Ce que j’aurais aimé que tu me dises

Profitant de mes congés estivaux, j’ai lu, beaucoup, et j’ai 3000 chroniques littéraires en retard. Entre mes mains est notamment passé “N’oublie pas les oiseaux” de Muriel Magellan, une histoire d’amour tumultueuse dont je vous promets de vous parler très bientôt car j’ai vraiment aimé ce livre. Il m’a parlé et a notamment réveillé une colère que je pensais morte depuis longtemps. Celle contre un ex, celui qui a toujours nié ma souffrance car il n’y avait de place que pour la sienne. En gros.

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Lisant ce livre, je m’agaçais donc de cette vieille histoire et me demandais soudain pourquoi ça revenait alors que cette histoire est digérée, limite oubliée. So what ? Aurais-je encore des sentiments pour cette personne que je n’ai plus vue depuis bien 2 ans ? Non, ce n’est pas ça… Et là, je me rends compte du malaise : ce n’est pas de son amour dont j’ai soif mais de ses excuses. Enfin, plutôt qu’il admette qu’il m’a fait souffrir, qu’il n’a jamais pris en compte mes sentiments, que seuls comptaient les siens. Pendant notre relation et après, laissant même son ogresse piétiner avec cruauté les souvenirs de notre relation. Parce que je ne comptais pas.

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J’ai donc eu envie de cracher ça. Puis j’ai réfléchi et me suis dit que ça ne servait à rien. Parce que je n’entendrai jamais ce que j’ai besoin (ou envie) d’entendre. Une rupture a cela de frustrant que chacun en a sa lecture et qu’il n’est pas concevable d’en parler calmement. Du moins pas au moment où l’on en aurait besoin tant la colère, la rancoeur, la tristesse, la frustration se mêlent et rendent le discours incohérent, agressif, violent. Je peux être une ex chiante, celle qui fait une scène car l’autre refait déjà sa vie, sans prendre la peine de me ménager un peu. Faut dire que j’ai parfois eu l’honneur de me taper des mecs reprenant le flirt avec une autre moins d’un mois après notre relation et ce sans se cacher nullement. Tu pourrais attendre que le corps de notre amour soit froid quand même. Je m’énerve, je tempête, je crie. L’autre ne comprend pas : on n’est plus ensemble, je ne te dois rien. Si, tu me devais une chose : me dire que j’avais quand même compté pour toi. Que cet amour que j’avais investi en nous n’était pas juste une histoire que je m’étais racontée. Que tu m’avais racontée. Que je n’ai pas infligé une sale cicatrice à mon coeur pour rien. Que tu comprennes que si, aujourd’hui, j’ai si peur de tomber amoureuse, c’est parce que tu m’as blessée et laissée là, agonisante, ne comprenant pas pourquoi ça me faisait mal de te voir déjà tourné vers de nouveaux horizons.

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Je parle d’amour mais ça marche pour d’autres domaines tels le travail ou l’amitié. Les ruptures sont différentes, certaines sont très administratives, d’autres plus perverses et sournoises, le lien se lâche et finit par se détacher sans réelle rupture visible. Nous ne sommes plus amis parce que c’est la vie, parce qu’on s’est éloignés. Parfois, on ne s’en rend pas compte, d’autres fois, ça pique plus. Moi qui ai investi du temps sur toi, qui ai été présent pour toi, pourquoi me délaisses-tu soudain ? Ne suis-je plus assez bien pour toi ? Penses-tu que tu es mieux que moi, que je ne vaux même pas une explication. Et toi, qui me laisse passer des entretiens sans rien me dire alors que tu sais, penses-tu que mon départ sera une bonne nouvelle, un boulet en moins dans la barque fragile ?

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Sans explication, sans rien dire. C’est la clé. J’ai parfois envie de provoquer la confrontation, de saisir ma plume pour déverser mon fiel et enfin déclencher une réaction chez l’autre. Mais à quoi bon ? Même si je me sens droite dans mes bottes et légitime, personne n’a envie d’avoir le mauvais rôle. Si je confronte en disant “tu as eu tort, tu m’as fait du mal, tu ne me mérites pas”, je ne vois pas qui me répondrait que j’ai raison. On parle de sentiments, pas de mathématiques. Même si parfois, on sait qu’on a chié, personne n’a jamais envie de l’admettre. Alors non, je n’entendrai pas ces mots dont j’aurais sans doute besoin pour avancer. Je dois en faire mon deuil. Plutôt que de ressasser bêtement, je dois voir si j’ai pas une leçon à en tirer et passer la seconde pour passer à autre chose. Au fond, peut-être est-ce aussi de ma faute : j’ai trop accepté, j’ai prêté à des personnes des sentiments, des intérêts qu’ils n’avaient pas, je n’ai pas assez parlé, mis en avant mes envies, mes ambitions. En matière de sentiments humains, personne n’a jamais forcément tort ou raison à moins de tomber sur des personnes perverses et/ou totalement égoïstes. Même si ok, mes exs qui repartent ostensiblement en chasse moins d’un mois après notre rupture, eux, ils sont difficilement excusables. Un peu de ménagement pour mon petit coeur et mon ego, merde !

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Mais finalement, n’est-ce pas là la fin de l’histoire. Je me demande parfois ce qui marque réellement le point final d’un amour. La rupture n’est qu’une première étape, quand fait-on réellement le deuil de cette relation ? Et si c’était tout simplement quand on se résigne à ne plus attendre ces mots qu’on estimait légitime ? Ou tout simplement le jour où on n’a plus besoin de les entendre.

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