La fille des magazines est philosophe dans l’âme

Par PinkLady

Hé saluuuuuuuuuuuut le blog ! Comment ça va ? Bien ou bien ? Moi, je vais un petit peu moyen et c’est de ma faute : pour vous, lecteurs, j’ai repris la lecture de magazines féminins et j’ai beaucoup souffert, vous savez… J’avais oublié quoi ! Toute cette fureur, tous ces articles qui m’expliquent la vie, toute cette pression de la minceur bronzée tout en m’expliquant que allez, c’est pas grave si je rentre pas dans un 38 mais que bon, si je pouvais faire des abdos et du vélo elliptique, je serais bien mignonne. Gniiiiii. Avant de vous décortiquer quelques articles, petite considération générale : la fille des magazines est philosophe.

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Prenons un magazine féminin, celui que vous voulez. Survolez tranquillement la Une, ne faites pas attention à la silhouette disloquée de la fille en couverture trop photoshopée. Que voyez-vous ? Des gros titres colorés dont la plupart sont… des questions. La presse féminine questionne tout. Tout et n’importe quoi. Est-ce que j’ose la tendance sweat imprimés ? (j’avais pas besoin de lire pour savoir que non, jamais de la vie) Et si on arrêtait les régimes ? La crème anti gros cul, réalité ou arnaque ? Faut-il retourner voir son ex ? Comment pimenter son couple ? Est-ce qu’il sait quand je simule ? (j’invente pas pour la dernière!). Tant de questions ! Car oui, la fille des magazines s’interroge suer tout. Et du coup, vous aussi. D’ailleurs, plutôt que de demander s’ils sentent si je simule, moi, je me demande plutôt s’ils sentent que je jouis. J’espère avoir un dossier sur la question dans les prochains mois.

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On n’imagine pas à quel point la fille des magazines est en proie au doute perpétuel. Pour tout, tout le temps. La fille des magazines, elle se lève et déjà, elle se demande « dois-je embrasser doudou avec ma douce haleine fétide du matin? » voire pire si le dit doudou est en forme :faut-il copuler avec son haleine chargée, sa coiffure inédite et son absence de maquillage ? Ou maquillage dégoulinant pour celles qui ont découché sans prévoir le matos. D’ailleurs, nouvelle question : comment se démaquiller lors d’une nuit de découchage ? On zappe ou on s’éclipse discrètement dans la salle de bain passer sa petite lingette histoire de faire respirer la peau ? Retournons à notre galipette du matin : oui ou non ? Non parce qu’on n’est pas à notre optimum. Oui parce que quand on baise, on ressemble rarement à une pub Calvin Klein. Non parce qu’on n’a pas le temps et que les préliminaires vont être bâclés. Oui parce que dépenser des calories avant le petit déj, ça va puiser direct dansle gras, c’est meilleur… Evidemment, vu la foultitude de questions posées, ce sera non car notre fille des magazines est déjà en retard.

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En route vers le dressing. Même s’il s’agit d’un placard tout pourri, on dit dressing, point. Donc là, c’est le drame absolu : rayure ou pois ? Jupe longue ou courte en fonction de ma morphologie ? Sweat ou pull ? Ugg ou bottes ? Mettre une jupe courte alors que j’ai pas le genou fin (oui, maintenant, on nous explique comment mincir des genoux) ? Le questionnement est sans fin et guère utile : le temps que notre fille des magazines se décide, la mode aura changé trois fois. Puis vu le temps qu’il fait, te bile pas : sous ta doudoune, on sait pas comment t’es fringuée. A quoi que non, la doudoune, c’est out, pardon…

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Direction la salle de bain, là, je vous parle même pas de la pile incroyable de dilemmes entre le maquillage, les produits de soin, etc. Y a aussi une mode en matière de lipstick. C’est quoi la tendance, corail ou rouge intense déjà ? Un peu de bronze sur mes paupières ou j’y vais à fond dans le color block ? Et ma manucure, stylée ou nature ? French ou caviar ? Gniaaaaaaa ! Pshhhhhh, quelques neurones en moins pour une surchauffe du moteur.

caviar rose

Allons au travail. Là, ouf, la fille des magazines se pose moins de questions hormis qui couche avec qui et s’interroge sur le bien fondé d’une relation au travail. Elle parle un peu avec Martine à la machine à café mais pas trop car il faut toujours se méfier : peut-on réellement faire confiance à ses collègues ? Au fond, la seule vraie question de la fille des magazines à propos de son travail (outre les histoires de fesses), c’est comment demander une augmentation. Elle en veut une tous les trois mois mais ne sait jamais comment la demander. Oui, faut y aller entre douceur et fermeté. Trop doux, tu l’auras pas, trop ferme non plus et t’auras agacé ton chef en prime. Mal joué.

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Vient l’heure du déjeuner, moment honni par toutes les filles du magazine car on n’a pas encore résolu l’énigme qui bouleverse l’humanité depuis que l’homme est homme : comment bien déjeuner sans grossir. Evidemment, la salade verte semble toute indiquée mais entre les déjeuners professionnels et la cantine, pas si facile et manger sa salade maison devant son écran fait asociale. Puis bon, manger en travaillant, c’est mal pour la digestion, la salade pourrait nous rester en travers. Sans compter le fait qu’une salade à midi, c’est bien mais à 16h, vous êtes au bord de l’inanition. Que faire, que faire ?

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Fin de journée, l’heure du sport. Là aussi, la vie est pleine de dilemme. Ah oui, faut faire du sport, obligé. Les magazines ont bien compris que le jogging en bord de Seine, ça nous ennuyait un peu alors tous les mois, on a droit à un sport musclant et sexy de type danse du ventre, yoga bikram, natation synchronisée (pour de vrai), toutes les danses du monde, aquabiking… Souvent des sports qui coûtent un bras mais pour votre régime, c’est top : vous n’aurez pas les moyens d’acheter du gras qui coûte cher, vous aurez les moyens pour un bol de riz par jour. Youhou !

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Le soir, ah le soir. C’est encore pire que le midi ! Parce que le soir, on picole, on se fait des apéros et les apéros, ça fait grossir. Que faire, se demande notre philosophe. On a bien sûr toute une batterie de solutions (bois un grand verre d’eau, mange une pomme avant d’y aller…). Mais surtout le soir, on voit les hommes, source infinie d’interrogation pour notre fille des magazines qui est donc forcément hétérosexuelle. Parce que les hommes, on nous explique qu’ils viennent de Mars. Au vu de l’incompréhension de ces petits êtres, je voterais plus pour Uranus… Non pour les traiter subtilement de trou du cul mais parce que Mars me paraît bien trop près. Elle s’en pose des questions la fille des magazines sur ce garçon, qu’est-ce qu’il pense, qu’est-ce qu’il veut ? Pourquoi il veut coucher avec nous ? Pourquoi il ne veut pas ? Pourquoi il ne hisse pas le pavillon sur commande ? Pourquoi il bande tout le temps alors que là, j’ai pas envie ? Pourquoi il dit je t’aime pendant le sexe et pas après ? Pourquoi il veut pas rester dormir ? Pourquoi il prend tous les draps ? Pourquoi il appelle sa mère ? Et pourquoi il l’appelle pas ? Pourquoi, pourquoi, POURQUOIIIIIIIIIIII ? Oui, la philosophe des magazines vire un peu hystéro à force de se poser tant de questions.

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Moi, j’en ai une de question : pourquoi tant d’errances ? Pourquoi tant d’interrogations ? Je veux dire si tu as besoin d’un magazine pour mener ta vie sur des choses aussi bassement pratiques que ta façon de t’habiller ou pourquoi ton mec dit je t’aime pendant le sexe (t’as qu’à lui demander), c’est peut-être et surtout que tu manques cruellement de confiance en toi. Et un magazine n’est pas un jeu de tarot qui va t’apporter toutes les réponses sur un plateau…Mais ainsi va la femme des magazines.

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Rentrée des classes

(version audio en fin d’article, soyez indulgent, suis un poil claquée)Un premier jour de boulot, c’est un peu comme une rentrée des classes dans un bahut qu’on connaît pas. Tous vos futurs camarades sont déjà potes et vous avez un peu l’impression d’être la bête curieuse de service.

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La veille, vous avez tout préparé.Comment je m’habille? Chic, faut se faire bien voir dès le départ mais pas trop quand même, on va pas au mariage de Pierre-Cécil et Marie-Hortense. Je prépare mon sac la veille, faudrait voir à rien oublier. Bon, ok, ici, il me fallait juste un stylo, mon cahier qui me suit partout de toute façon, mon agenda qui me suit partout pareil aussi. Maquillage léger, vu que je pars pas bosser au bois de Boulogne. C’est fou comme le premier matin, on se lève facilement, la tête débordant de curiosité. Donc, à l’heure dite,je suis sortie de mon lit, je câline Kenya, je m’étale mon huile Nuxe et ma crème anticellulite avec le roll on, là.

Hop,je pars, le train, tougoudou, tougoudou puis le métro (bondé, même pas je m’assois), lisant avec passion Matin + (enfin, avec passion, vous avez compris…). Entre l’agence et le métro, y a une boulangerie donc je m’achète un croissant. Hop, on m’avait dit d’arriver entre 9h et 9h30, me voici là à 9h15. Ah ben je suis un peu la seule… Non, y a la secrétaire aussi. Je m’assois dans le canapé et lit, des garçons arrivent. Des garçons, des garçons, des garçons. Ah une fille ! Comme y a plus de café, un des gars va chercher un café dans le troquet voisin et un des mecs très gentil veut me filer le sien mais je refuse : moi, je suis en « light » aujourd’hui, je découvre, il en a plus besoin que moi. Enfin, Claude, mon boss, débarque et tout le monde découvre que, non, je suis pas une candidate pour le poste puisqu’il vient d’être pourvu et c’est moi qui l’ai eu (nananère !). Bon, on me présente plein de gens (essaie de retenir les prénoms, essaie de retenir les prénoms !), la fille est la demoiselle que je remplace donc on bosse ensemble toute la journée, à deux sur un bureau, on s’éclate. Elle m’explique que je serai la seule fille. Enfin, non, y a la boss aussi mais elle bosse essentiellement à Prague où on a une filiale. Et évidemment, sur deux filles restantes, nous avons deux Nina, ce serait pas drôle sinon.

Une partie de mon taff consiste à chatter avec les ados de notre plateforme donc je commence à faire connaissance avec eux mais je dois pas dire que je suis une nouvelle personne, je dois prendre la relève sans que ça se voit donc des fois, ils me posent des questions auxquelles je sais pas répondre genre : « et tu te souviens ? » et là, tu réponds : huhu^^ ou l’atroce lol, les mdr ou ptdr, tous ces sigles que je n’utilise jamais. Je repars le 1er soir à 19h, je suis déjà dans le bain. La demoiselle que je remplace me lâche quelques trucs, je prends vite mes marques. Je suis encore en phase d’observation de mes collègues donc j’écoute plus que je ne parle, même si je me marre bien avec demoiselle que je remplace et Claude.

Au bout de deux jours, je suis contente, j’ai pas mal de trucs à faire déjà. Oui, là, je suis pas en stage, je suis payée pour faire mes trucs donc il s’agit pas de faire n’importe quoi. Le 2e jour, j’arrive à 9h20-9h30. Là, l’agence est carrément fermée et j’ai pas les clés ! Du coup, je découvre le café voisin, là où on va boire ou chercher un kawa et où les garçons jouent aux fléchettes. Tout le monde roule en scooter aussi, va falloir que je m’habitue.

Bref, bilan au bout d’une poignée de jours : vivement que je récupère un ordi décent, le mien (portable) a un clavier en cours de décès, un port USB qui marche plus donc on m’a filé un clavier Qwerty mais finalement, j’ai piqué l’azerty de Guillaume mais il l’a repris alors Romain m’a prêté le sien. Oui, là, je vais m’amuser à trouver des pseudos pour tout le monde ! Sinon, j’ai compris que cette agence n’était pas un nid de lève-tôt, je comprends qu’ils m’aient embauchée! Quoi qu’il en soit, j’ai encore des choses à découvrir mais globalement, je trouve le taff vraiment sympa, je commence déjà à bien aimer mes petits ados, c’est comme si j’avais plein de petits frères et sœurs mais je vous en parlerai plus tard de mes petits.

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