Vais-je aller voter à la primaire socialiste aujourd’hui ?

Je commence cet article sans savoir comment il va finir car, quand je débute l’écriture de cet article, à savoir samedi soir à 19h57, j’en sais encore rien… Et j’espère que cet article m’aidera dans mon choix. Oui, mon blog me sert à prendre des décisions, pratique… Alors, la primaire socialiste, j’y vais ou j’y vais pas ?

les sept candidats à la primaire socialiste de 2017

Prenons en compte différents éléments :

  • Je dois sortir de toute façon

Premier argument minable, certes, mais qui a du poids dans la balance, ne nous mentons pas. Pendant que vous lisez cet article (si vous le faites de 14h30 à 17h30), je suis en plein atelier yoga avec une nouvelle prof que je viens de découvrir et que j’ai trouvé super. Et que puis-je trouver sur mon chemin ? Un bureau de vote pour la primaire socialiste. Non parce que même si ce bureau est à environ 5-10 mn à pied de chez moi, j’avoue qu’au vu du temps, l’idée de s’habiller et de foutre le nez dehors juste pour ça, ça me motive que très moyennement…

Une femme fait du yoga dans une forêt, figure du pont

  • Je ne voterai pas PS au premier tour

Ah non, ça, c’est clair et net. Je suis cette génération qui a voté pour la Présidentielle pour la première fois en 2002… Pleine de prétention et d’idéaux, j’avais mis un bulletin Besancenot dans l’urne parce que le PS, ils étaient bien gentils mais ils étaient pas très à gauche quand même, je voulais envoyer un message. Enfer et damnation, pas de Jospin au 2nd tour mais un Le Pen tout triomphant. Je m’en suis longtemps voulu et ai renoncé au vote contestataire parce que “Front Républicain”, gna gna gna. Sauf que bon, pardon, mais si Le Pen s’est retrouvé au 2nd tour en 2002, ce n’est pas tant la faute de ceux qui n’ont pas voté Jospin au 1er tour… que ceux qui ont voté Le Pen justement. Depuis, j’ai à peu près toujours consciencieusement voté PS par prudence, jusqu’en 2012 donc… et depuis, c’est terminé. Pour info, le “front républicain contre le FN” n’est pas un programme. Et franchement, suite à la trahison totale que fut ce mandat, bien pire que ce à quoi je m’étais préparée, allez cordialement vous faire voir. Mon candidat pour le premier tour est choisi et il ne sera pas PS.

écologie

Même si ok, là, aussi, ça se pose niveau trahison

  • Et je ne suis pas sûre de voter PS au 2ème tour

Si tant est que le PS passe au 2nd tour, ce qui n’est déjà pas garanti. Mais imaginons un second tour Fillon-candidat PS, est-ce que ça ne vaudrait pas le coup de voter pour le candidat PS qui serait sans doute “moins pire” que Fillon. Là, j’ai envie de répondre “ça dépend”. Honnêtement, si c’est Valls jamais-de-la-vie-je-vote-pour-lui.

Manuel Valls en duck face

Allez, si, vote pour moi

  • Mais y a ce candidat qui me parle

Evidemment, je ne suis pas d’accord avec lui sur tout, tout, tout, et il dit aussi des conneries mais j’ai une certaine appétence pour ses idées. D’ailleurs, quand j’ai fait le test BFM pour savoir qui était mon candidat et je ne fus guère surprise du résultat. Oui, j’ai de la sympathie pour ce candidat et ses idées mais… Il reste quand même un sale goût dans la bouche, celui de la trahison… Désolée mais je vois pas bien comment passer au delà de cette enculade des 5 dernières années. Voter PS, ce serait un peu comme m’installer  avec un pervers narcissique, c’est juste insane.

Manifestations contre la loi travail et l'utilisation du 49-3 en France

  • Mais c’est sans doute élire le prochain chef de l’opposition

Considérant que, sans surprise, le PS ne gagne pas les élections, le nouveau patron peut potentiellement être le patron de la prochaine opposition (non parce que Macron et Mélenchon, ils sont mignons mais ils ne préparent pas du tout les législatives donc bon, pour représenter une opposition à l’Assemblée, ça va devenir compliqué) et vu que je sens que si Fillon passe, je vais vraiment pas aimer ce qu’il va se passer, j’aimerais un chef de l’opposition pas trop en mousse.

Renho Murata, chef de l'opposition japonaise

  • Juste pour dégager Valls

Oui, ok, je vais aller voter.

Bon, voilà, on va dire que selon le monde qu’il y a quand je passe, j’irai. Ou pas donc.

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Le jour où je n’ai pas voté

(C’était la semaine dernière, là, aujourd’hui, je vais me motiver et y aller).

 C’est un concours de circonstances. Dimanche dernier, je rentre d’un week-end travail en province et j’avais prévu d’aller voter au passage. Il est important de signaler ceci : comme tout ce qui est administratif et moi, ça fait 4, j’ai un peu omis de signaler à la mairie que j’avais déménagé (je sais, ça fait un an et demi presque). Donc mon bureau de vote est à 20 mn à pied de chez moi et j’ai un sac très lourd donc idée : je prends le train jusqu’à mon ancienne gare située à 2 mn max du bureau de vote.

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Sauf qu’évidemment, tout ne pouvait pas se passer comme prévu. Comme il n’y a pas eu le moindre os durant mon week-end, la vie s’est vengée : paf, grève des transiliens. J’arrive à la gare, je vois que le prochain train est à 18h50. Oh, ça va, c’est dans quelques minutes… Sauf que je réalise : là, il est 17h50 ! Je vais pas poireauter une heure… Donc changement de programme : je prends le métro, me tape 15 mn à pied avec mon sac plein de mon appareil photo, caméra et affaires de toilettes (et des fringues bien sûr mais ça
pèse quasi rien, ça), je pose mon sac à la maison et je repars voter. Parce que oui, je vais pas me trimballer pendant une heure avec mon fardeau.


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Métro, marche jusqu’à la maison, je me fais aborder par une petite gamine de 10 ans toute excitée car j’ai un sac TMF « hé mais ma maman, elle y travaille ! ». J’étais habituée à attirer les petits gamins mais si je commence à avoir du succès avec les pré ados, je crois que je vais changer de carrière et faire directrice de colo. Evidemment, ce qui devait arriver arriva : je rentre chez moi, calinou le chat qui était toute seule depuis vendredi matin, coup de fil à papa maman… Puis la flemme. Terrible. 19h, je suis étalée sur mon lit et là, j’avoue sans honte que la perspective de ressortir juste pour cliquer sur un bouton (je suis passée aux urnes électroniques) me paralyse. Tant pis, je jouerai au second tour.

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Et le pire, c’est que je me rends compte que je ne culpabilise pas vraiment. Voire même pas du tout. Merde ! Où est passée la fille qui expliquait le plus sérieusement du monde que je me devais de voter pour saluer la lutte de ceux qui sont morts pour le droit de vote. D’autant plus que je suis une femme, double lutte donc. Qui expliquait aussi qu’il était important de voter pour dessiner la société dont on avait envie. Bon, évidemment, on n’est pas toujours dans la majorité et il arrive qu’on puisse avoir la nausée quand on entend/voit
certaines choses mais au moins, on a essayé de faire barrage. Voter ne permet pas de se laver les mains, hein, ce n’est pas parce que la voix du plus grand nombre a parlé qu’il faut soupirer en se disant qu’avec de la chance, dans 5 ans, les choses changeront et qu’en attendant, on va se fermer les écoutilles. Mais quoi qu’il en soit, je n’ai pas culpabilisé, je n’ai pas eu honte en voyant les chiffres de l’abstention… De toute façon, c’est pas ma faute, c’est celle de la ratp-sncf qui a fait grève, voilà.

greve.jpg 

Mais bon, comme j’ai un peu peur d’avoir fait se retourner Olympe de Gouges dans sa tombe, cet après-midi, j’y vais. Ca me fera une balade !

 

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