T’as ton étiquette ?

Dimanche dernier, lors de mon voyage de 6h en train pour rejoindre Paris (tu doubles le temps de trajet et je te fais un Seoul-Paris… la relativité de la distance parcourue sur un temps donné selon le transport choisi, c’est fascinant), je traînasse sur Twitter quand je vois 2 Twittereuses* discuter d’un article des Inrocks sur les Flexitariens. Tiens, donc…

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Délicieuses gambas au gaspacho de mangue de chez Face B, faut goûter

Pour ceux qui ne connaissent pas, les flexitariens sont ces omnivores qui mangent de tout mais font attention à leur consommation de viande et, éventuellement, de poisson. Je suis, pour ma part, totalement flexitarienne puisque j’ai conscience que notre régime alimentaire est bien trop riche en protéines animales et j’essaie d’en consommer le moins possible, surtout de la viande rouge. En gros : surtout pas de viande ou poisson à tous les repas. Je suis donc flexitarienne… Sauf que non. Je le suis, oui, mais j’ai pas envie de coller une étiquette là dessus. Je ne revendique rien, je ne me singularise pas, c’est juste un choix dont je n’éprouve pas le besoin de parler.

Caibllaud à la purée de patate douce et d'autres choses délicieuses chez Roca

Caibllaud à la purée de patate douce et d’autres choses délicieuses chez Roca

Je suis fascinée par ce besoin permanent d’étiquettes. Il y a deux styles d’étiquettes : ceux que l’on se colle et ceux que l’on colle aux « autres ». J’ai souvent vu des étiquettes dans le domaine amoureux, ceux qui rejettent à corps et à cris la « monogamie hétéronormée » face à ceux qui ne leur demandaient rien. Pour avoir un peu fréquenté ce milieu, j’étais tour à tour amusée ou agacée par ce besoin de se nommer pour se dire différent des autres alors que, disons le franchement, ces mêmes autres n’en avaient rien à foutre. D’ailleurs, les réactions les plus hostiles que j’ai pu voir sur le polyamour ou le libertinage concernent l’étiquetage de ceux qui n’en sont pas, ceux qui n’ont rien compris, ceux qui sont enfermés dans leurs valeurs judéo-chrétiennes et tutti quanti. En gros, curieusement, les leviers de bouclier se faisaient non pas face à un témoignage mais face à un dénigrement « vous les monogames fidèles ». Si tu ne veux pas que l’on te juge, viens pas nous cracher ta condescendance à la gueule non plus, hein.

condescendance

J’ai réfléchi : ahah, je suis la fille sans étiquettes, hihi. Ah mais attends, non. Ok, d’un point de vue matrimonial, je ne me colle aucune étiquette parce que je m’en fous, je bâtis mon histoire en fonction des briques qui se présentent à moi, sans rien clamer. Je ne suis pas une pasionaria de l’anti mariage ou du no kids. J’ai pas envie de me marier ou de faire un enfant maintenant, je ne sais dans 10 ans et je ne revendique rien par rapport à ça, ce sont juste mes envies. Par contre, dans d’autres sphères, oui, je me clame des étiquettes : je suis une gauchisssse féministe, voilà. Je ne le dis pas par effet de style parce que Beyonce l’a dit, non. Je le dis car cela correspond à mes idéaux d’égalité au delà des sexes et des classes. Bon, dit comme ça, ça sonne plus creux qu’un niais « girl power » des Spice girls mais l’idée est que je ne cache pas mes convictions, quitte parfois à me clasher avec les gens jusque dans mon milieu professionnel (alors que j’ai eu droit à un « non mais je m’en fous, je suis pas féministe » quand j’ai dit « tu sais, il faut éduquer les jeunes filles dans le monde, car… ». Je savais pas que ne pas être féministe empêchait toute ouverture d’esprit). Je ne cherche pas à me singulariser mais bien à revendiquer. Mais ce qui est intéressant dans mes étiquettes, c’est que l’une est positive, l’autre est un détournement d’une étiquette négative (j’aime bien gauchiasse aussi).

Les-peluches-pipi-et-caca

Au fond, la vraie question reste : pourquoi se sent-on obligé de tout ranger par paquet ? Des étiquettes revendiquées à celles inventées par la presse pour se faciliter la vie (bobo, boho, hobo et je ne sais plus) ou détracteurs pour se mettre encore plus en relief, je suppose que ça rassure de mettre les gens dans des lots indifférenciés où chacun aurait le même comportement que son voisin. Mes seuls étiquettes revendiquées le sont car elles portent un combat. Pour le reste, qualifiez moi de bobo, monogame hétéronormée, libertine, carnivore ou flexitarienne, peut me chaut : je n’ai jamais revendiqué le contraire.

* Non, pas Twittas, c’est trop moche

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Intolérants et fiers de l’être !

Il y a parfois certaines logiques qui m’échappent un peu. Il y a un an et demi, j’avais lu avec grande peine « No kids » de Corrine Meier, un livre que j’espérais drôle mais qui n’était qu’agressif et qui développait une argumentation plus que bancale. Le pire étant le parallèle fait entre le clonage et la masturbation « dès qu’un truc peut être fait sans l’aide de personne, il est condamné ». Je sais pas ce qu’ils prennent comme drogue chez EDF mais c’est puissant !


Au détour d’une page, je découvre l’existence aux Etats-Unis de résidences interdites aux moins de 13 ans. En gros les enfantophobes se regroupent dans des bunkers interdits à toute morve pré pubère. Hein ? J’ai beau ne pas raffoler des gosses, je ne comprends pas bien la démarche. C’est quoi le message ? « Puisque vous n’acceptez pas notre droit à ne pas vouloir d’enfants, nous aussi, on vous exclut ! ». Répondre à l’intolérance par l’intolérance ? Mon Dieu…

De la même façon, en ce moment, la grande mode dans les gens que je rencontre est de mépriser ceux qui n’ont pas les mêmes croyances que nous. J’avais parlé de celui qui m’avait répondu « obscurantisme ! » quand j’avais parlé du ramadan. Heureusement que je ne suis pas musulmane, j’aurais pu vraiment mal le prendre. Dimanche, re belote, je tombe sur un petit rigolo qui m’explique que les religions, il ne supporte pas ça et que pour faire chier ses potes juifs, il allait tous les appeler le lendemain, jour du Yom Kippour : « ahah, je suis sûr qu’il y en a plein qui ne vont pas l’éteindre ! ». Parce que normalement, le jour du Yom Kippour, les pratiquants ne doivent pas utiliser la technologie, en gros. Je le regarde, toute pleine d’incompréhension : pourquoi ? Pourquoi faire son petit con juste pour le plaisir ? Mais ce n’est qu’un geste de rébellion : « tu comprends, moi, mon athéisme, personne ne le respecte, je suis obligé de ne pas bosser le 25 décembre parce que ce serait la naissance de Jésus, c’est pas normal ! ». Ouais et alors ? Parce que tu sens qu’on ne tolère pas ton athéisme, tu ne tolères pas la religiosité de tes camarades ? Brillant comme réaction, y a pas à dire.




Du coup, il paraît que je suis un chantre de la tolérance. Ah ? Mais même pas. Je ne me sens pas tolérante vis-à-vis des croyances et du respect des dogmes des autres, c’est juste que dans les faits, je m’en fous de qui fait quoi. A partir du moment que la personne ne me force pas à faire comme elle, qu’est-ce que ça peut me faire, franchement ? Si j’ai fait une journée de ramadan cette année, ça n’a pas été à la demande de Iasmina qui était ravie de m’accueillir chez elle pour rompre le jeûne même si je n’avais pas joué le jeu, c’est moi qui me le suis imposé. Que Iasmina ait fait le ramadan, que deux de mes collègues aient fait le Yom Kippour, franchement, pourquoi j’irais les emmerder sur ce point ? Ca me dépasse, en fait. Je comprends qu’on puisse trouver certaines dogmes dépassés mais si les autres le respectent, en quoi c’est mon problème, franchement ? Evidemment que les dérives obscurantistes sont à bannir. Evidemment que le pape qui dit que la capote encourage la propagation du SIDA, ça me fait hurler. Mais franchement, la plupart des croyants ne sont pas des extrémistes fous furieux. Qu’y suis-je pour expliquer à quelqu’un que sa religion, ce n’est que de la connerie ? Bien qu’il faille distinguer dogme et croyance, attaquer les convictions de quelqu’un, c’est quand même couillu et plutôt agressif comme attitude. Je ne crois pas, ok. Je peux expliquer pourquoi je n’arrive pas à croire avec mes petites théories scientifiques (surtout moi qui suis littéraire) mais je ne peux pas convaincre un croyant que ses convictions ne sont que pures conneries (à moins que cette personne n’ait aucune personnalité, bien sûr). De la même façon, je ne supporterais pas qu’un mec vienne m’évangéliser, je ne vois pas ce qui m’autorise à en faire autant.

Bref, quelque part, le militantisme athée à mauvais escient me paraît une belle perte d’énergie. Qu’on se batte pour le respect de la laïcité de l’Etat, ça, je comprends tout à fait et je l’encourage,  même, mais qu’on aille emmerder les individus pour… pour quoi d’ailleurs ? Ca fait un peu provoc à deux balles d’un mec qui ne sait pas quoi faire pour exister. Je crois sincèrement que chacun fait ce qu’il veut chez lui, ça ne me concerne pas. Et ça ferait de moi quelqu’un d’ultra tolérant ? Quelle blague !


Bon, sinon, changement brutal de sujet pour finir par 2 brèves infoservice :

– Les filles qui veulent tenter de partir à Marseille avec moi et d’autres blogueuses, vous avez
jusqu’à demain pour envoyer votre article à Vicky de Buzz Paradise, ne ratez pas le coche

– Mais surtout, la bonne nouvelle du jour : on a atteint les 45 000 commentaires ! J’avais promis une bouteille de rhum agricole made in Martinique au gagnant, mais quel est-il ? La réponse en image :




Hé oui, F est l’heureux gagnant ! Ca me fait plaisir que ce soit un lecteur fidèle du blog. Envoie-moi un mail pour voir comment on se débrouille pour la bouteille.

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La liste de la fille qui fait des montagnes russes

Nina up and down, Nina turn arround, ooooooooh, Nina up and down (si quelqu’un sait d’où je sors, felicitations mais ça va être la honte pour moi !)

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– Il n’est jamais trop tard pour apprendre des choses sur soi. Genre il semblerait que je développe une allergie aux figues. Mardi, je me fais plaisir, en dessert, ce sera figues, j’adore ça. Je dévore donc mes 5 figues et quelques instants après, j’ai les lèvres en feu. Ca m’était encore jamais arrivé. Pile le jour où je dois voir Gabriel, ça craint.

– La vie est joueuse, c’est fatigant des fois. Mardi, je reçois une très bonne nouvelle donc je me précipite sur mon téléphone pour en avertir toute ma famille. Maman, répondeur. Papa décroche, je lui annonce mon truc, toute fière, mon père reste de marbre. Bon, ok, mon papa, c’est pas un expansif mais quand-mèmeuh ! Et là : « bon, en fait, j’ai une mauvaise nouvelle mais rien de grave, hein. Ta grand-mère a été réhospitalisée, elle perd un peu les oies, elle mélange les mots. Mais c’est pas aussi grave que la dernière fois ! ». Pshhhh, et voilà comme on douche l’enthousiasme d’une Nina. Mais bon, c’est tout 2007 ça : des mauvaises nouvelles familiales mais tout finit bien, normalement. Après
« prépare toi à la mort de ta grand-mère » qui finalement s’en sort comme une fleur (ou presque) et « ta cousine a sans doute un mélanome, on meurt très vite d’un cancer de la peau si c’est ça » et finalement, c’était juste un grain de beauté, on va garder l’espoir. Mais si 2007 doit finir comme elle a commencé (up and down, montagne russe), je vais finir épuisée.

 

– C’est pas parce que tu portes un costard que tu dois te croire tout permis, connard du Quick. Hier soir, on va au Quick avec Vicky, sa best et Bruce. A un moment, une caisse se libère donc je m’y précipite, je dis bonsoir à la caissière et là, un mec en costard arrive et fait « non, je crois pas là », genre, il va me piquer la place. Donc je le toise et lui fais remarquer que nous aussi, on faisait la queue et là, le mec me regarde et se fout carrément de ma gueule en faisant genre la nana hystérique. Il a de la chance que j’aime pas faire des scandales car il lui aurait rien manqué à ce connard. Surtout que si ça avait été Bruce à ma place (genre 2 mètres, baraqué), il l’aurait pas ouverte.

– Il existe des hommes émotifs.

– Gabriel a l’air de beaucoup aimer les chaussures. Heureusement que je lui ai précisé que les pieds, chez moi, c’était no way. J’ai peur !

– Soirée entre filles jeudi soir, Tatiana (dont on fêtait l’anniversaire), Vicky, Lilvirgo et Nina sont dans la place. On papote, on papote, on papote. A côté, un couple. Au moment de payer, ils arrivent derrière nous et le mec fait « ouais, finalement, le dessert sera à la maison » donc je me marre. Sauf que j’avais pas remarqué que le mec nous avait dévoré des yeux toute la soirée. 5 filles pour toi tout seul, mon gars, c’est même plus de l’optimisme, c’est de l’imagination.

– Clope post coït mardi soir chez Gabriel, il aime pas trop qu’on fume à l’intérieur donc j’enfile un t-shirt et ma culotte, ne sachant plus trop où a dégagé mon pantalon et on va fumer dans son jardinet, entouré de haies. Sauf qu’en jetant ma clope, je me rends compte que la haie ne fait pas tout le jardin et qu’on voit la rue… et les gens qui sont en train d’y passer.

– Comment passer pour une célibataire frustrée à la caisse de la FNAC ? Acheter 2 BD girlie (Gloria et Valentine), 3 mangas (un Cobra et 2 Step up love story, un manga érotico rigolo), un roman de Lucia Extebarria, deux romans girlie et No Kids de Corinne Meier. Dommage, il était mignon le caissier.

– FNAC suite. Enfin, c’était avant l’épisode de la caisse mais on s’en fout. J’arrive au rayon livres et je regarde un peu les nouveautés. Une fille à côté est au téléphone et demande à la personne qu’elle appelle si elle a entendu parler de « les yeux jaunes du crocodile » de Katherine Pancol. Ca tombe bien je l’ai lu donc je lui ai fait un signe qu’il est top. La fille me remercie et dit à la personne au téléphone « Ah, y a une dame qui m’a dit que c’était bien ». Une dame ??? Connasse va.

– Pour finir, le come back raté de la semaine, Britney Spears à une soirée MTV. Je crois qu’elle pouvait faire difficilement pire. Quoi que si, se vautrer à la
Beyoncé.

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