La baise, c’est l’ennui

Ah tiens, ça reparle de cul par ici ? Serais-je retombée dans le célibat et repartie aussi sec dans mes histoires de fesses ? Non (pour les deux parties de la phrase précédente), je ne vais pas vous parler de sexe en tant que tel mais sexe dans la fiction parce que… il arrive à un moment où la baise m’ennuie.

Marseille, série où la baise prouve la médiocrité

Je ne sais pas bien par quel exemple commencer tant il y en a tant donc je vais parler de How to get away with murder puisque je suis en train de le regarder pendant que j’écris ces quelques lignes. Je suis pas hyper convaincue par cette série mais elle a le mérite de bien occuper mes dimanches après-midi. Bref, je pense que 90% des épisodes commencent et/ou finissent par des scènes de cul. Ce qui m’a fait rire au départ car on a droit à des moments soit disant torrides mais juste après, la jeune femme impliquée s’enroule avec soin dans les draps. Ok, on laisse voir les épaules nues mais les seins, c’est non. Alors je sais que les Américains sont mi-coquins mi-puritains et ce n’est certes pas la première fois que je vois une scène de cul où les seins sont soigneusement dissimulés (dans Sex and the city, elles baisent neuf fois sur 10 en soutien-gorge… Est-ce que des femmes sont vraiment ça dans la vraie vie, hors cas très spécifique d’un quicky ?). Sauf que… ces scènes de cul sont quoi qu’il en soit absolument inutiles. Remplacez les par un ellipse et vous ne perdez rien de rien sur l’histoire, juste quelques minutes du show.

How to get away with murder - Wes et Rebecca

Et je parle de cette série mais je pourrais en citer des milliers d’autres. Un autre exemple, tiens, Altered Carbon, série que j’ai bien aimée dans l’absolu. Victor a lu le roman et m’a rappelée un personnage : Sarah. Qui est Sarah ? La fille de la scène du début dont on ne parlera plus jamais alors qu’elle est assez centrale dans le roman (que je n’ai pas encore lu donc je ne vais pas en parler plus que ça). Victor m’en parle et soudain, je me souviens de cette première scène où Takeshi et cette inconnue, Sarah donc, sont en train de baiser. On n’entendra plus jamais parler d’elle. Alors pourquoi pas si c’est un parti-pris (elle a manifestement été fusionnée avec un autre personnage) mais du coup, à quoi servait cette première scène ?

Sarah dans Altered carbon

L’actrice est même pas créditée dans le casting, bon sang…

Et à l’inverse, nous avons Jane the plus trop virgin (oui, j’adore cette série). A un moment, Jane et son prétendant (je ne donnerai pas son nom pour pas spoiler même si j’avais trois ans de retard sur tout le monde) se retrouvent sous la douche dans une scène qui promet d’être torride, il y a de la vapeur, des baisers… et le narrateur qui coupe “hé ho, on n’est pas sur HBO, ici !”. Et voilà le problème. Je n’ai aucun souci avec les scènes de sexe en soit, je peux vous écrire un panégyrique sur quasi toutes les scènes de cul de Sense8 (alors que ça va bien plus loin qu’un remuage de cul sous des draps, quoi). Mais je trouve que la plupart, que ce soit dans les films, séries, ou romans, passent à côté de leur sujet. Une scène de baise, on s’en fout en soit. Que John et Annabelle aient baisé ensemble en missionnaire, amazone, levrette ou poirier indonésien n’a aucune espèce d’importance (sauf que bon, dans les séries américaines, la position est souvent symptomatique de certains clichés : couple qui s’aime en missionnaire, femme dominatrice en amazone et personnages qui ne voulaient que du cul en levrette). Ce qui compte, c’est le pourquoi et non le comment. Et ça peut être quelque chose de très beau, la concrétisation d’une tension érotique montée peu à peu au fil de l’histoire et quand John et Annabelle concrétisent enfin, vous êtes limite tout aussi excités qu’eux.

La piscine

Un pourquoi au sexe ? Il est vrai que “dans la vraie vie”, une partie de jambe en l’air n’a d’autres raison qu’une envie commune, chaque partie de sexe n’est pas fondamentale… sauf que, du cul, ces scènes là n’ont rien à faire dans une histoire à laquelle elles n’apportent rien. Vous écririez/tourneriez une scène où il ne se passe rien de remarquable ? Un héros qui se prépare un café sans penser à rien de spécifique, une héroïne qui beurre sa tartine en se demandant comment s’habiller parce que l’hiver s’en vient ? Ca n’intéresse personne dans l’absolu. Alors pourquoi on nous impose des scènes de cul finalement assez creuses ? Pour le racolage, évidemment… mais finalement, je me rends compte que le sexe, c’est un piège grossier dans lequel chaque “créateur” ou “créatrice” (je mets des guillemets pour dédramatiser le mot) a tendance à tomber parce que ça paraît un passage incontournable. J’ai souvent dit que j’avais du mal avec les scènes de cul et je pense qu’on touche là le souci : elles sont souvent mal amenées et non nécessaires, une case dans la to do de la fiction.

To do list de la fiction

Et ça soulève des tas de questions qu’on va étudier les prochaines semaines. Si j’oublie pas…

PS : Evidemment, cet article ne concerne pas toute fiction à caractère érotique totalement assumé.

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C’est trop d’amour

Petit aparté personnel parce que raconter les jolies choses, ça fait du bien. Le week-end dernier [en vrai début juin mais ma vie est beaucoup trop chargée en ce moment], Victor et moi sommes partis sous le soleil breton (c’est pas une boutade, j’ai même bronzé) pour assister au mariage de Joy et Isa… Et j’ai beau ne pas aimer les mariages, je fus fort émue.

Arzon sous le soleil

En règle générale, je m’ennuie toujours un peu, voire beaucoup, à un mariage. C’est long, on se tape des diaporamas et des jeux qui ne font que casser la conversation qu’on tentait d’entretenir avec son voisin, le temps se dilate, s’écoule lentement, poisseux, tu regardes l’heure de plus en plus régulièrement, te demandant à quelle heure il devient socialement admis de s’éclipser. Et à chaque fois que je suis invitée à un mariage, mon cerveau est partagé : heureuse pour les futurs mariés (dans le cas où je suis relativement proche des mariés, je me suis retrouvée à des mariages “amis de mon mec que j’ai vu 2 fois dans ma vie” et là, c’est la déprime totale) et le fait que je vais passer une longue soirée où je ne vais pouvoir rien faire pour tromper l’ennui. Et ce même si je suis avec mon mec.

Jolie déco de mariage

Du coup, j’étais un peu détachée. Heureuse de voir mes amies vivre ce si beau moment, heureuse de voir quelques camarades perdus de vue… Mais j’avais peur de cet ennui, du fait que j’étais dépendante de quelqu’un pour rentrer, du fait que je n’allais pas trop voir les mariées… et le fait que je savais déjà qu’il y avait au moins un powerpoint de prévu. On galérait pour savoir comment s’habiller vu que mariage en Bretagne à la ferme (j’ai choisi la stratégie de l’oignon avec plein de couches à mettre/enlever pour être parée à toutes les situations et j’avais mon joli K-way), bref… Comme souvent avant d’y être, tout te semble être une équation à triple inconnues.

Mariage 'd'amour en Bretagne

Et en vrai, tout ça, on s’en fout. Les mariages me saoulent jusqu’au moment où l’on bascule dans l’émotion. Isa, je la connais depuis 8 ans, Joy depuis 7 (depuis qu’elle est en couple avec Isa, donc). J’ai passé des week-end en Irlande avec elles, j’ai craqué mon slip et suis allée les voir au Canada, elles vivent un peu la vie que j’ai pas les couilles de tenter. C’est pas juste des copines. Isa, je l’ai connue juste après sa rupture avec son ex, j’ai vécu ses errements entre l’ex et Joy. Et là, je ne m’y attendais pas mais de les voir toutes les deux arriver en calèche dans le village, de les voir dans leurs belles robes, amoureuses l’une de l’autre comme jamais… Et bien j’étais à CA de pleurer.

Amour et mariage

Je ne suis pas trop une émotive sur ce genre de trucs vu que le mariage est ce qui m’inspire le moins au monde. Le seul truc que j’aime un peu bien dans les mariages, ce sont les photos et les trucs trash the dress mais après, bof… Trop de conventions, trop de culs pincés, trop de temps morts aussi. Il paraît qu’il faut savoir s’ennuyer dans la vie mais là, l’ennui est si poisseux qu’il en ralentit le temps. Je suis par conséquent assez ravie d’avoir des amis peu intéressés par le concept. Mais là, c’était juste le bon équilibre, entre émotion et légèreté, papotage avec des visages connus mais pas vus depuis des années, chants à tue-tête sur des vieux tubes (c’est quand même la première fois que j’entends du Francis Lalanne dans un mariage. Typiquement ce genre de chansons que j’adore chanter mais que je ne pourrais pas écouter). Des rires, pas de chichis.

Arrivée des mariées, cérémonie laïque

Et ça fait juste du bien. Ces derniers temps, ma vie a été plus marquée par le sceau du conflit que par celui de l’Amour. J’avais besoin de souffler, de savourer, d’oublier que la vie, ce n’est pas un éternel jeu de stratégie entre les N++ et toi pour survivre à cette infinie partie de ce jeu cruel et sans règles justes que l’on appelle le travail… Je vais récupérer cette phrase pour mon futur livre sur l’enfer du travail, j’aime bien cette idée de jeu. Mais je digresse. En ce samedi ensoleillé de juin, j’ai juste pris un bain d’amour et de sincérité, j’ai vu deux femmes qui s’aiment depuis un septennat, qui ont vécu ensemble à Paris, Dublin, au Canada et en Bretagne. C’est ce genre de couple qui te paraît être une évidence. C’est comme si elles étaient ensemble depuis toujours, comme si elles étaient la moitié d’une même pièce (coucou Platon !), comme si on était dans une série et qu’à la fin, ce couple devait être réuni sous peine de voir une horde de fans venir incendier les studios.

Sense8, Kala et Wolfgang

Et il faut écrire ces moments là. Les immortaliser, les consigner dans sa boîte à souvenirs. J’essaie comme ça d’avoir un petit album mental des jolis moments à se repasser en cas de coup de blues (ou si j’ai une scène de mariage à écrire un jour, on ne sait jamais).

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PS : J’ai écrit cet article en 2 temps et j’ai bien remarqué que je me répétais mais on va laisser ça comme ça. Je profite de ce PS pour « faire un point » sur l’histoire de la fin des vingtenaires : c’est toujours prévu, j’ai juste pas le temps de m’en occuper, je le ferai sans doute début juillet pendant mon intercontrat.

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La fille des magazines est philosophe dans l’âme

Par PinkLady

Hé saluuuuuuuuuuuut le blog ! Comment ça va ? Bien ou bien ? Moi, je vais un petit peu moyen et c’est de ma faute : pour vous, lecteurs, j’ai repris la lecture de magazines féminins et j’ai beaucoup souffert, vous savez… J’avais oublié quoi ! Toute cette fureur, tous ces articles qui m’expliquent la vie, toute cette pression de la minceur bronzée tout en m’expliquant que allez, c’est pas grave si je rentre pas dans un 38 mais que bon, si je pouvais faire des abdos et du vélo elliptique, je serais bien mignonne. Gniiiiii. Avant de vous décortiquer quelques articles, petite considération générale : la fille des magazines est philosophe.

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Prenons un magazine féminin, celui que vous voulez. Survolez tranquillement la Une, ne faites pas attention à la silhouette disloquée de la fille en couverture trop photoshopée. Que voyez-vous ? Des gros titres colorés dont la plupart sont… des questions. La presse féminine questionne tout. Tout et n’importe quoi. Est-ce que j’ose la tendance sweat imprimés ? (j’avais pas besoin de lire pour savoir que non, jamais de la vie) Et si on arrêtait les régimes ? La crème anti gros cul, réalité ou arnaque ? Faut-il retourner voir son ex ? Comment pimenter son couple ? Est-ce qu’il sait quand je simule ? (j’invente pas pour la dernière!). Tant de questions ! Car oui, la fille des magazines s’interroge suer tout. Et du coup, vous aussi. D’ailleurs, plutôt que de demander s’ils sentent si je simule, moi, je me demande plutôt s’ils sentent que je jouis. J’espère avoir un dossier sur la question dans les prochains mois.

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On n’imagine pas à quel point la fille des magazines est en proie au doute perpétuel. Pour tout, tout le temps. La fille des magazines, elle se lève et déjà, elle se demande « dois-je embrasser doudou avec ma douce haleine fétide du matin? » voire pire si le dit doudou est en forme :faut-il copuler avec son haleine chargée, sa coiffure inédite et son absence de maquillage ? Ou maquillage dégoulinant pour celles qui ont découché sans prévoir le matos. D’ailleurs, nouvelle question : comment se démaquiller lors d’une nuit de découchage ? On zappe ou on s’éclipse discrètement dans la salle de bain passer sa petite lingette histoire de faire respirer la peau ? Retournons à notre galipette du matin : oui ou non ? Non parce qu’on n’est pas à notre optimum. Oui parce que quand on baise, on ressemble rarement à une pub Calvin Klein. Non parce qu’on n’a pas le temps et que les préliminaires vont être bâclés. Oui parce que dépenser des calories avant le petit déj, ça va puiser direct dansle gras, c’est meilleur… Evidemment, vu la foultitude de questions posées, ce sera non car notre fille des magazines est déjà en retard.

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En route vers le dressing. Même s’il s’agit d’un placard tout pourri, on dit dressing, point. Donc là, c’est le drame absolu : rayure ou pois ? Jupe longue ou courte en fonction de ma morphologie ? Sweat ou pull ? Ugg ou bottes ? Mettre une jupe courte alors que j’ai pas le genou fin (oui, maintenant, on nous explique comment mincir des genoux) ? Le questionnement est sans fin et guère utile : le temps que notre fille des magazines se décide, la mode aura changé trois fois. Puis vu le temps qu’il fait, te bile pas : sous ta doudoune, on sait pas comment t’es fringuée. A quoi que non, la doudoune, c’est out, pardon…

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Direction la salle de bain, là, je vous parle même pas de la pile incroyable de dilemmes entre le maquillage, les produits de soin, etc. Y a aussi une mode en matière de lipstick. C’est quoi la tendance, corail ou rouge intense déjà ? Un peu de bronze sur mes paupières ou j’y vais à fond dans le color block ? Et ma manucure, stylée ou nature ? French ou caviar ? Gniaaaaaaa ! Pshhhhhh, quelques neurones en moins pour une surchauffe du moteur.

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Allons au travail. Là, ouf, la fille des magazines se pose moins de questions hormis qui couche avec qui et s’interroge sur le bien fondé d’une relation au travail. Elle parle un peu avec Martine à la machine à café mais pas trop car il faut toujours se méfier : peut-on réellement faire confiance à ses collègues ? Au fond, la seule vraie question de la fille des magazines à propos de son travail (outre les histoires de fesses), c’est comment demander une augmentation. Elle en veut une tous les trois mois mais ne sait jamais comment la demander. Oui, faut y aller entre douceur et fermeté. Trop doux, tu l’auras pas, trop ferme non plus et t’auras agacé ton chef en prime. Mal joué.

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Vient l’heure du déjeuner, moment honni par toutes les filles du magazine car on n’a pas encore résolu l’énigme qui bouleverse l’humanité depuis que l’homme est homme : comment bien déjeuner sans grossir. Evidemment, la salade verte semble toute indiquée mais entre les déjeuners professionnels et la cantine, pas si facile et manger sa salade maison devant son écran fait asociale. Puis bon, manger en travaillant, c’est mal pour la digestion, la salade pourrait nous rester en travers. Sans compter le fait qu’une salade à midi, c’est bien mais à 16h, vous êtes au bord de l’inanition. Que faire, que faire ?

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Fin de journée, l’heure du sport. Là aussi, la vie est pleine de dilemme. Ah oui, faut faire du sport, obligé. Les magazines ont bien compris que le jogging en bord de Seine, ça nous ennuyait un peu alors tous les mois, on a droit à un sport musclant et sexy de type danse du ventre, yoga bikram, natation synchronisée (pour de vrai), toutes les danses du monde, aquabiking… Souvent des sports qui coûtent un bras mais pour votre régime, c’est top : vous n’aurez pas les moyens d’acheter du gras qui coûte cher, vous aurez les moyens pour un bol de riz par jour. Youhou !

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Le soir, ah le soir. C’est encore pire que le midi ! Parce que le soir, on picole, on se fait des apéros et les apéros, ça fait grossir. Que faire, se demande notre philosophe. On a bien sûr toute une batterie de solutions (bois un grand verre d’eau, mange une pomme avant d’y aller…). Mais surtout le soir, on voit les hommes, source infinie d’interrogation pour notre fille des magazines qui est donc forcément hétérosexuelle. Parce que les hommes, on nous explique qu’ils viennent de Mars. Au vu de l’incompréhension de ces petits êtres, je voterais plus pour Uranus… Non pour les traiter subtilement de trou du cul mais parce que Mars me paraît bien trop près. Elle s’en pose des questions la fille des magazines sur ce garçon, qu’est-ce qu’il pense, qu’est-ce qu’il veut ? Pourquoi il veut coucher avec nous ? Pourquoi il ne veut pas ? Pourquoi il ne hisse pas le pavillon sur commande ? Pourquoi il bande tout le temps alors que là, j’ai pas envie ? Pourquoi il dit je t’aime pendant le sexe et pas après ? Pourquoi il veut pas rester dormir ? Pourquoi il prend tous les draps ? Pourquoi il appelle sa mère ? Et pourquoi il l’appelle pas ? Pourquoi, pourquoi, POURQUOIIIIIIIIIIII ? Oui, la philosophe des magazines vire un peu hystéro à force de se poser tant de questions.

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Moi, j’en ai une de question : pourquoi tant d’errances ? Pourquoi tant d’interrogations ? Je veux dire si tu as besoin d’un magazine pour mener ta vie sur des choses aussi bassement pratiques que ta façon de t’habiller ou pourquoi ton mec dit je t’aime pendant le sexe (t’as qu’à lui demander), c’est peut-être et surtout que tu manques cruellement de confiance en toi. Et un magazine n’est pas un jeu de tarot qui va t’apporter toutes les réponses sur un plateau…Mais ainsi va la femme des magazines.

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Rentrée des classes

(version audio en fin d’article, soyez indulgent, suis un poil claquée)Un premier jour de boulot, c’est un peu comme une rentrée des classes dans un bahut qu’on connaît pas. Tous vos futurs camarades sont déjà potes et vous avez un peu l’impression d’être la bête curieuse de service.

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La veille, vous avez tout préparé.Comment je m’habille? Chic, faut se faire bien voir dès le départ mais pas trop quand même, on va pas au mariage de Pierre-Cécil et Marie-Hortense. Je prépare mon sac la veille, faudrait voir à rien oublier. Bon, ok, ici, il me fallait juste un stylo, mon cahier qui me suit partout de toute façon, mon agenda qui me suit partout pareil aussi. Maquillage léger, vu que je pars pas bosser au bois de Boulogne. C’est fou comme le premier matin, on se lève facilement, la tête débordant de curiosité. Donc, à l’heure dite,je suis sortie de mon lit, je câline Kenya, je m’étale mon huile Nuxe et ma crème anticellulite avec le roll on, là.

Hop,je pars, le train, tougoudou, tougoudou puis le métro (bondé, même pas je m’assois), lisant avec passion Matin + (enfin, avec passion, vous avez compris…). Entre l’agence et le métro, y a une boulangerie donc je m’achète un croissant. Hop, on m’avait dit d’arriver entre 9h et 9h30, me voici là à 9h15. Ah ben je suis un peu la seule… Non, y a la secrétaire aussi. Je m’assois dans le canapé et lit, des garçons arrivent. Des garçons, des garçons, des garçons. Ah une fille ! Comme y a plus de café, un des gars va chercher un café dans le troquet voisin et un des mecs très gentil veut me filer le sien mais je refuse : moi, je suis en « light » aujourd’hui, je découvre, il en a plus besoin que moi. Enfin, Claude, mon boss, débarque et tout le monde découvre que, non, je suis pas une candidate pour le poste puisqu’il vient d’être pourvu et c’est moi qui l’ai eu (nananère !). Bon, on me présente plein de gens (essaie de retenir les prénoms, essaie de retenir les prénoms !), la fille est la demoiselle que je remplace donc on bosse ensemble toute la journée, à deux sur un bureau, on s’éclate. Elle m’explique que je serai la seule fille. Enfin, non, y a la boss aussi mais elle bosse essentiellement à Prague où on a une filiale. Et évidemment, sur deux filles restantes, nous avons deux Nina, ce serait pas drôle sinon.

Une partie de mon taff consiste à chatter avec les ados de notre plateforme donc je commence à faire connaissance avec eux mais je dois pas dire que je suis une nouvelle personne, je dois prendre la relève sans que ça se voit donc des fois, ils me posent des questions auxquelles je sais pas répondre genre : « et tu te souviens ? » et là, tu réponds : huhu^^ ou l’atroce lol, les mdr ou ptdr, tous ces sigles que je n’utilise jamais. Je repars le 1er soir à 19h, je suis déjà dans le bain. La demoiselle que je remplace me lâche quelques trucs, je prends vite mes marques. Je suis encore en phase d’observation de mes collègues donc j’écoute plus que je ne parle, même si je me marre bien avec demoiselle que je remplace et Claude.

Au bout de deux jours, je suis contente, j’ai pas mal de trucs à faire déjà. Oui, là, je suis pas en stage, je suis payée pour faire mes trucs donc il s’agit pas de faire n’importe quoi. Le 2e jour, j’arrive à 9h20-9h30. Là, l’agence est carrément fermée et j’ai pas les clés ! Du coup, je découvre le café voisin, là où on va boire ou chercher un kawa et où les garçons jouent aux fléchettes. Tout le monde roule en scooter aussi, va falloir que je m’habitue.

Bref, bilan au bout d’une poignée de jours : vivement que je récupère un ordi décent, le mien (portable) a un clavier en cours de décès, un port USB qui marche plus donc on m’a filé un clavier Qwerty mais finalement, j’ai piqué l’azerty de Guillaume mais il l’a repris alors Romain m’a prêté le sien. Oui, là, je vais m’amuser à trouver des pseudos pour tout le monde ! Sinon, j’ai compris que cette agence n’était pas un nid de lève-tôt, je comprends qu’ils m’aient embauchée! Quoi qu’il en soit, j’ai encore des choses à découvrir mais globalement, je trouve le taff vraiment sympa, je commence déjà à bien aimer mes petits ados, c’est comme si j’avais plein de petits frères et sœurs mais je vous en parlerai plus tard de mes petits.

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