Petit guide de survie en milieu urbain

Lecteur et surtout lectrice, tu le sais, la ville est une jungle avec plein de messieurs mal intentionnés à notre égard. Oui, on est belles et désirables mais on est nées comme ça, pas la peine de nous le faire savoir goujatement. Pour éviter ce genre de désagrément, il faut mettre au point la « je te vois pas attitude ».

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Globalement, j’ai jamais eu de problèmes majeurs dans la rue. Des dragueurs relous, oui, mais des agressions jamais. Le pire était le slave bourré qui m’a bien collée mais je m’en suis sortie comme une fleur. Jeudi soir, je rentre d’une soirée chelou (j’aimerais qu’un jour on m’explique pourquoi un mec fait semblant d’avoir super envie de me revoir pour m’effacer de MSN juste après alors que moi, je demandais rien du tout), je vois un mec pas clair du tout sur le quai. Il commence à me regarder d’une façon qui me plaît pas, je pressens le lourd. Donc je monte dans le métro et hop, je sors l’arme ultime : le livre. Oui, le livre, c’est mieux que le lecteur mp3. Pourquoi ? Parce que ça occupe les yeux. Vous évitez de croiser le regard du pervers sans que ça ait l’air fait exprès. Là, ça n’a pas raté, le mec s’est assis en face de moi et quand il a vu que je l’ignorais, il est parti emmerder une autre nana (puis une autre quand la première est partie, j’adore le concept). Moi, j’observais le manège derrière mon livre. Ca marche.

J’ai remarqué que l’attitude joue énormément dans le rapport que l’on a avec les autres dans la rue. De façon générale, j’ai de bons rapports avec l’autre. Je sais qu’il y a un ou deux connards qui vont mettre en comm « tu te fais pas draguer parce que t’es un thon, t’es insignifiante, personne te voit ». Hé bé non ! Dans la rue, je me fais arrêter tous les 2 mètres par des gens qui veulent un renseignement, une direction (les inconscients). C’est hallucinant, c’est tout le temps, mais c’est gentil. Je me fais draguer comme n’importe quelle fille mais en général, c’est gentil, des « vous êtes charmantes » et co mais personne ne m’agresse à part le slave (un autre a essayé de m’embrasser aussi mas j’ai esquivé et il a pas été violent). Alors, certes, je dois avoir une bonne tête mais quand même. En fait, j’ai une théorie : si vous avez peur de vous faire agresser, ça vous arrivera forcément. Question d’attitude. Anecdote perso : en 2005, je rentre chez moi, à Toulouse, en passant par une petite rue. Il fait nuit, il fait froid, il est 23h ou minuit, je sais plus. Je marche peinarde quand je repère une nana devant moi : elle a entendu mon pas et accélère. Du coup, j’accélère aussi, jusqu’à la faire limite courir. Je sais, j’ai été garce mais j’ai pas pu m’en empêcher car si elle s’était retournée, elle m’aurait vue moi et n’aurait pas eu peur. Moi, j’ai fait qu’à la faire courir un peu mais j’aurais été très conne, j’aurais pu l’emmerder plus.

Une personne dans la rue voit à votre démarche, vos regards et tout dans quel état d’esprit vous êtes. Il est plus facile d’aller «taquiner » une nana qui n’ose pas regarder devant elle, qui semble toute timide, donc fragile. Donc facile à impressionner. Donc proie. Donc pour éviter les relous en tout genre, y a pas de secrets : faut être conquérante. Mais pas trop non plus. Perso, je n’avais jamais réfléchi à mon attitude jusqu’à cette histoire de jeudi. Je marche en regardant un peu partout autour de moi, légèrement papillon (mais en fait, c’est que je vois rien, myopie forever), je marche d’un pas décidé, dans ma bulle. S’il le faut, j’ai foutu des tas de vents à des mecs sans m’en rendre compte. Je suis aimable quand on me parle, je donne des directions quand je les connais, je souris et remercie quand on me fait un compliment mais je ferme la porte à ceux qui veulent plus. Non, je n’ai pas le temps de boire un café, réponds-je avec un sourire, oui, je suis fiancée, dis-je avec un autre sourire. Et voilà, le mec me sourit aussi et n’insiste pas.

Ce serait donc ça le secret d’une vie sereine en milieu urbain ? Avoir l’air cool et détendue ? Concentrer son regard sur quelque chose pour avoir une bonne raison de pas voir le gros relou qui essaie de choper notre regard pour nous saouler ? Ben… on dirait bien que oui ! En tout cas, il est vrai que quand je marche dans la rue, j’ai jamais peur de me faire agresser ou autre. Je dois pas avoir une tête à ça.

Tel est pris qui croyait prendre

Par Océane
Alors, après avoir un moment envisager de vous narrer mes aventures version vieux magasine psycho à deux balles avec tout un tas de théories recyclées j’opte finalement pour une simple narration façon reportage animalier. Voici donc les dernières nouvelles en provenance de la jungle urbaine rose…
 
Rappel des faits :
A la base une mère célibataire se plaignant de la platitude de sa vie sentimentale et même sexuelle dont la courbe représentative rivalise avec la droiture scientifique de l’électro-encéphalogramme d’une momie de 3000 ans…
 
Suite à une remise en question nocturne profonde entraînant donc une sensation de solitude proche de celle qu’à dû ressentir machin lors de son ascension de l’Himalaya en solitaire, notre jeune mère célibataire décide de décrocher violemment de son train train et d’accepter  n’importe quelle proposition noctambule surtout si celle-ci est incongrue. Elle se retrouve alors à suivre une connaissance féminine à elle dans un bar salsa.
 
3 jours plus tard, notre sujet d’étude atterrit alors à quatre pattes dans les arrières cuisines dudit bar en train de se faire sauter par le barman (accessoirement cubain et frère du patron).
 
L’histoire n’explicite pas les raisons de cette fin mais plusieurs hypothèses sont envisageables :
– L’inaptitude totale du sujet à danser la salsa et à parler l’espagnol.
– L’incroyable don du sujet pour le zouk
– L’alcoolisme profond du sujet entraînant une consommation moyenne de 10 verres de vodka pomme par soirée.
 
Après cette escale imprévue sur un canapé cubain (oui les arrières cuisines cubaines sont prévues pour tout), le sujet est assez troublé : alors c’est ça la vie ? se faire troncher et puis basta ? Se demande-t-elle.
 
N’est-ce pas un peu dégradant ?
 
Sa réflexion se conclura par un magnifique « Je ne sais pas si c’est dégradant, mais sanitairement parlant, c’est salutaire ».
 
Un mois plus tard, notre sujet décide de tirer définitivement un trait sur ses fantasmes passés (puisque, petit rappel, elle prend un nouveau départ).
 
Afin de ne rien regretter, elle va donc passer une dernière soirée sur le lieu de travail de son ancien fil rouge à savoir Dj Kriss.
 
(NDLR : le Dj est une espèce rare et instable toujours à la recherche de nouvelle proie. Pour une raison incompréhensible, probablement un appel hormonal, les futures victimes se portent toujours volontaires. Une autre hypothèse pencherait pour un attrait social, mais aucune études sérieuse n’a jamais valider la question)
 
Une fois sur place et après avoir réglé les problèmes techniques (dus à un oubli de porte monnaie), le sujet passe sa soirée loin de son ex dulciné jusqu’au moment de la fermeture où elle se rapproche de son ex future proie. Car le sujet est bien élevée ! trop bien peut-être vu que dj Kriss fini dans son lit !
 
Celui-ci repart en lui faisant la bise car le dj, lui, est un goujat par définition !
 
Refusant toute réflexion métaphysique sur son manque total de volonté, le sujet part 15 jours en vacances loin du brouhaha nocturne…
 
A son retour, elle revient sur les lieux de son dernier péché afin de se faire un petit plaisir pervers : voir la tête affolée de son ex, le garçon rougissant facilement…
 
Sauf que l’imprévu s’en mêle et que l’acteur principal est encore en vacances.
 
Et ce qui est en passe de devenir un classique du genre se reproduit, encore : le sujet repart avec le Dj remplaçant !
 
Tel est pris qui croyait prendre…
 
Mais que doit penser le personnel restreint de cette petite boîte de nuit ?
 
Là n’est pas la question !!!
 
Car ce n’est pas encore la fin du reportage.
 
La suite des aventures de notre mère célibataire après la pub…