Quand les comédies romantiques torpillent la notion de consentement

Je l’ai dit et répété moult fois : je n’aime pas les comédies romantiques. Parce que j’aime être surprise par un film et que là, c’est rarement le cas (à part dans La cité des anges avec Meg Ryan et Nicolas Cage, un film plutôt hilarant malgré lui en fait). Mais surtout, à y regarder de plus près, les comédies romantiques envoient un message très problématique : accroche-toi, il (mais en fait toujours elle) finira par céder. Et tant pis pour la notion de consentement.

Amour et amnésie

On dirait l’affiche d’un film où le mec a kidnappé la fille et lui fait un trip romantique alors qu’elle a peur pour sa vie

C’est l’histoire d’une jeune femme qui reçoit un technicien Orange chez elle pour une intervention quelconque et qui reçoit quelques heures plus tard un SMS du dit technicien qui la trouve bien jolie et a décidé de tenter sa chance. C’est l’histoire d’une jeune femme qui, quelques jours après être allée chez le médecin, se retrouve à tchatter sur Facebook avec un inconnu qui se révèle être l’assistant du dit médecin. Ca ferait sans doute un bon pitch de comédie romantique, le mec qui a un coup de foudre et donne un petit coup de pouce au destin pour conquérir sa belle. Sauf que non. Non, non, non, non. Parce que déjà, le coup de pouce au destin, c’est juste un acte un petit peu illégal de récupérer les données personnelles surtout que vous savez ce qu’il y a dans nos données personnelles ? Notre adresse ! Donc en résumé : un homme à qui on a à peine parlé a pris la liberté de prendre notre numéro ou notre nom sur un dossier juste pour nous dire qu’on est très jolies et il sait où on habite… On lui a même ouvert la porte la première fois car il devait intervenir chez nous dans le cas de la 1ère. Vous commencez à percevoir le malaise ou pas ?

affiche Anna M

Oui, ça me fait penser à Anna M, j’assume

“Ah mais oui mais si on se lance pas, on va peut-être rater une belle histoire !” Et alors ? Des embryons de belles histoires, on peut en croiser au quotidien si on s’excite un peu l’imagination. La belle personne du métro, celle de l’ascenseur, celle qui nous a souri en nous tenant la porte, celle à la table à côté de nous au café… Sauf que peut-être, cette belle personne ne vous a pas calculé ou pire, a été gênée par vos regards insistants qu’elle s’est bien appliquée à ignorer. Parce que oui, dans votre imagination débordante et légèrement érotomane, vous oubliez juste un point : le désir de l’autre. On ne rentre pas dans l’intimité d’une personne en volant son numéro de téléphone ou son nom… Vous vous croyez romantiques en vous battant contre le destin ? Non, vous êtes juste méga flippants.

Stalker

“Ouais mais je peux pas savoir si je lui plais ou pas si je demande pas !”. Et si, il y a truc fantastique qui s’appelle le body language. Si vous matez une belle personne et qu’elle fuit vos regards, c’est mauvais signe. Si elle ne fait pas particulièrement attention à vous, ce n’est pas bon signe non plus. Non parce que si je considère mon cas personnel, quand je suis pas en recherche d’un mâle pour égayer mes nuits, je souris poliment mais effectivement, je ne suis pas attentive aux hommes autour de moi car je ne suis pas en recherche. A l’inverse, si une belle personne m’attire l’oeil, je vais lui envoyer quelques oeillades ouvrant la porte pour une discussion.

La femme qui séduit d'un regard

Le problème des comédies romantiques, point de départ de ma réflexion, c’est qu’on nous fait toujours croire que le mec a raison de s’accrocher, d’aller au delà des convenance ou, in fine, du consentement de la fille car il sait, lui, que c’est là le bonheur de la demoiselle. Sauf que non, juste, arrête. Comment tu peux prétendre qu’une femme sera plus heureuse avec toi que sans toi ? Je suis pas hyper calée en comédie romantique mais si on prend Patrick Dempsey dans le témoin amoureux ou Andy McDowell dans 4 mariages, un enterrement (voilà, un de chaque), on a quand même une personne qui, au nom de l’amour qu’elle porte à l’autre, va bousiller tranquillement ce qui devait être le plus beau jour de la vie de leur proie. “Ouais mais c’est elle/lui qu’elle/lui aimait vraiment…”. And so what ? A chaque fois, ils ont eu des années pour se bouger le cul et faire avancer les choses dans le bon sens. Tu t’es réveillé-e trop tard, tant pis pour toi, Buddy, laisse la vivre sa vie, merde. Et puis merci l’exemple que ça donne, imaginez qu’un mec vous fasse ça en vrai…

La notion de consentement dans les comédies romantiques

Bref, il serait temps de réécrire les comédies romantiques avec de jolies histoires où il n’est pas question de “se battre pour conquérir sa belle”, surtout si celle-ci n’a pas l’air intéressée. Fou-tez-lui-la-paix. Si une femme (ou un homme, ça marche dans tous les sens quelle que soit vos préférences sexuelles) est intéressée par vous, elle vous enverra des signes, elle ne vous laissera pas sur le côté de la route. Mais arrêtez de nous faire peur, de nous mettre mal à l’aise… Vraiment.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Philosophe ou inconsciente ?

Les gens admirent souvent ma capacité à illustrer l’adage “faire contre mauvaise fortune bon coeur”. J’ai beau être une râleuse sur les petites conneries du quotidien, l’éternelle loi de Murphy qui me taquine en permanence, globalement, je suis plutôt de bonne composition comme me l’avait fait remarquer un marin en Martinique “il pleut et tu ne te plains pas”. “Bah, je pourrais être sous la pluie à Paris alors tu sais…”. Philosophe.

 

cynthia_fleury.jpg

 

Mais parfois, mon optimisme n’est pas dû à une philosophie de vie mais juste à une mauvaise conscience de la situation. Je me souviens de ce lundi soir de janvier où j’étais sortie avec la gang TGGP. J’aime bien dire la gang, à la québécoise, c’est mignon. Passablement éméchée, je rentrais chez moi ivre de confiance : la crise que je venais de provoquer avec l’Amoureux allait trouver une issue positive, on allait s’en sortir. Deux jours plus tard, c’était fini. Raté… Mais j’ai l’alcool beaucoup trop euphorique, je trouve, j’ai beaucoup trop confiance en la vie et je finis par monter sur les bars et me péter le genou. Sur du Lady Gaga. So sad face.

lady-gaga-crying.jpg

Le cas qui m’intéresse actuellement est celui de mes réactions vis à vis de ma jambe. Parce que j’ai pas bien compris la gravité de la situation, je crois. Petits morceaux choisis “c’est rien, c’est une entorse”. “Bon, je vais me faire opérer mais le docteur a dit que je pourrai reprendre le boulot dans 15 jours”, “non mais je vais rentrer sur Paris avant ton mariage, je vais pas avoir un arrêt maladie pendant 107ans”, “je reprends le 18 juillet”, “je reprends le 24 juillet”, “hors de question que je reprenne fin août, c’est trop loin !”. Oui, je n’avais pas compris la gravité de la fracture, rappelée d’un air grave à chaque fois par le chirurgien : “dans 15 ans, vous risquez de souffrir d’arthrite, quand même”. Oui, ok mais je retiens aussi qu’à 2 cm près, je m’arrachais aussi le péroné et les ligaments et cette phrase clé d’Isa 4e du nom parce qu’il n’y a que des Isa dans mes histoires de plongée : “Mais en fait, tu aurais pu te tuer!”. Oui alors forcément, je suis toujours en vie et je n’ai “que” le plateau tibial fracturé et en plus, les dernières radios sont très bonnes donc comment tu veux que je m’angoisse. Philosophons : j’ai échappé à bien pire. Alors oui, mon été est foutu, je ne peux pas jouer avec mes crushes pour voir si c’est réciproque ou si je fais un peu mon érotomane (si mes rêves sont prémonitoires, y a quand même de la réciprocité… ou alors je suis juste frustrée), j’ai pas pu danser au mariage de ma soeur, je ne peux plus aller en Martinique. Mais là encore, relativisons. Mes crushes, si réciprocité il y avait (s’il n’y a pas, il n’y en aura pas plus à mon retour donc c’est même pas la peine d’en parler), soit y aura toujours réciprocité à mon retour, soit ça ne devait pas se faire et puis c’est pas grave, des crushes, j’en ai tout le temps. Pour le mariage de ma soeur, je me suis quand même dandiné sur ma chaise et je me suis pas ennuyée au final, observant les gens, activité que j’adore par dessus tout. Pour la Martinique, j’y suis déjà allée et l’argent que je ne dépense pas là, je vais le garder pour cet hiver pour aller ailleurs (et je sens que dès que j’ai fini de payer mes dents, je tente une économie à mort pour me payer les Philippines, j’en crève vraiment d’envie et y a des semaines à 2500/ 2600 € à l’UCPA). Puis je peux digérer tranquillement les séquelles du Marasme comme déjà dit et tourner définitivement la page, j’ai du temps pour écrire, je travaille quand même un peu et je profite de ma famille. Et de toute façon, il fait dégueulasse donc je perds pas beaucoup de terrasses et de pique-niques.

panier-pique-nique.jpg

Cependant reste ce côté un peu inconscient du problème. Je pensais pouvoir remarcher vite, j’en ai pour 2 mois post-op (j’en suis à peine à un mois), je dois renoncer au voyage en Egypte avec le club de plongée car d’ici à ce que je sache si en novembre, je pourrai replonger ou pas, les places seront prises. Philosophons : ce qui ne se fait ne devait pas se faire. Puis l’Egypte, c’est un peu comme Rome, ce sont mes destinations un peu maudites. L’Egypte, je devais y aller en 98, la fameuse année de l’attentat de Louxor. Je me souviens, la veille de l’attentat, mon père a dit “ahah, si tout se passe bien dans 2 mois, on est en Egypte!”. Et ben non, à la place, on est allés au ski, ma mère s’est arraché les ligaments croisés dès le troisième jour. Idem pour Rome, j’y suis allée en 96, j’ai eu la gastro de ma vie au Vatican (une vraie crise de foi(e)…krr krr krr), je n’ai vu ni la Chapelle Sixtine ni le Colysée car on avait perdu la fille d’une prof. Je devais y retourner en 2003 avec mes parents et ma soeur mais 4 jours avant le départ, celle-ci a appris qu’un concours qu’elle avait passé était annulé et reprogrammé… le week-end où on devait partir. Mais pour Rome, je crois avoir une compagne de voyage toute désignée…

rome.jpg

 

Bref, les gens sont souvent admiratifs de mon optimisme mais en fait, je crois qu’ils se leurrent. Je suis pas optimiste, juste totalement à côté de la réalité.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Tous érotomanes ?

J’ai un don dans la vie : celui de trouver les pathologies psys de mes entourants (j’ose pas dire proches car en général, ces gens là, je les maintiens loin). Oh, un mytho ! Oh, un pervers narcissique ! Oh, un futur serial killer ! Non, je déconne pour celui là… Enfin, j’espère. Et récemment, j’en ai trouvé un nouveau : l’érotomane.
anna_m.jpg

Situation : une personne de mon entourage confond politesse et signe évident de désir de l’autre pour elle, au point qu’elle se met elle-même à désirer celui qu’elle soupçonne de fantasmer sur elle. Vu que le schéma se reproduit systématiquement, je pense pathologie. “Oh, il me parle, c’est donc qu’il m’aime !”. Oui, ok, je dis souvent ça mais moi, je le dis ironiquement. Bref. Sauf que j’y repensais en me lavant les mains après avoir fait mon petit tour dans une pièce intime de l’open space et je me demandais si, dans une moindre mesure, nous n’étions pas tous un peu érotomanes.
anna-m.jpg

Situation, fictive cette fois ci mais on comprendra mieux : dans mon entourage arrive un bel homme que nous nommerons Paul parce que ça claque un peu, ça fait héros de soap opera (hmmm). Donc Paul est beau et brillant tant qu’à faire et j’ai bien envie de lui montrer ma culotte et surtout ce qui se trouve dedans. Seulement avant de montrer mon pussy à un mec, je préfère m’assurer qu’il est consentant, j’ai pas envie de la jouer à la DSK (présumé innoncent, il faut le rappeler). Donc je guette les signes. Son sourire me paraît appuyé, là. Puis si je mesure son temps de parole avec tout la gent féminine de notre entourage, il a parlé en moyenne 2.22 mn de plus avec moi qu’avec toutes les autres filles, Juliette la canon incluse. Et il m’a tenu la porte, si c’est pas un signe qu’il veut étudier mon épilation pubienne de près, hein…


culotte-london.jpg

Dans les faits, Paul est naturellement poli (la porte), souriant et ce n’est pas qu’il parle plus avec moi qu’avec les autres, c’est surtout moi qui lui adresse la parole et il me répond. Bref, j’interprète des faits totalement anodins à ma sauce pour me persuader que mon crush est réciproque. Reste donc à passer à l’abordage. Et grâce à mes signes infaillibles, je me prends dans la tête que Paul est maqué, gay ou très intéressé par Juliette mais il n’ose pas lui parler car elle l’intimide. Cet article démontre donc que le temps de parole n’est PAS un indicateur sûr.

temps-parole.png

Evidemment tout est question de proportion. Si je me suis mise en tête que Paul était intéressé par ma personne mais que ça ne va pas plus loin, je vais vite me remettre en selle. Est-ce pour autant de l’érotomanie ? Evidemment, quand nous sommes sous l’emprise d’un crush, on a toujours l’impression que c’est réciproque. Enfin, je crois. Disons qu’on
préfère penser que le comportement de Paul va dans notre sens, ça met de bonne humeur, les petits papillons dans le ventre, tout ça. La limite est dans l’obnubilation. Je m’amuse à croire que je lui plais autant qu’il me plaît, j’en suis pas encore à choisir le prénom de nos enfants.
prenom.gif

Mais surtout je ne tombe pas amoureuse d’un mec uniquement parce qu’il semble s’intéresser à moi. N’est-elle pas là, la véritable érotomanie. Dans certte situation, Paul ne me plaît pas forcément de prime abord mais j’ai la sensation qu’il est particulièrement souriant avec moi, il me tient la porte et me parle plus qu’à cette pétasse de Juliette. Donc il est intéressé par ma personne. Donc soudain, il me plaît et je vais me mettre en tête qu’il est à moi. Et si je me prends un vent, c’est un con-nard. Pauvre Paul.


paul_walker.jpg

La phase de séduction, finalement, ce n’est bien qu’une fois qu’on a conclu et qu’on s’en souvient avec une douce nostalgie.


PS : Je viens de découvrir Paul Walker, je n’ai aucune idée de qui il s’agit précisément mais il est quand même bien appétissant (même si j’aime pas trop les muscles trop dessinés)
Rendez-vous sur Hellocoton !

Fantasmer comme des ados, c’’est beau

Jeudi, journée entre filles. Je retrouve LilVirgo à 12h30 à Odéon et on est parties : un déjeuner puis un chocolat chaud au programme. Déjà, en y allant, je feuillette le Cosmo du mois de mars qui m’apprend que la futilité, c’est gai. Ça fait du bien. Ok, ce sera donc ma journée futile.

Pendant qu’elle déguste sa salade et moi mon sandwich très bon qui coule partout (Lil m’a expliqué que ce petit resto tuait mais faut pas y aller avec un mec qu’on ambitionne de séduire), on parle mecs. Pas ceux qu’on côtoie dans notre vie de tous les jours, non, THE MAN, l’übermâle, celui avec qui on partage nos gênes quand il veut : Michael Bergin. Le monsieur sur la photo là. Pour une
fois, on est vraiment d’accord. Oui avec Lil, on a tendance à pas trop fantasmer sur les mêmes mecs alors que l’avantage du fantasme, c’est qu’on peut justement le partager. Non mais c’est vrai, quel est le pourcentage de chances qu’on a de se taper Michael, sachant qu’il est marié, Américain et qu’il s’est tapé Caroline Bessette (donc qu’il a mauvais goûts en matière de femmes). Caroline
Bessette, pour ceux qui connaissent pas et qui ne sont pas potes avec google, c’est l’épouse de John John Kennedy. Enfin, c’était, elle est décédée la pauvre, ce qui fait qu’on la hait moins de se taper les plus beaux mecs de la Terre.

Bref, nos chances de même croiser Michael sont à peu près de zéro, il ne peut y avoir de concurrence entre nous. A moins que ce ne soit une amitié malsaine à base de « moi mieux que toi » et là, la concurrence serait dans l’intensité des fantasmes (et du nombre de séances de masturbation en pensant à Michael tant qu’on y est ?). Avec Lil, nous, on fantasme ensemble, on bave ensemble, on commente même sur MSN les épisodes où il apparaît. Notamment celui de vendredi où il s’accroche au chambranle de la porte de Caroline pour lui parler. Heure du décès de mon string : 19h28. C’est marrant parce que je suis pas très branchée bodybuildé, y a qu’à voir mes exs : ils étaient plus près des 70 kg que des 80, voire même en dessous. Mais bon, Michael, c’est un fantasme, mes exs, la réalité et un mec avec qui je sors m’intéresse au delà de leurs muscles mais je m’égare. Donc, après notre déj et chocolat chaud, on va dans un bar pour fêter une bonne nouvelle et autour de notre
pulp fusion, on liste les qualités de Michael. Déjà, un beau gosse dans Alerte à Malibu, c’est un peu exceptionnel. Non mais c’est vrai, pour fantasmer, on a le choix entre Mitch, Hobby, Cody le
beauf ou Newman, le moustachu dégarni. A la limite, y a Manni mais je suis pas pédophile. Et puis dans la série, il se tape Caroline qui est la plus belle et la plus naturelle. Bon, elle est chiante mais elles le sont toutes. Alors que Cody, il passe de Pamela Anderson à Carmen Electra, beuark ! Puis vendredi, nous avons appris qu’il jouait dans Alerte à Hawaï donc il faut qu’on trouve cette foutue série.

Bref, fantasmer comme des ados sur un mec, c’est bon, mais vraiment. D’abord, on n’aura jamais le cœur brisé parce qu’on n’espère rien. On se contente d’imaginer qu’il nous sauve, nous ramène sur la plage et nous fait l’amour sur le sable alors que le soleil décline, faisant briller les gouttes d’eau sur notre peau comme de l’or. Dans notre tête, on s’en fout qu’il soit marié ou pas, on veut juste qu’il prête son visage à nos petits films X perso, qu’on puisse parler de lui entre copines autour d’un thé histoire de rigoler et puis c’est tout. Sinon, on est érotomane et faut aller
voir un psy. Bon, avec Lil, on partage des tas d’autres choses mais étant toutes les deux célibataires et disponibles (en gros, aucun mec ne nous obnubile), ben fantasmer sur une célébrité commedes ados, ça nous met de bonne humeur, sans concurrence aucune. Michael, il est à toutes les deux, on en fait ce qu’on veut et c’est ça qui est bon. Bon, après, ça m’a pas empêché de mater les mecs de l’équipe de rugby de l’ESCP qui sont venus squatter le bar, y en avait de mignons mais ils étaient un peu jeunes. Donc oui, on rêve notre vie mais ça nous empêche pas de rester en contact avec la réalité.

Fantasmer comme une ado sur un mec, ça n’a donc que des avantages. Hé oui messieurs, vous n’êtes pas les seuls à baver devant la télé !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Un peu de télé-réalité

En 2001 (je crois), Loft Story débarque sur M6. Je suis catastrophée : cette merde télévisuelle ne peut pas arriver en France ! Bon, si elle est là mais elle ne marchera pas, les Français sont des gens intelligents. Je suis naïve !
 
Un jeudi soir, 18h, je me plante devant la télé pour regarder Highlander, histoire de bien évacuer mes cours d’histoire et là, ô surprise, au lieu de Duncan McLeod je vois… des poules. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Je mate ces gallinacés avec étonnement quand soudain, la réalité se révèle à  moi : c’est Loft Story ! Ah non, pas ça ! Comment vais-je faire pour décompresser après mes cours, moi. Bon, je vois passer les candidates, je me demande ce que fout Ophélie Winter là-dedans (en fait, c’était Loana), j’éteins ma télé.
Dans l'oeil de la caméra...
 
Personnellement, je ne suis pas fan de télé-réalité. Mais c’est quand même difficile d’y échapper. Une semaine après le début de Loft, l’émission télé de Canal+ décide de nous montrer les images de Loana et Jean-Edouard dans la piscine. Seigneur, quelles galipettes ! Ils sont forts quand même. Et là, alors qu’il est en train de la brouetter (sans capote, je suppose, bonjour l’exemple), je me rends compte qu’il y a quelqu’un qui nage dans la même piscine qu’eux… Dès le départ, on a touché le fond (de la piscine). Tout le monde en parle : les
amis, les profs, les hebdos télés et même le Monde. Moi, je résiste. A la fac, une nana (que je n’apprécie pas) m’explique sans rire : « Tu vois, Loft Story, c’est super intéressant d’un point de vue sociologique ! Tu vois, Aziz, il pourra jamais sortir avec Laure parce qu’ils sont pas du même milieu social. » Non mais quelle hypocrite, je rêve ! A ce niveau là, je pouvais prétendre regarder Sunset Beach par pur intérêt culturel, une sorte d’étude du genre « soap opera »…
 
J’ai raté le Loft 1, je me suis un peu rattrapée sur le 2 qui tombait pile à une période d’inactivités : je passais mes journées chez moi à ne rien faire si ce n’est regarder la télé, dormir, et faire semblant de travailler sur mon mémoire. Tout a commencé un soir d’avril, j’étais en vacances à la mer avec mon chéri. On va dans un petit resto et au moment de payer, on voit Loft Story 2 à la télé, l’arrivée des filles… Waaaaah, les pétasses ! Du coup, on rentre à l’appartement pour mater un peu les candidats, je suis effarée… Les nanas sont toutes
vulgaires, les mecs sont des clichés pas possible… Bon, les candidats rentrent dans le Loft, Lesly, la Loana noire, monte sur la table basse, prend une pose ultra naturelle (le cul en arrière, la poitrine en avant) et fait avec sa voix d’Ophélie Winter : « Ah euh ! Je veux…han… remercier les organisateurs…han… parce que c’est trop cool ici…han ! ». Bon, on la balance dans le confessionnal, l’autre elle arrive, elle dézippe sa combinaison jusqu’au nombril et s’assoit dans le fauteuil. Ok, elle, c’est la pouffe de service.
 
Bon, j’avoue que je n’ai pas grand souvenirs de cette émission, il me revient des anecdotes mais je ne sais plus si elles se sont réellement passées ou si à force d’en parler entre nous, nous avons tout exagéré. Il y avait Angela, la fille que je ne comprenais jamais. Elle se la jouait nana de la té-ci, elle n’arrêtait pas dire : « wouah, zyva, truc de ouf ! ». Je ne comprenais donc rien à ce qu’elle disait mais elle avait de grands problèmes de communication avec ses congénères lofteurs. Un jour, y en a un qui lui dit :
« Toi, t’es une nymphomane !
– Ahahahah, truc de ouf ! »
Notre amie Angela file de là pour rejoindre son ami mannequin qui passe son temps à défiler devant la caméra en jetant des œillades à la Alain Delon. Elle lui demande gentiment ce que veut dire nymphomane et là, il a sorti la phrase la plus culturelle, la plus poétique, la plus belle de cette émission : « une nymphomane, c’est une gue-din du cul ! ».
 
Sinon, il y a eu une belle scène, aussi, Lesly et Angela (décidément) qui découvrent un nouveau mot : ingénu. En fait, comme ils s’emmerdent, la production leur donne des défis à faire, là, il fallait chanter en duo. Comme les organisateurs veulent des prises de tête et du sang, ils ont forcément collé les deux demoiselles ensemble car elles ne se supportaient pas. Les voilà donc à répéter leur chanson, les demoiselles de Rochefort, dans laquelle il y a donc le mot « ingénu ». Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Alors en gros :
« ingénu, c’est comme ingénieur donc ça veut dire intelligent !
– Ah ouais mais non car in-génie, c’est quelqu’un de te-bê, non ? »
Arrive un lofteur.
« Hé, machin, tu sais ce que ça veut dire, ingénue ?
– Ben, ça veut dire candide. »
Du coup, ils ont fini par leur filer un dico parce que pour les demoiselles, candide, c’est une petite fille aux anglaises blondes qui a un raton-laveur.
 
Après, je n’ai pas regardé grand chose. Cette année, j’ai regardé Marjolaine et les millionnaires (pas jusqu’au bout) et le Bachelor, ces émissions me font assez rire, surtout le ménagement du suspense… J’aime bien quand le Bachelor sniffe sa rose d’un air préoccupé style : « vais choisir Marie ou Sophie ? » alors qu’il le sait très bien mais c’est pas télégénique, la certitude. Ce que j’aime surtout, c’est quand il y a du sexe ! L’avantage quand on est bachelor(ette), c’est que des tas de personnes se pâment à nos pieds ! Les filles écartent les cuisses à une vitesse folle, tout ça pour se faire jeter par le Bachelor au tour suivant. « Tu sais Anne-Charlotte, nous avons vécu de bons moments mais je cherche la femme de ma vie et tu ne l’es pas. » Marjolaine, elle était super, une reine de la brouette ! Elle a commencé dans Greg le millionnaire, une perle que j’ai ratée mais grâce au zapping, j’ai vu
l’essentiel.
 
Un soir, ma sœur rentre de Londres (ou de Paris), elle s’attable avec toute la famille autour et elle met Greg le millionnaire, une des dernières émission avec un super résumé de
la mort qui tue en début qui fait la moitié de l’émission, en gros. Et là, on a eu droit au merveilleux : « putain, arrête, je suis dur de partout ! ». Ensuite, le Greg parle
à une nana, ils sont allongés sur le lit et il lui fait : « allez, tu vas dormir maintenant ! » « Non, je veux rester là ! » « Non, tu restes pas là sinon
ça va partir en couilles ! » Oui, le terme est merveilleusement choisi. Avec mon père, on est morts de rire tandis que ma mère râle : « mais c’est une honte, c’est
scandaleux ! ».
 
Après, je n’ai suivi qu’une autre émission de téléréalité, les « colocataires »… et j’ai été à peu près la seule. Faut avouer que les candidats n’avaient aucun charisme,
aucun relief. En fait, je l’avoue, si j’ai regardé cette émission, c’est à cause de Jessica. L’année précédente, j’avais fait un stage au mouv’, dont le siège est à Toulouse, et tout le monde
m’avait demandé si j’avais rencontré Jessica. Non. Et la voilà à la télé ! Bon, je ne l’imaginais pas du tout comme ça. Vu comme elle se la joue allumeuse, je pensais découvrir une bombasse
blondasse mais euh… non. Déjà, cette fille a un sacré problème avec la nourriture : elle mange en permanence. A un moment, on la voit manger de la semoule alors qu’elle est dans son bain…
Elle bouffe, elle bouffe, elle ne fait que ça. Elle n’est pas appréciée par ses congénères, c’est une érotomane forcenée : elle est persuadée que tous les hommes la désirent, elle en harcèle
un et se prend râteau sur râteau. La demoiselle se sert de sa grosse poitrine pour tenter d’amener un monsieur dans son lit, ce qui ne se passe pas. Comme quoi, les gros seins, ça fait pas
tout.
Sinon cet été, lors d’une nuit avec Laurent, on a un peu maté la télé en mangeant des graines de tournesol car il s’arrêtait de fumer (il a repris depuis). On mate Koh Lanta,
j’avoue que je n’y connais strictement rien donc il m’explique. Dans cet épisode là, l’asiatique de service, Sakhone (je crois), qui, forcément, est tout zen. Oui parce que dans la téléréalité, y
a des stéréotype, le Noir fait du rap, l’Arabe a une main de Fatima et l’Asiatique est zen. Donc notre ami Sakhone est tout zen, il parle à la caméra en disant que cette aventure lui avait montré
à quel point il avait été salaud avec son ex copine. Et là, en surimpression, on voit l’image de la copine ! Ils se foutent de nous ou quoi ? D’où ils la sortent cette image ?
N’importe quoi !
 
Le pire, c’est qu’après, ils enchaînent sur « mon incroyable fiancé ». Bon, c’est pas le premier épisode. Petit résumé puis on voit la fille qui fait : « Ah, je
dois appeler ma maman pour lui annoncer notre mariage ! » Donc on la voit qui s’assoit, qui compose le numéro fébrile… « Allo maman ? » et là on se retrouve dans le salon
de la maman qui feint (mal) la surprise ! Non mais on se fout de nous ? Du coup, on a coupé la télé.
 
Sinon sur AB1, ils passent des super émissions américaines de téléréalité, des trucs mais d’un niveau ! D’abord, il y a « mister personnality », des hommes masqués
qui draguent une femme aux grandes dents (une Américaine, quoi), le tout présenté par Monica Lewinsky, tout ça pour dire que c’est pas le physique qui compte mais la personnalité. Bon, déjà, les
masques, ils font peur, je ne sais pas comment elle a fait, la fille, pour pouvoir les embrasser, brrrrrrr ! Mais bon, elle est trop forte, elle a choisi Jeff qui est « agent
immobilier-millionnaire », comme par hasard…
 
Sinon, ce soir tandis que j’écris cet article, je regarde « opération survie et séduction », un truc comme ça ! En fait, ce sont des super pintades mais alors du
haut de gamme, en talon et tailleur Gucci qui sont parachutées dans la jungle pour séduire Jack l’aventurier, un putain de beau gosse. Donc nos princesses écartent les cuisses plus vite que leur
ombre pour pas être éliminées. Mais c’est super tordu : là, elles sont dans un hôtel, le présentateur propose aux candidates si elles préfèrent rester dans l’hôtel ou retourner dans la
jungle ave Jack donc le mec, il doit éliminer une nana sans savoir qu’une d’entre elles pouvait partir ! En plus, ils en ont gardé une autre sous la main, une fille éliminée par ses
« copines », elle va revenir dans l’aventure… Aïe ! Là, une candidate au dépoitriné vertigineux (oui parce que là, ça n’a plus rien à voir avec un décolleté) annonce à sa
copine : « Ahahah ! Tu vois, j’ai pas de culotte non plus ! Ahah ! » L’autre l’a regardé avec un regard atterré. Y a de quoi !
 
Bon, sinon, je regarde pas les émissions de chanson, il y en a trop qui sont pris pour le physique que pour leur voix alors je me contente du zapping pour ce genre d’émissions.
L’autre soir, j’ai regardé une quotidienne avec Gauthier, c’était l’épisode : « la grosse en cours de sport ». Bon, à la Star Ac, ils prennent tous les candidats, des blancs, des
noirs, des pédés et même des gros, ce sont des candidats comme les autres… montrés comme des phénomènes de foire. Vous auriez vu cette pauvre gosse en train de courir comme une malade… Et on vous
montre ça sans pudeur, on interviewe la gamine et ses camarades : « elle est courageuse, machine ! ».
 
Sinon, ce qui est drôle, dans ces émissions, c’est que tous les présentateurs disent exactement la même chose ! « N’hésitez pas à voter, à revoter pour votre candidat
préféré, c’est très, très serré ! Quelques voix seulement séparent les deux candidats ! Il va y avoir des regrets ce soir ! ». Et toujours le côté on insiste sur
l’émotion : « Beaucoup d’émotion et de magie, ce soir ! Regardez, on voit Théo, le fils de Paolo. Oh, Paolo, vous pleurez ! C’est parce que votre fils vous
manque ? » Vous pouvez aussi dire : « Oh, Paolo vous pleurez ! C’est parce que vous pensez à votre frère mort ? ». Oui parce qu’un candidat de la téléréalité a
toujours vécu un drame terrible, c’est pas drôle, sinon.
 
Un jour, mon ex meilleur ami m’a dit : « nous, on pourra jamais faire de la téléréalité, on est normaux. » Ben, je crois qu’il avait raison. En même temps, qu’est-ce
que je m’en tape !
Rendez-vous sur Hellocoton !