Un bilan 2016 haut en couleur

Ceux qui me lisent depuis des années le savent : j’adore faire des bilans. Parce que ça me permet de me recentrer mais aussi d’arrêter de toujours m’autoflageller parce que parfois, je me rends compte que je ne suis pas si nulle que ça, que j’ai fait des choses bien… Et autant vous le dire, ce bilan 2016, il s’annonce particulièrement positif.

bilan 2016 positif, fête et cotillons

Alors quand je dis que ce bilan est très positif, entendons-nous, ça veut dire “tout à fait personnellement, j’ai passé une très bonne année”. Si on oublie le monde qui nous entoure, quoi. J’aimerais d’ailleurs être capable de l’oublier plus souvent, celui-là car on ne va pas se mentir : 2015 fut une année horrible pour la collectivité, 2016 est bien resté dans la tendance et, en temps que Française, j’en ai déjà marre de 2017. Faut dire que, petit apparté, si j’ai enfin décidé à qui je donnerais ma voix (sans grand suspense, ok), je sais d’ores et déjà que mon candidat ne sera pas au second tour et que je ne vais pas aimer du tout la campagne qui s’annonce ni le résultat quel qu’il soit. Je parlerai peut-être une autre fois de mon choix mais je ne suis pas sûre d’en avoir envie. Fin de l’apparté.

Eoliennes, une énergie verte

Je disais donc 2016 fut pour moi, globalement, une très belle année, une année qui restera dans les annales comme très importante. On va faire un petit vrac :

  • Je me suis installée avec mon Victor dans un appart où on est très heureux (nonobstant la voisine folle du dessus qui nous a harcelé tout l’été à cause de notre bruit mais qui n’a plus l’air d’être gênée depuis qu’elle a fermé sa fenêtre, pour vous situer le niveau de dérangement)
  • On s’est pacsés même si, in fine, on a trouvé bien plus engageant de s’installer ensemble et surtout d’ouvrir un compte commun.
  • On s’entend toujours très bien, merci.
  • Niveau boulot, j’ai chopé pas mal de nouvelles compétences
  • D’ailleurs, je me suis prise de passion pour les statistiques, je commence à regretter de ne pas avoir fait d’études là-dedans. J’ai un peu regardé pour reprendre mes études là-dessus, c’est un peu compliqué dans l’absolu mais à voir pour la rentrée prochaine. En attendant, je me suis achetée une BD sur les stats

Couverture du livre les statistiques en BD de Larry Gonick et Woollcott Smith

  • Je me suis lancée dans plein de loisirs créatifs et j’adore ça. Des trucs que je voulais faire depuis des années sans jamais avoir le temps
  • J’ai fait un régime qui a bien marché, je me sens très bien dans ma peau, merci.
  • J’ai découvert le foot à 5 et j’adore, il faut vraiment que je trouve un moyen d’en faire plus (là, je ne vois que des équipes qui font des matches et tout mais moi, je veux surtout m’entraîner parce que c’est bon pour le cardio mais surtout… ben je suis une quiche quand même)
  • Je me suis coupée les cheveux, osant abandonner ma longue crinière pour une coupe courte et franchement, je suis ravie, ravie, ravie. L’autre jour, Anaïs me disait “ah, ça te va bien, ça va avec ton caractère je trouve” et elle a raison. C’est peut-être un détail pour vous mais après plus de 20 ans à me battre pour avoir des cheveux longs, des cheveux de fille (ma mère me préférait cheveux courts), j’ai enfin eu le courage de me couper les tifs. Par contre, la couleur rouge fut un échec, dégorgée en un mois, il ne reste plus grand chose.

Je fais n’importe quoi en DAB…

Et évidemment, les voyages : Montréal (rêve de gosse), Londres, Maroc, Barcelone, Europe de l’Est, Guadeloupe… Première année sans mettre le pied en Asie depuis un bail mais j’étais d’humeur ouest ces derniers temps.

Montréal vue de nuit de la grande roue de la fête des neiges

Abbaye de Westminster à Londres

Park Guell à Barcelone

Plage proche d'Essaouira au Maroc

Prague coucher de soleil

Le parlement de Budapest au soleil couchant

Dubrovnik vu du haut du téléphérique, Croatie

Kotor Monténégro, citadelle

Guadeloupe, plage des Saintes

Du négatif ? Pas grand chose. Quelques agaceries côté famille où mes parents et ma soeur s’arrangent entre eux sans penser à moi donc j’ai raté plein de petites réunions parce que ça tombait toujours quand j’étais en vadrouille, quelques petites disputes de “calage”, on va dire, avec Victor mais c’est réglé, la voisine du dessus, une ambiance au boulot louuuuuuuuurde (disons que je suis partie en vacances semaine dernière en espérant que ça allait enfin péter en mon absence vu que je me sens pas des masses concernée par les tensions), une agence immobilière qui ne m’a jamais rendu ma caution et voulait me faire cracher encore plus d’argent (ça n’est pas arrivé)… des broutilles ? Oui.

le chat, animal ami de votre sérénité

Une année aussi douce que le poil de mon chat

Donc oui, au niveau de mon petit microcosme personnel, 2016 fut une année absolument remarquable, rien à avoir avec l’année 2006 qui avait une gueule de mue très violente (surtout la fin) mais au moins, j’étais arrivée toute neuve pour 2007, une année fantastique.

Et 2017, alors, on attend quoi ?

une jeune femme attend avec impatience, sourire, chapeau de fête et ballons

On verra ça avec ma liste des bonnes résolutions !

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Pourquoi Pokemon Go, c’est bien

 

Retour de vacances, la tête dans le cul, tu reprends un peu ta petite routine. Lever, douche, café, métro, boulot, métro, dîner, dodo. Des bisous et des câlins pour faire passer la pilule. Un nez sur les réseaux sociaux, je commence à voir passer des conversations sur Pokemon go, je ne réagis pas. Puis mon intérêt est titillé : faudrait marcher pour jouer… Marcher, c’est mon truc.

Pokemon go

Je n’ai jamais joué aux Pokemon de ma vie, j’étais presque majeure quand le jeu est sorti, j’ai vaguement regardé quelques épisodes du dessin animé, passant du “oh, c’est trop mignon, Pikachu” à “mais il va fermer sa gueule, le Pika pika, là ??”. Je vois passer quelques vidéos sur Youtube sur le sujet mais vu que je n’y connais rien, je ne m’y arrête pas. Donc forcément, sur le coup, je n’y ai prêté aucune attention jusqu’à ce que je découvre un détail : le jeu marche sur la géolocalisation et la réalité augmentée : plus tu marches, plus ça marche. Marcher ? Ma passion !

pokemon go réalité augmentée chasser dans la rue

Couplé à mon bracelet traqueur d’activité, là, mes 10 000 pas, j’allais les faire, easy ! Et là, je découvre la cerise sur le gâteau : les pokestops. Pour ceux qui n’ont pas joué, j’explique : vous avez régulièrement des Pokestops qui vous permettent de vous ravitailler (notamment en pokeball pour attraper les Pokemons, donc). Or les Pokestops sont placés sur des bâtiments remarquables, des tags… Et c’est ainsi que je redécouvre mon environnement, à coup de petite statue ou curiosité cachée. Alors parfois, il arrive que le tag ou l’hôtel à insecte ait disparu (oui, un nid d’insecte), il peut arriver qu’un Pokestop soit posé sur le logo d’un resto japonais indiqué comme “fresque murale” alors que tu as une énorme oeuvre d’art juste en face mais globalement, j’ai réellement découvert de petites curiosités dans mes quartiers.

Street art Gregos Paris

Alors pour le coup, pas celui là, je l’avais pris en photo il y a longtemps

“Ouais mais ça rend les gens autistes, tout le monde regarde son téléphone et ne regarde plus autour de lui”. Alors déjà, j’aimerais savoir d’où vient toujours ce fantasme d’une société où on se parlerait tous spontanément, entre inconnus, pour le plaisir. Ca n’existe pas. Déjà, je vois pas en quoi Pokemon nous rendrait plus fermé à notre entourage que le simple smartphone. Au contraire, même ! Allez jouer à Pokemon dans le métro, vous… Avec la géoloc, ça ne marche pas, vous allez trop vite pour déclencher quoi que ce soit (sans parler de la légendaire 4G dans le métro). Et pour le coup, moi, j’ai vu l’inverse. Dimanche, on va se balader dans le parc voisin avec Victor : officiellement pour prendre l’air, officiellement aussi pour attraper des Pokemons (mais ma batterie est morte hyper vite donc j’ai pas fait grand chose). Déjà, je suis contente : on sort de l’appart pour se dégourdir les pattes, what a good idea ! Et puis sur le chemin,on croise pas mal de petits groupes en train de jouer, soit assis sur la pelouse, soit en courant partout dans le parc en criant “y a un Bulbizarre, y a un Bulbizarre” (ok, si t’es pas au courant du jeu, tu te demandes ce que font ces gens) et je souris : tous ces gens réunis autour d’un jeu, c’est cool…

jouer pokemon go

Alors pourquoi tant d’indignation ? Facile : parce que c’est nouveau, parce que c’est tendance et écrire/parler dessus, ça fait le buzz. En gros. Dimanche, au parc, j’ai vu des gens passer du temps ensemble : certains jouaient au Pokemons, d’autres aux cartes, d’autres encore au foot, certains font de la capoeira.  Tout le monde passe un bon moment en commentant ce qu’il fait, c’est mal ? “Ah mais les gens ne parlent que de ça, c’est chiant”. Moi, je trouve chiant que les gens parlent d’émissions de merde qu’ils regardent en mode hate watching mais qu’est-ce que j’en ai faire de votre amour de la bêtise humaine (non mais allo quoi !) ? Alors oui, un abruti va aller provoquer un accident de voiture (alors qu’avec les téléphones portables, on n’avait jamais eu ce souci), d’autres vont chasser au Memorial de la Shoah (n’a-t-on jamais eu là-bas des gamins mal élevés qui plantent leurs écouteurs dans les oreilles en attendant que la visite passent ?). Ce n’est pas Pokemon Go qui rend les gens cons, imprudents ou irrespectueux : ceux là l’étaient déjà avant ! “Ouais mais le jeu, il pique les données Google !” Ah tiens, ça vous préoccupe maintenant les connexions entre vos comptes sociaux et une appli quelconque ?

Pokemon dans la réalité

Bref, pour le coup, j’avoue avoir été attrapée par le jeu et je sais que dans un mois max, je serai passée à autre chose. En attendant, je marche, je vais me balader avec mon mec et je croise plein de gens avec qui nous partageons un regard de connivence… Et puis, au vu de l’actualité, parler de Pikachu, ça nous fait respirer 5 mn pendant que le monde s’écroule. Est-ce si criminel que ça ?

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Qui de la mode ou de moi ?

Ma vie manquant cruellement de légèreté et de superficialité ces derniers temps, samedi, j’ai profité d’une escapade dans mon pays chéri pour faire un peu de shopping avec ma maman. Alors que je me promène dans les rayons en pleurant sur la forme slim long très en vogue (alors même que je le déteste), je m’arrête devant les imprimés à pois, Liberty et même orange. Ce que je détestais quelques années auparavant.

Notons que seuls les imbéciles nez changent pas d’avis, ok. Sauf qu’alors que je faisais ma crâneuse dans mon top liberté vert amande (il est sublime) dans ma cabine d’essayage, je me demandais qui de la poule ou de l’oeuf. Autrement dit : mes goûts ont-ils évolué seuls ou suis-je victime malgré moi de la mode ? Ai-je fini par devenir accro aux pois parce que j’en ai tellement vu partout que j’ai intégré le fait que c’était cool ? Terminerai-je par porter des spartiates parce qu’à force d’en voir partout, je vais me dire que c’est pas si mal ? Après tout, j’ai dit pendant des années que le leggings ne passerait pas par moi et finalement…


Je parle de mode mais ça peut m’arriver pour des séries télés ou des chansons. Je suppose que je ne suis pas particulière sur cette question : osez me dire que jamais une chanson que vous n’aimiez pas de prime abord est finalement devenue agréable à vos oreilles. Moi, par exemple, je détestais « Alors on danse » de Stromae que je trouvais totalement déprimante dans ses tonalités. Depuis, elle est dans ma playlist bestone, entre The power de SNAP! et Padam de Benjamin Biolay (j’ai mon quota de chanteurs pas gais). Idem pour Dr House, ce que je trouvais ça insupportable ce connard irascible et gratuitement méchant qui va cambrioler ses patients en toute décontraction… Finalement, j’ai fini par apprécier. Juste House, hein, les personnages annexes sont globalement sans intérêt.


Bref, la question est : nos goûts personnels peuvent-ils survivre face à une douche médiatique continue ? Je bosse dans le digital, je suis malgré moi dans un bain tendanciel. Aime-ci, aime-ça, ceci est à bon, ceci ne l’est pas. Je résiste, je dis non. Je refuse de regarder Bref tant que tout le monde s’extasiera dessus, je manquerai trop d’objectivité. La hypittude est mon quotidien, je m’y crois imperméable car j’en connais les rouages et mécanismes et est-ce si sûr ? Aime-je le Liberty parce que mes goûts personnels m’y poussent ou parce que ma carapace à une fuite ? Est-il réellement possible d’éviter toute influence de la tendance à partir du moment où on y est exposé ?

De tout façon, m’en fiche, mon top, il est trop beau ! Mais peut-être devrais-je arrêter de fustiger ceux qui suivent toutes les tendances vu que je finis par les suivre. Certes 2 ans plus tard en moyenne.

PS : En fait, ce que j’aime le plus dans la mode, ce sont les dessins de créateurs.

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J’ai le sourcil unfashion

Par Pink Lady


Mes magazines féminins, ils te sortent de ces trucs des fois, tu relis 4 fois pour être sûr que t’as tout bien lu comme il faut. Par exemple l’autre jour je glandais, je bossais dur sur Facebook quand je vois passer un titre : Selena Gomez et son gros sourcil très fashion. Oh mon dieu, mes sourcils sont naturellement fins, je suis une damnée de la mode.


Du coup, je guette la prochaine tendance : le nez tordu ? Les dents du bonheur à la Vanessa Paradis ? Un duvet labial ? Des veines apparentes ? Un bec de lièvre ? Là, j’ai comme la sensation de franchir un nouveau cap dans la connerie fashion. Qu’on nous culpabilise sur nos gros culs, qu’on nous présente des gamines de 14 ans prépuberes comme quintessence de la féminité, on est habituées et on finit par hausser les épaules devant ses maigrelettes de 3m60 en s’avalant un McDo sans culpabiliser. Mais si on peut plus ou moins gérer notre poids, en perdre ou en gagner selon les cas (même si ok, en vrai, c’est pas si simple mais on n’est pas sur un blog médical ou nutritionniste alors on va dire que potentiellement,on peut tous perdre ou prendre du poids si on le désire en suivant un régime adéquat. Et pas Dukan !), je vois pas bien ce qu’on est censé faire si la mode nous impose un prérequis biologique. Non parce que déjà, moi , je fais pas 1m75 mais en plus, j’ai l’incroyable audace de ne pas avoir une pilosité fournie. Ce qui m’élimine d’office de cette nouvelle tendance. A moins qu’ils ne nous sortent des postiches de sourcils.


Et après ? Si la mode est aux peaux noires, je me roule dans la suie tous les matins ? Si on en vient à s’extasier sur les nez « de caractère », je me le fracasse exprès ? J’ai tellement hâte de lire des articles m’expliquant comment me redesigner l’arrête nasale ! Par contre, j’espère que la mode du nez droit ne reviendra pas trop vite, le temps que je puisse dégonfler et économiser pour me payer une rhinoplastie.


Bien entendu, les femmes ne sont pas stupides (certaines si mais on les enferme régulièrement dans de fausses maisons avec des caméras partout) et ne vont pas s’arracher les cheveux car elles n’ont pas le sourcil fourni. D’autant que la mode n’est jamais branchée calvitie… Mais le fait qu’à un moment, une personne ait tapé sur un clavier une histoire de sourcil à la mode, je suis dépassée, littéralement. Comment, à un moment, quelqu’ un a pu se dire que le sourcil pouvait être fashion ou ringard ? J’ai bien pensé à un coup de Lourdes Ciccone (fille de Madonna pour ceux qui n’ont pas leur carte Gold du select club des abonnés de Voici) mais aux dernières nouvelles, elle a réglé son problème de sourcil. So what ? Pourquoi, oh oui, pourquoi on va nous inventer des complexes en plus ? Mon sourcil, il va pas, mon nez non plus et je te parle même pas de mes aisselles qui se doivent d’etre belles (par contre la pilosité, je suis pas au faits, pardon).


Bon, les hommes, rassurez-moi : vous aussi, on vous impose des particularités physiques pour être fashion ?

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Société de consommation des corps

Situation type d’une vingtenaire ordinaire. Vous êtes dans un café ou ailleurs pour un papotage en règle avec un(e) ami(e) qui vous raconte sa dernière
mésaventure amoureuse : « alors, tu vois, on passe une super soirée, il me couvre de compliments et tout et le lendemain, plus de nouvelles. Il m’a bloquée sur MSN ce con ! ». Des fois, c’est vous qui racontez cette histoire. Ca marche aussi avec les femmes, hein « elle a pris mon numéro, elle ne s’en est jamais servi alors qu’on avait passé une nuit si torride ! ». Là surgit la systématique explication « tu sais, j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on prend, on use et on jette, c’est comme ça ! ».

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Et nous revoici en plein dans le complexe du « nous, de nos 20 ans, on a tout inventé au sexe ». Le délire du « c’est nouveau comme comportement » me fait lever les yeux au ciel. Je me souviens avoir lu un blog il y a très longtemps (je me souviens pas du nom donc pas de lien) d’un gars qui parlait de la baise facile
dans les années 80. Par exemple, il raconte l’histoire d’une nana qu’il croise aux toilettes d’un resto et ils s’enfilent joyeusement. Réel ou fictif, c’est pas la question mais cet écrit révèle bien la facilité de baiser à l’époque où le SIDA n’existait pas, de façon officielle et reconnue du moins. Les années 70, juste après mai 68, le mouvement hippie, faites l’amour pas la guerre, Woodstock… IL me semble que la jouissance des corps était très à la mode aussi. Et que penser de Don Juan et Sade, pour ne citer que des exemples connus, collectionneurs compulsifs de conquêtes ?

Une fois de plus, je dirais qu’on n’a rien inventé en matière d’amour et qu’il faut arrêter de se désespérer de cette époque qui pousse aux amours consommables et vite consommées. Meetic simplifie la chope ? Parce que vous pensiez sincèrement qu’avant meetic, il n’y avait pas le minitel ? Avant le minitel les petites annonces ? Des lieux de rencontre pour fast love ? Des individus qui disparaissent une fois leur coup tiré ? Bien sûr, d’un point de vue juridique, il est plus facile de se séparer qu’avant, la procédure de divorce se simplifie d’années en années mais en déduire qu’aujourd’hui, on se sépare plus facilement de ce conjoint devenu boulet est pour moi une erreur. Ce n’est pas une question d’époque, au fond, c’est une question de caractères. IL y a les hommes d’une seule femme et les femmes d’un seul homme et ceux qui, comme dirait ma mère, « naviguent ».

C’est dans tous les domaines pareils. Qui ne connaît pas, de près ou de loin, quelqu’un qui aligne les petits boulots car il démissionne à la première épreuve ?  Lâcheté ? Sans doute un peu même si ça ne doit pas être facile à vivre non plus.

Je parle caractère mais c’est aussi parfois une question de passade. Y a des moments où on veut aucune chaîne et dès que l’autre fait mine de
s’attacher, on disparaît. Parce qu’au moment M, on ne se sent pas capable de tenter le couple. Lâche, sans doute toujours, mais c’est pas tellement la question. Puis c’est aussi une question de lieu et de milieu : les grandes villes favorisent les rencontres et les attitudes consuméristes (même si ce n’est pas non plus une obligation). Les longues études poussent souvent à n’envisager la vie privée qu’une fois les études terminées, donc plus tard que ceux qui ont fait des études courtes et travaillent déjà. A l’arrivée, qui est concerné par cette volonté consumériste des corps ? Souvent les « intellectuels », les jet setteurs, bref, ceux qui prennent la parole et semblent donc être porteur d’une tendance, d’un mouvement. Mais qui a la vie d’une Catherine M. ou même d’un Frédéric Beigbeder en dehors d’un certain milieu qui est en effet très visible mais pas forcément représentatif ? Je vous pose la question. Maintenant, dès qu’on se plaint du connard (connasse) qui ne nous a pas rappelé, on nous répond, fataliste : « bah, oui, tu sais, aujourd’hui, les gens baisent et puis basta, c’est tellement facile… ». Et bien, je suis contre ce fatalisme, moi. Ce n’est pas la société qui veut ça mais l’abruti(e) qui s’en est allé sans demander son reste. Nous ne sommes pas forcément condamnés à des vies amoureuses en puzzle, c’est avant tout une question de chance et de contexte. Mais ce serait bien que tout le monde comprenne bien que le fait de ne pas parler de mariage au petit
déjeuner après une folle nuit de sexe n’est pas un accord tacite pour ne plus jamais se parler. Peut-être faut-il inventer ses propres codes amoureux pour faire comprendre à l’autre que même si on lui promet pas l’amour pour la vie dès le premier petit déjeuner, on aimerait bien partager un bout de chemin ensemble. En général, je demande quand on se revoit. Si on me répond « j sais
pas, on en reparle »,veuillez comprendre « non mais c’est bon, on a passé une nuit ensemble, ça suffit. Tu vas où là ? ». Au lieu de dire un bête « non, on en reste là » mais c’est sans doute pas très poli.

Bref, je pense pas qu’il y ait plus de sexe consumériste qu’avant, vraiment pas. Je pense juste qu’avec les blogs et tout ça, on peut tous en parler,
que certains en ont fait leur fond de commerce et que ça donne cette impression là. Mais ce n’est pas parce que blogueur X dit qu’il baise à tout va que c’est forcément représentatif de quoi que ce soit. Déjà que c’est même pas sûr que ce soit représentatif de sa sexualité à lui…

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Perso

C’est dimanche et le dimanche, on parle culture. Evidemment je ne parle pas de grande culture. Ce n’est pas que j’en ai pas (bande de mauvaises langues !) mais le dimanche, c’est détente, c’est léger. Et puis même si ma culture du dimanche flirte avec les profondeurs abyssales, c’est toujours mieux que de regarder Michel Drucker (non mais !).
Aujourd’hui, j’évoque un sujet qui me tient à cœur et qui a marqué mes jeunes années d’étudiante : le magazine Perso. Je ne sais pas si tu l’as connu, lecteur, il n’existe malheureusement plus et c’est bien dommage.
 
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Au tout début, il s’appelait « Personnalités », je crois, quelque chose dans ce goût-là. Je me souviens la première fois que j’ai eu ce titre entre les mains :
j’avais rendez-vous chez le coiffeur et pour passer le temps, il me fallait un peu de littérature. Oui, moi, quand je vais chez le coiffeur, je fais toujours des trucs qui prennent trois heures (permanente, couleur ou mèches). Dès le départ, une grande histoire d’amour naît entre nous. Je me souviens que c’est en lisant Perso que j’ai découvert pour la première fois des noms comme Amélie Nothomb, Tina Arena ou leur préférée, Asia d’Argento.
 
Premier changement notable : Personnalité (ou Personnality, j’arrive pas à m’en souvenir) devient Perso, c’est plus facile à retenir. Une fois à la fac, tous les mois, je rôde dans les rayons des magazines féminins, je me l’achète et, le soir, je le lis dans mon bain. Seigneur que c’est bon !
 
Il y a plusieurs choses dans Perso, des rubriques modes (que je ne lisais que peu), des pages sur des personnalités, des rubriques psychologie, sexe, voyages (je crois), culture… Bref, un magazine féminin comme un autre mais avec un ton fantastique. C’est rédigé de telle façon qu’on a plus l’impression de lire une lettre envoyée par une bonne copine qu’un papier rédigée par une journaliste quinquagénaire frustrée de la liberté sexuelle de la génération suivante. Les premières pages étaient occupées par des petites brèves très marrantes pour présenter les trucs tendance, du genre : « faut-il acheter ce nounours Agnès B ? Oui parce que c’est pour la bonne cause et en plus, je le trouve tout mignon ». La particularité de Perso, c’est que ce genre d’article était rédigé à la première personne du singulier mais ce « je » n’excluait pas le lecteur, au contraire. Ce « je » écrit  par une journaliste pouvait me coller, je pouvais devenir son « je ». Perso, c’était vraiment devenu ma meilleure copine.
 
Il y avait une rubrique que j’adorais plus que tout et qui a franchement inspiré le ton de ce blog, c’était « les aventures d’une fille toute simple ». J’aurais adoré
connaître la fille qui écrivait cette rubrique, elle avait un style, un humour ! Sa première histoire, c’était sa tentative de drague sur Pedro, le trop beau gosse. A un moment, elle fait une soirée, elle boit plus qu’elle n’aurait dû. Mais alors vraiment trop, le genre de cuite qui fait qu’on a un gros blanc. Le lendemain matin, elle se réveille et elle comprend qu’elle a brouetté comme une folle toute la nuit. Là, Pedro entre dans la chambre avec un plateau de petit-déjeuner : bingo ! se dit-elle. Du coup, elle sourit timidement au jeune homme et lui
fait : « qui l’aurait cru ? » 
« Oui, en effet ! ». Et là, ça bouge dans son lit. Mais que se passe-t-il ? La bosse inanimée à ses côtés se révèle être Etienne, le cousin de Pedro… Donc, voilà, non seulement elle n’a pas eu l’homme qu’elle voulait mais, en plus, elle a couché avec son cousin… bravo, bravo ! Bon, rassurons-nous, elle finira par l’avoir, son Pedro, elle finira même par le larguer, je ne sais plus du tout pourquoi mais il l’avait bien cherché. Autour d’elle, elle avait des amies : celle qui sortait avec un homme marié (« tu dois le
plaquer », expliqua la fille toute simple), la fille super intelligente agrégée de latin qui se faisait passer pour une conne car « les hommes n’aiment pas les femmes plus intelligentes qu’eux » et mes préférées, Déprima et Lexomil, deux « joyeuses comiques » comme leur nom l’indique. Cette fille toute simple, c’était moi, c’était toi, lectrice. C’est la meilleure amie rigolote idéale. Des fois, ses aventures me manquent. Honnêtement, ce blog n’est finalement que la continuité de ses histoires, j’espère arriver à vous plaire autant qu’elle me plaisait, à l’époque.
 
Perso est devenu culte à la fac, je le prêtais à mes amis. Oui, il n’y a pas de faute d’orthographe, je dis bien « amis » sans e car Gauthier aimait bien le lire. Je me
souviens d’une fois où je l’ai appelé car il y avait un article « hype/pas hype » et, dedans, ils expliquaient que rouler en fiat Uno avec un A au derrière, c’était pas hype… Non mais y aurait eu écrit : « Rouler en fiat uno bordeaux avec un A au cul, c’est pas hype, Gauthier ! », ça aurait été pareil.
 
Perso a fait naître de nombreuses anecdotes dont une qui colle à la peau de la pauvre Anne. 5 ans après, on en parle encore. Donc un midi, à la fac, je lis Perso et leur dossier spécial Pénis, tout le monde rit, tout le monde glousse, surtout qu’il y a des photos de zizi et pas en ombres chinoises ! A un moment, Anne arrive à table (nous étions assez nombreux) pour prendre un café avec nous et Gauthier, qui ne la connaissait pas à l’époque, lui pose le Perso sous les genoux et lui demande de lire la première page du dossier pénis où étaient listés je ne
sais combien de synonyme du sacro-saint Phallus. Et là, Anne, dans toute sa spontanéité, s’écrit : « Ah non, pas ça dans ma bouche ! ». Evidemment, comme on ne voit toujours que le mal, on a rigolé comme des bossus, la pauvre Anne ne savait plus où se mettre. Du coup, pendant six mois, quand je parlais d’Anne et que Gauthier buggait : « C’est qui, Anne ? », je lui répondais : « Mais, si, tu la connais, c’est « pas ça dans ma bouche » ! ».
 
Ce dossier sur lé pénis a marqué le début de la fin. Forcément, on parle zizi, on en montre, ça choque. Pourtant, le dossier était extrêmement bien fait, les photos pas vulgaires du tout. A un moment, ils demandaient à des lectrices la première et la dernière fois qu’elles avaient vu un pénis, c’était marrant. Personnellement, je ne me souviens pas la première fois que j’ai vu un pénis, dans la mesure où j’ai grandi avec mon cousin, je devais avoir 2 ans et je pense que je m’en suis foutue royalement. Mais la plupart des demoiselles s’en souvenaient et étaient choquées par la chose. Ah ? Mais les réponses les plus amusantes étaient celles liées à la dernière fois, on sentait les nanas frustrées : « je m’en souviens même plus ! » « celle de Raymond Barre aux Guignols, rien en vrai, malheureusement… ». Puis les autres : « celle de mon copain ce matin ! ». Les garces ! Bref, un dossier fort bien construit avec témoignages, interview d’un sexologue… Et forcément, ça a fait scandale. Le mois suivant, l’édito était justement sur les réaction négatives qu’avaient engendré ce dossier. En substance, la rédactrice en chef s’étonnait qu’on puisse se scandaliser d’un tel dossier aujourd’hui. Ouais, je suis d’accord. Peu de temps après, la lignée rédactionnelle a complètement changé et c’est devenu chiant. Mode, mode, mode, mode… Je me souviens d’un numéro très « hype » où ils s’étaient amusée à prendre un mannequin noir habillée en noir sur fond noir… Donc on n’y voyait rien, forcément ! Oui, c’est concept, c’est tendance…mais c’est surtout très con.
 
J’ai continué à acheter quelques numéros jusqu’au jour où, stupeur, ma meilleure amie rigolote idéale a disparu : il n’y avait plus d’aventures de la fille toute simple ! Du coup, j’ai gardé mes pièces pour moi, hors de question de soutenir un journal qui commet de telles erreurs ! Ils ont tué ma meilleure amie, bouh ! Ce Perso là n’était plus le mien, c’était devenu un bête journal féminin, sans intérêt. Il ne me faisait même plus rire. Pourtant, Perso, c’est le seul journal à avoir osé écrire : « faire l’amour dans un arbre, pourquoi pas mais c’est pas facile de trouver une branche plate de deux mètres sur deux ».
 
J’ai jamais retrouvé d’équivalent, je lis Cosmo, depuis, mais ce n’est pas pareil, je ne rigole pas autant… Perso me manque.
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