Demain, le grand exil (mais bien sûr)

(version audio en fin d’article)

Aujourd’hui, il faut aller voter, c’est important. Vous savez pour qui je voterai donc je vais pas vous faire de prosélytisme. Déjà, je n’ai pas la prétention de changer vos votes, restons modestes bordel. Donc, moi, je ne dirai qu’une chose : votez. Ségo, Sarko ou blanc si le cœur vous en dit mais votez. C’était le petit message citoyen de Nina.

paris_hilton-vote

Revenons un peu sur la campagne. Cette année encore, nous avons eu droit à propagande et coup bas, Internet ayant bien aidé à la propagation de blagounettes ridicules ou pas, de rumeurs débiles, d’argumentaires discutables… Le week-end dernier, je me suis énervée devant la vidéo présentant un Sarko en héros sauvant un enfant de l’école maternelle de Neuilly. Musique à la film de Bruce Willis qui sauve le monde, témoignages, tout ça. Bon, les pompiers et les flics qui étaient là, eux, ils ne faisaient que de la figuration, c’est Nico qu’a tout fait. Bref, j’ai trouvé cette vidéo nauséabonde, beaucoup trop Georges-W-Bushesque à mon goût. Je n’ai pas aimé certains propos de M. Sarkozy pendant la campagne et même avant, surtout l’histoire des gênes mais
passons. Ce qu’a dit Ségo ne m’a pas toujours plu non plus.

Ce qui m’amuse le plus dans ces élections, ce sont tous les gens qui annoncent le plus sérieusement du monde « Si tel(le) candidat(e) passe, je quitte la France ». Au moins ! D’ailleurs, si j’écoute bien, demain, quoi qu’il arrive, une bonne partie de nos citoyens quitteront l’hexagone car l’infâme est au pouvoir. Le Diable ou la Succube, au choix. Là, je lève les yeux au ciel et je soupire très fort. Non mais vous allez vous calmer oui ? Ceci étant, ça a inspiré une chronique très drôle à mon idole journalistique François Reynaerts dans l’Obs de cette
semaine donc c’est pas tout à fait inutile. Mais hormis ça, ce psychodrame de l’exil me saoule un peu, pour être honnête. Non parce que moi, qu’est-ce que je vois ? Deux candidats issus des deux plus grandes formations démocrates de France, l’un d’entre eux accèdera au pouvoir de façon démocratique aussi demain. Un coup d’Etat perpétré par au moins la moitié des citoyens français, waouh !

Bien sûr, rien de bien neuf sous le soleil, chaque fois, c’est pareil. Pourtant, quand Mitterrand a été élu en 1981, les chars soviétiques ne sont pas entrés dans Paris, comme quoi… Les délires politiques, y a des jours où ça me fatigue, surtout que la plupart des gens vous disent « non mais moi, je sais, j’ai bien écouté son programme et tout ça ». Mais bien sûr, et la marmotte… Je me souviens en 2002, ça a été du grand n’importe quoi, du genre « merde, mon arrière grand-père est porturgais, si Le Pen passe, je vais me faire expulser ». Politique, ton univers impitoyaaaaable-euh ! Non mais ça va, on vit pas dans un film, non plus. Je trouve grave qu’on traite Sarkozy de fasciste voire pire, quand on sait ce qu’est réellement le fascisme. Je trouve grave qu’on dise que Ségolène est stupide. Je vous rappelle juste qu’elle a fait l’ENA, je pense pas qu’il y en ait un ici qui soit capable d’en dire autant. Elle ne savait pas combien il
y avait de sous-marins nucléaires. Moi non plus et pour être complètement honnête, je pense qu’il y a des dossiers plus importants à gérer. Quand je lis les sobriquets genre « le nain » ou « la bécassine », je trouve ça minable, tout simplement, quel que soit le camp auquel on appartient.

Enfin, vous êtes à ce point incultes que vous êtes pas foutus de faire de vrais débats sur le fond des programmes et sur les visions de la société que nous présentent ces candidats ? Votre seul argument, c’est « c’est un facho » ou « elle est bête » ? Et ben, moi, quand j’entends ça, c’est vrai que j’ai vraiment peur pour l’avenir du pays, voter en fonction d’une image que des petites propagandes bien orchestrées vous ont mise en tête, oui, ça fout la trouille. Merde, soyez intelligents un peu et réfléchissez avant de raconter n’importe quoi. Sarkozy ne s’octroiera pas les pleins pouvoirs s’il est élu (constitutionnellement impossible, déjà), Ségolène n’est pas une ravissante idiote hystérique. Je vais vous dire en toute honnêteté : quel que soit le gagnant
ce soir, je sais que ma vie n’en sera pas complètement changée. On partira vers la droite ou vers la gauche certes mais dans 5 ans, la France sera toujours une démocratie et on n’aura enregistré que quelques lois supplémentaires.

Voilà, maintenant que j’ai dédramatisé, votez. Et faites vos valises, des fois que !

PS : Je sais que l’image n’a aucun rapport avec l’article mais elle me fait plaisir.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Belle-famille, je t’’aime……ou pas.

Dimanche, je suis allée avec M. Gauthier voir un film « Un esprit de famille »… Je vous épargnerai mon avis, on va encore dire que je sais que critiquer. En gros, vous prenez tous les films américains qui mélangent Noël et famille, vous y prenez les clichés habituels (les vieux films, le beau sapin, des histoires d’amour à la mord moi le nœud…) et vous avez ce film. Mais pour rentabiliser cette soirée (enfin, on a papoté avec Gauthier, c’était quand même sympa), j’ai décidé d’écrire un article sur la « belle famille ».
esprit-de-famille
Comme tu le sais sans doute, lecteur, je n’ai jamais été mariée. Cependant, j’ai été quatre ans et demi avec un garçon, Guillaume (pour les nouveaux arrivants) et j’ai donc eu droit à divers repas de famille chez lui. Et lui chez moi. Comme je le sentais bien, ce petit copain-là, je l’ai ramené au bout de trois semaines chez mes parents. Je pense que mes parents sont plutôt sympathiques, on raconte des histoires de famille marrantes. Parfois, on fait de grandes tablées : les trois enfants (avec mon presque frère) et nos compagnons respectifs… Ah famille nombreuse, ah famille heureuse ! Je ne crois pas que mes parents soient des gens intimidants mais bon, moi, ça fait 25 ans que je les connais, je suis pas très objective. Bref, au bout de trois semaines, je ramenais Guillaume chez moi et nous partagions la même couche. A y repenser, ils sont ouverts d’esprit mes parents, quand même ! Guillaume est le seul petit ami que j’ai ramené à la maison.
 
De la même façon, les parents de Guillaume sont les seuls que j’ai côtoyés. Je me souviens parfaitement du jour où je les ai rencontrés. Ça faisait six mois qu’on sortait ensemble et je leur avais parlé quelques fois au téléphone, de grandes conversations.« Allo, madame Bidule ? J’aurais souhaité parlé à Guillaume, de la part de Nina, s’il vous plaît, merci ! ». Passionnant, n’est-il pas ? Donc, un jour, je ramène Guillaume de chez mes parents où nous avions passé le week-end et là, il me fait : « viens, je te présente à mes parents ! ». J’étais alors vécu d’un mini short qui tenait plus de la culotte qu’autre chose et je me suis sentie de suite follement à l’aise ! En plus, j’étais morte de trouille parce que son père était très strict et je ne savais trop comment ça allait se passer. Rassurez-vous, ses parents ont été charmants avec moi, ils m’ont proposé des verres mais je n’ai pas accepté, j’avais trois quarts d’heure de route pour rentrer chez moi.
 
Une fois la première rencontre faite, je faisais partie de la famille. Comme Guillaume était fils unique, sa mère me donnait plein de bricoles genre trousse à maquillage ou bracelet de la Redoute, ce qui était très gentil de sa part. Contrairement à tout ce qu’on m’avait dit, sa mère ne me considérait pas comme la « rivale », celle qui allait lui voler son fils pour toujours… Son père me stressait plus, donc, car il était très strict avec son fils et je me suis parfois retrouvée entre les deux quand le ton montait. Bon, Guillaume s’est aussi retrouvé entre ma mère et moi lors de disputes donc finalement…Son père était très gentil avec moi même s’il avait tendance à toujours me remplir mon verre, ce qui faisait qu’à la fin des repas, je me retrouvais un peu ivre.
 
Ensuite, en tant que compagne de Guillaume, j’ai assisté à de nombreux repas de famille, j’ai donc rencontré tous ses grands parents. Son grand-père paternel était sourd donc je devais parler fort et distinctement pour m’adresser à lui… J’avoue que je suis pas du tout habituée et j’en faisais des caisses pour être sûre d’être comprise. Côté maternel, nous allions voir ses grands parents à chaque fois que nous partions en vacances dans l’appartement de ma grand-mère au bord de la mer, ils habitaient à côté (nous avions tous deux des origines catalanes). Quelquefois, il y avait d’autres membres de la famille ce qui fait qu’en quatre ans, j’ai rencontré quasiment toute la smala. Je me souviens, une fois, on avait passé un après-midi chez eux, devant le Tour de France, Guillaume et son grand-père sur un canapé en train de parler de la course, sa grand-mère et moi en train de faire semblant d’être éveillées sur l’autre. La dernière fois que je les ai vus, je venais de pleurer toutes les larmes de mon corps car on avait eu une discussion assez difficile avec Guillaume. En gros, j’avais compris que c’était terminé, lui aussi, mais nous n’avons pas rompu à ce moment-là. Je devais vraiment avoir une drôle de tête avec mes yeux rouges et gonflés…
 
Quoi qu’il en soit, j’ai eu de la chance avec cette belle famille (je crois), je m’entendais bien avec tout le monde et je pense avoir été bien acceptée, notamment par ses cousines que j’aimais bien voir. La seule que j’ai pas rencontrée, c’est une dénommée Nina qui était journaliste… Amusant ! D’autres ont moins de chance comme, au hasard, ma mère. Quand elle a rencontré mon père, il avait encore ses deux parents mais ma mère ne les a rencontré que tard, vu qu’ils vivaient loin. Le jour J, ma mère se trouve face à sa future belle-mère et celle-là lui assène un : « Et bien, je n’ai pas de complexes à avoir ! ». 30 ans plus tard, ma mère lui en veut encore. Mais il n’y a pas eu que ça. Mon père et ma mère ne sont pas du même milieu social donc pour le mariage, ma grand-mère paternelle a refusé de cohabiter avec la famille de ma mère, des « ploucs » et a déjeuné dans une pièce voisine. J’ai des valises d’histoires comme ça. Il y eut la fois, aussi, où mes parents et moi-même étions chez mes grands-parents pour le week-end, ma mère et ma tante (la femme du frère de mon père) étaient enceinte, ma mère avait un trimestre d’avance sur ma tante mais ma grand-mère lui faisait faire tout le ménage alors que son autre belle-fille (pharmacienne et donc d’un niveau social plus élevé que ma mère) se prélassait, fatiguée par sa grossesse. Ce jour-là, ma mère fit ses valises et partit, rattrapée de justesse par mon père à la gare… Enfin, je vais pas tout raconter, je pense qu’on a saisi l’essentiel.
 
Je n’ai jamais rencontré d’autres beaux-parents, même si je les ai souvent vus en photo ou entendus au téléphone. Je me souviens, quand j’étais avec Arnaud, mes parents étaient venus sur Paris. Sur le coup, je l’avais un peu taquiné : « Tu veux pas que je te présente à mes parents ? Ils sont sympas ! ». Bien entendu, c’était une blague mais quand je lui ai demandé s’il avait déjà rencontré les parents de ses anciennes copines, sa réponse négative m’avait étonnée. « J’ai jamais eu l’occasion ! ». Ça, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille.
 
A la réflexion, je ne comprends pas vraiment pourquoi on craint à ce point la belle-famille… Evidemment, on peut tomber sur des cas comme ma grand-mère mais malgré toutes ses tentatives (dont certaines lettres), mon père a tout de même épousé ma mère et ils ont eu deux super enfants ! Certes, ma première expérience en la matière fut plutôt rassurante puisque le principal défaut des parents de Guillaume était leur caniche que je détestais et qui passait son temps à me sauter dessus (je n’aime pas trop les chiens). De plus, sans me vanter, je pense être une belle-fille plutôt bien : polie, serviable, souriante, jolie (ahah !), diplômée, une bonne situation (oui, d’ici que je me trouve un fiancé qui me présentera à ses parents, j’aurai un boulot)… Je peux même être non tabagique sur demande. Bon, je ne sais pas encore si je suis fertile mais selon le dernier voyant que j’ai vu, oui.
 
Du côté de mes parents, ils doivent se demander pourquoi en un an et demi de célibat, je ne leur ai présenté personne alors que Yohann ramène régulièrement de nouvelles conquêtes. Ils ont su que j’étais sortie avec Arnaud dont il ont vu une photo et je suppose qu’ils sont au courant pour Guillaume. Pendant les vacances, mon père a répondu à mon téléphone portable quand Guillaume appelait… Or quand il appelle, une photo de lui en peignoir apparaît… Hum ! Et encore, heureusement que ce n’est pas ma mère qui a répondu, sinon, elle aurait eu droit à un « chérie ! »… Je me demande aussi si ma sœur n’a pas craché le morceau (oui, elle est au courant, comme ça, elle me garde Kenya quand je pars en Bretagne) puisque vendredi, elle m’a sortie une petite pique.
« Ce que j’envisage, expliquai-je, c’est de commencer ma carrière à Paris puis partir ensuite en province.
– En Bretagne, par exemple… »
Ma mère m’a fait aussi une référence au pays des crêpes mais je me souviens plus laquelle… Mais bon, outre le fait que Guillaume et moi ne nous engageons pas, je vois pas en quelle occasion je pourrais lui présenter mes parents.
 
En fait, là où la présentation des beaux-parents peut être angoissante, ce n’est pas tant de rencontrer deux individus qui n’ont rien de plus ou de moins par rapport à nous. Mais être présentée aux beaux-parents est un pas de plus dans la relation… La prochaine étape, c’est quoi ? L’appart commun, les fiançailles ? Ah, quel stress ! C’est vrai que, dans ma famille, on a une certaine pudeur par rapport à ça. Une fois ma mère m’a expliqué que ça la gênait que Yohann ramène toutes ses copines : « Tu comprends, on s’attache aux gens et après, ils s’en vont… ». Du coup, le prochain que je ramènerai, j’attendrai un peu plus de trois semaines avant de le ramener !
Rendez-vous sur Hellocoton !