J’aime plus Paris

En fait, non. J’aime Paris. Parfois, quand je me balade dans des capitales, je peux me dire « ils ont de la chance ceux qui vivent ici » alors que je vis moi-même dans une des plus belles villes du monde avec tant de choses à voir et à faire. Mais la vie parisienne, elle, je ne la supporte plus. Peut-être serait-il temps de quitter Paris pour l’aimer à nouveau ?

Paris - métro et Tour Eiffel

C’est quoi la vie parisienne ? Oh, une vie de con. C’est quoi ma vie ? 1h de trajet avec d’autres cons où la seule règle est d’ignorer les autres parce que son bien-être prime. Ici, si tu es fatigué, c’est une raison suffisante de déployer un strapontin aux heures de pointe. Tu arrives au boulot à 9h30-10h. C’est tard ? Oui. Moi aussi, je rêve d’un 9-18h (nonobstant l’heure de trajet) mais le problème, c’est qu’à 9h, y a personne ! Du coup, si tu pars à 18h, tu te fais juger sévère. Tout ça pour travailler dans des milieux aux parquets si rayés que si tu ne regardes pas où tu vas, tu te tords la cheville. Que même si tu n’as pour seule ambition que d’être peinarde, tu te feras humilier par ceux au-dessus de toi, des fois que tu essaies de les endormir pour prendre leur place. Tu évolues entre  chevilles surgonflees et melons au bord de l’explosion tout en constatant au quotidien la pertinence du syndrome de Dilbert.

Paris au couchant - Opera

Vous allez me dire que le milieu du travail en province n’est pas tout rose non plus et c’est vrai. Mais nous, on cumule. Impossible de partir avant 18h30-19h sans culpabiliser, impossible donc de rentrer avant 19h30-20h. Du coup, difficile de rentabiliser ta soirée… Et encore, moi, j’ai pas d’enfants donc pas de gymkhana d’emploi du temps pour les amener ou aller les chercher à l’école. Parce qu’avec cette histoire de commencer tard/finir tard, on est en décalage complet par rapport aux heures de crèches and co.

Paris- Pyramide du Louvre

Et puis tout est cher, tout est blindé. Oublie le dernier spot à la mode, c’est tout le temps plein. Si t’es pas fringué pile comme il faut, tu rentreras pas de toute façon. Et puis tout ça pour quoi ? Siroter un spritz préparé exactement comme dans n’importe quel autre bar ou des plats « revisités » aka « j’ai séparé la pâte à tarte et la garniture, tellement concept ! ». Finalement, les seules différences avec n’importe où ailleurs, c’est que tu engueules le pote en retard parce que tant qu’on n’est pas au complet, on ne rentre pas, on va poster des photos sur Instagram pour faire genre qu’on est des happy fews et on paiera deux fois plus cher qu’ailleurs.

Tour Eiffel et église orthodoxe à Paris

Et puis respirer à Paris, c’est compliqué. Au moindre rayon de soleil, tout le monde débarque en terrasse et sur les pelouses et vu que le savoir-vivre /savoir-être n’est pas toujours le fort des Parisiens, il se pourrait que votre séance chill au soleil soit ruinée par les cris ou les tentatives d’interactions du groupe venu s’installer à 18 cm de vous. Or par un phénomène que j’appellerai la dynamique de groupe, plus on est nombreux, plus on est bruyants, lourds et intrusifs. Mais si, vous savez, ces groupes qui prennent littéralement toute la place mais vous propose du saucisson pour pas que vous leur hurliez dessus.

Paris, place de la république

A Paris, si tu veux la tranquillité, tu la paies. Tout est cher et le souci, c’est que tous les bons plans sont vite connus. La vie normale d’une capitale… Je crois que je ne suis plus faite pour ça. Moi, je veux juste mon bout de jardin peinard pour me prélasser en été… mais ici, les jardins, c’est soit dalle de béton moche, soit partir bien loin, à 1h de RER au moins. La déprime.

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Traîner à Tokyo en attendant le train : Ebisu et Meguro

03 octobre. Voici le plan : on doit quitter Tokyo à 16h15 pour Otsuki. Huit heures du mat, on déguste un petit dej à Akihabara en mettant au point notre planning du jour : aller à la gare pour gérer cette histoire de billet puis on file au Tokyo Dome Center pour faire des montagnes russes, en jetant nos sacs en consigne.

Tokyo Dome Center

Cette photo n’est pas de moi

On parvient enfin à réserver nos places et trouver une consigne et on fuit la gare qui nous épuise tant. Victor n’ayant plus envie de faire des roller coasters, préférant se préserver jusqu’à la fin du voyage “des fois que”, nous décidons d’aller nous promener du côté d’Ebisu. Suivant les conseils du Lonely Planet, pour ne pas le dénoncer, on choisit de prendre la skyline à la sortie de la gare d’Ebisu… à savoir une succession de tapis roulants avec vitres floutées. Donc on ne voit rien, zéro intérêt. Je me demande si le Lonely Planet Paris mentionne aussi l’existence des tapis roulants de Châtelet , une folle expérience s’il en est… Mais on se retrouve sur une place qui représente bien ce que j’aime à Tokyo : l’empilement désordonné d’architectures. En fait, Tokyo, c’est un peu une ville Playmobil où un enfant va poser un château et une maison de ville côte à côte sans trembler. Métaphore qui marche aussi avec les Legos mais moi, j’ai toujours été team Playmo. Donc là, on a sur notre droite et notre gauche des bâtiments en briques rouges furieusement british et en face, un château très français. Respectivement le musée de la bière et le resto local de Joël Robuchon (nom croisé assez régulièrement à Tokyo).

Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo

Bien, partons pour une promenade… après un stop au Seven Eleven pour acheter quelques curiosités comme le chocolat à la fraise et le gâteau au goût indéfini mais bien bourratif. On ne croise pas trop de monde dans ce coin là, quelques petites curiosités mais surtout, on chemine vers notre but : le canal de Meguro, recommandé par le guide car bordé de cerisiers. Alors oui, ok, mais pourquoi il n’y a quasi pas d’eau ? Nous, on s’était imaginé un Canal façon Canal St Martin ou Canal de l’Ourcq, quoi… La balade est néanmoins agréable même s’il fait chaud, on voit quelques tortues dans l’eau. On croise même un château… Toujours cette démesure architecturale. Pour se reposer de cette bonne heure et demie de marche, on se pose déguster un café pour Victor, un matcha pour moi… Ok, en rentrant, je vais apprendre à m’en faire pour ma boisson doudou de l’hiver.

Petite peinture murale #tokyo #japan #ebisu #samourai #streetart

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Après un petit passage au Family Mart pour s’offrir une boisson frappée (vanille cookie pour lui, matcha pour moi. Oui, j’adore le matcha), on repart vers la gare pour aller zieuter le Pont Nihom avec ses lions et ses dragons. On met deux heures à le trouver car mon guide a décidé que les noms de rues, ça servait à rien, mais nous voici enfin devant ce Pont assez fascinant. Il n’est pas exceptionnel en soi, c’est un pet de mouche par rapport à notre Alexandre III, par exemple, mais c’est sa situation qui me fascine. J’avais noté ça dès le premier jour : il n’y a pas de volonté de faire respirer les points d’eau dans la ville. A côté de chez nous, à Akihabara, il y avait une sorte de canal pas loin mais qu’on a cherché une bonne heure pour se repérer… et qui était littéralement coincé entre deux immeubles. Avec des mecs qui font du jet ski dessus. Là, c’est pareil : le fleuve est littéralement enterré sous les différentes voies de circulation. A Paris ou Toulouse, les voies d’eau sont des voies de circulation avec péniches, bateaux mouches et même Sea Bubbles [quand j’ai écrit mon carnet, les Sea Bubbles devaient arriver de façon imminente] . Là, on a l’impression que l’eau fait chier donc on l’enterre.

Tokyo rivière Akihabara Tokyo Pont Nihom Tokyo Pont Nihom Tokyo Pont Nihom

Retour à la gare, très en avance pour prendre notre train, on est un peu contents de quitter la frénésie Tokyoïde. La ville est surprenante, j’adore les délires architecturaux  en tout genre mais avec Victor, on est d’accord : Tokyo ne passera pas devant New York mais surtout Athènes, notre ville préférée du monde. Le train file vers les montagnes, destination Otsuki  puis Kasei pour se préparer à affronter le Mont Fuji

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Tokyo la dystopique

Je suis effroyablement en retard sur mes ambitions de carnets japonais mais ma vie en ce moment… je vous en parle pas pour pas salir cet article qui va me replonger avec délice dans ce voyage qui me paraît déjà si lointain… Quoique… Là, non, parce que je vais vous parler d’un aspect de Tokyo qui peut paraître étrange pour nous, Occidentaux mais Tokyo, c’est trop une ville dystopique.

Je suis une fille à imagination débordante : je lis, j’écris et quand je mets le pied dans une ville, je la scrute parfois comme un décor. Quelle histoire pourrais-je y raconter, quel élément du décor je vais pouvoir récupérer pour l’intégrer à mon récit ? Si New York était tellement Gotham City (mais quelques éléments ont d’ores et déjà pu me servir dans certains écrits, notamment mon histoire d’Ofelia dans son Néo-Rome), Tokyo, c’est… absolument Technopolis quand je vais le réécrire. C’est une ville du Futur… mais une ville du futur telle qu’on les imaginait quand j’étais plus jeune et que j’ai commencé à découvrir la SF et les romans d’anticipation.

#manhattan soleil couchant en direct de l’empire state building #sunset #latergram #Newyork

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Quand j’ai écrit des romans d’anticipation se passant dans des villes futuristes, ce qui est donc le cas de Technopolis et Ofelia, les deux villes concernées avaient exactement la même structure : toutes en verticalité avec des buildings qui vont te gratter le ciel, tellement que le Burj Khalifa, c’est un Playmobil à côté, plus de voitures mais des monorails et des ascenseurs (quoi que dans la version 1 d’Ofelia, alors qu’elle s’appelait Cecilia (hommage discret à Moravia), elle conduisait des voitures arrondies pour apporter un peu de douceur dans une société en crise, blablabla) parce que mes villes du futur, elles sont écolos… en fait, non, elles sont surtout hyper contrôlantes donc évitent que les gens aient les moyens de se déplacer facilement mais dans l’absolu, je suis une militante acharnée des villes sans voitures. Ce qui n’est pas le sujet. Donc des villes en verticalité traversées par des transports en commun avec des écrans animés qui parlent, une sursaturation des sens qui t’empêche de réfléchir… Bordel, c’est Tokyo.

Tokyo la nuit

Je ne saurais trop dire si j’ai aimé ou pas Tokyo… D’abord parce qu’il n’y a pas un Tokyo mais plusieurs endroits très différents les uns les autres, comme dans toute grande ville. A Paris, il y a des quartiers que j’aime et d’autres où je fais la gueule dès que je dois y mettre les pieds. Mais si je devais donner mon avis sur Tokyo, je dirais que je l’aimais… de jour. La nuit, je la trouvais attractive avec ses néons partout, son côté tellement… tu peux pas tout voir tellement ça clignote, ça s’agite, ça impressionne… Ca saoule. Littéralement. De nos soirées tokyoïdes, on a surtout une grande fatigue alors même que le spectacle pouvait être magique comme à Odaïba (le quartier de la baie de Tokyo que j’ai absolument adoré parce qu’architecturalement parlant, c’était littéralement la fête du slip qui te ridiculise Noisy-le-Grand)(même si j’ai super envie d’aller faire des photos à Noisy-le-Grand vu que mes potes en ont fait plein). D’abord parce que ça grouille de monde mais surtout parce que ça te parle. Des écrans géants qui te diffusent des messages de pub en permanence avec cette voix japonaise que j’associe tellement aux grandes catastrophes (parce que j’ai trop regardé Evangelion, certainement). Tu te balades dans les rues multicolores, des voix te disent des choses en boucle sans que tu en sois conscient, on est à la limite du message subliminal, tout est sursaturé… et tu fais quelques mètres en dehors de la grosse zone, t’as plus un bruit.

 

Alors est-ce que Tokyo va m’aider pour mon écriture ? Pas pour le Néo-Rome d’Ofelia mais pour Technopolis reload de quand je l’écrirai… ABSOLUMENT. Parce que oui, pendant quelques secondes, j’ai joué à “je suis dans Technopolis” et je vous garantis que ça marche d’enfer. Limite, je me demande si Oceany ne devrait pas être rebaptisée Mitsuko et tout déplacer au Japon tellement le japonais irait trop bien à cet univers… Mmm…

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Trepalium : bienvenue dans la société Travail

Je vous avais promis de vous parler de Trepalium la semaine dernière et vu que nos députés sont en plein “débat” sur le projet loi Travail, le sujet tombe à pic.  Mesdames et messieurs, aujourd’hui, c’est dystopie à base d’ascenseur social complètement ravagé, de société où 20% des plus riches s’en sortent tandis que les 80% les plus pauvres et sans emploi sont relégués de l’autre côté du mur. Oui, les dystopies, c’est pas censé être gai.

Trepalium série Arte

Donc dans un futur peu riant, la société est divisée en deux : d’un côté, les ingénieurs fortunés d’Aquaville et de l’autre, les miséreux sans emploi. On pourrait retrouver le système méritocratique de 3% dont je parlais semaine dernière mais pas tellement : il y a une certaine reproduction sociale même si ceux qui vivent dans la ville peuvent dégringoler le lendemain s’ils perdent leur travail, par exemple. A l’inverse, la seule chance qu’ont les pauvres de rentrer dans la ville, c’est de gagner à la loterie, autant dire que c’est maigre. Du côté des pauvres, c’est donc la survie sans espoir jusqu’au jour où le gouvernement décide que 100 d’entre eux seront pris en emploi solidaire à Aquaville. On fait pour l’occasion connaissance avec Izia qui vit seule avec son fils dans la zone pauvre. Ils obtiennent tous les deux un emploi de solidaires, pas forcément de façon loyale pour Izia mais peu importe. On va donc les suivre du côté des riches.

Trepalium, Izia et Noah

Izia est balancée chez des nantis où, hasard extraordinaire, la mère est son formidable sosie. Cette dernière, Thaïs a une liaison avec un collègue qui se trouve être un membre de la résistance contre le système, il lui fait miroiter une mutation dans une autre ville où ils vivront à deux si elles volent des données à son beau-père, un gros entrepreneur d’Aquaville. Ca échoue et suite à quelques péripéties, Thaïs atterrit dans la zone, prisonnière et Izia doit donc la remplacer auprès du père, Ruben, car on est dans le paraître ici. En effet, l’ex boss de Ruben est mort (épuisement ou suicide, pas clair) et il convoite sa place donc il doit venir avec sa femme. C’est donc pour nous l’occasion de découvrir la vie des nantis à travers les yeux d’Izia.

Aquaville dans Trepalium

Ca donne envie…

Bref, on en revient à ce type de dystopie sociale avec les riches d’un côté, les pauvres de l’autre, avec la question du travail et de la réussite au centre, des questionnements sur la médiocratie. Ici, il est question de reproduction sociale, les “enfants de” ont beaucoup plus de chance de rester du bon côté du mur même si le déclassement reste une menace. Mais curieusement, même dans la bouche des pauvres, Aquaville n’est jamais l’eldorado, les pauvres ne rêvent que de mettre de l’argent de côté pour “partir dans le sud”. Concernant le travail en lui-même, les fonctions des uns et des autres restent assez opaques, on est là pour “faire des affaires”, on est ivres de performance alors que le travail de Thaïs/Izia consiste à retaper des lignes de couleurs, un boulot que pourrait assumer sans soucis mon neveu de 4 ans, quoi. Dans cette société de la performance, nulle place pour les sentiments : Thaïs est totalement détachée de sa fille mutique qu’elle considère déjà comme perdue alors que son père la pousse à étudier pour ne pas se retrouver dans la zone. Miroir intéressant avec Izia qui élève seule son enfant dans la zone. Ah et comme 99% des enfants (bon là, un ado mais pareil) dans les fictions, l’enfant d’Izia, t’as juste envie qu’il parte dans le sud au plus vite.

Izia ou Thaïs dans Trepalium

On a aussi des intrigues politiques mais surtout : on en pense quoi de Trepalium ? Alors j’ai trouvé l’initiative cool, c’est bien qu’une fiction de genre émerge un peu en France où l’on méprise tout ce qui est science fiction, anticipation et, donc, dystopie. Le style rétrofuturiste me parlait forcément et je trouvais amusant de reconnaître des endroits de Paris dans les différentes tribulations des personnages tout en m’étonnant que certains lieux ultra bétonnés n’aient pas été utilisés. Mais l’histoire… erf.

La famille de Nadia, Trepalium

En fait, le concept de base est hyper intéressant et pas tellement délirant en soi, on n’a aucun mal à entrer dedans mais… mais on s’en prend trop dans la tête en 6 épisodes, pas mal de choses sont assez inutiles (en particulier les histoires politiques), les personnages ne sont pas attachants, on s’en fout de ce qu’il leur arrive, les hasards sont un peu trop “ohlala, c’est trop incroyable”. Genre la ressemblance entre Izia et Thaïs (et autres rebondissements que je ne dévoilerai pas ici mais que vous verrez forcément venir). Bref, une écriture un peu faible qui nuit au propos. J’ai lu que les réalisateurs avaient prévu de réaliser plusieurs séries de ce genre pour nous donner des clés de réflexion sur le monde qui nous attend. Cool. En espérant que la prochaine mouture soit un peu plus mature et un peu plus solide dans son écriture.

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C’est triste, les gens ne se parlent plus

Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. En ce temps là, dans les rues de Paris, tous se saluaient à coup de bonjour, bonjour, bonjour, le boulanger porte son plateau bien garni du bon vieux pain de son fournil, bonjour, bonjour, salue ta famille ! . Mais hélas, avec le temps va, tout s’en va et aujourd’hui, les gens ne se parlent plus.

La Belle et la bête de Disney, Belle traverse le village en lisant

“Dans le métro, les gens sont tous sur leurs smartphones et ne se parlent plus”, “Pokemon Go, c’est nul, les gens sont scotchés à leur jeu et ne se parlent plus”, “on peut plus draguer les meufs dans la rue, dès que tu leur adresses la parole, elles fuient. Comment tu veux que les gens se parlent, après.” Alors pour le dernier (vrai argument déjà entendu, je.vous.jure), j’ai envie de lui dire que “draguer” n’est pas synonyme de “parler”, je réponds très gentiment aux gens qui me demandent leur route, j’ignore les “hé mademoiselle”, par contre. Mais pourtant, ça pleure, ça chouine parce que plus personne ne se parle. Très bien. Mais c’était quand que les gens se parlaient spontanément comme ça ?

Une foule dans la rue, les gens ne se parlent plus

N’ayant vécu qu’une trentaine d’années et uniquement en France, mon expérience est certes limitée mais déjà enfant, je n’ai pas de souvenirs de gens commençant à deviser spontanément dans la rue, comme ça, pour le plaisir… Je me souviens même qu’à une époque, j’avais décidé, je ne sais plus pourquoi, de dire bonjour à ABSOLUMENT tout le monde dans la rue. Je vous parle de quelque chose qui a dû se dérouler en 85, max 86, donc bien avant les smartphones, Tinder et Pokemon Go, on avait déjà à peine des téléphones sans fil (je suis quasi sûre que j’avais encore un téléphone à écran, peut-être à touche à ce moment là, avec le gros fil qui s’emmêle) et déjà, quand je faisais ça, je sentais souvent de l’indifférence, parfois de la gêne… En fait, le seul endroit où je vois des inconnus se saluer spontanément, c’est dans les salles d’attente et sur les sentiers de promenade… Même dans mes cours de yoga où on est censés être tous zen et bienveillants, beaucoup entrent et sortent sans dire bonjour ou au revoir.

cours de yoga, position du chien tête en haut

L’ignorance de l’autre, un mal typique de la fin du XXe- début XXIe ? Et bien… non pas du tout. Je n’ai pas lu tous les romans qui existent mais il me semble que les gens inconnus qui viennent vous parler comme ça, dans la rue, ça n’a jamais été très bien tolérés, c’est plus vu comme un signe de folie que de politesse… ou alors, c’est quelqu’un qui veut vous vendre ou réclamer quelque chose. Bref, pas la grande conversation chaleureuse ou enthousiaste.

Un duo de jeunes mormons abordent une femme dans la rue pour lui parler

Bonjour, avez-vous rencontré Dieu ?

Alors je sens déjà qu’on va me rétorquer “mais attends trop pas, dans tel roman, à un moment, y a un personnage qui est seul et on vient lui parler”. Sans doute mais ça, ça arrive dans la vraie vie. Je veux dire, soyons honnêtes trente secondes. Non, je ne parle pas aux gens spontanément dans la rue ou dans le métro parce que j’ai le nez sur ma liseuse ou que je suis en train d’écrire mais il arrive parfois quelque chose, un détail insignifiant qui va engager une conversation. Encore l’autre soir, je terminais une conversation téléphonique dans le bus (et je mérite le bûcher pour ça, je déteste entendre les discussions des autres) avec ma maman, je claque donc le traditionnel “bisous, mamoune!” puis raccroche. Là, une femme est venue vers moi “oh ben ma fille aussi, elle m’appelle Mamoune, je croyais que c’était la seule !” Hé non, Sud ouest power, qu’est-ce que tu crois ! Rien, juste ce petit rien, la dame est descendue après en me disant bonne soirée. C’était à la fois mignon et un peu flippant et j’ai compris pourquoi Victor me dit que je parle trop fort au téléphone.

Femme en petite tenue téléphone

Alors on va arrêter un peu avec ce “c’était mieux avant, les gens se parlaient” parce que désolée mais non. Pas plus que maintenant, en tout cas. Et ce n’est pas une histoire de smartphone, de malséance ou je ne sais pas quoi, juste que… pourquoi on irait parler spontanément à des gens à qui on n’a rien dire. C’est des fois galère de soutenir une conversation avec des connaissance, pourquoi tenter avec des gens qui ne nous demandent rien et ont peut-être juste envie de calme et de rester dans leurs pensées. Oui parce qu’on n’a pas attendu les smartphones pour ne pas avoir envie de causer tout le temps, partout, voyez… Des fois, on a juste besoin de… enjoy the silence

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Stockholm, Paris, Milan, Rome, Montréal

Hé non, ceci n’est pas la liste de mes prochaines vacances mais quelques lieux de mes romans en cours (enfin, y en a qu’un réellement en cours mais voyez l’idée). Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de cette petite dose d’exotisme que je m’autorise au quotidien en racontant une histoire qui n’a pas lieu là où je vis et des galères que ça peut impliquer.

Stockholm

Je vous ai déjà parlé plusieurs fois du roman de Maja qui se passe donc à Stockholm avec des activistes écologistes anti nucléaires. Pourquoi Stockholm alors que j’y ai jamais mis les pieds ? Parce que je ne sais pas, en toute honnêteté. Au départ, j’avais pensé à des Allemands parce que l’écologie, là-bas, c’est quelque chose mais la Suède faisant partie de mon top 5 des pays préférés, voilà. J’ai également une histoire qui fait actuellement environ 13 lignes qui raconte l’histoire de Daniela de Milan, j’ai Audrey qui-n-avance-pas de Paris, Ofelia à Rome (mais un Rome un peu dystopique, un Néo Rome, un peu… j’avais aussi une histoire très similaire dans un Rome du futur mais qui est peu ou prou le même qu’aujourd’hui et Ofelia s’appelait alors Cecilia, comme l’héroïne de l’Ennui de Moravia, quel hasard…) et Marine (je me souvenais pas du tout avoir choisi ce prénom) qui vit un peu  à Montréal. Bref, des histoires au quatre coins du monde. Et pourquoi ?

Montréal vu du Mont Royal

Et pourquoi pas ? Je n’ai pas de réelle raison et il est certain qu’il serait bien plus facile pour moi de tout placer à Paris ou Toulouse car… Ben, on va pas se mentir, je me rajoute bien de la complexité. Reprenons mon roman de Maja, si vous le voulez bien. J’écris un peu bille en tête sur mon cahier puis je fact checke au moment du recopiage. C’est ainsi qu’au départ, Maja laissait son ami sur le quai du métro quand… poueeeeeeeeet ! Quoi ? Ah oui, pas de métro à Stockholm, okayyyy… Idem pour une scène censée se passer devant un commissariat, tout est très clair dans ma tête sauf que… ben ce que j’imagine n’a rien à voir avec la réalité et me voilà sur google maps à trouver un commissariat qui pourrait répondre à mes critères.

Suède, commissariat de Malmö

Oui, ceci est un commissariat (celui de Malmö). Ce pays est magique

Il est vrai que je me plante sur pas mal de détails comme ça et vous allez, peut-être, me dire que c’est pas grave : il y a quand même peu de chance qu’un Stockholmois tombe un jour sur ce récit, on peut tout à fait admettre qu’il s’agisse d’un Stockholm fantasmé puisque la plupart des gens qui liront cette histoire (si tant est qu’il la lise un jour), auront leur propre image de la ville selon les très rares éléments que je donne, de ci de là.

Brunnsviken à Stockholm, mer

Cependant, ça reste un exercice un peu sympa de fouiller les Google Maps, Earth et Street view pour se créer un décor le plus réaliste possible. Je sais que j’irai un jour à Stockholm, sans doute pas cette année mais bientôt, un jour, peut-être en 2018. D’ici là, j’espère avoir fini l’écriture de ce roman de Maja mais j’irai là-bas avec une certaine émotion, j’essaierai de visiter quelques lieux, me rendre à quelques coins de rue, qui m’ont servi à narrer mon histoire.

Restaurant végétarien Hermans à Stockholm et sa terrasse

Et puis, je crois qu’au fond, je n’aime pas l’ethnocentrisme. Paris est un décor fabuleux pour des milliers d’histoires, bien entendu, mais j’ai envie de voyager aussi mentalement, m’imaginer des ailleurs dans lesquels mes personnages, tout aussi imaginaires, vivent leurs histoires. Peut-être parce que Paris est trop mon décor quotidien que je n’imagine pas forcément de folles aventures ici… Peut-être dans des quartiers que je fréquente peu même si je vois mal des écoterroristes préparer leur prochaine action en sirotant un chocolat au Café de Flore, par exemple.

Terrasse du Café de Flore, Paris

Bref, quand je commence une histoire, je dois répondre à deux questions : qui et où ? Et j’aime sortir ma mappemonde pour choisir. Ah mais tiens, je vous ai pas parlé du Qui, non plus. Ce sera l’occasion d’un prochain article.

Cartes d'identité françaises

Bonne semaine !

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On regarde la télé pour détester

Depuis maintenant 2 ans et demi, je vis sans télé. Ca a commencé par une télécommande cassée, une flemme de s’en occuper et une découverte des Youtubeurs, le tout couplé à un petit copain très peu fan de la petite lucarne également. Nous passons désormais nos soirées à regarder la production de nos Youtubeurs préférés, pas mal de séries et parfois, des films. Mais parfois la télé revient inopinément dans ta vie et là, tu hallucines : en fait, on regarde la télé pour détester, c’est ça ?

Yann Barthes sur le plateau du Quotidien, lance une vidéo où il répond à Cyril Hanouna de TPMP

31 décembre, 23h et quelques, je fais le réveillon chez mes parents parce que j’aime pas faire le réveillon donc j’étais ravie de m’échapper de Paris pour ne pas être obligée de faire un truc jusqu’à 7h du matin. Après un petit gueuleton 4 étoiles et un DVD des Chevaliers du Fiel parce que Victor doit prendre une bonne dose de sud ouest avant de repartir (ohé, ça va, moi, j’ai dû regarder Plus Belle la Vie chez sa mère qui vit dans le sud est), il nous reste quelques instants avant minuit, mes parents décident donc de passer sur la télé pour ne pas louper le décompte. On tombe d’abord sur France 2 avec Patrick Sébastien et son plus grand cabaret, ma mère hurle et zappe. Nous voici donc sur TF1 pour une émission dont je n’ai absolument pas compris l’intérêt. Je vous raconte un peu : y a Nikos Aliagas à Disneyland et il reçoit des people en pleine campagne promo par paire et ils balancent tous vite fait une playlist de chansons qu’ils aiment bien. En gros la playlist apparaît et si les artistes ont chanté ladite chanson sur un plateau de TF1 un jour, pif, on a droit à un extrait de 10 secondes… Aucun intérêt, oui, c’est tout à fait ça.

Emission du réveillon sur Tf1 : Nikos Aliagas reçoit Tal et Amir à Disneyland

Ah par contre, ma mère m’a étonnée, elle connaît Amir… Mec que je connais moi car twitter s’est moqué d’Elodie Gossuin et son houhouhou. Je suis trop connectée

Comme ma mère commençait à tout critiquer “il est nul ce Nikos, pfff”, “c’est qui cette moche ?”, “c’est nul ce qu’elle chante !” “Ah il manquait plus que la Jenifer, là, elle est toujours en train de montrer ses aisselles celle-là!” (je cherche encore l’histoire des aisselles, je vous tiens au courant), je saisis la télécommande pour mettre autre chose mais là “non mais laisse, j’aime bien le truc des chansons, là…”. Et là, la vérité terrible fond sur moi : en fait, on mate juste la télé pour dire du mal. Et ma mère est totalement là-dedans. Non parce que ma mère, quand la télé est éteinte, elle est beaucoup plus civique, charmante, beaucoup moins… la réincarnation d’un des vieux du Muppet Show.

Les deux vieux du Muppet show

Il y a quelques années, je confessais un certain goût pour la merdophagie qui laisse encore quelques traces. Je n ‘ai plus la télé donc loin de moi toutes les sitcoms, telenovelas et autres soap operas dont j’adorais me moquer (parce que cible hyper facile), me reste parfois une petite affection pour les nanards. Mais même si je n’ai plus la télé, j’ai toujours une vague idée de ce qui se passe car… Twitter ! Hé oui, quand je viens mater mon fil d’actu le soir, j’ai le résumé de tout ce qu’il se passe à la télé et en général… vous n’aimez pas ce que vous regardez et vous daubez bien dessus. Oui, j’ai fait pareil dans le temps et la question reste : mais pourquoi on fait ça ?

Le bachelor, Diane et Marco s'embrassent à Paris

J’aimais bien basher le Bachelor mais juste parce que les ficelles étaient trop grosses

Peut-être est-ce par paresse ? Regarder une émission conne et critiquable nous rend notre cerveau tout disponible pour coca, j’aime appeler ce genre de programme des “jacuzzis du cerveau”. Sauf que bon, quand je regarde un reportage, ça ne me fatigue pas intellectuellement, j’apprends des trucs certes distraitement et il est possible que j’en oublie la moitié mais ça marche quand même. De la même façon, je peux regarder un film profond ou haletant (un thriller nécessite de réfléchir, quand même, c’est une sorte de réflexe, on tente pendant deux heures de remettre les pièces du puzzle) sans m’évanouir de fatigue… En fait, je trouve très regrettable qu’on associe “pas prise de tête” avec médiocre.

regarder la télé pour détester, jeune femme assise entre deux téléviseurs, années 50

Est-ce par manque d’envie de faire autre chose. On zappe, on mate, y a rien de bien, on met la première connerie qui passe histoire de s’occuper en attendant le coucher ?

Une jeune femme s'ennuie devant la télé et grignote des chips

Ou est-ce par une sorte de mesquinerie ? Une sorte de miroir déformant qui, par écho, nous rend plus intelligent, beau et intéressant. Je veux dire quand on voit à la télé une fille expliquer le plus sérieusement du monde qu’il ne peut pas y avoir qu’une lune et que la lune, c’est pas un satellite car il n’y a pas d’antenne, le seul plaisir qu’on peut ressentir sur le sujet, c’est un “mimimi, je suis intelligente, moi, je le sais, ça !” Ouais te la pète pas trop non plus parce que…
Qui veut gagner des millions, le public pense que c'est le soleil qui gravite autour de la terre

Mais merde !

Bref, et si la télé, c’était juste un catalyseur pour la méchanceté humaine ? Un besoin de se défouler, de dire du mal de Nikos et ses amis ? Ce qui expliquerait le succès des shows médiocres comme les Chtis, Secret Story et tout ça ? Après tout, est-ce que parfois, j’ai pas la tentation de mater des replays de conneries juste pour laisser ma plume acérée s’exprimer sur les réseaux sociaux parce que, oui, j’aime tordre les récits de sitcoms plates pour en faire quelque chose de drôle… et j’avoue que certains tweets sarcastiques me font marrer alors que je ne regarde même pas le show en question… Mais quand même, est-ce vraiment ça qu’on est censé attendre d’un medium qui pourrait nous apporter tellement plus ?

 

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Commencer un roman

Il y a quelques temps, je vous avais parlé du fait de finir un livre… niveau lecture et un twittos m’avait dit, un peu taquin “je croyais que tu parlais de finir d’écrire un livre”. Et non parce que j’ai du mal pour cause de “la vie professionnelle, ça fatigue une Nina”. Par contre, il y a quelque chose que je fais super bien : commencer un roman … à écrire. Et c’est une sensation merveilleuse.

commencer un roman

Petit tour sur mon Drive : j’ai 25 ébauches de roman. Je n’avais pas fait l’effort de compter avant de débuter cet article et je suis sidérée. 25 embryons d’histoires… Bon ok, sur les 25, y en a 2 paires, c’est le même sauf que j’ai choisi de refaire l’histoire et certains ne comptent même pas une page mais quand même. Certains ne verront jamais le jour : je me suis lancée la fleur au fusil de la motivation mais j’ai très vite laissé tomber. Je ne finirai donc jamais l’histoire de Jérôme et Valentine, ni celle d’Audrey, en plein marasme dans sa vie (c’était une relative autobiographie de mon début d’année 2011, c’est certainement pour ça que je m’en suis arrêtée là mais j’ai récupéré le prénom d’Audrey parce que je l’aime vraiment bien), ni d’autres que je regarde, circonspecte : c’est moi qui ai commencé à écrire ce truc là ?

tampon "mauvais manuscrit" humour

Parce que dans la vie, j’ai un don et presque une malédiction : une imagination de malade. L’inspiration me bombarde en permanence. Lire un magazine et y trouver un fait divers qui serait une super histoire, naviguer nonchalamment de reportages en reportages sur Youtube et trouver un récit incroyable, surprendre une conversation entre deux personnes, m’interroger sur une chose incongrue vue ou aperçue. Parfois, j’essaie de construire un roman sur une personnalité particulière, un trait de caractère qui me fascine (pas forcément dans le bon sens du terme genre “je suis fascinée par Poutine parce qu’il ferait un personnage de roman incroyable”). Et n’oublions la source principale de mon imagination : mes rêves.

un femme dort sur un nuage et rêve

Genre ça se passe à la montagne, “je” suis l’héroïne de l’histoire. C’est confus, c’est la nuit et j’ai fait du ski (passionnant), il y a l’Hiver (allegro non molto) de Vivaldi et deux mecs qui m’ennuient, ça vire à l’agression mais l’Homme arrive. Je sais que je l’ai repoussé tantôt, un quinqua puissant et marié et qui porte un grand manteau mais là, il vient de me sauver alors je cède, reconnaissante et ivre de lui, sur cette même musique de Vivaldi. Le lendemain, j’arrive au boulot, exaltée, je commence à réfléchir à quoi faire de cette histoire. Après avoir imaginé une histoire proche de Black Swan, je suis retournée à ma data chérie et j’ai laissé tomber. Par contre, si j’écris une sitcom (voire une télénovela parce que y a souvent une histoire de meuf jeune, pauvre mais belle et du riche plus âgé qui craque sur elle au delà des barrières sociales), je m’en resservirai.

teresa et mariano, couple phare de la telenovela Teresa

Il y a cette histoire dans un chalet perdu au milieu de nulle part, il y a un scientifique, de jeunes gens dont “moi”, il y a de la neige (je rêve souvent de neige, tiens), des séances d’hypnose et au fur et à mesure de l’histoire, on découvre que le scientifique nous fait régresser par l’hypnose dans nos vies antérieures car nous avions tous été dans ce chalet dans notre ancienne vie et il y a eu un meurtre, le scientifique cherchait donc le pouvoir alors que le passé et le présent se mélangeait pour nos jeunes. A la fin du rêve, je me retrouvais soudain devant la télé et cette histoire était un film que je regardais et, tandis que j’arrangeais un bouquet de fleurs, je me désolais de ne pas avoir eu l’idée de cette histoire en premier. Evidemment, en me réveillant, j’étais exaltée car si, c’était mon idée à moi. Arrivée à la fac, je commençais à vite prendre des notes pour ne pas oublier… Pour finalement me rendre compte que c’était plutôt une idée de merde en fait.

Une femme assise sur un nuage avec une tablette lit

Mais j’aime commencer un nouveau roman. Poser le personnage principal, qu’il s’agisse de Guillaume, Maja,  Daniela, Ezialis, Audrey (3 fois), Allegra, Annabel (oui, j’écris plus facilement à travers une héroïne). Ils vivent à Paris, Rome, Stockholm, New York ou dans un royaume qui n’existe pas en vrai. Ils débutent leur histoire sans savoir ce qui va leur arriver, inconscients qu’ils commencent ici l’aventure de leur vie, heureuse ou malheureuse. Il n’y a que moi qui sais, moi qui tisse leur destin, qui pense à un aléa à ajouter au récit alors que je me douche ou même que je suis aux toilettes. Ecrire à un aspect grisant, on a droit de vie ou de mort sur des personnages, on place sur leur chemin dès micro événements qui feront toutes la différence. On voit naître sur l’écran cette histoire qu’on a en tête, se matérialiser cette histoire qu’on avait envie de raconter depuis des lustres.

une maman lit un livre à sa petite fille avant de dormir

Et puis… À suivre.

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L’appartement mystère

La vie est parfois pleine de surprise. En pleine recherche d’appartement, je fais des “expéditions punitives” sur Seloger.com : je rentre mes critères (5 villes ciblées, Paris proche banlieue compris), je mate les annonces et si ça n’a pas l’air trop mal, j’envoie un mail puis je rentre le numéro dans le Trello qu’on a mis en place avec Victor pour voir si je rappelle (bon sauf qu’il le regardait pas et une fois sur deux, le temps que je rappelle, l’appart n’était plus valable). Jusqu’au jour où je reçois le coup de fil pour… l’appartement mystère.

MaisonB12_Vignette

“Mlle Bartoldi, bonjour, ici l’agence Immobilia, vous avez envoyé un mail pour un appart de 53m² à 1050 € à Trivelin, est-ce que vous souhaitez le visiter”. Ah bah oui, oui, monsieur ! Il me donne les coordonnées de sa collègue, rendez-vous est pris… Sauf que je vois pas du tout de quoi il me parle. Ca me rappelle un peu mes recherches d’emploi, quand je balançais mon CV à tout Paris et qu’on m’appelait “Oui, bonjour, société Bidule, vous avez postulé à une annonce, vous voyez ?””Ah ben oui, bien sûr, enfin voyons!” Non,là, de suite, non, j’ai pas mon excel de candidature sous le nez… Donc je recherche l’appart en question, je trouve pas dans ceux que j’ai mis de côté… En reprenant la recherche initiale, je finis par le retrouver et… ok, y a juste deux photos floues du balcon… Mais qu’est-ce que je suis allée envoyer un mail sur cet appart ? Bon, c’est pas grave, le coin nous intéresse sur le papier, ce sera l’occasion de se frotter au quartier pour de vrai.

appartement mystère

Un samedi matin, nous voici donc à Trivelin. Bon, la sortie du métro est pas ouf mais ça craint pas et on va pas vivre dans le métro donc bon… On marche un peu, on voit au loin une zone industrielle un peu en friche mais bon, on va pas vivre sur le trottoir, voyons l’appart. On finit par trouver, on se retrouve à monter au 10e avec une dame très charmante qui voulait me prêter une écharpe au bout de 2 mn, on arrive et… ah mais oui, ça le fait ! Une belle surface, bel état, une cuisine américaine, une chambre avec placard, une salle de bain assez grande, un salon parqué, une entrée avec un autre placard et surtout, surtout…. une terrasse avec vue… On signe où ?

VUE

Bon, je vous cache pas que j’ai manqué de passer Victor par la fenêtre. “Alors, voici la chambre avec parquet mais vous pourrez mettre un tapis, hein!””Oh vous savez, avec deux chats, on va éviter !”. J’arrête de respirer, la dame réagit pas. On finit la visite et il remet ça “oui parce que bon, avec deux chats…” Mais taiiiiiiiiiiis-toi putain ! “Ah vous avez des chats?” Ok, c’est mort “Ah les chats, c’est mieux que les chiens, ça fait pas de dégâts”. Quand je lui en parle plus tard, il me dit “non mais on va pas mentir non plus”. Non mais en entretien, par exemple, si on ne me demande pas expressément si je suis efficace dès le matin, j’évite de balancer gratos “embauchez-moi mais sachez qu’avant mon café, que je vais faire durer jusqu’à 10h30 au moins, ça sert à rien de me faire bosser, hihi !”

le-cafe-efficace-contre-le-cancer

Bref, le mercredi, je vais voir la dame dans une brasserie pour lui donner le dossier, elle veut à tout prix m’inviter à déjeuner puis m’explique les différentes modalités pour le loyer, le déménagement… Heu mais… vous voulez pas regarder le dossier avant, madame ?

Red folder and keys with rental agreement.

Et c’est ainsi qu’en ayant répondu à une annonce par accident, nous avons trouvé notre petit nid d’amour (et je pense que personne n’a postulé à part nous)… Comme quoi, le hasard fait bien les choses, parfois…
Du coup, c’est parti pour les cartons, les démarches administratives donc vous comprendrez que je vais sans doute moins repasser par ici… ouais, ça va pas trop changer par rapport aux derniers mois !

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Les Québécois, les gens les plus merveilleux du monde

Tant que je suis dans mon bain d’amour pour l’humanité suite à ma retraite yoga, je dois vous parler des Québécois, terminant ainsi mes articles sur mon voyage au Canada. Comme vous avez pu le ressentir à travers mes articles, j’ai beaucoup aimé mon bref passage au pays des Caribous et je me dis que j’y vivrais bien, tiens. Parce que oui, les hivers sont peut-être rigoureux mais les Canadiens sont les gens les plus adorables et polis de la terre.

Man stretching jacket to reveal shirt with Canada flag

Arrivée à Montréal, je me frotte direct aux transports en commun pour rejoindre l’appart de Joy et Isa. Mes écouteurs vissés dans les oreilles pour ma musique de voyage, je me tiens droite sur le quai du métro, guettant l’air de rien par dessus mon épaule celui ou celle qui va me faire le plan classique de venir se poser juste à côté de moi pour rentrer en premier dans la rame. Ah non, personne ne fait ça… Je rentre dans la rame, m’assois. Dès qu’une personne âgée arrive, quelqu’un lui cède la place… Oh mon Dieu, quel est donc ce pays merveilleux ?

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Un exemple m’a particulièrement frappée : à un moment, on doit prendre le bus, je vois des gens en rang d’oignon sur le trottoir. Intriguée, je demande  mes copines ce qu’ils font “Ben, ils attendent le bus”. Oh mais tu veux dire que le premier arrivé sera le premier entré dans le bus ? Non mais laissez moi vous raconter comment ça se passe à Paris pour que vous compreniez mon choc (pour ceux qui ne connaîtraient pas les us et coutumes de notre capitale) : les gens se posent de façon anarchique à l’arrêt de bus et dès que le véhicule arrive, ça se bouscule sur le trottoir. Et en général, vous avez toujours un connard ou une connasse qui arrive en même temps que le bus mais se place sans trembler devant tout le monde.

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Tout est à l’avenant ! Les serveurs et serveuses vous parlent, font des blagues, vous demandent si ça va bien et avec le sourire en plus. Une anecdote : lors du dernier jour, nous sommes allées à Juliette et Chocolat, un salon de thé dédié au chocolat (comme on s’en doutait pas). Avis lus sur Internet : “service prétentieux avec que des serveurs français”. Et oui, ça m’a fait rire.

juliette-chocolat salon de thé Québécois

Alors forcément, au bout de 4 jours, j’ai envie de vivre là-bas : la rue n’est plus une épreuve, les gens sont gentils, polis, les mecs ne vous ennuient pas, tout ça, c’est le bonheur, j’avais envie de faire des bisous à tout le monde. Mais vous savez le pire ? C’est que je sais que si, demain, je partais vivre au Québec, il me faudrait quelques jours pour abandonner mes réflexes de parisienne connasse parce que… ben 11 ans dans la ville de la petite incivilité, du “je rentrerai avant toi dans le métro pour choper la place assise et tant pis pour les vieux, invalides ou femmes enceintes, je poserai mon cul ! Et j’utiliserai le strapontin même si y a du monde parce que mon confort passe avant le vôtre, bande de boloss !”, ben, je suis toujours sur mes gardes, prête à faire chier les connards qui voudraient me passer devant, la langue qui claque au premier “lent en plein milieu” qui se dresse su mon chemin (j’ai développé une vraie aversion pour les gens lents qui errent dans les couloirs du métro. Je veux bien être tolérante envers les personnes âgées mais les gens qui marchent de travers en plein milieu aux heures de pointe dans les couloirs parce qu’ils lisent leur smartphone, j’ai envie de les encastrer dans le mur… Voyez ce que je veux dire sur le “abandonner mes réflexes de connasse parisienne » ?)… Ca, au Québec, ça va pas être possible…

Station Cité, la station où les gens t'énervent pas car y  a jamais personne

Station Cité, la station où les gens t’énervent pas car y a jamais personne

Et ça m’interroge. Je veux dire : pourquoi on se fait subir cette agressivité en permanence ? Si les Canadiens peuvent se mettre en rang sur le trottoir pour rentrer dans le bus dans l’ordre d’arrivée, sans bousculade, si les Canadiens peuvent saluer le chauffeur de bus, les serveurs, si les Canadiens peuvent avoir des rapports cordiaux entre eux… Pourquoi nous, on n’y arrive pas ? Anaïs a avancé une théorie : ils sont moins nombreux. L’incivilité est-elle une conséquence de la densité de population ? Ce n’est pas si délirant : on se bouscule souvent dans le métro pour pouvoir se faire une petite place et parvenir au travail à l’heure. Je veux bien y croire mais quand même… imaginez la vie si nous étions tous plus respectueux les uns des autres, si nous arrêtions de nous chamailler et nous agresser pour des broutilles, qu’on intégrait la civilité et la politesse à notre quotidien… mais comme on serait de suite beaucoup plus heureux. Non mais c’est vrai, regardez combien de fois vous êtes arrivés énervé au boulot à cause de quelqu’un dans le train, bus,métro ou sur la route ?

enervee

Les Québécois ont tout compris… Et encore, il paraît que ce sont les Canadiens les moins disciplinés…

Je vais demander ma mutation.

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