Et si pour le 08 mars, on laissait les femmes parler ?

Ceux qui me suivent sur Twitter (et un peu ici aussi) le savent : je suis certainement ce qu’on appelle péjorativement une Social Justice Warrior, à savoir que j’ai l’air de me mêler de toutes les causes. Alors oui mais non, mes intentions sont toujours les mêmes, la même je dirais même : peu importe quel est ton sexe (de naissance ou non), ton âge, ta couleur, ton orientation sexuelle ou ton histoire, tu dois avoir les mêmes chances que ton voisin. Et rien que ça, ça te donne matière à t’énerver 2 à 3 fois par jour minimum. Et notamment sur le féminisme, la cause ennemie de beaucoup de gens qui ne savent jamais de quoi ils parlent. Et en ce 08 mars, on va vous demandez une chose, une petite chose à vous les hommes : fermez-là.

Le 08 mars : Homme baillonné pour laisser parler la femme

“Et mais attends, dit l’homme, moi aussi, je suis féministe, moi aussi, j’ai des trucs à dire”. Non, tu te tais. Déjà, tu ne peux pas être féministe, tu peux être allié. Parce que tu auras beau nous écouter (déjà, ça n’arrive pas souvent tellement les hommes sont toujours pressés de prendre la parole pour donner LEUR avis), tu ne sauras jamais ce que c’est que d’être une femme, réellement. Tu pourras lire des tumblr qui te mettent sous le nez ce qu’on vit au quotidien (paye ta shnek, paye ta blouse, paye ta robe, paye ta bulle, paye ta fac, paye ton taf, paye ton couple, chaire collaboratrice, conseil aux féministes, je connais un violeur… et d’autres qui ne sont pas arrivés jusqu’à moi), tu ne le vis pas, tu peux au mieux imaginer. Et vu ta propension à nous dire qu’on exagère, j’ai la sensation que tu as l’imagination défaillante, mon cher ami. En tant que femme, j’essaie de ne pas croiser le regard de mecs qui me matent avec insistance en espérant que ça va les décourager. En tant que femme, j’ai toujours le réflexe de regretter ma tenue si je me fais reluquer de trop près alors que *bordel* j’ai encore le droit de m’habiller comme je veux, je dois subir des tentatives de drague bien lourdes dans le milieu professionnel et si tu te rebiffes, c’est toi la conne sans humour. En tant que femme, je scrute toujours les gens derrière moi si dans des lieux de foules, je sens quelque chose contre mes fesses. En tant que femme, je me prends des réflexions si j’ose mettre un orteil sur un domaine soit-disant masculin. En tant que femme, tout ce qui se passe ou non dans mon utérus semble être soumis à libre discussion. En tant que femme, même si je serai naturellement moins bien payée qu’un homme, on hésitera à me faire progresser dans la hiérarchie rapport à mon utérus, toujours. En tant que femme, si je suis battue ou violée, on remettra ma parole en cause, on se dira que je l’ai sans doute bien cherchée, peut-être même que je mens. Je serai traitée de salope dès que j’ouvrirai la bouche, menacée de viol si j’insiste. Mon corps devra correspondre à certains canons sinon je ne vaudrait rien. Et encore, là, c’est juste une petite liste, y en aurait encore tant et plus.

Nicky Minaj, élégante pour la Fashion Week

Si un jour je me lance dans un show type effeuillage, ce sera trop ma tenue

Ca, voilà, c’est un peu notre quotidien. Nos souffrances, sans cesse niées d’ailleurs sous prétexte qu’on exagérerait quand même voire que “hihi, c’est agréable de se faire draguer quand même”. Franchement, non. Et c’est la même pour toute lutte d’une minorité « contre » une majorité. Je ne suis pas militante anti raciste ou pro LGBT, je suis une alliée de ces causes. Je ne prends pas la parole dessus, je la relaie. Parce que j’ai beau avoir l’imagination fertile, je ne sais pas. Parce que je tombe encore des nues quand je découvre qu’un mec s’est fait défoncer la gueule juste parce qu’il avait tenu la main de son petit ami dans la rue, qu’une jeune lesbienne a été violée par son père qui voulait lui prouver que c’était meilleur avec les hommes, que j’apprends que la discrimination à l’embauche des personnes racisées continue encore et toujours, qu’on continue les Blackfaces en 2017 et on envisage d’appeler un bar “le bal nègre” sans bien voir le problème. Que je ne saurai jamais ce que c’est d’entendre des gens commenter ta coupe de cheveux et que si tu les laisses naturels, on va te dire que ça fait négligé… Je ne connais pas les vexations quotidiennes, les petites réflexions tellement routinières qu’on ne prend plus le temps de les dénoncer, on fait avec en se disant qu’il y en a marre. Je sais que tout cela, je ne le saurai jamais, je ne peux que comprendre et faire preuve d’empathie. Donc je n’ai pas à imposer ma vision des choses, de la lutte, des priorités, je n’ai pas à dicter un agenda des actions à mener à ces personnes là.

Affiche black feminism

ET POURTANT ! Les non minoritaires ont, pour la majorité, un besoin viscéral de s’en mêler. Les mecs, on n’a juste pas besoin de vous. On a besoin d’alliés, pas de guides ou de prophètes. C’est hallucinant comme les majorités veulent toujours se mêler des combats en prenant la parole, surtout quand on leur demande de ne pas le faire. Si vous saviez comment les féministes ont été alpaguées sur le sujet depuis une semaine… Regardez : dès qu’une réunion non mixte ou sans blancs est organisée, c’est l”indignation… Alors que les mecs, tu ne leur aurais pas dit de ne pas venir, ils ne l’auraient juste pas fait d’eux-mêmes. Et je sais que certains sont animés des meilleures intentions mais quand on est élevé dans une société où on vous apprend que seul l’Homme blanc peut diriger, que seule sa voix porte et est légitime, ça donne des manterruptions toutes les deux minutes et des mecs qui se posent en leaders de mouvements qui ne les regardent même pas.

Féminisme : ne me libère pas, je m'en charge

Alors s’il vous plaît, demain, pendant juste une journée, taisez-vous et laissez-nous parler.

Merci

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

La rue ne t’appartient pas [connard]

Jeudi matin, je quitte mon appart, à peu près fraîche et prête à affronter la journée. Alors que je chemine, un peu perdue dans mes pensées, un mec m’interpelle “bonjour… Bonjour… Oh bonjour ! Oh ! Tu pourrais répondre, déjà que t’es pas belle !”. Alors évidemment, je lui ai un peu pourri la gueule. Parce que j’en ai marre de me prendre des giclées de domination masculine dès que je fous un pied dehors.

aborder-une-fille-dans-la-rue

Le problème n’est pas tant ici l’agression verbale. Ce monsieur a le droit de ne pas me trouver à son goût (mais dans ce cas, il aurait été tellement plus plaisant qu’il ne m’adresse pas la parole, n’est-ce pas) même si je m’interroge quant au besoin de verbaliser ça. Je ne sais pas, je ne me sens pas obligée d’indiquer aux hommes qui ne me plaisent pas et que je croise dans la rue que je les trouve laids. Le problème ici c’est qu’une fois de plus, mon tort a juste été de pénétrer dans l’espace public. Je portais certes un short très court mais a) en été, je n’aime pas porter ma combinaison de ski, b) si j’achète des jolies fringues, c’est pour les porter, c) il m’arrive assez régulièrement d’avoir envie d’être jolie et surtout d) je fais ce que je veux, connard. Mon short bien court n’est une invitation à rien surtout si je ne réponds pas à ton premier bonjour. Je t’ai vexé en ne te répondant pas ? Je ne t’ai pourtant pas insulté… enfin, avant que tu fasses ton macho de base en me traitant de “pas belle”,là, j’avoue, ton “connard”, tu l’avais bien mérité.

incivilites

Le problème de cette insignifiante anecdote, c’est que ça nous rappelle une nouvelle fois que nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenues dans la rue. Féminines, nous sommes priées de nous plier aux envies de ces messieurs qui se considèrent sur leur territoire alors que nous ne faisons que de le traverser. Je dois répondre à un monsieur qui me parle sous peine de me prendre une agression verbale alors que je ne demandais qu’à me rendre au travail tranquillement, sans rien demander à personne. On ne se rend pas compte à quel point la place de la femme dans la rue est une bataille constante. Un exemple ? Cet excellent épisode du Meufisme :

Parce que si on traîne tard dans la rue, les mecs peuvent s’amuser à nous coller ou à nous demander nos tarifs, histoire de souligner, rigolards, que notre place n’est certainement pas ici.Une femme seule dans la rue est une incongruité, une anomalie qui semble autoriser le mâle plafonné à venir la mettre mal à l’aise avec des remarques déplacées ou une tentative de drague qui n’a souvent pas pour but de draguer mais bien de continuer à asseoir la domination masculine : tu es sur notre territoire, nous pouvons donc faire de toi ce que nous voulons.

« Ah oui mais avec des conneries comme ça, on peut plus vous draguer, aussi ! ». Ca tombe bien : on n’en a pas envie. Surtout si je tombe sur du lourdaud premier choix qui mesure ma beauté à ma capacité à me soumettre à sa volonté de mâle alpha. Je réponds : belle, je réponds pas : pas belle. Gnééééé ! « Oui mais y a cette fille, elle est belle et je suis pas un dragueur de rue, moi ». Alors observe la. Marche-t-elle d’un pas pressé ? Te rend-elle tes regards insistants ? Pianote-t-elle son smartphone avec ardeur alors que tu tentes un eye contact ? A priori, tu sauras dès le départ si elle est prête à te laisser ta chance ou si ça va la déranger que tu l’abordes. Oui parce que pardon mais la rue n’est pas un  site de rencontre, j’y suis en général pour des raisons beaucoup moins romantiques (aller au travail, au hasard) et je n’éprouve jamais de plaisir à coller un râteau à quelqu’un. Donc oui, me faire draguer me dérange (non, je n’ai pas besoin de me rassurer sur mon pouvoir de séduction et non, tes compliments ne me font pas plaisir vu qu’ils sont intéressés et qu’une fois sur deux, tu les retireras en les remplaçant par une insulte) surtout quand le mec insiste louuuuuurdement. Mais oui, je les ai bien entendus tes 5 bonsoirs mademoiselle, j’essayais juste de nous éviter un moment gênant et pénible à tous les deux.

exemple-shit-test

La rue m’appartient autant qu’à toi connard et je vais pas remiser mon joli short au placard juste parce que je te dérange. Et la prochaine fois, viens me dire en face que je suis pas belle plutôt que de le marmonner dans mon dos, petite merde sans courage.

Pour ceux qui ont encore du mal à comprendre pourquoi la drague de rue, c’est ultra chiant, un peu de lecture avec le Projet Crocodiles qui t’explique quand la drague est subie et pas appréciée (des fois que)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Mais vous, les filles, vous faites jamais le premier pas aussi

Ce qui est formidable avec les réseaux sociaux, c’est que tout le monde est libre d’y donner son avis. Y compris (et surtout) les cons d’ailleurs. Ainsi, la semaine dernière, nous avons appris pèle-mêle que pour pas être violée, il suffit de dire non fermement (et si tu le fais pas, viens pas te plaindre après) ou qu’embrasser une fille de force dans la rue, c’est rien du tout, rohlala ! Moi même, je l’avoue, j’aime bien que des mecs collent leurs lèvres aux miennes sans rien me demander, peut-être même vont-ils mettre la langue, ouhlala… Evidemment, la grande question qui demeure face à cette vidéo (outre le “mais putain, tu nous prends pour tes jouets, mec ?”) est : “mais pourquoi faire ? Quel intérêt à embrasser des filles dans la rue qui n’en ont pas envie ?”. Et pour avoir subi une tentative de baiser volé par le passé, je vous confirme que ça marche pas.

baiser-vole

Dans le déluge de commentaires qui a suivi, à base de “non mais ça va, c’est juste un bisou, vous êtes trop relou les meufs, y a plus graaaaaaaaave”, j’en aperçois un, je ne sais plus où, qui légitime “ouais mais faut avouer que vous, les filles, vous ne faites jamais le premier pas, faut bien qu’on se lance!”. Oui ok… Mais non, en fait. Petite analyse des faits.

couple-bateau

Mise en situation : je marche gaiement dans la rue quand je croise une bombe ultime, genre un Gael Garcia Bernal parce que les accents, ça m’excite à mort (et oui, dans cette histoire, j’aurais le pouvoir de détecter les mecs à accents, pourquoi pas ?). Complètement émoustillée, vais-je lui adresser la parole ? Et bien non. Et ce pour plusieurs raisons :
– que sais-je de ce mec à part que je lui mordrais bien les fesses ? Rien. Même pas s’il est, à minima, disponible et hétérosexuel.
– imaginons que ce bellâtre soit disponible et hétérosexuel, rien ne m’indique qu’il ait envie de subir une tentative de drague, qu’il en ait le temps. Oui, aussi incroyable que ça puisse paraître, les gens sont parfois dans la rue pour se rendre quelque part et ne vont pas tout laisser tomber pour prendre un café avec un-e inconnu-e. Sans parler du fait que je ne sais pas dans quel état psychologique il est. S’il le faut, il vient de passer une mauvaise journée et la nana qui vient lui adresser la parole pour lui dire qu’il est bien joli, non, là, non…
– imaginons que ce bellâtre soit disponible, hétérosexuel, pas pressé, de bonne humeur et motivé pour un café (bonjour la liste des conditions), allons siroter joyeusement un verre en terrasse et là, au bout de 2 minutes, je meurs d’ennui. Désolée d’être un peu cérébrale mais l’enveloppe physique, ça fait pas tout. Sauf à la limite à 2h du matin quand je suis en boîte et trop bourrée pour réfléchir mais vu que je vais plus jamais en boîte…

Draguer-en-boite

Mais au delà de ça, ce qui me fascine, c’est que, manifestement, dans la tête de ce garçon, le monde est une scène de séduction permanente. La femme ne sort dans la rue que pour être draguée puisqu’elle ne fait jamais le premier pas. D’ailleurs, c’est bien pour ça qu’on se maquille, qu’on se fait jolie, c’est pour inviter le premier mec venu à faire ce premier pas qu’on n’ose esquisser par timidité, bien sûr, bien sûr. Mais n’as-tu jamais envisagé la question sous un autre angle ? Que là, de suite, si on est dans la rue, c’est pour aller bosser, voir des copines voire notre mec ? Que si on porte une jupe, c’est parce qu’on la trouve jolie, qu’on aime bien qu’elle volète autour de nous mais qu’on s’en fout de vous ? Que là, de suite, je marche en pensant à un truc du boulot, que j’ai peut-être eu une mauvaise nouvelle dans la journée qui ne me rend pas vraiment d’humeur primesautière ? Non, le fait de fouler l’asphalte ne me fait pas immédiatement plonger dans une excitation telle que je ne peux qu’être sensible à la séduction, en attente d’un plan drague car je suis bien trop timide pour aller t’aborder, jeune homme. D’ailleurs, toutes les femmes dans la rue sont hétérosexuelles, disponibles et sensibles à un discours généralement sans intérêt, c’est bien connu…

Aborder-une-fille-les-erreurs

Bref, si nous ne draguons pas dans la rue, c’est pas par timidité. C’est juste qu’on n’en a rien foutre.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Qui me parle ?

Je vous avais expliqué il y a quelques temps que j’attirais naturellement les gens, que ma bonne tête donnait souvent envie à des inconnus de me parler. Seulement, il est assez curieux de constater qui sont ces inconnus (hors tentative éventuelle de drague) qui me parlent. La prise de contact est souvent faite par ceux les moins aptes à priori pour le faire.

Laissez-moi vous conter quelques anecdotes. La première a eu lieu quelque part à la fin du printemps alors que j’étais à la piscine en train de faire quelques exercices. Tout à coup, un mec se plante devant moi et commence à me singer. Je le regarde, un peu hébétée, me demandant s’il a le culot de se foutre de moi. Mais je réalise ensuite que cet homme est sourd muet et à chaque fois
qu’il repasse devant moi, il recommence son imitation mais pas du tout pour se moquer de moi, au contraire, il m’encourage. Autre exemple, vendredi soir. Après une mission professionnelle réussie, je rentre chez moi à des 1h30 du matin (ok, cette précision sert essentiellement à faire mon Calimero). Je saisis mon pénible Ada ou l’ardeur de Nabokov et au bout de deux minutes, je lève les yeux au ciel et la fille de l’autre côté de l’allée se penche vers moi « Il est bien ton livre ? ». Elle parle avec un accent étrange que j’aurais dit hispanique mais vu comme elle était calée en littérature russe, j’ai un doute. Je lui explique que non, il est terriblement pompeux, on parle un peu Nabokov, Tolstoï, Dostoïevski, je lui conseille Moravia et je dois descendre car c’est mon arrêt. 5 mn après, je me dis que je suis con de pas lui avoir filé ma carte (oui, j’ai une carte maintenant) mais s’il le faut, elle ne vit même pas à Paris. Ouais, j’aime bien l’idée de me faire de nouveaux potes tout le temps. Comme ça, après, j’ai plus le temps de voir personne. Troisième anecdote (et après j’arrête) en attendant le bus. Toujours avec Nabokov et toujours relativement inattentive, ce qui me permet d’assister à une scène qui ne me concerne pas. A ma gauche, un jeune couple avec un bébé qui fait un caprice(ça m’effraie de reconnaître les cris de caprice de bébé). A ma droite un monsieur d’une soixantaine d’années. Le monsieur s’intéresse rapidement au bébé, lui donne un bounty et parle un peu aux parents. Il n’a pas de voix, un peu comme s’il avait subi une trachéotomie. J’ai beaucoup regardé Urgences. Bref, le monsieur parla au jeune couple et montra même les photos de ses enfants ou petits enfants (je suis pas sûre, je faisais semblant de lire).

Bref, ces trois anecdotes ont un point commun : le premier pas est fait par celui dont la communication sera plus difficile soit par un problème physique soit car sa langue n’est pas la même. Ca interpelle quand même. Pour l’étrangère, à la limite, si c’est une touriste, ça peut un peu expliquer : en vacances, on est détendus, plus open. Mais même si on peut suggérer des raisons pour chaque cas, il n’en reste pas moins cette incongruité : le pas vers l’autre est fait par le cul de jatte (métaphore). Il est vrai qu’en général, dans mes transports quotidiens, où je fais l’autiste dans mon bouquin ou l’Ipod vissé sur les oreilles (voire les deux) soit j’établis une connivence par le sourire s’il se passe un truc genre « hé toi, on se connaît pas mais on vient de voir un truc rigolo, rions ensemble ! ». Mais je ne parle pas aux gens, je ne leur demande pas si leur livre est bien, ce qui peut être en soi une grande erreur. Parce qu’il est vrai que je suis un peu indifférente, que je ne suis soit pas réveillée, soit que je rentre d’une journée de travail et que je suis un peu fatiguée. Je ne refuse pas les dialogues qui se présentent à moi mais je ne les lance jamais. Pourtant des fois, c’est amusant d’échanger un peu avec un inconnu. Je me souviens d’une fois où ayant passé une cigarette à une fille, nous avons papoté vingt bonnes minutes à nous raconter notre soirée. Il y a aussi eu l’homme au briquet qui me tint compagnie pendant 10 minutes un jour de septembre 2006 (je crois). Après coup, à chaque fois, je me dis que je suis con de ne pas avoir demandé un moyen de se recontacter mais finalement, ces petites rencontres incongrues ne sont-elles pas faites pour rester éphémères ?

Mais j’apprends. Peut-être devrais-je parfois parler aux gens. Gratuitement. Pas tout le temps non plus mais juste des fois. Sans doute me ferai-je parfois envoyer balader car les gens n’aiment jamais le métro et ont toujours hâte d’en finir, moi la première. Sauf le bout de la ligne 6 en extérieur, je l’aime toujours autant malgré les musiciens qui viennent systématiquement rajouter dans le cliché France=accordéon. A ce sujet, j’ai lu un jour que ces gens qui font la manche dans le métro jouent un Besame mucho à toute vitesse, comme si leur vie en dépendait. J’ai trouvé ça très vrai mais c’est ennuyeux, je n’ai aucune idée d’où ça sort. Si quelqu’un peut m’éclairer, je ne suis même pas sûre que ce soit dans un livre, peut-être sur un blog ? Mais pour en revenir à nos moutons, ces petites virgules de vie, ces dialogues éphémères et impromptus me mettent systématiquement de bonne humeur justement parce qu’ils sont inattendus, on ne sait pas ce que ça donnera. Un rapide conseil de littérature, un encouragement dans mes exercices…

(c)Nicoddem

Maintenant, il ne me reste qu’à trouver une porte d’entrée pour parler aux gens…

Rendez-vous sur Hellocoton !

La drague, c’est mal !

Par Lucas

the-holiday.jpg

Chers lectrices, chers lecteurs, même si cet article sera recopié par la suite, je tiens à vous dire que je vous écris, à la plume et café à la main, sous le soleil de la terrasse exterieure de la cafèèèète de l’hosto Raymond Poincaré. Hosto d’où je vous fais un « direct » digne de Jacques Martin à l’Ecole des Fans. Ouhai, chacun ses références…

Sans déconner, je suis entouré de jolies demoiselles (en français : de « bonnes meufs ») et je suis comme tétanisé. Vous y croyez vous ?
Je n’ose même pas faire un sourire à une charmante jeune fille au visage harmonieux et au physique émoustillant. Un simple sourire sans ambition! Dingue, non ?

Avant, je me serai levé, je l’aurais salué et je lui aurais dit :
« Mademoiselle vous êtes absolument divine et vous agrémentez mon café d’une tonalité de bonheur primesautier et fugace. Merci et au revoir » .
Ouhai je sais, faut mieux m’eviter quand je suis au café… Et encore !! Y a eu pire !!

Ma parents m’ont dit que mon coma m’avait totalement deshinibé. A tel point que lors de mon reveil je draguais toutes les nanas qui passaient à moins de 5 mètres de mon lit. Je vous rappelle que j’étais alors totalement à poil. Ouhai, Lucas trop la classe !!

Bon, j’avoue que depuis je me suis bien (trop?) calmé…
Et j’en arrive à mon sujet. Oui, comme d’hab apres une intro débile de 150 lignes

Faire une virée à deux…

Comment draguer une nana sans la saouler ? (là, lectrices, lecteurs, vous devez vous sentir à l’étroit parce que je viens d’attirer 50000 lyceens prépuberes avec cette phrase)

Sans déconner, c’est une question qui m’a toujours interessée…Parce que j’ai toujours des scrupules à me lancer dans ce jeu (bah oui c’est un jeu) Une question qui m’a toujours intéressé d’abord quant à mon succès éventuel… Logique, normal, évidemment, dira le lecteur soupe au lait. Le succès donc, mais aussi la possibilité malheureuse d’emmerder GRAAAAVE la nana. Rah les pauvres nanas parfois, j’les plains. Sans déconner nous les mecs on peut être super louuurd parfois…

Mais bon…

Se montrer séduisant et charmant quand on a pas le physique de Jude Law c’est chaud ! Pour ma part, avant mon accident c’était plutôt « show ». Tres véhément, tres vindicatif, tres droit, au point que j’arrivais trrrrès souvent à m’engueuler à mort avec la nana ciblée ! Ah bah oui, on a son honnêteté intellectuelle ou on ne l’a pas ! Mais une fois sur deux j’arrivais tout de même à mes fins… Bon, d’accord, Jude Law il chope tout ce qui passe…Même la nana qui ne le kiffait pas au début…

Mais merde quoi ! Dans les films les deux qui ne peuvent pas s’encadrer au générique ils vivent plein d’aventures ensemble, ils s’engueulent dès qu’ils ont 5 minutes, ils tuent des tas de méchants, se reengueulent graaaave, manquent de mourir des tas de fois et à la fin se font des tas de bisous. Bordel ! Je conchie joyeusement les films américains. Je vais me faire MON FILM !

Pouuuur, un petit touuuur, au petit jouuuur…

Bizarrement, dans le film de ma vie quand je m’engueule avec une nana je peux toujours me brosser pour finir dans son lit par la suite. Bizzarement…
Mais la drague joueuse, alors qu’on est pas encore accroc à la nana, cette drague donc, passe t-elle necessairement par un étouffement de ses propres valeurs ?

J’ai envie de répondre « oui, tout à fait, et moi j’peux pas faire ça » pour faire style je suis un garçon integre et droit… Bah ouhai ! Mais sans déconner, je me demande si, un jour, je ne vais pas craquer. D’un autre coté c’est peut être aussi la raison pour laquelle mes tentatives de drague font souvent chou blanc (pour mes chous blancs, cf cette histoire entre autres…)

De toute façon, quand on se présente à une nana à la terasse d’un café et qu’on lui propose de lui offrir un Martini (parce que le café pour la nana, si tu l’embrasses après, bonjour l’haleine ! Eh oui il faut penser à tout.Oui, yé souis un poete) il est clair que si la nana accepte elle a bien vu que sur ton front yavait marqué « Salut, t’es bonne et ton intellect voire le mien, eh ben on s’en fout, on verra par la suite : parfois ya des « bonnes » surprises ».
Ouhai, je sais ya des mecs qui ont le front large…

Pour autant, je rêve d’une nana assez honnête et directe qui, au bout de 5 minutes de discussion, ose me dire sans aucune diplomatie (parce que de toute façon dans ce cas là nous les mecs on ne mérite pas que la nana prenne des gants), cette réplique mythique de la Cité de la Peur :

– Euh, excuse moi, on peut se tutoyer..?
– Mais ouhai bien sûr, vas y !
– Bon. T’es lourd.

Mais retournons à notre terrasse…

J’ai attrapé un coup de soleil…

Voyez-vous, lectrices, lecteurs, perso, quand je flashe sur une nana, je commence toujours par des questions basiques ( Tu aimes Yves Duteil ?, Quess tu vas nous chanter, il est assis où ton papa…) Bon OK, parfois je suis beaucoup plus direct….

Mais sans déconner, inciter l’autre à débusquer en nous ce qui fait tout notre charme, voire développer en elle un intérêt ou une curiosité tels qu’on en arrive à une discussion à bâtons rompus et qu’on se quitte avec encore plein de choses à échanger…
Eh bah c’est pas tous les jours qu’ça arrive !!
Et pour autant ce serait une démarche certes moins joueuse mais dix fois plus sereine et honnête !

J’ai même envie de dire que pour faire comprendre à la nana à quel point on est un type intelligent, merveilleux, droit, honnête, réglo, attentif, à l’écoute, câlin, etc, eh bah vas y paye ta mission ! Je suis sûr que ces demoiselles ont un avis sur la question !!

Bon j’avoue.. Cet article vient sur les Vingtenaires parce que je veux écrire les aventures de Martin, une héros comme Martine à qui il arrive plein d’aventures : « Martin va à sa première boom », « Martin veut choper d’la meuf », « Martin veut sexer », « Martin s’prend un vent ». Chais pas pourquoi, j’sens que je vais faire un tabac…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Fidélité avant le couple ?

A partir de quand est-on engagé avec une personne ? A partir du premier baiser ou à partir des premières tentatives de drague ? La question peut paraître curieuse mais pourtant, il est bon de se la poser.

 

L’autre jour, je discutais avec Zoé sur MSN et j’essayais tant bien que mal de la conseiller sur sa vie sentimentale. Je me sens pas du tout experte en la matière mais des fois, quand on est pris dans une situation, on ne voit rien donc rien ne vaut un regard extérieur. Donc pour résumer la situation Zoé est en attente : cet homme qui n’est pas (encore) le sien, elle le veut mais monsieur tarde à venir. Le problème c’est que plus elle attend, plus elle est sous pression et ce que je crains, c’est qu’elle lui explose à la figure. Le problème, c’est qu’ils ne sont pas un couple et que monsieur ne lui doit rien. Donc, ne sachant plus comment faire, je lui conseille de vivre sa vie de célibataire : s’il doit venir, il viendra, en attendant… Donc, l’autre soir, je la pousse à sortir avec le charmant Ludovic (son plan M, aussi) et ses,potes car on ne sait jamais. Pour la convaincre, je viens même avec elle, moi qui ne connaît rien au foot, si ce n’est ce que je voyais dans Olive et Tom. Résultat : bah rien mais au moins, Zoé a envisagé la possibilité que, éventuellement on ne sait jamais, il pourrait se passer quelque chose avec Ludovic (qui est un garçon bizarre mais très gentil).

Ceci étant, les filles, quand elles sont amoureuses, elles ne voient plus que l’objet de leur amour, les autres mecs peuvent aller se faire foutre. Zoé, elle verrait même pas Brad Pitt si elle le croisait dans la rue (sauf si elle est avec moi parce que je me jetterais sur lui !). Et le pire, c’est que je la comprends. Ado, j’étais la pro de la fidélité au mec dont j’étais amoureuse alors que lui ne savait même pas que j’existais… Mais j’allais pas sortir avec un autre mec alors que je ne voulais que lui ! Non mais imaginez que monsieur sait que j’existe et qu’il n’ose pas faire le premier pas et là, il me voit me faire lécher la pilule par un autre mec, je vais ruiner toutes mes chances ! Oui, ado, j’étais une extrémiste de l’amour et totalement naïve-idéaliste. Combien de mecs j’ai repoussé à cause du beau mec là-bas ! (enfin, combien, pas tant que ça, mais quand même…).

En grandissant, les choses ont un peu évolué. Prenons ma relation avec Arnaud, surtout la période pré-couple. Je sais que je lui plais, il sait qu’il me plaît, on sortira ensemble quand il reviendra de ses vacances. Mais pendant que monsieur se faisait dorer la face à la
plage, je n’ai pas été des plus sages. Après tout, nous n’étions pas ensemble et je ne lui devais rien (et réciproquement). Pourtant, je n’avais qu’une trouille, c’est qu’il tombe sur le blog et apprenne que sa dulcinée avait partagé sa couche avec d’autres mecs que lui, en attendant… Culpabilité mal placée ? Je ne sais pas.

Récemment, Anne nous a raconté que l’objet de son désir avait fauté avec une autre avant de se tourner vers elle (ils sortent ensemble, je cafte). Peut-elle lui reprocher ? Bon, techniquement, elle peut lui reprocher d’avoir été un second choix, ça oui, mais pour le reste… Après tout, tant qu’on n’est pas un couple, se doit-on fidélité ? A partir du moment où on n’est pas un couple, qui suis-je pour faire une scène à ce mec qui a profité de son statut de célibataire ?

Je pense que tout dépend des sentiments que l’on a avec le monsieur en question. Quand je suis vraiment attirée par un mec, je ne vois pas les autres donc la question ne se pose pas. Avec Arnaud, j’étais dans une phase intense de brouette… Et je ne me sentais pas amoureuse de lui, même s’il m’attirait. Peut-être y avait-il le fait aussi que je savais que c’était du tout-cuit et, du coup, je voulais profiter de mes derniers jours en tant que célibataire. Car quand j’ai des doutes sur la finalité de mon plan drague, je suis beaucoup
moins « volage ». Exemple, avec sieur Julien. Donc voilà, je le rencontre, je le veux, je veux qu’il soit le père de mes enfants (non, là, je déconne). Or les choses n’avancent pas vite et voilà que monsieur Benoît vient frapper à ma porte. Je cède, je cède pas ? Après tout, je suis célibataire, je fais ce que je veux. Finalement, je le laisse venir mais j’ai comme un arrière-goût de culpabilité.

Après tout, engager son cœur, est-ce s’engager, soi ? C’est discutable et je pense que cela dépend de chacun. Quand je suis amoureuse (avec un petit a), je suis tellement obsédée par le mec qui occupe mes pensées qui les occupe même pendant les soirées pleines de charmants célibataires (quoi qu’en ce moment, mes soirées sont certes pleines de célibataires mais pas charmants). Dès que j’ai deux minutes pour rêvasser, je me branche sur le canal « objet de mes désirs » et j’imagine ce que nous pourrions faire si nous étions ensemble, nos deux corps qui se touchent, qui se mélangent, raaaaaaaaaah ! Bon, il dégage ce mec célibataire qui me trouble dans ma rêverie ? Il voit pas que les étoiles dans mes yeux ne lui sont pas destinées ?

Et pourtant, si je conseille à Zoé de vivre sa vie de célibataire en attendant, ce n’est pas pour dévier sa route de celle de M. Zoé (parce que je reste obscurément convaincue qu’ils finiront ensemble, même si je ne peux l’expliquer) que pour la « détendre ». Oui, quand on attend un mec, on devient vite monomaniaque, comme je l’expliquais. Le danger ? La morosité si monsieur ne vient pas. Plus on pense à lui, plus on s’accroche et la chute risque d’être plus dure le jour où on comprendra que monsieur ne viendra jamais. Sortir avec un autre, c’est se préserver. Mais un autre problème est soulevé là : sortir avec un mec « en attendant », c’est risquer de blesser le mec en question le jour où monsieur viendra. Que tout ceci est compliqué, quand même. La solution serait alors d’avoir un petit plan
brouette en attendant mais faut être honnête : un plan brouette n’a jamais occupé mes pensées suffisamment pour oublier « l’objet de mes désirs », bien au contraire. Après, non seulement je culpabilise mais en plus, je me dis que j’aurais préféré dormir dans les bras de chouchou plutôt que dans ceux de ce plan brouette dont je me fous royalement

En fait, j’ai beau dire et beau faire, je suis une fidèle avant l’heure et, quelque part, ça m’énerve. Mais j’ai la trouille de faire fuir chouchou pour une nuit de galipettes qui ne le regarde pas. Certes, je ne lui dois rien et je fais ce que je veux tant qu’on ne sort pas ensemble mais il occupe tellement mes pensées que je me sens infidèle quand j’agis de la sorte. Pourtant, ma propre expérience m’a démontré que sortir avec un mec quelques jours avant de conclure avec un autre n’était pas négatif en soi. En effet, quelques
jours avant de sortir avec Guillaume 1er, j’avais mélangé ma langue toute la soirée avec un mec en boîte (celui qui faisait 2 mètres). Evidemment, le lundi, à peine arrivé à la fac, Gauthier se sent obligé de le lui raconter. Bon, Gaugau, il n’avait pas compris ce qui allait se passer et moi non plus, honnêtement. Ben, Guillaume, il a rigolé de l’anecdote et quelques jours plus tard, on entamait une relation de 4 ans et demi. Comme quoi…

Alors, voilà. « L’infidélité » avant le couple peut être salvatrice dans le sens où ça peut nous permettre de décompresser. Ca nous évite
par exemple d’exploser à la figure de chouchou : « bordel de merde, t’attends le déluge pour sortir avec moi ou quoi ? ». Ceci étant, le pas n’est pas toujours facile à franchir et ça peut faire plus de mal que de bien.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le dico de la drague

Par Aurélie

Il existe plusieurs moyens pour arriver à vos fins messieurs, enfin presque. Voici un recueil d’exemples de tentatives ratées d’après des évènements ou faits réels (eh oui mesdemoiselles ça existe vraiment, eh oui messieurs prenez notes de ce qu’il ne faut pas faire).

Un ouvrage conseillé pour les losers et les nanas qui veulent s’en débarrasser. On ne vous donnera pas la clef de la drague parfaite (sinon, ça se saurait) mais des éléments pour être un parfait loser.

Voici quelques extraits :
 
Le coup de l’amitié :
 

Technique : Prendre un accent étranger (anglais ou italien), il paraît que ça donne un air sexy, et cela justifiera le fait que vous ne compreniez pas certains mots. Cette technique vous permettra d’être lourd et insistant à outrance et d’ignorer ses refus. Dites-lui « just friends» pour avoir l’air (faussement) branché et demandez-lui toutes les minutes son numéro de téléphone. Précisez à chaque fois que c’est pour la connaître en toute amitié. Si elle dit qu’elle a un copain, sortez la carte « just friends »  en précisant toutefois que vous n’êtes pas jaloux.

Avantages :À force d’être lourd, il se peut que la fille cède pour avoir 2min de paix.

Inconvénients : La fille peut vous donner un faux numéro pour avoir 2min de paix.

Le pipo enchanté :
 

Technique : Pour avoir le plus de chance, il faut augmenter vos probabilités. Pour cela, n’hésitez pas à tester votre discours pipo sur plusieurs filles dans la même soirée. Faites comme si vous la connaissiez (sa ville, ce qu’elle fait…) en ajoutant des « ah oui je connais »  même si ce n’est pas vrai (ça la rassure et vous rapproche en points communs), et des « je suis sûr que…» (cela vous donne un air d’assurance qui va surprendre votre conquête ). Si cela ne marche pas, sortez la carte «  oui ça doit être ça » pour vous mettre en accords. N’oubliez pas de la complimenter et de la flatter pour l’amadouer.

Exemple :

Je suis sûr que tu viens de Marseille, j’adore cet accent !

–  Bah, non, je viens d’Albi, dans le Tarn.

Ah oui je connais… y’a un parc d’ attraction là-bas!

Euh, non y’ a pas de manèges, à part pour carnaval.

Ah oui ça doit-être ça…tu es la plus jolie fille de la soirée blablabla

Avantages : vous avez une chance sur dix de tomber juste (ou de vous planter), c’est mieux que rien. C’est ça la probabilité !En plus vous ne vous fatiguez pas à faire la conversation, mais vous répétez à chacune vos répliques préparées à l’avance.

Inconvénients :vous faire repérer par une fille qui mettra au jus votre prochaine conquête de la soirée (à savoir sa sœur ou sa copine) pour se venger et rire à vos dépends. Cette dernière pourra donc vous donner toutes les réponses à vos questions d’un seul trait avant même que vous ne les posiez. Cassé !

Le coup de la dernière chance :

Technique : Dans la rue, repérez les filles en position statique (ça évite de courir après). Faites plouf-plouf et lancez -vous vers l’heureuse élue . Proposez-lui de lui offrir un café, comme ça, pour la connaître. Si elle vous demande pourquoi quand même, avouez -lui que vous tentez votre chance comme ça on sait jamais, que vous avez envie de lui offrir un resto, et pourquoi pas l’hôtel si elle est sage.

En cas de refus faites comme si vous cherchiez quelques chose au sol et comme si vous ne l’aviez pas vue. Barrez-vous subitement sans dire au revoir.

Avantage : Vous ne perdez pas votre temps.

Inconvénient : Rapide mais peu efficace.

Voilà…pour découvrir le reste des perles de la drague foireuse achetez « Le dico de la drague foireuse » aux éditions « sur tout ce qui bouge » . 18 €

Un ouvrage réalisé par Aurélie.
Rendez-vous sur Hellocoton !

Perso

C’est dimanche et le dimanche, on parle culture. Evidemment je ne parle pas de grande culture. Ce n’est pas que j’en ai pas (bande de mauvaises langues !) mais le dimanche, c’est détente, c’est léger. Et puis même si ma culture du dimanche flirte avec les profondeurs abyssales, c’est toujours mieux que de regarder Michel Drucker (non mais !).
Aujourd’hui, j’évoque un sujet qui me tient à cœur et qui a marqué mes jeunes années d’étudiante : le magazine Perso. Je ne sais pas si tu l’as connu, lecteur, il n’existe malheureusement plus et c’est bien dommage.
 
perso-au-feminin_0012
Au tout début, il s’appelait « Personnalités », je crois, quelque chose dans ce goût-là. Je me souviens la première fois que j’ai eu ce titre entre les mains :
j’avais rendez-vous chez le coiffeur et pour passer le temps, il me fallait un peu de littérature. Oui, moi, quand je vais chez le coiffeur, je fais toujours des trucs qui prennent trois heures (permanente, couleur ou mèches). Dès le départ, une grande histoire d’amour naît entre nous. Je me souviens que c’est en lisant Perso que j’ai découvert pour la première fois des noms comme Amélie Nothomb, Tina Arena ou leur préférée, Asia d’Argento.
 
Premier changement notable : Personnalité (ou Personnality, j’arrive pas à m’en souvenir) devient Perso, c’est plus facile à retenir. Une fois à la fac, tous les mois, je rôde dans les rayons des magazines féminins, je me l’achète et, le soir, je le lis dans mon bain. Seigneur que c’est bon !
 
Il y a plusieurs choses dans Perso, des rubriques modes (que je ne lisais que peu), des pages sur des personnalités, des rubriques psychologie, sexe, voyages (je crois), culture… Bref, un magazine féminin comme un autre mais avec un ton fantastique. C’est rédigé de telle façon qu’on a plus l’impression de lire une lettre envoyée par une bonne copine qu’un papier rédigée par une journaliste quinquagénaire frustrée de la liberté sexuelle de la génération suivante. Les premières pages étaient occupées par des petites brèves très marrantes pour présenter les trucs tendance, du genre : « faut-il acheter ce nounours Agnès B ? Oui parce que c’est pour la bonne cause et en plus, je le trouve tout mignon ». La particularité de Perso, c’est que ce genre d’article était rédigé à la première personne du singulier mais ce « je » n’excluait pas le lecteur, au contraire. Ce « je » écrit  par une journaliste pouvait me coller, je pouvais devenir son « je ». Perso, c’était vraiment devenu ma meilleure copine.
 
Il y avait une rubrique que j’adorais plus que tout et qui a franchement inspiré le ton de ce blog, c’était « les aventures d’une fille toute simple ». J’aurais adoré
connaître la fille qui écrivait cette rubrique, elle avait un style, un humour ! Sa première histoire, c’était sa tentative de drague sur Pedro, le trop beau gosse. A un moment, elle fait une soirée, elle boit plus qu’elle n’aurait dû. Mais alors vraiment trop, le genre de cuite qui fait qu’on a un gros blanc. Le lendemain matin, elle se réveille et elle comprend qu’elle a brouetté comme une folle toute la nuit. Là, Pedro entre dans la chambre avec un plateau de petit-déjeuner : bingo ! se dit-elle. Du coup, elle sourit timidement au jeune homme et lui
fait : « qui l’aurait cru ? » 
« Oui, en effet ! ». Et là, ça bouge dans son lit. Mais que se passe-t-il ? La bosse inanimée à ses côtés se révèle être Etienne, le cousin de Pedro… Donc, voilà, non seulement elle n’a pas eu l’homme qu’elle voulait mais, en plus, elle a couché avec son cousin… bravo, bravo ! Bon, rassurons-nous, elle finira par l’avoir, son Pedro, elle finira même par le larguer, je ne sais plus du tout pourquoi mais il l’avait bien cherché. Autour d’elle, elle avait des amies : celle qui sortait avec un homme marié (« tu dois le
plaquer », expliqua la fille toute simple), la fille super intelligente agrégée de latin qui se faisait passer pour une conne car « les hommes n’aiment pas les femmes plus intelligentes qu’eux » et mes préférées, Déprima et Lexomil, deux « joyeuses comiques » comme leur nom l’indique. Cette fille toute simple, c’était moi, c’était toi, lectrice. C’est la meilleure amie rigolote idéale. Des fois, ses aventures me manquent. Honnêtement, ce blog n’est finalement que la continuité de ses histoires, j’espère arriver à vous plaire autant qu’elle me plaisait, à l’époque.
 
Perso est devenu culte à la fac, je le prêtais à mes amis. Oui, il n’y a pas de faute d’orthographe, je dis bien « amis » sans e car Gauthier aimait bien le lire. Je me
souviens d’une fois où je l’ai appelé car il y avait un article « hype/pas hype » et, dedans, ils expliquaient que rouler en fiat Uno avec un A au derrière, c’était pas hype… Non mais y aurait eu écrit : « Rouler en fiat uno bordeaux avec un A au cul, c’est pas hype, Gauthier ! », ça aurait été pareil.
 
Perso a fait naître de nombreuses anecdotes dont une qui colle à la peau de la pauvre Anne. 5 ans après, on en parle encore. Donc un midi, à la fac, je lis Perso et leur dossier spécial Pénis, tout le monde rit, tout le monde glousse, surtout qu’il y a des photos de zizi et pas en ombres chinoises ! A un moment, Anne arrive à table (nous étions assez nombreux) pour prendre un café avec nous et Gauthier, qui ne la connaissait pas à l’époque, lui pose le Perso sous les genoux et lui demande de lire la première page du dossier pénis où étaient listés je ne
sais combien de synonyme du sacro-saint Phallus. Et là, Anne, dans toute sa spontanéité, s’écrit : « Ah non, pas ça dans ma bouche ! ». Evidemment, comme on ne voit toujours que le mal, on a rigolé comme des bossus, la pauvre Anne ne savait plus où se mettre. Du coup, pendant six mois, quand je parlais d’Anne et que Gauthier buggait : « C’est qui, Anne ? », je lui répondais : « Mais, si, tu la connais, c’est « pas ça dans ma bouche » ! ».
 
Ce dossier sur lé pénis a marqué le début de la fin. Forcément, on parle zizi, on en montre, ça choque. Pourtant, le dossier était extrêmement bien fait, les photos pas vulgaires du tout. A un moment, ils demandaient à des lectrices la première et la dernière fois qu’elles avaient vu un pénis, c’était marrant. Personnellement, je ne me souviens pas la première fois que j’ai vu un pénis, dans la mesure où j’ai grandi avec mon cousin, je devais avoir 2 ans et je pense que je m’en suis foutue royalement. Mais la plupart des demoiselles s’en souvenaient et étaient choquées par la chose. Ah ? Mais les réponses les plus amusantes étaient celles liées à la dernière fois, on sentait les nanas frustrées : « je m’en souviens même plus ! » « celle de Raymond Barre aux Guignols, rien en vrai, malheureusement… ». Puis les autres : « celle de mon copain ce matin ! ». Les garces ! Bref, un dossier fort bien construit avec témoignages, interview d’un sexologue… Et forcément, ça a fait scandale. Le mois suivant, l’édito était justement sur les réaction négatives qu’avaient engendré ce dossier. En substance, la rédactrice en chef s’étonnait qu’on puisse se scandaliser d’un tel dossier aujourd’hui. Ouais, je suis d’accord. Peu de temps après, la lignée rédactionnelle a complètement changé et c’est devenu chiant. Mode, mode, mode, mode… Je me souviens d’un numéro très « hype » où ils s’étaient amusée à prendre un mannequin noir habillée en noir sur fond noir… Donc on n’y voyait rien, forcément ! Oui, c’est concept, c’est tendance…mais c’est surtout très con.
 
J’ai continué à acheter quelques numéros jusqu’au jour où, stupeur, ma meilleure amie rigolote idéale a disparu : il n’y avait plus d’aventures de la fille toute simple ! Du coup, j’ai gardé mes pièces pour moi, hors de question de soutenir un journal qui commet de telles erreurs ! Ils ont tué ma meilleure amie, bouh ! Ce Perso là n’était plus le mien, c’était devenu un bête journal féminin, sans intérêt. Il ne me faisait même plus rire. Pourtant, Perso, c’est le seul journal à avoir osé écrire : « faire l’amour dans un arbre, pourquoi pas mais c’est pas facile de trouver une branche plate de deux mètres sur deux ».
 
J’ai jamais retrouvé d’équivalent, je lis Cosmo, depuis, mais ce n’est pas pareil, je ne rigole pas autant… Perso me manque.
Rendez-vous sur Hellocoton !