Old boy de Park Chan-Wook : sors de ta zone de confort

Petite pause dans les dystopies car il faut savoir varier les plaisirs et j’ai très envie de vous parler d’un film… ou plutôt de ce que ce film représentera désormais pour moi. Il s’agit de Old Boy de Park Chan-Wook, film que je voulais moyennement voir parce que “oh les films violents, j’aime pas” et que j’avais tort parce que c’était bien cool.

Old Boy de Park Chan-Wook

Lundi 14 août, je profite avec joie de ma journée de RTT imposée dans ma famille avec tous les gens que j’aime : mes parents, la tribu de ma soeur dont les quand même remuants Saturnin et Pivoine (cette enfant nage à 23 mois…), on a fait un repas de famille la veille avec tout le monde heureux… bref, je pataugeais dans une piscine d’allégresse. Nous avions prévu avec Victor d’aller faire un tour dans le Quercy parce que c’est putain de beau, ma région, mais une grosse flemme nous a pris et nous sommes donc restés à végéter devant Netflix. Un film ? me propose-t-il. Je le laisse choisir et me voilà face à Old boy de Park Chan-Wook. Je suis entre mou et intérêt : oui, on avait dit qu’on devrait se mater plus de films coréens et à part Dernier train pour Busan,on n’a pas tenu notre résolution. Mais les films de gens qui se battent et se tuent, ça m’ennuie. Ouais, je ne connaissais pas du tout l’histoire, j’avoue.

Old Boy, une histoire de vengeance

Donc l’histoire, justement. Oh Dae-Tsu est un gros loser alcoolique qui disparaît un soir de pluie, enlevé par on ne sait qui. Pendant 15 ans, il va rester captif, perdant peu à peu la raison, tapant contre des murs pour s’entraîner et cherchant par tous les moyens à s’échapper. Un matin, il est relâché par son mystérieux ravisseur. N’ayant plus rien à perdre puisque son bourreau a tué sa femme et que sa fille est partie vivre à l’étranger, il va arpenter la ville pour retrouver qui lui a fait subir ça et se venger. Il sera aidé dans sa quête par Mi-Do, une cuisinière qui le recueille dès sa sortie, qui pleure beaucoup et qui a une tête de poussin perdu (ce qui lui vaut immédiatement toute mon affection) et son ami d’enfance Joo-hwan.

Old Boy - Oh-Dae-Tsu et Mi-Do

Donc un thriller assez classique sur le papier à base d’enquête, de vengeance et de gens qui prennent cher, partie qui, en général, me blase complet car j’ai parfois du mal à y voir autre chose que de la violence gratuite, mais là, c’est pas le cas car tout fait sens. La moindre scène un peu hard a une justification dans le climax final. Comme l’histoire est tirée d’un manga, il y a quelques scènes assez stylées qui semblent copiées-collées de cases manga, notamment la toute première ou encore la première scène de bagarre, le plan avec les parapluies au tout début. Et j’aime cette esthétique. Le seul truc que je reprocherais au film, c’est une astuce scénaristique qui nous met sur une fausse voie alors qu’avec Victor, on avait deviné direct une des grosses révélations du film mais à la limite, c’est pas si grave.

Old Boy

Donc oui, j’ai aimé le film, vraiment, et j’étais contente de l’avoir vue et c’est là que je tombe sur le sujet que je voulais aborder dès le départ : il faut savoir sortir de sa zone de confort, culturellement parlant. Je suis pas une grande cinéphile parce que j’ai pas envie de voir 9 films sur 10 qui sortent. Parce que le synopsis est moisi, parce que j’aime pas tel style ou tel style, j’aime pas tel acteur, que c’est déjà vu 100 fois, gna gna gna. Et je pense que pour certains films, c’est pas si mal de passer son tour, je vous parlerai à l’occase de tout le mal que je pense du hate watching. Mais parfois, faut savoir un peu dépasser ses à priori, surtout quand la critique est unanime. Donc Old Boy, c’est oui et on va reprendre cette bonne résolution de découvrir le cinéma étranger (hors américain) pour découvrir de nouveaux modes de narration, de pensées… et de vie, aussi.

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Le cinéma est mort et ce sont les blockbusters qui l’ont tué

Bonjour, je suis Nina Bartoldi, je ne suis pas cinéphile du tout mais j’ai décidé de vous asséner mon avis sur la question. Donc avant de vous expliquer pourquoi, selon moi, les blockbusters font beaucoup de mal au cinéma, je dispose ici même une caissette virtuelle de tomates pourries que vous pourrez me jeter allègrement au visage si, à la fin de ma démonstration, vous considérez que je n’ai rien compris.

Certified fresh rotten tomatoes

Je ne sais plus à partir de quand exactement le cinéma et moi, on a commencé à prendre nos distances. Plus jeune, j’y allais assez régulièrement : pour sortir entre copines ou à la fin de ma relation avec Guillaume pour nous occuper et nous éviter d’avoir la conversation qui fâche puis en plus, on connaissait la caissière qui nous laissait passer sans payer. Oui, à l’époque, on ne virait pas les gens pour un déficit de 85 centimes. Et puis j’ai commencé à déserter les salles : parce que c’est cher, parce que je m’endors, parce que j’ai pas envie d’aller mater la plupart des films qui me sont proposés. Du coup, parfois, je télécharge un film qui me tente moyen mais qui va me permettre de m’occuper deux heures et… mais… qu’entends-je ? La voix tonitruante des studios qui me pointent du doigt : “tu télécharges, vilaine ! C’est toi qui nous tues !”. Mmm, vraiment ? Voyons ça.

Studios universal visite

D’abord, il y a l’arnaque de la 3D. Vous savez, ce truc qui vous salope un film sans rien y apporter : ça assombrit l’image, ça fait mal aux nez pour les déjà binoclards qui se retrouvent avec deux paires sur le nez, ça vous rajoute en moyenne 2 € et en plus, ça rend l’action plus confuse 9 fois sur 10 et ça me fait sortir du film. Bref, je déteste la 3D surtout que ça souligne un peu trop avec la subtilité d’une vache américaine dopée aux hormones le fait que l’industrie du cinéma nous prend… ben pour des vaches à lait, justement.

vache-a-lait-2

Mais encore, ça,c ‘est pas le pire. Revenons au dernier film que j’ai vu au cinéma, à savoir Batman vs Superman qui est, de l’avis général, un film assez moyen, voire un peu médiocre. Effectivement, malgré la présence d’Henry Cavill (qui ne sert à rien), d’un Batman convaincant alors qu’on avait très peur aka Ben Affleck et de la woh sexy Wonder Woman… ben rien n’a vraiment de sens. Sans parler du twist moisi basé sur un prénom, rien n’est vraiment prenant, on s’en fout un peu de ce qui arrive aux personnages. Même quand t’en as un qui meurt, t’es un peu en mode “ouais, ok… oh, j’ai plus de pop corn dis donc” (en vrai, je ne mange pas au cinéma parce que 10 fois trop cher). Bref un film complètement oubliable sauf que… “mais en fait, la version longue dispo en DVD est vachement mieux, tu comprends plus de trucs et tout”. Heu hein ? Tu veux dire que j’ai payé 10 € pour voir un film nul mais que si j’en paie 20 € de plus, j’aurai une version cool ? Puis cette semaine est sorti Suicide Squad, un film qui s’est fait descendre dans toutes les critiques que j’ai pu voir ou lire, jamais vu une telle unanimité… Bon, j’avoue que j’avais moyen la hype sur ce film, je sentais moyen la Harley Quinn qui avait l’air d’en faire des caisses (ok, son personnage aussi mais je sais pas, je le sentais pas), Will Smith me fait plutôt fuir et Jared Leto en Joker… Je ne saurais dire pourquoi mais dès le départ, j’ai rangé mon billet de 10 € : je n’irai pas voir ça. Le film sort, déluge de critiques assassines et là, attention “non mais en fait, on voit quasi pas le Joker dans le film parce que toutes ses scènes seront dans le DVD, ahah!” Ah ben dire ça après la sortie du film, c’est bien la preuve qu’on nous prend pour des cons. Surtout que la promo du film était basée essentiellement sur le Joker (quasi absent) et Harley Quinn alors que finalement, on ne voit que Will Smith à l’écran… Tout ça pour ça.

Suicide Squad l'équipe des méchants, blockbusters DC Comic

Et c’est là où je veux en venir : on a depuis quelques années des blockbusters “à univers”. Je trouve ça intéressant en soi surtout dans des exploitations d’univers complexes comme les super héros. Et comme j’adore l’univers Batman, forcément, ça me donne envie, à priori, d’adhérer au projet. Sauf que le projet coûte vite cher. Prenons l’univers Marvel (celui qui me séduit tellement que j’ai pas réussi à voir un seul Avenger en entier sans m’endormir) : 3 Iron Man, un Hulk, 2 Thor, 3 Captain America, 2 Avengers, 1 gardien de la galaxie, un Ant-Man et à venir : un Doctor Strange, 1 autre Gardien de la Galaxie, 2 autres Avengers, un autre Ant-Man, un Black Panther, un Spiderman un autre Thor et un Captain Marvel. Soit de 2008 à 2019, 22 films. Soit 220 € dépensés en 11 ans juste pour aller au cinéma. Et voyons combien me coûterait un DVD d’une série genre Daredevil : 24,99. Donc pour un prix annuel quasi équivalent, je passe soit 4 à 5h au ciné soit je me mate 26 heures de série télé… Niveau rapport qualité/prix, y a un joli fossé…

J'ai pas du tout vu Daredevil

J’ai pas du tout vu Daredevil

Alors oui, le coût d’un film n’est pas forcément comparable à celui d’une série mais là encore, a-t-on autant besoin d’effets spéciaux ? J’ai déjà parlé de la 3D mais même au-delà de ça, est-ce qu’on n’est pas en train d’aller trop loin ? Les films se tournent de plus en plus sur fond vert, on nous en fout plein la vue pour masquer les trous du scénario mais… qui est encore dupe ? Ces blockbusters sont donc censés nous raconter une histoire en 2h mais échouent et il faut acheter en prime le DVD pour réellement comprendre l’histoire. Sauf que si je reprends Batman vs Superman, le film ne m’a pas vraiment passionnée, je l’ai même trouvé long donc je ne suis pas forcément motivée à l’idée d’en reprendre une lichette.

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Les blockbusters tuent-ils le cinéma ? Oui et non. Oui parce que j’en viens à me demander pourquoi j’irais dépenser de l’argent pour un film qui ne peut pas me raconter une histoire à lui tout seul et je pense n’être pas la seule. Non parce que les cartes cinéma illimité permettront toujours à ces films d’avoir des spectateurs qui doivent être réguliers dans leur visionnage pour ne pas perdre d’argent… Tiens, faudra que j’en parle de ça, aussi. En attendant, si y en a bien un qui agonise, c’est le bon cinéma, celui qui relève le défi de faire tenir son propos dans le temps imparti sans nous obliger à revenir 3 fois pour avoir l’histoire en entier.

 

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Le cas Wes Anderson

Je ne suis pas cinéphile mais je me soigne ! J’ai souvent dit que j’avais un souci avec le cinéma : trop passif (contrairement à la lecture qui est une activité en soi ou la télé que je regardais toujours en faisant autre chose) d’où assoupissement régulier, scénarii cousus de fil blanc (défaut commun à la littérature romantique), acteurs que tu n’aimes pas toujours… Mais j’essaie de me soigner et grâce à des Youtubeurs formidables comme le Fossoyeur de films ou mon idole Karim Debbache (ce mec est un GÉNIE de l’écriture. En majuscule, oui)(je mets le lien vers sa chaîne Youtube et celle sur Dailymotion car sur cette dernière, y a Chroma et c’est génial), ma curiosité est titillée. Alors avec Victor, on s’est lancés dans un cycle Wes Anderson.

Wes_Andersson

Sur la théorie, Wes Anderson, c’est déjà un univers visuel fort avec des couleurs saturées,  ses travellings et ralentis. Ce sont aussi des ambiances surannées, des personnages évoluant dans des époques révolues, une esthétique rétro irrésistible. Et puis y a la famille, au sens propre comme au sens figuré, des pères absents ou peu impliqués, souvent. Des originaux aux vies ordinaires qui vivent des épopées extraordinaires, des moments drôles, d’autres touchants. Et Bill Murray. Des gens en parlent mieux que moi et s’y connaissent mieux que moi donc allez lire leur prose.

Wes anderson

Et mon avis alors ? J’adore. En top 3 : la vie aquatique (forcément pour une plongeuse), Mister Fox et the grand Budapest hôtel. Après, je ne suis pas sûre mais la famille Tenenbaum est limite celui qui m’a le moins convaincue même si, miracle, il n’a fait dire du bien de Gwyneth Paltrow que je trouve généralement fade et sans intérêt. Donc ça donne une idée du niveau du film que j’ai le moins aimé. Chaque visionnage nous a mis d’excellente humeur, un vrai délice et un tel sans faute, bordel, c’est suffisamment rare pour être célébré. J’aime les décors, pour commencer, les personnages qui se parlent en mouvement, se poursuivent parfois, souvent dans les escaliers, beaucoup d’escaliers…

Le bateau de la vie aquatique de Wes Anderson

Là, par exemple, c’est le décor de la vie aquatique, notez les différents niveaux et les escaliers

Mais surtout, ce que j’aime, ce sont les personnages frappadingues, originaux et foncièrement drôles. Dans les films, un truc que je déteste, ce sont les personnages qui agissent en dépit du bon sens. Genre si on prend le Dernier Pub avant la fin du monde (j’ai vraiment pas aimé ce film même si le twist de milieu de film m’a scotchée), le héros est complètement antipathique, ses ex amis n’ont aucune, et je dis bien aucune, raison de le suivre dans son délire et pourtant, ils le font. Dès ce moment là, je décroche, j’ai juste envie de lâcher un “bande de cons” et d’éteindre l’ordinateur pour passer à autre chose. Dans les Wes Anderson, les personnages n’ont pas toujours un comportement cohérent (pléonasme) mais leur grain de folie, finement distillé au début du récit, nous fait accepter ses décisions, même les plus connes.

A bord du Darjeeling Limited - Wes Anderson

Regarder un film de Wes Anderson, c’est rire. Attention, n’allez pas imaginer que c’est de la comédie grasse, non. Mais il y a une bonne humeur, une fuite en avant vers un avenir que l’on espère meilleur, une fuite qui serait in fine une solution au problème. On a toujours droit à une galerie de personnages hauts en couleur incarnés par des acteurs croisés ça et là dans les autres films. Ah oui, y a ça aussi chez Wes Anderson : reprenant régulièrement les même acteurs, on attend toujours l’apparition d’un Bill Murray, acteur principal ou personnage à la limite du figurant (A bord du Darjeeling limited), idem pour Owen Wilson (souvent en premier rôle mais très discret dans The Grand Budapest Hotel, par exemple). D’autres acteurs sont pris un peu à contre emploi et délivrent une performance étonnante : j’ai déjà parlé de Gwyneth Paltrow, je pense aussi à Bruce Willis dans Moonrise Kingdom, Jeff Goldlum ou Adrien Brody dans The Grand Budapest, Cate Blanchett sublime dans la vie aquatique…

La famille Tenenbaum de Wes Anderson

En fait, je crois que ce que j’aime le plus dans les Wes Anderson, c’est la sensation que les acteurs se sont éclatés. On a l’impression de retrouver à chaque fois une bande de pote, il y a parfois quelques petits nouveaux qui ne sont que de passage, parfois, on repère un visage discret croisé dans une autre histoire.

Le casting de Moonrise Kingdom

Bref, si vous ne connaissez pas et que vous avez quelques soirées à occuper, c’est de la bonne came. Si je peux donner un petit conseil : il semble que le Grand Budapest Hotel est un peu en dessous d’autres films. Nous, on l’a vu en 2e (après la vie aquatique) et on a vraiment adoré donc pour savourer tout le sel de ce film, mettez le en haut de la pile, ça vaut vraiment le coup.

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

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Respire de Mélanie Laurent

Il était une fois une actrice que les taquins du web adoraient détester, à égalité avec les hipsters, les blogueuses mode et les roux. Cette jeune demoiselle, c’est Mélanie Laurent qui semble surtout avoir le tort d’être une belle femme qui réussit. J’en reparlerai à l’occase. Comme je n’avais pas fait attention au fait qu’elle était la réalisatrice (merci les mini écrans des avions Air France), j’ai pu donc visionner ce film en toute neutralité. Et j’ai particulièrement apprécié.

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L’histoire : Charlie, une jeune ado de 17 ans, vit sa vie de lycéenne entre délires entre copains et crise conjugale entre ses parents, sa mère étant la victime consentante d’un mari abusif. Un jour, Sarah arrive dans la classe de Charlie et les deux vont nouer des liens très forts, développant une relation fusionnelle qui devient pesante pour Charlie.

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Commençons par les acteurs. Déjà, un film avec Isabelle Carré, ça m’attire, j’adore cette actrice (je suis encore hantée par le film Anna M.), ça part bien. Etant une grande cinéphile (…), je découvre la sérieuse Joséphine Japy et la solaire Louise de Lâage. Cette fille est juste sublime, elle dégage un truc de fou. Les deux jeunes filles fonctionnent très bien ensemble et nous embarquent sans accroc dans l’intrigue.

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Venant en à la réalisation, deuxième film donc de Mélanie Laurent. Et bien, c’est du très bon boulot. Beaucoup de plans sont intéressants, bien travaillés sans être pompeux, la sensation d’asphyxie grandissante est bien amenée par quelques relais qui pourraient paraître grossiers (l’asthme de Charlie dont on apprend soudain l’existence) mais suffisamment bien insérés dans un tout qui ne fait que faire grandir la tension entre les deux jeunes filles. Quand Charlie devient agaçante par son manque de réaction face à des choses qui nous paraissent tout simplement intolérables (Sansa Stark style), ses camarades ne se privent pas pour essayer également de la secouer. Ce film nous embarque on ne sait où, nous bouscule mais nous laisse quand même pris dans le film, on ne peut s’empêcher de se demander comment ça va finir. L’intrigue est parfaitement construite en jouant sur le parallèle entre la relation de la mère de Charlie et son père abusif et celle de Charlie ou Sarah où les mêmes mécanismes se mettent en place. Seul bémol : le jeu sur une éventuelle ambiguïté dans la relation entre les deux jeunes filles alors que pas du tout, sur certaines scènes, ça m’a un peu perdue, je ne voyais pas bien le propos surtout que les 2 demoiselles sont clairement hétéros. Alors pourquoi taquiner cette corde là alors qu’elle ne sert à rien dans l’histoire ?

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Bref, un bon film avec un casting juste parfait, une deuxième oeuvre dont il faut saluer le sérieux et le respect du téléspectateur : Mélanie Laurent n’a pas cherché un film pour se la raconter mais pour nous raconter une histoire d’amitié abusive. Et quasi un mois après avoir vu ce film, je l’ai encore bien en tête.

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Donc si on pouvait arrêter de vomir gratos sur Mélanie Laurent et se concentrer un peu sur son travail, ça serait mieux pour tout le monde. Surtout que lors de l’avant-première, un ami blogueur de la Critiquerie m’a expliqué avoir été marqué par sa gentillesse et sa disponibilité, elle répondait plus que volontiers aux questions de la salle et ne s’est pas contenté des 20 minutes syndicales.

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Be kind, rewind (soyez sympa, rembobinez) de Michel Gondry

Cette semaine, j’ai vu 3 films (et là, nous ne sommes que vendredi quand je commence à taper cet article). Tant de cinéma pour une non cinéphile, c’est un peu comme boire un demi quand t’es habitué qu’au Coca : ça enivre. Donc je profite de mon éthylisme cinématographique pour vous parler de ces trois films. Et en premier lieu : Be kind, rewind de Michel Gondry.

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Comme tout le monde, j’ai vu Eternal sunshine of the spotless mind, film qui te fait prendre automatiquement 10 points de maîtrise d’anglais quand tu arrives à dire le titre correctement. J’ai également vu un soir d’insomnie La science des rêves qui avait pour principal atout Gael Garcia Bernal et son accent et son sexyness et même qu’à un moment, on a droit à un nu frontal mais deux ou trois ans plus tard, je ne sais toujours pas si  j’ai aimé le film ou non. Mais gardons ce point en tête.

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Donc quand mon camarade de soirée, Victor, me propose une liste d’une quinzaine de films à voir, nous nous arrêtons d’un commun accord sur celui-ci. Oui, j’avais bien envie de le voir depuis un petit moment et puis nous n’étions pas d’humeur à nous prendre la tête (il est encore un peu traumatisé par Tom à la ferme). Le pitch pour ceux qui ne l’ont pas vu : dans le quartier pauvre de Passaic, un vieux monsieur s’accroche tel une moule à son rocher à son cher vieil immeuble au pied duquel il tient un magasin de location de VHS. Mais le monde moderne menace : l’immeuble est en décrépitude et la mairie souhaite le raser pour construire à la place une sorte de cité mi-moderne mi-clapier parce que, tu comprends, les travaux pour retaper le vieil immeuble coûteraient bien trop cher, environ 60 000 dollars. Le monsieur va partir en voyage initiatique au pays des magasins de DVD pour tenter de trouver un business model efficace pour sa boutique et tenter de gagner les 60 000 dollars.

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Mais cette histoire là, en fait, on s’en fout. La vraie histoire se joue à Passaic pendant l’absence du monsieur avec Mike, le jeune garçon plus ou moins fils spirituel du monsieur qui s’occupe du magasin en son absence. Mike a une sainte adoration pour son quartier et plus précisément pour Fats Waller, jazzman né précisément dans l’immeuble où se tient le magasin. Mike a beaucoup de qualités mais un énorme défaut : son meilleur ami, Jerry, sorte de gros boulet avec quelques pets au casque. Alors que le Monsieur demande à Mike d’empêcher Jerry de rentrer dans la boutique, celui-ci n’en fait qu’à sa tête et déclenche une énorme catastrophe : électrocuté la veille alors qu’il venait de pénétrer illégalement dans la centrale électrique la veille, il est totalement magnétisé et efface toutes les bandes du vidéoclub. Comme une catastrophe ne vient jamais seule, la voisine du dessus, flirt plus ou moins abouti du Monsieur du magasin, vient les surveiller et demande à louer Ghostbuster. En panique, les deux compères décident de rejouer le film puisque, après tout, elle ne l’a jamais vu. A peine ont-ils donné leur version à la dame qu’un client vient réclamer Rush Hour 2.

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C’est le début de la belle histoire : les deux films ont un énorme succès et les gens viennent faire la queue pour réclamer des films “suédés”, nom donné un peu au hasard pour dénommer ces remakes quelques peu originaux. Les 2 compères embarquent dans leur épopée Alma, latina du pressing d’à côté puis peu à peu tous les habitants du quartier jusqu’à la réalisation ultime : la vie de Fats Waller.

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Ce film a un énorme point fort : l’imagination. Les 2 réalisateurs en herbe vont preuve d’une imagination sans faille pour tenter de réaliser les effets spéciaux avec deux bouts de ficelle, rendant les scènes de tournage totalement hilarantes. Evidemment, ça me rappelait un peu trop fortement La science des rêves mais après tout, pourquoi pas. Après, le côté un peu critique sociale, la lutte pour des bâtiments qui ont une histoire, des habitants qui se mobilisent pour leur quartier, ça n’a rien de bien neuf. La modernité vs le bon vieux temps, il nous manque plus que la marionnette de Francis Cabrel. Et le personnage de Jerry,  joué par un Jack Black égal à lui même, a un côté parfois très agaçant, on a juste envie qu’il dégage. On peut également être dérangé par la « non fin » du film. Ca se termine un peu en queue de poisson mais pour ma part, ça restait le meilleur choix car je craignais une happy end sirupeuse à souhait. Peu importe la fin de l’histoire, ce n’était pas important.

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Mais ce film reste un bon moment, on se marre bien et ça, c’est priceless. Et puis ça me fait réviser les “classiques” du cinéma américain, c’est toujours ça de pris.

 

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Les résolutions, c’est bon, mangez-en

Aaaaaah, vous l’attendiez, voici mon article sur mes résolutions 2014. Accrochez-vous à vos slips, j’ai de grandes ambitions pour ce nouveau millésime.

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Mais avant, reprenons ensemble mes résolutions 2013 pour rire ensemble du fait que je les tiens jamais (c’est pour ça que j’aime bien en faire, je les appelle mes voeux pieux). En 1 : faire n’importe quoi… Ah oui, si, ça je l’ai pas mal tenu, tiens. Par contre, dépenser des sous dans des cours qui me plaisent, pas tant que ça. En 2 : bosser sur des projets éditoriaux et me remettre à écrire : non pas du tout pour le 1er et pas assez sur le second. En 3 : travailler mon e réputation en cleanant tous mes CV : oui, ça, c’est bon ! Bon, en fait, j’ai été soft niveau résolution l’an dernier, je crois que j’ai bien fait. Rajoutons tout de même que j’ai arrêté de fumer depuis le 04 mars et qu’à part quelques clopes taxées en soirée, j’ai pas repris et ça, même si c’était pas dans mes résolutions, c’est la victoire suprême.

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Bon, puisque 2013 était l’année du repos, 2014 sera l’année de la réussite, ai-je décidé. J’ai avec moi ma petite liste de résolutions mais avant de vous l’exposer, laissez-moi vous présenter ma façon de réfléchir. D’abord, je dois admettre que je ne peux pas être parfaite. Donc pour aller vers celle que je veux être, je dois m’autoriser certains défauts. Donc je renonce à l’idée d’être une super cuisinière, je ne ferai jamais de jogging, j’aurai toujours une écriture manuscrite de cochon. Ah et j’admets que je serai jamais cinéphile et que je continuerai à regarder des merdes à la télé. Ah et résolution que j’abandonne d’ores et déjà car je SAIS que j’y arriverai pas : le snoozing. Tous les soirs, je me dis « demain, tu te lèves de suite » et tous les matins, j’échoue. Alors, oui, je sais, c’est mauvais pour moi mais oh, j’ai arrêté de fumer, je peux pas tout faire non plus.
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Autre point : j’ai souvent eu de la frustration car je me résolvais à trop de choses et, ne sachant dans quel ordre commencer, je ne commençais finalement rien et me disais que je n’étais qu’une grosse merde sans volonté. Alors je vais un peu hiérarchiser. Chaque chose en son temps. Dooooonc à présent, voici mes résolutions !

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Temps 1 : remettre de l’ordre dans mon intérieur. Estomac et appartement. Mon appart semble sortir tout droit d’un cambriolage en permanence, j’en ai marre. Donc en janvier, par ici étagères et rangements, on va vendre bureau et canapé sur le bon coin, c’est parti mon kiki. Parallèlement à ça, on va manger bien. Légumes, légumes et fruits. J’y ai déjà pensé : le dimanche, je découpe tout et je range mes bouts de légumes dans des petits sacs isothermes pour ne plus avoir qu’à les mixer pour me faire des soupes et la mixture (un truc inventé par mes soins à base de carotte, tomate, brocolis, banane, mangue, ananas, yaourt au soja et amandes. Si, c’est bon). De toute façon, vu la méga crise de foie que je viens de me taper (toi aussi, passe le 25 décembre enfermée dans les toilettes à gerber), le gras et moi, on s’aime plus trop. Evidemment, avec ça, faut que je reprenne le yoga car j’ai besoin de mon shoot de sérénité et toujours autant la piscine car je me sens jamais aussi bien qu’après deux ou trois heures de barbotage. Puis un peu de marche aussi, faut s’aérer. Bref, en temps 1, je deviens plus mince et ordonnée.

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Temps 2 : je mets en place un suivi précis de mes dépenses pécuniaires et caloriques ainsi qu’un compteur de mots écrits. Je m’explique : sur mon agenda iPhone, j’inscrirai tous les jours combien de temps j’ai marché, si j’ai nagé ou non, ce que j’ai dépensé par jour et combien de mots j’ai écrit pour mes romans (pour le blog, ça compte pas). Objectifs : 7 km de nage par semaine, 150 € dépensés par semaine, 1500 mots écrits par jour. Ca peut faire ultra psychorigide dis comme ça mais vu qu’au boulot, ma liste drastique a fait de moi une employée super organisée, je sens que c’est par là que je tiens le bon bout.
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Temps 3 : trouver un mec. Là, de suite, j’avoue que je suis pas ultra motivée, j’aime bien vivre de beaux instants, de super premiers baisers. J’ai vraiment eu de jolis moments cette année et, en un sens, ça me convient. De l’autre, quand la journée a été chargée et que je rentre chez moi avec l’envie de m’asseoir par terre et de pleurer pour sortir la fatigue de moi, des petits bras accueillants ne seraient pas de trop. Même si j’avoue que la reprise intensive de la piscine a pas mal réglé cette histoire de sortir la fatigue de moi. Tout se dissout dans l’eau chlorée, y compris la sale fatigue. La question est cependant : si je trouve un mec, pourrai-je garder la résolution 2 ? Non parce que si je nage 3,5 km par session, il me suffit d’en faire deux et là, je suis bonne. Mais pour les 1500 mots… Bah, on verra !

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Ah et évidemment, la vraie résolution mais qui va devoir se lancer très vite, c’est réussir mon nouveau projet professionnel me permettant de devenir la queen du digital… A suivre !

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Donc premier pas : acheter des étagères. Et bloquer le numéro de ma banquière !

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Le monde fantastique d’Oz de Sam Raimi

Nina, la non cinéphile qui est déjà allée deux fois au cinéma cette année, champagne ? Non, je profite honteusement des avant-premières régie où me convient mes petits camarades stratèges et du display parce que nous, au SMO, on n’a pas de cadeaux (enfin, si, j’ai eu une bouteille de champagne et une maquette d’avion récemment, je suis la plus gâtée du pôle). Donc, mardi, me voici partie avec Jade et Nicolas pour une avant-première dé « Le monde fantastique d’Oz » en 3D, film dont je ne connaissais rien, j’avais même pas lu le synopsis.

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Bon, le magicien d’Oz, je connais mais je connais la partie Dorothée, l’ouragan, somewhere over the rainbow. Là, il s’agit d’un préquelle, l’arrivée du fameux magicien au pays d’Oz. Petit magicien raté joué par James Franco (le mec qui me ferait presque aller voir Spring Breaker vu qu’il est en bonne place sur mon top 10 crush people… Enfin, je crois vu que ce classement varie en fonction de mes articles, j’avoue), Oz se retrouve happé par une tornade et amené dans un pays magnifique. Là, pour le coup, un peu à la façon d’Avatar, la 3D vaut carrément le coup. Il rencontre dès son atterrissage la belle Theodora (Mila Kunis) et se retrouve embarqué à la cité d’Emeraude où la gentille sorcière Evanora (Rachel Weisz) lui explique que, selon la prophétie, il doit tuer la méchante sorcière pour prendre le pouvoir. Cupide, le magicien accepte pour pouvoir avoir le trésor de la cité d’émeraude.

Emerald_City

Bon, je ne vous en raconte pas plus sur l’intrigue (même si je trouve que l’affiche spoile vachement, comme d’hab), ça reste du Disney donc vous vous doutez bien qu’amour et amitié s’unissent pour détruire les méchants. Parallèle intéressant : les personnages aperçus lors de la vie du magicien avant d’être aspiré dans la tornade réapparaissent dans le monde d’Oz sous diverses formes. D’où une sensation onirique renforcée : on dirait le rêve du magicien qui place ses amis dans de rôles étranges dans un décor hallucinant. En tant que fille qui a une étrange attirance pour la porcelaine, j’ai d’ailleurs bien aimé le petit village de porcelaine.

Oz-The-Great-and-Powerful

Bref, que dire ? C’est un film à voir surtout en famille, les décors sont grandioses et le film a vraiment été fait pour la 3D. Même si ces putains de lunettes qui pèsent 3 tonnes et demi me tuent l’arête du nez ! L’histoire est très mignonne, James Franco semble s’amuser à jouer le magicien cabotin et pour peu que vous aimiez bien la magie, quelques tours sont assez sympas. Après, l’histoire est certes cousue de fil blanc et le manichéisme des personnages peut agacer (alors même que le film joue sur le fait que Oz n’est pas le magicien au grand coeur qu’il prétend être) mais même la cynique de 32 ans 11/12e que je suis s’est laissée embarquer dans l’histoire. Par la magie du décor ou celle du sourire de Franco, je ne saurais le dire. Mais j’ai passé un bon moment. Petite mention spéciale au générique du début qui joue avec les effets de perspective… Ouais, la perspective, c’est mon kiff !

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Accessoirement, ce film m’a aussi donné envie de lire le livre, je n’en ai jamais eu l’occasion. Un film qui donne envie de lire n’est jamais un mauvais film. Loi universelle de Nina la non cinéphile.

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Les mondes parallèles

Le week-end dernier, j’ai visionné environ les 2/3 d’Inception, film dont il faudra que je mate la fin même si j’avoue ne pas avoir accroché plus que ça. C’est souvent le problème avec ce genre de films oignons où il faut perturber le spectateur afin qu’il ne sache plus où il est : je suis généralement déçue.

Pourtant les niveaux de conscience, ça m’excite l’imagination et pas qu’un peu ! Peut-on être sûr de la réalité de ce que l’on voit, ce que l’on sent, ce que l’on vit ? Sommes-nous pleinement éveillés ? Ou endormis, prisonniers d’une machine ou d’un univers virtuel ? Les héros de ces fictions naviguent en général entre 2 niveaux, conscients de leur inconscience jusqu’à un certain point.

Dans cette catégorie, j’ai vu 4 films : eXisTenZ (Cronenberg, pas excellent mais le personnage féminin (ou était-ce son interprète) m’a gonflée), Matrix (le 1er m’a saoulée avec la scène hystérique et sans intérêt où ils débarquent dans l’immeuble du méchant et canardent tout le monde, peinards. Sacré bon plan !), Dark city (celui-là, je l’ai aimé) et Inception (pas fini de le voir). En série, on a Lost en un sens si on lit la scène finale comme une révélation

Spoiler
, tout de déroule dans l’imagination de l’agonisant Jack. On a un épisode de Lois et Clark comme ça aussi où ils sont prisonniers d’un univers virtuel (référence !) et dans Stargate SG1 il me semble. Chacun me donne des palpitations à l’idée de les découvrir, mon imagination fait des bulles et… Plof.

Oui, plof. Parce que j’ai souvent la sensation d’une facilité scénaristique. On voyage entre les différents niveaux de conscience et à la fin, twist final « votre conscience était en fait un premier niveau d’inconscience, huhuhu ! » Oh ouah, on a tellement jamais vu ça « mais tout ceci n’était qu’un rêve M.heros du film ». Quoi qu’encore, je pensais qu’il y avait un autre niveau de conscience dans Matrix quand Neo tombe dans le coma mais non. Quel film pourri. Bref t’en vois un, tu te plaques les mains sur les joues, bouche bée et tu t’extasie sur cet incroyable ressort scénaristique. Au bout du 3ème, tu soupires : oh ouah, je m’y attendais tellement pas… Je vais aller faire pipi. Et encore, c’est une non cinéphile qui vous parle, je n’ose imaginer les dizaines de film de ce type que j’ai manqué.

Pourtant, quand mes doigts fourmillent, c’est notamment pour raconter une histoire de ce type. Alors forcément, je suis très exigeante quant à ces films. Un peu comme les films imaginant une société du futur… Ce que je fais moi-même dans la plupart de mes embryons de romans. Du coup, j’attends d’être éblouie, malmenée par le scénario, perdue dans les différentes strates. Et m’épargner le « mais tout ceci n’est qu’un rêve M. Machin ».

Mes lecteurs chéris, si vous avez des conseils cinématographiques (ou littéraires) à ce sujet, partagez les !

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Les cartes ciné tuent-elles les films petit public ?

Je rappelle que je suis pas cinéphile mais… Mais je prends le métro et je croise régulièrement des affiches exhalant le fumet du navet. Juste ciel, qui peut aller voir un film qui a l’air aussi nul ? Réponse : plein de gens.

J’ai dans mon entourage des gens qui ont des cartes ciné. Régulièrement, ils passent donc leur soirée dans une grande salle sombre pour mater un film, histoire de rentabiliser leur carte. Or quand on a vu les films qui nous plaisaient, sur quoi se rabat-on ? Sur les gros nanards bien juteux.

Je ne juge personne. Après tout, quand j’allume la télé le soir, j’ai pas toujours le courage de me mater un film art et essai, j’ai plus envie de me vider la tête et de reposer le cerveau. De toute façon, je ne regarde la télé que d’un œil, évitons donc les histoires qui m’obligent à être attentive. Alors forcément, je ne peux que comprendre ceux qui, au cinéma, préfèrent rentabiliser leur carte en s’offrant un jacuzzi du cerveau.

Pourtant, ça m’ennuie, au fond. Quand je vois les affiches de films crétins, c’est un peu comme quand j’entends une musique commerciale de mauvaise facture qui cartonne : on nous prend pour des demeurés et c’est trop facile. Je rêve que ce genre de bouse se plantent, que les gens réclament du lyrisme, de la poésie, du rêve. Que les artistes nous donnent leurs tripes et arrêtent d’appliquer une recette commerciale calibrée pour marcher. Qu’on arrête avec cette sensation qu’ils sont là pour cachetonner.

Et pourtant… Et pourtant, moi, il y a des projets professionnels que je dois exécuter pour faire marcher la machine à monnaie, celle là même qui édite mon salaire à la fin du mois. Honnêtement, qui prendrait le risque de n’investir que dans des films condamnés à ne toucher qu’une portion infime du public sans gros blockbuster pour avaler des dollars en parallèle ? Nul n’est philanthrope.

En fait, la question n’est-elle pas plus « pourquoi les producteurs ne se lancent-ils pas plus dans des projets moins accessibles pour tous alors qu’ils engrangent des millions avec des films navets n’ayant pas coûté grand chose ? ». La crise ou la volonté des spectateurs de pas se prendre la tête ?

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J’aime pas les films chorals

« Dis donc, Nina, toi qui es la fille la moins cinéphile du monde, tu trouves pas cet avis péremptoire et peu fondé ? ». Il est vrai que j’ai vu peu de films chorals et pour cause : je les fuis. Parce qu’un film qui a plus de noms d’acteurs sur son affiche que de salariés dans ma boîte, je trouve ça de suite suspect.

Le principe des films chorals repose sur la notion de destins croisés. Dis comme ça, ça me botte grave, j’aime les croisées de chemin. Sauf qu’en fait, en guise d’intersection, on se retrouve avec un vrai sac de nœuds inextricable avec cette angoissante question : pourquoi nous raconter toutes ces histoires finalement sans lien les unes avec les autres. Seule réponse à mes yeux : la faiblesse scénaristique. Et l’envie d’attirer plein de spectateurs avec plein d’acteurs, y en aura toujours un qui te plaira dans le lot.

C’est l’histoire de Brandon et Jennifer, ils s’aiment mais c’est compliqué mais à la fin, ils s’embrassent sous la pluie ou sous la neige le soir de Noël ou de la St Valentin. Sauf qu’un film, ça dure 2h en moyenne et va tenir cette durée avec cette baseline plus mince que la plus maigre des mannequins de la Fashion week. Alors à l’histoire de Brandon et Jennifer, on rajoute celle de Lisa et Marc, Amber et William et Vanessa et Dexter. On leur file deux ou trois péripéties chacun et à la fin, tout le monde s’aime ! Toute ressemblance avec Love actually, St. Valentin, happy new year (ah oui ça marche bien le nouvel an aussi) ne saurait être fortuite…

Le problème avec les films chorale, hormis leurs scenarii sortis tous droits de soap operas, c’est qu’on finit par oublier des personnages et des histoires. « Ah oui, Lisa et Marc, je les avais oublié. Ils en étaient où ? ». Chiiiiiiiant ! Parce que là est le drame : on multiplie les personnages, on leur colle vaguement des traits de caractère (Lisa est jalouse, Amber carriériste et Jennifer pas très fidèle) mais on ne creuse rien. Les gens sont soit gentils soit méchants, des fois un peu entre les 2 mais si on considère que chaque histoire a droit à un traitement de 20 mn, on peut pas aller beaucoup plus loin.

Si au moins chaque histoire était traitée l’une à la suite de l’autre, tel un recueil de nouvelles, pourquoi pas… Mais là non, tout se déroule dans un foutras de scènes illogique, une sorte de pudding cinématographique indigeste. C’est d’un ennui…

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