On regarde la télé pour détester

Depuis maintenant 2 ans et demi, je vis sans télé. Ca a commencé par une télécommande cassée, une flemme de s’en occuper et une découverte des Youtubeurs, le tout couplé à un petit copain très peu fan de la petite lucarne également. Nous passons désormais nos soirées à regarder la production de nos Youtubeurs préférés, pas mal de séries et parfois, des films. Mais parfois la télé revient inopinément dans ta vie et là, tu hallucines : en fait, on regarde la télé pour détester, c’est ça ?

Yann Barthes sur le plateau du Quotidien, lance une vidéo où il répond à Cyril Hanouna de TPMP

31 décembre, 23h et quelques, je fais le réveillon chez mes parents parce que j’aime pas faire le réveillon donc j’étais ravie de m’échapper de Paris pour ne pas être obligée de faire un truc jusqu’à 7h du matin. Après un petit gueuleton 4 étoiles et un DVD des Chevaliers du Fiel parce que Victor doit prendre une bonne dose de sud ouest avant de repartir (ohé, ça va, moi, j’ai dû regarder Plus Belle la Vie chez sa mère qui vit dans le sud est), il nous reste quelques instants avant minuit, mes parents décident donc de passer sur la télé pour ne pas louper le décompte. On tombe d’abord sur France 2 avec Patrick Sébastien et son plus grand cabaret, ma mère hurle et zappe. Nous voici donc sur TF1 pour une émission dont je n’ai absolument pas compris l’intérêt. Je vous raconte un peu : y a Nikos Aliagas à Disneyland et il reçoit des people en pleine campagne promo par paire et ils balancent tous vite fait une playlist de chansons qu’ils aiment bien. En gros la playlist apparaît et si les artistes ont chanté ladite chanson sur un plateau de TF1 un jour, pif, on a droit à un extrait de 10 secondes… Aucun intérêt, oui, c’est tout à fait ça.

Emission du réveillon sur Tf1 : Nikos Aliagas reçoit Tal et Amir à Disneyland

Ah par contre, ma mère m’a étonnée, elle connaît Amir… Mec que je connais moi car twitter s’est moqué d’Elodie Gossuin et son houhouhou. Je suis trop connectée

Comme ma mère commençait à tout critiquer “il est nul ce Nikos, pfff”, “c’est qui cette moche ?”, “c’est nul ce qu’elle chante !” “Ah il manquait plus que la Jenifer, là, elle est toujours en train de montrer ses aisselles celle-là!” (je cherche encore l’histoire des aisselles, je vous tiens au courant), je saisis la télécommande pour mettre autre chose mais là “non mais laisse, j’aime bien le truc des chansons, là…”. Et là, la vérité terrible fond sur moi : en fait, on mate juste la télé pour dire du mal. Et ma mère est totalement là-dedans. Non parce que ma mère, quand la télé est éteinte, elle est beaucoup plus civique, charmante, beaucoup moins… la réincarnation d’un des vieux du Muppet Show.

Les deux vieux du Muppet show

Il y a quelques années, je confessais un certain goût pour la merdophagie qui laisse encore quelques traces. Je n ‘ai plus la télé donc loin de moi toutes les sitcoms, telenovelas et autres soap operas dont j’adorais me moquer (parce que cible hyper facile), me reste parfois une petite affection pour les nanards. Mais même si je n’ai plus la télé, j’ai toujours une vague idée de ce qui se passe car… Twitter ! Hé oui, quand je viens mater mon fil d’actu le soir, j’ai le résumé de tout ce qu’il se passe à la télé et en général… vous n’aimez pas ce que vous regardez et vous daubez bien dessus. Oui, j’ai fait pareil dans le temps et la question reste : mais pourquoi on fait ça ?

Le bachelor, Diane et Marco s'embrassent à Paris

J’aimais bien basher le Bachelor mais juste parce que les ficelles étaient trop grosses

Peut-être est-ce par paresse ? Regarder une émission conne et critiquable nous rend notre cerveau tout disponible pour coca, j’aime appeler ce genre de programme des “jacuzzis du cerveau”. Sauf que bon, quand je regarde un reportage, ça ne me fatigue pas intellectuellement, j’apprends des trucs certes distraitement et il est possible que j’en oublie la moitié mais ça marche quand même. De la même façon, je peux regarder un film profond ou haletant (un thriller nécessite de réfléchir, quand même, c’est une sorte de réflexe, on tente pendant deux heures de remettre les pièces du puzzle) sans m’évanouir de fatigue… En fait, je trouve très regrettable qu’on associe “pas prise de tête” avec médiocre.

regarder la télé pour détester, jeune femme assise entre deux téléviseurs, années 50

Est-ce par manque d’envie de faire autre chose. On zappe, on mate, y a rien de bien, on met la première connerie qui passe histoire de s’occuper en attendant le coucher ?

Une jeune femme s'ennuie devant la télé et grignote des chips

Ou est-ce par une sorte de mesquinerie ? Une sorte de miroir déformant qui, par écho, nous rend plus intelligent, beau et intéressant. Je veux dire quand on voit à la télé une fille expliquer le plus sérieusement du monde qu’il ne peut pas y avoir qu’une lune et que la lune, c’est pas un satellite car il n’y a pas d’antenne, le seul plaisir qu’on peut ressentir sur le sujet, c’est un “mimimi, je suis intelligente, moi, je le sais, ça !” Ouais te la pète pas trop non plus parce que…
Qui veut gagner des millions, le public pense que c'est le soleil qui gravite autour de la terre

Mais merde !

Bref, et si la télé, c’était juste un catalyseur pour la méchanceté humaine ? Un besoin de se défouler, de dire du mal de Nikos et ses amis ? Ce qui expliquerait le succès des shows médiocres comme les Chtis, Secret Story et tout ça ? Après tout, est-ce que parfois, j’ai pas la tentation de mater des replays de conneries juste pour laisser ma plume acérée s’exprimer sur les réseaux sociaux parce que, oui, j’aime tordre les récits de sitcoms plates pour en faire quelque chose de drôle… et j’avoue que certains tweets sarcastiques me font marrer alors que je ne regarde même pas le show en question… Mais quand même, est-ce vraiment ça qu’on est censé attendre d’un medium qui pourrait nous apporter tellement plus ?

 

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Ecrire pour soi ou écrire pour vendre

Samedi soir, nous sommes posés sur le canapé, un petit verre de whisky sur la table, mes doigts faisant virevolter des aiguilles pour tricoter un snood pour le fils d’une collègue. Après avoir maté un épisode de Daredevil parce qu’on est furieusement à la bourre, on va traînasser sur Youtube pour mater quelques vidéos dont ce Séance infuse de Baf qui sort cette petite phrase sur Fifty Shades of grey “cette fanfic de Twilight avec juste du cul en plus vendu à des millions alors que ma compagne n’arrive pas à faire éditer son roman fantasy”. Hop, je bloque et je pars en réflexion : faut-il écrire pour soi ou écrire pour vendre ?

couverture du roman fifty shades of grey de E.L James en librairie - écrire pour vendre

Comme je l’ai dit tantôt, j’ai décidé de vivre l’aventure éditoriale et pour le moment, je planche sur un seul sujet, l’histoire de Maja de Suède et les activistes écolo (Maja et les activistes, votre nouvelle sitcom !). Grâce à ma technique d’écrire dans le métro, j’avoue que j’avance bien et c’est super de retrouver le plaisir d’écrire. Là, j’en suis à 13 pages word retapées mais sachant que je suis très à la bourre niveau recopiage, je dois en être au double. Sachant qu’un manuscrit correct doit faire 75 pages word en moyenne, j’ai dépassé le tiers et je ne me lasse pas ! Bref, j’écris donc mon histoire de Maja, délaissant, je l’admets, mes autres projets parce que j’ai pas le temps, surtout ces derniers temps où j’ai vraiment eu énormément de travail (là, de suite, j’écris cet article un dimanche, mon premier week-end depuis un mois où je ne bosse pas). Et puis parce que je crois que les échecs de mes précédentes tentatives ont été dû, justement, à cette grande dispersion. Bref, j’avance et quand j’aurai fini mon manuscrit et relu pour une ultime révision, je l’enverrai, très peu sûre de mon coup.

Pile de manuscrits prêts à être envoyé

Parce que moi, j’ai envie d’écrire cette histoire là mais les gens auront-ils envie de la lire ? Déjà, le fait même d’avoir choisi de dérouler l’action en Suède est-ce une erreur ? Je veux dire, imaginons que ce livre naisse, il serait distribué, à priori, en France et peut-être dans quelques pays ou régions francophones (je ne connais rien en politique de distribution de livres donc si je dis une grosse bêtise, n’hésitez pas à me corriger dans les comms). Est-ce que les personnes seraient intéressées par une histoire qui se passe en Suède, est-ce que ça casserait pas un peu l’identification ? Surtout que c’est écrit par une Française qui n’a jamais vécu là-bas (faudra que je fasse un article sur “pourquoi j’aime bien placer mes romans ailleurs”, tiens). Je n’en sais rien et…

vue de Stockholm, capitale de la Suède

En même temps, on va tous admettre sans trop de mal qu’il y a pire comme décor

En fait, je m’en fous un peu. La Suède est un choix cohérent au vu de leur politique nucléaire et de mon histoire, la Norvège aurait aussi été intéressante en changeant quelques trucs mais j’y suis jamais allée et ça me parle moins, tout simplement. Est-ce que l’activisme écologiste intéresse ? Très certainement non mais en même temps, c’est pas le coeur de l’histoire, j’aurais pu changer pour de l’activisme anti banque (d’ailleurs, maintenant que j’y pense, ce serait peut-être pas plus con…mais ça ferait très Mister Robot, du coup… Faut que je repense à ça, tiens…). En fait, le coeur de l’histoire, c’est vraiment “j’y vais, j’y vais pas, jusqu’où je vais, quelles sont mes motivations ?”. Mais peut-être que tout le monde s’en fout et que je pourrai mettre n’importe quelle cause au centre que ça ne fonctionnerait pas mieux.

Des activistes écologistes dénoncent la pollution au charbon en Allemagne

Ah tiens, j’aurais pu prendre l’Allemagne comme lieu de l’action, j’y avais pensé au début d’ailleurs mais pas sur le nucléaire

Et là, je réalise que je n’écris pas ce livre pour vendre mais pour coller dans une fiction mes propres interrogations, qui pointent sur ce blog épisodiquement depuis quelques années. Est-ce une perte de temps ? Pour moi, dans l’absolu, non, mais pour mon envie d’aventure éditoriale, peut-être. Et si j’accordais une heure de mon temps à écrire une bluette, une comédie romantique un peu neuneu, un peu coquine quand même, qui marcherait sans doute mieux ? Oui, j’éprouverais sans doute moins de plaisir à l’écrire mais ça marcherait mieux… Sauf que moi, mon vrai métier, c’est pas écrivaine, c’est… je sais plus trop quoi, mon intitulé de poste est très flou (je crois que ça va être social data manager ou social media analyst ou social data analyst alors que moi, je voulais responsable social data and insights mais je crois que le “responsable”, ma chef n’a pas aimé). Donc je perds rien à tenter mon histoire de green terroristes, là… Même si je vais peut-être changer mon histoire d’écologie, peut-être, je vais y réfléchir…

forêt mystérieuse, nuit

Ou alors, je tente l’aventure éditoriale sur les deux fronts, avec deux pseudos, et on verra ce que ça donne (j’aime bien me trouver des pseudos)…

 

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Commencer un roman

Il y a quelques temps, je vous avais parlé du fait de finir un livre… niveau lecture et un twittos m’avait dit, un peu taquin “je croyais que tu parlais de finir d’écrire un livre”. Et non parce que j’ai du mal pour cause de “la vie professionnelle, ça fatigue une Nina”. Par contre, il y a quelque chose que je fais super bien : commencer un roman … à écrire. Et c’est une sensation merveilleuse.

commencer un roman

Petit tour sur mon Drive : j’ai 25 ébauches de roman. Je n’avais pas fait l’effort de compter avant de débuter cet article et je suis sidérée. 25 embryons d’histoires… Bon ok, sur les 25, y en a 2 paires, c’est le même sauf que j’ai choisi de refaire l’histoire et certains ne comptent même pas une page mais quand même. Certains ne verront jamais le jour : je me suis lancée la fleur au fusil de la motivation mais j’ai très vite laissé tomber. Je ne finirai donc jamais l’histoire de Jérôme et Valentine, ni celle d’Audrey, en plein marasme dans sa vie (c’était une relative autobiographie de mon début d’année 2011, c’est certainement pour ça que je m’en suis arrêtée là mais j’ai récupéré le prénom d’Audrey parce que je l’aime vraiment bien), ni d’autres que je regarde, circonspecte : c’est moi qui ai commencé à écrire ce truc là ?

tampon "mauvais manuscrit" humour

Parce que dans la vie, j’ai un don et presque une malédiction : une imagination de malade. L’inspiration me bombarde en permanence. Lire un magazine et y trouver un fait divers qui serait une super histoire, naviguer nonchalamment de reportages en reportages sur Youtube et trouver un récit incroyable, surprendre une conversation entre deux personnes, m’interroger sur une chose incongrue vue ou aperçue. Parfois, j’essaie de construire un roman sur une personnalité particulière, un trait de caractère qui me fascine (pas forcément dans le bon sens du terme genre “je suis fascinée par Poutine parce qu’il ferait un personnage de roman incroyable”). Et n’oublions la source principale de mon imagination : mes rêves.

un femme dort sur un nuage et rêve

Genre ça se passe à la montagne, “je” suis l’héroïne de l’histoire. C’est confus, c’est la nuit et j’ai fait du ski (passionnant), il y a l’Hiver (allegro non molto) de Vivaldi et deux mecs qui m’ennuient, ça vire à l’agression mais l’Homme arrive. Je sais que je l’ai repoussé tantôt, un quinqua puissant et marié et qui porte un grand manteau mais là, il vient de me sauver alors je cède, reconnaissante et ivre de lui, sur cette même musique de Vivaldi. Le lendemain, j’arrive au boulot, exaltée, je commence à réfléchir à quoi faire de cette histoire. Après avoir imaginé une histoire proche de Black Swan, je suis retournée à ma data chérie et j’ai laissé tomber. Par contre, si j’écris une sitcom (voire une télénovela parce que y a souvent une histoire de meuf jeune, pauvre mais belle et du riche plus âgé qui craque sur elle au delà des barrières sociales), je m’en resservirai.

teresa et mariano, couple phare de la telenovela Teresa

Il y a cette histoire dans un chalet perdu au milieu de nulle part, il y a un scientifique, de jeunes gens dont “moi”, il y a de la neige (je rêve souvent de neige, tiens), des séances d’hypnose et au fur et à mesure de l’histoire, on découvre que le scientifique nous fait régresser par l’hypnose dans nos vies antérieures car nous avions tous été dans ce chalet dans notre ancienne vie et il y a eu un meurtre, le scientifique cherchait donc le pouvoir alors que le passé et le présent se mélangeait pour nos jeunes. A la fin du rêve, je me retrouvais soudain devant la télé et cette histoire était un film que je regardais et, tandis que j’arrangeais un bouquet de fleurs, je me désolais de ne pas avoir eu l’idée de cette histoire en premier. Evidemment, en me réveillant, j’étais exaltée car si, c’était mon idée à moi. Arrivée à la fac, je commençais à vite prendre des notes pour ne pas oublier… Pour finalement me rendre compte que c’était plutôt une idée de merde en fait.

Une femme assise sur un nuage avec une tablette lit

Mais j’aime commencer un nouveau roman. Poser le personnage principal, qu’il s’agisse de Guillaume, Maja,  Daniela, Ezialis, Audrey (3 fois), Allegra, Annabel (oui, j’écris plus facilement à travers une héroïne). Ils vivent à Paris, Rome, Stockholm, New York ou dans un royaume qui n’existe pas en vrai. Ils débutent leur histoire sans savoir ce qui va leur arriver, inconscients qu’ils commencent ici l’aventure de leur vie, heureuse ou malheureuse. Il n’y a que moi qui sais, moi qui tisse leur destin, qui pense à un aléa à ajouter au récit alors que je me douche ou même que je suis aux toilettes. Ecrire à un aspect grisant, on a droit de vie ou de mort sur des personnages, on place sur leur chemin dès micro événements qui feront toutes la différence. On voit naître sur l’écran cette histoire qu’on a en tête, se matérialiser cette histoire qu’on avait envie de raconter depuis des lustres.

une maman lit un livre à sa petite fille avant de dormir

Et puis… À suivre.

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Le Annette Gate

Je ne pouvais passer sous silence le drame qui secoue ce petit univers dont je suis experte : les sitcom AB. Que se passe-t-il encore, allez vous me dire en soufflant par le nez ? Et bien accrochez-vous à vos slips, je vais péter votre adolescence : Annette et Roger couchent ensemble.

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Bon, pour ceux qui n’ont que des souvenirs brumeux de Premiers Baisers (ou qui s’en foutent), je fais un petit rappel du contexte. Au début, Annette est la meilleure amie de Justine, clairement amoureuse de M. Girard, père de la dite Justine, etce durant tous les épisodes, y compris une fois devenue adulte. Sauf que pendant ce temps là, Annette est venue s’installer chez les Girard et est finalement devenue un peu leur Xe fille (vu qu’ils ont aussi recueilli une paire de jumelles hystériques et une cousine niaise). Donc le mec, il a hébergé la demoiselle pendant 5 ans et là… il couche avec. IL COUCHE AVEC ! Malaise.

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La question est « pourquoi en est-on arrivé là ? ». Bon, vu qu’Hélène est censée se marier (oui!), fallait bien sortir Roger, la Marie (mère d’Hélène et Justine) ayant disparu en mer, hop, dégage la MILF. Et comme Azoulay nous sort tous les fantômes du placard (genre Chloé, la 3e soeur disparue des radars pendant 20 ans et qui revient l’air de rien. Par contre, tous les sales gosses que nos joyeux amis ont généré sont tous retournés dedans. Les sitcoms, c’est comme les soap operas, les gosses, ça fait chier), il décide d’en terminer avec la relation la plus incestuo-ambiguë de la télé française. Et voilà Annette et Roger dans le même pieu. Et je vous avoue avec une pointe de honte que voir les deux acteurs s’embrasser, ça m’a foutu un poil mal à l’aise. Et c’était pas lié à la vilaine tapisserie…

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Pourtant,en un sens, c’est logique. Pendant ses jeunes années, Annette s’est souvent posée en compagne asexuée de Roger, bien plus que Marie trop occupée à bosser et à flirter avec son patron, gratifiant son cher époux de baisers mais point de conversations. En fait, Roger et Marie, leur vie, c’est un peu « dès que nos 35 filles quittent la maison, on essaie de s’envoyer en l’air mais y en a toujours une qui revient alors on rigole en secouant la tête ». Alors qu’Annette s’occupait de Roger avec passion et autoritarisme. Même quand elle était en couple, M. Girard restait sa priorité absolue. Jusqu’au couple malsain qu’elle forme avec Paul : vivant toujours chez les Girard (tranquilles), la Annette continue de baver sur Roger tandis que son compagnon Paul n’est pas insensible aux charmes de Mme Girard. Imaginez un peu les partouzes que ça aurait pu donner… Puis Annette trouve un mec au détour d’une partie de poker et quitte Paris pour le suivre à Katmandou, non sans des adieux déchirants à M. Girard.

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Et là, 15 ans plus tard (… je me sens vieille), pof, la voilà qui se réveille dans le même lit qu’un M. Girard nu. Ils ont fait du sexe. ILS ONT FAIT DU SEXE BORDEL !! Mais comment c’est possible. Bon, elle, elle a jamais tout à fait résolu son Oedipe vis à vis de lui, okayyyy mais lui, il l’a élevée pour ainsi dire, il l’a vue tous les matins pendant 10 ans en train de deviser avec sa fille cadette des histoires de Jérôme, de Luc et de Joël…Mais au-delà de ça, je suis ébahie par le buzz que ça génère, tous les journaux peu sérieux font un petit article sur le sujet. Oh merde, quel coup de maître ! J’aurais jamais cru… Non parce que bon, c’est une série qui passe sur TMC et pas Joséphine Ange Gardien suivie par des millions de gens… Mais c’est un peu notre adolescence qui s’effondre. Je veux dire pendant toutes ces années, on nous a vendu un monde un peu niais et parfait où les gens s’aiment et où les méchants ne le sont pas tant que ça. Petit à petit, ce mignon petit monde s’est désagrégé. L’infidélité a toujours eu sa juste place, les coups de putes pardonnés au nom de l’amitié mais les méchants commençaient à être juste méchants tandis que les cuisses s’écartaient de plus en plus vite, les bonnes grosses séances de baises dans tous les sens, jusqu’à ouvrir la porte au saphisme (mais point de couple gay, faut pas déconner). Et là, là, l’innocent M. Girard profane la grotte d’Annette dans une chambre à la tapisserie immonde. Fin totale de l’enfance : même le gentil monsieur qui t’a élevée et écrit des séries niaises t’arrachera un jour ton string avec les dents.

roger_11

Jean-Luc Azoulay, c’est un peu le grand frère méchant qui te balance un jour dans la face que le Père Noël n’existe pas. En attendant, chapeau l’artiste, fallait trouver l’idée pour faire parler de la série (le mariage d’Hélène et la reprise de sa vie sexuelle après 10 ans d’abstinence n’intéressant que peu de monde).

 

PS : La dernière photo a été piquée aux sitcomologues, des gens bien. Même que tiens, si tu veux en savoir plus sur le Annette gate, clique donc !

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Faut-il intellectualiser les merdes télévisuelles ?

J’ai des vices dans la vie et en tête de liste la merdassent télévisuelle. Je me délecte de certaines émissions télé dans un but pervers : mater puis m’en moquer. Soap operas, sitcom, telenovelas et parfois même téléréalité, je touille, j’avale et j’en fais un joli étron que j’expose avec fierté ici. J’ai pas dû bien gérer ma phase anale, moi.

Faut dire que c’est jouissif. L’éternelle lutte des classes telenovelienne saupoudrée de crises d’hystérie proches du delirium tremens, tirages de cheveux des furies manucurées défendant bec et ongles en résine leur couple. Et avouons que y a des latinos, j’en ferais bien mon 4h… Et que dire des luttes dynasto-fratricides, des chassés-croisés amoureux improbables où une jeune trentenaire épouse l’ex mari de sa mère sous l’œil humide de celle-ci avant de se taper l’ex de sa belle-fille ? Faut dire que là-bas, les gosses passent en trois épisodes de 5 à 20 ans, ça brouille un peu les frontières des générations. Et parlons un peu du fétichisme des pieds Azouleen, de son usine à fabriquer du scénario à base de copier/coller… Et pour la téléréalité, régalons nous du machiavélisme de maternelle de candidats idiots persuadés d’être les dignes héritiers du Prince de Machiavel. Mon chéri, il n’y a aucune gloire à être le plus intelligent au milieu des abrutis congénitaux.

Alors oui, je regarde, je rigole et je critique, je caricature, j’admire le travail de montage et le suspense préfabriqué tout en admirant les petites manipulation de la prod. Mais en même temps, est-ce que j’encourage pas un peu l’abêtissement général (et le mien en particulier). Si une émission/série marche, elle sera prolongée et ces émissions coûtent peu cher. Si nous avions un équilibre entre émissions de merde et émissions de qualité, je ne dirais rien mais là, existe-t-il aujourd’hui de bonnes productions télévisuelles françaises (hormis éventuellement les fictions Canal mais vu que je l’ai pas, je peux pas juger) ? La plupart des séries sont mal écrites, mal jouées et mal réalisées, le suspense est parti avec mon amour dans les grottes de Rocamadour. A moins d’être ivre, drogué ou trop fatigué pour réfléchir, rien ne nous surprend.

Boycotter la merde télévisuelle pour améliorer nos programmes télé. Qui suis-je, moi, petite téléspectatrice parmi la masse, même pas comptée parmi le panel d’audience pour penser révolutionner quoi que ce soit ? Que je regarde TF1, Arte ou que je laisse mon poste éteint, rien ne changera, je n’existe techniquement pas pour les chiffres d’audience.

Alors je pourrais continuer à regarder ces merdes télévisuelles en riant grassement et en rédigeant des articles assassins. Oui, j’aime ça, les articles assassins, empreints parfois de mauvaise foi. Seulement, n’est-ce pas encourager la médiocrité ?

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Où le malheur est une donnée relative

Si je devais me définir avec une carte de tarot (pourquoi pas ?), je choisirais la roue de la fortune tant ma vie ressemble à une sitcom avec moult rebondissements. Si je suis souvent victime d’une poisse peu commune, j’ai parfois aussi droit à quelques coups de chance insensés qui contrebalancent. La roue tourne. On débattra un autre jour de l’existence réelle de la chance ou de la malchance, c’est pas le sujet du jour.

En ce moment, je me dirais au centre d’une double rotation : il m’arrive des trucs hyper cool et d’autres franchement pénibles. Le verre est juste à moitié, difficile de démêler le plein du vide. Puis un coup de fil de mes parents « tu sais l’associé de ton père qui a guéri de façon inespérée du cancer l’an dernier ? Il a récidivé. Il lui reste 6 mois. » Voix qui tremble d’un côté, pierre qui tombe dans l’estomac de l’autre. Comment vivre quand tu sais que t’es condamné ? Comment profiter de ses 3 enfants quand on sait qu’on ne les verra plus grandir ? Comment continuer quand tu sais que tu ne souffleras sans doute jamais tes 44 bougies ?


Et toi, t’es là à pleurnicher sur ton petit nombril et là, tu te dis que merde, la vie est bien trop courte pour s’encombrer de détails. J’ai la lose ? Oui et j’aime râler dessus car ça défoule. Mais parallèlement à ça, j’ai la santé. J’ai toujours considéré que tant qu’on a la santé, on peut toujours relever le poing, se battre pour faire tourner la roue dans le bon sens. C’est certes fatigant mais on se reposera quand tout sera réglé.


Est-ce qu’on a même le droit de baisser les bras quand on voit ça ? Tu perds ton taf ? Tu en trouveras un autre. C’est fini avec ta tendre moitié ? Tu finiras par en rencontrer une autre (si). Comme dit l’adage : tant qu’il y a de la vie, y a de l’espoir. Le temps est ton allié, tu sais qu’il guérit de tout, remplace ce que tu as perdu par de nouvelles personnes ou de nouvelles opportunités. La roue tourne, la roue tourne. J’ai la santé, mon entourage aussi, qu’est-ce qui compte vraiment en dehors de ça ?

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2011, quand y en a plus, y en a encore

Ces derniers temps, je l’avoue, je ne suis pas de très bonne humeur. Disons que j’arrive à saturation de 2011, cette année est une calamité, je m’en ramasse plein la gueule pour pas un rond et j’avoue que ma patience a atteint ses limites. Voire les a dépassées.

Dernier épisode en date de cette mauvaise sitcom qu’est ma vie en 2011. Jeudi soir, je pars dans le sud pour voir mon chirurgien qui m’annoncera officiellement que je suis guérie. Ca, c’est une bonne nouvelle. Je rentre chez moi le samedi, je récupère mon courrier, ma vie est toujours aussi passionnante. Dimanche, je décide de le lire et j’ouvre notamment ma fiche de salaire. Et dans la case salaire net, un étrange chiffre : 100 €. Je relis plusieurs fois la fiche de paie, ne comprenant même pas de quoi on me parle puis je sens comme une lourde pierre tomber dans mon ventre. En fait, ma boîte a légèrement omis de me déduire mon congé maladie sur le salaire du mois d’août donc ils m’ont tout sucré en septembre. Or, moi, je pensais que tout était réglé et j’ai fait de lourdes dépenses.

Petit exercice de mathématiques. Une salariée dans sa première année de travail se casse le genou et en prend pour deux mois. Sa boîte couvre le minimum du minimum (salaire de 125 € en juillet et 100 € en septembre, donc), la sécu prend le relai. Sauf que la sécu me rembourse à hauteur de 40 € par jour. Soit en moyenne 5 € de l’heure (le smic est à 7 net). Soit au bout de 2 mois un différentiel de 2000 €, somme que j’ai dû me résigner à emprunter à la banque. Vous allez me dire que, hého, je bossais pas et c’est normal. Faux d’une part, je bossais de chez moi. Ensuite je ressens comme une relative injustice. En 4 ans et demi de vie professionnelle, je n’ai pris que ce congé maladie. Donc pendant 4 ans, j’ai travaillé tous les jours où je n’avais pas posé de congés. Même quand j’étais malade, que je pleurais du nez, que j’étais shootée aux médocs. Oui, deux mois, je me rends bien compte que c’est long mais j’ai quand même fait du mieux que j’ai pu pour filer un coup de main.

En 2011, j’en ai eu pour 9 000 € de dentiste (j’ai dû être remboursée à hauteur de 30%), 650 € d’optique (remboursé à hauteur de 50% au mieux) et voilà que j’ai un trou de trésorerie de 2000 € suite à ma fracture du plateau tibial. Je vous dis pas le fric qu’elle me coûte cette année 2011. Oui bon, ok, pour le dentiste, j’ai bien trop laissé traîner et les yeux, ça fait bien deux ans que j’aurais dû changer de lunettes, c’est vrai. Mais ça me déprime un peu de penser que tout le fric que je gagne (y compris dans des contrats annexes), je m’en sers pour payer tout ça. Ah, il peut revenir Michaël Moore pour m’expliquer qu’en France, la santé, c’est gratuit ? Surtout à Paris où le moindre coucou à un spécialiste pète les score. 70 € l’ORL, 85 € l’ophtalmo, 100 € le soin dentaire (encore que là, justement, y a un vrai soin, pas une consult’ assumée en 10 mn chrono pour me dire que je dois changer de lunettes ou que mon vasalva ne passe pas à gauche). Palam pam pam.

Alors ouiiiiiiii, je sais que c’est pire ailleurs, que je devrais penser à ceux qui ne bossent pas donc qui n’auraient pas pu « s’offrir » (pardon mais à ce prix là, je ne vois pas de verbe plus adapté) tous ces soins, que le mec qui se met un caillou à la place des dents parce qu’il n’a pas les moyens de se payer une nouvelle dent n’est pas un mythe. Ouais, c’est vrai. C’est pas pour autant que j’ai pas envie de râler dessus. Parce que dimanche, je l’avais assez mauvaise, je me suis sentie un peu trahie par ma boîte, le côté « je me suis montrée arrangeante, vous me poignardez dans le dos avec un mois de retard, histoire de bien me surprendre ». Bon, pour les défendre, ce n’est qu’une bête application de règles et le service paie et mon chef ne discutent pas de ce genre de chose. J’ose croire que mon chef partait du principe que je toucherais somme toute la même somme que d’ordinaire donc je ne la joue pas « ah mais bande d’ingrats ! ». Si j’avais pas eu mon freelance, je n’aurais pas pu me payer mes dents. Si ma fracture avait fait 2 cm de plus, j’en prenais pour 6 mois d’arrêt (j’aurais embarqué le péroné et les ligaments). 6 mois de demi-salaire, même en vivant chez mes parents, ils me restent des frais comme, au hasard, mon loyer, mes impôts, mes abonnements divers et variés… Comment font les gens ? Non parce que je veux bien qu’on me dise qu’on peut pas trop faire des congés maladie remboursés à 100% parce que tu comprends ça encourage un peu trop les gens à en prendre, salariés tous des feignasses, blablabla… Mais bordel, une fracture, c’est quand même difficile à simuler par exemple…

Bref, voilà, cet article ne sert pas à grand-chose à part râler, il ne fera pas couler les 2000 € manquants sur mon compte mais ça fait du bien de l’écrire quand même.

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Pourquoi persister ?

Ce week-end, mes pélégrinations virtuelles, télévisuelles et même réelles m’ont mis face à une grande question existentielles. Pourquoi reste-t-on en couple avec quelqu’un avec qui ça ne passe plus ? Mais vraiment plus, hein, je ne parle pas d’une chamaillerie sur la couleur du PQ (rigolez pas, chez ma mère, ça vire à la religion, tu assortis ton PQ à tes
wc) ou de petites crises passagères. Non, je parle d’une telle tempête qu’on se demande un jour si on reverra le soleil.
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Pour tout vous dire, tout a débuté devant Confessions Intimes. Ne me blâmez pas, j’avais du mal à aller me coucher et mine de rien, le combo Confessions intimes + yahoo! jeux, ça fait comme un jacuzzi pour le cerveau. A l’écran, un couple dont j’ai oublié le nom et que nous appellerons pour une facilité de compréhension Ophélie et Nicolas. Ils sont en couple et ils ont un bébé mais voilà, Nicolas a eu une maîtresse. Pas juste une meuf ramassée en boîte et lutinée sur le parking du Macumba, non, non, une vraie et il lui a même parlé de ses problèmes intimes avec Ophélie dite « Captain’ Igloo ». Mais la maîtresse, en pure garce digne des plus grands drames sitcomesques, a eu l’audace d’appeler Ophélie pour lui dire qu’elle couchait avec son mec et que, ahah, la preuve, je te répète tout ce qu’il m’a dit. Oui, je sais, la maîtresse est, dans l’histoire une sale conne. Mais voilà, Ophélie se sent trahie (légitime) et n’arrive pas à pardonner à Nicolas, n’arrêtant pas de sous entendre qu’il va se taper la terre entière et « touche moi pas, j’ai pas envie ». Donc Ophélie et Nicolas sont malheureux, ils ne communiquent plus sans s’engueuler, elle est blessée, il est frustré… Mais bon, une explication avec la psy de l’émission et ils sont à nouveau heureux, youpi (c’est ça ou un relooking car c’est toujours la faute de bobonne « qui se néglige »). Mouais. Donc je regardais ça, le déluge d’agressivité et de noms d’oiseaux que s’adressaient Ophélie et Nicolas et je secouais la tête, atterrée : mais pourquoi ils restent ensemble ? J’exclus de suite l’hypothèse enfant, un gamin ne peut pas être heureux dans un tel contexte.

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L’amour ? Il sent un peu l’aigre ton amour. C’est carrément de la haine là. Alors quoi ? On me chuchote dans l’oreille une peur de la solitude. Oh mon Dieu ! Vous avez jamais entendu parler du vaut mieux être seul que mal accompagné ? Ouais, je sais, c’est facile à dire et si j’étais douée en rupture, ça se saurait.Il est difficile de dire stop, c’est un fait. Sauf qu’à un moment, je ne comprends pas que la peur de la solitude passe au dessus de la torture mentale qu’est la relation qui s’achève dans le sang et les larmes. Il est vrai que j’ai la chance d’être très entourée et de savoir que si un jour, je romps, j’aurai du soutien derrière et de gentilles épaules sur lesquelles pleurer donc ça dédramatise légèrement la situation.


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Est-ce une peur de l’inconnu, une force de l’habitude ? Possible mais là encore, je trouve que ça ne justifie pas de subir et de faire subir tout ça. Evidemment que ça fout grave la trouille de quitter une vie qui était la nôtre depuis une paire d’années mais même moi qui suis TRES mauvaise en orientation (mais des fois, c’est la faute de google map qui me situe n’importe comment) et légèrement têtue, je finis par faire demi tour quand je fais fausse route. Y a la peur de l’échec aussi. Celle-là, je la connais bien. Mais l’échec a un sale goût, c’est peut-être pas la peine de le faire tourner en bouche pendant 2h non plus… Parce que là, ça me fait la sensation de boire la coupe jusqu’à la lie, briser le verre et avaler les tessons. Ca fait mal, quoi. Surtout que comme je l’ai déjà dit y a quelques années, si on considère qu’un couple qui s’éteint est un échec, on va avoir du mal à réussir dans la vie puisque si je comprends bien, un couple réussi, c’est celui qui va jusqu’à la mort. Donc y en a qu’un (sauf amours multiples)… Super gai votre truc.

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Hé oui, pour rompre, il faut du courage et pas qu’un peu, c’est un fait. Même quand on a la certitude que tout est fini, reste encore la mini voix au fond de nous qui nous rappelle les temps heureux, comme cet homme ou cette femme nous a parfaitement correspondu et qu’on pourrait recommencer pareil, retrouver les beaux jours, courir main dans la main dans un pré en été… Cette personne qui a partagé ma vie, je l’ai bien choisi pour une raison, j’ai pas pu me tromper quand même. Le problème, c’est pas le choix du départ, c’est l’évolution que prend la relation. On peut débattre des responsabilités de l’un et de l’autre mais c’est pas tant la question. Rester est souvent une forme de scarification et faire 2 malheureux (voire plus en cas d’enfants impliqués ou relations multiples) et le faire sur du long terme car personne n’ose couper le membre gangréné, ce n’est bon pour personne. Ca pourrit et on finit par détester l’autre, tombant dans le cercle vicieux inverse de celui cité précédemment : c’est un gros con (ou grosse conne), j’ai perdu X années de ma vie, quelle dinde(/crétin) j’ai été, non mais on ne m’y reprendra plus ! Oui, la douleur fait augmenter l’aigreur. Et y en a qui restent, bercés par les « ça ira mieux demain » de leur entourage. Non mais arrêtez ! La fin d’un couple n’est pas un échec, ce n’est pas la fin du monde. Bien sûr que ça fait mal, bien sûr qu’il faudra le temps. Bien sûr qu’à un moment, on se dira qu’on a eu tort, que c’était pas si mal. Puis les matins se suivent et la douleur s’estompe et on se rend compte qu’on a agi pour le mieux. Question de survie.

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Certains me diront optimistes. De par mes expériences passées, je vous le dis : non, je suis réaliste.

 

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Le complexe de la sous-culture

Ceux qui me lisent depuis la naissance de ce blog auront peut-être noté une légère évolution sur un point. Non la disparition de mes récits sexuels, je parle de culture. Voyez pas ? Simple : je suis officiellement décomplexée de la sous-culture. En somme je n’ai aucune honte à dire que j’écoute de la musique hypra formatée, à lire du Guillaume Musso dans la rue, même si je trouve ça très mauvais, et
je suis très fière de voir les vingtenaires cités sur le blog des sitcomologues, je savais que mes nuits blanches devant AB ne seraient pas vaines. Je ne ressens aucune honte, non. Parce que, tout simplement, je n’ai rien à prouver à personne.

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Pendant longtemps, je n’ai mis en avant que ma haute culture, cachant le fait que j’étais une fan absolue de Sunset Beach par exemple. Alors qu’aujourd’hui, je revendique haut et fort le droit de mater des soaps, alors même que je ne peux plus en voir aucun pour cause de vie professionnelle. Même si on peut voir la plupart sur TF1 et France 2 replay. Mais j’ai pas trop le temps et surtout, je ne sais plus bien qui est qui et où on en est. Non c’est vrai quoi, par exemple, dans Amour, gloire et beauté, en ce moment, Taylor, elle est morte ou pas ? Oui, elle passe son temps à mourir pour de faux, c’est épuisant. Mais là n’est pas la question, je m’égare.

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Donc la sous-culture. Les gens qui se sentent toujours obligés de ne s’adonner qu’à la Culture avec un grand C et en parlant avec le nez froncé (alors même qu’ils ne se sentent plus péter, c’est curieux), ça me gonfle. Attention, je ne dis pas qu’on n’a pas le droit de ne pas aimer la sous-culture, je comprends aisément qu’on ne soit pas sensible à la musique d’une Lady Gaga ou d’une Rihanna, qu’on crève d’envie de jeter le bouquin de Musso par la fenêtre du TGV (ça, c’est moi), qu’on refuse l’idée d’aller voir un blockbuster au cinéma. La
question n’est pas là. Ce qui me gonfle, c’est qu’on refuse même de s’y pencher 5 mn. Non mais j’ai lu un Musso pour me faire une idée, merde (tu le sens mon gros traumatisme !). Ce n’est pas de la culture, c’est de la curiosité, c’est sain.

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Au dela de ça, je me demande toujours si cette posture d’hyper culture, en opposition à la sous-culture, n’est pas un réflexe pour cacher un complexe. Voyons un peu ça de près. Pendant longtemps, j’ai eu du mal à dire « je ne sais pas » tant l’idée d’admettre de ne pas tout savoir me mettait mal  à l’aise. Elle ne sait pas, brûlez l’impie ! Aujourd’hui, je le dis sans complexe car je sais que je ne peux pas tout savoir et Dieu merci, je risquerais de me faire un peu chier le demi-siècle de vie qu’il me reste (selon l’espérance de vie moyenne, je
ne connais pas la date de ma mort). Je picore la culture selon mes lubies du moment. Par exemple, cette année, je prends des cours de bio marine au club de plongée, discipline à laquelle je ne connais rien à la base puisque la bio n’a jamais été ma tasse de thé. Mais même dans les disciplines qui me sont plus favorables, je ne peux pas avoir tout vu/tout lu. Et même si je deviens centenaire, ce sera toujours le cas. Ca frustre un peu d’y penser mais quand on envisage les millions et millions de livres écrits, impossible d’un jour tous les lire. C’est comme ça. Même les classiques, d’autant qu’il faudrait s’entendre déjà sur la définition de classique. Alors il est vrai qu’au vu du peu de temps qu’on a à consacrer à la Culture, je devrais un peu avoir honte de le consacrer à des merdes. Sauf que de un, j’aime bien les merdes (surtout si c’est un téléfilm avec un avion qui va pas bien) et de 2, mon cerveau est un muscle et parfois, il aime un peu se
reposer, lui aussi. Et y a des contextes qui se prêtent peu à la Culture comme lire « l’existentialisme est un humanisme » sur la plage, on comprend pas, on n’est pas concentrées. Bon et quand j’ai fait ça, j’avais 17 ans aussi et aucun cours de philo à mon actif. 

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J’arrive à un âge où je me fous un peu de l’image qu’on peut avoir de moi, vu qu’elle fluctue d’une personne à l’autre selon ce que je dis ou fais. On peut me prendre pour la dernière des dindes car je suis hyper calée en sitcoms, je m’en fous. Surtout que sociologiquement parlant, les sitcoms, y a de quoi dire ! Mais peu importe. Ceux qui me connaissent savent que je suis une incurable curieuse qui va lire tout et n’importe quoi pour assouvir précisément cette curiosité, une pique assiette de la connaissance qui peut étudier un sujet
à fond car c’est sa nouvelle lubie et d’autres où elle restera en surface mais ne demandera qu’à en savoir plus si elle croise quelqu’un qui lui expliquera. Je ne truffe pas mes phrases de mots de plus de trois syllabes de façon systématique pour faire ma cultivée car ça alourdit le propos et la forme ne prime pas sur le fond, sauf sur chez les impressionnables. J’ai tendance à croire qu’il est plus simple de communiquer en ne décorant pas ses propos de termes pompeux et superfétatoires (oui mais celui là, je l’aime bien), allons à l’essentiel. J’ai du vocabulaire, merci de vous en préoccuper mais les mots rares et précieux, c’est comme une paire d’escarpin à 600 euros, tu vas pas les mettre tous les jours. Heu… Bon, ok, j’ai foiré ma métaphore. Surtout que ce n’est en rien un signe de grande culture, suffit de faire un tour sur vocsoutenu.net, on chope deux ou trois mots et hop, on passe pour du cultivé. Quand je vous dis que ça ne marche que sur les esprits impressionnables. Un peu comme ceux qui capturent la conversation pour l’amener sur les deux sujets qu’ils maîtrisent, passant pour de grands cultivés alors qu’ils flippent que la conversation glisse sur un terrain plus inconnu. Un peu comme dans cette scène de Friends où Joey, qui a acheté une encyclopédie, veut parler du Vietnam mais ses amis partent sur l’Indochine et il est largué.


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J’ai des références, moi, monsieur.

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Raconte-moi une histoire…

Par Lucas

Il est une famille de français moyens que toute la France connait pour l’avoir croisée au moins une fois depuis l’an 2000 (bientôt dix ans…). Laissez-moi vous présenter les deux principales figures. Et ne me dites pas que vous ne les reconnaissez pas…

 Cette famille,

elle n’a pas fait une émission de télé réalité,

elle n’a rien de spécial
elle n’a pas participé à un jeu à la con,
pas été éventrée par un pater familias pour faire les choux gras de la gutter press.


Elle est comme la mienne,
comme la votre,
comme tous les français
et on suit la vie de cette tribu comme un feuilleton.
En moyenne 170 épisodes par ans.

D’abord il y a les enfants,  Juliette et Thibaud.
Et puis leur grand-mère, qui se fout de la gueule de son gendre en permanence.
Lequel gendre s’appelle Philippe,
marié à Mathilde, une nana qui a un sacré caractère.
Sympa pour Philippe, après une journée de travail avec son collègue, Régis, qui a la voix de Homer Simpson : « j’te dérange paaaaas Philippe ? »

Pour les apatrides qui nous lisent,
pour les ermites et les associaux qui n’écoutent jamais la radio,
je vous parle d’une série de pubs pour les centres Leclerc crée en 2000 par l’agence Lollipop Music.

C’est tout un univers qui a été créé, une sorte de mini feuilleton pour chaque pub.
Un dialogue entre deux protagonistes qui échangent des infos sur un produit Leclerc après une intro funky qui « catche » l’oreille (voix nasillarde, ton surpris, etc).
Ils sont forts chez Leclerc.
Ils ont commencé en France avant tout le monde : ca s’appelle le story telling.

Pas moyen d’y échapper !
Mieux que les Feux de l’Amour !
Tous les pubeux surfent là-dessus en ce moment ! Regardez dans les magazines, on voit partout des images « Isabelle 12 ans, aime boucou ceci »
Entre autres…
Et pour revenir à Leclerc,

On a suivi l’accouchement de Mathilde sur RFM,
on a vu grandir Thibaud sur Nostalgie,
on a entendu Régis emmerder Philippe sur Oui FM (Philippe va-t-il un jour craquer ?),  etc. tout est interchamgeable : ils sont partout, on ne peut pas les louper, et c’est un vrai feuilleton
qui déclenche chez nous une empathie et une sympathie.
Parce qu’on a tous  en  nous quelque chose de Tennessee un peu de Mathilde et Philippe.
Sitcom.
Mine de rien, j’ai beau trouver ca niais, ça fait du bien dans le paysage pubeux d’entendre ces p’tits moments plus ou moins rigolos. Bon, bien sûr, ya toujours le message essentiel, avec les tickets Leclerc, les réductions, tout ça. Et puis la chute finale avec un peu d’humour.
Bingo…

Avec mon snobisme, hérité de mes parents, j’avoue que j’ai été longtemps fermé à ca.
Par exemple, j’ai envie de balancer ma radio par la baie vitrée chaque fois que j’entends l’équivalent de ce story telling chez Super U avec Daniel Prevost et sa voix à claque.
Mais pas avec Mathilde et Philippe.

En fait avec Daniel, j’ai le sentiment aigu que je suis pris pour un con.
Qu’on fait semblant de me raconter une histoire tout en glissant la promo du jour.
Avec Philippe et Mathilde vous allez me dir que c’est pareil mais je le ressens moins.
Je suis moins là à chercher quel produit ils vont défendre. Ya quelques chose en plus sympa, même si ça n’enlève pas mon sentiment de malaise, à chaque fois…
Idem pour les pubs EDF GDF dans les magazines. Avant on avait parfois des personnalités ou des sportifs soutenus par EDF. Là  on nous présente la photo d’une nana. Inconnue. A qui on doit s’attacher car cette personne c’est moi, c’est toi : elle est censée résonner en chacun d’entre nous.

Ca m’agace qu’on utilise de tels ressorts et qu’on me prenne ouvertement pour un abruti… Qu’on me scande à tout va que la Carte Leclerc c’est super. Mais d’un autre coté je me dis que ces pubs doivent resonnner dans plein de foyers. C’est vrai qu’elles sont loin des pubs de mon enfance à la télé où une nana se faisait alapaguer par un vendeur ds un rayon pour tester un produit « ah mais c’est vrai qu’il est bon ». Triple orgasme, double salto arrière.
Connaaaaaaaaasse.

Mais il y a pire…
Au delà du story telling,
je fais un aparté…
Car ça me démange.
Car j’ai envie d’empaler un rédac chef chaque fois que je vois qu’on nous prend pour des cons avec un publi-redac dans les magazines, là où les pubeux nous présentent des produits  sous la forme d’un article. Avec un titre et un agencement comparable à la maquette du journal et la complicité de la revue.
Gniiiiiiiii !!!

Et je suis perplexe.
Est-ce que ça vous donne plus envie de consommer, vous ?
Est-ce que le message passe mieux s’il est moins sur un schéma connu ?
Moi j’avoue que les produits me passent au dessus du nez.
En même temps je ne suis pas allé dans un Leclerc depuis des lustres. Je pense que je serai toujours éberlué devant un linéaire de 3 mètres sur 2 avec 150 références de chips différentes (ici mes potes marketeux ressortent de leur tiroir la poupée vaudou à mon effigie)

Le pire c’est que cette logique prise par les publicitaires s’inscrit dans la nature humaine. On aime bien se faire raconter des histoires, on aime bien être emporté hors de notre monde, quelques minutes. Les spécialistes des campagnes politiques pensent que la raison pour laquelle Kerry n’a pas été élu face à Bush c’est qu’il n’avait pas LA bonne histoire pour rallier à lui tous les zelecteurs… Faire rêver, faire associer. Permettre aux gens en face de se retrouver : dans la pub il s’agit toujours plus ou moins de rassurer. Rappeler vous « Travailler plus pour… gagner plus ». Moi ca m’inquiète un peu ces stratagèmes.
.
Je me dis que si ca se trouve on va arriver à un monde où tout sera story tellin’. Des histoires racontées par des pontifes et en face de ça des opposants pour rappeler la vérité. Relisez La Ferme des animaux et 1984, relisez le Meilleur des Mondes : c’est un peu boucou ça… Tiens une citation de Mister Orwell qui s’applique autant à la politique qu’à la pub,

«Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent.»

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