Manifeste pour tweeter autrement

Si je devais faire un graphique de ma journée type comme Marissa, je pense que je devrais mettre un segment conséquent intitulé “ tweeter ”. Je tweete et retweete à mort, c’est ma radio, ma télé, mon regard sur le monde. J’ai beau ne plus avoir la télé depuis 2 ans, je ne rate absolument rien de l’actu alors que des fois, ça me ferait des vacances. Pire, je suis parfois un des premiers relais d’une new tombée. Et ça, je dois arrêter, essentiellement parce que c’est anxiogène.

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Avez-vous entendu parler du vol AH1020 ? Ce vol d’Air Algérie a décollé d’Alger pour Marseille le 06 août dernier. Suite à un problème à bord, il fait demi-tour et… disparaît des écrans radar. Alerte et branle-bas de combat, Twitter s’agite, reniflant déjà l’odeur du sang et du crash… sauf que l’avion se repose à Alger quelques instants plus tard, tout le monde va bien, merci.

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Avez-vous entendu parler de la prise d’otage dans une église à Châtelet le samedi 17 septembre ? Je me connecte sur Twitter et gros coup de pression : une prise d’otage à Châtelet, police et armée débarque, les infos fusent, on parle de coups de feu… sauf qu’en fait non, ce n’est qu’une fausse alerte. J’ai donc assisté en direct à un drama imaginaire collectif.

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Depuis quelques temps, je suis prudente dans mes RT : plus rien tant que je ne suis pas sûre de la réalité des faits. Histoire de ne pas planter un avion qui s’est posé sans soucis sur un aéroport ou annoncer un attentat qui n’a jamais eu lieu, entre autres. Et puis, j’ai réfléchi et je me suis dit que je devais aller plus loin. Qui suis-je ? Pas l’AFP. Pourquoi donc retweeter une info sur un attentat en Turquie ou au Pakistan (pays dont on suit globalement moins l’actualité) ? Quel message je veux faire passer ? “Regardez ce qu’il se passe ailleurs, c’est terrible” ou ne suis-je pas finalement en plein snobisme géopolitique dont je parlais y a quelques temps ? Oui, mesdames, messieurs, je suis trop au courant de ce qu’il se passe dans le monde, tu as vu ? Mais c’est quoi ma valeur ajoutée là-dedans ? A part faire crouler mes followers sous une avalanche de news angoissantes (parce que non, j’ai pas l’exclusivité des RT d’infos sur le monde) ?

angoisse, anxiété, paranoia

Je suis certainement ce qu’on peut appeler une retweeteuse compulsive, je dois avoir en moyenne 3 RT pour 1 tweet de ma personne mais finalement, quel est le but ? Soit diffuser un avis que je partage. Quelqu’un a dit quelque chose à laquelle j’adhère donc plutôt que de réécrire la même chose. Voire dans certains cas donner de la visibilité à la parole d’une personne que je trouve plus légitime que moi sur un sujet donné. Par exemple si une personne a fait des études sur un sujet et fait référence, son avis vaudra forcément plus que le mien (quoi qu’on pourrait débattre de l’argument de l’autorité mais pas aujourd’hui). Parfois aussi, je lis des trucs que j’ai envie de partager parce que je trouve ça intéressant. Et encore, je me bride car souvent, quand je lis des trucs dans Courrier International, je suis en mode “mais troooooop, je vais le prendre en photo et le poster sur Twitter !” Là aussi, hier, je lisais un court reportage sur Kotor dans Society et j’avais envie de le partager parce que 1/ j’y suis allée et 2/ je n’avais pas du tout idée de ce qu’il s’y passait, niveau mafia locale. Dans ce cas, le message n’est pas “zavez vu comme je me préoccupe trop du sort du monde, bande d’incultes nourris au Hanouna ?” mais plus “oh ben dis donc, je viens d’apprendre ça que je ne savais pas, c’est intéressant”. Bon, j’avoue que parfois, j’ai des “débats” sur Twitter et si des articles qui vont dans mon sens sortent à ce moment là, je les balance joyeusement à la gueule de mon contradicteur (qui, curieusement, m’unfollow juste après ou me bloque, c’est selon). Je RT parfois comme je faisais des citations dans mes copies de philo “moi je pense ça et d’ailleurs j’ai raison, Descartes et Hegel, ils disent pareil !”.

carton citation chewbacca

J’ai raison, la preuve : Chewbacca pense pareil

Si l’apport de la connaissance est effectivement une bonne façon de RT, il faudrait qu’on arrête tous de se prendre pour BFM et consort, à s’entretenir les uns les autres dans une bulle terriblement anxiogène. Non parce que quand je me connecte à mon Twitter et que je vois en boucle des tweets et retweets sur le dernier attentat ou le dernier bombardement en Syrie qui a encore tué des enfants (parmi une bonne centaine de civils), ça me donne juste envie de renoncer définitivement à ma foi en l’humanité. Je ne dis pas qu’il faille ignorer les mauvaises nouvelles : ne pas vouloir savoir qu’il y a encore eu une centaine de civils massacrés sur l’autel d’intérêts qui ne le concernent même pas in fine, ça ne leur rendra pas la vie. Mais si je veux suivre l’actualité, je n’ai qu’à m’abonner au Monde, à l’AFP ou qui vous voulez. Si je veux l’information, je vais la chercher et je pense que ça marche pour tout le monde pareil. Du coup, cessons de répéter 100 000 fois la nouvelle du  même drame ad nauseum : personne n’a besoin de lire 100 fois la même news déprimante pour en mesurer l’impact… et personne ne nous discernera le badge du bon petit suiveur d’actualité. Partager des analyses, oui, partager des dépêches AFP déguisées en articles de news, est-ce que vous pensez vraiment que vous êtes le seul ou la seule à être au courant que le monde s’écroule ?

the fight club, scène finale

A partir de maintenant, je ne retweeterai donc plus que des analyses pertinentes et un peu plus à froid… et évidemment les meilleures vannes et des animaux mignons parce qu’un peu de pommade sur tous nos maux ne fera jamais de mal. Sur ce, je vous quitte avec cette petite loutre… rapport à la pommade, donc.

Maman loutre et son petit

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QI : l’ovni télévisuel

Je ne suis pas une téléspectatrice très appliquée, plutôt du genre à tomber par hasard sur certaines programmes en tapant au hasard sur les touches de ma télécommande. Un soir, je découvre ainsi QI, une petite série sans prétention : l’histoire d’une actrice porno, Candice Doll (Alysson Paradis), qui décide de reprendre ses études pour passer une licence de philo. Au début, tu crois que tu vas tomber sur une série classique sur la confrontation de deux univers que rien ne destinait à se rencontrer. Mais en fait non, tu tombes sur une série en dent de scie qui alterne comédie et vannes parfois un peu faciles et réflexions troublantes.

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La première saison ne prétend pas grand chose, on joue sur un retournement de situation assez facile : Candice/Karine décide de reprendre ses études et l’annonce à son mec (plus ou moins réalisateur porno, incarné par le très drôle Jérôme Daran) et ses parents (gros libertins légèrement relou sur le sujet, la mère est jouée par Jeanne Savary qui était dans Caméra Café) qui le prennent pas très bien. Donc Karine suit ses études en cachette mais commence à négliger son travail, oubliant ses tests HIV. Finalement, Karine fait son coming out philosophique et son mec décide de tourner un film basé sur la philo. Choc total des culture, facile et prévisible. Mais Karine a une petite particularité : elle est frigide. Jusqu’au jour où en lisant du Descartes, elle pige le cogito ergo sum et se paie un orgasme : la compréhension la fait donc jouir. Fin de la saison 1 : après un accident lors du tournage du porno philo, Karine se prend un petit studio seule et continue de jouir de la compréhension. Bref, petite série sympa, rien de transcendant même si la relation entre la mère de Karine et la fille pue légèrement le malsain, la mère mouillant à l’idée de faire une apparition dans l’un des films de sa fille et veut utiliser l’image de cette dernière pour le club échangiste qu’elle veut ouvrir avec son mari.

QI

Saison 2 et là, on entre dans l’étrange. La philo ne faisant plus à jouir Karine, elle est à la recherche de nouvelles drogues spirituelles. Elle a terminé sa licence et envisage de se tourner vers la religion, elle rencontre une bonne sœur qui va la guider sur la voie. Parallèlement, elle rencontre un thésard en physique (ou maths, j’ai un doute) et va entamer une relation avec lui. On suit plusieurs histoires : la quête de soi de Karine, les doutes sexuels de son ex réalisateur qui fait désormais des films gays et commence à faire des rêves homo érotiques, l’ex prof de philo de Karine qui redécouvre la séduction, coaché par le réalisateur et se tape des nanas au kilos et enfin les parents de Karine et leur bar échangiste. L’histoire du réalisateur et du prof de philo assurent l’élément comique alors que côté Karine et ses parents, ça vire au glauque : la fille fait des strip teases tandis que sa mère se fait tringler sous son nez par un banquier. Alors que le couple des parents plonge dans le sordide, Karine se penche sur la religion, suit une psychothérapie, fait même une retraite silencieuse.

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Et c’est là que j’ai été attrapée par la série. Karine cherche à tout prix qui elle est, pourquoi elle ressent certaines choses (ou ne les ressent pas). Au départ, elle se laisse un peu ballotter jusqu’à ce qu’elle reprenne les choses en main, quitte sa psychothérapie car elle en a marre et part faire sa retraie silencieuse. Elle découvre alors des choses sur elle, sur son passé, se rapproche de sa mère. Je découvre des axes de réflexion sur la personnalité et la découverte de soi dans une série légère et qui paraissait un peu concon, un peu facile. Et je cherche pour savoir s’il y aura une saison 3. Parce que même si cette série reste bricolée, que certaines quêtes des personnages (le mec thésard qui veut prouver la véracité de son travail ou le prof de philo qui baise à tout va) ne me paraissent pas indispensables à l’intrigue, la quête de Karine me trouble, m’interroge. Me donne envie de peut-être réaliser la mienne car on est tous à la recherche de sa propre vérité… Non ?

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Sous le vernis de l’oubli

Vous l’aurez peut-être remarqué, le maître-mot de mon année 2012 pourrait être « mon voyage intérieur ». Une crise de la trentaine tardive ou le doux sentiment de la renaissance suite au marasme 2011 qui me galvanise, je ne sais. Toujours est-il que je me découvre certaines caractéristiques dans mon moi, certaines bonnes surprises comme celle-ci : je suis pas mauvaise en langue.

Voyage en Sicile, donc, je me mets à parler italien comme dans les jeunes années, celles où j’avais 3h de cours par semaine. J’avais déjà été surprise de le voir revenir lors de mon séjour à Venise mais là, à le pratiquer toute la semaine, j’ai retrouvé du vocabulaire et de la conjugaison. Je suis pas à mon niveau d’il y a 14 ans (j’avais eu 15 au bac… Je suis vraiment une connasse de crâneuse par moments) mais c’est hyper stimulant.

De la même façon, je me rend compte que mon anglais est devenu vraiment pas mal ces derniers temps. Je lis pas mal de news en anglais, j’ai eu des cours en octobre ou novembre et je m’en sortais bien (à part la prononciation parfois un peu étrange, paraît-il), j’ai fait quelques sorties avec des anglophones ne parlant que peu français. Et parler politique avec un Américain en anglais dans le texte, ça nécessite du vocabulaire.

Si j’ai longtemps cru que j’étais mauvaise en langue, c’est surtout que je ne travaillais pas vraiment la matière. C’est pas compliqué : si j’étais bonne en maths, c’est qu’une fois que t’as pigé le truc, ça va tout seul. Pour l’hist et géo et la philo, je me reposais sur ma bonne mémoire (pour la philo, j’apprenais par cœur les citations, j’avais 4 philosophes que je ressortais perpétuellement : Platon, Descartes, Hegel et Sartre). La physique et la bio, ça rapportait pas de points donc je les laissais de côté et les langues… Le problème des langues est double : si t’apprends pas ton vocabulaire et ta conjugaison, c’est moins facile. Si tu pratiques pas, c’est carrément mort. Or comme je ne faisais pas mes exercices, en dehors de quelques voyages de classe (Allemagne en 3ème, Italie en 2nde et Irlande en première mais on n’avait pas de corrrepondants donc on n’a pas trop parlé anglais), j’ai pas trop eu l’occasion de vraiment parler. Du coup, si j’ai récolté un étonnant 13 en anglais au bac (je navigais entre 8 et 10 d’ordinaire), je n’ai « que » 11 au bac en allemand, langue sortie de ma vie depuis. À la fac, j’ai eu vaguement des cours d’anglais, j’ai surtout lu car quand tu choisis des sujet de mémoire comme le Canada ou l’Irlande, tu dois lire des bouquins en anglais. Puis vint le milieu professionnel où l’anglais ne m’a servi qu’au bout de 5 ans (c’est à dire maintenant) et encore, c’est parce que j’ai la chance d’avoir dans mon escarcelle une marque internationale. Même que je fais des PowerPoint en anglais, mouahah !

Et j’ai chopé le goût des langues car j’y vois un nouveau terrain de jeu. Parler une langue étrangère, c’est surtout se faire comprendre avant tout. Quand tu commences une phrase et qu’il te manque un mot, tu dois trouver un synonyme ou une périphrase pour expliquer ton idée de façon la plus juste possible afin de ne pas casser la conversation. Et puis se découvrir une aptitude dans un domaine où l’on se croyait nul, ça fait plaisir.

Du coup, je vais vous concocter le versions anglaises et italiennes de mes articles. Pas tous, ce sera quand j’aurai le temps. Mais quelle meilleure façon de pratiquer ?

Du coup, en septembre, j’envisage SÉRIEUSEMENT les cours de russe. Si les horaires correspondent. Mais comme ça, je pourrai écrire sur mon cv anglais et italien (courant) et russe (débutant) et ce sera vrai. De toute façon, au vu de mon projet voyage de la mort, va falloir que je parle un tout petit peu russe…

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On avait dit « pas le physique » !

Par Enzo

Ecoeurant. C’est le mot qui me vient à la lecture de certains articles et déclarations à propos de l’affaire DSK en cours (je doute avoir besoin de faire une introduction informative sur le sujet). Au delà du doute que l’on peut appliquer à toute chose (Descartes mon amour), au dela de la solidarité que l’on peut témoigner envers un proche accusé (l’irrépressible « mais il était si gentil ! » des proches de tueurs en série), il y a des termes, des manières qui sont écoeurantes.
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Et qui découlent de préjugés inaceptables. Les avocats se seraient permis de dire avoir été étonnés de rencontrer une plaignante « très peu jolie ». La beauté serait donc une donnée explicative, justificative de viol ? Passons, après tout ce sont ses avocats qui tentent de discréditer la plainte. Mais cet aspect est parfois repris en sous-entendu dans certains articles qui mentionnent des informations capitales : un témoin a témoigné, la plaignante a « des gros seins et des belles fesses ». De nombreux autres témoignages font acte de la beauté de la victime (si vous êtes pointilleux, « présumée » est sous-entendu et à rajouter après le mot victime tout le long de cet article). Par contre on ne parle pas du physique de l’agresseur.  Apparemment on a le droit de prendre le physique comme angle de compréhension (pour ne pas dire d’attaque), pourquoi ne pas y aller gaiement ? Un homme de 62 ans (donc vieux, au moins par rapport à la victime qui fait environ deux fois moins), gros (il n’est pas comme Arnold Schwarzenegger alors qu’il est plus jeune), moche (il n’est pas comme Harrison Ford ou Tom Selleck alors qu’il est plus jeune), accusé de viol par une séduisante jeune femme de 32 ans. Si certains sous-entendent que la beauté de la plaignante a le moindre intérêt dans l’affaire, alors l’inverse également. Quel est le plus probable ? La plaignante totalement attiré par son ventre adipeux, ses rides et ses cheveux blancs, vexée de ne pas avoir droit
à tout un après-midi d’amour car il a un déjeuner important ou un vieux libidineux qui a dû mater trop de porno pour confondre ses désirs avec la réalité ?
Mais les probabilités ne font pas la vérité. Malgré tout ce qu’on pourra conjecturer dans un sens ou dans l’autre, on aura pour l’instant affaire à un chat de Schrodinger, soit vivant soit mort tant qu’on ne l’aura pas sorti de la boite. Malgré ceux qui assureront que le chat est vivant parce qu’il était gentil, malgré ceux qui affirmeront que le chat est sûrement mort parce qu’il avait déjà fait des conneries (et donc tapera dans la fiole de poison), on ne peut toujours pas se prononcer, alors à quoi bon prendre le risque d’être ridicule ensuite ?
Pour conclure, la palme à l’un de ses proches qui pense semer un doute en avançant l’argument suivant (je résume) : « son aventure précédente (connue) était une blonde mince, là c’est une afro-américaine plantureuse ». Mais c’est bien sûr ! Ca ne peut pas être lui, ce n’est pas son type de femmes, il ne peut physiquement pas être attiré par d’autres femmes, c’est bio-logique ! D’ailleurs les médias rapportent mal les propos de certains, ce n’est pas un homme « qui aime les femmes » (sic), c’est un homme « qui n’aime que les femmes blondes » ! Comme sa femme donc. Ah non ?
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La Bretagne, l’’autre pays de la brouette

Vendredi, 8h30, je bondis de mon lit. Les gens qui me connaissent applaudiront l’effort surhumain : moi, me lever si tôt en période de chômage, ouah ! Hop ! hop ! Valise faite ! Hop ! hop ! revue de presse imprimée pour bosser dans le train. Hop ! hop ! Croquettes et pâtés achetés pour Kenya. Je m’en vais !
brouette bretonne
 
Valise à la main, sandwich dans l’autre, je cours, je bondis dans mon TGV direction : la Bretagne ! Bon, il semblerait que j’ai couché sans le savoir avec le responsable du placement dans les trains : je n’ai personne à mes côtés durant les 3h et quelques que dure le trajet. Première heure, je me plonge avec délice dans la lecture de mon roman : « Le diable s’habille en Prada » (ça mérite un article du dimanche tellement ce roman est jouissif). Deuxième heure, je dors (je vous rappelle qu’il n’y a personne à côté de moi donc je m’étale). Troisième heure : re-lecture, entrecoupée de regards fréquents par la fenêtre : elle est où la mer ? Et bien le train passe trop à l’intérieur des terres pour la voir, bouh ! Evidemment à peine partie, le téléphone sonne : Alice, ma sœur. Comme je suis un peu tordue, j’ai omis de dire à ma famille que je partais en Bretagne ce week-end… Et, évidemment, elle veut à tout prix me voir ce week-end ! Donc je lui sors une histoire débile de week-end chez une copine dans les Yvelines…
 
Loin de la métropole
Arrivée dans une première gare, je saute dans une vieille micheline bien plus âgée que moi pour rejoindre Guillaume. Vingt minutes plus tard, on arrive au terminus et je le vois sur le quai de la gare. Après les embrassades de rigueur, nous fonçons à sa voiture pour… une petite balade (ceux qui ont pensé de suite à la brouette, vous n’êtes qu’une bande de pervers !). Il me montre un peu le coin et je vois enfin la mer (à marée basse, certes, mais quand même). Il faut savoir que j’ai une sainte adoration pour la Bretagne, là où mon grand-père maternel que je n’ai jamais connu est né. Bon, c’était pas dans ce coin-là mais faisons fi des détails. J’y avais passé des vacances magiques, adolescente, j’étais tombée folle amoureuse de ce pays aux falaises majestueuses. Plus tard, j’ai postulé pour un IUT tout proche de chez Guillaume (je ne le connaissais pas du tout, à l’époque) mais j’étais trop âgée, refusée. J’ai eu l’occasion de passer devant les bâtiments de l’IUT en question et…euh… j’ai très peu de regrets, finalement.
 
Il y a le ciel, le soleil et la mer, tout pour un week-end réussi. On se tient gentiment la main avec Guillaume, il me montre pas mal de choses, je suis aux anges. C’est beau la Bretagne, l’herbe est super verte, les maisons sont toutes jolies, avec leur toit en ardoise. Comme je me sens bien dans ce pays qui n’est pas le mien ! Bon, on arrive finalement chez lui, c’est une jolie ferme rénovée qui comporte trois appartements : le sien, un où vit une infirmière et le troisième, vide. Le problème, c’est qu’on entend tout ce qu’il se passe d’un appart à l’autre alors les brouettes risquent d’être compromises si l’infirmière reste là… Bref, je m’installe, bisous, bisous, le voilà qui repart travailler (oui, il avait pris une pause rien que pour venir me chercher). Du coup, je vais fumer dehors et là arrive un chien qui fonce vers moi en aboyant et qui grimpe les escaliers quatre à quatre. Il faut savoir que les chiens, c’est comme les enfants : je ne suis pas habituée. Sauf que les enfants, personne ne les a dressé pour être méchants alors que les chiens, on ne sait jamais… Mais non, celui-là est sympa, il me fait la fête. Bon, j’avoue, il n’était pas très effrayant : il était assez petit et pas bien plus jeune que moi. Puis quand je fais mine de rentrer dans l’appartement, il repart sans demander son reste.
 
Guillaume rentre enfin du boulot et nous fêtons dignement nos retrouvailles. Pour fêter ma présence, il m’emmène dans LE resto classe du coin, un manoir trois étoiles. Ambiance feutrée, le maître d’hôtel est tout sourire (et se brosse les dents avec Colgate, ça brille). A côté de nous, un couple d’un certain âge avec…un chien ! Youpi. Bon, on s’installe, petit apéritif et je sens une douce caresse contre mon pied. Oh, c’est trop mignon, Guillaume me fait du pied ! Ah, non, raté, c’est le chien de la table voisine ! Celui-ci, qui répond au doux nom de Kenny (si, chéri, je te jure que c’était ça !), est rapatrié sous la table de sa propriétaire mais non, il revient ! Du coup, sa maîtresse nous dit en souriant : « Il se met là  parce qu’il y a tellement d’amour entre vous ! ». Heu…
 
Bon, le couple s’en va, tout le monde s’en va, en fait, je me retourne de temps en temps regarder la lune se refléter dans la mer et découvrir petit à petit des rochers qui forment une petite crique au pied de l’hôtel. C’est magnifique, je suis aux anges. Les plats défilent à une vitesse hallucinante : nous sommes les derniers, je suppose que les cuistots n’avaient pas envie de passer la nuit à attendre que nous ayons fini. Au moment du dessert, le maître d’hôtel nous demande si nous sommes de la région, Guillaume lui répond qu’il vient de s’installer, j’indique que je suis une Toulousaine exilée à Paris. Du coup, le monsieur s’extasie (il faut avouer que, très aimable, ce monsieur fut extatique toute la soirée) : « Oh ! Et vous attendez qu’il soit installé pour le rejoindre ? » Heu… C’est pas trop ce qui est prévu mais c’est gentil de poser la question ! Retour à l’appartement, la voisine n’est pas là : hmmmmm ! Comme il fait froid, on se réchauffe.
 
Week-end chargé…
Le lendemain, programme chargé : courses, journée au forum « je-sais-plus-quoi » où y a une piscine, hammam, sauna… puis à 18 heures, rendez-vous dans un bar avec certains de ses amis. Bon, comme d’habitude, on traîne au lit : on ne se lève pas très tôt, on câline, on déjeune, on câline, on câline… Bon, il est trop tard pour aller au forum, il faut aller se doucher là, on va être en retard au rendez-vous… Du coup, comme on aime être en avance, on se re-câline un petit coup et hop, sous la douche ! Forcément, nous arrivons au café où nous avions rendez-vous avec une petite heure de retard… Hum ! Il y a une jolie blonde et deux garçons aux cheveux plus ou moins longs qui jouent dans un groupe où joue Guillaume. Ouais parce que Guillaume est musicien (et hop, un fantasme de plus réalisé !). Il m’a joué de la guitare et m’a interprété sa chanson que j’aime beaucoup c’est un futur tube (comme ça, s’il devient célèbre, ça fera un fantasme réalisé de plus : avoir partagé la couche d’une rock star). On discute, la demoiselle blonde est très sympathique, elle me demande un peu qui je suis, s’intéresse à ma vie et m’explique où nous allons nous rendre. Après avoir avalé un « Breizh cola » (c’est pas mauvais !), nous voici de retour dans la voiture, direction un bled dont j’ai oublié le nom mais c’est pas grave. Une heure de voiture plus tard pendant laquelle on se tripote indécemment les mains (oui, il conduisait). On arrive chez une gentille femme qui nous accueille dans sa demeure, on mange, on boit, on parle, charmante soirée. Mais on ne tarde pas trop, Guillaume est fatigué. Une heure de route plus tard, nous voici couchés l’un contre l’autre… Puis je sens quelque chose de dur poindre dans mon dos. Bien qu’il soit fatigué, le jeune homme a encore de la ressource.
 
Du coup, le lendemain, on voulait se lever tôt pour profiter de la journée et aller se promener sur une île voisine. Mais comme d’habitude, on traîne au lit. Finalement, on finit par se lever et après un bon petit déjeuner, on file à la plage. En chemin, je vois des brouettes partout : les Bretons, ils aiment ça ! Arrivée sur la côte : là, je suis comme une gamine, je marche sur le sable, j’ai envie d’enlever mes chaussures mais il fait trop froid, tant pis. On marche, je regarde discrètement les coquillages incrustés dans le sable en respirant à fond l’air empli d’iode. Je fantasme sur les maisons accrochées sur la falaise, expliquant à Guillaume que si j’avais des sous, j’aurais une maison, là, où j’écrirais mes romans, je marcherais tous les jours une demi-heure en bord de mer après le repas pour digérer et faire fonctionner à fond mon imagination. Il y a un psychanalyste qui a dit qu’on avait chacun notre élément de prédilection. Pour Descartes, c’était le feu, pour moi, c’est l’eau, définitivement. On s’embrasse devant l’immensité aquatique puis on se promène un peu main dans la main avant de retourner à la voiture. Une nouvelle mission nous attend : rejoindre une autre plage pour se poser à un café et voir le soleil se coucher. Boire un chocolat chaud devant un ciel rougeoyant se reflétant sur la mer, c’est quand même un moment franchement agréable. Une fois le soleil couché, on lève le camp : ce n’est pas qu’il fait froid mais si. Soirée calme, dimanche : la voisine est rentrée, on mange tranquillement puis on regarde le DVD d’Axelle Laffont qu’il m’a offert. Je rigole comme une bossue, la voisine doit m’adorer !
 
Une chômeuse en Bretagne
Le lundi, le jeune homme travaille donc je paresse au lit, écoutant malgré moi les bruits de la voisine (la voisine aux toilettes, la voisine téléphone, la voisine fait fonctionner le micro-ondes, hum !). Je profite du calme pour lire ma revue de presse en vue d’articles pour un webzine puis Guillaume rentre, on déjeune tranquillement puis après un chaste câlin de digestion, il repart au boulot. Je finis mon boulot, petite douche, délires sur les blogs puis Guillaume revient. Comme sa voisine n’est pas là… Puis il me joue de la guitare, quelques notes d’un morceau qu’il a composé pour moi. Alors, là, je dois avouer que je suis super flattée : on ne m’avait jamais encore écrit de chanson puis elle sonne bien. Moi qui rêvais d’être muse, me voilà exaucée ! Du coup, j’ai bien envie de le remercier mais souci : la voisine est-elle rentrée ou pas ? Alors, là, nouveau challenge : essayons de faire l’amour en silence. Ce n’est pas, mais alors pas du tout, ma spécialité, ça, mais testons. On commence, je tiens bien le coup et là, on entend la voisine qui rentre. Il faut savoir que quand elle ouvre et ferme sa porte, ça fait vibrer la nôtre, genre : « elle s’est trompée d’appart, elle rentre chez nous ». Et bien, de la savoir à deux mètres de là, pouvant entendre nos ébats, mine de rien, c’est excitant. Il n’empêche que je tiens à dire que j’ai été silencieuse jusqu’au bout (et ce n’étais pas facile) mais ça m’a épuisée comme si j’avais brouetté trois heures non stop. Il n’empêche que, du coup, ça réveille toutes les questions que j’avais sur les cris de jouissance.
 
Hélas, les bonnes choses ont une fin, je dois rentrer. Curieusement, j’ai pris mon billet pour un train maintenu par la SNCF, ma lose serait-elle passée ? Je rentre pleine d’entrain dans mon appartement et je découvre que : France Telecom a re-suspendu ma ligne mais n’a pas oublié de m’envoyer sa facture. Ma chaudière menace d’exploser dès qu’elle se met en route, j’ai l’impression qu’un caillou est coincé dans le tuyau et ça racle, hmmmm ! A peine arrivée sur la capitale, ma sœur m’appelle pour les cadeaux de Noël. Ce soir, j’appelle ma mère (elle m’avait appelée hier soir pour râler car je ne l’avais pas fait…) et lui raconte mes malheurs et elle me dit : « Oui, j’ai essayé de t’appeler sur ton fixe, hier, t’as pas répondu ». Bon, très bien, ma mère sait que je n’étais pas chez moi ce week-end, elle ne m’appelle JAMAIS sur mon fixe. Ah ben elle qui me trouvait « étrangère » ces derniers temps, voilà que j’ai bien arrangé mon dossier.
 
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