Le raté du changement : le sharing desk

Il y a 2 ans et demi, ma boîte a déménagé. Oui,  c’est un peu ma spécialité, ça : quand j’arrive dans un nouveau job, il est question de déménagement. En fait, sur les 6 boîtes que j’ai faites, 4 ont changé d’adresse pendant que j’y étais (et une, on a changé d’open space). Du coup, le déménagement, c’est la bonne occasion pour secouer un peu les habitudes et c’est ainsi que fut implanté le sharing desk. Enfin, sur le papier…

Sharing desk

Ah oui, point que j’ai oublié dans mon article et qui me revient là (c’est pas mon entreprise, ici) : il n’y a pas de double écran sur chaque bureau, ce qui limite les déplacements

C’est quoi le sharing desk ? C’est l’idée qu’il n’existe plus de places attribuées et qu’on se pose où l’on veut/peut. Un peu comme à la bibliothèque. Du coup, on ne laisse plus rien sur les bureaux, on ne mange pas à sa place… Ca permet d’avoir moins de  bureaux que d’effectifs pour réduire un peu l’espace du bureau (surtout si la moitié des effectifs est nomade…). Chez nous, l’idée est (était) de « casser les silos » pour  créer plus de synergies entre les pôles. En plus clair « ouvrez vous l’esprit et pensez à vendre des opés 360 ». Alors du coup, je vous illustre cet article avec des photos de mon bureau histoire que vous compreniez à quel point ça n’a pas pris. On a nos places attribuées, point barre.

Pourtant, j’étais ultra motivée. Quand on a déménagé, mon équipe était très bruyante et niveau blagues, on était à peu près niveau égout. L’idée de prendre un peu l’air me ravissait donc au plus haut point. Mais ça puait la croquette dès le départ vu qu’on nous a attribué des places. Heu… mais on ne devait pas se mettre où on voulait ?  « Si, si, c’est juste pour les cartons de déménagement… ». Vous l’avez compris, le sharing desk était mort né et 2 semaines après l’emménagement, j’offrais à ce bureau officiellement mien une petite plante.

La plante sur mon bureau

Le pire, c’est que j’ai fini par changer de bureau un vendredi de total bordel où je n’en pouvais plus de barboter dans les cris et la connerie. Sans mot dire, je me suis levée, pris mon ordi et me suis posée à l’autre bout de l’open space. Je suis revenue 4 mois plus tard parce que, tu comprends, on est une équipe. Heureusement qu’on devait casser les silos… non parce que des fois, tu as besoin de calme et de concentration et pas de bol, c’est le jour où tes voisins de bureau ont envie de faire la foire. Ca arrive. Bah tant pis, tu subis.

Un bouddah dans ma plante

Oui, j’ai mis un petit Bouddah dans ma plante

Alors après, le sharing desk, c’est pas le paradis non plus. Par exemple, certaines places sont chères et d’autres… ben ce sont les places des retardataires, quoi, celles que personne ne voulait. Il y aussi un fil à la patte très fort. Comme je l’évoquais dans mon article sur le télétravail, la confiance dans les salariés est… très relative. Ainsi, dans une agence parisienne totalement sharing desk, les salariés sont « traqués ». En gros, on sait toujours où est leur ordinateur… or parfois, quand je dois vraiment avancer sans être dérangée, ca m’arrange que seule ma manager sache me situer…

déco de ma plante : statue bouddah, fève geisha et oeuf de pâques

… Et aussi une petite fève trop mignonne et mes collègues y ont laissé un oeuf de pâques

Bref, cette histoire de sharing desk me parait être une excellente illustration de ce manque de confiance dans les salariés : pour être sûr que tu travailles bien, on te garde sous le nez. Ce qui est absolument faux, de mon point de vue…

Mes petites matrioshka déco

Tiens, on va parler de ça semaine prochaine et je fermerai ensuite cette parenthèse sur le travail.

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Oh non, la honte, j’ai mes règles

Elle commença à se dandiner sous son siège, l’envie se faisait de plus en plus pressante, irrésistible. Il était temps. Elle cessa de tapoter sur son clavier et jeta un regard furtif autour d’elle, vérifiant que personne ne lui prêtait attention. Elle tendit discrètement le bras vers son sac, espérant trouver rapidement ce dont elle avait besoin sans avoir à remuer son contenu… Le bruit de clés saisies par inadvertance et déplacées ne manqueraient pas d’attirer l’attention d’une ou deux personnes. Ses doigts palpèrent quelques objets et se refermèrent sur une forme longiligne qu’elle reconnut sans mal. Soulagée, elle tira l’objet du sac, tendant de le dissimuler tant bien que mal malgré ses couleurs fluos. Le glisser dans sa poche… mais elle avait mal anticipé ce moment critique et sa robe n’offrait aucune cachette pour son objet interdit. Légèrement mal à l’aise, elle décida de miser sur la concentration de ses collègues, elle se leva, serrant toujours farouchement le tube dans sa main et tenta d’adopter une démarche tranquille jusqu’aux toilettes. Surtout ne pas attirer l’attention. Une fois à l’intérieur des toilettes, elle s’enferma et soupira avant de desserrer sa main et d’observer un court instant le précieux tube qui allait terminer sa vie la tête la première dans son vagin.

tampon

Le tampon, ah le tampon ! Un petit cylindre pas bien épais qui cristallise à lui seul toute la honte des femmes vis à vis de leur règles. Longtemps, à l’heure de changer mon bout de coton pour éviter un ravage de ma culotte, j’essayais de discrètement cacher mon tampon dans ma main pour cacher ce terrible fait à l’assistance : oui, je suis pubère et je ne suis pas enceinte ! Mon Dieu, non, quelle révélation ! En plus, pour nous rendre la tâche plus compliquée, ces gros trolls de marketeux nous emballaient le tout dans un un emballage bien fluo, aussi discret que Kim Kardashian dans… ben dans tout ce qu’elle fait, en fait. Gros trolls car tout en nous affichant bien avec leur objet tabou qui brille dans le noir, ils nous montrent bien dans les pubs que les tampons, c’est la hoooooooonte…

rgles-honte

Pourtant, si on y réfléchit bien, honte de quoi ? D’être pubère ? Oh, passé 15 ans, c’est pas vraiment une surprise, hein ! Honte de ne pas être enceinte ? Votre boss en est ravi, lui. Puis même si je n’ai pas de stats sous la main, je pense qu’en moyenne, les femmes non enceintes sont largement plus nombreuses que celles qui le sont. Honte d’être en bonne santé ? Ben oui, un cycle régulier est en général signe de bonne santé (sauf évidemment en cas de contraception bloquant les règles). Depuis quelques temps, j’interroge mes copines qui rougissent en avouant avoir leurs règles ou ne sachant comment transporter le tube magique en toute discrétion dans les toilettes. Bon évidemment, certaines me diront qu’avec la cup, on n’a pas ce problème là et je suis tout à fait d’accord mais le sujet n’est pas tellement là : pourquoi ressent-on de la honte à avoir ses règles ?

Kotex

Oui, potentiellement, le sang, ça tache et ça pue, c’est “sale”. Mais est-ce que vous vous enfuyez en rougissant dès que vous vous coupez le doigt ? Ah on me fait signe que le problème est autre : ce sang (impur à cause de cette sale manipulatrice d’Eve, souvenons-nous) sort de la chatte, aaaaaaaah ! Un peu comme le pipi ou le caca, dès que ça végète dans notre culotte ou slip, c’est saaaaale ! Pourtant, qu’il y a-t-il de plus naturel que la déjection ? J’ai bien mangé, j’ai bien bu, mon système digestif a bien travaillé, récompensons le en l’allégeant au plus vite du surplus ! J’ai découvert cette semaine un article proprement hallucinant sur les gens qui n’osaient pas faire caca au boulot. Je ne me permettrai pas de juger mais bon sang, faut aimer se compliquer la vie quand même ! Personnellement, si l’envie m’en vient, je ne me pose pas tant de questions… surtout qu’au vu de mon système digestif susceptible, je n’ose le contrarier. Et par là, on en vient même à ne pas assumer son achat de PQ alors que le fait que vous soyez propre est plutôt une bonne chose, en soi…

papier-toilette

 

Bref, parfois, on aperçoit que je tiens dans ma main le fameux tube fluo et il peut survenir une blague “ahah, t’as tes règles!” “Oui, et ?” J’attends encore la réponse. Ne rougissez plus de vos menstrues, demoiselles, ce n’est ni sale ni mal, c’est la nature. Du moment que vous laisse les WC propres après votre passage, tout va bien.

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PS : Je sens d’éventuels commentaires sur le tampon donc : oui, j’envisage très sérieusement de me mettre à la cup.

 

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On pardonne mieux aux hommes

On dit souvent qu’être une femme au travail, c’est pas trop la panacée : salaire moindre, suspicion d’une éventuelle grossesse passée 30 ans, évolution compliquée… La faute à notre utérus qui nous poussera forcément à devenir mère donc moins impliquée. Oui utérus = désir de maternité, o-Bli-gé. Même si t’es lesbienne. Mais notre utérus n’est pas notre seul ennemi, non, non ! Il y aussi nos grandes facultés d’organisation.

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Forte de mes 6 ans (!) d’expérience, j’améliore sans cesse mon organisation professionnelle. J’ai mon cahier prise de note, mon cahier To do list et j’envisage de me faire une grille excel avec mes tâches quotidiennes. Parce que je dois l’avouer, je suis efficace dans mon travail car salement accro au cochage, à l’élimination des tâches. A tel point que je commence à faire des To do list pour ma vie privée. Hashtag tarée psychorigide obsessionnelle, choisis ton camp. Récemment, ma chef me confiait dans un taxi nous ramenant au bureau que c’était moi la plus organisée du pôle. Enorgueillie j’étais car en début de carrière, c’était pas vraiment ma top qualité… Maintenant, je liste, je priorise et je vire Ninja des powerpoints et des excels, l’hystéro du « tu peux pas avoir du Century gothic et du Arial sur la même slide ! Et harmonise tes titres, y en a pas 2 de la même taille ». Y a des jours où je me fais peur… Bref, je suis un soldat très appliquée.

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Ça tombe bien, on ne me passerait guère d’errance sur le sujet. Car je suis une femme. Discussion entendue par le passé dans le milieu pro « les filles sont bien plus organisées que les garçons ! D’ailleurs, je voulais à tout prix une fille comme assistante ! ». Grincements de dents de ma part. Déclaration isolée ? Tu parles ! Que celui ou celle qui n’a jamais observé de différence h/f de remontrance sur des boulettes d’organisation me jettent la première pierre ! Dans un de mes anciens tafs, il y avait un mec genre personnalité cool, entre le fluokid et le hipster. Très sympa et bon en reco mais nettement moins efficace en gestion de projet, toujours à zapper des trucs parfois assez importants. Le mec a connu une progression fulgurante. Dans le même temps, je me prenais dans la gueule que je manquais d’autonomie car par 2 fois en un mois, une cliente a vu un commentaire exigeant une réponse avant moi. Oui pardon, parfois, je suis en réunion ou salement concentrée sur une tâche… Bref, on pardonne mieux aux mecs.

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Et j’ai d’autres exemples du style. Manager homme ou manager femme, j’ai souvent la sensation qu’on n’attend pas pareil d’un homme ou d’une femme car on les considère pas de la même façon. On attendra d’un mec des coups d’éclats, de la tchatche. D’une femme un travail impeccable et organisée. Une gentille petite soldate appliquée, une bonne élève consciencieuse. Sauf que j’ai pas envie d’être juste une bonne élève. Moi aussi j’ai de la tchatche et je peux avoir tout autant qu’un homme des bonnes idées. Des idées, j’en ai 13 par minutes alors sur le lot, on peut bien dégager des trucs cools. Pendant les brainstormings, je ne me contente pas de dessiner des fleurs sur un coin de mon cahier, quoi… Ca me saoule. Ca me saoule de sentir qu’on sera moins coulant avec moi pour une connerie organisationnelle qu’avec un homme. Ca m’agace de me dire que dans mon ascension à moi, je risque parfois de trébucher sur des petits riens, petits riens qui n’entraverons pas la montée d’un homme parce que bon, tu comprends, c’est un homme, il est forcément moins organisé.

jesus

Moi aussi, je vaux mon pesant de cacahuètes et pas qu’un peu. Pas parce que je suis une femme. Juste parce que j’ai oubliée d’être con et que je suis suffisamment au fait de mon taf pour avoir des idées (bonnes souvent) et être capable de faire plus qu’un bête travail exécutif de fille organisée.

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Déjà que je suis moins payée, si en plus, j’ai moins de chance d’avoir de belles opportunités car une fille, c’est un peu trop bêtement appliquée… C’est ça être  une femme : même nos qualités sont des défauts.

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Faut-il draguer au yoga ?

À présent que le froid s’est installé, retournons draguer à l’intérieur, la motivation pour le jogging étant généralement proportionnelle à la température. Et bah tiens, allons au yoga.

Sur le papier, le yoga, c’est sexy. Des corps qui ploient et se déploient lentement, tout en grâce et en souplesse, suivant la douce voix du yogi. Une communion des corps, une communion des esprits…

Ça, c’est la théorie. En pratique, c’est plus compliqué. Déjà, va trouver un mec en cours de yoga… Le seul de mon corps est agrémenté d’un vagin accompagnateur (sa copine). Mais imaginons pour la suite de cet article qu’il y ait du mâle en cours de yoga et observons le déroulé de la séance.

Au début, fièrement assis sur nos tapis, nous respirons profondément, émoustillés à l’idée de nous soumettre aux consignes du prof. Inspirez, expirez ! Facile. Les premiers exercices sont simplissimes, vas y que je me mets à 4 pattes, la poitrine ouverte vers le ciel et hop chien la tête en bas ! Je suis sexy, je me tends au maximum, je sens mes muscles s’allonger.

Mais ça va se compliquer. Allez, zou, exercice d’équilibre, le truc que je plante à chaque fois. Je n’arrête pas de reposer le pied par terre, je commence à transpirer… Oui, le sexyness et la grâce en prennent un coup. Puis mes pieds sont jamais positionnés comme il faut, mes épaules se contractent toutes seules. Je suis aussi désirable qu’une vieille chemise froissée retrouvée au fond du placard. Mmmm…

Puis bon, tant qu’on y est, on part en chandelle ! La chandelle, j’assure bien. Mais quand il s’agit de mettre nos genoux de chaque côté de nos oreilles et que je me retrouve le nez dans mon périnée, là, autant dire que toute idée de séduction m’a abandonnée. Je me sens limite un peu ridicule et le fait qu’on soit 30 dans ce cas ne me console pas vraiment.

Heureusement, voici les quelques minutes de relaxation où tu manques de t’endormir option bave au coin des lèvres. De toute façon, ça fait bien 20 mn que j’ai oublié mon objectif de séduction.

Conclusion ? Le yoga, c’est génial mais pas pour draguer. De toute façon, vu qu’on est censé se concentrer sur soi et fixer des points dans le vide, comment évaluer les beaux jeunes hommes autour de nous ? Si tant est qu’il y en ait…

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Concentre-toi

Lecteur, je dois aujourd’hui t’avouer un de mes pires travers, un défaut qui m’agace et me rend souvent inefficace : ma concentration relative due à une forte propension à la serendipité et à la multi activité.

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Prenons un dimanche après-midi de ma convalescence par exemple. Début d’après-midi, lecture du Nouvel Obs, un dossier spécial sexe et politique, sujet on ne peut plus original qui avait fait l’objet d’un dossier spécial il y a moins de 2 mois dans le même magazine. En même temps, la télé était allumée sur le grand prix de Formule 1 sur lequel je jetais un œil en commentant (mais pas trop car mon père piquait du nez). Après retour sur l’ordinateur où j’ai 3 fenêtres ouvertes. Une pour le déménagement du blog, une pour mes mails et réseaux sociaux, la troisième pour le boulot. Et je passe de l’une à l’autre : recherche d’une photo pour un article, taggage et tri de tweets évoquant un de nos clients, réponse au mail d’Anaïs. Tiens, j’ai une idée d’article, écrivons le ! Résultat : dans la multitude, une tâche finit par se glisser dans l’angle mort de ma mémoire vive et soudain, quand je reviens sur l’onglet, je me rends compte que
ça fait 30 mn qu’une tâche n’a pas avancée. 

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On se retrouve ainsi avec le cas typique du mail entamé et oublié d’envoyer, la phrase arrêtée en plein milieu (va raccrocher les wagons après ça). De fait, je suis la cliente idéale pour la procrastination et la sérendipité. Quand je dois chercher des blogs pour une opération, il suffit que je découvre une photo ou une vidéo qui me plaît bien et je tombe dans une faille spatio-temporelle de 30 minutes. Et ça m’agace.

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Pourtant, je suis tout à fait capable d’être concentrée au point d’oublier mon environnement, d’entendre la musique sans l’écouter car je suis à fond dans ce que je fais, ne pas faire attention à l’heure. Typiquement, par moment, en fin de journée au boulot, je lève la tête et découvre que des gens sont partis, je leur ai même souhaité une bonne soirée sans m’en rendre compte… Ouhla, tout va bien… Je ne souffre pas d’hyperactivité dans le sens clinique du terme, je suis tout à fait capable de rédiger des dissertations sur 4 heures donc pourquoi je me disperse aussi facilement ? Ben parce que je suis trop sollicitée et trop spontanée. Une idée me traverse la tête, je la mets de suite en application. Genre je commence 4 articles en même temps, je vais de suite faire une recherche google parce que là, tout à coup, j’ai envie de voir combien va me coûter le week-end à Venise, un livre sur la pâte fimo, des cours de chant, le tarif
du centre nautique à côté du boulot… Et du coup, le mail où j’étais en train d’envoyer un doc pour le boulot va rester ouvert pendant 30 mn avant que je finisse de l’envoyer.

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C’est pas toujours forcément de ma faute. Je suis une grande impatiente. Je dois toujours tromper mon impatience donc typiquement, pendant que mon mail charge la pièce jointe, je vais faire autre chose. Et oublier mon mail. En voulant rentabiliser quelques secondes d’attente, je peux perdre 30 mn. Bravo !

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Alors j’essaie de m’organiser contre ça, me donner de petits objectifs : tant que j’ai pas fini ça, je ne fais rien d’autre. Si la tâche s’annonce fastidieuse, je la divise. Step by step (hou baby) comme on dit. Par exemple, moin histoire de taggage de tweet, c’est chiant. Donc je divise les tweets en tranches de 4h : je tague de 0 à 4h, une pausounette. De 4 à 8, une pausounette… Ben ça me permet d’avancer finalement plus vite et d’être plus attentive car on a vite fait de taguer de façon un peu trop automatique. 

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Bon, c’est pas tout ça mais j’ai encore 10 onglets d’ouverts, des powerpoints, des excels, des words… En fait, c’est pas de concentration dont j’ai besoin, c’est d’organisation !

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Avec qui tu manges le midi ?

L’autre jour, j’ai assisté à une scène mignonne à mon bureau. A ma droite, Camille, stagiaire marketing. Dans l’open space qui passe à côté de nous : Eve-Marie, stagiaire commerciale. Bon, le fait qu’elles soient stagiaires importe peu. Elles étaient dans la boîte avant moi. Eve-Marie passe derrière nous (oui, je suis en open space et les gens se déplacent en permanence derrière moi. Autant te dire que la vidéo de fessée NSFW que j’ai vue passer sur Facebook ce matin, je la regarderai à la maison) et Camille l’interpelle « hé, tu manges quand ? ». Et là, drame « Heu mais heu… je mange avec les autres ». Ma pauvre Camille…

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Il faut savoir que mon nouvel environnement de travail est essentiellement féminin. Pour résumer : à la rédac, on compte en tout et pour tout deux hommes (dont un gay), au marketing (mon service), on est quasi à égalité, côté commercial, y a une majorité de femmes et côté dév… oui bon à part quelques graphistes progestéronnées, là, par contre, c’est très mâle. Mais à l’arrivée, on a quand même une bonne dominante féminine, même la DG et la PDG sont des femmes. Et forcément qui dit femmes dit histoires d’alliances, de clans… Et le déjeuner est un enjeu clé : dis-moi avec qui tu déjeunes, je te dirai qui tu es. Moi, c’est très simple, je ne déjeune avec personne. Sauf Vicky évidemment (notre niveau de fusion devient dramatique… pour les autres, j’entends) mais elle ne bosse pas avec nous. Mais pour les stagiaires, c’est un enjeu. Tu passes dans les populaires ou les ignorés en un rien de temps. Pour reprendre mon cas, y a des gens qui m’ignorent encore (des filles, essentiellement) quand on se croise aux toilettes. Non mais tu peux pas me faire croire que tu ne me vois pas dans un espace de quelques mètres carrés avec un gros miroir au bout ! Le mieux étant l’ascenseur, y a quand même une fille qui a réussi à ne pas m’adresser la parole pendant qu’on attendait l’ascenseur puis quand on est montées dedans, sachant que nos ascenseurs sont pour 4 personnes « un de plus t’es mort ». On a des ascenseurs particuliers, ils font peur et même que des fois, ils tombent. On m’a toujours dit « ne prends jamais l’ascenseur sans ton téléphone ». Ah. En fait, ils me font penser à un jeu vidéo que j’avais quand j’étais jeune où il fallait résoudre des énigmes pour ouvrir de nouveaux endroits et y avait un ascenseur tout pourri qui faisait plein de bruit. Ben voilà. Si quelqu’un a le nom de ce jeu vidéo avant que je devienne dingue de le chercher…

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Donc revenons-en au déjeuner parce que depuis que je suis ici, je me rends compte que c’est un moment particulier. Un moment où je n’existe pas. En fait, j’ai été traumatisée le premier jour : j’ai mangé toute seule. Dans toutes les boîtes où je suis allée (et ça commence à cumuler), on me proposait toujours de déjeuner le premier jour mais là, rien… Okayyyy… A l’arrivée, en quasi deux mois, j’ai déjeuné en tout et pour tout 3 fois avec des collègues (dont une fois avec la DG et le stagiaire ultra beau gosse, ce qui a fait de moi quelqu’un d’important pendant une demi-minute quand j’ai donné son prénom à la collectivité. D’ailleurs, je me rends compte que je l’ai oublié, son prénom. Mais il a 20 ans alors bon…). J’ai surmonté le traumatisme depuis et j’aime observer le bal des déjeuners. Il faut savoir qu’ici, comme dans beaucoup de boîte, il y a des clans. Dans mon ancienne boîte, c’était un peu patronnat contre prolétariat avec des sous branches (en gros la sous branche performance et la sous-branche social-media). Ici, c’est mouvant, ce sont de toutes petites cellules. Alors forcément, faut se placer. Pas de chance, en marketing, les gens aiment bien manger devant leur écran donc il faudrait, si je veux faire partie d’une équipe déjeuner, que je côtoie d’autres services. Sauf que je m’en fous un peu : j’ai suffisamment d’anciens collègues à fréquenter sans en rajouter de nouveaux (collègues tout court pas nouveaux anciens collègues, je compte pas encore changer de boîte). Mais il faut toujours avoir des gens dans ses petits papiers, ça sert quand tu as une demande spécifique à faire. Heureusement pour moi, je bois du café. Trop d’ailleurs.

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Mais la sociabilisation au boulot est un vrai enjeu. Après avoir fait un peu mon autiste pendant quelques semaines (résidus de traumatisme de mon taf passé, j’en reparlerai), je commence à me lier et à parler aux gens à la machine à café ou même au lavabo des toilettes. J’aime beaucoup parler d’une opération en cours avec la fameuse Eve-Marie tandis qu’on se lave collégialement les mains. En plus, là, le café est devenu gratuit, ça en fait un sujet de conversation avec tous ces gens que je n’ai pas toujours identifiés. Ma sociabilisation passera donc par l’hypertension, ok. Non mais faut vraiment que je me calme sur le café, je dors super mal en ce moment, je ne peux y voir qu’une relation de cause à effets (2 à 3 expressos par jour, c’est trop non ?). Mais bon, le déjeuner, c’est touchy. En plus, quand on me propose, j’ai pas toujours envie d’aller me gaver à la brasserie où le repas est bien plus cher que mes tickets restos et repas lourd le midi = inactivité partielle l’après-midi. C’est pas que je veux pas travailler mais ça bloque un peu, il semble que l’énergie que déploie mon corps à digérer est directement pris dans la partie « concentration ». Et contrairement à chez Pubilon, y a pas trop de jap dans le coin (c’est un peu plus léger).

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Du coup, Camille a mangé avec la rédac mode, je pense que c’était un meilleur choix pour la coolitude mais moins pour le côté pro. Choisis ton camp camarade !

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Nouvel entretien, nouveaux espoirs




Suite au mail de Vicky, je m’attelle de suite à ma candidature, je ne peux pas laisser passer cette annonce. Alors, CV ok, je l’avais remis au propre pour Startofer. La lettre de motivation, maintenant… Mon Dieu, c’est fou à quelle vitesse on peut perdre certains réflexes. Au bout de deux heures d’intense concentration, j’envoie ma candidature. A 23h30, même pas mal.



Le lendemain matin, je suis fébrile. Arrivée au boulot, je fonce sur netvibes : aucune réponse. Pas de panique, Nina, nous sommes vendredi, il n’est pas tout à fait 10h, laisse leur le temps un peu. Alors que je commençais quand même à faire un peu la gueule, le téléphone sonne. « Oui, bonjour, Rémi Chastand de la société Pubilon, nous avons bien reçu votre candidature et nous serions intéressés par votre candidature. Quand pouvons-nous nous rencontrer ? ». Yeaaaaaaah ! Rendez-vous est pris mardi, 9h. Evidemment, je m’empresse d’en parler à Vicky et aussi à ma sœur. A ma mère, je ne dis rien : elle est très tendue depuis le décès de ma grand-mère, on ne va pas en rajouter.


 

Lundi, 9h et quelques, téléphone : ma sœur. « Ouais, j’ai eu ton mail. Dis, tu sais que ma collègue Caroline [que j’avais aidé pour un mémoire] connaît bien le DG de Pubilon, tu veux qu’elle glisse un mot en ta faveur ou t’es pas hyper motivée par le poste ? ». Non mais elle rigole ou quoi ? Mais je suis motivée à bloc ! En voilà une bonne nouvelle mais ne nous reposons pas sur nos lauriers avant d’avoir fait quoi que ce soit. La journée, j’écris des articles pour mes blogs féminins histoire d’engraisser le pressbook, refait pour l’occase (en clair épuré des vieilles expériences n’ayant aucun lien avec le web). Evidemment, lundi soir, mon imprimante refuse d’imprimer. Je nettoie les têtes d’impression mais rien à faire. Salope.


 

Mardi matin, 8h, je suis dans un cybercafé pour imprimer mes documents, la fameuse expédition qui m’a inspiré cet article. Pour l’occasion, j’ai enfilé un gilet de tailleur sur un pull et j’ai même mis une cravate car une fille en cravate, je trouve ça très classe. A mes pieds, mes fameuses bottes qui me font toujours mal alors que ça fait quand même plus de 6 mois que je les ai et que je les mets régulièrement. 9h, je suis dans la place, je monte les trois étages qui m’amènent au siège de Pubilon. Je prends deux secondes pour reprendre mon souffle et sonne. Notez que là, je ne me suis pas trompée de numéro. Un homme m’ouvre, c’est Rémi Chaland, il me propose d’aller passer l’entretien au bar d’en bas. Heu.. Ben, c’est original, au moins.


 


Nous voici donc au café, il me raconte le poste, je lui détaille ma vie, explique le pourquoi du comment de mon désir de quitter TGGP, de mes aspirations, de mon envie de responsabilités, d’autonomie, de devenir une réelle force de proposition… Bref, en un mot, je suis une grande maintenant et veux être considérée comme telle.

« Et votre plus grand défaut selon vous? »

Rah, la question que je déteste. Bon,on va partir sur le fait qu’ils aimeraient un profil assez branché marketing et qu’il est vrai que je n’ai pas cette dimension là dans mes études mais que je l’ai apprise au fur et à mesure de mes expériences et qu’en plus, je sais faire des présentations powerpoint aux clients pour les clients, si, si.



 

Grosso modo, je dirais que l’entretien se passe bien mais je sais que je ne suis pas la seule en lice, ce qui me stresse légèrement car le poste me plaît vraiment mais rien n’est catastrophique non plus vu que j’ai déjà un job. Il me dit qu’il me contactera fin de semaine mais plus vraisemblablement début de la suivante.

Une semaine à stresser, brrrr !

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Memento, de Christopher Nolan

Par Bobby 

Pfiou, que le temps passe vite… Je rentre de la gay pride et je me dépêche de vous rédiger un petit quelque chose… Cette semaine, j’ai pu voir en dvd un film dont nous avions parlé en commentaire avec Tatie Diane, Memento. Sur le boîtier, ils ont écrit : film culte. Et je crois qu’ils n’ont pas tout à fait tort. 

 

L’histoire ? Rien de plus simple : un américain beau gosse chercher à venger la mort de sa femme. Là, vous me dites : ok, on a déjà vu ça 200 fois. Et là je vous dis : attendez, j’ai pas fini ! Car le type souffre d’une forme rare d’amnésie, qui le prive de mémoire immédiate… il conserve tous ses vieux souvenirs, d’avant son accident, mais ne se souvient plus de rien au bout de 10 minutes… Bon, déjà, pas facile à mettre en scène. D’autant que le type, afin de s’en sortir un minimum, est obligé de prendre plein de notes en permanences,
de faire des photos des gens qu’ils rencontrent, et même (c’est américain, je rappelle…) de se tatouer sur le corps les infos super importantes. La classe suprême (et c’est l’occasion pour nous de mater à loisir le corps de Guy Pearce). En plus, des fois les gens sont des connards et essayent de lui pourrir son enquête, alors il doit reconnaître son écriture sur ses notes, sinon… ben sinon il se plante complètement…

Ensuite, et c’est là tout l’intérêt du film, le film se déroule à l’envers… On commence par la dernière séquence, et on remonte ainsi jusqu’à la première. Et, histoire de compliquer encore plus les choses, les séquences sont entrecoupées de flash-backs en noir et blanc, qui constituent une histoire parallèle un peu hachée, et qui, au final, vient éclairer l’intrigue principale. 
Bref, vous l’aurez compris, le principal intérêt du film, c’est une prouesse scénaristique indéniable. Pour le regarder, il faut être à son maximum de concentration, car si on loupe ne serait-ce que 20 secondes, paf, on est complètement largué. Avis aux amateurs d’énigmes filmiques… 

PS : pour nous amis les mâles hétéros, vous pouvez aussi profiter de l’image de la belle Carie-Anne Moss, excellent personnage secondaire… Rappelez-vous, elle joue la ténébreuse Trinity dans Matrix !

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Oh non, je suis contaminée !

Je vis une situation très pénible en ce moment, je vous raconte pas. Ah ben si, justement, je vais vous raconter. Je crois que je suis gagnée par le mal du
siècle : je deviens analphabète.


Depuis quelques temps, au boulot, je donne un coup de main à Simon pour valider les critiques des internautes sur les films pour notre site ciné. Le problème, c’est
qu’on ne les valide pas comme ça, on corrige les fautes d’orthographe. Et vous me connaissez, je suis assez tatillonne sur le sujet. Et là, on se rend compte que le niveau des spectateurs de cinéma lambda est très mauvais en la matière et je ne te parle même pas de la grammaire et de la syntaxe. Apparemment, beaucoup ont séché le cours où on apprend par exemple qu’après un point, on met une majuscule. Comme là, par exemple. Concernant les virgules, c’est même pas la peine d’y penser. D’ailleurs faire des phrases, non, non, c’est plus rigolo d’aligner des mots sur un paragraphe entier.

Alors j’avais pensé vous faire un best of mais il y en a tellement en fait que je ne saurais pas lesquelles choisir. Déjà, j’ai découvert que les Français n’avaient
globalement rien compris aux participes passés. Er, é, ée, és… Non, ça l’amuse pas de le savoir, il y  va au pif. Le c et ç n’a plus la côte non plus, on met des s partout, on ne sait jamais, sur un malentendu…Ah par contre le c fait son apparition sur les possessifs, là où il n’a rien à faire. Bref, nos internautes réinventent le français en me faisant pleurer très fort. Sans parler des fautes de frappes. Alors certains me diront « nul n’est parfait, faute d’inattention », ok sauf que quand tu écris un message de 3 lignes, ils pourraient au moins se relire. Et quand t’as aucun participe passé accordé correctement, les s absents et co, j’appelle ça des problèmes d’illettrisme. Il y a quelques années, Yohann m’avait dit « tu vois, y a des  tas de mots qu’on utilise pas, c’est qu’on ne les maîtrise pas tellement ». Ben, là, quand je vois le nombre de français qui ne maîtrisent ni leur grammaire, ni leur syntaxe, orthographe et
qui ont trois mots de vocabulaire répétés en boucle, ça fait limite peur.

Mais ce qui me fait le plus peur dans tout ça, c’est que je suis en train d’être contaminée. Parfois, je lis ces commentaires et soudain, je ne sais plus. 1 ou 2 f
à époustouflant ? La souris, animal, c’est s ou e à la fin ? Heu, je situe pas qui est le sujet de la phrase, avec qui je conjugue le verbe ? Et nous sommes tous les trois, Simon, Ioulia et moi à souffrir du symptôme. Parfois, on entend une voix qui s’élève : « j’ai un doute, ça s’écrit comment ce mot ? ». Et là, on se rue sur le net pour vérifier (ça va plus vite que le petit robert). Et j’ai honte, j’ai grand honte. Tu vois, je peux vivre avec des ongles pas manucurés, pas vernis, juste coupés mais avec un mauvais orthographe, non !

Bref, la semaine dernière, j’étais tellement énervée par ces horreurs pour mes yeux que j’ai été à deux doigts d’ouvrir un blog orthographique qui ferait des corrections orthographiques de blogs. Parce que j’en connais à qui on n’a jamais offert de Bescherelle, j’ai envie de pleurer quand je lis ça. Je ne parle de skyblogs bien sûr, le sms, je le lis plus depuis que je n’y suis plus obligée. Mais des blogs de gens qui ont quand même fait de hautes études, qui ont des postes à responsabilité… C’est vrai que le Français est une langue compliquée mais quand même, écrire en français est à la portée de tous, ce n’est qu’une question de concentration et d’attention.

En attendant, moi, je vais lire. Dans les livres, y a presque pas de fautes.

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De l’’art de l’’entretien

La semaine dernière, je suis allée passer un entretien d’embauche à trou du cul du monde land. Selon ratp.fr, je mettais une heure à y aller. Ok, ils me disent de prendre le train de 14h33 donc je m’exécute sagement. Cette fois-ci, je n’oublie pas mon press book (on ne commet pas deux fois la même erreur), je ne rate pas mon train (on ne commet pas deux fois la même erreur). Après, j’enchaîne les transports : RER puis bus dans la campagne yvelinoises. Le dépaysement à une heure de chez vous, yeah !


Mais c’était quoi cet entretien ? Non parce que je commence même pas par le début, je suis trop une rebelle, moi. La semaine dernière, en plein trip « cherchons du boulot », je tombe sur un site qui cherche des lecteurs. C’est-à-dire qu’en gros, je suis payée pour faire des revues de presse. Quelques postes sont dispo : deux de 15h30 à minuit et deux de nuit. Bon alors, comme je ne peux pas faire la fine bouche sur les horaires, j’envoie CV et lettre de motivation. Deux jours plus tard, coup de fil : « Bonjour, je vous appelle de la part de la société Pouet Pouet, vous nous avez envoyé un CV et nous souhaiterions vous voir en entretien, vous êtes disponibles quand ? » « Quand vous voulez ! » « Bon, demain, 16h, vous devez vous rendre au siège social mais le Poste est à tel endroit, juste à côté de chez vous ». Bon, nickel chrome !

Me revoici dans mon bus. Le trajet en RER était facile, je posais mon cul et j’attendais le terminus. Mais dans le bus, c’est pas si simple : il n’y a pas de plan de ligne et je ne sais pas du tout où je vais, je connais juste l’arrêt où je dois descendre. Je me lance donc dans une surveillance attentive du petit texte défilant annonçant l’arrêt suivant. Sauf que, des fois, ça bugge. Non mais on vient de le passer l’arrêt Bidule, annonce le suivant ! Zut, on s’arrête à nouveau et il donne pas le nom de l’arrêt ! Ah, il se remet à jour… Bon, finalement, après 30 mn d’angoisse, je descends au bon arrêt, je regarde ma montre : 15h35. Le rendez-vous est donc à 16h. Et quand je dis que je suis à trou du cul land, j’exagère pas : l’entreprise est en pleine zone résidentielle (mais je crois que toute la ville est une zone résidentielle), pas un café où poser mon fessier, un marchand de journaux pour feuilleter les magazines en attendant, rien de rien ! Enfin, si, y a un bureau de poste… Donc, du coup, j’appelle Gauthier, je lui explique qu’il y a une maison avec un chat en plâtre incrusté dans le mur. Je vous jure, c’est vrai ! Bon, finalement, je me pointe à moins 10, en espérant que la dame avec qui j’ai rendez-vous soit en avance. Bon, j’arrive à l’accueil, je tombe sur deux bonnes femmes, la quarantaine bien tassée, elles m’indiquent un siège pour attendre. Il y a une revue de presse faite par la société sur la table, parfait, je vais lire ça. Quelques temps plus tard, une jeune fille, certainement plus jeune que moi, me reçoit pour l’entretien.

Bon elle attaque direct par un « bon, parlez moi de vous ! ». Je lui demande avant pour quel poste ils m’ont appelée, vu que j’ai postulé à plusieurs, histoire de cibler mon entretien, elle me répond lectrice dans elle ne sait quel domaine, le boulot étant le matin… de 5h30 à 13h. « Ouais, super ! Moi, je préfère comme ça, ça me laisse tout le reste de la journée pour faire des choses, c’est parfait ! ». Bon, je raconte ma vie : mes études, mes expériences pro, le pourquoi je vis à Paris et comment je les ai trouvés. Après, elle me demande qu’elles sont les qualités essentielles à avoir pour le boulot. « Ah ben la curiosité, déjà, faut tout lire… Ca tombe bien, moi, si j’ai voulu faire journaliste, c’est justement car je suis curieuse et ça me permet de toujours apprendre de nouvelles choses. Ensuite, faut être réactive, faut donner les infos de suite. Non parce que les entreprises qui vous commandent une revue de presse, elles veulent l’info immédiatement et pas trois semaines après. Et il faut être concentrée, aussi, car si on loupe une info, ça le fait pas ». Bon, je n’ai pas dit ça comme ça mais vous saisissez l’idée. La nana a l’air ravie par mes réponses, c’est limite si elle applaudit pas. Je glisse au passage que j’ai lu la revue de presse en bas, histoire de dire que je sais de quoi je parle. « Mais vous n’avez pas peur d’être frustrée de ne pas écrire ? » « Mais non puisque j’écris dans des webzines à côté ! » « Vous avez une voiture ? Parce qu’à 5h30… » « Non mais j’habite juste à côté ! Je crois qu’il y a des trains à cette heure là mais sinon, je me trouverai un vélo ». Elle me demande de commenter un fait d’actu, aussi, je lui parle de Ségo, expliquant que j’étais allée la voir en meeting « bien que je ne sois pas militante ».

Bref, je suis tout sourire quand le couperet fatidique tombe. « Vous avez du temps là ? » « Mais bien sûr ! » « Parfait, on va vous faire passer un test culture G ». Panique à bord ! Je ne savais pas qu’il y en avait un, je suis pas préparée ! Je sais, ça peut paraître stupide mais ce genre de surprise, j’aime pas du tout, un peu comme les interros surprise au lycée. C’est psychologique, je suis pas prête, je vais me planter. « C’est un QCM ou des questions ouvertes ? ». « Non, non, des questions ouvertes ». Elle me laisse seule dans une salle avec ordre de « rendre mon questionnaire à l’accueil en partant ». Bon, 44 questions. Je sais pas répondre à la moitié, mais vraiment pas. Pourtant, y a des trucs que je sais mais ça revient pas. Et d’autre que je sais pas. Y a beaucoup de questions de santé, un domaine où je ne connais rien. « Quel laboratoire a sorti le viagra ? » « Quels sont les concurrents du viagra ? » (c’est une boîte d’impuissants ou quoi ?) « Citez 5 laboratoires pharmaceutiques », « citez des maladies oncologiques » « que signifient les initiales j’ai même pas retenu », « que veulent dire les initiales de l’entreprise » (ça, c’est la lose de pas savoir). Bref, une hécatombe totale. Je repars toute penaude : si le questionnaire compte, je suis morte. Heureusement, au retour, j’ai été draguée par un jeune homme charmant mais en parlant, j’ai eu un doute : il doit avoir 20 ans à tout casser ! Bon, j’ai pris son numéro, on verra si je le rappelle ou pas.

Et depuis ? Rien. La nana m’a expliqué qu’elle transmettait les dossiers lundi au chef de service et que je serais contactée dans la semaine. Vendredi, toujours pas de news, je pense que c’est mort, je devrais recevoir une lettre pour m’avertir de mon échec (youpi !). En plus, mercredi, j’ai pas arrêté de recevoir des coups de fil : le proprio, l’entreprise qui gère ma chaudière, le scénariste de Modo (bon, c’était pour parler taff mais ça l’a aussi amusé de faire sonner mon tel, le méchant !). Donc un échec. Bon, je relativise : c’était pas le boulot de ma vie et de la veille média, je peux en faire ailleurs avec des horaires plus humaines. Enfin, avec tout ce que je balance comme CV en ce moment, je vais bien finir par trouver un boulot, un vrai, avec un salaire (qu’on me verse pour de vrai) et un bureau. Et, soyons folles, un ou deux collègues choupinous !

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