Et si on faisait des activités à deux ?

J’ai une passion dans la vie : apprendre des trucs. J’ai toujours envie de me lancer dans de nouvelles activités et si je m’écoutais (et que j’avais les moyens parce que ça coûte à un moment), mes soirées ressembleraient un peu à ça : lundi : yoga, mardi : comédie musicale, mercredi : plongée, jeudi : batucada, vendredi : yoga. Et pourquoi pas le week-end faire des ateliers de ci, de ça. Ma soif d’apprendre est inextinguible. Mais le souci dans mon équation, vous l’avez noté, c’est qu’il manque Victor. Alors comment tout concilier ? En trouvant des activités à deux. Et non, cet article ne parlera pas de sexe.

Idée d' activités à deux : le vélo

Sauf que, héhé, ce n’est pas si simple. Pour le coup, le point de départ du couple peut avoir une importance cruciale dans cette affaire. Prenons le cas de Mélanie et Ludovic, sympathique couple qui s’est rencontré au club de [insérez activité extraprofessionnelle de votre choix]. Dans la mesure où ils se sont trouvés dans une activité précise, la question ne se posera pas. Pour tous les autres couples, le problème peut être un peu plus épineux. Pour ma part, ça fait deux ans que je propose une nouvelle activité toutes les semaines à Victor “ça te dirait pas de faire du yoga ? Ca te ferait du bien, tu sais… La plongée, toujours pas ? Tu voulais faire du Taï chi, j’ai trouvé tous ces cours là, on pourrait y aller ensemble (il n’a jamais regardé mes liens)… Oh, tiens, j’ai bien envie de faire ça, l’an prochain, ça te dit pas ?”. Reloue la meuf ? Un peu.

Faire du tai chi en couple

Mais il faut me comprendre. Je sais que l’un des pires ennemis du couple, c’est le manque de moments complices. Si je suis absente deux soirs par semaine (c’est ce qui se dessine de mon côté), pour peu que j’ai un verre ou un pot de départ qui tombe en plus, je le vois quand, mon amoureux ? Donc déjà, y a ce souci là surtout qu’en parallèle, on a décidé d’instaurer le mercredi dodo tôt donc il nous reste les lundis et vendredi pour bien profiter (et les week-ends bien entendu). Et puis partager une activité à deux, c’est un truc en plus, une attache de plus. On se lance déjà dans un groupe politique tous les deux, certes, mais j’aime l’idée qu’on partage des trucs. Alors du coup, on a peut-être une idée, on verra…

couple en auto tamponneuse

Parce que faire une activité à deux, c’est aussi se faire des amis à deux… Les amis, tiens, parlons en la semaine prochaine.

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10 ans

28 mars 2005, je traîne ma petite valise sur le trottoir minuscule d’un quartier résidentiel de Plume-sur-Berges, un McDo à la main, me rendant gaiement dans le super appart vide de ma soeur (elle partageait avec une amie l’étage d’une maison, canon). Le lendemain, j’allais démarrer un stage de journalisme à Paris city. Je ne pensais pas forcément moisir ici… 10 ans plus tard, je vis toujours à Plume sur Berges mais que d’aventures depuis.

10-ans

Photo piquée à Je suis cette fille (http://www.jesuiscettefille.com/)

 

C’est étrange de se dire que je vis depuis 10 ans ici, moi, la Toulousaine (je n’ai vécu “que” 7 ans à Toulouse). J’ai rencontré des tas de gens, connu quelques histoires de coeur, beaucoup d’histoire de cul, ri beaucoup, pleuré parfois, eu envie de distribuer quelques bonnes baffes. Je suis arrivée avec des rêves de journalisme, je suis aujourd’hui consultante marketing genre “head of social strategy” (faut que je l’écrive comme ça sur mon CV tiens). Je pensais enfin pouvoir écrire vu que j’avais fini mes études. J’ai ouvert un blog et pondu plus d’un millier d’articles, anéfé (on approche même des 2500) mais je n’ai plus terminé un seul roman. Je me suis fait des amis grâce à ce blog, pris des claques que je n’aurais jamais pris autrement (le courage de l’anonymat allié à la protection de l’écran), découvert que mon amitié pouvait être utilisée comme marchepied pour certain-e-s parce qu’à un moment, j’avais pleiiiiin de lecteurs. Puis j’ai trouvé du boulot et oublié un peu de travailler sérieusement mon blog et aujourd’hui, j’ai plein de lecteurs en moins mais on s’en fout. J’en parlerai pour les 10 ans du blog, tiens (ben oui, forcément).

10-ans

J’avais peur de vivre à Paris puis j’ai trouvé ça géniaaaaaal. La petite provinciale qui monte à la capitale, quelle success story. Ok, j’ai été au chômage pendant 1 an et demi (avec quelques missions de ci de là) mais j’étais Parisienne, moi, monsieur. Faussement snob, j’allais parfois savourer mon thé ou mon chocolat au Café de Flore ou aux 2 magots en mode Simone de Beauvoir, tu sais. Je me réjouissais des pique-niques sur les bords de Seine, des bars ouverts toute la nuit, de me la jouer Sex and the City en sirotant un petit Cosmopolitan au Qong, le resto designé par Starck, rien que ça. J’ai remué mon cul au Batofar, au Cab ou au Showcase, j’avais des soirées boulot au Carmen Café. Je me suis rendue chez une journaliste que je regardais à la télé plus jeune,  Yves Calvi est venu poser sa pêche dans nos toilettes du boulot, j’allais à la même cantine que Faustine Bollaert (qui était très souriante, autant le dire), j’ai appris à une dame de la télé comment on fait son blog, j’ai assisté à des avant-premières, rencontré Amélie Nothomb (enfin, en dédicace) croisé des “stars”.

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Et puis je me suis mise à en avoir marre de Paris. Marre du monde, de la foule, de devoir se battre pour tout, pour rien, ne plus aller aux expos parce qu’en semaine, je bosse et le week-end, je dors. Tout est cher, tout est surfait. Tu trouves une cantine sympa, ça devient vite moisi, tu n’as que rarement l’effet “bons clients” (mais ok, ça existe encore). Tu cours, tu cours, tu deviens infect et insupportable. Tu cours après le métro parce que tu es à la bourre pour une “régularisation de trafic” qui te laisse poireauter dans un tunnel sombre entre 2 stations. Tu cours et il t’arrive des bricoles, tu te troues la jambe ou tu te casses un bout de pied.

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Depuis que je vis à Paris, il y a plein de choses que je ne fais plus car tout est loin, tout est galère. J’ai renoncé totalement aux loisirs créatifs car le magasin le plus proche de moi est à 30 mn (il vient d’ouvrir), je commande tout car j’ai plus de voiture et c’est vite galère de transporter des éléments un peu lourds dans le métro ou le train, je commande mes fringues parce que faire les courses un samedi à Paris, c’est la mort. Je suis fatiguée de tout payer 3 fois plus cher juste parce que c’est Paris et je trouve merveilleux de payer un cocktail à 7 €. J’en ai marre de la pollution qui pue, de devoir m’entasser au moindre rayon de soleil sur un misérable mètre carré de pelouse avec les groupes avoisinants qui nous imposent leur musique merdique, leur bouffe qui pue et leurs conversations navrantes (et rassurez-vous, ils pensent la même chose de nous. Alors que s’il le faut, dans un autre contexte, on se serait adorés).

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Rentrer alors en province ? Oui j’y pense. Mais pas tout de suite. Parce que j’ai conscience qu’être “head of social strategy” à Toulouse City, c’est pas si simple et que je suis en pleine réflexion pour trouver ma prochaine carrière (sachant que là, j’hésite entre instit, masseuse shiatsu et infographiste… On est clairement dans le grand n’importe quoi). Et puis à Paris, y a quand même mes amis, mon amoureux, ma soeur (mais elle va rentrer dans 2 ou 3 ans normalement… Oui, le même délai que moi. Coïncidence ? Je ne crois pas !) et des aéroports qui me permettent d’aller où je veux.

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Il y a 10 ans, je disais “la ligne TGV Toulouse-Paris en 2016 ? Ahah, je m’en fous, j’y serai plus, à Paris !”. Et bien, en 2016, je serai encore certainement à Paris mais on n’aura toujours pas le TGV.

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Attend-on trop de l’associatif ?

Comment rencontrer des gens quand on débarque en ville sans amis ? Ben tiens, allons nous inscrire dans une association pour échanger avec des gens et faire des connaissances ! Oui mais voilà, des fois, l’associatif, ça marche pas.

associatif

Vendredi, je me me lève avec une étrange sensation, une sorte de tristesse. La veille, j’étais à la soirée de fin d’année de mon désormais ex club de plongée. Sans que je comprenne pourquoi, la mayonnaise n’a pas pris. J’ai beau être partie deux fois en week-end avec eux (à Némo et le week-end dernier à Marseille) et une semaine en Egypte, chaque relation cordiale créée se casse quasi instantanément. Jeudi soir, des tas de gens qui étaient avec moi en Egypte ou à Marseille ne m’ont juste pas captée. Idem pour Anaïs. On ne comprend pas. Pourtant, il y a des gens vraiment gentils dans ce club et certains y sont très impliqués mais ça fonctionne beaucoup en toutes petites cellules de 5, 6 individus.

marseille

De la même façon, fin mars, j’ai claqué la porte de ma chorale, excédée par l’ambiance épouvantable des cours. Pour vous situer le contexte : l’an dernier, nous avons eu une super chef de choeur qui a dû arrêter suite à un problème physique. Depuis, on a eu pas loin d’une demi douzaine de remplaçantes et ça n’allait jamais pour la présidente de l’association (perso, y en a qu’une que j’ai trouvé vraiment pas bien). En décembre ou janvier, elle me prend à part avant un cours pour me dire “Hiii, Marine revient la semaine prochaine, faut juste que je vire l’actuelle chef de choeur à la fin du cours mais chut, hein…” Sauf qu’on a été une bonne vingtaine à avoir été mis au courant avant le cours donc je vous dis pas la joie et la bonne humeur durant les 2h suivantes… Et tout ça pour rien vu qu’elle l’a finalement gardée. Sans être satisfaite de son travail, tout était tout le temps critiqué et les cours se déroulaient dans une tension palpable. Ces derniers temps, je fais des journées de tarée (j’ai réussi l’exploit de bosser 43h une semaine… de 4 jours en mai!), je refuse de subir ça dans mes loisirs. Je veux chanter pour me détendre, pas pour me reprendre une louchette de stress et d’agressivité à peine contenue. Je suis donc partie et je sais que je ne reverrai personne. Un peu de ma faute, je n’ai pas tout à fait fait l’effort d’aller vers les autres, je l’avoue. Mais jamais un pot n’a été organisé après les cours, tout le monde partait dans son coin. Peut-être ai-je été mal habituée par mon premier club de plongée où on allait tous boire un verre après l’entraînement, pas juste entre quelques uns en loucedé comme le club que je viens de quitter. Et un mec m’a raconté que si tu cherches à t’incruster, on te fait bien sentir que t’es pas trop le bienvenu…

sans-amis

Bref, au delà de ces anecdotes, on se questionnait sur l’associatif avec Anaïs. Elle a gardé de très bonnes relations avec ses anciens camarades de théâtre mais le théâtre est peut-être plus impliquant. Je comprends, chacun sa vie, je ne le nie pas. Je comprends que certains courent rentrer chez eux retrouver leur famille, leur partenaire, leur chat, un lit douillet… Mais alors comment se faire des amis ? Hors du boulot, j’entends. Car l’amitié au boulot est toujours potentiellement compliquée, d’autres paramètres entrent en ligne de compte. Peut-être est-ce juste une question de chance ? J’ai gardé des amies et de bonnes relations dans mon premier club de plongée mais je ne sais pas ce qu’il se serait passé si j’étais arrivée là-bas à la rentrée 2013 vu que mes copines n’y seront plus pour la plupart.

sansamis

Je me lance dans de nouvelles activités l’an prochain. Si je pense ne pas me faire de copines au cours d’aquagym à la piscine d’une ville bourgeoise, peut-être que dans d’autres activités…
A suivre. Peut-être devrai-je aller plus vers les autres. Ou ne plus rien en attendre pour ne pas être déçue…

aquagym

PS : A propos d’activités, un gars m’a conseillé de faire de la batterie plutôt que des percussions car en terme de sonorités, c’est plus riche. Quelqu’un a un avis là dessus ?

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La lose, une fois que tu l’as, elle te lâche plus

De façon générale, je me vois comme quelqu’un de plutôt chanceux, malgré quelques périodes noires. Mais j’ai quand même une solide poisse et ça continue encore et toujours et non, ce n’est pas une vue de l’esprit, c’est un fait ! Non mais vous en connaissez beaucoup de personnes qui partent en Martinique et se prennent le déluge du siècle ? Ou qui se retrouve avec une fuite d’eau massive alors que sa chaudière ne marche plus et qu’on est bien sûr au coeur de l’hiver ? Mais là où j’accumule, c’est dans ma relation avec la SNCF.

sncf

Jeudi, neige donc. Malgré ma joie enfantine, je pressens le drame : je dois rentrer samedi dans mon pays en train et forcément, je sens que ça va être drôle. Déjà, le vendredi soir, alors que je quittais le boulot bien tard suite au rush d’avant vacances, je me pointe à la gare pour rentrer chez moi. Prochain train à « retardé ». Ce qui en général, en langage transilien veut dire : « en fait ton train est annulé, attends le suivant mais on n’ose pas le dire ». Sauf qu’au bout de 10 mn, j’ai froid jusqu’au tréfond donc je pars prendre le métro. Du coup, une fois chez moi, j’appelle un taxi pour le lendemain matin, sentant que me rendre à Austerlitz s’annonçait périlleux.

La-gare-d-Austerlitz

Arrivée à Austerliz : 7h10, Kenya a encore fait caca dans sa panière donc après avoir récupéré mon billet, je fonce aux toilettes pour nettoyer tout ça. Oh ben y a du monde ! C’est le froid qui rend les vessies sensibles ? Bref, je fais mes affaires (je crois que j’ai au passage bouché les toilettes), je vais faire mes emplettes au relais H (les magazines féminins ont toujours un goût de vacances), un petit passage à la brioche dorée pour un petit déjeuner et voilà. Je zieute le panneau d’affichage : train à 7h40. Ouf, j’ai eu chaud, j’avais oublié qu’il ne part pas à 54 comme d’hab mais là, j’ai encore 15 mn de marge… Mais tiens, pourquoi le train n’est pas affiché… et que celui de 6h58 n’est pas encore parti ? Pas de panique, je savais bien qu’il y aurait du retard.


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Sauf qu’Austerlitz est une gare ouverte, il n’y a pas vraiment d’endroit pour attendre au chaud, sauf le café qui est bondé. 8h15, je finis par me déplacer en espérant trouver un coin plus chaud. 8h35, quasi une heure après le départ prévu, on a enfin une voie annoncée. Ouais, je vais enfin pouvoir me mettre au chaud, j’ai mal aux pieds. Je marche vite jusqu’à mon wagon, je grimpe dedans et avance, un peu étonnée : ils nous donnent des couvertures maintenant ? J’avise ma place, à côté d’une jeune fille à l’accent bien de chez moi. Je lui demande pourquoi on a des couvertures. « Parce que le chauffage est en panne dans ce wagon! ». Non… non ! Je vais pas passer les 6 prochaines heures (et même 7 en fait, entre le départ qui n’a pas eu lieu de suite et les trois arrêts supplémentaires que nous avons fait pour remplacer des TER annulés). Et bien si. Je m’enroule comme je peux dans la couverture. IL y a une ambiance un peu étrange, on se croirait dans un film catastrophe où l’on serait des sinistrés sous couverture de survie. Sauf qu’on n’a pas de couverture de survie et ça pèle.

couverture-metallisee-survie.jpg

Me voici donc partie pour 7h de froid intense, impossible de dormir tellement j’ai froid, je me demande si je ne vais pas perdre un orteil dans l’opération. Je vérifie épisodiquement que Kenya qui ne moufte pas est toujours en vie. J’ai froid que j’en ai mal, j’ai même une cicatrice au niveau des chevilles, là où ma chaussure s’arrêtait, tellement ma peau était sensible. Pourtant, les gens ne s’indignent pas. On fait contre mauvaise fortune bon coeur même si ça m’agace de constater que la SNCF nous parque dans ce wagon sans chauffage (avec la mention passage interdit sur les portes des wagons qui communiquent avec nous, histoire qu’on se sente encore plus pestiférés) sans rien faire de plus. Moi, je dis pas, mais il y avait quelques enfants dans le wagon, ça aurait été bien d’essayer de les replacer ailleurs, quand même. Heureusement, vers 14h, la vente ambulante arrive et nous offre gracieusement un café. Du coup, on commence à papoter avec ma voisine. C’est le seul truc que j’aime bien dans ce genre de galère, je me fais toujours une pote dans l’affaire. A la fin, on comptait limite les minutes qui nous séparaient de la gare d’arrivée en se désolant de ne plus voir de neige. On en a eu tout le trajet, jusqu’à 10 mn de l’arrivée, pfff.


fenetre-givre.jpg


Sortie du train, Kenya se remanifeste et vomit (je crois qu’elle essaie de me faire comprendre que les voyages ne lui plaisent pas), mes parents me récupèrent et me ramènent à la maison où la cheminée est en route. Un bon repas, une décoration de sapin et une lecture de magazine interrompue par une sieste plus tard, mes 10 orteils sont toujours là. 24h plus tard, mon nez reste sec et ma température normale. J’ai passé 8h dans le froid, sans bouger et même pas j’ai la crève ? Si je chope rien les prochains jours, je me ferai surnommer wonder woman, je vous préviens !
wonder-woman.jpg


En tout cas, après avoir testé le train sans clim en été (et même deux fois), j’ai fait le train sans chauffage en hiver. Je vais bientôt pouvoir écrire un livre sur les loses de voyage.

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Non je ne changerai jamais…

Par Gauthier
 
Bon il se fait un moment que je n’ai pas raconté n’importe quoi dans ce blog, pourquoi ? Ben parce que ma vie est triste sans aucun intérêt. Si si si si si si, c’est vrai, je m’ennuie. Je vais pas faire un article là-dessus, parce que d’abord j’arrête pas de vous en parler, et en plus ça m’ennuie de dire que je m’ennuie. Alors je vais plutôt vous parler de ma vie rêvée, celle que j’imagine le soir pour m’endormir paisiblement, celle qui m’est interdite ? Non pas totalement, explications…
 
Voyez aujourd’hui par exemple, ma journée type : je me réveille en retard parce que j’ai joué aux Sims toute la nuit, Océane n’a pas réussi à me réveiller (c’est merveilleux je l’utilise comme réveil, vu que son fils la sort du lit tous les matins pile poil à l’heure idéale, je t’aime Océane). Donc j’arrive en retard en cours sans petit déjeuner, là je m’endors devant un prof qui se masturbe l’esprit sur des considérations géopolitiques, macro-économiques, sociales et humaines qui me dépassent avant 16h du matin. Mon cours de l’après-m’ est annulé parce que le prof à mieux à faire que de venir nous voir, je rentre chez moi, je mange du coca (ben quoi, le coca c’est un aliment pffff), je commente le blog, je réponds à mes mails (uniquement des pubs et des trucs administratifs, mes amis ont pas le temps de m’écrire de beaux mails grrr). Et mes voisins du dessus me poussent à mettre le Best Of de Destiny’s Child que je me suis fait livrer la veille pour couvrir le bruit de leur perceuse. À ce propos je me demande ce qu’ils font avec une perceuse toute la journée depuis une semaine, c’est à se demander s’il n’ont pas une vie sexuelle avec… Bref, on s’en fout…
 
Donc j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps pour penser… Mais penser à quoi ? Ben que je suis le prochain gagnant de la super cagnotte d’euro million à 2500 millions d’euros voyons ! Non j’exagère, 1000 millions me suffisent (quoi que je vais devoir me restreindre mais bon il faut savoir être raisonnable). Pour revenir à des choses plus rationnelles, j’ai fait toutes mes études sur Toulouse, j’y vis depuis la petite enfance, je n’ai donc jamais eu de rupture brutale dans mon environnement, je suis passé des amitiés de lycée à celle de fac, puis en même temps je me suis bâtit un réseau chez les pd, puis j’ai mélangé tout ça, et je me retrouve à la tête d’un groupe d’amis éclectique mais suffisamment bien construit pour nous permettre de passer des moments de bonheurs intenses. Et j’avais très envie de faire autre chose cette année, j’ai décidé en juin de candidater sur la capitale pour « voir du pays » et me forcer un peu à bouger, et puis dans mon domaine il y a pas beaucoup d’opportunité en province aussi, déjà que même pour finir en France ça va être compliqué, bref… Fallait que je bouge. Et ça me faisait plaisir en plus ! Bon le souci c’est que j’ai eu la décision de la commission le jeudi et que la rentrée était le mardi d’après !!! Là donc tu as 4 jours pour déménager, trouver un appart, et changer de vie, même pas le temps de te faire à l’idée.
 
Donc l’urgence à résider à organiser une fête de départ (alcool + amis + voiture explosée = bonne soirée mémorable), ensuite de me faire loger le temps de chercher un appart (hop on appelle mamie, elle connaît tout le monde), et trouver un appart (on drague des agents immobilier pour passer plus vite, visiter en avant première et on met en avant que nos parents sont rentiers, hop ça passe tout seul !). Oui bon ok mes parents sont loin d’être rentiers mais j’ai juste menti par omission lol
 
Et puis je me suis dit que j’aurai tout le temps de m’habituer à Paris « après ». Problème je m’habitue pas. Alors je me suis dit il y 15 jours à peu près « bon mon coco c’est le moment ou jamais de changer de vie, de te calmer, de mettre de l’ordre et de sortir un peu de tout ce carcan qui t’oppresse ». Résultats de courses : j’adore les carcans oppressants !!!! Et qu’est ce qui me manque en fait ? Sortir, boire, raconter des saloperies, aller dans des endroits connus, voir des gens connus, et surtout c’est vachement crevant de se faire des amis, dans le sens où combien de gens je vais devoir sonder et côtoyer avant de trouver les deux trois personnes intéressantes qui me correspondent ? Et surtout ne vais je pas changer en essayer de m’acclimater à cette capitale démesurée ?
 
Non je ne change pas, je suis un peu comme les royalistes pendant la république « je suis plus royaliste que le roi », entendez que je suis encore plus moi qui si j’étais moi à Toulouse. Je n’ai jamais autant parlé avec un fort accent toulousain (accent que je prends quand je veux, je maîtrise très bien ce genre de chose, faut dire aussi que je parle très bien et toc), je suis salace au possible en public. Un ami de passage qui ne m’a pas vu depuis 2 mois m’a fait remarquer Lundi « et ben t’es en forme ce soir », et Nina et moi on se regarde et on fait « ben non depuis qu’on va dans des bars à paris on fait toujours ça » (à savoir un hurle des mots tel « anulingus », « sodomie », « salope », etc… On drague ouvertement le personnel, bref on est sales). Et surtout je regarde avec envie tout contenant vodkaïque que je peux croiser avec cet œil de chien battu « mais, pourquoi je n’arrive plus à me rappeler quand était ma dernière cuite ? ».
 
Donc le Gauthier parisien ça ressemble à quoi ? Le même qu’avant mais en pire. Et je peux vous assurer que quand il y a soirée ici, il faut que ça dégoise grave, sinon je me jette du 20e étage, le souci c’est que je n’ai pas ce qu’il faut pour dégoiser, donc je fais dans le local (petit verre dans des bars avec Nina n’ co, et il faut impérativement qu’on aille en boite). Je ne pensais pas que ça me manquerait autant.
 
Un truc de plus, vous croyez peut-être que les autres de Toulouse me pleurent ? Mais pas du tout, enfin ils me disent bien que je leur manque, mais eux ils continuent à vivre, ils ne sont pas rentrés en monastère comme moi. Ils se font des soirées, Océane m’appellent quand elle est saoule, elle me réveille parce que moi suis au lit, Lucie pas mieux, Mister Big c’est pire (lui en plus il a une vie sexuelle avec des arrières boutiques et c’est moi qu’il appelle en premier bien sûr, alors que l’autre n’a pas fini d’enlever le sperme de sa bouche). Bref je pourrai m’épanouir sentimentalement. Je suis dans une ville de 11 millions d’âmes, avec 4 millions de célibataires. Là dessus on fait l’abattement des 10%, ça me laisse donc potentiellement 400 000 homos (filles et mecs), donc 250 000 pd, donc 100 000 jeunes pd !!!! Oui ça mérite une petite explication, je me base sur des enquêtes très précises, 6 % de la population mondiale est homo, mais ça passe à 10 % dans des sociétés développées et permissives voire légalistes, il y a plus d’hommes que de femmes, et plus de jeunes que de vieux. Mes chiffres sont super approximatifs, mais vous m’en voudrait pas, ce n’est pas un mémoire de socio 😉
 
Donc 100 000 plans cul potentiels, si c’est pas du rêve ça quand même, je me sens presque minable de n’avoir couché qu’avec (environ) 300 mecs. Là, l’approximation tient plus de mon alcoolisme, de ma fainéantise, et de tout un tas de paramètres qui m’empêchent de savoir avec exactitude combien de mecs j’ai tripoté avec mon zizi… Mais je ne suis pas un top model, en province c’est plus simple, on trouve un mec en boite, il est bof moyen, mais baisable, donc on rentre avec, ici ya tellement de choix, qu’on attend toujours que le groupe de connasses bodybuildées qui dansent torse poil et string apparent s’intéressent à vous ! et forcement comme c’est pas du tout le cas, vous rentrez bredouille. Là je vais sûrement rappeler de bons souvenir à quelques un d’entre vous (n’est ce pas Boulou), mais pour se donner du courage, je bois, un peu, beaucoup, et moralité à la fin suis tellement torché que je suis incapable d’aller voir un mec, et surtout de le ramener. Un soir à Toulouse j’arrive en boite avec un mec qui me plait, je dragouille, je bois, il m’offre à boire, je retrouve le mec que je me suis taper dans les chiottes la semaine précédente, il m’informe qu’il aimerait bien remettre ça, il m’offre à boire, je bois, je vais sur un podium, un mec monte avec moi, il est beau, il est torse nu, il sent bon le cul (poésie quand tu nous tiens), je le galoche (ni une ni deux, je m’approche je le colle et je lui fou ma langue dans son orifice buccal), là le mec que je draguais demande à mes amis de m’informer « une fois qu’il sera moins occupé » qu’il rentre dormir, et mon plan de la semaine précédente me dit qu’il préfère rentré parce qu’il a trop bu (il a essayer de me suivre), le temps que je me rende compte de tout ça le beau mec du podium était en train de s’enfiler un autre couillon. Résultat des courses ? J’étais bien saoul, mais je suis rentré seul… Bon vu mon niveau d’alcool le manque de sexe ne s’est pas fait ressentir de suite, mais bon ça fait chier quand même. Ben ici c’est un peu pareil, sauf que je n’ai pas d’ex plans, et que je n’ai toujours pas réussi à draguer qui que ce soit… Mais bon c’est pareil 😉
 
Bon je voulais en venir où moi dans tout ça ? Ben oui, je me souviens, je suis une ex-pute en repentance, mais je suis toujours une pute du dedans, et je m’assume pas : je suis devenu sage, c’est la lose. Donc si vous avez besoin je me loue pour des soirées, prévoyez juste la dose de vodka, plus il y en a plus je mets l’ambiance. Nina peut m’accompagner suivant vos thèmes de soirée. ET NON BANDE DE COCHON JE NE PARLE PAS DE SEXE JUSTE DE METTRE L’AMBIANCE !!!! Quoi qu’une petite pipe, ça fait jamais de mal 😉
 
À bon entendeur…
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6 mois !

Le 28 mars 2005, je pose mes fesses dans le train corail qui relie Toulouse à Paris. Grâce aux merveilles de la carte 12-25, j’ai pris des places en première, ça me coûtait moins cher que de voyager en seconde. Je fais coucou à ma maman qui est au bord des larmes. « Tu vois, il y a 25 ans, tu naissais un week-end de Pâques où il y avait un changement d’heure. Ça faisait 25 ans que le changement d’heure n’avait pas eu lieu le week-end de Pâques et ça se produit l’année où tu pars. » On aime bien les théories tordues dans la famille.
Paris, c'est une blonde, Paris, reine du monde!!
 
Me voilà partie, le cœur lourd. Le samedi précédent, Gauthier a failli me faire pleurer en me faisant une magnifique déclaration d’amitié. La seule chose qui me motivait, c’est que j’allais vivre à quelques mètres de Julien, le directeur de publication du webzine qui me fait trop craquer. J’étais percluse de certitudes sur ma vie parisienne. 6 mois après, il est temps de faire un bilan.
 
Avant : Je pensais que Julien allait plaquer sa greluche qui vit loin de chez lui pour moi, que nous allions vivre ensemble et faire des bébés, à la longue.
Aujourd’hui : Julien qui ? Non seulement il n’a jamais plaqué sa greluche mais depuis que je vis sur Paris, nous nous sommes vus une fois… cinq minutes dans la rue. Je ne lui ai même pas payé le resto que je lui avais promis car il m’avait permis de décrocher mon premier stage. Du coup, en attendant qu’il plaque sa greluche, j’ai multiplié les aventures. Jusqu’à ce que je n’attende plus rien du tout.
 
Avant : Je craignais de perdre mes amis Toulousains.
Aujourd’hui : ils sont toujours là. Vive MSN, le téléphone, mes retours réguliers dans ma région et leurs voyages à Paris.
 
Avant : Je croyais que je ne me ferai pas d’amis, vu que je ne venais pas dans un cadre universitaire.
Aujourd’hui : Outre Victoire, Athéna et Linga, je me suis fait pas mal d’amis, surtout grâce à Internet mais aussi grâce au boulot. Lors de mon premier stage, j’ai sympathisé avec Zoé qui est devenue aujourd’hui une amie proche à qui je raconte tout (et elle en fait autant !).
 
Avant : je croyais que je me ferai agresser dans la rue ou dans le métro.
Aujourd’hui : Ben non. D’abord, les Parisiens ne sont pas tous de vilains voyous. Ensuite, dès ma première semaine, un événement m’a permis de relativiser l’insécurité nocturne parisienne. Mon premier vendredi en tant que parisienne, je pars avec Clara, son cousin, sa femme et le frère de celle-ci à la Foire du Trône, on s’amuse. Minuit, on part, contraints et forcés, on essaie tant bien que mal de retourner en ville. En effet, Clara et moi voulions aller à une soirée organisée par son ex boulevard Montmartre. On tourne, on vire, on se perd. A un moment, Clara dit à son cousin : « laisse-nous là, on va finir à pieds ! » En effet, nous étions persuadés que nous étions arrivées à bon port. On commence à marcher quand je vois une bouche de métro assez rétro qu’il me semble reconnaître. Puis j’aperçois un immeuble cerclé de néon rouge sur lequel est inscrit en énorme : « SEXODROME ». Oui, voilà, nous sommes bien à Pigalle, pas du tout où il faut, donc. Or, en province, Pigalle la nuit n’est pas synonyme d’havre de paix. Pas de panique, bras dessus, bras dessous, on redescend tranquillement mais sûrement vers le bar où nous sommes attendues. J’ai une théorie qui dit que quand on a peur de quelque chose, ça arrive forcément, surtout une agression dans la rue. En effet, une fois, à Toulouse, je rentrais tranquillement chez moi vers 23h30 en hiver, je prends une petite rue. Devant moi, un bonne femme qui, quand elle m’entend, commence à accélérer le pas. Connement, j’ai accéléré aussi. A la fin, la femme courait presque ! Elle n’aurait jeté ne serait-ce qu’un coup d’œil par dessus son épaule, elle m’aurait vue et n’aurait pas flippé. Je sais, c’était con mais imaginez si j’avais été trèèèès conne (et aussi plus grande et plus forte), j’aurais pu aller l’emmerder. Un agresseur, à mon avis, il choisit la personne qui a le plus la trouille. Non seulement personne ne nous a égorgées, volées, violées, agressées, tabassées, mais même, personne n’est venu nous adresser la parole. Ça a bien dédramatisé le côté glauque du « Paris by night ». Maintenant, je prends souvent le dernier métro (seule) pour rentrer chez moi.
 
Avant : je pensais que je ne m’inscrirais jamais sur meetic.
Aujourd’hui : seuls les abrutis ne changent pas d’avis…
 
Avant : je croyais adorer prendre les tapis roulants car ça donne l’impression de voler
Aujourd’hui : Après avoir pris les 2 tapis roulants de Châtelet deux fois par jour pendant un mois, j’aime beaucoup moins…
 
Avant : je croyais ne pas aimer le métro parisien trop bruyant et odorant à mon goût.
Aujourd’hui : j’avais raison.
 
Avant : je croyais que la vie était plus chère à Paris
Aujourd’hui : j’étais loin de m’imaginer à quel point.
 
Avant : je comptais arrêter de fumer en arrivant sur Paris
Aujourd’hui : Ahahahahah ! Quelle hypocrite.
 
Avant : je croyais que mon changement de vie allait me faire grossir
Aujourd’hui : j’ai maigri.
 
Avant : je croyais avoir envie de relations sentimentales durant plus d’une nuit
Aujourd’hui : la brouette, c’est bien aussi !
 
Avant : je croyais que j’allais passer mon temps à me perdre
Aujourd’hui : Et bien non ! La pollution n’a pas activé mon sens de l’orientation mais comme je ne connais rien, je suis particulièrement attentive et, donc, je ne me perds pas. En fait, ce n’est pas tant que je n’ai pas le sens de l’orientation mais surtout, je suis très distraite quand je chemine, perdue dans mes pensées…et je me retrouve perdue tout court.
 
Avant : je pensais que l’adaptation à la vie parisienne serait difficile
Aujourd’hui : Et bien pas du tout ! Paris, c’est comme Toulouse, ça marche tout pareil !
 
Avant : je pensais perdre mon accent
Aujourd’hui : Et bien je l’ai toujours mon accent toulousaing ! Et je crois même que je l’ai plus aujourd’hui que lors de mon départ comme si, inconsciemment, je l’accentuais pour marquer ma différence. Je revendique : j’ai le droit de prononcer le S final de moins, non mais !
 
Avant : je pensais croiser des gens connus dans la rue
Aujourd’hui : Je ne suis pas très attentive dans la rue mais j’ai croisé Jean-Pierre Darroussin, une fois… oui, d’accord, je l’ai reconnu parce qu’il parlait avec une preneuse de son équipée d’un micro énorme… Sinon, j’ai croisé des stars : Sébastien de la Star Ac (saison 4, je crois, a été éjecté dès le début), identifié grâce à ma sœur et Armande Altaï, identifiée par Anne (comme d’hab, moi, je regardais les vitrines, pas les gens). Clara a vu Nicolas d’Hélène et les garçons… Par contre, j’ai pas encore vu Brad Pitt. Ni brouetté avec…
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