My english is bad… I guess

Parler anglais, ah,la traditionnelle angoisse ! Quand j’étais une jeune lycéenne bien glandeuse, c’était pas ma matière préférée, loin de là. J’ai toujours considéré que j’étais nulle en langue… Essentiellement parce que ce sont des matières qui ne s’improvisent pas et que si t’as pas étudié ta leçon, les échappatoires sont maigres. Je capitalisais certes sur ma mémoire d’éléphant et apprenais toujours 2 ou 3 phrases avant le cours histoire de faire illusion mais je me cassais toujours la gueule en devoir surveillé, navigant tranquillement entre 9 et 11. Et encore, je ne vous parle pas de l’allemand, cette langue que je n’ai jamais piné en 7 ans (mais j’arrivais à arracher un 10-12 Dieu seul sait comment).

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Obtenant un inespéré 13 dans cette matière lors du bac alors que je n’étais même pas sûre d’avoir compris le texte, je décide de choisir cette langue à la fac, vexée par mon petit 11 en allemand (mais je crois que j’avais pas tout compris au texte non plus). Bon alors “anglais à la fac”, c’était un QCM en 1ère année (petit 15 de moyenne, easy) et quelques questions avec une traduction en deuxième année… dico autorisé, bien sûr. Suite à ça, j’ai pas vraiment cherché à entretenir mon anglais : beaucoup de surf sur Internet, quelques livres en anglais pour mes mémoires sur le Canada et l’Irlande, quelques films et séries en VO mais voilà. Puis en 2004, je passe le TOEFL ou TOEIC (je sais jamais lequel) à l’arrache pour attester que je parle anglais, je chope un 13/20 je ne sais trop comment vu que je devais répondre à des questions sur le venin de serpent et la sismologie… Déjà qu’en français, je suis pas sûre que j’aurais tout bien saisi alors en anglais.

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On va la faire courte : l’anglais et moi, nous avons des relations que je qualifierais de “convivale”. Je comprends quand on me parle, je peux même répondre mais j’ai quand même le stress quand on me dit que je vais devoir faire une pres à l’anglais. L’écrit, ça va, quasi finger in the nose mais c’est l’oral qui me stresse. Parce que je fais parfois une sorte de blocage et soudain, je ne comprends plus que des “bloublablou” et je hoche la tête, légèrement terrorisée. Bon, je fais ça aussi quand on me parle en français des fois parce que j’ai une audition merdique et que je n’ose pas faire répéter 10 fois (j’ai des vrais problèmes). Mais je sais pas, des fois, en anglais, si c’est une conversation à enjeu, je bloque sur un mot et c’est fini, je comprends plus ce qu’on me raconte.

Blablablou

Blablablou

Pourtant, je sais faire. J’ai eu pendant peu de temps un amant exclusivement anglophone et nous avions de grandes conversations philosophiques que je tenais sans le moindre souci. Je lis des romans en anglais sans trop froncer les sourcils (sauf Game of Thrones sur le nom de certains personnages quand tu passes du français à l’anglais mais en fait, même de français à français, y a des persos, je sais jamais qui c’est), je peux regarder un film sans sous-titres et ne pas me sentir perdue. So what ?

Parler anglais

En fait, le souci majeur, c’est pas mon niveau d’anglais, c’est la confiance en moi. Vous vous souvenez du syndrome de l’imposteur ? Je l’ai complètement en anglais car : j’ai glandé à mort au lycée, j’en ai quasi pas fait à la fac et je n’ai eu que peu d’occasions de l’utiliser par la suite (en voyage, ça compte pas, je sors 3 phrases en passant pour commander à manger ou demander ma route, ce ne sont pas des conversations). Pourtant, l’histoire m’a prouvé que je pouvais tout à fait m’en sortir, j’ai écrit je ne sais combien de reco en anglais, j’ai fait des conf calls, des rendez-vous clients. Mais quand je cherchais à changer de taf l’an dernier, dès que je voyais “bilingue anglais” ou “anglais courant”, j’hésitais à postuler parce que j’avais peur que ça se voit. Alors qu’in fine, je me rends compte que mes collègues ont le même french accent que moi et j’ai déjà vu ma chef faire un tour sur Google translate (moi aussi, hein). Je ne suis pas parfaitement bilingue et j’ai un accent… mais les autres aussi. Du coup, ben… ça passe. Quant aux personnes en face, ils ne semblent pas gêner par mon anglais et trouvent mon accent charmant… Même si une cliente allemande m’a dit que j’avais un accent british. Damned !

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Mais je reste complexée. Il faut que je bosse ça… Mon anglais certes, pour être rassurée mais surtout arrêter de complexer alors que je suis pas plus mauvaise qu’une autre, in fine. Mais ce complexe me paraît assez français : si je parle pas correctement, je préfère m’abstenir. Par peur des moqueries ? De passer pour un-e incompétent-e ? Dans un pays où on a du mal à apprendre correctement les langues, c’est paradoxal, non ?

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Le pouvoir de la carotte

Cet article ne traitera pas des bienfaits de la carotte, le légume, je suis pas nutritionniste.

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L’autre, je vous racontais que je galérais grave pour quitter mon lit adoré. Peu importe l’heure du coucher, c’est tous les matins le même drama. Le réveil sonne, je snooze, snooze, snooze jusqu’à l’ultime limite… qui ne cesse d’être repoussée. Parce qu’on ne me dit rien si j’arrive bien tard, il m’arrive parfois d’exagérer et je me sens toute minable après. Et comme j’ai une tendance naturelle à l’autoflagellation, je vous dis pas comme je me fais plaiz “non mais t’es qu’une merde ma pauvre fille ! Heureusement que tu avais prévu de te lever tôt”.

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Alors je dis stop, ça suffit les conneries. D’abord, j’arrête de vouloir me lever dès l’aube pour faire des trucs avant d’aller bosser car je sais que je le ferai pas. Comme m’a dit Anaïs “ça sert à rien les résolutions que tu sais que tu tiendras pas à part te donner un sentiment d’échec” (admirons sa sagesse). Je suis une couche tard même quand je me résous à me lever tôt, faisons donc plutôt les choses le soir, basta. Point 1 réglé.

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Il n’en reste pas moins que je dois arrêter de traîner au lit gratos. Oui, j’aime rêvasser, me rouler dans mes draps, m’étirer à n’en plus finir… et me rendormir, ce qui me fait rentrer dans le cercle vicieux et malsain du snoozing honni. Je dois donc trouver une carotte pour me lever plus tôt, d’autant que j’y arrive sans soucis si j’ai un rendez-vous à respecter, allant même à me lever à 5h30 un dimanche matin pour aller photographier le soleil levant sur le pont Alexandre III. Ou respecter un rendez-vous client. Et pourquoi, là, j’arrive à me lever : car j’ai une raison précise de le faire (respecter une horaire).

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Donc je réfléchis et je cherche comment ne pas me rendormir, quitte à savourer quelques minutes de doux réveil. On m’a proposé quelques solutions mais j’y trouve toujours un mais :

  • La masturbation : plusieurs personnes m’ont expliqué que quand elles dormaient seules, elles s’adonnait à la masturbation, profitant de l’énergie provoquée par l’orgasme pour se lever. Sur le papier, je trouve ça tout à fait charmant pour débuter la journée du bon pied mais moi, vu que je m’en sers plutôt pour m’endormir sereine, je suis pas sûre que mon cerveau décrypte correctement le message.
  • Mettre un réveil loin : le matin, je suis d’humeur “pas de bruit, merci”. Un réveil qui sonne au loin et me force à me lever vite pour l’éteindre, ça va forcément me mettre de mauvaise humeur.
  • La musique : là, je pense que je tiens un truc intéressant mais je sais pas programmer mon ordi pour qu’il me lance une playlist “bonne humeur”. Non parce qu’à une époque, j’avais une appli qui lançait mes mp3 en guise de réveil… et bien je peux vous garantir que la BO de requiem for a dream les jours de pluie, ça vous donne plus envie de vous pendre que de vous lever. Et accessoirement, j’ai plus de mp3 donc j’attends avec réelle impatience que Spotify propose une fonction “réveil” dans son appli.
  • La télé. Non. Juste non. D’abord parce que ça fait 6 mois que j’en ai plus pour une sombre histoire de télécommande qui ne marche plus et que je pense pas à appeler SFR pour en obtenir une nouvelle. Mais surtout la télé le matin, je peux paaaaaaaaas ! Et si je mets des vidéos rigolotes, ce sera pire que tout, je les regarderai au lieu de me préparer.

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J’ai d’autres idées, plus farfelues :

– la tirelire du réveil : à chaque lever réussi, je mets une certaine somme (1 ou 2 euros) dans la tirelire comme ça, à la fin, je m’offre une récompense. Le seul souci de cette idée de génie (au moins), c’est que a/ j’ai jamais de monnaie et b/ j’irais forcément casser la tirelire quand les agios tombent. Donc bon…

– écrire au lever : à une époque, je plaçais ma tablette près de mon lit pour écrire dès le lever. Je ne l’ai, bien sûr, jamais fait…

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Je cherche la motivation, la carotte. Le truc qui me donne envie de quitter mon lit au plus vite, arriver pas trop tard au boulot, fraîche et sereine. L’idée de faire du yoga me paraissait pas mal mais c’est un échec retentissant. Idem pour tout autre sport, je suis toujours plus motivée le soir que le matin alors même que j’ai parfaitement conscience du bien que ça me fait.

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Je ne trouve pas ma carotte, ça m’agace. Alors peut-être que toi, derrière ton petit (ou grand) écran, tu as trouvé la recette miracle, la petite astuce magique qui t’aide à quitter tes draps en chantant la vie dès le réveil. Et comme tu m’aimes bien (mais si, je suis sympa en vrai), tu vas partager… Allez, steuplé, aide-moi à en finir avec les réveils chiffons !

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La carte de visite, le Graal ultime

Dans le joyeux monde du marketing digital, on joue beaucoup aux chaises musicales et les employés embarquent et débarquent à toute vitesse. Trop vite pour que l’on suive en tout cas. Ainsi, il arrive régulièrement qu’en rendez-vous client ou presta, une personne rougisse légèrement à l’heure des changements de cartes de visite « je viens d’arriver, j’en ai pas encore… »

Pour ma part, j’ai un léger problème relationnel avec les cartes de visite, j’oublie toujours de les donner mais passons. J’aime cependant bien ce petit rituel de la carte de visite car aujourd’hui, en obtenir de le part de son entreprise est fort en symbole. On a quand même investi quelques dizaines d’euros pour écrire sur un bout de carton mes coordonnées et le fait que j’appartenais à la maison. Obtenir ses cartes de visite, c’est un peu comme passer le test HIV dans une relation amoureuse, c’est un signe d’engagement. Ma boîte et moi, on est suffisamment engagés pour avoir nos deux noms sur une même carte…

Du coup, ne pas avoir sa propre carte peut avoir quelque chose d’humiliant. Même si on est en pleine lune de miel (les premiers mois sont toujours idylliques… Comme dans une relation amoureuse), on sent tout de même poindre la possibilité d’une porte de sortie, un « oui, on est bien tous les 2 mais je suis pas encore sûr… ». Professionnellement parlant, ça s’appelle une période d’essai : 1, 3, 6, parfois 12 mois où on s’aime mais on reste un peu sur la réserve. On ne sait jamais, un amour récent est si fragile.

Et puis un jour, elles arrivent. Dans leur petite boîte transparente, elles trônent sur votre bureau. Oh, on sait bien qu’on ne les distribuera pas toutes (surtout quand on n’est pas commercial et que, comme moi, on oublie d’en donner) mais voilà, c’est la petite tape sur l’épaule de ton entreprise qui te dit « je crois en toi, je crois en nous ». La carte de visite, c’est la matérialisation de la relation, une sorte d’alliance en papier glacé ou papier recyclé. D’ailleurs, si vous voulez mon avis, je préfère ces dernières. Petite boîte chérie, inscrivons notre amour au panthéon pro en respectant l’environnement, s’il te plaît. Vous avez désormais votre Graal entre les mains, un petit rectangle qui signifie que oui, vous en êtes. Et que vous distribuerez négligemment lors des rendez-vous clients en adressant un sourire mi-consolateur mi-condescendant à celui avouant qu’il n’en a pas encore…

Pourquoi personne ne pense jamais à fêter ça, tiens ? Ça changerait des pots de départ toujours un peu déprimants…

Et puis, cerise sur le gâteau, ça nous fournit plein de marques pages.

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Liste de la fille qui a un calendrier de l’Avent

J’en avais jamais trop eu, c’est un collègue qui nous l’a offert. Tout ça pour dire que je cours tête baissée vers Noël en espérant glisser en 2012 sans plus de dommages, j’en ai eu assez, merci.

– Petite soirée anniversaire, je m’habille un peu sex des fois que (raté, tous les célibataires avaient un vagin et une préférence pour les mâles quoi qu’il en soit), j’enfile mes chaussures à talons pas mises depuis longtemps. Arrivée chez ma pote, je finis par les virer tellement j’ai mal. Il faut savoir que depuis mon accident, mon pied gauche s’est un peu affaissé de n’avoir pas marché pendant quelques semaines donc les talons, je supporte plus. Retour vers 1h du matin, le seul train qui part me laisse à une gare à 15 mn à pied de chez moi. Bien. Je le prends, je commence à marcher dans la rue pour rejoindre chez moi. Au comble de la douleur, je finis par enlever mes bottines. Je remercie le ciel d’avoir eu la présence d’esprit de mettre des chaussettes en plus de mes collants.


– Tirage de cartes par ma copine Anna : je vais rencontrer le big Love et être tellement heureuse que ça va créer plein de jalousies mais attention, M. va être muté. Rah mais même dans les tirages de cartes, ma vie est compliquée !


– PC du bureau, on m’a invitée à en réclamer un via le service de maintenance informatique. J’ai donc ouvert un ticket… Il a été fermé en résolu alors que j’ai toujours ma rougne. Bon ben je vais le rouvrir.

– Des fois, dans la vie, tu as le choix. Comme celui de balancer le mail d’une personne pour qui tu n’as aucune estime sans le lire et lui laisser l’illusion qu’elle a eu le dernier mot. Ou alors, tu le lis, tu t’énerves et tu t’enfonces dans un débat sans fond. Pour avoir testé plusieurs fois la première solution, je vous la conseille.


– Il y a 15 jours, j’ai commandé un parfum sur Marionnaud (parce que sur Sephora, ils ne font pas cette marque online), on m’annonce qu’il sera livré dans deux ou trois jours. Au bout d’une semaine, je n’ai toujours rien reçu donc je vérifie sur le site et là, je lis à propos de ma commande “reçue-complète”. Je heu quoi ? Je le confesse, j’ai parfum un peu cher, 80 € le flacon donc forcément, je commence un peu à m’énerver sur leur site et les réseaux sociaux et au bout de 15 jours, révélation : en fait, mon colis était abandonné quelque part dans l’entrepôt. Je sais pas pourquoi je m’obstine à commander quoi que ce soit sur Internet vu que je tombe toujours sur le colis oublié dans un recoin.


– Des fois, tu décides d’être honnête et tu cherches à télécharger des séries en VO sur iTunes pour les regarder sur ton iPad. Sauf qu’en fait, le catalogue est riquiqui, je voulais Spartacus et Borgias, moi… Alors, bon, je fais quoi ? Je télécharge ?

– Il m’arrive toujours de folles aventures. Par exemple, vendredi dernier, j’ai un rendez-vous client avec Lise. Elle m’appelle pour me prévenir qu’elle sera en retard et m’encourage à monter chez le client avant elle. Sauf que pas de bol, la boîte est au 5e et on m’annonce l’ascenseur en panne. Bon ben je vais monter à pied. Sauf qu’évidemment, arrivé au 5e, je me retrouve face à une porte close. Je toque à la porte, rien… Bon… Je vais donc envoyer un mail à la cliente. Le temps que je l’écrive, Lise me rappelle “je suis arrivée, il marche l’ascenseur”. Oui seul le plafonnier ne marchait pas… On dira que 5 étages à pied, c’est bon pour mon genou.

– Je suis une délinquante. J’ai pris une place dans un idtgv mais ma gare n’est officiellement pas desservie. Le train s’y arrête mais je n’ai pas le droit de descendre. Je vais le faire quand même. Je demande au contrôleur qui me dit “si vous vous faites contrôler à la descente, c’est 35 € d’amende”. Bon, je vais tenter. Et je suis descendue sans encombre.

– Au retour, par contre, je me fais choper par un contrôleur beaucoup moins compréhensif qui m’aboie dessus. Forcément, je lui réponds sur le même ton en lui faisant remarquer que le train s’arrêtant en gare, je ne vois pas bien où est le problème. Comme il continue de s’énerver, je lui réponds qu’il est obtus. “Ne m’insultez pas mademoiselle!”. C’est pas une insulte mais c’est ma faute aussi, faudrait que j’utilise des mots plus simples… Ceci étant dit 35 € parce que je ne respecte pas le trajet initial (mon trajet est moins long que si je partais de Toulouse), ils se touchent grave à la SNCF.

Ma vie est foooolle… Non, en ce moment, c’est un peu calme plat et ça fait du bien en fait.

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Le retour de la liste

Parce que j’ai eu deux semaines un peu folles et que la vie a joué les succubes avec moi en me pompant pas mal de mon énergie vitale donc j’ai pas le courage de faire un article de suite. Et puis en avançant sur le déménagement du blog, je me suis rendu compte que je les aimais bien, mes listes. Allez, c’est parti.

– Deux rendez-vous clients la semaine dernière, il était temps que je revienne aux affaires.

– Mercredi dernier, petite journée à Lyon. On avait une réunion là-bas à 10h30 donc on saute dans un train à 7h54, on revient à 18h. J’aime bien ce genre de journées même si ça crève un peu mais ça change du bureau. Puis la petite sieste dans le train du retour (on a dû changer les billets car on allait rater le train de 15h en somme) a fait du bien même si je suis arrivée un peu vaseuse. Tout comme mon manager qui m’a demandé, dépité : “toi aussi, tu t’es endormie ?”

– Sinon, à l’autre réunion, y avait du café et des chouquettes, ça fait toujours plaisir. Mais ce n’est pas le pied à toutes les réunions. A celle de mercredi, je crois qu’ils m’ont fait un café nespresso. Mais sans la capsule. C’était de l’eau au café et j’ai dû la boire. Beuuuuh…

– En ce moment, j’ai pas le modjo. Mais mes amants récurrents viennent de temps en temps toquer à ma porte ce qui a donné à peu près “oh, tu t’es cassée la jambe ? Tu peux pas te mettre à genou ? Oh ben je dois déjeuner… Salut!”. Bon, ok, j’ai extrêmement résumé la conversation et je devais filer au kiné. Mais l’enchaînement fut intéressant…

– Ils m’avaient manqué mes collèèèèèèègues. Franchement, les pauses déjeuner sont toujours un moment plaisant.

– Enfin sauf que la cantine est dégueu.

– Dans les films, s’embrasser devant le Sacré Coeur la nuit, c’est romantique (enfin, plutôt devant la vue de Paris la nuit). En vrai, ça pue la pisse, t’as des mecs qui viennent essayer de te vendre une bière toutes les 2mn30 et une nana qui s’accroupit devant toi, laissant voir son string rose et bleu marine en coton.



– Au passage, dans la série Nina les bonnes idées : filer rencard à Montmartre. En bas. Et monter tout en haut en prenant les escaliers avec un genou douteux.

– Sinon, j’ai trouvé mon moi masculin et ça me fait peur. Genre un mec qui s’est cassé le pied en dansant sur du Michael Jackson. Genre le mec qui adore tellement les lunettes qu’il m’a demandé de les garder pour faire du sexe… Oh mon Dieu, ce mec, c’est moi !



– Bon, j’ai reçu mon matos pour tricoter, lancement des hostilités imminentes.

– “Bon, tu restes dormir, hein”. Au début, j’ai dit “naaaaaaaan, j’ai pas mes affaires pour demain” puis à 1h du matin, alors que je n’étais plus que rhum, j’ai dit un truc genre “hihihihihihi !”. A 4h du matin, quand Anaïs s’est assise sur le lit que nous partagions, a allumé la lumière pour baragouiner des phrases sans queue ni tête avant de ré éteindre et de se rendormir, je me suis souvenue que dormir avec une semi somnambule, c’est pas trop cool.

– D’ailleurs quand dans un appart de 2 pièces avec un lit de deux places dans l’un, un lit une place dans l’autre et trois personnes à répartir dont une semi somnambule, une ronfleuse et une qui ne bouge, ne parle ou ne ronfle de la nuit, c’est cette dernière qui devrait dormir seule et peinarde. Et je dis pas ça parce que c’est moi, hein…

– Le monsieur qui a tenté de mettre ses doigts dans ma culotte quand je me suis cassée la jambe m’a nonchalamment proposé qu’on aille boire un verre. Comment dire…

– Faut que je me trouve un mec dans le XIXe pour pouvoir sortir avec mes copines de plongée et pas rester dormir (se coucher à 3h, se lever à 7h, ça pique un peu, surtout avec l’épisode du semi-somnambulisme). Et un du côté de Glacière aussi car y a une chorale qui a l’air cool. Je suis une célibataire urbaine : un mec dans chaque arrondissement (en théorie…).

– D’ailleurs, la meuf dans Secret Story qui est somnambule… On se fout pas un peu royalement de notre gueule ? Non parce qu’une vraie somnambule, on aurait grillé son secret dès la première nuit, non ?

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Joue ton pouvoir de séduction

Je vous l’avais dit lors de mes résolutions, je me suis abonnée à différents magazines en fin d’année pour être plus cultivée. Bon, les trois quarts du temps, je comprends pas tout à Tout pour la science mais je lis consciencieusement, je finirai bien par capter. Autre
magazine qui, là, me parle plus : Management. J’ai enfin reçu mon premier numéro et j’ai pas mal de choses à en dire. Commençons par une phrase lue dans le courrier des lecteurs, rubrique que je ne lis jamais. Photo :

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En tant que femme, première réaction : argh, je m’étrangle ! Je vais enfiler ma tenue de super féministe et je reviens.

Reprenons la base. Abandonnons l’idée qu’un employé réalise sa mission indépendamment de son sexe, manifestement, c’est impossible. On va nous expliquer pour la 100e fois que les hommes sont dans la compétition et les relations franches et viriles, testostérone oblige, et les femmes dans la diplomatie, la douceur et l’écoute. A ce sujet, je vous laisse lire l’excellentissime article de Slate sur les études sexuées, ça permettra de remettre les choses un peu à leur place. Mais ici, restons dans les stéréotypes. Femme je suis, en attestent mes ovaires (entre autres). Donc si je comprends bien, je ne suis guère compétente et je dois jouer de mes charmes pour grimper l’échelle l’air de rien, papillonner pour qu’on me fasse la courte échelle. Oui, Patrice, je sais, tu convoitais la promotion que j’ai eu mais mate un peu mon décolleté et regarde mes battements de cils et tu deviendras mon dévoué, mon esclave. La vie est simple comme un clip de Michel Sardou dis donc. L’hystérie en moins.

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Alors là, je me pose quand même une sacrée question : suis-je totalement stupide ? Au bout de quasi 4 ans d’expérience, je n’ai jamais eu la présence d’esprit de jouer de mes atouts physiques pour progresser, je me suis bêtement contentée de faire de mon mieux, d’acquérir des compétences, de proposer des idées, bonnes ou mauvaises… Bref, plutôt que d’être bonne physiquement, j’ai essayé d’être bonne professionnellement. Non parce que mine de rien, quand je fais des régimes ou que je fais du sport, ce n’est pas tellement dans une visée professionnelle même si, je le concède, se sentir bien dans sa peau est utile pour tous les domaines de la vie, pas simplement celui de la séduction. Non parce que dans ce cas là, je vais aller voir mon chef et lui demander que tous mes cours de sports soient pris en charge par l’agence. Ben ouais, attends, si être canon me permet de grimper l’échelle de la société, c’est de l’investissement professionnel et non personnel, je mérite donc que tout ces efforts soient pris en charge et je ne parle même pas de ma garde-robe ! Pourtant, je ne fais pas un travail de représentation. J’ai quelques rendez-vous clients mais je n’avais pas compris à quel point mon corps était, lui aussi, un outil de travail. Non mais faut être un peu stupide pour lire des ouvrages sur le marketing, travailler jusque tard, réaliser de beaux powerpoints alors qu’il me suffirait d’aller à la salle de sport tous les soirs…

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Ce qui m’énerve, c’est que le péché de séduction est toujours associé aux femmes. Lisez un portrait d’une PDG, d’une femme qui a réussi, son physique sera systématiquement évoqué via un détail (ses yeux, sa silhouette), une tenue vestimentaire… Et je ne vais même pas évoquer le fait qu’on se sent toujours obligé de donner la composition de sa famille genre « PDG et mère en plus, quelle femme! », ce qu’on ne dit jamais d’un homme. Mais ça mériterait un article entier, ça. Donc les femmes, même celles qui ont fait leurs preuves et qui sont arrivées au sommet, sont toujours appréhendées sous le prisme de leur apparence physique. Si l’une est belle, on ne cessera d’en parler, elle sera « tout en séduction », même si elle ne cherche pas du tout à séduire. Mais surtout, on conseille les femmes sur leur pouvoir de séduction, on leur conseille d’en jouer ou, au contraire, de s’en méfier. Mais bordel ! Parce que je suis une femme, il est impossible de me dissocier d’une notion de séduction ? 

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Très bien donc à partir de demain, je ne porterai plus que des robes bustiers courtes et avantageuses et je laisserai tomber mes powerpoints, excels et autres PDF. Je sais pas pourquoi mais j’ai un léger doute quant à la réussite de cette nouvelle stratégie.

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Quand le doute est bien installé


Comme j’aime à me répéter, allons y gaiement : le travail, c’est tout comme l’amour en de nombreux points. Par exemple, le manque de confiance en soi. Prenez une fille plongée pendant plus d’un an dans une ambiance tendue sans que jamais une seule de ses compétences soit reconnue à sa juste valeur ou presque. Faites embaucher cette même fille ailleurs et jetez là face à son premier client alors qu’elle n’a même pas fini son préavis. Ca vous donne un taux de stress pas possible.

Peu de temps avant ma démission, Ioulia m’avait expliqué un jour que l’ambiance lui bouffait tellement les nerfs qu’elle avait totalement perdu confiance en elle au point qu’elle nous demandait toujours notre avis avant d’envoyer un mail. Pourtant, elle est très loin d’être stupide mais on est tellement pressés qu’on n’arrive plus à lâcher du lest, à un moment. Alors quand Rémi, mon futur boss, m’appelle pour me demander de préparer une présentation sur un projet que je vais récupérer pour un client, je me rends compte que je ne fais pas la fière non plus. Je sais que c’est l’épreuve du feu et j’ai un peu peur d’avoir survendu mes capacités.

Après avoir prépare un joli powerpoint sur le sujet, je débarque dans l’agence de comm qui nous reçoit pile à l’heure (alors que j’étais censée avoir 10 minutes d’avance mais je me suis légèrement perdue, pour changer). Je retrouve Rémi qui m’explique qu’il y a plein de départs et d’arrivées dans la boîte, j’essaie de saisir qui est là, qui est parti, qui va nous quitter et qui va arriver. J’apprends que l’Asiatique que j’ai croisé lors de mon deuxième entretien s’appelle Anthony… Ah, ben, j’aurais pas dit.

C’est là qu’arrive Charlotte, la fille avec qui nous avons rendez-vous. On va fumer une clope dehors et j’en profite pour écouter ce qu’elle raconte pour apporter de l’eau au moulin de ma présentation. Je me sens totalement godiche dans ce milieu design, blanc, avec des filles d’1m70 minimum.



Ah, c’est l’heure de la présentation. Rémi me cède la parole. C’est parti. Je raconte, je fais défiler le powerpoint, je détaille, j’affine. Je ne sais pas si je suis à la hauteur mais Charlotte m’écoute avec attention. Je termine, je retiens mon souffle. « C’est bien, on te sent motivée par le projet ! ». Tataaaaaaan ! J’ai réussi. Il faut que je complète un peu mon document (on m’a toujours appris à ne pas trop en mettre sur le power point pour avoir quelque chose à dire) mais tout s’est bien passé, je sens un légèrement soulagement du côté de Rémi : il a engagé la bonne personne.

Je repars de ce rendez-vous toute guillerette, le cœur léger. En chemin, je repense à ce que m’a dit Ioulia sur sa confiance en elle et je me rends compte qu’elle avait totalement raison. Avant de bosser chez TGGP et même dans les premiers temps, cette réunion ne m’aurait pas autant inquiétée parce que je me savais au niveau. Je me rendais compte de l’espèce de travail de sape pernicieux que j’avais subi pendant un an. Le pire, c’est que je peux même pas réellement jouer les grandes victimes car ce n’est pas moi en tant que personne qui posais problème et qui était « victime » de tout ça mais finalement juste une employée lambda. Une employée dont personne n’avait rien à faire et ça ne m’étonnerait pas qu’au fond, le but était de nous pousser gentiment vers la sortie.

D’ailleurs, mon dernier jour ne restera pas dans les annales. Quand une rédactrice du magazine bébé me demande si je fais un pot de départ, je réponds sans réfléchir : « Bah non, j’ai piscine ce soir ». Les gens avec qui j’ai envie de fêter mon départ, je les convierai plus tard. J’ai pas envie de jouer les hypocrites à sourire à des gens dont je n’ai rien à foutre, qui m’ont toujours regardée de haut car je « passais mes journées sur les forums à poster des messages ». Au moins.

Alors je quitte la boîte, légère. Je suis à peine triste, j’ai plutôt hâte de commencer mon nouveau job. Je sais que je reverrai ceux que j’aimais bien, ceux qui m’ont empêchée de glisser peu à peu dans la dépression. Parce que se lever tous les matins en sachant qu’on va passer 8h à faire des choses qui ne servent à rien, y a plus joyeux dans la vie (si, si). Maintenant, je me suis relevée, mon nouveau boulot est très prenant mais j’aime, je vous raconterai tout ça mais plus dans cette série.

Le journal d’une démissionnaire se ferme ici pour moi mais pourrait être rapidement repris par d’autres plumes. A suivre.

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La douce vie de démissionnaire



Qu’il est bon d’être démissionnaire et d’en n’avoir plus rien à faire, oh oui, c’est bon, c’est bon ! Suite à ma lettre de démission, Louise m’appelle pour que je lui fasse un bilan de mes fonctions. Ouiiiiiiiiii ? Mais comment sait-elle que je m’en vais ? Ah, c’est Lénaïc qui lui a dit avec un « ah au fait, le mois de préavis, c’est bon ». Le contraire m’eut étonnée, vu à quel point j’étais indispensable.

 

A partir de là, autant dire que je me la coule relativement douce. Relativement car j’ai vite du travail à rendre pour Pubilon sur des projets qui vont m’échoir et qui débutent avant mon arrivée. Le reste du temps, je glande lamentablement, faisant quelques vagues effort de ci de là plus pour que Simon ne se fasse pas engueuler si les chiffres de mes sites sont mauvais qu’autre chose. Parce que faut dire ce qui est, j’en ai strictement plus rien à faire. Mais Le changement s’opère. Le lendemain de l’annonce de ma démission, j’arrive au boulot et Ioulia s’extasie : « Oh mais c’est dingue, tu rayonnes ! ». Ben oui, je me caaaaaaaaaasse ! Et je ne fais même pas semblant d’en être affectée, je suis super joyeuse.

 


(c) Tandem2008

Le lundi suivant ma démission, je suis réveillée dès l’aube par le téléphone (8h, quoi… Je suis démissionnaire, je vais pas aller au boulot aux petites heures) « Bonjour, Nicolas Serbeaux du cabinet de recrutement NTCIGM (les cabinet de recrutements ont souvent des noms marrants quand même), je vous appelle pour vous proposer un poste de community manager ! ». Hé oui, je te le dis que le boulot, c’est comme l’amour : dès que tu cherches plus, t’en as dix qui te tombent dessus. Parce que pour l’anecdote, on m’a proposé un autre poste via un cabinet de recrutement 15 jours après et pas plus tard qu’hier soir, on m’a à nouveau reproposé le premier. J’attends la fin de ma période d’essai pour mettre mes fiches viadeo et linkedin à jour.





Bref, autant avoir fait la fille sans grande ambition était reposant, autant la démissionnaire, c’est carrément jouissif, j’ai le pouvoir absolu. Plus personne ne me demande rien, plus personne ne me reproche rien, ils savent que je me barre. Mais certaines réactions sont assez étranges. A ma première réunion post démission avec Vanessa, elle me regarde les yeux plein d’étoiles et me demande : « alors, tu pars où ? ». Bon, vu comme elle me regarde, quelqu’un a dû lui annoncer que j’étais enceinte, c’est pas possible ! C’est amusant sa réaction, elle qui ne m’avait jamais vraiment aimée jusque là…


Après, il y a ceux qui m’aiment et qui sont réellement ravis pour moi et ceux qui s’en foutent. Ioulia m’a expliqué récemment qu’elle a pris le métro avec une nana que je voyais parfois en réunion et quand ma Polonaise préférée lui a raconté que j’avais un poste génial avec des responsabilités, l’autre a semblé un peu dubitative. Ah oui, on me prenait vraiment pour la reine des débiles profondes en fait…  Enfin bref, je n’annonce ma démission à quasi personne sauf mes coupains, je laisse la rumeur faire son travail. Tellement que la
veille de mon départ, alors que se tient une soirée pour le déménagement vers Lavande sur Seine, des tas de gens ne sont pas au courant. M’en fous.  Même que Big boss qui ne m’a jamais adressé la parole en un an et demi me dit « bonsoir, ça va ? ». Avec Ioulia, on est hébétées : il nous a parlé ! Ce n’était jamais arrivé (je vous le jure).




Bref, côté TGGP, le divorce est consommé, je fais moins que le minimum vital, ce qui n’est certes pas pro mais personne ne s’en rend compte de toute façon… Mais j’étais pas partie que déjà, chez Pubilon, je devais assurer mon premier rendez-vous chez un client…

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