Comment j’ai séduit ma libraire. Episode I

Par Lucas

Dans la riante cité de Riches Lieux, où j’exerce la noble profession de chercheur d’emploi, il y a une P’tite Maison dans la Prairie de la Presse. Oui, une seule digne de ce nom. Dans cette boutique, on trouve aussi des bouquins et de la papeterie mais ce n’est pas l’essence de l’échoppe.

Cet endroit c’est un lieu de pèlerinage pour le lecteur qui a rendez-vous avec ses publications préférées.

Chaque jour, chaque semaine, chaque mois : peu importe. Il y a  toujours un retour en ces lieux et c’est tout ce qui compte.

Pourtant cette histoire n’a pas commencée à la librairie.

Elle a commencée par un impromptu.

Un repas au resto.

Dans une p’tite auberge chaleureuse, pas très loin de ma librairie chérie.

Pour un déjeuner, assis pas très loin de celle qui allait devenir ma libraire bien aimée.

Regardez-la…

Mieux que ça. N’ayez pas de scrupules.

Si son regard croise le votre, vous lui ferez un sourire et elle vous le rendra surement.

Et puis, elle repartira peut-être dans ses rêveries…


Ma libraire a souvent ce regard ô loin.

Pas nécessairement rêveur car le rêve a une connotation de bonheur. Mais il ne faut pas dire non plus qu’elle a un air triste et…
Pfff, pourquoi vouloir juger ?

On est souvent prompt à dire qu’une personne à l’air triste alors qu’elle est simplement partie très loin. Jugement porté sur un regard libre, jugement imprécatoire dans une société où la rêverie et l’envol vers des sphères légères sont mal vus.

Car il faut être sérieux.

Il faut donner une image respectable et le respect passe par un uniforme terne et triste : celui du visage fermé.

Point final.


Ce jour là, ma libraire avait donc un regard ô loin.
Un regard vague diront certains.

Mais « vague » sous entend qu’elle ne savait pas trop ce qu’elle faisait, qu’elle n’avait pas de destination précise, que son regard était dans un terrain… vague entre deux immeubles de pensées sérieuses.

Mais non.

Un regard vague c’est aussi l’appel du large, voire un ressac qui câline et qui rassure ; une vague de douceur dans un monde de brut, les yeux au loin, très loin des contingences de ce resto de Riches Lieux.

Partie, ma libraire. Envolée

Comme j’aurais aimé m’enfuir avec elle.


Mais ce jour là je n’ai pas largué les amarres.

Je venais déjeuner dans ce petit restaurant qui propose, chaque midi, une quiche et un crumble du jour.
Simple et délicieux, humain et convivial : un p’tit bonheur.

Hédonisme, ma religion…

Mais revenons à ma libraire.

Toute seule à sa table et son regard au loin.

C’est tellement rare cette liberté. Se laisser aller à prendre la fuite, partir dans un monde au conditionnel : on aurait dit que…

C’est ce qui m’a donné envie de mieux la connaître.

Peut-être me disais-je, sans l’avouer, que je pourrais peut-être l’aider à oublier ses soucis, que je pourrais l’inciter à rester ici et me faire des sourires au lieu d’être dans la Lune avec un clair de Terre.

Alors en partant, je lui ai glissé à l’oreille que je la trouvais très jolie. En espérant qu’une telle phrase ne l’avait pas troublée dans ses rêveries.
Vous voulez connaître la suite ?

A la semaine prochaine…

Generique de fin

Courrier des cœurs, réponse à Joseph

Cette semaine, Joseph nous a posé la question suivante : « Ma question est simple : est-il possible d’aimer deux personnes en même temps. En fait, voilà, j’ai une copine depuis un an et demi et y a quelques mois, j’ai rencontré une autre fille. Je suis amoureux des deux même si avec la 2e, je n’ose pas franchir le pas. Quand je suis avec l’une, je ne pense pas à l’autre mais je me sens tellement bien avec les deux. Elles sont différentes, je ne vis pas les mêmes choses, on n’a pas les mêmes centres d’intérets. Alors que faire? Qu’en pensez
vous? »


La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce qu’on en pense.

Diane : Pour résumer les choses: dans ta tête, oui, dans la vie, non.
J’aurais tendance à penser que le truc du « on ne peut aimer qu’une personne à la fois » qu’on a pu nous servir à la sauce prince charmant meg ryan/tom hanks âmes soeurs et tout le tralala, c’est juste un fait culturel et que à partir du moment où on s’entend bien et qu’on est attiré physiquement par deux personnes, je vois pas pourquoi notre cerveau serait conditionné pour accorder son amour à l’un et pas à l’autre. Après, il faut faire un choix, parce que dans la vie pratique, ça ne t’apportera qu’une quantité astronomiques d’emmerdes. Parce que la société, justement, elle est pas adaptée pour ,et les mentalités non plus. De plus, j’aurais aussi tendance à citer le facteur neuro-biologique qui fait que Hommes=programmés hormonalement pour procréer le plus possible (vu la quantité astronomique de petits soldats à envoyer au front), donc peut-être plus enclins à vouloir multiplier les partenaires de vie. (et comme aujourd’hui, pour bcp de gens pour niquer il faut aimer, eh bien faites l’équation ===> plus on aime de personnes, plus on a de chances de multiplier son quota. Penisus est dominus) et que donc Femmes=un seul petit ovule à féconder= instinct de bien choisir LE partenaire idéal et unique. Oui, je sais, tant de poésie, ça vous émeut.

Bobby : Ben selon moi, tout dépend de ta définition de ce qu’est l’amour. Si c’est juste le besoin de combler une solitude, tu
peux aimer la Terre entière, mais après, je doute que ce soit ça qui te rendra heureux (après, on a tous également notre conception du bonheur). Si par amour tu entends en revanche l’idée de vivre et de partager des choses avec un alter ego, je vois pas l’intérêt d’en avoir deux. Je trouve pas ça spécialement cool pour les deux personnes que tu dis « aimer », d’ailleurs (même si, j’en conviens, on peut se laisser prendre au piège par ses sentiments). Mais voilà, l’amour, c’est pas de la magie à mes yeux, c’est comme une petite plante, il faut bien s’en occuper. Si tu la négliges, une mauvaise herbe peut pousser. Et remplacer ta plante. Attention, cependant : les mauvaises herbes donnent des fleurs bien moins belles.

Lucas : C’est rigolo, moi je suis le king pour sortir avec une nana et 3 jours plus tard la virer en lui disant que je repense
encore à une autre et encore 3 jours plus tard me rendre compte que j’ai fait une connerie…
Mais là je suis désolé je n’ai pas d’aide à donner car je serais moi aussi partagé entre tout lâcher et l’aventure… Non, Raoul, on peut avoir le beurre l’argent du beurre et le cul des deux crémières. Quoique parait-il les couples à trois sont légions… Alors…

Enzo : Je vais me faire l’avocat du diable (parce que j’adore ce rôle) :

Biologiquement, -qu’on me corrige si je me trompe- il ne me semble pas qu’il y ait d’impossibilité. On peut rappeler l’exemple (je sais ce n’est pas pareil mais c’est comparable sur le principe) de l’amour filial qui ne se divise pas avec la multiplicité des enfants.

Sur le plan sociologique, ce n’est pas vraiment accepté et encore moins encouragé (quoique quand on voit la real tv), pourtant il a existé (et existe) de nombreuses sociétés polygames, que ce soit polyandrie ou polygynie (ton cas). Selon les anthropologues, plus des trois quarts des sociétés sont polygames de droit (en gros tu n’iras pas en prison pour cela, tant que tu ne veux pas te marier). D’ailleurs si cela peut te conforter dans l’idée, nos sociétés occidentales sont majoritairement de la « polygamie sérielle » (la vraie monogamie consisterait à n’avoir qu’un seul partenaire pendant toute sa vie, ce qui n’est pas le cas de la majorité des gens).
Pour revenir sur le plan biologique, il y a des chances que Summer ait raison. L’état amoureux a biologiquement une durée de péremption, ton corps ne produit plus les mêmes substances et tu es moins « dopé » au bout d’un moment. Ce dopage peut revenir avec une nouvelle personne, ce qui semble être ton cas. Avec l’une tu as le dopage biologique, avec l’autre tu as la complicité d’un an et
demi qui a pris le relais sur le dopage biologique initial.
Alors que faire ? On ne peut te le dire, on peut juste te donner des éléments pour réfléchir…
Une précision : « avec la 2e, je n’ose pas franchir le pas » Cela peut être alors seulement du domaine du fantasme, si ça se trouve elle sera incompatible et chiante avec toi en couple ! Ou pas.
(je tiens à remercier Wikipédia pour le rafraîchissement des références)

Keira : Bon, je vais être méchante mais je vais expliquer pourquoi.
Je suis sortie pendant un moment avec un mec qui était dans ta situation d’homme casé.
Ce gars m’a dit qu’il m’aimait, je l’aimais mais il aimait toujours son autre compagne.
Déjà : le rôle de la maitresse est insupportable. Pour la fille que tu as rencontré récemment ça va être difficile de tenir longtemps dans cette situation sans qu’elle te pose un ultimatum en te disant de faire un choix. Ce qui est totalement son droit. Mais ça va te mettre une pression de fou et tu ne fera te prendre la tête avec cette fichue hésitation entre cette jeune femme qui t’attire et avec qui tu voudrais aller plus loin, et ta compagne avec qui tu as cette complicité d’un an et demi.
Secondo, ton autre compagne, si tu la quittes pour la nouvelle, va être détruite, mais comme elle t’aime, si tu changes d’avis après avoir goûté à la nouvelle, elle te reprendra. Mais ça sera moisi par ce nouveau manque de confiance qu’elle aura en toi.
Dans les deux cas tu es comme qui dirait baisé (pardonne-moi ce langage) parce qu’en effet tu ne peux pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière.
Enfin, pour faire le moins de casse possible, tu ne sors pas avec la nouvelle et tu continues à vivre avec ta compagne que tu aimes et avec qui tout à l’air d’aller.
Sinon tu vas faire du mal à tout le monde.
Alors arrête de jouer l’andouille et profite de ce que tu as déjà.
Et garde la nouvelle comme amie, comme ça si jamais avec ton actuelle compagne ça casse finalement, tu l’aura toujours sous le coude et ça se fera sans que tu passes pour le plus infâme des salopards.

Tatiana : hum alors là j’aimerais bien te répondre mais je sens que je ne vais pas être objective sur la question. Moi je pense
sincèrement que tu peux « aimer » deux personnes mais ce ne sera pas le même amour et aussi je pense qu’avec l’une des deux tu seras dans une phase bof. Je m’explique : peut être que même si c’est pas flagrant tu es dans une phase où tu est un peu plus détaché de ta copine actuelle et donc plus ouvert aux autres filles autour de toi. Et comme tu dis l’autre fille t’apporte des choses que tu n’as pas avec ta copine actuelle. D’où le fait que tu aimes les deux.
Par contre je ne suis pas d’accord avec Tink’ Bell dans le sens où si tu reste avec ta copine actuelle tu ne feras souffrir personne. A toi de voir entre les deux celle qui t’apporte le plus. Mais dit toi bien qu’il y aura de la casse quoiqu’il arrive.

Petite Cervoise : oh, je suis peut être la seule interloquée, mais avec la 2e, concrètement, il ne s’est rien passé ? c’est juste
de l’attirance ? si c’est le cas, je te répondrais qu’un peu de ‘stimuli’ extérieur ne fait pas de mal, si le cap n’est pas franchi. Ca maintient alerte et en bonne santé. si j’ai pas tout compris (et Dieu sait que c’est possible), et que tu as fait quelques pas dans le bac à sable, dans ce cas, je te renverrais juste à Moïse et à ses commandements (et évidemment le châtiment qui accompagne le non-respect des 10 points évoqués). Mais avant ça, pose toi surtout la question de savoir si ce sont effectivement les qualités de chacune que tu recherches ou bien le fait d’avoir deux « sources de qualité »…

Nina : Hum, déjà, c’est bien beau tout ça mais l’autre fille est-elle attirée par toi ? Non parce que tu t’emballes, tu remets en question ton couple mais une grande partie de l’équation reste une inconnue. Ensuite, pour la question en elle-même, tout dépend de la définition de l’amour. Pour en rester sur l’amour qui se limite à des rapports entre un homme et une femme, je dis non dans ton cas. Parce que l’amour est un sentiment qui se construit au jour le jour en développant une intimité avec l’autre et là, de n’intimité, tu n’as point. Je ne doute pas de ton attirance pour elle et des affinités qui existent entre vous mais tu ne la connais pas dans l’intimité et mine de rien, pour moi, il te manque une grosse partie du puzzle pour qu’on puisse parler d’amour.

Voilà, si toi aussi, tu as une question qui t’interroge, tu peux nous demander notre avis sur les commentaires ici, par mail ou même en passant par facebook si le cœur t’en dit !

Courrier des cœurs : réponse à Boulou

Cette semaine, Boulou nous a soumis la question suivante : « je sors depuis quelques semaines avec un gars que j’apprécie beaucoup, on s’entend très bien, on passe de bons moments mais pour moi, ça ne va pas plus loin, je pense que je ne tomberai jamais amoureuse de lui. Par souci d’honnêteté, je pense le plaquer mais je sais pas trop quoi lui dire vu que ça me gonfle les phrases trop entendues du genre « t’es génial, c’est pas toi, ça vient de moi, tu trouveras certainement qq de mieux » etc. Comment larguer quelqu’un qu’on apprécie de façon franche sans tomber dans les banalités d’usage? Des conseils? Je suis preneuse… »



La cellule love and sex des vingtenaires s’est donc réunie pour répondre à cette délicate question, voici nos réponses :

Tatiana : « T’es sympa mais je sais que je ne tomberais jamais amoureuse de toi. Y a pas de magie, déclic, papillons, appelle ça comme tu veux. Si tu veux on peut toujours se voir pour le sex. « 

Mais être honnête ca veut pas forcément dire larguer le mec. Si ça se trouve il pense pareil. A moins peut-être que ça te gonfle de rester avec quelqu’un que tu n’aimes pas ? Mais si vous savez tous les deux que vous ne tomberez pas amoureux, vous pouvez très bien passer des bons moments ensemble.

Mais si tu veux vraiment le plaquer : il a quel âge, t’as sa photo ?

Lucas : Ce qui est rigolo c’est que normalement t’es censée tomber amoureuse et seulement après tomber dans le quotidien lancinant. Toi tu fais les choses à l’envers. La classe…
Pour ce qui est d’évincer Bob…
On passe de bon moments ensemble mais je ne suis pas amoureuse et rien en toi ne me fait vibrer (ici tu te lèves et tu entonnes ce refrain détourné :
« Im needin’ good vibrations
(oom bop bop good vibrations) ».

Ensuite tu enchaines
T’es un mec qui me comprend mais sans plus. Ces 3 semaines passées avec toi m’ont démontrées qu’au delà des connivences tu n’as pas su allumer le feu, allumeeeeeer le feu, faire danser les diables et les dieux et faire grandir la flaaaaamme dans mes yeux.
Donc merci de ta tendresse, merci d’avoir été présent mais là tout de suite tu m’empêches d’attirer de beaux mecs séduisants alors casse-toi s’il te plait, en me pardonnant (Please, Forgiiiiiiiiiiiiive Me…) Et si tu comptes te suicider t’es gentil tu laisses pas mon nom dans ta lettre d’adieux car de toute façon je n’aurai aucun remord. D’ailleurs les trip à la Renan Luce, merci bien. Et ne te rates pas s’il te plait parce que mon nouveau mec et moi on viendra pas te voir à l’hosto et t’auras ensuite une vie entière en tant qu’handicapé : moteur, ça tourne ! (te fais pas de film, je parle de ton fauteuil roulant…)

Summer : Euh, je dois être sans coeur mais je ne vois pas trop où est le problème, tu vas pas te forcer non plus. La façon est simple, lui dire honnêtement que tu l’aimes bien mais que vous allez en rester là, que tu n’as pas le déclic tout simplement; et surtout lui dire avant qu’il quémande une mise au clair.

Enzo : La réponse dont tu es l’héroïne !
1) Voici plusieurs semaines que tu es en couple mais, bien que tout se passe bien, tu ne ressens pas les papillons dans le ventre t’indiquant le potentiel de compatibilité de reproduction à moyen
et long terme :
– Ton objectif principal est la quête du mâle final, va en case 3.
– Ton objectif principal est la stabilisation d’un certain état de bonheur, va en case 2.
2) Cette relation te procure des bienfaits même si ce n’est pas le coup de foudre. Mais, au risque de tuer la poule aux oeufs de bronze (ben oui c’est pas l’or quand même), il faut stabiliser la situation tout en prenant en compte que certaines issues sont vaines (mariage,  monospace et petits-enfants).
– Tu es honnête mais tu aimes bien la cocon confortable du couple, va en case 34.
– Tu as toujours voulu tester le concept de fuck-friend depuis que tu l’as lu dans Cosmo, va en case 36.
– Tu as trop peur de tuer la poule aux oeufs d’argent (oui finalement c’est un peu mieux que le bronze vu que tu y trouves ton compte), va en case 40.
3) Ton souhait est de trouver l’homme de ta vie. Mais cela signifie-t’il pour tant le quitter ?
– Tu la joue honnête et sans bavure, il ne sert à rien de continuer une relation sans avenir, va en case 42.
– Tu joue la carte de l’hyper-pragmatisme, des relations sexuelles régulières jouent sur le taux d’hormones, augmentant les chances de conclure une nouvelle relation. De plus, la structure relationnelle du couple apporte une dose de réconfort nécessaire en ces temps difficiles (la hausse du pétrole et du CAC40). Trois possibilités :
– le mensonge (va en case 40),
– la semi-honnêteté (va en case 34)
– ou l’honnêteté (va en case 36).
34) Explique-lui qu’il manque quelque chose, avec les mots que tu as employé, mais tout en restant en couple. Une forme de sursis agréable. Bonus : il essaiera peut-être de faire des efforts, alors qu’il était déjà bien. Double bonus : la porte de sortie est tout tracée et il s’y attendra (à ce moment là, va en case 42).
36) Explique-lui qu’il manque quelque chose, avec les mots que tu as employé, et passer au statut d’amis intimes s’il est d’accord. Bémol : faire attention à son implication émotionnelle pour éviter des menaces de tentatives de suicide ou de bains de sang si la personne est impulsive.
40) Statut-quo. Reste avec lui sans aborder tes doutes. Elabore quelques points de friction pour te justifier une porte de sortie en cas de découverte de possibilités avec un mâle plus attractif.
42) Quitte-le en expliquant ce que tu viens de nous dire. Pourquoi mentir ou travestir la vérité ?

Jane : Grâce à Enzo, mon conseil du jour est donc: la 36 si tu as tout plein de courage, la 40 si tu as du mal à te résigner à être méchante là maintenant tout de suite.

Diane : Dans friends, quand ils ont ce genre de problème, ils disent à l’autre que c’est une question « d’alchimie » qui ne se fait pas, et qu’on peut pas l’inventer, et que c’est comme ça. Ne lui sort pas que c’est « un mec bien », c’est le genre de truc qui énerve.

De toute façon, si tu es dans un souci de ‘pas le blesser’, si lui il a des sentiments pour toi, quoi que tu dises, ça risque de pas changer grand chose au schmilblick. Il le sera. Bon, après, je te dis pas de lui balancer « bon bah c’est pas tout ça mais j’me fais un peu chier là, jme barre avec ton meilleur pote, parait que c’est un bon coup lui, et ah, au fait, prend un chewing gum quand même », mais juste une vérité franche et nette (pas dans la nuance, parce que là où il y a nuance, l’autre peut se dire « ah tiens peut-être que encore espoir…’).

Le fait de vouloir être honnête avec lui montre assez bien en soi l’estime que tu lui portes.

Si toi aussi, tu as un souci dans ta vie amoureuse ou sexuelle et que tu as besoin de nos lumières (ou t’as juste envie de nous poser une question), n’hésite pas à nous la soumettre !

Hé, je suis un être de chair et de sang

Depuis quelques temps, je ne vous donne plus de news de ma personne, hormis l’article d’hier. Plus de liste, plus de récit de vie, rien. Alors je me suis dit que peut-être tu t’inquiètes, alors voici un petit bulletin de santé. Puis j’essaie de rappeler que j’existe pour de vrai, vu que je ne raconte plus ma vie, hein… Et en plus, tout le monde va faire le pont alors du coup, on fait dans le light.

Donc comment je vais ? Ben, écoute, bien. Ma vie ronronne globalement comme une Kenya repue de croquettes. Le boulot me plaît toujours autant et y a vraiment une bonne ambiance au bureau. Je m’entends à merveille avec Ioulia et Simon et notre nouvelle stagiaire part de la même gare que moi, ce qui m’oblige à respecter les horaires. J’ai beaucoup de projets et d’ambition sur le sujet, je perçois la prochaine marche et vais m’y diriger tranquillement. Bon, je dis ça, je planifie sur plusieurs années, je ne compte pas bouger de mon poste dans les prochains mois. La stabilité professionnelle a du bon. Même si je me dis qu’il faudrait que j’attrape une pige à côté ou quelque chose du genre, histoire d’arrondir les fins de mois.

Autre dossier, celui du déménagement. Alors là, j’avoue honteusement ne pas avoir progressé d’un pouce, n’ayant rien fait du tout. Ma sœur a peut-être un plan extrêmement intéressant, un F2 de 40 m² dans un quartier parisien bien sympa (et que je connais déjà) et pile dans le prix que je m’étais fixée. En fait, la demoiselle qui y vit va peut-être partir pour aller vivre avec son chéri donc prions tous très fort pour qu’elle saute le pas, ça évitera que je me prenne la tête sur la question. Puis le quartier est bien et pas très loin de mon
bureau donc voilà, je l’ai pas vu mais je le veux déjà, même s’il n’y a pas de baignoire. Enfin, à suivre.

Côté vie perso, ça va bien aussi. Je suis toujours en pleine navigation amoureuse, comme dit ma mère, je ne vais pas détailler, on s’en fiche un peu. En ce moment, je ne cherche pas vraiment de moitié et je deviens drôlement difficile, d’ailleurs, plus personne ne me tape dans l’œil mais c’est sans doute car je m’en fous, selon Vicky. Ouais, sans doute. Du coup, rien de réellement croustillant à raconter, je continue à fréquenter quelques uns de mes amants de temps en temps et ça me va. A côté de ça, ma vie est pleine de mes copines. D’ailleurs, je pars ce soir en week-end chez Vicky, que demander de plus ? Du coup, vos comms ne seront validés que quand je me connecterai (je peux pas encore lever la modération) mais promis, ils apparaîtront tous à un moment où à un autre.

Côté projets, comme d’habitude, je fourmille. C’est donc que je vais bien. Evidemment, il reste le problème du temps : moins t’en as, plus tu as envie de faire des choses. Je rentre chez moi vers 20h le soir et je ne suis plus guère motivée pour faire quoi que ce soit : à la limite, j’écris un article de blog mais pas plus. Or ça ne coïncide pas vraiment avec mes projets pharaoniques mais promis, je vais essayer de faire des efforts pour être plus productive le soir, histoire de pouvoir tout mener de front. Tout n’est question que de
volonté, si je me planifie comme il faut, je vais y arriver. Mais bon, reste le principal : en général, quand j’ai des projets, c’est que je vais bien, que je vais de l’avant. J’ai été épargnée par la déprime du mois de mars cette année, je suis fière de moi. C’est sans doute parce que je n’ai pas vu passer le mois de mars, aussi. Ni celui de février, ni d’avril. Que le temps passe vite quand on travaille.

Voilà, je crois avoir fait le tour. J’avoue qu’une aussi longue période où tout va bien et que je me sens bien dans mes baskets, c’est vraiment super bon. Sauf que raconter son bonheur sur son blog, c’est moins drôle que de raconter ses loses alors je vais pas le faire tout le temps non plus. Mais rassurez-vous, les loses, j’en ai quand même encore !

Qui se ressemble s’assemble ? Pas si sûr !

Par Summer

Des amis se séparent. Ils s’aiment pourtant mais ils n’envisagent pas l’avenir de la même manière, alors ils se séparent, c’est plus sage, ils souffriront moins, c’est plus raisonnable. Ca me perturbe, drôlement même !

Après tout, même Saint Exupéry disait : aimer c’est regarder dans la même direction. J’ai toujours détesté cette phrase, et Dieu sait si j’aime Saint Exupéry, mais je reste convaincue à grand renfort de contes de fée qu’aimer suffit pour être deux, et que c’est tout ce qui compte.

Manifestement je suis très naïve, (certes !) que d’illusions envolées quand l’Homme, race notoirement cruelle il est vrai (femme comprise n’allait pas essayer de vous disculper les filles d’où le grand H) s’attache à pourrir vos rêves et illusions de bonheur. Mais arrête de rêver ma pauvre fille ! Aimer ne suffit pas, il faut regarder dans la même direction.

En gros, avoir des projets semblables du moins pour les plus importants et ce dès le départ parce que le terme concession n’existe pas dans le lexique amoureux, c’est bien connu ! Si dès le départ ça foire, c’est foutu.

Donc si mon objectif dans la vie est de me marier, d’avoir des enfants, une maison avec un jardin bio et un chien, j’ai plutôt intérêt à me dégoter un mec qui a la même vision et les mêmes objectifs, parce que s’il ne mange pas bio forcément ça marchera beaucoup moins bien !

Un couple ça se travaille ? Ça veut dire quoi ? S’assurer de toujours bien regarder dans la même direction ? Surtout ne pas dérailler d’un poil, attention ça peut
tout remettre en jeu.

Ton mec veut pas t’épouser ? Plaque le voyons ! L’homme que tu épouseras n’aura pas besoin d’être convaincu de t’épouser, il le sera déjà, parce qu’il regardera dans la même direction que toi. Ah, tu l’aimes ? Wai, t’en aimeras d’autres ma vieille ! Et si je veux les 2 moi, qu’il le veuille et qu’en plus il en soit convaincu ? Et qu’il en soit convaincu par moi tant qu’à faire, parce que bon pour une autre ça me ferait quand même mal !

L’effort de la concession n’est il pas plus beau encore que l’évidence ? Le faire pour l’autre, parce qu’on l’aime et que c’est important pour cette personne que l’on aime. Ce n’est pas un sacrifice, c’est juste une façon de montrer qu’on aime l’autre et que cet amour est absolu, malgré les différences de point de vue. Je pense à Charlotte dans Sex and the city qui renonce à sa religion pour épouser l’homme qu’elle aime, sacrifice ? que nenni ! Concession oui, mais pour lui. Et c’est encore plus beau !

L’autre doit il correspondre à des codes prédéfinis, comme les petites cases que l’on coche dans meetic  ou pire : adopteunemec.com? Alors je le veux beau, grand et fort avec une Ferrari et aimant les poneys et les promenades en gondole. Comment tu n’aimes pas les poneys ? Désolé alors ça pourra pas marcher, je ne vois pas ma vie sans mon petit poney !

Oui, c’est vrai, je grossis le trait, quoique quelques fois je me demande, mais si justement les divergences permettaient d’avoir un angle de vue plus élargi ? Un esprit plus ouvert ?

Pourquoi l’on s’aimerait moins que d’autres parce qu’on ne voit pas la vie de la même manière ? Ceux qui voient la vie dans la même direction, ont de la chance, c’est moins fatigant je leur accorde, mais personnellement je préfère travailler un peu plus pour ne pas regarder dans la même direction tant qu’on se regarde mutuellement. J’ai peut être tort, il n’empêche que même si c’est dur quelques fois, pour rien au monde j’ai envie d’abandonner ça pour la facilité.

Bien sur il est évident que deux personnes qui n’ont absolument aucun point commun peuvent difficilement espérer être heureuses ensemble, mais qui sait après tout ?

Alors vraiment, ras le bol d’entendre toujours les mêmes rengaines de pseudo psy qui vous confirment que l’amour ne dure que 3 ans, qu’il faut autre chose que la passion pour que le couple perdure, qu’une fois l’alchimie envolée c’est la complicité qui prend le pas reposant sur des grands projets communs…. Et bla bla bla….

Merde mais rendez nous un peu de magie et par pitié, rendez nous l’innocence de croire qu’on peut s’aimer en toute insouciance !

Une femme et une femme

(Article sans lesbianisme, je vais parler de ma sœur alors les pervers, vous pouvez repartir. Les autres, vous pouvez rester !)

Samedi après-midi, deux femmes sont dans Paris, l’une châtain clair, l’autre, on sait pas trop parce qu’il faut que je refasse ma couleur et que je vire bizarrement au auburn avec des racines châtain clair. Elles se retrouvent dans une gare et se rendent dans un starbucks car la plus jeune d’entre elles a besoin de parler à l’aînée de ses questionnements professionnels. Je ne vous détaillerai pas parce que c’est sa vie. J’ai essayé de la conseiller comme j’ai pu même si mon domaine n’est pas le sien. C’est marrant la vie : y a moins d’un an, la situation était inverse. Puis on a shoppiné pour Noël. Le Printemps un samedi de Noël, c’est péché.

 

Bref, on a passé, de mon point de vue, une bonne après-midi. Et j’avoue que ça me fait super plaisir. Il faut savoir qu’enfant et ado, Alice et moi, on s’entendait pas très bien. On jouait très peu ensemble, j’étais playmobil, elle était Barbie. Ado, on ne fréquentait pas du tout les mêmes personnes. 2 ans et demi de différence, c’est un bon écart, sauf quand on est ado finalement. On était au même collège-lycée, on avait même les mêmes profs chaque année, ce qui fait que j’étais habituée à répondre à son prénom. Seule ma prof d’hist et géo grugeait en nous appelant toutes les deux « Mademoiselle Bartoldi ». Comme dans la phrase « Mademoiselle Bartoldi, vous vous dégradez ». Bon, ok, c’était dit sur le ton de la blague après que j’ai pris un fou rire toute seule à l’idée de la Californie qui se détache et qui coule. Je sais, ado, j’étais très grave. Bref, ado, elle était girlie, j’étais camouflée dans mes T-shirt XL. Elle était Beverly Hills, moi X-files… Enfin, pas grand-chose à voir. C’est marrant comme on a toujours été différentes, comme quoi, le moule et les gênes, ça fait pas tout non
plus.

Puis je suis partie de la maison pour la grand’ ville, pour mes études. Elle m’a suivi quelques années plus tard. Je ne sais pas trop quand le rapprochement s’est fait, en fait. Il y a eu Guillaume et Anthony, elle fut la première de la famille à savoir, j’ai été la première à le rencontrer. Puis des crises. Puis la rupture avec Anthony qui nous a pas mal rapprochées vu que je lui avais dit qu’elle pouvait m’appeler quand elle voulait, jusqu’à minuit. Du coup, elle l’a fait plusieurs fois. Quand j’ai rompu avec Guillaume et que je suis rentrée pleurer chez mes

parents, elle a voulu passer la soirée à la maison pour parler avec moi alors qu’elle avait un exam le lendemain. Evidemment, j’ai refusé, son exam avant tout, surtout que j’étais pas trop en état de parler. Bref, en grandissant, en devenant des femmes, on s’est rapprochées. Certes, on ne s’appelle pas tous les jours et on n’aborde pas toujours certains sujets intimes (parce que ma
sœur est vierge pour moi et elle le sera toujours, même quand elle aura des enfants. Comme mes parents, quoi). Mais au moindre problème, on s’appelle. Par exemple, quand nos parents nous ont appelé pour nous dire que notre grand-mère était à moitié morte, on a passé l’après-midi sur MSN à se parler puis la soirée ensemble. Parce que je ne voulais pas rester seule mais je ne voulais voir personne à part elle parce qu’on se comprenait.

 

Aujourd’hui, je suis plutôt contente de cette relation. Comme vous avez pu le remarquer, je suis assez famille et le temps où je m’entendais pas bien avec ma sœur m’empoisonnait la vie. Parce qu’autant du côté de ma mère, les 4 sœurs se voient souvent, autant du côté paternel, on peut pas dire que mon oncle et mon père se voient régulièrement. En fait, jamais en dehors des moments où ma grand-mère ne va pas bien. Ce qui s’est reproduit plusieurs fois cette année, certes, mais quand même. Et je préfère le modèle familial « on se voit pas tous les jours mais dès qu’on a besoin, on s’appelle » plutôt que le modèle « je t’appelle car y a un gros soucis ». Ma sœur a été un soutien important pour moi quand j’étais au chômage. Et ça, je ne l’oublierai jamais. J’essaie de lui rendre la pareille dès que je peux. Parce qu’une sœur heureuse fait aussi mon bonheur, c’est ma famille.

 

Il y a des jours où je suis nostalgique de l’enfance. Et d’autres où je me dis qu’être adulte, c’est pas si mal. Même si, ma sœur et moi, on jouait à la Nouvelle Star avant l’heure : on faisait chanter nos jouets sur la scène (le lit) sous les spotlight (une lampe de poche). Même si le matin de Noël, elle me rejoignait dans mon lit et on attendait impatiemment que ce soit l’heure de se lever parce qu’à deux, ça va plus vite. Quelques bons souvenirs entre autres.

For Wedding ? A funeral…

Par Lucas

Un peu de promotion pour commencer : Singulier Pluriel

Mes gds parents fêtent leurs 60 ans de mariage. 60 ans de mariage heureux. Tout le monde le dit. Parents, proches, amis, connaissances, etc… D’ou ma question : le mariage est il une loterie ?

Je constate aujourd’hui qu’un couple sur 3 divorce dans les 3 ans qui suivent le mariage. Alors est-ce l’institution qu’il faut condamner ?
Ou bien est-ce l’inconstance des « nouveaux » mariés ?
Le fait qu’aujourd’hui on soit plus prompt à se séparer à la moindre anicroche ?
Leur manque de courage face aux aléas de la vie commune ?
Le divorce est-il une fuite ?

Moi, j’aimerais bien avoir une stat : celle des divorcés qui se remettent ensemble apres l’acte de séparation…
Et je pose la question :
La mariage n’est-il pas une sorte de cosmétique ?
Je ne parle pas de la cérémonie mais du lien lui même.

Un couple peut être très très uni sans avoir ce lien moral, ce poids moral du mariage au dessus des épaules. Je serai vachement plus admiratif d’un couple qui passe 50 ans ensemble, sans être marié, plutot qu’un duo qui passe le même temps ensemble, uni par les liens du mariage.

Le mariage impose de se voiler la face, d’accepter une réalité où le bonheur n’est parfois qu’épisodique, épars, en se disant que demain sera un jour meilleur. C’est aussi une bonne raison de chercher des solutions aux problèmes que pose l’autre, de faire des concessions, d’arrondir les angles. Faut-il en déduire alors que les divorces ne viennent que parce que les couples d’aujourd’hui sont plus lâches et moins persévérants que ceux d’hier ?

Perso, de nos jours, je trouve bcp plus intelligent de se marier apres cinq six années de vie commune.

Une fois qu’on a fait le tour de l’autre, qu’on est prêt à s’accomoder de ses pires travers, voire qu’on a suffisamment emmerdé sa compagne pour qu’elle décide tout de même de s’unir, je crois que le mariage est beaucoup plus fort, beaucoup plus intense.

Je ne suis pas croyant mais d’un point de vue religieux ma logique me semble beaucoup plus en phase avec les préceptes de l’Eglise, quelle qu’elle soit. Elle me semble surtout plus en phase avec une honnêteté intellectuelle rigoureuse.

D’un autre coté, j’ai une théorie beaucoup moins séduisante pour les esprits embrigadés par la morale républicaine et/ou religieuse…

Cette théorie ce serait celle d’une vie faite de périodes. Une épouse pour chaque période  Car on change… On change du fait des sollicitations extérieures  du fait de notre évolution personnelle qui n’est pas nécessairement celle du couple. De fait , entre les deux « mariés », il peut se creuser un fossé, il peut arriver une incohérence totale au bout de quelques années, une perte de ces « valeurs communes » qui les ont incité à s’unir. D’où ma théorie  jolie sur le papier du couple épisodique. Un couple pour chaque période.

Je conclus à dessein sur cette note un peu déconcertante, un peu insolite au sens littéral du mot, pour vous inciter à faire des remarques. Mais avant de faire des comm aussi saugrenus et fantasques que mes pensées, refléchissez un peu à ce que je vous raconte, z’allez voir c’est pas si bête que ça.

Et encore un peu de promo pour finir. Oui, Lucas ça rime avec louuuuurd
http://singulierpluriel.over-blog.net/

La théorie du tronc d’arbre

Comme tu le sais, lecteur, j’ai une passion dans la vie : les théories. Faut dire que j’ai le temps de cogiter, avec les 40 mn de transport que j’ai pour aller bosser et des
fois, au lieu de lire sérieusement, je rêvasse. Récemment, je réfléchissais à mon moi et à tous les changements que j’ai connus dans ma vie ces derniers temps. Parfois, j’ai l’impression que certains moments n’ont pas existé tant ils me semblent loin, loin.
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 Durant ces deux ans quasi et demi (la vache) de blogging, j’ai été tour à tour étudiante-stagiaire, chômeuse, salariée, stagiaire, chômeuse, chômeuse tristoune, chômeuse salement déprimée et enfin, tadam, salariée en CDI. Mes amis qui me lisent me disent qu’on a clairement vu un changement selon les périodes. A la fin de mon chômage, ça se voyait que ça n’allait plus du tout et que tout à coup, j’ai remonté la pente vitesse grand V. Des fois, j’avoue que cette sombre période me semble limite irréelle. Pourtant, elle a existé et je ne pourrai jamais l’oublier. Parce que j’ai sincèrement été malheureuse pendant cette période de ma vie. Faut savoir que jusqu’à la fin de mes études, tout m’a toujours souri sur le plan « professionnel » : tu veux un stage ? Trois lettres plus tard, j’en avais un. Un job d’été ? Tiens, machin ou machin te pistonnent. Les partiels ? Ciel, ça tombe pile sur ce que je voulais ! Enfin, je dis ça parce que j’idéalise. Si je refais l’histoire de la maîtrise d’histoire, j’en ai chié et pas qu’un peu, j’ai eu un nombre de merdes assez hallucinant. Je pense que je raconterai cette histoire un jour en détail. D’ailleurs, le jour de la soutenance, mon directeur de recherche m’a avoué qu’il était persuadé que jamais je n’arriverais jusque là et qu’il admirait mon opiniâtreté. Ben ouais, j’ai un côté Pitbull, je lâche jamais.
 

Ma vie est faite de différents moments et tout ça constitue mon moi actuel qui sera une couche de mon moi futur. Parce que je trouve que la vie nous renforce comme un tronc
d’arbre, avec un nouveau cercle à chaque période. On naît bouleau, on meurt platane ou cèdre. Je crois que je tiens là la phrase la plus surréaliste de mon blog mais c’est l’idée. Tout nous enrichit. Mon expérience du chômage est une très bonne leçon de vie pour moi que je ne dois jamais oublier. En gros, la vie n’est pas toujours de la tarte mais on est ce que l’on cherche à être. J’ai décidé que j’aurais du taf, j’ai tout fait pour et j’ai fini par y arriver. Bien sûr, j’ai aussi eu de la chance : si E. ne m’avait pas envoyé l’annonce, je n’y aurais jamais répondu mais ça fait partie de la vie, la chance. De la même façon, l’an dernier, j’ai vécu une rupture difficile dont j’ai cru ne jamais me relever mais finalement si. Tout ça sert mon moi actuel : souviens toi comme ça a été dur mais il peut toujours y avoir une issue favorable, il suffit de le vouloir et se battre pour que ça arrive. Pour la rupture, j’ai bien géré la convalescence, je pense, je me suis pas précipité. Je savais que j’avais besoin de temps, je l’ai pris. Ca m’a évité de faire souffrir quelqu’un au passage. J’en ai chié, ça oui, mais aujourd’hui, je sais que je peux me relever de ça. Idem pour le chômage : j’en ai chié, j’en ai même pleuré, j’ai failli laisser tomber mais les coups de pieds bien placés de ma sœur ne m’ont laissé aucun répit. Ce n’est pas en baissant les bras qu’on y arrive. Je ne dois pas douter de moi, de mes capacités. Je sais ce que je vaux, ça fait 27 ans que je me construis et mon tronc est solide.

Bien sûr, aujourd’hui, je dis ça sereinement, c’est un peu facile quand tout va bien. Mon nouveau cercle est beau et régulier et il a l’air d’aller toujours en s’améliorant. Disons
que si les portes qui s’ouvrent à moi actuellement restent ouvertes, ça va être un très très bel anneau. Mais les belles périodes sont aussi là pour nous servir de leçon, faut pas juste tirer enseignement des anneaux pourris. Par exemple, quand tout nous réussit, c’est un peu (beaucoup) grâce à nous, il faut s’en souvenir en période de doutes. Le bonheur, je l’ai déjà goûté, il n’y a aucune raison que ça ne se reproduise pas. La recette est, au fond, toujours la même, je la connais, autant m’en servir.

Bref, tout ça pour dire que la Nina d’aujourd’hui est le produit de mon vécu, de mes réussites et échec. Tout sert, il ne faut rien oublier. Avoir été presque au plus bas aide à
savourer le plus haut mais surtout, nous sert de mise en garde : mon boulot, je l’ai, je le garde, je ne veux plus jamais vivre le chômage. Mais si, par malheur, ça revenait, je sais qu’à force de volonté et d’opiniâtreté, je m’en sortirai. C’est pas comme si j’avais jamais vécu ça.

Once upon a time in the West…

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs


En me relisant, je pense avoir été sévère avec moi-même lors de mon article précédent. 
Célibataire, oui. Désespérée, non. En fait, tellement habituée au célibat qu’il ne fait plus problème. C’est la vie, et c’est de sa faute dirait l’autre.
Bref. Je ne vais pas gloser indéfiniment sur les affres de la vie de célibataire, sur ses bonheurs et ses malheurs, etc. En fait, je crois que j’ai insisté sur cet état de fait pour pouvoir prendre 
la mesure du changement qui s’est opéré sur ces quelques derniers mois.

Il était une fois il y a un certain temps sur un certain continent… La jeune célibataire somme toute assez sereine que j’étais se réjouissait d’aller dîner avec son ami Nico et des amis à lui.
– Ah Marine, mais mes potes t’ont trop aimée. T’as fait forte impression!! J’en suis sûr!
– … (sourire flatté)
– Toi, t’en as pensé quoi? Benoît, par exemple?
– Benoît? Oh il est mignon, hein (très mignon).

Ca c’est la version niaise. Mais chez moi, ça ne marche pas comme ça. Point d’yeux qui se rencontrent, d’élégance feutrée dans un restaurant japonais, en toute délicatesse.

Ca ne marche pas comme ça.
Chez moi, ça doit prendre un tour burlesque.
A vrai dire, tout a commencé à cause de mes vêtements. Ce sont mes vêtements qui expliquent mon attitude face aux hommes, aussi loin que je me souvienne. Jusqu’à 15 ans, ma mère m’a habillée. Or j’ai un problème avec l’autorité : je la suis. Alors ma mère me disait toujours « Montre pas ton nombril, c’est vulgaire ». Ben oui, mais c’était la mode, les t-shirt courts. C’était dommage. Et brimer des instincts de pouffe c’est péché. Alors du coup, je montrais pas mon nombril.
Puis est venu le temps des études. Une vraie allumeuse, mes amis. Subséquemment habillée. Produisant les effets subséquents, également.  Mais il y a un certain temps, sur un certain continent, alors que je me promenais dans la rue, je me disais « tiens je me mettrais bien pouffe ». Mais montrer son nombril c’est vulgaire. Ma mère me
l’a toujours dit, quand j’étais ado. Alors j’ai mis une robe. Courte. Comme ça on voyait mes jambes. Pas toutes, le bas était couvert par des bottes. J’étais contente.

Et j’ai donc retrouvé Benoît, mon copain. Oh il l’était pas à cette heure là. C’était H-2 avant qu’il le soit. Quand il m’a embrassée, dans un bar à bières (j’ai toujours fait les choses avec classe, je vous dis), il m’a littéralement soulevé la robe. Sans doute qu’il voulait voir mon nombril.

N’empêche, j’aurais pas dû écouter maman. Montrer son nombril, c’est vulgaire. Mais montrer sa culotte, c’est pire. Et brimer des instincts de pouffe, c’est péché.

Alors j’ai eu honte. Les gens dans le bar ont applaudi. Et moi je voulais me cacher le visage. J’aurais dû commencer par me cacher le nombril et la culotte.

Ainsi commençait mon initiation au non-célibat… et croyez-moi, y avait du boulot.
To be continued…

 

De la rentabilité amoureuse

Par Jane

En cette période bénie des dieux (hum hum) de célibat, je me pose de grandes questions existencielles, qui semblent prouver que l’absence d’un homme pour me faire taire et m’assommer d’endorphines
commence à se faire ressentir. Comme je n’ai pas d’homme hétérosexuel à qui poser la question dans mon entourage et que je saoûle suffisamment les copines avec mes questions à la con, je viens
m’interroger publiquement ici. Ne me remerciez pas, vous risquez de souffrir. Ou de comprendre pourquoi je suis célibataire.
Je démarre généralement une relation totalement à l’aveugle. Bon, j’ai toujours tendance à foncer tête baissée, même si un mur visible à 200 mètres se dresse face à moi. Mais je ne cherche pas forcément à savoir si ça va durer une nuit, une semaine, un mois, un an, une vie. Avec un peu de recul, j’aurais parfois du, mais non, rien de rien, non, je ne regrette rien.

Prenons deux exemples:

Avec Ducon (celui de la rupture) je savais que bon, ça pouvait peut-être ne pas marcher. Différence de caractère, de style de vie… Au final, nos caractères étaient assez complémentaires (lui l’impulsif, moi la raisonnable) mais nos styles de vie un peu plus difficiles à faire cohabiter. Et ça s’est fini dans le sang et les larmes, parce que ce n’était qu’un con avec un caractère de merde et pas beaucoup de considération pour la fille amoureuse que j’étais.

Avec Calimero (plus de deux ans de relation) la rencontre eu lieu alors que je sortais avec un de ses potes de promo et que j’avais la carte des cocktails au quasi complet qui coulait dans mes veines. J’avais comme un doute au moment de le revoir (« My god, est-ce qu’il est vraiment aussi mignon que dans mon souvenir? ») mais je me suis quand même lancé, alors que j’aurais pu en rester au stade « homme qui a mélangé sa salive à la mienne lors d’une soirée beuverie » Et ça s’est fini dans les larmes parce que des fois, la vie est une chienne qui nous fait nous comporter comme des chiennes. Avec lui, j’ai aussi règlé définitivement mon Oedipe: j’aime mon père, mais quelqu’un avec son caractère est tout bonnement invivable.
Au départ, deux relations auxquelles je n’aurais jamais cru. A l’arrivée, deux histoires longues, qui m’ont laissé un peu dévastée (sur le coup) mais plus forte et plus réaliste, parce que je sais maintenant que rien n’est acquis, et qu’il faut se blinder sentimentalement, et se dire que tout peut s’écrouler d’un jour à l’autre, sans préavis. De belles leçons de vie.
Alors maintenant, quand je vois la course à la rentabilité amoureuse, ça me fait peur. Ok, je ne sentais pas ces deux relations (pour ne citer qu’elles) et au final, j’ai eu raison. Mais est-ce pour autant que j’aurais du fuir ces deux hommes qui m’ont beaucoup apporté?

Je pense sincèrement que non. Parce que j’ai appris pas mal de choses sur les hommes, les sentiments, la connerie humaine, l’amour, la vie à deux, et sur moi. Ce que je voulais, et surtout ce que je ne voulais pas. Ce que j’étais prête à accepter par amour, et mes limites.
Bon, ok, j’ai eu quelques erreurs flagrantes de casting. Mais généralement, ça ne dure jamais longtemps, on passe vite à autre chose.

Non parce que celui qui arrondissait ses fins de mois en dealant (enfin disons qu’il bossait surtout pour que son activité dite « secondaire » soit moins flagrante), je ne le savais pas à la base, et je suis très vite passée à autre chose. Oui, parfois, je ne tente pas le diable, et « femme de Tony Montana » n’a jamais été mon rêve dans la vie.

Celui qui avait décidé de sauver mon âme (et accessoirement de me convertir au christianisme archi pratiquant) je savais que ce n’était pas viable, et qu’il y avait de plus gros risques que je déteigne sur lui que l’inverse. Mais comme c’était quelqu’un de très intéressant (quand il ne parlait pas religion) j’ai tenté, et le jour où il s’est rendu compte que finalement, l’influenc n’était pas dans le sens qu’il voulait, nous nous sommes séparés d’un commun accord, après tout juste quelques mois. Pour le salut de mon âme, il faudra repasser.

Et je l’accorde, le pote de beuverie qui a un jour atteri dans mon lit, je n’ai jamais pensé qu’il pouvait être l’homme de plus d’une nuit. Parce que qui dit pote de beuverie (et à l’époque, j’éclusais sec) dit forcément témoin de pas mal de choses. Et le jeune homme qui a chauffé la moitié de ma promo, j’ai du mal à l’imaginer se poser avec moi.

Tout comme ce copain de lycée (et là je me rends compte que j’ai un sérieux problème avec mes amis, ou une curieuse manière de leur prouver mon affection) que j’ai consolé d’une rupture récente. Il avait été l’objet de mes fantasmes auparavant, mais après un été à bosser ensemble, il était définitivement dans la case « ami », et non plus celle « futur père de mes enfants », nous le savions tous les deux.

Mais en dehors de ces cas, je me refuse à tirer des conclusions hâtives. Je fais partie de ces gens qui sentent (ou non) les personnes qu’ils rencontrent très rapidement. Et mon instinct ne m’a jamais trompé. Sauf pour mes amours. Là, c’est toujours le brouillard, et j’ai rarement raison.
Alors je sais que je vais sûrement encore vivre quelques jolies histoires, qui se finiront un jour. Que je vais peut-être pleurer à nouveau pour un garçon. Que je me demanderai à quoi ça sert et pourquoi je continue à espérer. Que je me dirai que je n’aurais jamais du tenter. Mais qu’un jour, je rencontrerai une personne qui me conviendra, même si ça ne sera pas évident au premier abord.
Et est-ce que j’ai envie de regarder derrière moi plus tard en me disant que je suis peut-être passée à côté de moments de bonheur par peur de souffrir et parce que ça ne semblait pas pouvoir fonctionner? Hors de question! Je fonce peut-être dans le mur, mais un jour, la route sera peut-être dégagée!