare : pas de train avant 30 minutes. N’étant pas tout à fait stupide, le soir, je vais voir sur ABCDTrains et bonne nouvelle :
le trafic sera normal le lendemain. Sauf que pas de chance, un conducteur se fait agresser lundi soir à 19h40 et quand j’arrive à la gare hier matin, y a écrit en gros : « pas de train du tout ». Ah ben comme ça au moins…


Arrivée au boulot, je pianote sur le net pour savoir ce qu’il s’est passé exactement, c’est quoi cette histoire d’agression. Je ne commenterai pas le fait que j’ai du mal à comprendre pourquoi c’est tout le réseau St Lazare qui est paralysé alors que l’agression a eu lieu sur la ligne A du RER. De toute façon, ça fait à peu près un an que j’ai des soucis de train toutes les semaines, je pourrais lister les différents motifs de grèves ou pannes mais on s’en fout, là n’est pas le propos de l’article. Et non, en fait, je ne vais pas dire que la grève, c’est bien mais qu’on en a tellement abusé que ça ne veut plus rien dire là (un an de perturbations entre les grèves dures et les remises en service plus les pannes), que je trouve assez scandaleux qu’un syndicat utilise l’agression d’un conducteur pour expliquer que c’est la faute de la direction qui veut pas céder à leurs revendications ( ?) ou encore parler du collègue de ma mère, infirmier aux urgences, qui se retrouve avec un collier cervical et un arrêt de travail d’un mois sans que ça n’émeuve personne. On pourrait aussi parler du fait que le moindre pet de travers du côté des syndicats est surcouvert par les médias alors qu’il faut attendre que quelqu’un meure aux urgences pour qu’on se dise que, quand même, y a comme un souci. Mais c’est Noël, on va oublier et manger, merci bien. Je pourrais enfin faire remarquer que privatiser ne multipliera cependant pas les rails et qu’Air France n’est plus un service public et pourtant… Bref, voilà, je balance tout, je développe rien et je passe à la suite.

Plus intéressants que les articles qui ne nous apprennent pas grand chose sur le sujet (et qui, pour celui du Monde, est écrit avec les pieds), les commentaires. Alors, ça, c’est mon péché mignon. Prenez un sujet polémique et allez lire les commentaires, c’est carrément jubilatoire. Entre les usagers mécontents, les acharnés de la privatisation et les « tout ça, c’est un complot du gouvernement pour nuire aux syndicats », je me régale. Mauvaise foi contre mauvaise foi, propos décousus (y a des gens, je comprends pas ce qu’ils cherchent à dire), gens qui mêlent des choses qui n’ont rien à voir dans le débat, anecdotes personnelles, effleurement du point Godwin (celui là, j’aime le distribuer). Ça vous rentabilise une grève en deux minutes.


Je parle des grèves mais ça marche pour le reste. Il faut surtout lire ceux concernant la France et là, c’est droite comme gauche, c’est tout blanc ou tout noir. Parce que tout est la faute de l’UMP mais toi, t’es trop con, tu es influencé par les discours anarco syndicalistes, alors hein… Oui parce que de façon générale, dans les débats sur le net (et surtout sur le net), chacun est persuadé de détenir la vérité absolue et indéniable alors que tous les autres sont influencés par les médias. On peut prendre le cas du Proche-Orient, un vrai cas d’école. On a de tout : du sang, des larmes, des intérêts géostratégiques, des morts, des soldats, des attentats, des religions, des « moi je sais, pas toi ». Perso, moi, je ne sais pas vraiment. Je ne vis pas là bas donc les chiffres qui me parviennent, parfois contradictoires, je ne peux pas savoir lesquels sont vrais, lesquels sont faux, quelle source est fiable et quelle autre est vérolée. De façon générale, je préfère éviter de me prononcer sur le conflit essentiellement parce que ça finit toujours par dégénérer. C’est pas pour autant que je n’ai pas un avis mais il suffit de tomber sur une personne qui est pour l’autre camp et là, c’est parti : « t’es trop conne, tu répètes ce que disent les médias mais t’en sais rien. Franchement, quand on sait pas, on ferme sa gueule ! ». Je suis toujours assez fascinée par cette sensation que semblent avoir tous les commentateurs d’actualité de savoir. Y compris quand ils ont tort et qu’on leur prouve par A+B car des fois, oui, il y a moyen de démontrer qu’ils ont tort mais au lieu de fermer sa gueule ou de s’excuser, la personne attaque sur un autre point. Je me souviens d’avoir eu ce débat sur ce blog même. Une fille m’explique qu’en France, les résidants d’outre mer et les gens issus de l’immigration n’ont pas le droit d’être élus de la République, je lui cite quelques noms pour lui prouver le contraire. Réponse : « et alors, tu trouves qu’il y a de quoi être fier ? ». C’était pas la question, à la base…

 

Mais j’aime. J’aime vraiment ces joutes verbales, ces interpellations, c’est « moi je sais et pas toi », cette mauvaise foi qui transparaît et les raccourcis parfois hallucinants qui sont faits. Cette sensation que parfois, les gens ne pensent pas selon la même logique pour arriver de A à C en passant par T. Sauf qu’il y a un effet pervers : à force, on a tendance à ne plus donner raison à personne et d’être totalement désabusé. Et du coup, dans les débats en soirée, on n’a aucune envie de donner son opinion vu qu’aucune option ne nous convient. Par contre, pour les sadiques de la contradiction, c’est bon : vous aurez des contre- arguments quoi qu’on vous soutienne. Quoi qu’il en soit, dans les soirées en ville, si on vous demande votre avis sur un sujet dont vous vous foutez et qu’il serait mal vu de ne pas répondre, vous avez au choix : « Tout ça, c’est la faute à Sarkozy/l’UMP ! » ou « non mais arrêtez, vous êtes intoxiqués par les médias ! ». A la limite, si vous êtes dans un repas où il est bon ton d’être de droite, vous pouvez un peu tacler sur le PS : « Pffff, arrête de t’emballer, on dirait Ségolène Royal/Martine Aubry ».

Non mais comment voulez vous que je me lasse ? En tout cas, le seul truc que je retiens de tout ce que j’ai lu, c’est cette question : « et sinon, à quand des transports plus écologiques? ». Aucun rapport avec la grève mais j’aimerais savoir, aussi.

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