Rends-toi disponible

En grande prêtresse de la séduction que je suis (au moins), je n’aime rien de moins qu’observer les situations et venir ensuite vous parler de ce que j’ai observé. Ces derniers temps, je me suis plusieurs fois retrouvée au coeur de grandes assemblées avec des hommes, des femmes, des jeux de séduction et un carnet de note pour tout garder en tête. Car la séduction, c’est bien mais encore faut-il donner envie aux autres de nous inviter au jeu.

jeu-de-seduction

J’aime parfois me promener sur certains forums observer les tourments de mes congénères en matière d’amour et séduction (et travail aussi mais ça n’a aucun intérêt pour cet article), déformation professionnelle de mes années de community management sur des forums. Parfois, certaines femmes envoient un cri de détresse “au secours, je ne me fais jamais draguer!”. Pourtant, la drague (vulgaire séduction) est une interaction sociale à laquelle toute femme a droit, peu importe son physique. Je ne connais que peu de femmes n’ayant pas eu droit à leur lot de petites phrases, sifflements et co de la part des lourdauds de la rue. Mais récemment, j’ai découvert un truc intéressant : pour se faire draguer, encore faut-il se rendre disponible.

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Mise en situation : un garçon que nous appellerons Jules. Jules, il vous plaît bien et vous vous dites que vous allez lancer une subtile tentative de rapprochement, pour voir. Sauf que voilà, un obstacle immense se dresse devant vous : la bande de potes de Jules. Ou son/sa meilleur-e pote toujours accroché à ses basques. Or je sais pas vous mais moi, dans mes tentatives subtiles de séduction, je tente d’abord d’isoler ma proie puis de badiner, mes yeux plantés dans les siens en tentant de démontrer l’air de rien que je suis brillante, cultivée et que j’ai envie de lui mordre les fesses. Or Jules se balade toujours avec sa petite meute. Pire, ils ne parlent quasi qu’entre eux, se mêlant peu aux autres. Donc à moi. Moralité : je finis par laisser tomber alors que s’il le faut, Jules et moi, ça aurait été du tonnerre.

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Alors évidemment, peut-être que Jules reste avec ses potes car il n’en a juste rien à faire du reste du monde (dont moi). Qu’il a une moitié qui est juste absente de la soirée et qu’il n’a en aucun cas envie d’être disponible. Mais si je me mets moi-même sous la loupe, je me rends compte que je suis pas la reine de la disponibilité… Exemple flagrant : lors de la dernière soirée célibataire, alors que je discutais avec le fumeur qui me plaisait bien, j’ai intégré Anaïs à la conversation pour pas qu’elle reste en rade. Quel message ai-je envoyé au mec ? Tu m’ennuies ? Voici ma copine, drague la ? Un plan à 3 ça te dit ? Et si finalement, en matière de séduction, notre non solitude était notre pire ennemie ?

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Alors que faire ? Pointez vous seule dans un bar, pour sûr qu’on vous draguera mais faut voir qui… Je veux dire que le but n’est pas de choper le premier audacieux venu mais bien une personne avec qui nous avons quelques affinités. Sauf que pour ressentir une éventuelle affinité, encore faudrait-il laisser un espace pour permettre à l’autre de venir discuter avec nous et voir si ça accroche ou non. Or nous évoluons de plus en plus en troupeaux urbains, nous débarquons en gang quelque part et impossible de nous désolidariser. Il y a quelques années, je discutais avec un mec m’expliquant que pour draguer, il fallait aller vers un groupe et taper le maillon le plus faible pour y entrer (“jamais j’irais vers toi” me dit-il pas très sympathiquement). Ben j’avoue que ça me saoule en général quand ça arrive. D’abord parce que je suis occupée à papoter avec mes amis et ensuite, je ne trouve ça guère poli. Et que quand ça nous arrive avec Anaïs, c’est souvent du cas social hautement alcoolisé. Ouais, en fait, je suis comme Jules…

Disponible, moi ? Apparemment, c’est pas si évident.

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Phobies urbaines

Je suis ce que l’on peut appeler une citadine. C’est pas que j’aime pas la nature, c’est elle qui me repousse à coup de spores qui me font éternuer. Née dans une petite ville, j’ai fait mes études à Toulouse et je suis désormais une parisienne. Je raisonne en terme de stations de métro, je suis la reine du changement de ligne pour aller au plus vite. Mais dans la grande ville, des dangers nous guettent.

1- Le parapluie

J’aime les parapluies en tant qu’objet, je trouve ça d’une grande élégance et certains sont magnifiques. Mais le danger guette. Mise en situation : vous marchez joyeusement dans les rues après une averse, vous avancez à une certaine vitesse car les vrais Parisiens marchent vite. Quand soudain, devant vous, l’obstacle : le piéton qui traînasse balance nonchalamment son bras… au bout duquel pend un parapluie, le pic du haut droit dirigé vers votre genou. Attention, l’accident peut être fatal… pour vous. Je n’ai jamais testé mais j’ose supposer qu’un coup de parapluie dans le genou peut faire mal, très mal.

Et je ne parle pas des parapluies ouverts les jours de pluie. Combien de fois j’ai dû brutalement écarter mon visage de baleines menaçantes qui avaient une furieuse envie de se planter dans mon oeil ? Parce qu’en tant que fille bien élevée, quand j’ai un parapluie et que je croise quelqu’un, je l’incline ou dresse le bras pour éviter d’éborgner mon camarade de trottoir. Mais mon réflexe est assez rare. D’où ma détestation des parapluies. C’est un peu comme les voitures : si tu sais pas éviter les collisions, n’en achète pas ! Puis la capuche, c’est bien aussi. Rien que ce nom là, capuche… J’avoue, j’adore ! Capuche, capuche, capuche. En plus d’un nom rigolo, c’est pratique, on ne peut pas l’oublier et ça n’éborgne personne. Bon ok, ça occulte une bonne partie de mon champ de vision, des fois, elles glissent sur mes cheveux trop propres. Mais ce n’est dangereux que pour moi (rapport au champ de vision, j’ai eu des traversées quelques peu audacieuses).

2- La valise à roulettes

On y pense pas mais c’est le pire danger ambulant des couloirs de métro et des trottoirs. Pour illustrer mes propos, commençons par une anecdote, une vraie.

Un soir, je passe par St Lazare avec Salima pour aller à la chorale ou peu importe. Lors de cette histoire, les travaux n’étaient pas terminés donc tout le monde devait passer par l’extérieur, par cette étrange entrée que j’appelle la bulle. On descend et juste à côté de nous, une conne qui a la bonne idée de passer juste devant les escalators montants avec sa valise roulante. Vous voyez arriver le truc. Un pauvre homme avec une canne arrive en haut des escalators et se mange ladite valise, tombe les bras levés et PAF ! Qu’est-ce qui se retrouve sur le chemin de la main du pauvre homme ? Mon visage. Oui, voilà, à cause d’une pauvre conne qui a trouvé très drôle de laisser traîner sa valise roulante devant les escalators montants, je me suis pris une baffe gratos.

De façon générale, combien de fois ai-je failli tomber sur une de ses foutues valises ? Elles sont petites et près du sol, on ne les devine pas dans la foule. On trace, on se glisse entre ces personnes qui semblent moins pressées que vous et soudain : oh non, la valise à roulettes ! Vite, dévie de ta trajectoire ou tu vas chuter !

Du coup, quand je chemine dans une gare ou une station où se croisent et se recroisent moults passagers genre St Lazare, donc, Montparnasse, Châtelet, Gare de Lyon… je vire parano. Mon regard traque avec fièvre la moindre valise qui traîne, le moindre parapluie menaçant. Au fond, ce n’est pas de ces objets dont j’ai peur mais de l’inattention de leurs propriétaires. Et je ne vous parle même pas des trottinettes mais j’en pense pas moins !

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