Budapest, la ville aux bains… et aux marches

Quittant Prague qui nous avaient conquis, nous voici partis pour Budapest, ville adorée par Victor et que j’avais donc hâte de découvrir, malgré une légère appréhension : après le froid de Paris et la relative chaleur de Prague, on se dirigeait tout droit vers la capitale la plus chaude d’Europe. Température annoncée : 32° mais le truc de la rue, il indiquait 38…

Chaleur à Budapest fontaine_budapest fontaine_budapest_2

Oui, j’ai pris des photos de trucs rafraîchissants, ça m’inspirait

On arrive dans une gare moderne, on se fait un peu sauter dessus par des gens qui veulent nous proposer des apparts ou chambres à louer mais nous avons un AirBnB, prenons donc le bus pour le rejoindre… Bus sans clim (ou alors on l’a pas sentie), je me suis évaporée, littéralement. On récupère l’appart, on va se promener dans la rue, amusés par les Hongrois scotchés devant la télé pour voir le match Hongrie-Portugal. La rue crie, la rue vit et nous, on peut faire un premier tout peinard. Mais ça allait vite virer au cauchemar car : la Hongrie s’est qualifiée. On s’est retrouvés pris dans un raz-de-marée de supporters et on n’a rien pu faire de la soirée : les bars nous refusaient et Victor a été assez énervé de croiser un mec se balader avec un T-shirt white power/croix celtique tranquille dans la rue, comme si tout était normal. On a fini sur notre balcon à manger du fromage fumé acheté au supermarché et à boire de la palinka cerise en se disant que 4 jours, ça allait être long.

abricots cerises

On a goûté la Palinka Cerise et la Palinka abricot, on a préféré cette dernière. Et les photos ont été prises au marché couvert de Budapest donc ça marche

Mais j’ai une devise dans la vie : il faut savoir donner une 2e chance. Le lendemain, nous partions donc à la découverte de la ville, commençant par le marché couvert (super sympa) puis en allant se promener du côté du Buda dit le côté où ça grimpe. Surtout qu’en ce premier jour, nous avions commis une erreur fatale : nous avions oublié de prendre notre bouteille d’eau. Mais malgré tout, je découvrais avec plaisir les merveilles de la ville. Comme Prague, on retrouve le principe d’un fleuve (et pas n’importe lequel, le mythique Danube) qui coupe la ville en deux avec un côté plat et un autre vallonné, côté sur lequel il est plaisant de grimper pour avoir une vue de l’autre rive : une ville dense parsemée de nombreux clochers. Mais surtout, le bijou de la ville, le diamant de la couronne : le Parlement. C’est juste incroyablement beau, surtout quand il se dore au soleil couchant. Et autant vous dire que pour une apprentie écrivaine qui a notamment un manuscrit qui se déroule dans un univers médiéval (mais que je n’écrirai sans doute jamais), grosse dose d’inspiration. Par contre, on n’a pas pu rentrer à l’intérieur mais rien que de dehors, ça vaut le coup.

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A Budapest, il y a une activité incontournable : les bains. J’étais ultra motivée pour les bains Széchenyi, Victor plus pour les Gellért donc je propose qu’on fasse ces derniers un jour puis les autres un autre jour. Les bains, ce sont donc des bassins d’eaux thermales à différentes température, des saunas, des bassins d’eau glacée à la sortie du sauna (j’ai pas fait, curieusement…). On commence donc par les Gellért : très propre, système de casier pas mal du tout (on avait une sorte de bracelet électronique qui déverrouillait la cabine ou casier) et malgré un prix un peu élevé, ils ont été honnêtes et nous on fait payer juste une cabine et un casier plutôt que deux entrées cabines. Mais bon, voilà, comptez 16 € chacun en moyenne. Vraiment sympas, surtout la partie extérieure, un petit bémol cependant : on n’avait pas le droit de nager dans la piscine intérieure sans bonnet de bain… Ah ben oui, suis-je donc sotte, j’ai oublié mon indispensable compagnon de voyage : le bonnet de bain ! Pour un truc touristique, je trouve ça un peu dommage (et j’étais un peu frustrée). Mais sinon, top. Quant aux bains Széchenyi, nous n’avons finalement pas testé.

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Autre point d’intérêt : le château de Buda, surtout du côté de l’église Saint Matthias, c’est juste magnifique : vous accédez par de petites rues qui fleurent bon la période médiévale… les voitures exceptées. Ah oui, parce que, tant qu’on est à Saint Matthias, il y a dans l’aire du château de Buda quelques soucis majeurs (pour les grands râleurs que nous sommes) : les voitures, donc, un bar en haut d’une des jolies tours autour de l’église et surtout, surtout : un putain de Hilton très moche qui gâche complètement le lieu. Une fois Saint Matthias visité, poussez jusqu’au château de Buda et flanez dans les jardins : nous, y avait personne.

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Le Hilton dégueu au fond à gauche…

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Le bar était en haut, dans la tour de droite. Le choc…

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Quand je vous dis qu’il n’y a personne…

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Sauf que ces havres de paix se méritent… étant planqués ça et là dans les collines de Buda, faut grimper, grimper, grimper pour y arriver. Et honnêtement, notre périple dans la colline Gellert pour atteindre la statue de la liberté locale nous a un peu dégoûté des escaliers de façon durable (surtout chaleur, soleil, raaaaaaaaaah). Mais on a tout grimpé, on a juste pris le funiculaire une fois (mais j’aime bien les funiculaires, surtout celui là).

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Petit instant bucolique au Château de Buda

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Budapest, en fait, c’est un petit peu la ville qui collectionne les havres de paix (contrairement à ce qu’on aurait pu croire le premier soir) : dans les collines de Buda (on est montés jusqu’à la Statue de la liberté totale par 35°, on a cru mourir mais il y a avait un marchand ambulant de glace en haut et surtout on a vu un écureuil en redescendant donc j’étais contente), dans le parc autour du château de Vajdahunyad (château plus vieux que celui de Buda, coin très sympa même si un concert ou karaoké lancé dans un resto voisin a fini par nous faire fuir) ou encore sur l’île Margit. Sur celle-ci, à noter une fontaine où on peut mettre les pieds dedans et qui propose quelques séances de fontaine musicale : les jets suivent le tempo ! Super sympa et surtout super rafraîchissant car tu ne ressors pas tout sec de l’expérience. Vu qu’il faisait à peu près 35°, on a grave apprécié.

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Côté bouffe, pas grand chose à dire, on s’est fait une belle orgie de fromages fumés (on avait un petit balcon aménagé, on a beaucoup mangé à l’appart le soir). Par contre, niveau boisson, c’est le pays de la citronnade, ce qui m’a rendu forcément heureuse. Après, citronnade n’a pas toujours la même définition : c’est soit “boisson à base de citron pressés et fruits marinés” soit “limonade dans laquelle on a mis plein de bouts d’agrumes qui macèrent là dedans”. Globalement, j’ai surtout eu le 2e mais c’est si rafraîchissant ! Mention spéciale à celle du marché couvert, faite maison et putain de délicieuse, je dois trouver la recette.

C'est le pays du Pepperoni mais j'en ai pas mangé, tiens...

C’est le pays du Pepperoni mais j’en ai pas mangé, tiens…

Evidemment, en Hongrie, on boit de la Palinka, liqueur aux fruits qui donne très chaud (au coeur et au corps). Alors petit avis : on a testé la Palinka cerise et la Palinka abricot, c’est cette dernière qui a remporté nos suffrages. Mais on vous laisse vous faire votre avis. D’ailleurs, à propos de boire, arrêtons nous 30 secondes sur les ruin bars, ces bars installé dans des immeubles délabrés, souvent avec des éléments récupérés, et qui animent les nuits hongroises. Suite au conseil d’un pote de Victor, nous jetons notre dévolu sur le red bar… Ruin bar à la déco totalement communiste avec des représentations de Lénine en punk ou les plus fameux dirigeants communistes vous invitant à “join the party”. Badoum tsss ! Bon, c’était cool mais je mourrais de chaud donc on n’est pas restés trop longtemps.

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A propos de communisme, j’ai été très étonnée de découvrir que pour eux, ce n’était pas du tout un sujet traumatique : on pouvait acheter casquettes, chapkas ou masques à gaz (?) avec la célèbre étoile rouge, des tas de T-shirts de type Lenine punk (j’en aurais bien pris un mais difficile à assumer au taf) ou celui qu’a acheté mon adoré : Marx & Spencer. Je ne vivais certes pas là en 1956 mais de ce que j’en sais, cette année là, ce ne fut pas vraiment la joie…

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Bref, je quittais Budapest réconciliée avec ce pays qui m’avait pourtant fait très peur le premier soir. Comme quoi, laisser une deuxième chance, parfois, c’est bien. Je recommande ? Oui, c’est beau et les prix sont vraiment raisonnables pour le coup.

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Allez, zou, en train, direction la Croatie… mon futur grand amour.

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J’invoque le droit à me foutre du foot

Ce soir, l’équipe de France de football rencontrera l’équipe du Portugal pour une finale inédite…. enfin, je crois. Celui qui gagne sera sacré champion d’Europe, youhou ! Youhou ? Alors, non, excusez-moi mais j’en ai rien à faiiiiiiiiiiire. Et ceci n’est pas une posture condescendante de pseudo intellectuelle qui considère que le foot, c’est que pour les beaufs illettrés, non… C’est juste que je ne ressens strictement aucun intérêt pour cette compétition.

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Et je dois avouer que j’ai du mal à saisir la force de l’euphorie entourant ce sport. Oui, je sais qu’un beau match peut être haletant et que ça peut être un spectacle tout à fait plaisant à regarder, j’ai déjà eu l’occasion de mater des matchs (quand même) mais le point reste : pourquoi ça rend la nation folle à ce point ? Déjà, je trouve fantastique que le peuple dans le sens très large du terme revendique une telle victoire. Le “on a gagné” légèrement abusé : ce n’est pas “on” qui a gagné mais une vingtaine de joueurs et leur staff technique. “Et le public, tu l’oublies, le 12e homme et tout ?”. Alors, je veux bien mais ça me fait doucement rire quand je vois comment, en France, on maîtrise à mort la critique ultra violente des joueurs s’ils ont le malheur de ne pas marquer. J’ai beau ne pas m’intéresser au foot, je connais les histoires de poids de Gignac, les critiques sur Giroud et puis, hop, il marque et c’est devenu l’idole de la nation. Ah woké… Est-ce que vous pourriez changer d’avis un peu moins vite que je puisse suivre ? Le cas le plus manifeste reste Aimé Jacquet, le mec sur lequel on a craché pendant tout son mandat d’entraîneur jusqu’à ce qu’il gagne la Coupe du Monde. Bref, un peu boîteux ce 12e homme mais on dira qu’on ne parle que des supporters du Stade.

public match de foot

Mais la vraie question est : pourquoi le foot ? Je pourrais comprendre cette légère préférence par rapport au rugby où nous n’avons jamais été champions du Monde malgré quelques finales disputées, nos frêles joueurs ne semblant pas à la hauteur des mastodontes de l’hémisphère sud. Mais il y a pas mal de sports où on domine largement la discipline comme le handball où on a accumulé pas mal de titres, la natation, le biathlon, le saut à la perche, même le basket, je crois qu’on est bons. Et niveau spectacle et tension, le handball me paraît largement au dessus par rapport à des matchs de foot qui semblent régulièrement vous amener au bout de l’ennui. Donc pourquoi le foot ? Je pense qu’il y a là quelque chose d’historique que je ne situe pas bien, très peu de pays semblant exclus de ce délire footballistique (mention spéciale au Canada cependant, le pays où tout est merveilleux).

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On voit que ça attire du monde, là bas

Mais surtout, ce qui m’agace, c’est que j’ai l’impression qu’on me refuse le droit de m’en foutre. Je ne parle pas de ne pas aimer, ce n’est même pas ça : c’est juste un truc qui ne fait pas du tout partie de ma vie. Déjà, là, sur cette compétition en particulier: je n’ai plus la télé, j’ai été en vadrouille durant la moitié de la compétition (ce qui ne m’a pas empêchée de me retrouver noyée dans une marée de supporters hongrois lors de notre premier soir à Budapest et franchement, ça m’a donné une première impression horrible de la ville : c’est à celui qui gueulera le plus fort dans une espèce de compétition de voix viriles à la con, les bouteilles de bière volent, ça pisse dans tous les coins… waouh, la belle fête… Et évidemment, on a fini par se réfugier dans notre appartement avec des vivres achetées en urgence au supermarché, top la première soirée) et je ne sais même pas qui joue à part ceux qui marquent les buts car je vois leurs noms passer sur Twitter. Et une victoire de la France (ou sa défaite) ne changera strictement rien à ma vie : je ne vivrai ni mieux ni mal, j’aurai juste du mal à accéder aux autres nouvelles pendant quelques jours et je pesterai quand je verrai que Hollande et Valls sortiront des abysses des sondages avec quelques points en plus juste parce que quelques gars qui courent sur une pelouse ont gagné.

Hollande joue au foot

« Ouais, j’ai presque 25% d’opinions favorables, vive le foot ! »

Et la fierté ? Mais fierté de quoi ? De partager la même nationalité de ces coureurs de pelouse ? Oh wouah, effectivement, je suis très fière de… Non, pardon, je vois pas. Je comprends limite plus ça dans les championnats club où tu supportes ton club tout au long de l’année et que tu t’investis un minimum mais là… Je veux dire, cette équipe, là, elle joue combien de fois dans l’année ? Une demi douzaine à une quinzaine de fois maximum ? Certains joueurs y jouent tellement peu qu’à ce niveau là, on est carrément dans le caméo. Donc bon, quitte à être fière de la France, j’aimerais que ce soit parce que nous avons fait une découverte majeure qui va révolutionner le monde, parce qu’on a mis en place un modèle de société égalitariste, social et écologique (la fille qui rêve sa vie, tsééé…). Mais être fière parce qu’une équipe de mon pays a gagné une compétition, pardon, mais vous m’en demandez trop là.

Equipe de France de foot Euro 2000

C’est marrant parce que la dernière fois où on a gagné l’Euro, on avait Deschamps dans l’équipe et là, il est entraîneur… C’est un signe ? (oui parce que j’ai beau ne pas m’intéresser au foot, je sais des trucs, quand même)

Bref, j’aimerais juste qu’on ne me parle pas de foot, qu’on ne me regarde pas comme une extraterrestre parce que je n’ai pas vu un seul match et que je n’en ai pas envie, que la ferveur nationale me laisse froide. Ce n’est pas parce qu’une bonne partie d’entre vous s’est soudain découvert une passion pour le foot (passion oubliée dans 3 semaines max) que je dois suivre le même chemin que vous. Et il n’y a rien de grave.

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Ensemble, tout devient merdique?

Par Diane

Vingtenaires, vingtenairettes, j’ai aujourd’hui à vous faire part de constatations résultantes de mes moultes observations existentielles.

Il se trouve que je suis revenue la semaine dernière d’une semaine de vacances dans un petit lieu dit de provence (au milieu des moutonsss, dans le sud de la france en pays des santonnns). Si l’on ajoute le fait que je me trouvais dans un petit lieu dit accessible uniquement par une petite route encastrée dans la montagne et peuplée d’animaux bizarres à celui qu’on était mi septembre, et donc que la populace vacancière était à 98% partie, vous conviendrez que j’avais passé la semaine dans un cadre relativement propice au calme, à la méditation et à la paix de l’esprit. Et
effectivement, ma tension a baissé d’un coup, j’ai cueilli des noisettes et le peu de personnes que j’ai pu croiser pendant mon séjour a été plus qu’avenant et aimable.

Or, lorsque j’ai repris le train et que je suis arrivée dans le métro parisien, force m’a été de constater que l’amabilité ambiante avait un brin diminuée.  Et que j’te rentre dedans en râlant parce que t’es sur mon chemin, et que jte laisserais debout même si t’as 95 ans, une jambe en moins et une valise de 45 kilos parce que moi je bosse toute la journée, merde, hein, toi t’es à la retraite, t’asseoir, t’as que ça à foutre, j’en passe et des meilleures.

Et il m’est souvenu que l’année dernière, quand j’avais passé 15 jours au québec, l’amabilité des gens m’avait étonnée aussi. Sachant que les québecquois, si mes souvenirs sont bons, se partagent
un territoire de 7 fois la france avec une population équivalente à celle de Paris/banlieue, j’ai commencé à me poser sérieusement des questions sur le rapport entre la qualité de vie (et je ne parle pas d’un point de vue financier, hein, mais de choses futiles comme l’amabilité, l’empathie, la fraternité tout ça…) et la masse de population. Prenons quelques exemples tous simples:

1/Vous êtes en haut d’une montagne, au milieu d’une belle rando de 6h. Vous êtes arrivé en haut, vous en avez chié,  vous n’en pouvez plus, mais vous êtes le roi du monde (Jack dawson peut bien aller se rhabiller, ce guignol). Et tiens, tout en haut de la montagne, vous voyez un vieux monsieur assis qui se repose. Qu’est ce que vous faites? Vous vous dites bonjour, vous vous auto-félicitez de votre belle montée, vous vous extasiez tous deux sur le panorama et tiens, c’est drôle, vous venez du même coin, et, votre oncle, c’est le pharmacien de son village! Alors que, à
St Lazare un lundi soir, est ce que vous allez causer à votre voisin de train? A ceux qui attendent le train avec vous sur le quai? A 95% non. D’ailleurs, ils tirent la gueule, ça donne pas franchement envie. Et pis lui là, il est louche avec son grand imper.

2/Vous êtes prof, animateur, éducateur, ou n’importe quelle situation où vous avez affaire à cet étrange catégorie humaine(?) qu’on appelle les adolescents. Prenez en un, montrez lui quelques trucs et pouf, il sera capable de vous pondre de magnifiques dissertations, de montrer l’envie d’apprendre, voire même, j’ose à peine le dire, d’avouer que Tokyo hotel, c’est d’la merde et qu’il écoute Maxime le Forestier quand personne le regarde. Alors que, prenez le même adolescent et mettez le avec une douzaine de ses con(dé)génères, il diminue aussitot son vocabulaire de moitié, lit « scooter magazine » et balance des pierres du haut d’un pont sur l’autoroute en dessous en signe de sa pathétique rebellion à l’autorité castratrice qui ne le comprendra jamais.

3/Et là, je pique mon exemple à Pierre Desproges, (dans un de ses réquisitoires il me semble), tiré de son expérience personnelle. Quand il était à l’armée, il a assisté à un jeu formidable: la course de tortues. Quelques uns de ses camarades avaient chacun une tortue à laquelle ils faisaient une petite incision sous le bide pour y placer un morceau de coton imbibé de je ne sais plus quoi inflammable. Et le jeu, je vous le donne Emile, c’était au signal de départ, de foutre le feu à sa tortue pour voir laquelle arriverait en premier. Qu’est ce qu’on se marre à l’armée! Et M. Desproges de remarquer que si l’on prenait individuellement un de ces hommes et qu’on lui donnait une tortue, il n’aurait pas d’autre idée que de l’appeler « Fifi », de lui donner quelques feuilles de salade et de lui trouver un abri pour pas qu’elle aie froid l’hiver.

Je ne sais pas si vous avez noté, mais les médias mettent un point d’honneur à nous faire remarquer que le monde est dans une misère noire et qu’il risque de s’écrouler d’un moment à l’autre, que
le malheur est là, partout, on ne peut y échapper. C’est apocalypse soon.

Déja on va tous crever de faim parce que notre pouvoir d’achat ridicule ne nous permettra bientot plus de nous acheter à manger. Ensuite on va tous crever désintégrés sous les bombes des terroristes intégristes islamistes et tout un tas de trucs en « iste » qui ont juré d’avoir notre peau, sans compter les jeunes de banlieue qui brûlent tout et fusillent les enfants dans les collèges. Ah, et puis on va aussi tous crever de cancer, de cirrhose ou d’horribles maladies parce qu’on ne mange pas 5 fruits et légumes par jour. Sans compter bien sûr mesdames les guéguerres au
sujet duquel je ne résiste pas à vous citer une magnifique phrase de l’article « guerre » du dictionnaire Philosophique de Voltaire:  » Les malheureux harangueurs parlent sans cesse contre l’amour, qui est la seule consolation du genre humain et la seule manière de le réparer; ils ne disent rien  des efforts abominables que nous faisons pour le détruire ».  (oui, c’est beau. Vingtenaires, vingtenairettes, amis du genre humain, lisez Voltaire. Jvous assure, des fois, ça fait du bien)
Donc, disais-je avant d’être grossièrement interrompue par Voltaire, j’aurais tendance à me dire que, plus il y a de population sur la planète….plus c’est la merde. (sans oublier le rôle des médias et des politiques hein. C’est bien connu, la peur est l’ingrédient le plus efficace jamais testé pour soumettre le peuple aux choses les plus ignobles, quitte à se torcher bien allègrement avec la déclaration des droits de l’homme)
Et là je me demande: est ce que l’homme serait incapable de se retrouver à plusieurs sans devenir automatiquement con? Ce fameux « effet de groupe » est-il inévitable?

D’un autre côté, c’est aussi au contact des autres qu’on devient soi et qu’on s’enrichit….laissez un homme seul au monde (avec ou sans ballon de volley) il tardera pas à devenir dingue, ou en tout cas à régresser carrément. (le contact de l’autre permettant la confrontation et l’émulation intellectuelle). Ou alors, énième suggestion: le contact de l’Autre enrichit l’homme; le contact des autres le rend con. (et encore, j’vous ai même pas parlé des supporters).

Enfin voilà, à vous de me dire ce que vous en pensez.

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