Départ pour le pays du Soleil levant

29 septembre – Un voyage commence par l’excitation de partir sauf que moi, on me la vole toujours un peu. Mon mois de septembre fut fou : le boulot, des aventures d’écriture, une implication sans concession dans un groupe politique, la famille… Bref, je m’étais rêvée en agente de voyage qui aurait tout prévu pour que tout se passe au mieux, je me retrouve à l’avant-veille du voyage à la librairie pour acheter un guide en urgence.

Guide touristique Japon

Je ne recommande pas trop trop ce guide, si vous voulez savoir mais dans l’urgence…

Leçon n°1 de ce voyage : lâcher la pression. C’est pas grave si on ne voit pas tout, qu’on passe à côté d’un truc. On est tous les deux et c’est tout ce qui compte. Et puis, j’ai besoin de me détendre pour de vrai. Ce mois de septembre m’a tellement usé les nerfs que je suis partie en crise monumentale de larmes quand je n’ai pas trouvé mon passeport qui était rangé à un endroit si logique que je n’y suis pas allée direct. C’est pour ça que je ne range pas mes affaires, je ne les retrouve pas après. Une fois le passeport retrouvé, mon mec m’a lâché “et bah, heureusement que tu fais du yoga!”. Legit.

Lutter contre le stress avec le yoga

Les voyages me stressent. Pas le périple en lui-même mais plus cette fameuse phase de préparation parce que plus la date approche, plus j’angoisse sur ma (relative) non préparation, l’idée d’oublier ou perdre un truc… Parce qu’une fois sur place, je vous jure, je suis souple et détendue. J’essaie juste d’anticiper au maximum pour pouvoir partir l’esprit léger.

Les durs matins de juin #catstagram #cute #sunny #summer

A post shared by Nina Bartoldi (@ninabartoldi) on

Le voyage commence dès l’aéroport. Pas d’anecdote ici, on s’enregistre, on passe la sécurité, on embarque, six premières heures de vol paisibles jusqu’à Doha, le temps de mater trois films pas terribles. Trois heures à tuer à Doha, l’aéroport de l’improbable avec une navette automatique à l’intérieur qui ne sert pas à grand chose, un ourson géant plutôt angoissant. C’est parti pour le deuxième vol, quasi dix heures. Tentative de dormir malgré le peu de place, la lumière du monsieur du bout de la rangée qui ne semble pas pouvoir dormir dans la pénombre. J’aime bien les vols de nuit pour l’ambiance apaisée, calme. Les volets fermés tout du jour, on ne verra pas la lumière du jour en ce désormais 30 septembre.

Une navette dans l’aéroport au dessus des boutiques, bienvenue à Doha ! #doha #airport #train #subway #attraction

A post shared by Nina Bartoldi (@ninabartoldi) on

Tokyo, enfin. Mais le premier contact est… anecdotique. Il fait nuit. On fait connaissance avec les trains locaux, un truc de dingue : tu as tellement de place entre ton siège et celui de devant que tu peux y mettre ton sac tout en restant à l’aise. Je scrute par la fenêtre mais ne voit rien. On emprunte pour la première fois la Yamanote mais pas grand chose à voir au dehors. Un peu déçus de ce premier “non contact”, finalement, on se rend tranquillement vers notre AirBnB dans un quartier résidentiel. Ok, on verra demain… On récupère notre piaule. Littéralement une piaule avec la douche et la cuisine dans la chambre et un mini canapé en mousse qui ne sert à rien vu que quand tu t’assois dessus, ton cul touche le sol. Mais le lit est confortable, ça tombe bien. Après un voyage de 19h, nous sombrons.

train au pays du soleil levant

Matez moi toute cette place et ça, c’est juste le RER local !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Dubaï, la cité aux deux visages

Eté oblige, je fais des titres qui ont un parfum de saga avec Ingrid Chauvin ou Cristiana Reali.

oman-sunrise

Suite et fin de mes articles sur mon trip à Oman. J’ai qu’un mois et demi de retard, je gère (pas ma faute, c’est la vague…). Cette semaine ne fut pas particulièrement dédiée à la découverte de contrées lointaines puisqu’à part plonger, on n’a pas fait grand chose. Une excursion au port et une balade en montagne mais sinon, on restait sagement au centre. Faut dire qu’avec une moyenne de 45°, ça te coupe un peu les envies de rando (alors que j’avais mes belles chaussures de randonnées). Mais la veille du départ, notre « G.O » nous annonce que le lendemain, on partira à 6h pour faire un petit tour à Dubaï. Je trépigne de joie. Comprenez bien : je suis fascinée par les architectures grandiloquentes et j’avais pas précisément prévu de me faire un séjour à Dubaï donc quitte à y atterrir, j’espérais bien en voir un bout.

dubai-buildings
6h du matin, une trentaine de zombies s’entassent dans le bus trop climatisé, certains regrettant d’avoir un peu trop batifolé dans la piscine la veille. Oui, on a éteint avec Anaïs, il était pas loin de 2H pour un réveil à 5H. Ca pique mais je m’égare en anecdotes. Nous voici donc à Dubaï où nous allons avoir un guide rien que pour nous qui va nous servir la jolie propagande du gouvernement. Je vous jure, extraits choisis « A Dubaï, y a la famille du Cheikh qui occupe toutes les hautes fonctions dont le gouvernement, puis les riches et puis après les moins riches mais tout le monde s’entend bien et est heureux de bosser ensemble. » Chic alors. « A Dubaï, vous pouvez acheter des produits de luxe mais aussi des contrefaçons, vous aurez un certificat pour tout ». Un certificat qui garantit que mon sac est un faux ? « A Dubaï, pour votre premier mariage, l’Etat vous offre une maison et une dot de 75 000 dirhams. Par contre, pour vos mariages suivants, c’est à vous de trouver un logement et vous n’aurez pas de sous car les Dubaïrotes ont droit à 4 épouses ». Et c’est où le pays où les femmes ont droit à 4 maris ? Ca me parle plus. Mais cherry on the cake « Ouais, Dubaï, y a un super système éducatif mais la vie est très chère pour les familles et puis faut pas trop venir vivre ici si vous n’avez pas de sous car la vie est très chère. Dubaï, le paradis pour les riches. Une bien jolie utopie.
dubai_place
Bref, revenons en à la ville même, même si nous n’y sommes restés que deux heures. Première étape : le musée national établi dans un ancien fort. Pas grand chose à en dire, de jolies reconstitutions de villages du désert d’antan, deux ou trois informations sur les peuplades d’origines et de jolies colonnes à vent pour diffuser l’air dans les maisons et les rafraîchir.

DSC_7874
Deuxième étape plus intéressante : le souk aux épices. De jolies couleurs, des odeurs, des mecs qui t’alpaguent dans tous les coins pour que t’achètes leurs produits. On a aussi fait le golden souk, le souk des produits en or mais c’est moins intéressant, à mon sens, plus « toc ». Pour nous y rendre, nous avons pris un petit bac qui nous a permis de traverser rapidement l’estuaire. Les rares femmes croisées sont voilées de la tête aux pieds.
dubai-boatdubai-souk-spicessouk-of-gold-dubai
On remonte dans le bus à l’assaut du Dubaï moderne. A partir de là, on n’a plus vu une seule femme voilée. On s’arrête à la plage au pied de l’hôtel « Voile » qu’on reconnaît très bien du ciel (je l’avais vu en allant aux Maldives). Environ 15 000 la nuit, ça gère. Evidemment, nous nous sommes contentés de la plage, on n’allait pas amener les prolos là dedans mais c’est déjà sympa de fouler le sable. Des Asiatiques courts vêtus munis d’ombrelles se prennent en photo… On devrait pas remettre les ombrelles à la mode ? Je trouve ça charmant.
dubai-voile
On continue à sillonner, je tente de photographier à travers la vitre du bus, exercice un peu périlleux. On termine au pied du Mall (lieu le plus visité au monde) sans avoir le temps d’y rentrer, deux ou trois photos de la tour la plus haute du monde et on est partis pour l’aéroport. Je reste un peu sur ma faim, surtout niveau photos mais c’est déjà plus que ce que je pensais avoir.
dubai-mall-tower
En résumé : je ne commenterai pas trop l’aspect « ville de riches faite par et pour les riches » car après tout, c’est comme ça. Je ne suis un peu crue au Disneyland de l’architecture et là, par contre, ça m’a bien plu. Avec Anaïs, on a même pensé se trouver une sorte de urban road trip pour visiter ces villes genre Dubaï, Doha, Abu Dhabi, Singapour, Kuala Lumpur, Hong Kong… Mais apparemment, ça n’existe pas. Et comme on a un projet de voyage très onéreux à venir, ça attendra.
dubai-big-bendubai-pyramide
Mais ce serait un super thème de voyage… (je pense que ça doit exister pour l’Amérique du Nord, tiens, faudrait que je cherche).

Rendez-vous sur Hellocoton !

Où j’ai failli ne pas revenir

Terminons ce cycle “mes vacances en Thaïlande” par un article sur mon retour et mon ressenti de tout ça. J’avais prévu de vous faire un article sur mon voyage en avion mais finalement, à part “alors j’ai plus peur de l’avion du tout, j’ai passé les deux fois 19h à regarder des films, manger et dormir”, j’ai rien à dire. Ah si, je pourrai rajouter sur mon road map “Doha et Kuala Lumpur”, je m’y suis posée.

Mais avant tout, revenons sur l’anecdote de fin de voyage me concernant. Je dois avouer que j’ai passé dix jours idylliques, tout s’est bien passé si on excepte mon caisson cassé et surtout l’ADD de Mathilde (oui, bon, ça, c’était pas anecdotique).Mais la veille du départ, un nuage discret se forme dans mon ciel. Alors que l’on refait nos sacs, Anaïs me parle d’un papier qu’on nous a donnés à l’aéroport. “Heu, tu veux dire le papier qu’on nous a donné à la douane là quand on a tamponné nos passeports ? Ben je l’ai jeté…”. Oui, la Nina 2.012 jette, c’est une nouveauté. Sauf qu’il paraît que le papier, c’était pas juste un récépissé, c’était ma departure card. Ouiiiii… Mais bon, j’ai le tampon sur mon passeport, c’est pas grave.

Le lendemain, je soumets mon cas à notre responsable qui commence à méchamment paniquer : “mais tu te rends pas compte ! Ils te laisseront jamais partir sans ça ?”. Heu… Mais quel est ce pays qui empêche les gens de rentrer chez eux ? En tant que Française, je suis pas habituée, nous, on a tendance à faire l’inverse… Il fait appeler l’aéroport mais je me sens un peu dans Midnight Express (film que j’ai jamais vu en fait). Peu de temps avant le départ, un de nos camarades se réveille : lui aussi l’a jeté. Sachant que ce mec là a manqué le vol à l’aller et a dû se payer un nouveau billet. Ok, toi, les avions, c’est pas ton truc. Donc on a droit à un coaching angoissant : “à l’aéroport, vous courez vite vous enregistrez et après, vous allez à l’immigration. Jouez pas aux cons sinon vous allez rater l’avion et ce sera la merde”. Oui mais j’ai le tampon sur mon passeport, ça marche pas ? Bon, on va voir. Arrivés à l’aéroport, on fonce avec mon camarade d’infortune nous enregistrer. Arrivé au guichet, l’hôtesse nous demande notre departure card. “Oh, we lost it…” Elle nous regarde : “Ok be careful the next time, it’s important… There is your new departure card, have a good flight”. En gros : “oh ben c’est pas bien de perdre le papier, tu feras attention la prochaine fois, je t’en donne un nouveau, salut!”. Heu… C’est tout ? C’était bien la peine de nous faire flipper…

Epilogue de cette histoire : arrivés à l’immigration, je donne ma departure card (sans tampon), je passe sans soucis. Mon camarade, par contre, a dû parlementer 5 minutes pour avoir le même honneur. Ah ouais, les avions, c’est vraiment pas ton truc à toi…

Bref, hormis cette sémillante anecdote, y a pas eu d’accroc. Et bon sang, ça fait tellement de bien. Pendant 10 jours, j’étais coupée du monde, coupée du net, je ne savais plus l’heure ni même le jour. Je me souviens de ce soir, notamment, où Anaïs et moi étions assises sur la terrasse à l’avant du bateau avec pour vue la mer qui défilait sous notre embarcation et les poissons volants surgissant des flots (curieusement, ma vue semble s’être un peu améliorée sur place) et nous parlions de nos vies, sereinement. A ce moment précis, j’étais heureuse, purement heureuse. Pour la première fois, j’étais en vacances avec aucune envie de rentrer mais alors aucune.

En 2011, toutes mes vacances ont été gâchées : celles de janvier par une rupture, celles de juin par un genou cassé, celles de décembre par la mort de ma grand-mère. Et ça finit par rendre paranoïaque. J’avais sourdement peur, peur de ce qu’il pourrait mal se passer. Oh, je me doutais bien que j’allais pas me recasser un truc : mes os sont restés intacts pendant 31 ans, ce serait bien le diable de m’en briser deux en moins d’un an. Pourtant, ça partait mal : partie enrhumée, mes oreilles n’ont pas bien supporté les trois atterrissages de l’aller, je perdais à chaque fois une bonne partie de mon ouïe. Mais finalement, j’ai pu plonger sans quasi aucun souci d’oreilles, y a juste eu une descente un peu compliquée mais comme je signale ce problème d’entrée de jeu, l’encadrant sait qu’il faut me laisser faire.

Je suis revenue surboostée, bronzée, reposée, heureuse. La vie m’a vite rattrapée, j’ai eu pas mal de boulot dès mon retour, mon entretien annuel, des milliards de choses à faire. J’ai repris ma vie trépidante, je n’ai déjà plus de soirées de libre alors que j’ai envie de faire des milliards de chose comme la boxe (oui, ça m’obsède maintenant), j’ai commencé un nouveau roman, je veux faire des bijoux et autres petites choses manuelles… Le repos physique risque d’être de courte durée. Mais le repos mental, lui… C’est officiel, le marasme 2011 est derrière moi (et la vie, je te remercie de pas me prouver le contraire en me faisant tomber une tuile monumentale sur la gueule vu que c’est un peu ton habitude, tu aimes contredire mes écrits, je le sais).

Rendez-vous sur Hellocoton !