Teresa, la pétasse télé noveliste

J’ai une nouvelle passion, dans la grande tradition merdophage qui m’anime : les telenovelas. Enfin, une seule parce que c’est la seule que j’ai pu voir : Teresa. La fille que t’as violemment envie de gifler et c’est ça qu’est bon.

J’ai découvert Teresa par hasard sur IDF1, chaîne dont j’oublie régulièrement l’existence, surtout depuis que mes samedis sont trop pris pour mater les mystères de l’amour et que je ne lis plus le forum des sitcomologues pour la même raison. En fait, nous étions chez Anna avec Anaïs et son cousin fraîchement débarqué de Tahiti (lui l’a trouvé vraiment très frais son débarquement), on zappouille pendant que notre hôtesse nous prépare des crèpes et on tombe là dessus. Le cousin, Fabien, s’anime et nous explique un peu le principe des telenovelas, hyper populaires à Tahiti, et il reconnaît l’actrice, Angelique Boyer, une brune piquante pas du tout refaite, l’héroïne de Teresa.

Je vous pitche un peu l’histoire : Theresa est une pauvresse mexicaine décidée à de sortir de son quartier et de devenir quelqu’un. Son credo, c’est « entre être ou ne pas être, moi, j’ai choisi d’être! ». Theresa est belle et intelligente, elle entreprend des études de droit mais dévorée par son ambition, elle manipule et séduit à tour de bras. Le riche Paulo qui la plaquera quand il découvrira qu’elle est pauvre. Mariano, le futur docteur très sexy (mais très très) mais actuellement chauffeur de taxi. Arturo, le bel avocat et professeur de droit. Fernando, le millionnaire. Evidemment, elle a des ennemis dont Aida, la fille du notaire qui hait Theresa car elle est pauvre et qu’elle est sortie avec Paulo, désormais en couple avec Aida. Entre deux manigances pour grimper à toute vitesse l’échelle sociale, Theresa va s’amuser à torturer la petite Aida (qui le lui rend bien mais qui est nulle en fait).

Mais ce qui est fascinant avec Teresa, c’est sa méchanceté. Ambitieuse et carriériste, elle crache sur la pauvreté avec fureur. Quand Mariano organise un dîner romantique sur le toit de son immeuble, elle fait la gueule, quand il lui dit qu’il va s’acheter un taxi pour travailler à son compte en attendant d’être médecin, elle fait la gueule, elle plaque ses mecs toutes les deux minutes, elle harcèle son père pour qu’il gagne plus d’argent pour qu’il puisse lui en donner. Elle ment à sa famille et ses amis pour récolter de l’argent, elle pique le mec de son amie Louisa, explique à son amie Aurora, amoureuse de Mariano, qu’elle va se marier avec le futur docteur et même qu’ils ont fait l’amour.

Pourtant, si Teresa est une garce, elle reste très droite dans ses bottes. Hors Mariano, elle ne couche pas du tout. Quand le notaire lui propose la bagatelle avec de substantiels avantages, elle lui répond qu’elle veut un homme qui lui assure une belle vie et un statut social mais que cet homme là devrait l’épouser, elle refusait de prendre amant pour arriver à ses fins. Une fois fiancée à Arturo, elle le priera d’aller dormir sur la béquille seul dans sa chambre car « rien avant le mariage, merci ». Ici, on sent quand même que l’action se passe dans un pays latin : très religieux (une vierge marie est accrochée dans le salon pour saluer la mémoire de Rosita, la soeur défunte de Teresa), la mère de Teresa a toujours un tablier autour du cou, sa marraine, veuve, refuse l’idée même de reprendre une vie amoureuse en mémoire de son défunt mari, le notaire refuse que sa maîtresse travaille. D’ailleurs, bien que dévorée par l’ambition, Teresa cherche surtout un bon mari, situation qui paraît normale. Son amie Louisa lui dit même que quand elle (Teresa) aurait fini ses études et pris époux, elle n’aurait plus besoin de travailler, ce qui ne choque pas notre arriviste.

J’ai eu un peu envie de regarder d’autre tele novelas pour voir si cette question d’argent ressortait de façon aussi systématique mais j’ai pas le temps, j’attendrai qu’IDF1 en diffuse quand je suis chez moi. Quoi qu’il en soit, en terme de manipulation, Theresa est une championne. C’est encore mieux que dans les Feux de l’amour (mais elle ne gagne pas toujours, hmm hmmm)

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Ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne

C’est pas juste ! Déjà enfants, on percevait à quel point la vie n’était pas toujours tendre avec les gentils et que parfois, les méchants gagnaient haut la main. Longtemps,j’ai laissé ma rancune et mes désirs de vengeance de côté, me disant que la vie finirait par me venger car on ne peut pas s’en tirer quand on est un beau salaud. Ou salope, au choix.
Maintenant, je suis (hélas) adulte et j’ai bien compris que ça ne marchait pas toujours comme ça.

 

Comme tout un chacun, j’ai des principes et des règles. En un mot, je peux tout faire tant que je peux encore me regarder dans une glace. Je me bats dans la mesure de mes moyens pour faire mon petit bonhomme de chemin mais quand je vois les routes que prennent d’autres qui finissent par me passer devant, j’ai comme un sale goût dans la bouche. Peu importe le mérite, vaut mieux parfois la combine.

Est-ce que vous vous souvenez du maillon faible, le jeu de Boccolini ? Je trouve que c’est une assez bonne métaphore de la société finalement : ce n’est pas le meilleur qui gagne mais celui qui a été assez malin pour se faire discret jusqu’à ce que ce soit son heure. Si on prend l’exemple de la politique française, c’est carrément ça. Prenons nos deux candidats du second tour, Nicolas et Ségolène. Honnêtement, à l’heure actuelle, je ne sais pas lequel je méprise le plus tant je les trouve aussi minables l’un que l’autre. D’un côté Ségolène qui s’est incrustée en cours de route alors que les éléphants du parti s’étaient épuisé sur le référendum européen et qui a remporté tranquillement la mise. Plus d’un an et demi après, j’en pleure
encore. A droite, Sarko qui reste quand même un phénomène : il n’était ni le plus beau, ni le plus intelligent, il avait son lot d’ennemis, les journalistes le détestent et le descendent régulièrement, malgré le mythe de la presse complice. Je dirais même que Sarko, il est globalement un peu crétin et que s’il n’avait pas de beaux discours écrits par des mecs un peu plus évolués, il ne serait rien de rien. D’ailleurs, y a qu’à voir les résultats dès qu’il improvise, le « quand y a des grèves, personne ne s’en aperçoit », j’ai un peu envie de lui suggérer de vivre ma vie une semaine en période de grève qu’on rigole. Et encore, je dis ça, je suis vraiment pas la plus pénalisée dans l’histoire.

Je parle politique mais c’est partout pareil. Bien sûr, il y a un facteur chance : être là au bon endroit et au bon moment, ça aide énormément. Mais honnêtement, est-ce que personne ici n’a été dégoûté par une promotion, une carrière fulgurante qu’a eu quelqu’un d’objectivement moins doué que nous. Et oui mais le talent, ça ne suffit pas, faut aussi
savoir tirer les bonnes ficelles. Prenons par exemple le monde de la télé. Quand Audrey Pulvar, la présentatrice antillaise du 19-20 de France 3 qui est une belle femme même si elle s’économise pas mal sur le sourire, explique sur le plateau de Pif Paf que le directeur de LCI lui a dit clairement « tu es très douée et compétente mais elle, elle est plus jolie que toi donc c’est elle qui l’emporte », ça démange un peu. Si je prends Melissa Theriau, elle n’a pas de diplômes de journaliste, elle a un niveau inférieur au mien mais elle a sa belle gueule et la voilà propulsée présentatrice de Zone Interdite. Bon, franchement, je m’en fous vu que la télé ne m’a jamais intéressée (du moins pas la présentation d’un JT) mais je peux comprendre qu’une fille parfaitement formée, très compétente mais moins jolie l’ait un peu en travers de la gorge.

Moralité : en fait, il n’y en a pas vraiment. Ca fait partie du jeu et on n’y peut rien. Mais je pense que plutôt que de maudire dans son coin celui qui a mieux réussi en prenant des chemins détournés, il faut aussi se remettre en question et se bouger le popotin. Notre premier et seul allié dans une ascension sociale, c’est nous mêmes et il est tout à fait possible de tirer des ficelles sans pour autant se dégoûter soi même. Alors au lieu de vomir sur celui qui nous a grillé la politesse, on regarde comme il a fait et on retient la leçon : ça nous servira forcément un jour ou l’autre.

Et comme je m’en lasse pas :

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Comme des stars

Il y a quelques mois, j’avais écrit un article sur les blogs. A l’époque, j’étais une inconnue, j’avais une dizaine de lecteurs à tout casser. Aujourd’hui, mon regard sur ce phénomène a un peu changé, j’ai moins de naïveté et voici ma nouvelle réflexion sur le sujet.

Mercredi dernier, je passe la journée en compagnie d’un autre blogueur : Loui. C’est un jeune garçon vraiment très intéressant, on a discuté longuement du phénomène blog et cette conversation vaut, à mon avis, son pesant d’or. Pourquoi écrit-on un blog ? Comment faire face à notre « succès » ? Comment ne pas avoir envie d’abandonner, parfois ?

Quand j’ai commencé ce blog, je ne m’attendais absolument pas à tout ce qu’il s’est passé. Me voici aujourd’hui à 1400 lecteurs par jour, pour la plupart anonymes. Pourquoi viennent-ils ? Pourquoi se passionnent-ils pour nos vies somme toute normales ? De façon tout à fait objective, je suis une fille comme les autres, pas mal de nanas de mon âge peuvent
en faire autant… Je n’ai pas tant d’aventures amoureuses que ça et même, en ce moment, c’est d’un calme ! Evidemment, c’est super flatteur, ce succès inattendu mais somme toute relatif : 1400 personnes sur 60 millions de Français, y a pas non plus de quoi se pavoiser. Et puis, les vingtenaires ne sont pas censés aboutir à quelque chose de concret. Un livre ?
Non, certainement pas ! J’écris depuis que j’ai 15 ans (bon, c’était merdique, à l’époque, je l’avoue) et j’adore ça mais quitte à être publié, je voudrais que ce soit pour mes romans, pas pour ma vie… Je n’ai pas envie d’être connue sous le nom de Nina Bartoldi, pas du tout. Nina marque une période de ma vie qui s’achèvera un jour et je ne prendrai plus ce nom.

Le problème quand on a un succès d’estime, c’est qu’on récolte vite quelques ennemis. Curieusement, le succès engendre systématiquement la jalousie. Loui en fut victime et de façon assez violente… Moi aussi. Personnellement, ça ne me touche pas dans la mesure où les gens s’attaquent à Nina et pas à moi, même ceux qui m’ont fréquentée de façon éphémère. Peu m’importe que les gens aient une mauvaise opinion de Nina, au fond, ils ne connaissent pas mon vrai nom et, s’il le faut, ils me côtoient tous les jours et m’adorent…

Cependant, il y a certains comportements que je ne comprends pas. Qu’on soit en désaccord avec ce que je dis, c’est normal et si ça peut engendrer un débat comme sur l’article Politique, j’en suis ravie… Mais qu’est-ce qui pousse les gens à être insultants envers nous ? Qu’on apprécie pas mon blog, mes idées, ma personnalité (du moins, ce qui transparaît sur le blog), soit. Qu’on me crache à la figure de façon aussi violente, là… Je pense qu’il y a d’autres façons pour marquer sa désapprobation que l’insulte. Il est vrai que, personnellement, quand je tombe sur un blog que j’aime pas, je passe mon chemin, je n’ai pas envie de traiter l’auteur dudit blog « d’enfoiré de connard qui doit être trop moche et qui pue du cul ». Si je suis en désaccord avec ce qui est écrit et que j’ai envie de le dire, rien ne m’empêche d’être courtoise. Evidemment, les insultes sont souvent de la provocation, l’anonymat est grisant, je peux aller sur n’importe quel blog et insulter les gens en les traitant de tous les noms, je ne risque rien… Oui parce qu’en général, ces gens-là sont très courageux. Samedi soir, je n’avais plus le net, donc, et Gauthier m’appelle pour connaître le fin mot de l’histoire et me dit : « On a encore été insulté ! » Emma était furieuse paraît-il. Moi, ça m’interpelle. La plupart des insultants lise le blog avec attention pour mieux nous cracher à la gueule : « t’es qu’une grosse conne inintéressante ! » Alors pourquoi tu lis mon blog, andouille ? Y en a certains qui devraient visiter un lieu fantastique qui s’appelle Sainte Anne à Paris, Beaupuy ou Marchand à Toulouse, ça leur ferait le plus grand bien…

Nous restons interdits face à de tels comportements. Loui m’a expliqué que suite à un mail particulièrement violent, il avait failli arrêter son blog. Moi même, j’ai été tentée de le faire après l’épisode « Raphaël écrit des insanités sur moi ». Non pas que ça m’ait touchée, c’était trop gros pour être crédible mais je me suis posée la question : est-ce que ça en vaut la peine ? Le blog est un loisir, pour moi, ça me permet d’écrire, occupation que j’adore, mais si c’est pour ramasser tant de haine, le jeu en vaut-il la chandelle ? Evidemment, il était hors de question d’arrêter pour si peu, ces personnes n’attendent que ça mais c’est vrai que des fois, on se demande ce qu’on a fait pour mériter ça.

La seule insulte que je ne supporte pas, c’est quand on m’attaque sur mon professionnalisme. Je m’en fous qu’on me dise que je suis une vilaine pas belle : je plais au seul mec qui m’intéresse en ce moment donc les autres, ça ne me touche pas. Et puis personne n’a vu mon visage donc je vois pas comment on peut dire que je suis moche. D’ailleurs, je ne le suis pas,
je suis très belle, j’ai un visage de princesse… Non, je plaisante ! Enfin, peu m’importe qu’on me trouve conne sur ce que j’écris, un article est torché en trente minutes maxi, c’est bourré de fautes d’inattention… Mais qu’on en déduise que je suis une mauvaise journaliste, là, ça me fait hurler. Personne ne sait comment je travaille dans une rédaction. Je n’écris pas un article sérieux de la même façon : je fais des recherches documentaires, je relis, je travaille sérieusement. Pour le blog, je ne peux perdre trop de temps dessus, je suis en recherche d’emploi et ça me prend du temps… De la même façon, quelqu’un avait accusé Loui d’être un mauvais infirmier en lisant son blog. Mais comment se permettre un tel jugement ? D’autant qu’à travers ses planches, j’aurais dit précisément l’inverse, on sent qu’il est très proche de ses patients et qu’il fait ce métier, très difficile, avec cœur. Mais bon, ce doit être le jeu, on nous juge sur la parcelle de nous qu’on montre. Mais Loui est tellement plus que son petit personnage, je suis tellement plus que Nina… Ce n’est pas parce que je ne vous fais pas tous les jours un bilan de ma recherche d’emploi que je ne cherche pas. Ce n’est pas parce que je ne fais pas une revue du livre que je viens de terminer que je ne lis pas, ce n’est pas parce que je ne vous parle pas de musée
que je n’y vais jamais… Sans doute est-ce le jeu : dès qu’on s’expose un peu, on est vite détestés, voire haïs. Personnellement, la haine étant l’exact contraire de l’amour, on ne peut haïr que quelqu’un qu’on a aimé… Je n’ai jamais pu détester une personnalité quelle qu’elle soit, je n’aime pas certaines mais les détester… Je garde mes sentiments pour les gens qui les méritent. En effet, ces gens-là ne jouent aucun rôle dans ma vie. Par exemple, je n’aime pas Ophélie Winter car elle représente le vide artistique pour moi… Ce n’est pas pour autant que, si je la croisais dans la rue, je l’agoniserais d’insulte ou que je me sens emplie de haine quand je l’aperçois…

Malgré cette aversité et cette haine que je déclenche parfois, je persiste et signe. Pourquoi ? J’ai réfléchi, samedi soir, dans mon bain, sur la question, j’ai repensé à ma conversation avec lui. Si un jour, j’édite mes romans, j’aurai forcément des détracteurs, personne ne fait l’unanimité. Arrêterai-je d’écrire parce qu’une personne aura mis le feu à mon livre
qu’il aurai jugé « merdique » ? Non. Parce que si j’écris, c’est d’abord pour moi. Puis, comme m’a dit très justement Gauthier, pour un commentaire insultant, nous avons des dizaines de sympathique. Dois-je arrêter mon blog parce qu’un courageux au pseudo « pouetpouetcacaprout » m’a dit que j’étais moche (comment pourrait-il le savoir ?) alors qu’à
côté, il y a des Stef, Yome, Fanfics, Gloups, Lefroid, Zibro, Nico, David… qui sont là tous les jours à lire nos histoires et à nous donner leur avis (pas toujours en accord avec le nôtre) ? Non, certes pas.

Et oui, car à y réfléchir, nous sommes comme de petites stars, avec nos fans et nos détracteurs mais comme a dit si bien Gauthier : « continue à nous insulter, nous, on s’en fout, ça fait grimper nos stats ! ». De mon côté, j’aurais plutôt tendance à dire que plutôt que de nous insulter sur des conneries futiles et superficielles, que le détracteur nous offre une critique argumentée et respectueuse de notre travail, ça nous donnera plus envie de l’écouter.
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