Politiques, je vous hais

C’est la rentrée ! Je vous parlerais bien des cartables neufs, des gommes flambant neufs et de l’odeur de l’encre sur les pages encore blanches d’un nouveau cahier mais cette année, j’ai grave le seum. Parce que cette rentrée lance le bal des what milliards de candidats aux primaires et que ça me fait réaliser à quel point je hais la politique. Enfin, je hais les politiques.

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J’ai une vision idéaliste de la société : l’idée que les plus forts donnent la main aux plus faibles pour pour un vivre ensemble harmonieux, dans la joie et la bonne humeur. Mon projet sociétal idéal se repose avant tout sur la solidarité car si, sur le papier, chaque individu naît libre et égal en droit à son voisin, rien n’est plus faux. Si j’en suis là où j’en suis dans ma vie, on va dire que c’est un quart grâce à mes capacités intellectuelles, un quart grâce à ma culture due à ma curiosité insatiable, un quart grâce aux hasards bien faits de la vie… Et un quart grâce à mes origines démo-socio. Oui, le fait que mon père soit médecin spécialiste m’a permis de faire des études sans coupler mes cours à un job alimentaire, mes jobs étudiants me servant à me constituer un petit pécule, ça m’a aussi permis de « monter à Paris » tenter l’aventure professionnelle et embrasser la carrière de webmarketeuse pour laquelle je ne me destinais pas du tout. Bref, si je veux bien croire que mon intelligence et mon grand sens de l’adaptabilité me permet de mener une carrière atypique mais qui va dans le bon sens (je mets actuellement un orteil dans le monde de la data), les sous de mon papa ont quand même bien aidé. Donc ce serait sympa d’imaginer que Jonas ou Sandra, tout aussi capables mais nés du mauvais côté de la barrière sociale, aient la possibilité de tenter leur chance pour devenir un jour des super community managers, data analystes ou physiciens brillants. Ou ce qu’ils veulent.

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J’aimerais qu’on se donne tous la main. Pour les jeunes pousses comme Jonas et Sandra mais aussi pour ceux qui ont vu leur vie brisée suite à un accident, la maladie d’un proche, la perte d’un emploi. A ceux qui échouent dans notre pays après avoir traversé la mer pour fuir la guerre et espéraient des jours meilleurs… Bref, je pourrais vous dresser une liste infinie de cas de gens peu chanceux résidant en France et que j’aimerais que l’on aide grâce à ce formidable projet de société qu’on appelle la solidarité (le truc qu’on a dans notre devise, là, tu sais…). Et là, je ne te parle que de la partie sociale du truc, j’en ai gros sur l’écologie, aussi, sur l’éducation, sur l’économie, le multiculturalisme… Dimanche dernier, en attendant le train sur un quai de gare de ma ville natale adorée (moment toujours propice aux pensées vu que t’as que ça à faire), ça m’a frappée : oui, je m’intéresse aux questions de société mais putain, qu’est-ce que je déteste la politique et surtout ces connards (et connasses mais y en a de suite beaucoup moins, parité, éternel mensonge) qui prétendent agir au nom du bien commun. Sérieusement, ça devient plus facile de compter les politiques qui n’ont pas de casserole au cul que ceux impliqués de près ou de loin dans des « affaires », comme on dit. Ah ça, on aime bien rigoler en montrer du doigt tonton Berlusconi (quoi que depuis Sarko et DSK, beaucoup moins…) mais on devrait commencer par balayer devant notre porte. J’en ai marre de tous ces êtres pansus et vieillissants nous expliquant qu’il faut se serrer la ceinture pour relancer l’économie, qu’il faut sacrifier nos droits, nos rêves, parce que y a pas le choix. C’est vrai que quand on voit les résultats de l’austérité, on se dit… Que c’est une voie de merde. Sans parler des injonctions contradictoires à base « faut consommer mais économisez pour votre retraite et serrez la ceinture », c’est pire qu’un magazine féminin, pour dire ! Bref, entre les petits arrangements et les plus gros, les polémiques gênantes et humiliantes, les mecs en qui t’as envie de croire un peu qui te plantent une épée dans le dos, je suis à CA de rendre ma carte d’électrice tellement je suis écœurée et désabusée.

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En vrai, je peux pas la déchirer car je l’ai perdue en 2012… La vie m’envoyait pourtant un signe clair à l’époque

Ca fait quelques années que je répète qu’à mon sens, le vrai changement, ça se passe au niveau des associations, ce sont elles qui sont les plus à même de faire bouger les choses à leur micro niveau. Alors oui, je sais, elles ne sont pas toutes clean non plus, y a toujours moyen qu’un individu peu scrupuleux aille un peu taper dans la caisse mais globalement, pour régler le problème d’Ulysse ou Jasmine, elles seront souvent plus efficaces que ces fats politiques et leurs discours creux. Et on peut dépasser le cadre du cas particulier : je pense que les associations de consommateurs ont fait bien plus que n’importe quel gouvernement pour défendre nos menues économies.

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Donc je hais les politiques, j’en ai déjà marre de la prochaine campagne présidentielle, j’ai déjà acquis la certitude que je voterai blanc au second tour quel que soient les candidats (c’est bon, j’ai bien retenu l’arnaque de 2002) et je doute de mettre un bulletin dans l’enveloppe pour le 1er… Essentiellement parce que je ne les crois plus. Oui, la 6e république de Mélenchon me fait de l’œil, oui, j’ai la fibre écolo et énormément de sympathie pour Duflot mais… Entre les pétages de plomb réguliers de Mélenchon et les volte-faces opportunistes des ténors de EELV, comment tu veux que j’ai confiance ?

Image d'illustration du documentaire J'ai pas voté, clic si vous souhaitez regarder

Image d’illustration du documentaire J’ai pas voté, clic si vous souhaitez regarder

Le souci, c’est que je m’intéresse aux sujets sociétaux. Que je m’inquiète du devenir de la France, que l’injustice qui s’étale au quotidien en une des journaux me donne la nausée. Mais je fais quoi ? Je ferme tous les journaux, j’abandonne Twitter ou je ne suis plus que des comptes qui mettent des gifs de chats ou de loutres ? N’est-ce pas lâcheté de s’en laver les mains ? Après tout, pour moi, tout ne va pas si mal : j’ai un pouvoir d’achat pas dégueulasse, un boulot qui ne menace pas de me filer entre les doigts demain et de toute façon, dans moins de deux mois, je serai solidaire avec mon Victor. Puis y a mes parents. Moi, je ne risque pas grand chose. Mais je ne peux pas laisser tomber. Parce que cette société solidaire, j’y crois.

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Faut juste que je trouve comment la défendre en laissant les politicards dans leur cirque.

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DESPROGES MON AMOUR

Par DianeFrançaises, français, belges, belges, vingtenaires, vingtenettes,Pierre, pierrot, lecteurs chéris mon amour,

 
Voilà aujourd’hui 20 ans que Pierre Desproges est mort. Oui, je sais, il est mort en avril et on est en janvier, donc techniquement ça fait pas encore 20 ans, mais je vous ferais
remarquer que s’arrêter à de tels détails tatillons et puérils n’est pas franchement intelligent, et puis ne commencez pas à m’interrompre comme ça dès le début ça va m’énerver.
20 ans, disais-je, que ce fabuleux trublion politiquement incorrect a cessé de trublioner et de titiller nos zygomatiques pour aller s’enterrer au père Lachaise, entre Petrucciani
et Chopin.
Une dernière résidence dont l »épitaphe originelle a malheureusement été jugée un peu trop trublionement incorrecte (« Pierre Desproges est mort d’un cancer sans l’assistance du professeur Schwartzenberg») par les biens pensants qu’il assaisonnait copieusement et régulièrement de sa haine ordinaire. 
Mais qu’est ce que tu dirais, Pierrot (tu permets que je t’appelle Pierrot), si tu pouvais voir ce qu’on est devenus, sans toi?
On tient sa langue, on est mous, on lit closer, voici et la biographie de cécilia sarkozy, on a élu un mec gréffé à ses ray-ban et à ses faires valoirs (hommes, femmes enfants,
faux amis et rolex) qui se shoote à l’ego, au pouvoir et aux photos pipole comme représentant de tous les français aux piteux yeux du monde, on dégomme mère Nature, on fait la gueguerre, on piste les délinquants à la maternelle, on écoute nos MP3 à fond dans le métro sans écouteurs, on s’excite plus à la publication de photos de manaudou à poil sur le net qu’à la mort de Nougaro, on veut travailler, travailler, travailler, pour avoir du fric, du fric, du fric, pour pouvoir consommer, consommer, consommer, nous ruer dans les magasins, encore, courir avec une délectation vibrante d’extase consumériste nous coller à d’autres chercheurs d’or suintants d’excitation fébrile et se prendre une ou deux vieilles emperlouzées à chihuahua et vison véritable en pleine face, et leur planter notre talon dans les tibias, parce qu’on l’avait vu en premier, le sac vuitton à -50%, on va pas se laisser marcher dessus par une vieille mamie-la-tremblotte non plus merde!!
Tu avais raison, Pierre, on peut rire, de tout, mais pas avec tout le monde. On peut même pas  s’moquer de Mahomet sans se retrouver avec une bombe sous le paillasson ou se
faire attaquer en justice (heureusement charlie hebdo est revenu…)
 
COUVERTURE MAHOMET 
 
Les aveugles ont bon dos d’être les bénéficiaires d’une puante bienséance qui les fait hypocritement appeler « non voyants » tandis qu’entourés de centaines de
personnes à st lazare le matin ils se prennent les murs avec bienséance, aussi.
 
Mais où est-elle, Pierronounet (tu permets que je t’appelles pierronounet), où est-elle, cette fièvre, cet enthousiasme vibrant, cette passion fébrile, cette intarissable soif de
savoir, de justice et de raison qui embrasait naguère avec ardeur et éloquence nos plus brillants cerveaux d’une inextinguible flamme humaniste? Nous sommes mous, taris, vidés,lympathiques, décérébrés, légumineux, exsangues,atrophiés du bulbe,diminués,hypo-courroucés,neurasthéniques,flegmatiques et gélatineux. Gracq est mort, tout le monde s’en fout. Pour un peu que Mme de Fontenay aille casser sa pipe, on lui ferait des funérailles nationales. 
Mais je m’égare, et pas seulement au gorille.
J’ai peur, Pierrot, l’ombre misanthropique plane sur ma foi en l’humanité. Je lis Axel Kahn, Picouly et Philippe Val, et mon petit coeur se gonfle d’un léger espoir qui croit entrevoir en l’homme l’émergence, ou plutot la survivance d’une foi, d’une croyance, voire d’une certitude qui fait penser à l’homme qu’il peut vivre son éphémère vie en regardant plus loin que le bout de son pouvoir d’achat, qu’il peut être utile, qu’il peut découvrir, apprendre, et vivre sa vie sans corruption, en étant, tout simplement, raisonnable et humain.
Ca me rappelle ce que tu me racontais jadis:
« On a envie d’aimer mais on ne peut pas. Tu es là, homme mon frère, mon semblable, mon presque-moi. Tu es là, près de moi, je te tends les bras, je cherche la chaleur de ton
amitié. Mais au moment même où j’espère que je vais t’aimer, tu me regardes et tu dis :
— Vous avez vu Serge Lama samedi sur la Une, c’était chouette. »
 
Pourtant je persiste. Il y a 20 ans que tu es mort, et je ne m’en fous pas! Je suis triste! J’ai les badigoinces à l’envers et la rate en berne, et ce soir, ma choucroute a un arrière-goût d’atrabile. Je t’ai écouté, j’ai lu Vialatte et Aragon, et délaissé un peu ( un peu) Pif gadget. Aragon justement, rappelle toi:
 
« votre enfer est pourtant le mien
nous vivons sous le même rêgne
et lorsque vous saignez je saigne
et je meurs de vos mêmes liens.
 
Quelle heure est-il, quel temps fait t-il,
j’aurais tant aimé cependant
gagner pour vous pour moi perdant
avoir été peut-être utile.
 
C’est un rêve modeste et fou,
il aurait mieux valu le taire
vous me mettrez avec en terre,
comme une étoile au fond d’un trou. » 
 
Rhhaa je souffre, ver de terre amoureuse d’une étoile; mais du fond de ton trou tu m’éclaires toujours Pierrot, alors vivons heureux en attendant la mort, et d’ici là, n’oublions
pas qu’il faut rire de tout. c’est extrêmement important.C’est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans.
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