Haute toxicité

Parfois, je me demande ce qui transparaît à travers mes non dits sur ce blog. Peut-être que les plus attentifs d’entre vous auront saisi qu’en ce moment, j’avais comme un caillou dans ma chaussure. En fait, en guise de caillou, c’est carrément du poison à haute toxicité qui pourrit ma vie actuellement. Et pour la première fois de ma vie ou à peu près, j’ai décidé d’arrêter de subir. Et pour ceux qui ne comprendraient pas de quoi je parle, parlons travail.

Burnout

Aloooooors. Je vais vous la faire courte cette fois-ci mais je pense vraiment faire une série d’articles façon journal d’une démissionnaire mais en axant ça autour de la toxicité professionnelle justement. Fin 2017, en rentrant du Japon, je décide de changer d’emploi car je récupère une nouvelle N+1, ex meuf de mon équipe avec qui nous avions d’excellents rapports et qui va peu à peu me la jouer à l’envers, masquant son incompétence par une répression délirante… J’ai eu droit à une convocation chez la RH pour une histoire de mail où je n’ai pas répondu à temps… pour un client annoncé perdu quand j’ai commencé à taffer dessus et qui a finalement resigné. Voilà, voilà. Et encore, j’étais pas celle qui prenait le plus cher, ma collègue chouchoute a été arrêtée quasi trois mois, rongée par son burnout… Donc il était temps que je mette les voiles. Avril 2018, je signe un nouveau contrat et j’arrive à arracher 1 semaine d’intercontrat car ma grosse connasse de N+1 a tout fait pour que mon départ se passe mal (elle a “omis” de prévenir les RH que je partais plus tôt que la fin de mon préavis et donc, je suis partie sans mes papiers, reçus quelques jours plus tard. Elle s’en est excusée cependant… auprès de ma collègue burnoutée qui a démissionné juste après moi. Sinon, elle avait également refusé de s’occuper de la cagnotte pour mon pot de départ et a carrément oublié ledit pot de départ. Une personne charmante, donc).

Gérer un manager toxique

Je quitte donc un environnement toxique, soulagée, libérée, délivrée… et pas de bol, j’ai trouvé pire. Pire mais différent puisque d’une N+1 perfide, je suis tombé sur un N+1… fou, je crois. Je refais courte mais j’ai été embauchée pour être consultante social media (mon taf de base), on m’a annoncé à mon arrivée que je serai désormais consultante webmarketing (en gros, traffic manager avec une appétence pour les stratégies d’acquisition et faudrait que je devienne une experte du marketing automation). Quand on m’a annoncé ça, j’étais… ivre de joie. Pour de vrai. Je voulais changer de branche, voici l’occasion qui me tombe du ciel, c’est tellement incroyable ! Sauf que mon boss est un tyran qui me parle très mal, m’engueule au bout de 15 jours car ma recommandation d’accompagnement paid est mal branlée (oui, bonjour, j’ai pas fait de paid depuis 4 ans, une éternité sur les réseaux sociaux). Ca fait 4 mois que je m’en prends plein la gueule car il refuse de comprendre qu’on ne devient pas expert en deux jours, que je n’ai pas le temps de me former correctement vu que j’ai des tâches à réaliser (et que s’il veut que je prenne le temps de me former, autant m’en payer une de formation… J’ai accepté de changer de métier, un petit coup de pouce ne serait pas de refus). Jusqu’à ce jeudi il y a quinze jours et son “mais c’est complètement débile ce que tu as fait” et qu’il insiste jusqu’à ce que je craque “bah oui, c’est débile, qu’est-ce que tu veux que je te dise ?”. Et la prise de conscience : ce mec ne sera jamais satisfait de mon travail. Je prépare un excel pour des reportings hebdos ? “Un torchon”. Ah ben oui, j’ai pas mis le logo de la boîte et j’ai laissé le quadrillage (je déteste les excels sans quadrillage, j’avoue). Tout ce que je fais est mauvais, “débile”, “pas pro”, “comment je peux avoir confiance en toi alors que t’as pas testé la campagne sur mobile” (oui, ça buggait, j’ai dépensé 40 euros pour rien, veuillez me punir), “tous tes chiffres sont faux (non, juste 3 dans un excel d’une dizaine d’onglets), “tu es experte des réseaux sociaux et tu ne proposes même pas de campagnes en retargeting, je suis déçu” (je suis spécialiste des réseaux sociaux sur la partie éditoriale, pas paid, une nouvelle fois). Tout n’est que citation, hein. Quand il m’appelle (il n’est présent que 2 jours par semaine, il est dans d’autres bureaux le reste du temps), j’ai de l’acide dans le bide, on se gueule dessus une semaine sur deux.

Environnement de travail à haute toxicité

J’ai essayé. Vraiment. Parce que je voulais prendre ce virage qui s’offrait à moi. Mais le mec m’a garni la route de minuscules cailloux, le dérapage était inévitable. En me vendant à tous, y compris en interne, comme une experte d’un métier que je ne connaissais que vaguement (j’ai une relativement bonne culture digitale mais de là à exécuter avec brio, hein…), parce qu’il refuse de relire mon CV et voir que je n’ai pas les compétences qu’il est persuadé que j’ai, parce qu’il me rabaisse en permanence en m’expliquant que tout le monde me trouve nulle et d’ailleurs, c’est bien vrai que je le suis, la preuve, liste de tous mes manquements depuis que je suis là (une liste à 4 ou 5 points dont certains sont là parce qu’il lit pas ses mails et croira toujours une personne qui me crachera à la gueule que moi alors qu’il est en copie du mail qui démontrait que j’avais bien fait mon taf), parce que la fille que j’ai remplacée n’a pas tenu plus de 6 mois. Et que je ne battrai pas son record.

Démissionner pour échapper à un environnement à haute toxicité

Je me suis trompée en prenant ce poste. Le mec avait été brieffé par la RH pour arrêter d’engueuler les candidats en entretien, il fut charmant avec moi. Je vous jure, j’attendais ce taf en expliquant à mes futurs ex collègues “ohlala, ils ont l’air tellement bienveillants”. Quelle arnaque, bordel. Ils ont prolongé ma période d’essai, j’en suis ravie… parce que ça me laisse trois mois pour partir de là sans trop de perte… par contre, pour le fracas, je ne vais vraiment pas garantir car je crois que je vais pas trop me priver.

Démissionner pour échapper à un environnement à haute toxicité

Bref, CV mis à jour, on candidate, on est partis !

PS : Article écrit y a 15 jours, je crois, il s’en est passé de choses depuis. Mon livre noir du travail s’annonce velu.

 

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L’école de la vanne

Sous titre : ris d’être rabaissée sinon tu n’as pas d’humour.

L’humour, ah, l’humour ! Qu’il est bon de rire, ça fait tout un tas de choses à ton corps : ça te détend, ça fait brûler des calories, ça rallonge ta vie, ça crée de la cohésion et encore plein de choses, je suppose. Et j’avoue que j’aime rire, je suis d’ailleurs très bon public, j’explose facilement de rire devant la série abrégée des Chevaliers du Zodiaque (je rebalance le lien), les délires de Natoo ou Andy, le coeur a ses raisons, le dézapping du Before… Ouais, j’ai un humour Canal, apparemment. Mais y a un truc qui commence à me fatiguer. Faaaatiguer : l’humour de la vanne.

Dès le départ, ça situe le niveau

Dès le départ, ça situe le niveau

 

Ca fuse. Vite, trouver une vanne sur la dernière phrase de Clarisse, sur le pull d’Antoine, sur l’épi chelou de Marwa “et vazy, tu t’es crue dans Mary à tout prix, mouahahahah !” Tout le monde se marre. Et Marwa ? Bah, si elle est bien lunée, elle partagera l’hilarité générale, sinon… ben tant pis pour elle. Sauf que j’avoue que je suis plus que lassée par cet humour de la vanne, que j’en sois la cible ou non.

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D’abord, il faut bien choisir sa “victime”. Il y a des gens dont tu accepteras d’autant mieux les vannes car ils sont tes amis et tu sais qu’il n’y a pas de volonté de blesser derrière (en tout cas, qu’ils seraient désolés que ça arrive). Il faut également être attentif au sujet de la pique, on a tous certaines blessure où il n’est pas bon foutre un bon coup de hâche, même s’il est donné avec humour. On va éviter de répéter à une personne ayant pris du poids et ne le vivant pas très bien qu’elle risque pas de se noyer avec sa bouée, ahah ! Ou ironiser sur les difficultés d’une personne dans un domaine précis alors que celle-ci galère pour s’en sortir “Ahah, Jean-Claude, ça fait combien 2+2 ? Ah mais oui, c’est vrai, tu es nul en maths, mouahahahah ! Allez, fais pas la gueule Champion”. Vous saisissez l’idée.

humiliation

Le bashing est pour moi l’un des avatars les plus malsains de l’humour oppressif. Rire de soi, ok, je pense que ça peut être sain et dédramatiser. Seulement, il y a un fossé énorme entre “je ris de mes défauts pour les dédramatiser” et “je ris des défauts des autres pour passer pour le petit comique de service au détriment de quelqu’un”. Evidemment, le bashing permet de s’adonner à de bons mots, à se faire applaudir sur sa réactivité et son sens de l’à propos et il est si bon de rire des autres ! Au moins, ça ne nous tombe pas dessus.  Mais franchement, à quoi ça sert ? Se lier les uns en descendant les autres, mettre quelqu’un en faiblesse pour se mettre en position de force à l’inverse. Parce qu’on a beau avoir de l’humour, quand tu entends toute la journée que tu es moche, gros, bête, nul en ci ou en ça, tu finis quand même par intégrer un peu.

se_sentir_mal

Alors je dis stop. Je m’énerve, je peste, je ferme les portes de l’humour autour de moi. Je ne suis pas drôle ? Parce que tu crois que tu étais drôle quand tu m’as agressée un peu gratos juste pour faire marrer ta petite cour ? Tu n’as pas la sensation que je ne suis pas d’humeur ou que tu as tapé pile où il ne fallait pas ? Et t’excuser au lieu d’en plus attaquer mon humour non ? Bah non, c’est moi qui ne suis pas drôle. Parce qu’on est dans la culture de la vanne, du clash et du bashing, du “on peut rire de tout mais pas avec tout le monde”, cette phrase prononcée généralement par ceux qui n’en comprennent pas le sens. Et bien pardon mais perso, j’en ai marre. Je ne suis pas contre l’humour vache, trash, si celui-ci sert à dénoncer, à s’engager. Qu’on se moque de Hollande ou Sarko parce que leur politique est bancale, parce qu’ils se posent en personnes qu’ils ne sont pas (genre quand Sarko “lit” Victor Hugo). Qu’on les rabroue sur leur tour de taille ou leur taille, j’ai déjà dit à quel point c’était inutile et même franchement débile. Mais bon, peut-être attends-je peut-être trop de finesse de la part de mes congénères, moi aussi.

le-chat

Tellement…

 

Pourtant les vannes de cul, ça marche bien pour faire marrer, éventuellement (quoi qu’on flirte toujours un peu avec le sexisme…)

humour-moderne

Demain, je vous parlerai d’une vanne trèèèèèèès populaire sur les Internets que je ne supporte plus.

 

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Vengeance, à servir glacé

L’autre jour, je lisais un blog voisin et néanmoins ami (celui de Lilvirgo, pour pas le nommer) sur lequel j’ai lu un débat sur la vengeance (suite à une rupture), ce qu’il était
bon ton de faire ou pas. Bon, et ben moi, ça m’a inspiré, voici le résultat de ma réflexion.
 
VengeanceCover
 
Bon imaginons que quelqu’un vous blesse, de préférence votre moitié qui vient de vous larguer comme une vieille chaussette malodorante et trouée. Forcément, vous le prenez un peu mal, c’est naturel. Donc après les larmes vient la colère et là, vous avez envie de lui décalquer sa tête à ce bâtard de sa race (oui, c’est fou comme la colère favorise la vulgarité). Et c’est là que pointe l’envie de se venger, de taper là où ça fait mal, c’est-à-dire sous la ceinture. C’est fou comme des personnes plutôt douces et sereines peuvent se montrer perverses en cas de vengeance. Tu as voulu voir mon mauvais visage ? Et bien tu vas souffrir !
 
De façon tout à fait personnelle, je n’ai pas le goût de la revanche car je ne suis pas très rancunière. Soit je réagis de suite (et je ponds des articles assassins, par exemple), soit je laisse pisser. Or avec le temps, ma colère s’apaise d’elle-même et je ne vois plus l’intérêt de se venger. Parce que je suis une personne très snob, je ne trouve personne digne de ma haine. L’indifférence est parfois une réponse bien cruelle aux provocations de certains. Pourtant, des idées de vengeance, j’en ai. J’ai été tentée à une époque de laisser des mots doux dans les chiottes du Marais genre « je suce au 06 .. .. » à un petit con à qui ça aurait fait les pieds. Mais comme j’avais effacé son numéro de mon téléphone et que je pense pas toujours à avoir un marqueur dans mon sac, je ne l’ai point fait. En plus, j’aurais jamais su si ça avait marché ou pas, c’est frustrant quand même. Yojik avait suggéré sur le blog de Lil de laisser le numéro de portable de l’indélicat sur le site pour qu’on lui envoie tous un petit texto d’insulte… Tiens, idée remarquable mais :
– est-ce une bonne chose d’impliquer des lecteurs innocents dans un bête processus de vengeance
– est-ce que ça aurait marché ?
– est-ce que j’aurais pas eu des soucis avec la loi parce que je divulgue un peu des données persos et je suis pas sûre d’avoir le droit, surtout si c’est pour que monsieur (ou
madame) reçoive 50 textos du genre « t’as une petite bite, sale bâtard de ta race » (oui, nous sommes toujours en colère donc toujours vulgaire).
 
Pourtant, la vengeance, vile et débile, ça fait du bien, ça soulage. Quand l’autre empaffé a annulé notre week-end entre amants pour le 15 août, j’ai été tentée de lui envoyer des textos aux heures où il était avec sa dulcinée mais je l’ai pas fait car la pauvre fille ne m’avait rien fait, pas la peine de l’impliquer là-dedans. Puis il méritait pas que je m’énerve pour si peu (même si je paie pas les textos donc ça m’aurait rien coûté). Ben oui, moi, la vengeance, elle n’a jamais lieu parce que finalement, si je le fais pas de suite, je n’y pense plus. Je préfère garder ma rancune pour les gens qui le valent bien et ils sont pas très nombreux. Et puis la vengeance peut provoquer un cercle vicieux dont on se passerait bien. Je me venge, tu te venges, je me re-venge, tu te re-venges… Youpi, on est partis pour 10 ans, là ! En plus, ça monte toujours en puissance. Une petite vengeance entraîne une vengeance un poil plus grosse, qui entraîne une réponse un peu plus importante… Jusqu’à ce qu’à la fin, ce soit la guerre totale et meurtrière sans qu’on ne se souvienne plus vraiment ce qui a entraîné tout ça. Donc, petit conseil : si vous voulez vous venger de quelqu’un, évitez les personnes que vous aimez bien car vous risquez de les perdre.
 
C’est toujours ce qui me retient de pratiquer une vengeance dure et implacable : le risque que ça dégénère en guerre des nerfs (allitération en « ère »). Parce que,
moi, je suis une fille qui aime la vie, les papillons, les étoiles, les feuilles et même les loutres parce que c’est trop mignon. M’engueuler avec quelqu’un, ça doit être sur le moment, ça dure un quart d’heure et on n’en parle plus. J’ai pas envie de passer mes journées à ruminer ce que cette pétasse trop conne ou ce bâtard de sa mère qu’a couché avec le facteur (souvenons-nous que nous ne sommes pas fins dans ces moments-là) m’a fait et essayer de leur rendre la monnaie de leur pièce. J’ai pas le temps et ça fait longtemps que j’ai quitté la maternelle. Et puis surtout, après, je m’en veux. Pas d’avoir été salope mais de m’être montrée aussi petite que celui dont je me venge. Oui, sur le coup, ça m’a fait du bien, c’est vrai. Mais maintenant que je me regarde dans la glace, je me trouve un peu minable. Cette personne ne mérite même pas que je lève un cil pour elle alors se torturer l’esprit pour mettre en place une vengeance implacable, non, tu aurais mieux fait de t’abstenir. C’est finalement plus jouissif de regarder des personnes vous provoquer et ne pas leur répondre, les regarder faire avec un petit sourire en coin, comme on regarde un chiot essayer de bouffer notre pantalon. Parce qu’après tout, la vengeance, c’est un investissement en terme d’énergie de temps et d’énergie. Et moi, je veux pas les gaspiller pour n’importe
qui.
 
PS : Si certains se le demandent, oui, j’ai hésité à foutre un vrai numéro dans cet article, pour voir… Mais je suis restée sage !

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