Remplacer le besoin par l’envie

Est-ce le mauvais temps ? Cette pluie incessante qui nous rince depuis des mois et des mois, ne nous offrant que quelques jours de répit ? Toujours est-il que je ressens comme une tension, une grande envie de rupture entre les salariés et les entreprises. Entre les sphères dirigeantes et les sphères salariales, ça passe plus très bien. Je vous propose donc une petite trilogie d’article sur le sujet, histoire de.

Quand on était petit, on nous demandait toujours quel métier on avait envie de faire plus tard. Moi, selon les jours, je répondais écrivain, architecte, archéologue, prof, coiffeuse ou assistante sociale (mais je savais pas trop ce que ça voulait dire). J’ai même caressé l’idée pendant une dizaine de jours de devenir opticienne parce que les illusions d’optique, c’est ultra cool… Bref, petits, si on nous présente le travail comme un passage obligé (je n’ai jamais entendu un enfant répondre « rien, je veux pas travailler), il était associé à une envie.

25 ans plus tard, je fais un métier qui n’existait pas à l’époque où on me posait ce type de questions et je me rends compte que les enfants qui répondaient hier avec enthousiasme sont complètement blasés. Écoutez vos collègues, vos amis, lisez les forums ou les blogs. Écoutez la longue litanie des soupirs, des « j’en ai marre de ce taf/de cette boîte », « j’ai pas envie d’aller bosser » qui ne tiennent pas du caprice mais bien d’une lassitude. Entendez ceux qui n’en peuvent plus, prêts à démissionner sans avoir de nouveau contrat derrière, les « s’ils me refusent les vacances, je démissionne ! ». On ne travaille plus par envie mais par besoin, pour gagner sa croûte. Faites ce simple test « si tu gagnes au loto, tu t’arrêtes de bosser ? ». Qui vous répondra non sans nuance ? La nuance étant « non mais je vais monter ma boîte » ou « je vais bosser dans une ONG ».

Oh évidemment, ça n’a rien de neuf, mais j’ai la sensation qu’avec la crise, c’est pire qu’avant. Ça m’agresse. Non parce qu’en tant qu’empathique, les manques d’élans me contaminent. Partout, l’envie a trépassé. A-t-elle seulement existé ? Les joyeux salariés ne sont-ils pas une utopie ? Un mensonge institutionnalisé pour qu’on fasse la roue à la signature de notre premier CDI, qu’on accepte sans broncher de passer 10h de notre journée à trimer ? Et encore, moi, ça va, j’ai le cul posé sur une chaise toute la journée, seuls les yeux ont morflé pour le moment. Quelqu’un croit-il encore à cette mascarade ? Les salariés sourient-ils en dehors des soirées corporate abondamment arrosées, séminaires et photos institutionnelles ? Les RH sont-ils réellement convaincus de nous donner les clés du paradis quand ils nous offrent un contrat ? La seule façon d’être heureux au boulot est-il de créer sa propre boîte ou d’abandonner la moindre ambition, d’exécuter mécaniquement ses tâches en pensant avec envie à nos activités annexes ?

En attendant, salariés et patrons se livrent une guerre insidieuse, multipliant fourberies et coups bas. Parce que oui, autant le dire, y’a des coupables dans les deux camps. Je vous parlerai de ça jeudi et vendredi (parce que mercredi, c’est encore et toujours mariage).

PS : cette trilogie est une facétie de ma part : je la publie pile pour ma dernière semaine de vacances ! Oui, j’aime prendre mes vacances pendant que vous retournez au boulot, tout déprimés.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Je suis officiellement traumatisée

Mais je me soigne.

La semaine dernière fut particulièrement pénible pour moi. Vous savez, ces semaines où les pépins s’accumulent, où un dossier n’avance pas, où votre prestataire vous prend clairement pour une conne et vous vous faites engueuler par votre client car le presta est rentré chez lui sans avoir terminé l’appli Facebook et que c’est forcément de votre faute. Dieu merci, cette cliente qui s’est bien énervée après moi (moi en tant que personne étant encore au bureau et non pas en tant que Nina, c’est important de le signaler) est une fille extra et a fini par s’excuser de s’être emportée. 

tornade_02.jpg

Bref, la semaine dernière, j’étais déjà un peu à fleur de peau quand je reçois une invitation à une réunion « point projet Pouet ». Pour ceux qui en douteraient, Pouet n’est pas le vrai nom du projet… Ce projet m’a été confié il y a un peu plus d’un mois, c’est un peu mon bébé. Ceux qui jouent au Sims savent bien ce qui arrive quand on ne s’occupe pas de son bébé : une assistante sociale vient le chercher. Ben pour le projet Pouet, elle est passée parce que je suis coupable d’abandon parental. Donc je m’attendais à un soufflon monumental, pas forcément légitime vu que j’ai pas le temps de m’en occuper car les dossiers en cours me prennent tout mon temps. Laurent, le directeur du pôle, m’invite à le suivre à la cafèt’, je prends mon air détaché mais dans ma tête, la petite fille bonne élève pleure. On s’asseoit face à face. « Alors, tu en es où du projet Pouet ? T’as pu avancer ? »; Le ton est calme, la question directe et néanmoins surprenante : Laurent introduit dès le départ la possibilité que je n’ai pas eu le temps d’avancer.

« Non, je suis vraiment débordée avec client Number One ». Notez ma franchise. En même temps, je sais pas mentir.

« Oui, je me doute. Ecoute, demande à Guillaume de voir quelle stagiaire peut te seconder, on va y arriver. Y a pas de date précise donc pas de panique ».

photo-copie-1.JPG

NOM DE DIEU ! Du coup, je suis reboostée à mort, je lui ai parlé des idées que j’avais, de ce que j’avais envie de faire. Après cette petite réunion, j’ai réalisé alors à quel point j’avais été traumatisée par Pubilon et dans une moindre mesure par la-boîte-qui-n’a-pas-de-nom avec des managers accusateurs qui te reprochaient juste de ne pas avoir fait certaines choses sans chercher à comprendre pourquoi. Et j’ai pris une leçon de management au passage. Bon, il est à noter que j’avais signalé ce problème de temps sur ce projet précis lors de
mon entretien de fin de période d’essai (auquel Laurent n’a pas assisté) et l’agence tourne clairement en sous effectif. Parce que concrètement, me dégager du temps pour le projet Pouet signifie charger la charrette déjà à rabord d’un autre collègue. Pour le moment, nous ne sommes que 2 community managers – chef de projets SM, un troisième arrive mais les projets étant distribués par
affinité, je serai toujours la chargée des marques de cosméto, un de nos gros secteurs. Et je suis l’experte 2.0 donc la seule habilitée à communiquer avec des blogueurs ou presque. Bref, je suis charrette de chez charrette.

ane-et-charrette.jpg

Mais cette petite anecdote professionnelle m’a permis de respirer, de gagner en sérénité et j’en avais cruellement besoin suite à mes dernières expériences navrantes et, in fine, traumatisantes. Je reconstruis petit à petit ma confiance en moi sur le plan professionnel, j’essaie de ne plus avoir un ulcère à l’estomac in progress dès que je reçois un mail d’un de mes supérieurs hiérarchiques. Mon entretien de fin de période d’essai a été plus que concluant. On ne peut pas faire illusion pendant 3 mois si on n’a pas un minimum de compétence et de sérieux. Respire ma fille, ça va bien se passer.

respire.jpg

Travailler en bonne intelligence, ça détend. Ce qui n’a pas empêché Laurent de me coller un nouveau projet (plus léger) en fin de journée. De toute façon, la vie privée, ça sert à rien.

PS : ma dernière phrase est une boutade, pas taper, surtout toi, qui te reconnaîtra !

Rendez-vous sur Hellocoton !

L’ambition, c’est pas tout dans la vie

Mon cher moi d’avant,

Ca faisait longtemps que j’avais pas pris ma plume virtuelle pour t’écrire. Tu as désormais 15 ans et tu assistes à ton premier forum des métiers. Pendant longtemps, à chaque fois qu’on te demandait ce que tu souhaitais faire dans la vie, tu répondais selon ton humeur du jour : prof d’allemand (ahah, tu as toujours été mauvaise), archéologue, prof
d’hist et géo (t’étais pas si loin), coiffeuse, assistante sociale, chanteuse avec guitare. Ah sur ce point, laisse tomber, 16 ans plus tard, tu n’as toujours pas appris à en jouer. Mais à 15 ans, suite à ce forum des métiers, tu te décides : tu seras journaliste.


journaliste.jpg

Je vais pas faire durer le suspense bien longtemps : ça n’arrivera pas. Une petite chronique dans un journal people mais rien de plus. Pleure pas, tu feras autre chose (et tu seras par conséquent mieux payée, en fait). Tu vas pénétrer dans l’univers magique de la comm-marketing. Sans jamais l’avoir étudié, je sais mais tu apprendras que rien ne vaut
l’école du terrain tu sais. Tu seras community manager mais tu ne sais pas ce que c’est, ça n’existe pas encore. Déjà, à 15 ans, tu n’es pas connectée à Internet, tu sais que ça existe mais tu as du mal à comprendre ce que c’est précisément. Tu le découvriras bien assez tôt (et tu seras complètement accro, c’est moche un peu).

barbie-geek-geekette-rose.jpg

Pourquoi je te raconte ça ? Pour t’apporter un peu d’insouciance ma fille, tu vas un peu en manquer de 20 à 25 ans, pensant que réussir était tout dans la vie. Et bé non. Déjà, la réussite, c’est subjectif. Mais écoute la vieille que je suis. Longtemps, j’ai cru qu’il fallait aller vite et haut, aucune alternative. J’ai donc voulu courir pour tout faire vite. J’ai toujours eu cette urgence de vivre, je me calme que depuis très récemment, t’as pas fini de galoper ma fille. Tu vas avoir une vie professionnelle intense sauf que tu vas avoir du mal à comprendre qu’il ne faut pas courir dans les escaliers; chaque marche compte. Dans chacun de mes précédents boulots, à peine installée sur une marche, je me questionnais déjà sur la suivante.


escalier-demi-marches.jpg

Et puis je suis arrivée dans ma nouvelle boîte. Où je bosse sous les ordres de gens plus jeunes que moi. Sur le coup, je me suis posée la question, je t’avoue : aurais-je un peu raté ma vie ? Bon, ok, à 31 ans, c’est un peu chaud de se condamner. Puis j’ai réfléchi : de 1, j’ai des expériences diverses et variées qui me servent quoi qu’il arrive. De 2, pour une fille qui n’a fait aucune étude dans le marketing, je m’en sors très bien. Tu m’entendrais parler, on dirait que j’ai fait ça toute ma vie. De 3, j’en ai marre de courir. Je comprends ENFIN que c’est pas l’essentiel. Là, je suis bien dans mon job, je me fous de l’échelon supérieur parce que là, je ne cherche pas à aller plus haut, je cherche d’abord à stabiliser. Parce que grimper en courant un immeuble branlant, c’est risquer de se casser quelques dents. Et si mon dentiste m’aime bien, il me coûte cher quand même. Il faut prendre le temps, ma fille. Et ne pas placer ses oeufs dans le même panier. L’ambition, c’est important mais ta vie ne se résume pas à ton statut professionnel. Tu as aussi des amis, des amours, une famille, des
activités. 

une-personnalite-ouverte-et-sociable.jpg

Alors écoute moi, jeune fille et note ce que je te dis. Oui, tu peux le faire avec ton stylo turquoise. Tu dois avoir une ambition, une seule dans la vie, le secret de tout : arriver à l’équilibre. En somme avoir un boulot qui te plaît mais ne pas arrêter de vivre pour autant. Parce que même si tu travailles bien et que tu aimes ton taf, il y a des jours où ça coince, où la loi de Murphy te moisit tout ton dossier. Et ce jour là, tu as besoin de souffler, de passer une soirée à te détendre en bonne compagnie, à te défouler dans un bassin… Bref, la vie professionnelle, c’est comme la vie amoureuse, c’est pas rose tous les jours non plus. Alors ne mise pas tout dessus, tu finiras en nervous breakdown.

Rendez-vous sur Hellocoton !

L’univers infini des possibles professionnels

Ma chère moi d’avant,

Mon article d’hier ayant des relents d’adolescence, j’ai eu envie de t’écrire . Pas de sexe, du coup, je ferais dans le redondant mais parlons plutôt avenir professionnel. Que je suis sérieuse tout à coup, je sais mais t’inquiète, je vais pas te faire la morale. Je ne devrais pas te dire ça mais ta manie de ne pas faire tes devoirs ne t’a pas nui. Mais peut-être qu’un peu plus de sérieux t’aurait permis de…  je sais pas.

martineenthese.jpg

Bref, parlons de ton avenir, fillette. Depuis tes 15 ans, tu as décidé, tu seras journaliste. Et bien sache que tu as relativement manqué ton objectif mais t’inquiète, hein, tu vas devenir community manager, un métier qui n’existe pas encore à l’âge des rêves de carrière mais pas de panique, ça ne fait pas mal. Mais ce qui est un peu triste à mon âge, c’est que mon univers des possibles s’est considérablement rétréci. Ben oui, au collège-lycée, les possibilités sont nombreuses. Avant de vouloir être journaliste, tu as pensé à être prof, archéologue, architecte, opticienne, coiffeuse, assistante sociale, photographe, écrivain… Bref, ça changeait un peu tous les jours mais tu avais le temps. Après, tu t’es rendue compte en grandissant que : tu étais atrocement nulle en géométrie et incapable de faire un rectangle parfait… TU te souviens, en CM2, toutes ces récréations que tu as passé à refaire ton rectangle car il faisait 9.8 cm de côté et pas 10 tout rond ? Ouais, j’avais une instit super pointilleuse. Même en seconde, en cours de dessin, quand tu as dû faire une nature morte, tu étais la seule à avoir un cadre totalement foiré (mais j’ai eu 12 malgré tout, j’étais pas si nulle). Donc l’architecture, c’était mort. Tu t’es aussi rendue compte que les sciences et toi, au-delà du niveau C’est pas sorcier, tu étais nulle (excepté pour les cours concernant la génétique et la reproduction, tiens). Et c’est après un terrible babysitting de 15 jours en Pays Basque que tu as
compris que tu n’aimais pas vraiment les enfants, sauf exceptions et que ta patience était somme toute très relative. Mais malgré ce manque de talents dans certaines filières, tu pouvais rêver.

reveuse.jpg

Aujourd’hui, j’ai 30 ans et l’univers des possibles est plus que limité. D’abord parce que j’ai fait des études : je suis partie en littéraire, j’ai eu une maîtrise d’histoire, de science politique puis un master professionnel de journalisme. A partir de là, ça paraît compliqué de devenir architecte (outre le fait que je ne sais pas faire des rectangles parfaits au millimètre). Pourtant, il m’arrive encore d’avoir des lubies professionnelles. Quand je vais dans une expo bien foutue, je me rêve scénographe. Quand je regarde les photos des magazines (pas celles de mode, celles qui illustrent des articles généraux), je rêve de faire de la photo kitsch. Ouais, je sais, ça peut paraître bizarre mais j’adorerais mettre en scène des photos illustrant un premier rendez-vous amoureux ou le stress au boulot, c’est limite de la BD. Sauf que je sais pas dessiner, malgré mon épique 12 en nature morte. Et puis des fois, je me dis que tiens, je pourrais devenir fleuriste (malgré mon allergie au pollen) ou scénariste. Sur ce dernier point, après tout, rien n’est perdu, ma carrière (enfin, au bout de 3 ans à temps plein, ça fait un peu prétentieux de parler de carrière) restant toujours connectée à l’écriture mais bon, je me connais. Ecrire des conneries, ça va m’éclater 5 mn, mettre en scène la perversion de personnages naturellement vicieux et mauvais mais au bout d’un moment, stop.

mr-gigard.jpg

Alors tu dois trouver ce que je te raconte bien triste mais ma fille, c’est la vie. Puis t’inquiète pas, tu vois, à 30 ans, j’ai encore des lubies professionnelles, comme toi. Juste qu’après, les lubies ne payant pas le loyer, j’ai un vrai métier qui me rapporte de vrais sous à la fin du mois. Et je vais te dire, je crois que pour certains jobs, vaut mieux que ça reste du domaine de l’imagination, la réalité est toujours beaucoup moins drôle.

secretaire.jpg

Bon, allez, c’est pas tout ça, file faire tes devoirs. On ne sait jamais, ça peut servir.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Non, non, je n’’aurai pas de résolutions !

J’avais décidé l’autre jour de pas faire de bonnes résolutions cette année parce que je les tiens jamais. Mais en lisant le blog des dacrew, ben, ils m’ont donné envie quand même ! Mais comme ça ne sert à rien, je vais un peu appeler ça mes « vœux pieux ». En gros ce que je veux pour 2007 pour que ma vie soit plus belle et que beaucoup de choses, je pourrais les faire toute seule.

En fait, jeudi, j’ai commencé un article où je m’adressais à Dieu, en toute modestie, et je lui demandais des choses. Je commençais par « Alors, déjà, pour la santé, si ça pouvait continuer comme ces derniers temps, ce serait cool parce que j’ai pas été malade depuis juin et ça me va bien ». Du coup, vendredi, je me lève et je suis malade à crever donc je vais arrêter de demander des trucs à Dieu et comme le Père Noël et le petit Jésus sont trop joueurs aussi, je vais rien demander à personne, je vais juste dire ce qui serait bien de faire.

Alors pour moi 2007 devrait être l’année de : mon premier CDI. Ou du moins d’un peu plus de stabilité au niveau boulot. Ouais, je sais, c’est super récurent comme vœu, je vous emmerde avec ça mais c’est important pour moi. Pas important, ESSENTIEL. Bon, je vous ai déjà dit dans un précédent article que je bossais mon relationnel, que je fais plein de trucs et tout ça donc je vais pas te réexpliquer 107 ans la même chose car je pense que tu es suffisamment intelligent pour avoir compris ce que je disais et que tu ne souffres pas d’Alzheimer (et non, je ne dis pas de mal des gens qui souffrent de cette maladie). Mais, curieusement, je suis assez optimiste sur le sujet, cool !

Bon, le boulot, c’est fait alors parlons de ce que j’aimerais faire si je me sors un peu les doigts du cul cette année :

– travailler mes langues. Notamment l’anglais, je parle pas de trucs cochons, là. Et si je me bougeais pour apprendre un peu le russe, ce serait cool.

– faire toutes les choses que je dis que je vais faire. En gros, écrire la suite de Technopolis que j’ai commencé y a trois ans, tricoter un peu plus que trois mailles tous les 2 mois, écrire, écrire, écrire… Et faire les t-shirts vingtenaires, depuis le temps que je le dis… Faire des travaux manuels parce que ça m’occupe.

– arrêter de fumer. Bon, ok, c’est déjà fait depuis quasi quinze jours (yeah !) mais chez mes parents, c’était facile. Hier, je suis allée au café avec un éminent blogueur de passage dans ma région et qui m’a gentiment refilé sa crève (‘foiré !) et des tas de gens fumaient et là, ça m’a un peu démangée mais j’avais pas de clope à disposition et j’ai pas cherché à en avoir. Mais bon, à mon retour, ça va être hard quand même parce que, ici, j’ai pas l’habitude de fumer mais là-bas… Mais bon, il me suffit de penser au 15 à 20 euros d’économisés par semaine pour me motiver.

– avoir un corps de rêve. Ce qui veut dire faire du sport (et la brouette, ça compte pas). C’est à dire dépoussiérer mon rameur, par exemple, apprendre le roller avec un charmant jeune homme et même aller à la piscine à quelques centaines de mètres de chez moi.

– être mieux organisée, histoire d’avoir le temps de faire des choses

– arrêter de perdre du temps à faire des choses qui ne me font pas avancer. Oui, regarder des conneries à la télé, ça détend, jouer au poker sur le net aussi (mais je paie rien, hein !) mais c’est pas comme ça que je trouverai du boulot et que j’écrirai tous mes articles

– arrêter de me faire virer des assedics tous les mois parce que j’oublie de dire que j’ai pas de boulot

– réaménager mon appart parce que j’aime plus du tout la disposition actuelle

– me faire de nouveaux amis parce que j’aime bien faire de nouvelles rencontres

– arrêter d’être trop gentille parce que pour ce que j’en suis remerciée, ben merci… Je ne serai plus l’assistante sociale ou la psy des gens qui ne sont jamais là quand j’ai besoin d’eux. Sans être une partisane du donnant/donnant, arrive un moment où le système donnant/prenant ne fonctionne plus. Je ne veux plus passer mes journées à jouer les psy sur MSN, ça me bouffe trop de temps.

Si tout ça pouvait se réaliser, ce serait cool et ce sera essentiellement grâce à moi. Pour beaucoup de trucs, y a que moi qui peut le faire… Mais bon, ceci n’est pas une liste de résolution, c’est juste ce qui serait bien que je fasse dans ma vie… Et pas juste en janvier !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Célibataire vs fille maquée

Si on schématise très grossièrement, il y a deux types de filles, celles en couple et celles célibataires. Les célibataires, y en a de tous styles, celles qui le vivent bien
(« bah, ça viendra quand ça viendra, je suis trop canon pour finir seule, de toute façon, puis je vois pas pourquoi je devrais avoir un mec à tout prix, j’existe sans ça ») et celles
qui le vivent mal (« bouhouhou, mais pourquoi personne il m’aime ? »). C’est plus ces dernières qui m’intéressent.

 

Pendant 4 ans et demi, j’ai occupé le rôle de la « bonne copine en couple », celle qui est censée mieux s’y connaître en mec que Brigitte Lahaie alors que je sortais avec
un homme en particulier, pas avec tous. Je m’y connaissais en Guillaume 1er, pas en Jean-Luc, Paolo ou Arthur. Oui parce que, lecteur, c’est pas un scoop, tous les mecs sont pas
pareils et je sais pas pourquoi Arthur répond pas au texto trente secondes après l’avoir reçu ou pourquoi Paolo ne comprend pas qu’on le drague. Ce n’est pas parce que je sors avec un homme que j’ai la recette magique pour sortir du célibat. Honnêtement, Guillaume 1er, je l’ai rencontré à la fac, je n’ai rien fait pour le séduire et voilà. Alors je donne quoi comme
conseil ? « Va dans des lieux publics et attends » ? Oui ben elle va être bien avancée ma copine célibataire, tiens.  Or, c’est dur d’être la fille maquée de service, je m’explique.

Une fille en couple doit être heureuse, c’est mathématique. Donc elle doit écouter avec bienveillance les soucis de l’amie célibataire qui le vit mal. Elle doit écouter pendant des
heures des « mais pourquoi les mecs veulent pas de moi ? » en sortant juste des « mais tu es très bien, t’inquiète pas ! ». La fille maquée n’a pas le droit de se plaindre. Non, elle peut pas ! Parce que si elle commence à faire remarquer que tout n’est pas rose dans une vie de couple, elle se prend un cinglant « Oh, ça va, te plains pas, t’as un mec, toi, au moins ! ». Sauf qu’en vérité, autant la célibataire envie sa copine en couple, autant la réciproque peut être vraie.

Etre en couple, c’est pas une joyeuse balade tous les jours. Bon, au début, c’est magique, on vit sur un petit nuage, tout le monde est beau, tout le monde est gentil, même cette
connasse du supermarché qui n’a ni bonjour ni au revoir à son vocabulaire. Mais bon, petit à petit, on redescend du petit nuage. On n’aime plus passionnément, on aime tout court. C’est pas le bagne la vie de couple, c’est vrai que c’est bon de retrouver quelqu’un le soir quand on rentre chez soi, d’avoir un confident en permanence, de partager des tas de choses. Mais bon, c’est aussi se taper les copains de monsieur, y compris ceux qu’on aime pas, faire des concessions pour que tout aille bien… Ca veut pas dire qu’il faut tout sacrifier, hein, mais quand on vit à 2 dans 27 m², on peut pas tout faire non plus. Bon, bref, être en couple, c’est bien mais pas que.

Ainsi, quand une amie célibataire nous raconte avoir rencontré un mec, le premier baiser et tout ça, ben on l’envie. Quand j’étais en maîtrise science po, vers la toute fin de mon
histoire avec Guillaume 1er, alors qu’on avait des relations bien plus amicales qu’amoureuses, ma copine Nyna a rencontré un homme. Elle me raconte donc la rencontre, la soirée, le premier baiser, j’en frissonnais de partout. Bon, certes, ça n’allait plus du tout dans mon couple donc ça n’aidait pas mais c’est vrai qu’être en couple, ça veut aussi dire ne plus tomber amoureuse d’un mec, ne plus se laisser emporter par une aventure ni rien. La frénésie du début est loin et la routine, c’est quand même chiant, des fois. Mais on n’a pas le droit d’ouvrir la bouche sur ce sujet car « oh ça va, te plains pas, t’as un mec, toi, au moins ! ». Et alors ? Etre en couple, tout comme le célibat, c’est un état de fait avec ses avantages et ses inconvénients, pourquoi la célibataire a le droit de se plaindre de son état et pas la fille en couple ? C’est quoi ce racisme ? Je lis actuellement un livre, « le musée de
l’homme » de David Abicker, un petit bijou drôlissime, un homme trentenaire qui sort des considérations sur tout et qui me fait mourir de rire, je vous en reparlerai quand je l’aurai fini. Bref, dans ce livre, à un moment, monsieur espionne sa femme et ses copines célibataires et ça donne :

« Tu as de la chance, toi, tu as trouvé l’homme idéal.
– Ouais, dit ma femme, pensive.
– C’est vrai, t’as du pot

– Mais qu’est-ce qu’on a, franchement ? Dès qu’on s’attache, ils se tirent. Et dès qu’on les drague, ils se tirent

– Y en a même qui se tirent avant même de nous rencontrer. [Que cette phrase m’a fait rire, j’ai l’air très fine quand je me marre toute seule dans le métro]

– Vous savez, femme mariée, c’est pas tous les jours dimanche ! »

C’est carrément ça ! Parce qu’on a un homme, tout doit aller dans le meilleur des mondes, t’as pas le droit de chouiner, ma petite, toi, tu as une moitié. Bien sûr, il ne s’agit pas de se plaindre tout le temps, ce n’est pas ce que je dis non plus, mais si y a un truc qui nous pèse, une anecdote qui nous a gonflé, on a le droit de le dire, non ? Ben, apparemment, non… Les seuls motifs de plainte acceptés sont « j’ai pas de mec et c’est dur ! ».

En fait, on en revient encore à cette espèce de conception : à un, on est incomplet et malheureux, à deux, on est complet donc heureux. Donc on peut aisément jouer le rôle
d’assistante sociale auprès de nos amies tendance Bridget Jones. Parce que si on regarde toute la littérature qui nous est destinée, à nous, les femmes, c’est toujours pareil, la course à l’Homme, celui qui va nous épouser et nous faire des bébés. On nous fait croire que le célibat est une tare, qu’on doit pleurer tous les jours sur la place inoccupée dans notre lit, sur notre marteau qui n’a pas d’homme au bout (alors que je sais très bien me servir d’un marteau toute seule, même que j’ai monté mon bureau comme une grande, sans aide masculine). Pourtant, je ne pense pas être anormale mais je ne pense pas tout le temps « merde, je suis célibataire, je suis pas normale. » Y a même des moments où je ne capte même pas que je suis célibataire parce que j’ai pas le temps de me pencher sur ma vie sentimentale. Et puis même, mon célibat, c’est juste un état de fait. Je n’ai pas rencontré d’homme pouvant devenir un petit ami et c’est tout. Bon, c’est sûr, moi, en ce moment, c’est facile de relativiser : je bosse chez moi donc je rencontre personne donc mon célibat, c’est un truc normal. Puis qui dit célibat ne dit pas abstinence (héhéhé !). Bref pourquoi faut toujours se plaindre d’être seule ? Et pourquoi faire chier celle qui est en couple sur le sujet ? Après tout, ce serait plutôt normal d’en parler avec une compagne de galère. La fille en couple, elle, il vaut mieux écouter ses récriminations et se dire que, finalement, le célibat, c’est pas si mal !

Rendez-vous sur Hellocoton !