Quoi ? On ment sur les réseaux sociaux ?

La semaine dernière, l’univers des réseaux sociaux a subi un véritable séisme : Essena O’Neill, star d’Instagram, a fait une terrible révélation : tout n’est pas si rose au pays de la photo de smartphone refiltrée. Et oui, on peut être star d’Instagram, chut. Essena a poussé un cri du coeur : “non, les réseaux sociaux, c’est pas la vraie vie”. Mazette, quelle révélation !

Ceci est une pause tout à fait naturelle

Ceci est une pause tout à fait naturelle

Il y a un bon paquet de temps, j’ai eu pour ambition de rédiger quelques articles appelés “mise en scène du soi sur les réseaux sociaux” parce que oui, tout est orchestré pour faire un peu rêver. Je veux dire, qui irait sur les réseaux sociaux si c’était pour voir la gueule des autres au réveil ou pour lire des “aujourd’hui, il ne s’est rien passé” ? Les réseaux sociaux, c’est le plus grand soap opera du monde : du rire, des larmes, des grossesses (beaucoup, d’ailleurs, mon entourage ne semble pas concerné par la baisse des naissances en France, j’ai presque plus vite fait de faire la liste de mes copines pas enceintes que celles qui le sont…), des mariages, des ruptures, de la violence… Un vrai cocktail d’émotion brute… ou presque.

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De temps en temps, je cause avec mon ex, Guillaume 1er, qui m’explique qu’il refuse d’aller sur Facebook parce qu’il veut pas que le géant américain sache tout de sa vie. Je peux comprendre qu’on se soucie de l’utilisation de ses données personnelles et de la protection de sa vie privée mais… on n’est pas obligé d’absolument tout partager non plus. Sur mon Facebook perso, peu de publications : mes voyages, quelques instants heureux, quelques articles plaisants. A la limite, mes likes et mes commentaires doivent en dire bien plus si on les cherche : “Bonjour, je suis féministe et gauchiste, je me sens d’humeur à expliquer aux machistes et xénophobes à quel point leur vision de la société pose problème”. En gros. Brut de pomme de décoffrage* la meuf. Et je me dis que mon vrai moi devrait un peu se calmer sur le sujet car on ne sait jamais qui lit la conversation et qui pourrait retenir mon nom en négatif. Genre le recruteur d’une trop super boîte où je pourrais postuler un jour, on ne sait pas. Mais voilà, sur mon vrai moi, en ce que je poste, y a pas grand chose sur Facebook et sur Twitter et LinkedIn, je suis insupportable de fayotage en mode “HE SALUT JE SUIS L’ACTU DES RESEAUX SOCIAUX, T’AS VU ?”

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Infographie piquée à Jérôme Deiss

Oui, on pose sur les réseaux sociaux, bien sûr qu’on pose sur les réseaux sociaux. Matez le profil de n’importe lequel de vos amis, vous noterez que les photos les moins avantageuses sont postées par les copains qui ont eu le taggage vache. Enfin, si la personne a eu le courage d’assumer… J’avoue sans honte m’être détaggée de photos où j’étais vraiment horrible, surtout celles datant des prémices de mon adolescence… Pour le reste, belles photos avec du sourire en veux-tu, en voilà, des cheveux shiny, un corps environ parfait, un lieu paradisiaque.

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Oui, on met en scène, quelle surprise ! Sur mes réseaux professionnels, je sélectionne les infos que je diffuse en fonction de l’image que je veux donner de moi. Lorsque je cherchais à quitter ma précédente boîte, j’avais envie de tenter l’aventure du côté du paid et du RTB et relayais de nombreux articles sur le sujet sur mes réseaux. Aujourd’hui, j’essaie de construire quelque chose autour de la data et de l’e réputation donc… Et j’évite de publier mes résultats à Candy Crush ou 2048 parce que non, ça ne donne pas une image de fille brillante qui résout des casse-tête mais plus une fille accro à son mobile (qui serait bien foutue de tenter de battre son record en réunion et de nous pourrir le Facebook avec ses invitations à jouer pour gagner des vies). Je ne comprends pas l’aspect révolution de ces révélations. S’il est drôle de voir les photos retouchées en mode “je fais genre que je passe un bon moment alors que j’ai posé pendant 3h dans le froid”, je ne vois pas qui est vraiment naturel sur ces réseaux sociaux. On ne poste pas gratuitement, jamais, il y a toujours un but… et celui-ci est quand même dans 75% du temps de donner une image de soi. Les 25% restants sont partagés entre la râlerie et l’envie d’expliquer à un inconnu qu’il a tort (je plaide complètement coupable).

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Parfois, j’ai envie de créer un compte “la vraie vie nulle de *pseudo à trouver*” justement pour illustrer le fait qu’on ne poste jamais rien par hasard sur les réseaux sociaux.

* Expression honteusement volée à Tutotal

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Bloguer, c’est immature

Préambule : alors que ce blog fêtait ses 9 ans (bordel !) le 24 mai dernier, date à laquelle je m’envolais pour Oman mais sans rapport, je l’ai un peu laissé tomber. Parce que ma vie, c’est un peu compliqué en ce moment et qu’en plus, j’ai téléchargé 2048(1), une énorme erreur, vous en conviendrez. Mais bon, je reviens et je ressors du placard cet article débuté il y a un mois ou deux (voire 3) car il correspond bien.

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Titre choc pour contenu introspectif ou à peu près

Par le jeu des liens poussés sur les réseaux sociaux, j’ai découvert le blog Second Flore où l’auteure se remémore les début sur son aventure blogosphérique, à l’époque où les blogs étaient faits avec deux bouts de ficelle, sans autre ambition que de partager des trucs. Avant le blogomarketing, en somme. Un temps que les blogueurs de moins de 5 ans ne peuvent pas connaître.

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J’avais en ce temps là quelques ambitions, je dois le reconnaître. Je m’imaginais que j’allais devenir une sorte de Carrie Bradshaw à la française, les Manolo Blanik en moins parce que d’abord, j’ai été obligée de vérifier sur les Internets comment ça s’écrivait et qu’ensuite, je peux pas marcher en talons (j’ai légèrement le pied plat). Pourtant, avec mon mètre 56, j’étais pas si mal barrée que ça. Puis là, vous verriez mes sublimes racines châtains sous mon blond, je suis complètement Carrie quoi(2). Me manque que le poireau sur le menton, une silhouette svelte, une garde robe digne d’un daltonien abusant des acides et une chiantise extrême et hop, hop, je suis la Carrie de Paris. Donc voilà, j’avais de modestes ambitions, dans la droite ligne de ma vocation professionnelle de l’époque, puis les agences ont commencé à s’intéresser aux blogueurs, j’ai été contactée par des éditeurs, des journaux voulaient mon témoignage… Puis des blogueurs ont décidé de dire qu’ils étaient influents, qu’on était influents et ce fut le bordel. Sur ces points là, je vous renvoie aux articles de Second flore finalement, elle l’a écrit mieux que moi et je ne comptais pas plagier (donc épisode 1, épisode 2, épisode 3 et le mieux “comment les blogueuses ont tué Wikio”).

foule

Et puis, c’est parti dans tous les sens, une blogosphère avide de cadeaux et de billets sponsos a pris le devant de la scène, bête s’auto dévorant en permanence : je t’invite, tu m’invites. Je te mets sur un billet sponso, tu me mets sur ce week-end blogueur. Sans dévoiler toutes les coulisses, j’ai connu des blogs “influents” avec moins de 10 000 visiteurs par mois. Mais quand t’es dans le circuit, ça marche. D’autant que ces blogueurs “influents” sont globalement de bons clients. Même si ce sont des “personnalités compliquées” à gérer, tu sais que tu seras toujours bien reçu quand tu taperas à certaines portes. Bref, tout le monde se rue sur sa part du gâteau. Et moi ? Moi, j’ai un peu joué le jeu avant de finir par partir en courant, me replier sur mon coin de la blogosphère. Je n’ai globalement que peu de plaisir à rédiger des articles commerciaux, j’ai déjà pas le temps de voir mes amis, c’est pas pour passer mes soirées avec une bande de faux-culs qui t’adorent par devant et te crachent méchamment à la gueule par derrière (oui, vraiment, le lycée à côté, c’est le royaume des bisounours). Des fois, j’ai un peu d’envie face à certaines expériences qu’ils vivent car j’aime expérimenter mais je crois que je ne suis plus capable de concessions pour un week-end avec des blogueurs dont j’apprécie finalement peu la compagnie, à quelques exceptions près ou tester un truc incredibeul. Quant au tests produits, je suis en train d’essayer de sauver mon appart d’un tsunami d’objets inutiles accumulés au fil des années, je vais éviter de m’en rajouter. (3)

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9 ans. En 9 ans, j’en ai vu des blogs naître et mourir mais le mien est toujours là. La blogosphère n’a plus rien à voir avec ce que nous en faisions au début, on est passé du pique-nique sauciflard-rouge qui pique un peu à buffet petits canapés qui font bien – champagne. J’ai décroché de ce train là, oui. Mais pourquoi je continue à bloguer ? Quand je vois le nombre de gens qui ont un jour laissé de côté leur blog pour passer à autre chose. Vivre “la vraie vie”, comme on dit. Après tout, je n’attends plus rien de ce blog mais…

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Mais 9 ans. En fait, je n’ai jamais tenu quelque chose aussi longtemps. 9 putain d’années. Ce blog est plus vieux que mon expérience professionnelle, le seul truc auquel je me suis tenue avec un sérieux assez constant (sauf ce mois-ci). Alors oui, d’autres sont passés à autre chose mais mon blog a évolué avec moi. Ce n’est plus la vitrine de mes exploits sexuels, c’est moins la vitrine de ma vie perso. Je parle de tout, j’essaie d’éditorialiser, oui, non, peut-être. Ca me permet de continuer à écrire, des fois qu’un jour, je me foute sérieusement à l’écriture d’un roman ou quelque chose d’approchant. Parce que bon, rêver d’être publiée, c’est bien mais si j’ai rien à proposer, forcément… Ca n’aide pas.

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Alors pour cette 10e année, je prévois : des articles culture parce que ça m’amuse de parler des livres ou films passés sous mes yeux (surtout s’ils sont mauvais), continuer Audrey parce que ça me fait marrer, reprendre et finir mon histoire de sites de rencontre, entamer une nouvelle série sur les plans cul et puis reprendre un peu mon indignation, je m’endors un peu ces derniers temps. Et mes vacances à Oman, bien sûr ! Et puis ça me permet de tester de petits trucs qui me serviront pour mon taf ensuite… ou pas.

Happy birthday mon blog, c’est reparti pour un tour.

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(1) J’ai réussi à obtenir le 2048, oui, je bosse dur sur le 4096 maintenant.

(2) Ah oui, cet article date, je suis repassée brune entre temps mais mes vacances à Oman m’ont fait revirer au blond alors que c’est même pas ma couleur à la base.
(3) Par contre, si un marque est motivée pour m’offrir un pc de bureau tout intégré dans l’écran, je veux bien

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