Je te guette, tu me guettes

Vous avez eu de la chance : quelques mails envoyés, des sourires échangés, une histoire qui démarre. Vous n’y croyiez qu’à moitié mais vous avez réussi l’impensable : trouver l’amour sur un site de rencontre. Enfin, en tout cas, c’est bien parti pour transformer. Sauf que la tentation est là. Celle de cumuler quelques conquêtes de plus histoire de peaufiner votre tableau de chasse ? Non, celle de vérifier que votre only one ne continue pas à chasser dans votre dos.

diane chasseresse-1878

Les sites de rencontre sont de sales fouines. Si, si. Des engeances du diable qui font passer la Gestapo pour de doux agneaux. Après vous avoir questionné moults heures sur tout et à peu près n’importe quoi, ils caftent vos activités à tous les membres inscrits : êtes-vous connectés en ce moment ? Depuis quand n’êtes-vous pas venus ? Pire, certains vous filent un score permettant de mesurer en un coup d’oeil si vous êtes inscrits depuis longtemps et si vous êtes très actifs. Vous êtes pistés, c’est un fait.

popularite-adopteunmec

Du coup, puisque le site de rencontre raconte tout sur vos connexions, il en fait autant pour votre tendre moitié. Oh mon âme soeur, dis-moi que tu ne t’es pas connecté depuis notre premier baiser si romantique ? Mais… mais que vois-je ? Cet-te enfoiré-e de cochon-ne est connecté-e en ce moment-même ? Trahison et infâmie ! Je vais lui envoyer un mail pour lui dire ce que je pense et bousiller les bribes de notre relation naissante. On me la fait pas à moi !

shiriu-dragon-zodiaque

Sauf que. Point numéro 1 : comment reprocher à quelqu’un d’être connecté puisque, si vous l’avez découvert, c’est que vous étiez vous-mêmes logués sur le site ? Un peu comme si vous croisiez votre amour au bras d’une autre personne alors que vous vous baladez vous-mêmes au bras de votre illégitime, hôpital, charité, tout ça. Alors oui, il/elle est connecté-e et c’est dégueulasse sauf qu’on pourrait envisager que :

  • -il/elle soit connecté-e pour strictement les mêmes raisons que vous : vous pister. Ceci étant, la rupture semble alors une bonne option car si peu de confiance dès le départ promet de belles engueulades, crises de nerfs et parano. Ca va pas marcher
  • il/elle soit connecté-e pour effacer son compte. Oui, ok, ce serait un hasard un peu foufou de tomber piiiiiile à ce moment-là mais c’est une possibilité raisonnable.
  • il/elle soit connecté-e car il/elle a lié quelques relations amicales sur le site (si, ça existe) et discute avec des gens. Maintenant, ce serait bien de glisser que son adresse mail peut aussi servir à communiquer avec ses charmants correspondants.

correspondance

Alors oui, il est possible qu’il y ait quéquette sous couette et que votre promis-e ait encore un peu la dalle et cherche à croquer un peu de chair fraîche avant de s’engager avec vous. Ou alors il n’y a que vous qui croit en votre amour, l’autre vous prend pour un plan cul, ça peut arriver. Seulement lui sauter à la gorge comme ça, sans savoir bien de quoi il retourne, c’est la meilleure façon de passer pour un-e psychopathe et de se lancer dans une conversation souvent très désagréable à base “non mais je te dois rien”, “on n’a jamais dit qu’on était en couple” où, en plus, vous aurez le mauvais rôle puisque vous aurez le rôle du stalker.

Twilight-stalker

Alors quoi ? On se tait ? Il existe une méthode pour être sûr et certain de ce qu’il se passe : renoncer à toute dignité. Je vous raconte ça la semaine prochaine.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

« Toi tu t’es affranchi du modèle parental »

Ce week-end, enterrement de vie de jeune fille de ma soeur avec la majorité des gens qui l’aiment notamment Yohann, le « presque-frère », et votre servitrice, donc. Filles et garçons s’étant retrouvés en fin de journée, nous avons donc dîné tous ensemble. Au fur
et à mesure des mouvements des uns et des autres, je me retrouve à côté de Yohann qui me déclare solennellement : « Tu vois, ce que j’ai toujours admiré chez toi, c’est ta capacité à t’affranchir du modèle parental ». Ah, j’ai fait ça, moi ?


Femme-libre.jpg

De fait, Yohann parlait de ma capacité à m’inventer mon propre modèle de vie là où Alice était plus dans la reproduction du couple parental. Je suis célibataire et vis seule sans que ça me mine, j’ai eu des histoires très compliquées que j’ai osé tenter plutôt que de les condamner de suite. Même pour ma carrière, je suis électron libre. J’en avais justement parlé à Blanche, sa compagne dans la journée. Je lui expliquais que quand on m’avait annoncé dans la-boîte-à-qui-j-ai-jamais-donné-de-nom qu’ils ne me gardaient pas, j’ai fini par en pleurer, elle m’a regardée, interloquée : « Oh ben avec Yohann, on admirait justement ta capacité à changer de boulot quand ça va plus sans jamais t’en inquiéter.

– Oui mais là, c’était pas mon choix… » 

Enfin, pas vraiment…


licenciement-travail.jpg

Pourtant je ne prétends pas à ça. Je ne me sens pas trente secondes en rébellion contre un quelconque modèle. Il est vrai que je suis un peu différente du reste de ma cellule familiale, je suis l’éternelle papillon qui volète de fleurs en fleurs, d’hommes en hommes, de boulot en boulot. Je saisis les opportunités sans réellement m’en angoisser. Et je suis la seule de gauche aussi quoi qu’il faudrait que je regarde où en sont Yohann et Alice, deux très gros déçus du Sarkozysme. Mais vu que lorsque j’ai présenté l’Amoureux à la famille, mon père
s’est à un moment senti obligé de préciser Yohann que l’Amoureux était de gauche, je suppose que je suis la seule à avoir un poster de François Hollande dans ma chambre. Mais je suis juste incapable de comprendre comment mes convictions m’ont portée à gauche, je n’ai pas du tout la sensation que c’est en contradiction avec mes parents, juste que ça correspond mieux à mes préoccupations, ma vision de la société… Mais ces différences, je n’en fais rien. J’ai cessé de parler politique avec mes parents pour la paix de nos esprits, je ne leur raconte que très rarement mes péripéties amoureuses (je crois qu’ils ont entendu parler de 5 des mecs que j’ai rencontrés et encore, deux, c’était par hasard du genre l’un m’avait mis des suçons plein le coup et l’autre m’envoyait des tas de textos durant le week-end parisien de mes parents, ces derniers ont donc compris qu’il y avait quéquette sous couette), pas du tout mes péripéties sexuelles et je jure en toute sincérité à chaque changement de poste que cette fois-ci, je vais y rester. Donc cette fois-ci, j’ai retenu, j’ai rien juré du tout, je ne dis RIEN.


estella-warren.jpg

Pourtant le modèle parental de la famille Bartoldi me paraît plein de bon sens et garantie d’un certain bonheur. 35 ans que mes parents sont amoureux et ils ont leur coté foufou puisqu’ils se sont mariés 1 an et 3 mois pile après leur premier bisou. A l’heure actuelle, je ne serais pas capable d’un tel engagement en si peu de temps. Mes parents sont un merveilleux modèle dans la mesure où ils m’ont appris qu’on pouvait avoir une carrière chronophage et avoir des enfants heureux. Pendant toute mon enfance, mon père faisait des journées de 12h, de 8 à 20h (aujourd’hui encore…), ma mère a fait les 3×8. Alors oui, le soir, quand je rentrais chez moi, j’étais pas toujours accueillie par ma maman qui nous avait préparé un bon goûter, nous avons dû nous débrouiller toutes seules pour de petites choses comme faire nos devoirs sans rendre de compte à personne (ce que je n’ai jamais vraiment fait, en fait, j’ai commencé à bosser à la fac). 


devoirs_soir.jpg

En fait, je trouve que cette histoire de rupture avec un modèle quel qu’il soit ne me correspond pas. J’agis et réagis en fonction des aléas de la vie, sans calcul spécifique car j’ai compris qu’il s’agissait d’une gageure. Je peux commencer une nouvelle relation ou un nouveau boulot avec le secret espoir d’y trouver une stabilité, que ça dure, on ne sait jamais. Mais je refuse de me mettre la pression là dessus. A l’heure actuelle, je suis bien dans mon nouveau boulot, nouveau boulot que je n’aurais jamais obtenu si je m’étais entêtée à rester chez TGGP ou Pubilon. Enfin, à priori mais ma non confirmation coïncidant pile avec un besoin de mon agence d’un community manager, nous nous sommes trouvés. Aujourd’hui, je suis célibataire et je fais avec, c’est parfois top, parfois chiant. C’est comme ça mais je ne force rien. Si demain, je rencontre un mec extra avec qui je suis bien, je ferai en sorte que ça dure. Si je ne suis pas
ou plus heureuse, je partirai, comme je l’ai déjà fait. Car je me fous de me faire passer la bague au doigt un jour, je n’ai effectivement pas besoin d’un nous pour exister, je ne veux d’un nous que s’il me rend heureuse (avec un petit h, l’amour comme le boulot, c’est jamais tout rose). Ce « nous » est à lire dans le sens personnel et professionnel. Je me veux et je nous veux épanouis. Est-ce vraiment une rupture ?

costume-ecoliere-rebelle.jpg

Non, mes parents ont juste eu la chance de trouver le bon « nous ».

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Devenez un pro du sexe en dix minutes

L’autre jour, je suis allée déjeuner avec Gauthier puis je me suis baladée dans le rayon librairie de Virgin voir si un nouveau volume de mon manga préféré était sorti. Ben non. Je tombe alors nez à nez avec une table sur laquelle est exposée divers ouvrages : « Le sexe pour les nuls » « Devenir un pro du sexe », « le kama sutra facile » et autres ouvrages du genre. Bon, c’est pas nouveau que le sexe fait vendre mais là, on sent que l’été approche.

 

De façon toute personnelle, je n’ai pas ce genre de manuel. J’ai bien regardé sur le site d’aufeminin.com les petits conseils, je me suis poilée pendant une heure sur leur flûte enchantée mais une fois que je suis dans les mains expertes d’un homme, j’avoue que je calcule plus rien. Peu importe que ma jambe soit à 30 ou 45° honnêtement, j’ai pas mon compas, de toute façon. Une fois, en fouillant dans les livres de mes parents pour sustenter ma soif de littérature, j’ai trouvé un petit manuel de sexualité. Rien de bien hot, ça faisait plus « petit manuel
d’apprentissage pour les pucelles romantiques » avec de jolis dessins de couple au crayon de couleur. Tout ce que je savais déjà sur la lubrification naturelle du vagin, sur la pénétration et tutti quanti était là. Apparemment, ce livre a disparu, depuis, c’est bien dommage : je l’aurais refilé à mes enfants. Tant pis, je leur passerai « step up love story », manga érotico-rigolo, pour s’informer. Je suis une pédagogue née, y a pas à dire.

En fait, ces manuels me font marrer. Pas tant leur contenu que leur utilisation, je ne peux m’empêcher d’imaginer. Petite mise en situation burlesque. Gianni, mon voisin très buonito (qui n’existe pas en vrai, mes voisins sont soit vieux, soit moches, soit cons, soit les trois), me propose un petit dîner chez lui. Comme il me l’a demandé en me regardant droit dans les seins en se caressant distraitement le torse, je me dis qu’il y a quéquette sous couette. Mais voilà, Gianni, il est Italien et comme je suis traumatisée par Stallone (l’étalon, là…), je cours à la FNAC m’acheter « toi aussi deviens une pro du sexe en 10 minutes ». J’étudie, je m’entraîne toute seule chez moi (super ridicule), je fais des fiches. Soir X… Je suis tellement spontanée que je deviens la pire des amantes et Gianni pense désormais que j’étais vierge et que j’avais fait mon éducation sexuelle devant des films érotiques.
 

Autre mise en situation. Voilà, je sors officiellement avec Sagamore (ben oui, c’est plus Brad) depuis genre 6 mois et on a envie de pimenter notre vie sexuelle. Donc on s’achète un petit manuel « grimpez au rideau à coup sûr ». On rentre et tout émoustillés, on se jette l’un sur l’autre, on vire les fringues et là…

« Bon, sors le bouquin 
Tiens, on pourrait faire ça.

Ah ouais. Bon alors, comment ils disent ? Bon, tu mets ta jambe comme ça et moi comme ça… Ah non, c’est l’inverse

Oui, ça m’étonnait aussi que je me retrouve avec ma jambe autour de ma taille.

Ah, zut, mon bras me gêne…
Oui, tu dois le mettre là.

Ah (pif, je lui file un coup au passage). Pousse-toi, j’arrive pas à mettre mon bras !

Oui mais si on bouge, on va perdre la position
Ah ça y est !
Ouais mais laisse tomber, je bande plus. »
Bon, j’avoue que j’exagère un poil mais c’est l’idée.
 

Je me demande toujours ce qui pousse les gens à acheter ce genre de bouquins. Non parce que s’il y en a autant, c’est que ça doit marcher. Il me semble même en avoir vu un qui s’appelait genre : « Bien faire l’amour dans le noir ». Juste ciel ! Personnellement, je considère que le sexe est quelque chose d’assez spontané. Avant de me lancer dans une brouette, je ne fais pas le menu. « Alors, on va commencer comme ça puis après, on pourrait enchaîner sur ça puis terminer ainsi. T’es partant ? ». Et l’improvisation, nom de nom ? Déjà, quand je suis avec un mec, je prévois pas le quand alors le comment, c’est d’un ridicule ! Moi, je préfère quand ça commence tout doucement et quand, sans qu’on comprenne comment, on retrouve la tête sous le bureau (oui, c’est du vécu, hum…).

Pour moi, le sexe, c’est un art. On peut apprendre la technique dans des livres mais ça ne veut pas dire qu’on sera doués pour autant. J’ai des livres de dessin à la maison, vous avez bien vu le résultat. Je peux acquérir la technique mais si j’ai pas le petit plus qui fera le « génie »… D’autant que, pour moi, le sexe, ça ne se pratique pas de la même façon selon le partenaire. C’est idiot de le dire mais c’est vrai. Avec un amant qui ne me satisfait que moyennement, je vais pas multiplier les brouettes acrobatiques alors qu’avec un mec particulièrement doué… Par ailleurs, certains mecs ont des particularités. Par exemple, avec Laurent, monsieur ne pouvait pas prendre son pied si je me la jouais pas amazone. Bon, ben, c’était comme ça mais c’était un peu lourd à force. J’aime pas les systématismes.

Bref, je me demande quel est le public de ce genre de livres surtout qu’il suffit de parfois bouger la jambe de 3 mm pour que la position étudiée prenne un autre nom. Le mieux : les magazines féminins qui nous expliquent que telle ou telle position pour se muscler. Alors certes, le sexe, c’est du sport mais je me vois bien dire à mon mec : « Non, chéri, on le fait comme ça, j’ai besoin de travailler mes abdos. » Bon, si le mec se barre pas en courant, j’aurai de la chance.

Plus sérieusement, autant ça peut flatter l’imagination, ce genre de lecture, autant une fois dans le feu de l’action, je suis pas foutue de penser technique. Franchement, si je commence à me dire « bon, alors, contracte les cuisses comme ça, ça va les affiner. Tourne-toi un peu, ça permet une meilleure pénétration. Ah, il a l’air d’apprécier. Maintenant, je vais passer ma jambe là, comme ça, on va passer direct de la brouette tonkinoise à sa variante javanaise. Ouah, on a changé de position, c’est cool », ben, forcément, je serai moins impliquée dans le truc. Je ne calcule pas. Je laisse faire. Et curieusement, y a que comme ça que je prends mon pied. Si je cogite, je décolle pas, c’est mathématique.

Le sexe, ça s’apprend pas dans les livres, ça se vit. Alors laissons la théorie au placard, rien ne vaut la pratique !
Rendez-vous sur Hellocoton !

Agence matrimoniale Bartoldi

Récemment, j’ai eu une conversation très amusante avec ma mère, je ne pouvais pas ne pas vous en faire part. Bon, en ce moment, ma mère doit se douter qu’il y a quéquette sous couette : ou étais-je donc ce fameux week-end du 20 novembre ? Parce que je suis sûre que ma sœur a cafté puisque comme je l’ai expliqué là, ma mère a appelé une fois sur mon fixe en huit mois, pile le week-end où je ne suis pas là. D’ailleurs, le week-end dernier, ma sœur m’a questionné, à ce sujet :
« Mais t’étais où dans les Yvelines ?
Heu… à Plaisirs ! [Aurélie, si tu me lis encore, cette réponse t’est dédiée]
Mais qu’est-ce que tu foutais là-bas ?
J’allais consoler une copine qui s’est faite plaquer par son mec, le truc classique, quoi.
Je sais pas où c’est Plaisirs…
Heu… Moi non plus, me suis assise dans le train et j’ai lu ! ».
Alors deux choses :
– soit ma sœur est d’une naïveté pas possible et elle m’a crue.
– soit elle est intelligente et a compris que je mentais.
Connaissant ma sœur, la réponse deux me paraît la plus probable. Donc, forcément, elle a dû dire à ma mère que j’avais un amoureux caché dans les Yvelines. Comme m’a fait remarqué Guillaume plus tard, forcément, le premier bled des Yvelines qui me passe par la tête, c’est Plaisirs, si je ne suis pas flag’ avec ça… Donc voilà, toute ma famille doit spéculer sur cet amoureux mystère, même mon père qui ne dit rien mais qui n’en pense pas moins.
 
Et pourtant… Et pourtant ma mère m’a trouvé un fiancé. Je précise que je ne suis pas d’origine indienne et les vagues racines nobles que j’ai sont diluées depuis longtemps. Mais c’est un fait et je vous le raconte. Dialogue entre Nina et sa maman :
« Maman, je suis balade…(non, ce n’est pas une faute de frappe)
Oh ma pauv’ chérie. Tu as fait quoi de ton week-end ?
Je suis allée faire des courses avec Anthony et Alice puis je suis balade, maintenant !
Oh. Nous, nous avions le salon des Antiquaires et nous t’avons trouvé un fiancé ! »
Bon, au début, je m’attendais à une blague et ça en est une mais pas tout à fait. Durant ce week-end de brocante, un collègue de mon papa a découvert mon existence, c’est à dire la vie d’une jeune femme de 25 ans célibataire et vivant à Paris. Or, comme ça tombe bien, son fils vit aussi sur Paris, il est aussi célibataire et vit également à Paris, comme c’est fou ! Alors là, le collègue de mon papa s’emballe : il faut à tout prix que nous nous rencontrions, que nous tombions amoureux l’un de l’autre et que nous nous marions. Non parce que vous comprenez, la dernière fois, il a ramené une fille qui n’était MEME PAS de la région, ça pue du boudin ! Alors que moi, je cumule les qualités : je suis de la région, mon papa est cardiologue comme le papa de mon futur fiancé, ma maman est infirmière comme la maman de mon futur fiancé…
 
Bon, forcément, je rigole ! Mais je demande des précisions à ma maman : un jeune trentenaire ingénieur, ça peut être intéressant.
« Il est mignon ?
Je sais pas.
Il est blond, il est brun, grand, petit ?
Je sais pas, mais vu ses parents, il doit être brun.
Et comment il s’appelle ?
Je sais pas. »
Mmmm, après ce dialogue, j’ai trop envie de le rencontrer mon fiancé ! Toujours est-il que mon futur beau-père a filé l’adresse mail de sa progéniture à mon père… qui ne m’a pas du tout fait suivre mais c’est mon père, ça. Pour vous situer : un soir, téléphone sonne : un numéro de portable que je ne connais pas. Tiens, tiens…
« Allo ?
Oui, Nina, c’est Laure ******. Ça va ?
Heu…oui ».
Pour vous situer, la dénommée Laure est la fille de l’associé de mon père, la dernière fois que je l’ai vue, elle devait avoir 6 ans ou quelque chose comme ça. Je me souviens d’une folle partie de trivial poursuit avec son frère, Alice et elle… et qu’ils étaient passionnés par Babar, les deux enfants, on regardait tout le temps ça. Et qu’une fois, leur babysitter était venu nous garder, il s’appelait Philippe et je me souviens juste de son nom parce que je l’adore. Donc, ce coup de fil m’intrigue, forcément.
« Oui, c’est mon père qui m’a donné ton numéro [non, je ne brouette pas avec l’associé de mon père, ceux qui ont pensé ça sont des pervers], ton père t’a dit que je t’appellerai, non ?
Heu… non. »
Bon, en fait, elle voulait juste que je lui donne des tuyaux pour faire du journalisme. Comme elle est étudiante en biologie, mes connaissances en journalisme scientifiques sont franchement inexistantes : moi pas scientifique, mais alors pas du tout. Mais si toi, lecteur, tu es rédacteur en chef d’un magazine de vulgarisation scientifique, je comprends très vite les choses, tu peux quand même m’engager. Bref, quelques jours plus tard, je dis à mon père : « dis, t’as pas un peu oublié de me faire passer un message ?
Heu… non.
Mais, si, Laure !
Ah oui, elle doit t’appeler. »
Donc si je veux le mail de mon fiancé, je dois me bouger.
 
Et là, j’hésite. Je te rappelle, lecteur, qu’à l’heure actuelle, je ne cherche pas l’homme de ma vie (juste l’homme de mes nuits). Donc voici plusieurs hypothèses :
– il me plaît pas, je lui plais pas (enfin pas d’attirance réciproque), on boit un verre en se disant que nos parents sont débiles et on se quitte en rigolant.
– on se plaît et on couche ensemble. Si ça s’arrête là et qu’il attend plus de moi, il se pourrait que mes parents apprennent que je suis le genre de fille à coucher comme ça, pour le plaisir, dès le premier soir, et qu’en plus, je suis une fellationniste sodomite.
– on se plaît, on couche ensemble, il n’attend rien de plus de moi : bingo !
– on se plait, on couche ensemble, on tombe fou amoureux l’un de l’autre, on se marie et nos parents sont contents.
 
En tout cas, si j’arrive à récupérer ce mail sans trop insister, surtout que je soupçonne ma mère de m’avoir dit ça pour voir comment je réagissais et essayer de découvrir si j’avais un amoureux ou pas, je pense que j’irai boire un verre avec ce monsieur, juste pour rigoler. Pas du jeune homme, juste de la situation : c’est bien la première fois que je rencontrerais un homme trouvé par mes parents. Quelque part, j’ai l’impression de me retrouver dans la bourgeoisie du XIXe : épouse le jeune homme et nous unirons nos terres !
Rendez-vous sur Hellocoton !