Quand il faut renoncer

Je suis plutôt du genre à avoir des idées. Plein, tout le temps. Trop même. Une phrase entendue me permet parfois de tisser une histoire en deux minutes. Lors de l’écrito-thérapie de Bernard Werber, j’ai eu une idée que je suis en train d’exploiter. Car le souci avec les idées, c’est qu’elles ne sont pas toujours bonnes. Ou du moins, elles me lassent vite.

Avoir des idées créatives


C’est l’histoire d’une ado passionnée par Starmania qui va lui ouvrir tout un terrain imaginatif : on a tant de thèmes là-dedans : une ville futuriste, un état fascinant, la petite fille en rose qui tombe dans le terrorisme par amour (ou par syndrome de Stockholm), un groupe terroriste qui agit pour des raisons pas toujours très claires (désir de notoriété ou contestation politique), l’attrait du pouvoir, la fin de la beauté juvénile, un amour impossible, le poids du quotidien… bref, de quoi écrire de belles histoires. Mon imagination est marquée au fer rouge par Starmania, je l’ai réécrit plusieurs fois. Ou tenté de. J’étais donc partie sur l’histoire d’Ofelia, évoluant dans Neocittà, compagne du Mark Zuckerberg/Steve Jobs local et qui va tomber amoureuse du chef des terroristes. En très gros. J’ai écrit une soixantaine de pages et… j’ai bloqué. Je n’y arrivais plus, troquant les séances d’écriture contre des parties de Candy crush parce que je loupais le twist : de quelque façon que je l’écrive, l’amour d’Ofelia pour le chef terroriste tombait comme un cheveu sur la soupe. Et puis elle me saoule un peu Ofelia, en fait.

Lara Stone
60 pages. 28 068 mots. C’est beaucoup. Y renoncer ne se fait pas comme ça. On se réfugie dans le déni, on se trouve de fausses excuses « c’est à cause du froid que je suis pas motivée », « c’est la charge mentale due au boulot qui nuit à ma créativité ». De la négociation avec moi-même : « non mais c’est pété le twist, là, Ofelia peut pas se jeter dans les bras de son ravisseur alors que deux minutes avant, elle essayait de lui crever les yeux ! », « ca marche comme ça dans toute comédie romantique, je te signale :d’abord, ils se détestent, ensuite ils s’aiment » « oui et d’ailleurs, c’est pour ça que tu les détestes ». En fait, il y a cette question : pourquoi écrire ? Par plaisir ou dans une visée de publication ? Pour ma part, j’écris vraiment pour me faire plaisir, des livres que j’aurais eu plaisir à lire. Donc je ne peux pas passer outre une ficelle scénaristique rognée en mode “dans d’autres romans, ça passe”, si je suis justement dans le rejet de ces romans. Si je ne suis pas convaincue par l’histoire que je suis en train d’écrire, qui le sera ?

Du coup, j’ai décidé d’arrêter les frais. J’ai toujours le fichier donc je pourrai y revenir au besoin mais j’ai classé le dossier Ofelia et ouvert un nouveau projet, Augura… et de suite, l’écriture est revenue. Comme quoi, il suffisait juste d’avoir le courage de renoncer.

 

 

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Comment je réécris souvent Starmania

Et ce malgré moi. Je vous parlais dimanche [dernier mais semaine de merde, pas eu le temps de le publier avant] de Starmania et vous avais promis de vous expliquer un peu plus l’empreinte que ça a laissé dans mon imaginaire de scribouilleuse. Donc pour la petite histoire, j’ai découvert Starmania à 13 ou 14 ans suite à un séjour au ski où les animateurs chantaient Starmania (et j’en ai raté les ¾ car je regardais Mystères dans la chambre). Ma mère avait acheté le CD (la version 94 qui venait de sortir), j’écoutais ça sans connaître l’histoire, vraiment… Puis je suis allée voir la représentation au Palais des Sports de Toulouse… et depuis, je réécris souvent Starmania.

Starmania, l'opéra rock

Vous ai-je parlé d’Ofelia ? De ci de là mais sans rentrer dans les détails. Mon histoire d’Ofelia, qui vit dans une sorte de néo Rome, c’est peu ou prou celle de Cristal et Johnny. J’avais d’ailleurs commencé ce roman (de 8,5 pages, j’ai connu des notes d’intentions plus étoffées) en l’imaginant très clairement comme une légère réinterprétation de Starmania. Et du coup, d’avoir relancé ma playlist Starmania vendredi dernier, j’ai une furieuse envie de le reprendre (mais je dois d’abord finir le roman de Maja). Sauf que quand j’ai commencé à écrire Ofelia, ça m’a donné la sensation de réécrire un truc que j’avais déjà pondu… ah oui, c’est ça Technopolis.

New York, la mégapole vue de Central Park

Pour les plus vieux lecteurs de ce blog, vous en avez lu quelques pages mais voici l’histoire pour les autres : une ville futuriste, une jeune fille riche qui se rebelle contre le système… à la nuance près qu’ici, ce n’est pas Cristal (ou Ofelia) qui est kidnappée et qui épouse la cause de ses ravisseurs mais Ethan… C’est marrant, à 20 ans, j’étais un peu dans une déconstruction féministe finalement… bien malgré moi, cependant. Mais toujours cette idée de gigantesque, de maître de la ville, de tour immense avec sommet qui tourne (de mémoire)… Mmmm. Ah et pour ceux qui suivent bien, j’avais dit que j’allais balancer Technopolis en auto-édition mais je me rends compte que je dois le re réécrire. Oui, je l’avais fait y a 10 ans (vertige) mais j’ai maturé plein de trucs donc je dois re recommencer. Puis peut-être changer deux ou trois trucs vu que j’avais envisagé ça comme une quadralogie dans ma prime jeunesse et j’en resterai là, finalement. Oui, laissez-moi imaginer que vous attendez tous ça avec impatience, ne tuez pas mes rêves.

jeune femme rêveuse et fleurs dans les cheveux

Alors pourquoi j’en reviens toujours là, même pas forcément consciemment. Question tout aussi d’actualité sur le roman de Maja, d’ailleurs. Ce qui m’interroge dans ces histoires, c’est la rébellion, la révolte ou, dans une moindre mesure, la désobéissance civile. Comment tu sors de la troupe des “moutons” pour te dire que y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond, quand est-ce que tu ouvres les yeux ? Et surtout quand est-ce que tu décides d’agir ? Des choses qui rentrent légèrement en écho avec certaines de mes interrogations, parfois. Non que je vise une quelconque illégalité (on va pas se mentir, je suis quand même une flipette, mon fait de “gloire” doit être d’avoir planqué un peu d’herbe dans un sachet de serviette hygiénique) mais ça reste à m’interroger : comment est-on à un moment poussé à agir pour tenter de changer le monde… ou du moins la société où l’on vit.

Fillette super héroïne

Mais surtout, la vraie question c’est : jusqu’où va-t-on ? Quelle est la limite ? Violence ou non-violence ? Dégradation de biens, vols, kidnappings ? Je suis toujours interrogative face au glissement vers la violence : à quel moment tu bascules. A quel moment tu considères que ta cause vaut la casse. D’ailleurs, j’avais envisagé de faire mon mémoire de maîtrise sur le FLQ (mais j’ai lâché pour cause de sources compliquées à récupérer). Le plus dur est finalement de rester sur le fil : ne pas juger, juste raconter une histoire. Parce que oui, le terrorisme, c’est mal mais quand il gagne, on appelle ça… la résistance.

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La dystopie du gigantesque : Starmania

En 12 ans de blog (!!), je me rends compte que je n’ai jamais parlé de Starmania, oeuvre qui a une place majeure dans ma vie et ce pour deux raisons : d’abord parce qu’à partir du moment où j’ai commencé à écouter Starmania, j’ai arrêté d’écouter de la soupe commerciale genre Dance Machine juste pour être comme les autres mais surtout ça a quand même drôlement influencé mon imagination mais j’en reparlerai un autre jour, de ce point. Mais Starmania, c’est quoi donc pour commencer ? C’est ce que j’appellerais une dystopie du gigantesque. En gros.

Starmania, Nanette Workman et Daniel Balavoine

Le premier album sort en 78 mais l’histoire débute bien avant, en 74 précisément où Patricia Hearst, riche héritière d’un magnat de la presse, est enlevée par un groupe d’extrême gauche, l’armée de libération symbionaise (si vous trouvez une définition pour ce mot, je prends). Mais rebondissement, la jeune héritière va être victime du fameux syndrome de Stockholm et va finalement rejoindre la cause de ses ravisseurs (on lui prête une liaison avec l’un d’entre eux). Inspiré par cette histoire que l’on pourrait presque qualifier de romanesque(deux morts quand même à leur compteur et il semble acquis que Hearst a quand même été bien maltraité au départ. C’est du romanesque façon After ou 50 shades of grey, à peu près), Michel Berger décide d’écrire un opéra rock (les années 70, Hair, Jesus Christ Superstar, The Rocky Horror Picture Show dans une certaine mesure…) inspiré de cette histoire appelé Angelina Dumas et que j’ai découvert lors de la comédie musicale Résiste. Il n’arrive pas à ses fins et il décide de contacter un jeune parolier québécois, Luc Plamondon, pour l’aider à écrire ce fameux opéra rock. Et je vous passe la suite de l’histoire de la naissance de cette oeuvre parce qu’on n’a plus le temps, on passe à l’histoire.

Michel Berger et Luc Plamondon, auteurs de Starmania

Dans la mégalopole Monopolis, capitale du monde occidental, la populace vit dans les souterrains tandis qu’au-dessus de leurs têtes se dressent les immenses tours des millionnaires dont celle du businessman megalomane Zero Janvier décrite comme un tour dorée de 121 étages au sommet duquel se trouve la boîte de nuit tournante Naziland (oui, ok, j’admets que tout n’est pas toujours subtil). Dans les souterrains, Marie-Jeanne est serveuse à l’Underground café et sert ses clients dont Ziggy, jeune homosexuel qui veut devenir danseur ou chanteur, selon les versions et dont elle est folle amoureuse. Dans son café navigue d’autres personnes aux objectifs obscurs, les Etoiles Noires (inspirées de la Bande à Baader, Brigades Rouges, etc.) dont le leader, Johnny Rockfort (oui, je sais, c’est rigolo…) est conseillé par Sadia, défini.e comme un.e travesti.e . Et ne croyez pas que je mégenre, le genre de Sadia est très obscur, il y a la symbolique du travestissement de la “fille à papa” telle que définie par Marie-Jeanne qui se déguise pour ne pas être reconnue mais il est parfois sous-entendu qu’il s’agirait d’un homme. En tout cas, le rôle a toujours été joué par des femmes dans les versions officielles. Du coup, je vais dire “elle”. Donc les étoiles noires zonent à l’Underground Café entre deux braquages et une explosion quand un jour, ils entendent Ziggy parler de son désir de passer dans Starmania.

Ziggy et Marie-Jeanne - Frank Sherbourne et Luce Dufault

Qu’est-ce que Starmania ? Alors oui, c’est la Star Académie russe (pour de vrai) mais dans l’histoire qui nous intéresse, c’est une émission télé où des inconnus viennent se produire pour devenir des stars (rappel : le 1er album est sorti en 78…). Sadia entend le projet de Ziggy et décide d’appeler la présentatrice, Cristal, pour lui proposer une interview exclusive de Johnny. Ce qui devait arriver arriva, Cristal est kidnappée par les Etoiles Noires (bien que dans les premières versions, elle suit Johnny de bonne grâce après un coup de foudre). Peu importe, à la fin, elle tombe amoureuse de lui et décide de rejoindre les Etoiles Noires, ce qui exaspère Sadia qui perd son rôle de bras droit.

Trio de la jalousie, Starmania. Bruno Pelletier, Judith Berard, Jasmine Roy

PENDANT CE TEMPS. Le Zéro Janvier dont je vous parlais, le businessman mégalomane qui aurait voulu être un artiste (vous l’avez ?) et qui a pour principale caractéristique d’être milliardaire se lance en politique pour être Président de l’Occident. Attend… un milliardaire… qui a une tour…. qui a un problème très libéro-progressiste qui veut que l’homme ne soit plus “esclave de la nature”… Donc je rappelle : 1978 le premier album. Pour réussir son projet, il prend en égérie puis compagne Stella Spotlight, une actrice qui met fin à sa carrière et qui a du mal avec la notion de vieillir et semble très attirée par l’idée de mourir sous les spotlights. A peine a-t-il eu le temps de se présenter qu’il part direct en interview de campagne mais celle-ci est interrompue par un message pirate de Cristal qui annonce qu’elle fait désormais partie des Etoiles Noires.

France Gall est Cristal dans Starmania

Je rushe la fin car cet article est trop long. Cristal et Johnny décident d’aller faire sauter une bombe au Naziland, la boîte de Zéro Janvier, le soir où celui-ci célèbrera ses fiançailles et sa victoire électorale (oui, pas le temps de niaiser pour Zéro). Sauf que Sadia, revancharde, va prévenir Zéro Janvier et embarque Ziggy au Naziland pour qu’il fasse DJ. Le fameux soir, donc, les Etoiles Noires essaient de commettre leur attentat mais Cristal meurt (au choix défenestrée, tuée par balle, par une bombe ou carrément étranglée par Zéro qui n’a donc toujours pas le temps de niaiser). Johnny est arrêté, Zéro gagne, Stella va plus ou moins se suicider (clairement dans la première version, un peu moins dans les suivantes) et Marie-Jeanne, abandonnée par Ziggy devenu DJ (et plus ou moins amant de Sadia dans les versions où Sadia est un homme travesti), décide de quitter Monopolis pour aller faire pousser des tomates.

Franck Sherbourne et Isabelle Boulay lors de la 500 eme de Starmania. FRANCE - 26/10/1995.

Alors pourquoi je dis que c’est une dystopie du gigantesque ? Dans l’histoire, on ne sait pas vraiment quand ça se passe, il est question de “quand viendra l’an 2000” dans les premières versions (78, 88 et 94) puis ça devient “on est en l’an 2000” dès qu’on les passe donc c’est censé être plus ou moins contemporain mais on se retrouve avec cette mégalopole, sorte de mélange entre New York (les gratte-ciels) et Montréal (la ville souterraine) et ce businessman qui fait des affaires sans qu’on sache trop dans quoi qui n’arrive jamais à éteindre sa soif de pouvoir. Il y a l’aspect futuriste de la ville certes (et les costumes de la dernière version réalisés par Philippe Guillotel appuient cet aspect là) mais les thématiques sont dans le temps des années 70, entre terrorisme (d’extrême-gauche) et totalitarisme… Et ça le reste furieusement aujourd’hui. Je crois que c’est le plus flippant dans Starmania : ça aura 40 ans l’an prochain et ô bordel, c’est toujours autant furieusement d’actualités. Et je suis pas la seule à le dire.

La troupe de Starmania 88

Et alors, pourquoi je vous parle de Starmania ? Oh juste parce que je suis retombée dedans vendredi et que ça va me servir à vous parler de l’influence que ça a dans à peu près tout ce que j’écris. Je vous en reparle… (mercredi à priori)

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Magie et terreur des réseaux sociaux

Vendredi 13, on bascule tous dans l’horreur. 130 personnes sont mortes sans que l’on comprenne exactement pourquoi. Par vengeance, par acte de guerre, par fanatisme, par haine, par pulsion de mort, choisissez votre camp. Alors j’avais commencé un article pour livrer le fond de ma pensée mais des spécialistes se sont livrés à cet exercice et l’ont fait bien mieux que moi donc inutile de réécrire ce qu’ils ont déjà dit, je vous suppose très au fait de cette actualité là. Notez juste que prendre des décisions sur le coup de l’émotion n’est jamais une bonne idée et les faits nous démontrent douloureusement que plus on nous prive de liberté pour notre sécurité, plus on crève sous des balles sorties de nulle part.

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Si je ne suis pas experte en terrorisme et géopolitique (même si j’ai un peu étudié le sujet par le passé et que j’essaie de rester très informée), il y a un domaine que je maîtrise : ce sont les réseaux sociaux. Alors je vais passer mon tour sur la question de mettre ou pas le drapeau français en guise d’avatar Facebook parce que pour le coup, j’estime que chacun fait ce qu’il veut. On pourrait regretter que cette option ne soit proposée que pour la France et pas pour les Libanais (43 morts) ou les Russes (224 morts dans un avion) mais pour le coup, on touche plus à l’ethnocentrisme qu’à la sociologie des réseaux sociaux et une fois de plus, des gens bien plus éclairés que moi sur le sujet ont écrit dessus.

Tour Eiffel bleu blanc rouge - les attentats de Paris sur les réseaux sociaux

Si on peste parfois sur le manque de pudeur sur les réseaux sociaux, force est de constater qu’on a bousculé dans une nouvelle ère, celle où Facebook et Twitter nous a aidé à savoir si nos amis allaient bien. Parce que oui, dans l’ordre des réflexes que j’ai eus en ce vendredi 13 maudit, outre les quelques sms à mes amis peu connectés (j’en ai, oui, je les chéris, d’ailleurs), c’est de balancer des messages sur les réseaux sociaux pour battre le rappel de mes potes et aussi annoncer que je vais bien, merci. Tu vois apparaître les messages similaires au tien, des likes et commentaires fleurir sous ton statut, te rassurant sur le sort des uns et des autres. Tu flippes un peu pour tes potes susceptibles d’être sortis par là, peut-être même étaient-ils au Bataclan… Puis tu vois les gens se checker, tu souffles un peu. 50 amis, 100 amis, 150…

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Il y a aussi des drames qui deviennent soudain plus proches. Ces visages d’inconnus qui fleurissent sur nos timelines avec des demandes de renseignements. Lola, Christophe, Marion, Ludovic, Houda, Matthieu… des visages souriants, l’angoisse intolérable des proches, les heures qui s’égrènent. Le drame qui se dessine au fur et à mesure, l’annonce des décès. Tous ces gens comme moi, comme vous, ces gens avec qui j’aurais pu être pote, ces gens qui étaient potes avec des gens de mon cercle. Puis vient le jeu macabre où l’on doit slalomer entre les publications des images sanglantes. J’ai, pour ma part, des communautés de qualité, je n’ai pas vu passer ses images et je n’avais pas envie de le faire. Je veux dire je n’ai pas besoin de voir des cadavres pour mesurer l’ampleur du drame.

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C’est toujours en temps de drame qu’on mesure toute la perversité de ces moyens de communication instantanés. Pervers car, d’un côté, c’est un fantastique outil pour se rassurer rapidement sur la santé de ses amis mais de l’autre, il nous fait vivre les drames personnels d’autant plus fort. Et nous mettent bien sous le nez la saloperie de certaines personnes, ceux qui multiplient les fakes pour attirer l’attention (y a quand même eu un faux avis de recherche, délirant), ceux qui se réjouissent des attentats parce que ça montre que les Musulmans sont des barbares (les Musulmans, oui, dans leur ensemble, les nuances, ça fait chier les fachos), parce que c’était de la musique du diable qu’ils écoutaient, les gens du Bataclan, parce que ça fait tomber les Bobos blancs de leur petit nuage, etc. Les disputes des uns et des autres, l’indignité de nos politiques qui continuent de se chamailler comme des enfants et ce en direct dans nos flux.

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Le web 2.0, cette arme à double tranchant…

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Je ne sais pas

Je me demande souvent ce qu’est la maturité. Je pense qu’il n’y a pas de réponse type, je l’imagine plus comme une sorte de puzzle, de mosaïque constituée de petites choses, de petits pas en avant. Mais la définition même des pièces du puzzle, leur forme et leur couleur évolue selon l’âge. Je crois que la maturité s’éloigne ou plutôt reste distante de nous car à chaque pas en avant, un autre pas nous attend. Un peu comme un escalier dont on découvrirait à chaque marche qu’il y en a encore une autre.

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Quand j’étais ado, la maturité, c’était payer ses impôts. Aujourd’hui que je les paie, ça ne compte plus et quand je les paie, je me dis que ça me console pas de me dire que ça veut dire que je suis indépendante. Mais depuis un an, à peu près, j’ai trouvé une nouvelle pièce, une nouvelle touche dans ma mosaïque de maturité : savoir dire qu’on ne sait pas. Ca peut paraître anodin mais pendant des années, j’ai eu du mal, affirmant que oui, je savais dès qu’on me posait la question, y compris quand je ne savais rien. Ce qui provoquait quelques situations inconfortables où l’on vous pose une question sur ce que vous êtes censée savoir puisque vous avez dit que “si, si, je sais”. Là, on bégaie un “heu…j’ai un trou, merde…”. Bon, hélas, ma maturité étant arrivée un peu avant mon smartphone, j’ai jamais pu répondre : “heu…j’ai un trou… attends, on va regarder sur wikipedia”. 


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Non, je ne sais pas tout. DIEU MERCI. N’ayant que 31 ans, je me ferais chier durant le reste de ma vie. J’aime apprendre, j’aime qu’on m’initie à de nouvelles choses, qu’on me fasse découvrir de nouvelles données, que ce soit une “révélation” ou juste un détail, une anecdote, un petit quelque chose. Quand j’étais avec l’Amoureux (qui devient désormais l’Ex, il est temps d’écrire officiellement cet état de fait et puis si je continue à l’appeler l’Amoureux, on va plus comprendre si je suis avec quelqu’un ou non), nous avions des univers assez différents. Vous savez, le couple le scientifique et la littéraire. On avait des points communs mais des passions aussi différentes, ce qui nous permettait de partager et j’aimais bien. Je me
souviens d’un épisode précis où il m’expliquait la réaction de Maillard et ça m’a mise en joie parce que j’apprenais un truc. Il y a quelques temps (temps que je ne mesure pas), j’aurais dit que, oui, je savais ce qu’était la réaction de Maillard, “bien sûr!”. Parce que ne pas savoir fut pour moi une honte pendant longtemps, une faille dans le système, un accroc dans mon image de fille intelligente et cultivée. Ce qui créait le sentiment paradoxal d’une imposture. J’ai toujours eu un certain complexe par rapport à ma culture, j’ai toujours eu l’impression de ne rien savoir mais de donner l’illusion de.


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Aujourd’hui, je suis bien plus mesurée. J’ai une culture. Je vais me passionner sur un sujet et me renseigner le plus possible dessus. Je vais avoir mes marottes, des Chevaliers de la table ronde à l’univers AB en passant par Moravia et Barjavel, les histoires de terrorisme et d’indépendantisme, une fascination pour les passionarias et les romans d’anticipation… A côté de ça, je n’y connais strictement rien à la culture et à l’histoire espagnole, je n’ai découvert que récemment la loi de Boyle-Mariotte alors qu’elle est essentielle en plongée (j’en connaissais cependant le mécanisme), je suis une merde totale en peinture contemporaine, je ne suis pas sûre de comprendre les règles du golf (mais ça, j’avoue que ça m’intéresse pas trop), je suis une bille totale en botanique et je ne connais que quelques races de chien. Et je ne sais pas reconnaître la plupart des marques de voiture. Et encore, je ne parle que ce qui me vient à l’esprit, imaginez tout ce que je ne sais pas, tout ce dont je ne soupçonne même pas l’existence. 

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Alors quand on me parle de quelque chose que je ne connais pas, je ne prends plus mon air entendu de “celle qui sait”, j’exprime clairement ma méconnaissance, je pose des questions et, stade ultime de l’achèvement de la pièce du “je ne sais pas”, je suis désormais capable de dire que je ne comprends pas. 

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Tiens, faudrait d’ailleurs que je me trouve une nouvelle lubie.

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Les articles qu’on a bien fait de ne pas écrire

Petite pause dans les aventures québécoises d’Ella pour la bonne raison que j’ai oublié la vidéo sur le pc du bureau (je crains). Du coup, je fais un article un peu de type métablogging, on va dire. Je vais vous parler d’un article que je voulais écrire et que j’ai bien fait de ne pas faire.





Il y a donc un mois, je suis partie en Martinique, des vacances qui m’ont fait un bien fou, il faut le dire. Pour y aller, avion donc, j’avais peur, bouh. Et puis finalement, plus. Le vol se passe sans encombre, quelques mini turbulences puis on atterrit et là, Anthony commence à applaudir pour lancer le truc et ça ne rate pas, les gens applaudissent. De là, je me dis « je vais faire un article pour dire que ça m’énerve les gens qui applaudissent à l’atterrissage ». Parce que je considère que le pilote et le copilote ont juste fait leur
travail et que moi, on ne m’applaudit jamais quand je termine mon boulot (alors que des fois, je trouve que je le mérite). Et puis je trouve ça bof d’applaudir l’atterrissage d’un avion.




Et puis l’avion AF447 a disparu. On ne sait pas encore ce qu’il s’est passé (mais qu’est-ce qu’ils me saoulent les pro « c’est un attentat, l’Etat nous ment ») mais je me dis que si j’avais écrit cet article, en fin de compte, je me serais sentie un peu ridicule. Parce que oui, faire décoller un appareil, le faire voler et atterrir tout en réajustant le plan de vol, les données… c’est le métier des pilotes, une routine pour eux et que des milliers d’avions décollent et atterrissent par jour sans que personne ne meure dans la manœuvre. Du coup, quand un vol se passe sans histoire comme celui qu’on a eu pour aller en Martinique (et encore plus au retour où on n’a même pas eu de turbulences), les applaudissements me paraissent un peu déplacés. Autant après un atterrissage mouvementé, je peux comprendre mais là…





Alors oui, le métier de pilote est pénible, il vole pendant que nous, on dort, on regarde des films et même si le pilote automatique est enclenché, il doit veiller. Ceci étant, ma mère, comme toute infirmière, a travaillé de nuit aussi et on ne l’a jamais applaudie pour autant. Mais surtout, je me demande d’où ça vient ces applaudissements. Des films catastrophes où pendant deux heures, l’avion menace de se crasher mais non, l’équipage a super assuré ? Ouais enfin dans mon cas, l’avion a décollé et atterri entier, sans terroriste ou serpent dedans, sans aucun problème technique remarquable (mais je crois qu’il y en a très souvent sans qu’on soit au courant. Un pilote peut même mourir sans que les passagers en soient avertis, ce que je comprends parfaitement, bonjour la panique sinon). Alors pourquoi applaudir ? Parce qu’on est en vacances, détendus du string ? Parce qu’on passe immédiatement en mode euphorique à base de tout est merveilleux ?





Et puis le vol AF447 s’est crashé et je me suis dit que cet article aurait été plus que maladroit. Evidemment, je n’aurais pas pu deviner, « j’ai raté mon DU de voyance » comme j’aimais dire aux internautes qui me disaient « mon blog marche pas, réparez le ! » sans me dire ce qui ne fonctionnait pas dans mon premier boulot. Du coup, parfois, je me demande si mon gentil cynisme n’est pas un peu déplacé, si des fois, je ne m’exaspère pas pour des choses, qui, finalement, sont plus importantes que ce que je croyais. Un pilote a ma vie entre ses mains. Mais un chirurgien aussi, par exemple, et on ne l’applaudit pas, lui. Ouais, bon, on ne peut pas, on est sous anesthésie mais quand même…


Bref, un jour, je comprendrai pourquoi les gens applaudissent à l’atterrissage, y compris à la fin d’un vol sans encombre. Mais comme c’est pas le moment d’ironiser sur la question, je creuserai cette éternelle question un autre jour.

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Pourquoi je ne suis pas cinéphile

En guise de chronique ciné du dimanche qui, je crois, n’aura plus vraiment lieu vu que Bobby a officiellement arrêté et je suppose que Keira aussi, voici un article qui va enfin expliquer pourquoi je ne suis pas cinéphile malgré le très léger complexe qui en découle. J’aime bien dire « enfin », pour faire croire que ça fait plus de trois ans que vous attendez de savoir alors qu’en vrai, ça vous est totalement égal et qu’à la fin de cet article, rien n’aura changé dans l’univers (ou alors ce sera pas en lien avec mon article).


Ado, j’adorais aller au cinéma  mais quand je dis aller au cinéma, je devrais dire « sortir le soir pour faire comme les grands et regarder des blockbusters totalement crétins à la Independance day ». Oui, j’ai vu Independance day deux fois au cinéma, tout comme Jurassic Park ou Bodyguard mais rappelons quand même que c’était au siècle dernier et que j’étais mineure. Puis en grandissant, j’ai un peu déserté les salles sauf exceptions. Puis en 2004 (hiver), vint la période « Guillaume et Nina ne s’aiment plus d’amour mais n’osent pas se le dire donc ils vont au ciné toutes les semaines pour ne pas trop se retrouver seuls face à la terrible réalité. Et comme ils connaissent la caissière, ils ne paient pas (véridique). C’est dans cette période que j’ai vu Big Fish (il avait neigé pendant la séance, je me souviens), Les rivières pourpres 2 (non, là, non, vraiment, grosse erreur de casting), Gothika
(pas mieux), un film qui se passe au Québec et qui était marrant, dans un petit village et j’ai oublié le nom.


Puis arrivée sur Paris, 9.9 la séance donc forcément, ça limite. Mais là n’est pas la vraie raison de ma désertion des salles. La qualité des films proposés ? Oui, c’est sûr que payer pour voir des rivières pourpres, j’ai du mal mais même les films qui me tentent, j’y vais pas. Alors pourquoi ? Pour deux raisons.

La première, c’est un peu le côté terroriste des connaisseurs du 7e art qui sont outrés que quelqu’un ait pu aimer des films comme le Pacte des loups en  hurlant que c’est une injure à l’Histoire. C’est sûr que si on étudie l’aspect historique de ce genre de films, on ne peut être qu’outrés, c’est PAS un film historique, c’est un film d’action utilisant une légende comme toile de fond (et vraiment comme toile de fond parce qu’à la fin, la révélation sur la bête, elle est carrément mineure rapport à Vincent Cassel qui fait du kung fu avec un nunchaku-épée). Moi, j’ai bien aimé, je l’avoue. Oui, je sais, aimer un film avec Samuel LeBihan est une hérésie, comment peux-tu ? Ben, simple : en fait, ce que j’aime
le plus dans le film, ce sont les décors. Oui, je sais, ça peut paraître léger mais je trouve que rien que pour les décors, le film vaut le coup d’œil. Après, l’histoire, c’est du manga filmé, ni plus, ni moins. Bref, d’un point de vue artistique, je reconnais que ça ne vaut pas tripette mais le ciné, c’est comme la musique, on peut aimer un prélude de Bach interprétée par Rostropovich et la dernière de Britney Spears, c’est pas antinomique. Alors c’est pas la peine de crier et de me postillonner dessus parce que je trouve des films pourris fameux et des films plus nobles mauvais. Oui parce que y a aussi des chefs d’œuvre du genre que je trouve mauvais, qui ne me parlent pas et tant pis pour les « Mais comment tu peux ne pas avoir aimé ce film ? » effarés et à moitié étranglés. Ben, parce que c’est mon goût et je n’y peux rien. Et pourtant, j’ai aimé Le Mépris par exemple qui cumulait les points contre lui au départ : film 100% nouvelle vague et surtout adaptation d’un livre de Moravia. Si le côté adaptation n’est pas à la hauteur du roman (normal, ce n’était pas le but), la photographie et la mise en abîme de l’univers du cinéma font de cette œuvre un cas d’école. Oui, ce n’est pas parce que j’aime aussi les mauvais films que je n’y connais rien, au passage.


Mais surtout, si je ne vais pas au cinéma, la vraie raison… C’est que je m’y endors. A peu près tout le temps. Si je vais à la séance avant 20h, c’est mort, je vais dormir. Et à 9.90 la sieste, ça fait un peu mal. Par exemple, je n’ai rien compris à Michael Clayton parce que j’ai roupillé la moitié du film (alors qu’il y a George Clooney dedans quand même), ni à H2D2, le guide du voyageur galactique, ce qui occasionne des conversations passionnantes : « Ah mais trop bien la scène où y a eu ça et ça et ça.

– Heu… ouais, trop bien ! »

Alors je pourrais les regarder à la maison… Mais je m’endors aussi.

Alors en exclu mondiale et en direct de mon nouveau salon qui va se faire toiletter dès que j’ai fini cet article (et peut-être quelques autres parce que j’ai pas fini mon café) : cette année, je vais regarder des films et même en faire des chroniques ciné (ohohoh). Comment vais-je vaincre ma narcolepsie cinématographique ? Simple : au lieu de regarder un film allongée sur mon canapé, je les regarderai assise sur mon fauteuil. Déjà, ça devrait limiter les dégâts… Normalement.

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Misanthropie

Par Lucas

« Parfait Monsieur Lucas, merci de votre appel, à mon tour laissez moi me présenter je suis Marie Belanger et je vais traiter votre demande ».

A peu de chose près, voila la phrase stéréotypée à laquelle j’ai droit à chaque fois que j’appelle ma hotline chez SFR. Lu comme ça, vite fait, cela peut paraître courtois et cordial, simple et efficace. Mais dans la vraie vie c’est aussi gerbant que deux doigts au fond de la gorge. La raison ? Oh, c’est très simple. Même à la première écoute, cette phrase pue la récitation. : un discours appris par cœur ou lu sur une fiche. Franchement, si on ne fait pas attention, ça passe comme une grève à la Poste. On nous recrache un texte préparé, formaté, étudié pour être sobre et bien élevé. Tout est policé, il n’y a pas un mot plus haut que l’autre, rien ne vient agresser l’oreille du client. Tout concourt au final à lui faire reconnaître qu’il a été bien servi « J’ai bien répondu à vos attentes Monsieur Lucas ? »

Je trouve ça insupportable.

Attention, je ne vous parle pas de la recherche de l’efficacité commerciale… Je vous parle du mode de communication pure. Il n’y a plus aucune humanité ! A vouloir donner une image proprette de l’entreprise, à vouloir régenter la relation client, le service communication d’SFR se fait le complice d’une soviétisation des esprits ! A croire qu’après avoir pratiqué des tarifs indécents, SFR continue à nous prendre pour des cons, cette fois-ci avec les employés de sa hotline ! D’abord en donnant à ces salariés marocains, localisés à Casablanca, des noms français « bien de chez nous ». Marie, Julien, etc (histoire de ne pas choquer les racistes bon teint). Et ensuite avec ce carcan sucré qui encadre le discours. Comme si personne ne se doutait que cette façon de parler est totalement artificielle ! Je crois que cela m’énerve autant que ma propre passivité. En restant nous même silencieux face à cette cosmetisation des discours, nous nous rendons nous aussi complice d’un maquillage des relations sociales !! Comme si le monde n’était pas déjà suffisamment hypocrite !

 

Je trouve cette réalité symptomatique de notre époque et j’en viens à me poser à des questions sur moi. Petite pause égocentrique, certes, mais vraiment je reste perplexe… Suis-je un Bisounours égaré chez les Monstroplantes ? J’ai l’impression de m’insurger contre des trucs que tout le monde trouve normal ! D’ailleurs le monde ne se gêne pas pour se foutre allègrement de ma gueule ! (Mais je vous aime quand même les gens !)

J’ai le sentiment qu’aujourd’hui, dire les choses telles qu’elles sont relève de l’acte terroriste. Comme si la société acceptait encore moins qu’auparavant de voir les choses qui fâchent. Franchement, n’y a-t-il pas une lâcheté écœurante dans la promotion implicite de cet état d’esprit, dans notre active inertie ? 

Un autre exemple.

Certains lecteurs n’ont peut-être pas encore eu la malchance de prendre un jour le metro parisien et d’entendre la phrase suivante :

‘En raison d’un incident grave de voyageur, aucun train ne circule entre Dupleix et Passy.

Pour ceux qui ne le savent pas, cette phrase anodine, presque banale, est une périphrase qui déguise tout simplement… un suicide. Un homme, une femme, quelques stations en amont, qui a décidé de se jeter sous une rame et mettre un terme à son existence. Toute la détresse humaine en un seul geste. Une détresse que la RATP réduit à un incident. De voyageur. Attention, ce n’est pas la faute de la RATP c’est un incident de voyageur. Oh bah ça alors c’est vraiment pas sympa d’être venu entraver le bon fonctionnement de la RATP. Zut alors, c’est pas civique pour deux sous, ça alors. Méchant voyageur. On a pas idée de faire un incident comme ça.. Surtout sur une ligne aussi bourgeoise, non mais vraiment quoi, certaines personnes n »ont aucun sens des realités.

Observons la réaction des personnes dans le wagon.

Une fois, l’annonce faite, la plupart des voyageurs vont râler, sans avoir une seconde de commisération, une seconde de réflexion sur les raisons qui peuvent pousser un homme à mettre fin à ses jours de manière aussi tragique. Quand j’observe ça, je me dis que le maquillage des discours est le meilleur allié de l’égoïsme. (oui j’adore les poncifs pompeux)

Aujourd’hui en France un suicide est un incident.c’est à dire « un événement qui entraîne ou peut entraîner un accident ». Entre notre suicidé et une machine défectueuse, il n’y a aucune différence. Merci la Rateupeu.

Alors bien sûr on va me dire… Il ne faut pas émouvoir, il ne faut pas en parler. Pourquoi ? Parce que des gens pourraient être choqués et ne plus prendre le metro ? Parce que des gamins pourraient être traumatisés ? Parce que cela pourrait donner des envies à d’autres personnes ? Dans ce cas là, autant interdire la diffusion quotidienne du JT de TF1 !!! Faut-il donc, sous couvert de sécurité publique, se laisser aller à une stérilité des propos ? Faut-il donc laisser certains mots déchirer leur sens, les laisser creuser leur tombe ? Merde quoi, on est pas encore dans le Meilleur des Mondes, bordel !!!

Bon…

 J’arrête de vous saouler avec ça et je m’en vais cuisiner pour mes colocs. Non vraiment, promis, j’arrete de faire mon ronchon. Mais je pose tout de même une dernière question : jusqu’où va-t-on pousser le stade du cosmétique et du blisss ?

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La Cellophane sur le Naillepode

Yen a que ça intéresse. Si,si, je le sais. Certains d’entre vous veulent savoir que j’ai failli leur parler du concept de connard qui fait semblant de ne pas m’voir dans le couloir. Yen a qui veulent savoir que j’ai vaguement hésité à leur parler du rôle que le Nutella joue dans ma pharmacie de l’âme. Voila, ça c’est dit et maintenant que j’ai bien foiré mon chapeau à cause des curieux, je peux me permettre de leur poser une devinette pour faire style on est quand même potes regarde j’te fais un article interactif de malade. Alors zou, devinette : savez-vous de quoi je vais vous parler cette semaine ?
 
C’est marqué dans le titre, bande de nases.
 
C’est bien fait, fallait pas me chercher. Venons en au sujet maintenant. Il y a un mois, j’ai acheté un nouveau mobile et la vendeuse m’a demandé si elle pouvait enlever son sous tif la pellicule protégeant l’écran. Cette question m’a choquée. Il est donc des personnes qui ne sont pas en symbiose parfaite avec leur portable. Je me suis alors dit que j’allais vous poser la question. Est-ce que vous enlevez le plastique protecteur sur les appareils électroniques que vous achetez ? Tiens prenons un produit à portée de toutes les bourses, un produit que tout le monde achète tous les jours : l’Ipod. C’est maintenant de notoriété publique qu’il se raye comme un parquet sous les dents de notre ministre de l’intérieur. La question est donc : Faut-il profiter de son Ipod en enlevant la pellicule et vivre avec le risque foufoufou de le rayer un peu beaucoup mais passionnément ? Ou bien faut-il maintenir la pellicule et avoir toujours une séparation entre soi et l’objet, une cellophane avec de petites bulles d’air qui nique totalement l’esthétique sobre et nacrée du produit… Pour moi c’est un choix politique, un choix de vie. C’est comme Gérard, le Bon Père de Famille, cadre sup qui a les moyens, qui enlève les enjoliveurs de sa bagnole pour ne pas les abîmer et revendre la gégémobile plus cher plus tard. Mais enfin, Gérard, ta voiture elle est moche comme ça. A quoi bon acheter une belle automobile si tu ne profites pas de sa beauté initiale ? Enfin quoi Gérard, ne te rends tu pas compte que tu repousses ton bonheur en repoussant l’enjoliveur ? Tu es débile, Gérard.
 
Aujourd’hui c’est déjà demain.
 
 Alors bien sûr… Il y aura toujours Raoulette, la grognasse qui aime polémiquer, qui va me dire que Gérard n’est pas débile, qu’il a raison d’être soigneux avec son automobile : si ça se trouve Gérard il n’en a rien à faire de cet objet utilitaire qu’est une pauvre voiture et il est très heureux avec sa voiture moche (et elle rajoutera que, moi, pauvre matérialiste, je ferai mieux de la fermer avec mes considérations esthétiques snobinardes). Bah oui Raoulette mais vois tu on s’en fiche de ton avis car la question n’est pas là. Ipod ou bagnole, la question reste la même : faut il profiter du temps présent ou espérer constamment un meilleur futur ? Eh oui, la voila la morale de la Cellophane du NaillePode. D’aucuns diront que c’est encore un débat à la con et que mis à part les 0,0001% de lecteurs qui croient au paradis et à l’abstinence terrestre tout le monde veut être heureux tout de suite. Bah non justement : j’ai autour de moi plein de personnes, plus ou moins proches, qui n’osent pas jouir ou plus simplement être heureux. Vieux relent de christianisme ? Comment peut-on expliquer ça ?
 
Pour moi c’est sans pitié : j’enlève la protection.  Parce que si je paye 240€ mon Nano c’est bien pour profiter de sa beauté et que ladite beauté ne soit pas édulcorée ou gâchée par une protection. Idem pour mon téléphone. Et les pochettes de protection en cuir de rat vendues la peau du cul c’est hors de question aussi. Franchement, vous ne trouvez pas qu’il y a déjà trop de pellicules dans le monde ? Quand on fait l’amour, quand on parle à certaines personnes circonspectes qui enrobent leur propos, quand on lit ses boites de conserve qui superposent des couches et des couches de défense juridique au cas où le méchant cassoulet aurait envie de rendre malade son acheteur. Les exemples sont légions. On se surprotège, on dresse des barrières, on stérilise, on édulcore. Je vous laisse donc sur cette question, facile à première vue, mais intéressante tout de même, surtout pour ceux qui gobent tous les soirs le JT de TF1 : le « vrai » est il un concept terroriste aujourd’hui ?
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J’’ai montré mon string au Fouquet’’s

Dans la vie, je suis d’un naturel désarmant. Ma spontanéité, ainsi que mon étourderie, me poussent parfois à commettre quelques impairs dans des lieux publics qui font beaucoup rire les gens qui m’accompagnent. Voici quelques morceaux choisis, j’en oublie certainement beaucoup, je compte sur mes amis pour en livrer d’autres.
L'objet du délit
 
Discrétion, toujours.
Février 2000, nous nous acheminons en groupe vers l’UFR d’histoire pour attendre je ne sais plus qui. A ma gauche, l’éternel Gauthier. A ma droite, un mec que je convoite. On se pose devant l’UFR, on discute, on discute, les esprits s’échauffent gentiment et, je ne sais plus pourquoi, à un moment, je me mets à crier : « je ne hurle pas quand je baise ! ». Je suppose qu’on devait parler de ma voisine qui hurlait. Donc tout l’UFR a eu la primeur de cette information et moi, je me suis payée la honte devant le mec que je convoitais. Ceci étant, je suis sûre que j’ai fait le bonheur des pauvres étudiants qui faisaient semblant de se passionner pour les révélations numismatiques d’une pauvre prof frustrée ou qui devaient analyser un texte de Thucydide. Et je suis quand même sortie avec ma cible avec qui je suis restée 4 ans et demi, comme quoi…
 
Le Café de Flore
Avec Gauthier, on aime bien jouer les snobs. Partis à Paris pour quatre jours de vacances, nous voilà stationnés au Café de Flore pour boire un chocolat chaud à 20 francs la tasse. On discute, on mate les deux couples à côté (un en pleine rupture, l’autre en pré-brouette) puis à force de boire ce délicieux chocolat, j’ai chaud donc j’entreprends d’enlever mon pull et là, Gauthier explose de rire. Je le regarde et il m’indique que j’ai mis mon t-shirt à l’envers, toutes coutures dehors et l’étiquette en érection. Donc, rouge de honte, je renfile mon pull. Et le pire c’est que, le soir, nous sommes invités chez les cousins de notre ami Gauthier, nous n’avons pas le temps de nous changer. Au menu : raclette ! J’ai dû garder mon pull toute la soirée.
 
Le pigeon au Capitole
Avec Gauthier (décidément, tu me portes la poisse ou quoi ?), nous décidons de nous offrir au coca sur la place du Capitole. Pour les non-Toulousain, un coca Place du Capitole coûte en moyenne 3 euros, presque autant qu’à Paris…  Donc, malins, nous nous installons sur la terrasse du McDO. On discute et soudain, je sens un truc qui me tombe dans le dos, je lève les yeux pour voir quel est le débile mental qui a jeté un truc par la fenêtre et là, Gauthier me fait : « oh, y a un pigeon qui vient de lâcher une grosse merde sur la table, regarde ! » Et là, je me lève en poussant un cri : y a pas que sur la table que cette ignoble bête s’est lâchée ! Heureusement, j’avais une veste qui a protégé le reste de ma personne. Je me précipite aux toilettes pour me laver les mains, je reviens et au moment où on allait partir, une blonde entreprend de s’asseoir à notre table, Gauthier commence à l’informer de ce qu’il vient de se passer mais trop tard, elle est assise donc : « bon, viens, on s’en va ! ».
 
Ernest dans mon sac
Une grosse honte évitée mais j’ai eu peur. A Noël dernier, Gauthier et Anne ont eu la grande idée de m’offrir un ladyfinger (petite vibromasseur). Je l’ai appelé Ernest, prénom ridicule qui m’est passé par la tête quand Gauthier m’a demandé de le nommer. Depuis quelques temps, Ernest prend la poussière dans mes sacs à main inutilisés. Un jour, je décide de changer de sac, je transvase toutes mes affaires et je file à mon rendez-vous avec Zoé… Sauf que ce jour-là, des terroristes ont décidé de faire exploser Londres, il y a donc des flics partout dans le métro. Je déjeune avec Zoé et, au retour, la station est pleine de policiers… Et là, je me souviens : j’ai Ernest dans le sac. Seigneur ! Il ne manquerait plus que des officiers décident de fouiller mon sac, ce serait la honte intégrale ! Je passe donc la tête baissée, style : j’ai quelque chose à cacher… Dieu merci, étant blonde, je dois pas avoir une tête de terroriste donc ils ne m’ont pas arrêtée. Sinon, je me serais prise la honte de ma vie.
 
Le verre au resto japonais.
La semaine dernière, Gauthier était chez moi donc je décide de le présenter à Arnaud. C’est pas que l’avis de Gauthier est essentiel pour moi mais il reste très important donc nous voici partis au restaurant japonais à côté de chez moi. Nous passons une délicieuse soirée, j’ai des étoiles plein les yeux, les deux garçons s’entendent bien, je suis ravie. En partant, l’anse de mon sac a la bonne idée de s’enrouler autour de mon verre encore plein d’eau et, là, c’est le drame ! Le verre se renverse directement sur mon pantalon et fait une merveilleuse auréole. Les deux garçons me regardent et là, toujours très courageuse : « vite, on se casse ! ».
 
La cafétéria de l’IEP
Bon, là, je pourrais en faire un article entier ! Les derniers mois, je m’y rendais souvent en compagnie de Gauthier et de Mister Big. On rigole, on est d’une discrétion hallucinante, on tombe amoureux toutes les dix minutes soit du beau gosse (qui m’a demandé plusieurs fois du feu, d’abord !), soit du nouveau serveur surnommé « Nikos ». Le Nikos, il nous rend dingue, il faut dire ce qui est. Un jour, alors que nous avions une conversation philosophique sur nos vies sexuelles (pour changer), Nikos entreprend de laver le micro-onde placé juste derrière nous, une bonne demi-heure d’ouvrage ! Suspect, non ? On rit, on plaisante et au moment où le volume ambiant baisse, je me mets à crier : « non mais va te taper ton gode ventouse et fous-moi la paix ! ». Bon, et bien, me voici cataloguée « grosse cochonne aux mœurs bizarres ». Pour l’histoire du gode ventouse, ça vient d’un film érotique japonais que nous avions visionné chez Mister Big le soir du nouvel an, à un moment donné, une prostituée allait s’empaler sur un gode ventouse collé à un miroir.
 
Mon string au Fouquet’s
La dernière honte en date, très drôle. Samedi dernier, mes parents étaient sur Paris et nous voilà partis boire un verre au Fouquet’s avec Gauthier qui nous avait rejoint. Pour ceux qui ne connaissent pas le Fouquet’s, le café est à 6 euros… Arrive le moment de se quitter, mes parents partant d’un côté, Gauthier et moi de l’autre donc ma mère me rend mes achats du jour, à savoir un chapeau et un string. Inspirée, je décide de montrer mon string à Gauthier et voilà que je le brandis fièrement en plein milieu du Fouquet’s avant de me rendre compte que ma conduite est légèrement déplacée. Ceci étant, ça m’a donné une idée artistique : prendre mon string en photo sur les lieux mythiques de Paris !
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