Travailler, c’est gagner de l’argent ?

Vous l’aurez remarqué, la question du travail m’interpelle énormément. A l’occasion des présidentielles et de la question du revenu universel se pose la question de ce qu’est le travail précisément. Il paraît que tout travail mérite salaire donc si je ne gagne pas d’argent sur une tâche, ce n’est pas du travail. Mmm, pas si simple.

Tout travail mérite salaire

Je vous parlais l’autre jour de ce blog que j’écris plus ou moins régulièrement depuis 13 ans. Environ 2850 articles pondus sur des sujets divers et variés, parfois pondus à l’arrache, parfois un peu plus référencés. Ce que je fais sur ce blog, est-ce du travail ? Si je prends en considération ce que ça m’a rapporté pécunièrement parlant, non. Si je considère que c’est ce qui m’a aidé à décrocher un ou deux postes, ça se discute. Quant à l’investissement…

Femme travaille sur ordinateur

C’est toujours un peu le problème du travail tel qu’on l’entend : tout ce qui ne rapporte pas salaire ne compte pas. Si je prends mon petit cas personnel, mon travail de coeur se passe justement dans les moments où je ne suis pas payée : dans le métro, à la pause dej, dans le métro encore, dans les réunions qui m’emmènent au bout de l’ennui, le soir, le week-end. J’écris. Ecrire, c’est pas que coucher des mots sur un support en espérant que ça fera une histoire pas trop bancale, y a un peu de recherche aussi, histoire de ne pas sortir une énormité qui ferait sortir ceux qui savent s’ils lisaient ce récit… Si jamais un jour je me sors les doigts du cul pour relire mon manuscrit terminé et l’envoyer à quelques éditeurs. Mais voilà, si écrire ne me rapporte pas un kopek (essentiellement parce que je n’essaie pas, ok), ça n’en reste pas moins du temps investi.

Joli bujo

Et je pense que vous avez tous un exemple de ce type. Je pourrais parler de ma maman qui passe des heures à peindre un tableau pour nous les offrir ou juste pour le plaisir. Vous-mêmes, vous partez peut-être à l’assaut de Paris ou d’ailleurs, un sténopé à la main ou votre reflex flambant neuf, pour réaliser de belles photos, peut-être que vous écrivez, vous dessinez, produisez de la musique, cuisinez avec soin, toutes ces choses… pour le plaisir mais avec rigueur. C’est du travail mais ça n’en est pas. Parce que vous aimeriez y consacrer plus de temps, voire tout votre temps, mais que la société n’y voit aucune utilité. Du moins, pas autant que les émissions débiles où des gens qui n’ont rien à dire s’épanchent pendant des heures, par exemple. Ou que ce cadre de votre boîte entré par copinage et qui passe ses journées à lire le journal, par exemple.

Lire son journal au bureau

Si le revenu universel permettrait de régler une partie du problème, ce n’est pas tellement mon sujet aujourd’hui. Je me posais juste la question : est-ce que tous ces mots que je tisse ici, en attendant un ailleurs, sont du travail vain ? Est-ce que ça aboutira un jour quelque part ? Est-ce qu’il faudrait que je trouve une façon de gagner un peu d’argent pour atteindre, au maximum, de quoi passer en mi-temps ? Ou juste admettre que c’est un travail pour le plaisir. Comme faire du jogging qui entretient la forme, qui permet de se satisfaire de faire mieux mais qui n’entraînera jamais le gain d’aucune médaille… et au fond, ce n’est pas bien grave..

Courir pour le plaisir

En attendant, faut que je “travaille” sur mes nouveaux blogs… j’arrive déjà pas à trouver un thème qui me plaise, on est mal barrés !

 

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Tu veux ou tu veux pas

(trois ans plus tard, la suite de une histoire d’amour, j’aurais dû réécrire le premier épisode vu que je change un peu le style d’écriture mais en ce moment, je manque de temps)

Désormais, vous avez conscience de l’existence de cet autre qui vous donne envie de danser la vie. Ah, quelle douce sensation enivrante d’avoir un objet de rêvasserie, d’imaginer des dialogues percutant mâtinés de flirts qui aboutiraient au premier baiser, tant attendu, tant espéré.

Mais la rêvasserie n’est pas la vie et objet de votre désir (OVD) vous obsède. Quand il est à côté de vous, vous sentez votre corps en émoi. Si vous avez l’opportunité de lui parler, votre voix compose une partition folle, montant et descendant les octaves sans logique. Et ne parlons pas d’éventuelles moiteurs des mains ou des aisselles, des rougissements intempestifs… L’émotion a pris le contrôle.

Dans votre obsession, ce petit crush prend des proportions démesurées. Vous commencez à vous persuader qu’OVD est votre only one et vous craignez la fin du rêve. Et comme il n’a pas indiqué de statut amoureux sur Facebook, vous ne savez pas bien s’il est disponible ou non (et s’il ne l’est pas, vous ne pouvez pas jauger la concurrence). Donc vous entrez en phase « tu veux ou tu veux pas » dite aussi « guettons le moindre signe ».

Et c’est parti pour l’auto torture mentale. « Hiiiii, il m’a dit que j’étais jolie aujourd’hui, c’est donc qu’il aime ! La vie est belle, chantons sous la pluie ! » (oui, je sais, je pique une vanne de François Pérusse). Mais « oh non, il m’a à peine fait la bise aujourd’hui ! C’est un connard, je le hais, je vais me jeter du haut de la Tour Eiffel ! ». Bon, ok, je vous peins le tableau en mode maniaco-dépressive… Mais vous saisissez l’idée. On traque sans relâche le moindre signe, le moindre sourire, clin d’oeil, main glissée dans les cheveux… Tu veux ou tu veux pas ? Ton corps envoie tant de signes contradictoires… Comment savoir ? Ça me consume !

Rétrospectivement, cette lente période de doute et de traque reste toujours l’une des plus charmantes de la phase de séduction, celle dont on aime reparler quelques temps plus tard. « Tu sais, quand j’ai dit ça, c’était pas anodin… ». »Je le savais… »

Sauf que le langage du corps ne répond jamais à cette cruciale question : tu veux ou tu veux pas ? Pour savoir, qu’une solution : se jeter à l’eau.

« Ça te dit pas un ciné mercredi soir ?
– Si… »

Trois jours à attendre. Un enfer.

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