Les cartes ciné tuent-elles les films petit public ?

Je rappelle que je suis pas cinéphile mais… Mais je prends le métro et je croise régulièrement des affiches exhalant le fumet du navet. Juste ciel, qui peut aller voir un film qui a l’air aussi nul ? Réponse : plein de gens.

J’ai dans mon entourage des gens qui ont des cartes ciné. Régulièrement, ils passent donc leur soirée dans une grande salle sombre pour mater un film, histoire de rentabiliser leur carte. Or quand on a vu les films qui nous plaisaient, sur quoi se rabat-on ? Sur les gros nanards bien juteux.

Je ne juge personne. Après tout, quand j’allume la télé le soir, j’ai pas toujours le courage de me mater un film art et essai, j’ai plus envie de me vider la tête et de reposer le cerveau. De toute façon, je ne regarde la télé que d’un œil, évitons donc les histoires qui m’obligent à être attentive. Alors forcément, je ne peux que comprendre ceux qui, au cinéma, préfèrent rentabiliser leur carte en s’offrant un jacuzzi du cerveau.

Pourtant, ça m’ennuie, au fond. Quand je vois les affiches de films crétins, c’est un peu comme quand j’entends une musique commerciale de mauvaise facture qui cartonne : on nous prend pour des demeurés et c’est trop facile. Je rêve que ce genre de bouse se plantent, que les gens réclament du lyrisme, de la poésie, du rêve. Que les artistes nous donnent leurs tripes et arrêtent d’appliquer une recette commerciale calibrée pour marcher. Qu’on arrête avec cette sensation qu’ils sont là pour cachetonner.

Et pourtant… Et pourtant, moi, il y a des projets professionnels que je dois exécuter pour faire marcher la machine à monnaie, celle là même qui édite mon salaire à la fin du mois. Honnêtement, qui prendrait le risque de n’investir que dans des films condamnés à ne toucher qu’une portion infime du public sans gros blockbuster pour avaler des dollars en parallèle ? Nul n’est philanthrope.

En fait, la question n’est-elle pas plus « pourquoi les producteurs ne se lancent-ils pas plus dans des projets moins accessibles pour tous alors qu’ils engrangent des millions avec des films navets n’ayant pas coûté grand chose ? ». La crise ou la volonté des spectateurs de pas se prendre la tête ?

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10 réflexions sur “Les cartes ciné tuent-elles les films petit public ?

  1. C’est l’histoire de ma vie de spectateur, il y a aussi le fait qu’on prenne de l’âge et de l’expérience cinématographique, prenant moins à la sauce du déjà vu pour les personnes moins exigeante ou plus jeune… mais oui le cinéma se meurt, d’où l’explosions des séries 😉

    1. Oui enfin, les séries, c’est pas forcément mieux, on a pas mal de copier/coller aussi ! 😀 Mais effectivement, à force d’avaler toujours la même soupe, on finit par se lasser. Ouf !

  2. J’ai une carte illimitée de cinéma et de toute façon quand on voit le prix d’une place (10,60€), ma carte est déjà rentabilisée en 2 séances de cinéma … Je ne vais pas voir le genre de films que tu décris car je me dis que je suis une privilégiée d’avoir cette carte ; autant ne pas gâcher mon plaisir !

    1. Ah, c’est marrant, tu es la première qui me parle ainsi de la carte. Clair que vu le prix de la place, on rentre vite dans nos frais ! Mais bon, perso, je vois pas trop l’intérêt de voir certains films sur grand écran, ils seront aussi mauvais sur ma télé 😉

  3. Je n’ai pas de carte illimitée, et quand on me propose un bon de réduction pour aller au cinéma, même si le bon est gratuit, je refuse de peur de devoir supporter un film ou sortir pendant la séance.
    D’un autre coté je trouve aussi mesquin d’utiliser un bon de réduction pour le dernier cinéma d’arts et d’essais de ma ville. Si ce cinéma disparait, je devrai me convertir aux télénovelas.

    1. J’ai un cinéma un peu arts et essais à côté de chez moi (enfin, une petite salle), le prix est divisé quasi par deux mais pas de séances en VO et ça, ça me fait chier. A Toulouse, y avait un petit cinéma comme ça que j’aimais bien, tous les films étaient en VO (à Toulouse en 2005, c’était assez rare), 5 € l’entrée, un lieu un peu vieillot et c’est ce qui faisait tout son charme.

      Sinon, les telenovelas, c’est drôle mais faut pas en abuser non plus. Surtout que c’est drôle si on le regarde au 2nd degré (et peut-être en buvant ou fumant un peu)

      1. Mon arts et essais propose 2/5 de VOSTF, il y a même des VO Cambodge, Roumain, kazakhstan. J’ai une préférence pour l’anglais, l’allemand ou le belge. Pour le suédois j’ai l’impression de comprendre ce qu’ils disent mais en pointillé.

        Pour les telenovelas, j’ai regardé une fois Teresa sur IDF. J’ai eu l’impression de voir une film réalisé en VHS, l’éclairage à la lampe de poche dans le dos de l’acteur. Il faut beaucoup de courage ou d’abnégation.

        1. C’est précisément ce qui rend les telenovelas géniales, c’est que c’est mauvais à un point qu’on imagine pas. Mise en scène, décors, histoire, acteurs, leur gestuelle totalement exagérée (et la VF qui a quelques soucis avec la post-synchro sans même parler du ton monocorde des voix)… Raaaaaaah, c’est comme voyager dans le passé.

          Jamais étudié le Suédois donc je risque pas de comprendre… Mais j’espère que la VOST va se généraliser. En Scandinavie, justement, tous les films qui passent à la télé sont en VOST et leur niveau d’anglais global est plus élevé que le nôtre (ce qui n’est certes pas très dur).

          1. La VOST est disponible sur le TNT et sur ma freeBox. Ok je n’ai pas toutes les chaines ou films.
            M6 Gulli TCM ARTE…
            Sur Sundance Channel ils passaient Mad Men en VO puis en VF sans la VO, idem pour Weeds. J’ai craqué, je suis parti.

          2. Faudrait que je regarde si je peux voir des programmes en VO sous ma box mais vu qu’elle est un peu vieille, je suis pas sûre… :/

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