Chers endormis, réveillez-vous…

Je vous ai parlé semaine dernière d’une pièce de théâtre que j’ai vue et qui pose des questions. A un moment, une femme d’un certain âge dit “j’ai toujours voulu vivre dans une époque où tous les signaux passent au rouge mais je me demande… est-ce que l’on s’en rend compte ?”. Françaises, Français, je crois qu’on vire au rouge incandescent… Réveillez-vous !

La France en rouge

Je me pose toujours, comme la dame, la question des signaux rouges… Moi, je parle plus de la chute des dominos. Quel fut le premier domino qui entraîna les autres jusqu’au désastre. Parce que bon, c’est facile de réécrire l’histoire, de se dire que tout était si évident et que personne n’a cherché à arrêter le cheval fou furieux des événements. Ou quelque chose comme ça. Sauf que non. D’abord, l’Histoire n’est pas une route linéaire où il suffit de lever la tête pour voir l’horizon. Ensuite, l’Histoire, telle qu’elle nous ait enseignée, tout du moins, ne se concentre que sur les faits et pas sur les individus. Croire que tout le monde laisse faire, que l’Histoire ne s’écrit qu’entre Grands de ce monde, c’est un mensonge… Les citoyens bougent, les citoyens disent non, les citoyens se révoltent.

La prise de la bastille en tableau - révolution française

Sauf qu’on nous apprend toujours que ça ne sert à rien. L’Histoire française regorge d’exemples où la colère du peuple a totalement changé la donne, allant jusqu’à faire tomber une monarchie pluriséculaire mais non, on vous dit que manifester, ça ne sert à rien, les grèves, ça ne sert à rien. Se battre ne sert à rien. Alors, c’est ça, votre démocratie ? Glisser un bulletin dans une urne de temps en temps et fermer sa gueule parce que : tu as voté pour le gagnant donc assume, tu as voté pour le perdant donc tu es aigri.e et pas objectif/ve, tu n’as pas voté, tu fermes ta gueule. Des discours répétés en long, large et travers pour nous inviter à attendre sagement que le berger nous mène… dans une jolie prairie ou au fond d’un ravin, la surprise sera totale.

Moutons, réveillez-vous !

Est-ce que tout ce qu’il se passe vous convient vraiment ? Pas de malaise face aux répressions sanglantes d’une quelconque opposition ? Ni devant le projet de loi Asile et Immigration ? Le silence face à ce qu’il se passe au Yémen ? L’islamophobie décomplexée ? Tant mieux pour vous, moi, j’en ai la nausée. Et je ne vais même pas parler de la suppression de l’ISF, la loi travail 1 et 2, la hausse de la CSG… Et je pense en avoir oublié plus de la moitié. L’image de la France dégringole jour après jour : les eurodéputés se sont payés la tête de notre Président, empêtré dans sa langue de bois, on se fait allumer par toutes les ONG… Mais non, il faut se taire, il faut subir parce que “c’est lui qu’a gagné les élections, faut l’accepter.” Mmmm, alors déjà, on va se souvenir deux secondes dans quel contexte ce monsieur a pris les rênes du pays mais surtout… on va subir ça encore longtemps ? Macron, c’est juste Sarkozy avec un peu de chantilly sur la tête pour le rendre plus appétissant. Pire, Sarkozy n’aurait jamais osé aller aussi loin, aussi vite. Mais parce que Macron a une plus jolie tête et se prétend “ni de droite, ni de gauche”, il endort bien comme il faut. Ca n’existe pas, ça, ni de droite ni de gauche. Vous l’avez avalé parce que vous ne connaissez rien en politique et que ça vous rassurait un moite-moite. Pourtant, suffit de se pencher deux secondes sur sa politique pour voir de quel côté il balance.

Macron président de droite

Il faut arrêter de croire que la messe est dite. C’est trop facile de se réfugier derrière un “non mais le peuple a dit, à dans cinq ans…” . Il y a des dizaines et des dizaines façon de lutter. Déjà en arrêtant de pourrir ceux qui se battent pour nos acquis. Nos acquis, oui, parce que ne croyez pas que le rouleau compresseur s’arrêtera aux retraités et aux cheminots, hein. Chaque barrière qui cède rapproche le couperet de vous, n’en doutez pas. Vous pouvez écrire, parler, manifester… les voies sont nombreuses. Mais l’Histoire ne se joue pas que dans les urnes, surtout en France…

Histoire de la France

Réveillons-nous et arrêtons de les laisser faire de la France un pays dont on a honte.

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Quand les femmes n’ont pas le droit à l’erreur

Coucou les petits choux ! Vous vous souvenez, la dernière fois, y a 15 jours parce que ma vie est horrible en ce moment (enfin, elle est horrible de 9h à 19h à peu près si vous voyez ce que je veux dire), je vous évoquais une conversation Twitter autour des femmes vidéastes. Du coup, après avoir parlé trolls, je vais vous parler du droit à l’erreur des vidéastes femme… Et du fait qu’il n’existe pas, en fait.

Femme humiliée

Despaired secretary picking up some files

Sur ce coup là, je vous renvoie en premier lieu sur le thread de Ginger, vidéaste dont j’ai déjà parlé et qui, étant une féministe assumée, se prend régulièrement des stormshits dans la gueule. Pour ceux qui auraient la flemme de lire le thread, je résume viteuf : quand t’es une femme vidéaste, tu crouleras sous les messages à la moindre erreur ou inexactitude (y compris dans la prononciation d’une ville) alors qu’un mec qui balancera une contre vérité sur un élément, ça passera crème. Et en fait, elle n’a pas tort…

Droit à l'erreur des femmes

Je vais sortir du cadre de l’Internet pour étudier un peu cette vérité dans la vraie vie (même si, sur ce blog, j’ai jamais eu droit à l’erreur non plus, me ramassant parfois des insultes pour une putain de faute d’inattention). Je vais vous parler de Boris, un garçon certes fort sympathique croisé dans une autre vie, dans un cadre pro. Boris était un mauvais exécutif, il multipliait les conneries par manque de soin sur ses dossiers, a réussi l’exploit de faire perdre un client car il l’avait critiqué sur son Facebook (en oubliant qu’il était pote avec ce dernier)… Bref, pas l’employé de l’année. Il est aujourd’hui directeur. Dans la même équipe, des femmes ont été virées pour des bourdes sans réelles conséquences (pas de client perdu) mais bon, tu comprends, ça ne le faisait plus trop, bla bla bla. Y en a une, je crois que je sais même pas ce qu’ils ont pu invoquer pour la virer. Dans une autre boîte, j’ai pu croiser la route d’Antonin, garçon fort sympathique mais brouillon dans son exécution qui fut un jour puni d’une terrible sentence “puisque tu es nul en exécutif, très bien, tu ne feras plus que de la strat !”. Alors que bon, moi, par exemple, dont on louait le sérieux et la rigueur, j’aurais bien aimé passer en strat, justement. C’est peut-être le hasard, me direz-vous. Sauf que…

Une femme en réunion

“Pfff, les féministes, vous vous cherchez toujours des excuses à vos propres échecs”. Ok alors on passe en level hardcore sur le pardon aux fautes des hommes alors que les femmes n’y ont pas droit, c’est parti pour le rayon dégueulasse du sexe et surtout des violences sexuelles voire viols. Si je vous dis Johnny Depp, Roman Polanski, Bill Cosby, même DSK… Ces hommes ont violenté ou violé des femmes et pourtant… rien n’a arrêté leur carrière, ce n’est que très récemment que les lignes ont bougé et encore : Cosby et Polanski restent libres, Depp à l’affiche d’un blockbuster, DSK se fait des tapis rouges avec sa copine à la cool. A côté, prenons Maruschka Detmers. Je ne sais pas si vous connaissez de nom, c’est une actrice des années 80 que j’avais vu pour ma part dans La vengeance du serpent à plumes où elle jouait une italienne alors qu’elle est néerlandaise. En 1986, le festival de Cannes ne parle que d’elle. Pourquoi ? Parce que dans le film Le diable au corps de Marco Bellochio, elle gratifie son partenaire d’une fellation non simulée. L’histoire prétend que ce geste était son initiative mais qu’elle le regretta car non seulement ces quelques secondes ont éclipsé tout son travail sur ce film (que j’ai pas vu donc pas d’avis) mais surtout que sa carrière en a été plombée. Sinon, un épisode de cleptomanie tuera plus sérieusement une carrière que des accusations (et condamnations) pour viol, n’est-ce pas Béatrice Dalle ou Winona Ryder. Une erreur coûte toujours plus cher à une femme qu’à un homme (bien que j’ai du mal à parler “d’erreur’ en matière de viol et de violence, mmm).

Maruschka Detmers

Et en politique ? Qu’une ministre n’ait pas le malheur de bafouiller ou c’est déluge contre elle, alors même que son homologue masculin faisant la même erreur n’aurait pas droit au même acharnement. Un exemple récent qui m’a un peu frappée : l’histoire de l’appartement du couple Corbière-Garrido. Alors juste un point : oui, je sais que leur occupation des lieux n’était pas illégale puisque l’immeuble a été classé HLM bien après leur arrivée et qu’ils auraient tout à fait pu rester là sans qu’il s’agisse d’un arrangement ou autre. Après, moralement, quand on a la thune, c’est sympa de céder sa place à ceux qui n’en ont pas. Mais ce n’est pas de ça dont je veux parler mais du fait qu’elle s’en est pris trois fois plus dans la gueule option insultes sur le physique, bien entendu, alors que c’est quand même lui le député donc qui devrait faire preuve d’une probité sans faille. Vous voyez ? Et je suis sûre que si on analysait la campagne 2007 (Sarko vs Royal), on retrouverait plus d’articles sur ses erreur à elle et écrits de façon fort peu sympathique alors que lui-même en a sorti pas mal.

Ségolène Royal

Et je suis sûre qu’en fouillant, je pourrais multiplier les exemples de journalistes femmes rabaissées pour une coquille alors que PPDA pouvait faire une fausse interview de Fidel Castro sans que ça ne lui coûte sa carrière. En fait, l’explication est assez simple : la parole des femmes ne paraît jamais tout à fait légitime. La moindre erreur et on se foutra de notre gueule à vie. On aura une dette de crédibilité impossible à remonter. Parce qu’on ne veut pas nous donner crédit, de toute façon. Pas plus tard que cette semaine, sur Twitter, une nana qui racontait que lors d’une réunion, elle avait pris la parole et qu’un client ou directeur avait sorti un “ah mais elle connaît son sujet en plus”. Ah oui, un pot de fleur expert, je comprends que ça surprenne, hein… Sur ce sujet, je vous renvoie à tous les tumblr “paye ta”, je vous en avais listé plein, on croule sous les témoignages qui pourraient se résumer à “si tu es jolie, tu ne peux pas être pertinente”. Du coup le moindre caillou qui viendrait conforter cet édifice serait exhibé à outrance. Et on aurait tôt fait de nous enjoindre de façon fort peu courtoise à “rejoindre notre cuisine”, là où serait notre vraie place. Oui, en 2017, on a encore droit à ça. Il serait peut-être temps, messieurs, que vous éduquiez vos potes, non ?

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Manifester, c’est anti démocratique

Aaaaaaaaah, je suis bien en ce moment, je suis bien… bien remontée. Ah, faut dire que les gens, ils me cherchent aussi genre à nous expliquer que descendre dans la rue parce que Macron fait de la merde, ce serait nul parce que Macron, c’est le choix des Français. Alors d’abord, vous allez me regarder cette vidéo de Data gueule et ensuite, revenez m’expliquer pourquoi manifester, c’est anti démocratique.

Manifester

Sur ces simples élections, nous avons un Macron passé au second tour grâce à ces 24% de votes au premier tour. Est-ce que ça veut dire que 24% des citoyens au vote exprimé sont pour ce fantastique détricotage de notre modèle social ? Non, 41% de cet électorat là l’a fait par défaut et non par conviction (et on remercie les sondages qui ont bien fait peur avec Marine, Fillon et tout ça histoire que les gens votent utile pour le moins dangereux… sur le papier). Donc 59% de 24%, ça nous fait 14% des votes exprimés. Soit en reconvertissant en terme de voix 5 millions de Français convaincus par un projet… soit environ 5 millions sur 47 millions d’électeurs ou 52 millions de Français de plus de 18 ans (ouais, j’ai enlevé les mineurs, je trouvais pas leur présence très pertinente dans mon analyse). Et comme depuis Chirac, celui qui remporte les élections présidentielles a un fauteuil pour les législatives, Macron obtient une confortable majorité… bien que plus de la moitié des citoyens n’aient pas fait le déplacement mais apparemment, ça marche quand même. Je remets le lien vers Data Gueule, des fois que…

Sondage présidentielle janvier 2017

Mais admettons. Voyez, moi, en 2012, j’ai voté Hollande parce que j’ai été tellement la reine des connes, bordel. Je ne croyais pas qu’il allait faire des miracles (ma propre connerie a des limites), je souhaitais juste de l’apaisement après Sarko. Et bah j’ai pas été déçue du voyage, la vache ! Et c’est précisément là où je veux en venir. Pour qui vote-t-on ou pour quoi vote-t-on ? Je suppose que c’est personnel et que ça dépend de son degré d’intérêt pour la politique, je vote personnellement pour une vision d’avenir. Parce que 5 ans, c’est court et long à la fois. Je vote pour un projet (projeeeeeet)… des promesses car je n’ai que ça. “Han mais genre, les politiciens, ils tiennent leurs promesses, LOL”. C’est bien tout le problème, Bobby, c’est bien tout le problème. Quand je mets un bulletin dans ma petite enveloppe, je n’ai pour faire mon choix que deux outils : mon adhésion à un projet et ma confiance en la personne ou le parti. Il y a une part de naïveté dans le vote, une part de résignation aussi. Je vais prendre lui ou elle parce que je pense qu’il me ment pas, parce que je veux croire qu’il me ment pas… ou au pire, ce sera lui ou elle le/la moins catastrophique. Je suppose que certains se demanderont alors pourquoi je continue de voter, je leur répondrai que… je sais pas vraiment, un peu par réflexe, un peu par espoir, quand même.

voter aux élections françaises

Cependant si les promesses ne sont pas tenues (et Dieu sait qu’elles ne le sont jamais), on fait quoi ? Voter n’est pas remettre un chèque en blanc à une personne ou un parti pendant 5 ans. On a signé un deal, monsieur madame, si vous ne le respectez pas, je pense avoir légèrement le droit d’ouvrir ma gueule. Et même si je n’ai pas voté pour le vainqueur, je dois laisser détricoter nos acquis sociaux parce que j’ai pas mis le bon bulletin dans l’urne ? Sérieusement ?

Manifestation anti loi Baillon en Espagne

Je sais que les manifestations ont mauvaise presse, je fus de celles qui soupiraient à l’époque en mode “mais ils ont rien d’autres à faire ?”. Aujourd’hui, j’ai complètement fait évoluer mon discours parce que j’ai compris qu’il fallait parfois entrer dans le rapport de force pour arracher quelque chose. Non parce que la prise de la Bastille, que nous célébrons à grand coup de feux d’artifice chaque année, vous croyez que ça s’est passé avec des bisous et de la barbe à papa ? Honnêtement, je suis toujours un peu saoulée de voir des abribus et vitrines pétées parce que je sais que les médias ne relaieront que ça (et je ne suis jamais déçue) mais je le suis encore plus quand je vois les gens chialer plus pour ces bouts de verre que sur les manifestants blessés… Et me racontez pas qu’ils l’ont cherché ou que c’était accidentel, on a eu lors de la manif du 1er mai à Paris pas moins de 11 blessures au crâne par matraque au bouclier dont 7 plaies ouvertes . Vous allez me faire croire qu’il n’y avait aucune volonté de faire mal. Mais non, les vitrines valent plus que l’intégrité physique de ceux qui exercent leur droit de manifester. Intéressant.

Manifestant blessé, violences policières

Mais le pire, c’est qu’on entre dans une ère où on est contraints de manifester non pas pour acquérir de nouveaux droits mais pour protéger nos acquis salement menacés… Vu qu’on se ramasse dans les dents en 3 mois de Macronie, je n’ose imaginer l’état de nos droits en 5 ans. Et j’en connais qui seront bien contents que certains soient aller manifester pour eux tout en s’indignant sur les abribus cassés. Le sens des priorités. Donc désolée mais peu importe le résultat d’une élection, manifester est un droit…et si ça continue, ça va limite devenir un devoir (en attendant de terminer en garde à vue parce qu’on n’a pas réussi à quitter la nasse à temps).

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Politiques, je vous hais

C’est la rentrée ! Je vous parlerais bien des cartables neufs, des gommes flambant neufs et de l’odeur de l’encre sur les pages encore blanches d’un nouveau cahier mais cette année, j’ai grave le seum. Parce que cette rentrée lance le bal des what milliards de candidats aux primaires et que ça me fait réaliser à quel point je hais la politique. Enfin, je hais les politiques.

les_politiques
J’ai une vision idéaliste de la société : l’idée que les plus forts donnent la main aux plus faibles pour pour un vivre ensemble harmonieux, dans la joie et la bonne humeur. Mon projet sociétal idéal se repose avant tout sur la solidarité car si, sur le papier, chaque individu naît libre et égal en droit à son voisin, rien n’est plus faux. Si j’en suis là où j’en suis dans ma vie, on va dire que c’est un quart grâce à mes capacités intellectuelles, un quart grâce à ma culture due à ma curiosité insatiable, un quart grâce aux hasards bien faits de la vie… Et un quart grâce à mes origines démo-socio. Oui, le fait que mon père soit médecin spécialiste m’a permis de faire des études sans coupler mes cours à un job alimentaire, mes jobs étudiants me servant à me constituer un petit pécule, ça m’a aussi permis de « monter à Paris » tenter l’aventure professionnelle et embrasser la carrière de webmarketeuse pour laquelle je ne me destinais pas du tout. Bref, si je veux bien croire que mon intelligence et mon grand sens de l’adaptabilité me permet de mener une carrière atypique mais qui va dans le bon sens (je mets actuellement un orteil dans le monde de la data), les sous de mon papa ont quand même bien aidé. Donc ce serait sympa d’imaginer que Jonas ou Sandra, tout aussi capables mais nés du mauvais côté de la barrière sociale, aient la possibilité de tenter leur chance pour devenir un jour des super community managers, data analystes ou physiciens brillants. Ou ce qu’ils veulent.

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J’aimerais qu’on se donne tous la main. Pour les jeunes pousses comme Jonas et Sandra mais aussi pour ceux qui ont vu leur vie brisée suite à un accident, la maladie d’un proche, la perte d’un emploi. A ceux qui échouent dans notre pays après avoir traversé la mer pour fuir la guerre et espéraient des jours meilleurs… Bref, je pourrais vous dresser une liste infinie de cas de gens peu chanceux résidant en France et que j’aimerais que l’on aide grâce à ce formidable projet de société qu’on appelle la solidarité (le truc qu’on a dans notre devise, là, tu sais…). Et là, je ne te parle que de la partie sociale du truc, j’en ai gros sur l’écologie, aussi, sur l’éducation, sur l’économie, le multiculturalisme… Dimanche dernier, en attendant le train sur un quai de gare de ma ville natale adorée (moment toujours propice aux pensées vu que t’as que ça à faire), ça m’a frappée : oui, je m’intéresse aux questions de société mais putain, qu’est-ce que je déteste la politique et surtout ces connards (et connasses mais y en a de suite beaucoup moins, parité, éternel mensonge) qui prétendent agir au nom du bien commun. Sérieusement, ça devient plus facile de compter les politiques qui n’ont pas de casserole au cul que ceux impliqués de près ou de loin dans des « affaires », comme on dit. Ah ça, on aime bien rigoler en montrer du doigt tonton Berlusconi (quoi que depuis Sarko et DSK, beaucoup moins…) mais on devrait commencer par balayer devant notre porte. J’en ai marre de tous ces êtres pansus et vieillissants nous expliquant qu’il faut se serrer la ceinture pour relancer l’économie, qu’il faut sacrifier nos droits, nos rêves, parce que y a pas le choix. C’est vrai que quand on voit les résultats de l’austérité, on se dit… Que c’est une voie de merde. Sans parler des injonctions contradictoires à base « faut consommer mais économisez pour votre retraite et serrez la ceinture », c’est pire qu’un magazine féminin, pour dire ! Bref, entre les petits arrangements et les plus gros, les polémiques gênantes et humiliantes, les mecs en qui t’as envie de croire un peu qui te plantent une épée dans le dos, je suis à CA de rendre ma carte d’électrice tellement je suis écœurée et désabusée.

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En vrai, je peux pas la déchirer car je l’ai perdue en 2012… La vie m’envoyait pourtant un signe clair à l’époque

Ca fait quelques années que je répète qu’à mon sens, le vrai changement, ça se passe au niveau des associations, ce sont elles qui sont les plus à même de faire bouger les choses à leur micro niveau. Alors oui, je sais, elles ne sont pas toutes clean non plus, y a toujours moyen qu’un individu peu scrupuleux aille un peu taper dans la caisse mais globalement, pour régler le problème d’Ulysse ou Jasmine, elles seront souvent plus efficaces que ces fats politiques et leurs discours creux. Et on peut dépasser le cadre du cas particulier : je pense que les associations de consommateurs ont fait bien plus que n’importe quel gouvernement pour défendre nos menues économies.

Supermarket Shopper

Donc je hais les politiques, j’en ai déjà marre de la prochaine campagne présidentielle, j’ai déjà acquis la certitude que je voterai blanc au second tour quel que soient les candidats (c’est bon, j’ai bien retenu l’arnaque de 2002) et je doute de mettre un bulletin dans l’enveloppe pour le 1er… Essentiellement parce que je ne les crois plus. Oui, la 6e république de Mélenchon me fait de l’œil, oui, j’ai la fibre écolo et énormément de sympathie pour Duflot mais… Entre les pétages de plomb réguliers de Mélenchon et les volte-faces opportunistes des ténors de EELV, comment tu veux que j’ai confiance ?

Image d'illustration du documentaire J'ai pas voté, clic si vous souhaitez regarder

Image d’illustration du documentaire J’ai pas voté, clic si vous souhaitez regarder

Le souci, c’est que je m’intéresse aux sujets sociétaux. Que je m’inquiète du devenir de la France, que l’injustice qui s’étale au quotidien en une des journaux me donne la nausée. Mais je fais quoi ? Je ferme tous les journaux, j’abandonne Twitter ou je ne suis plus que des comptes qui mettent des gifs de chats ou de loutres ? N’est-ce pas lâcheté de s’en laver les mains ? Après tout, pour moi, tout ne va pas si mal : j’ai un pouvoir d’achat pas dégueulasse, un boulot qui ne menace pas de me filer entre les doigts demain et de toute façon, dans moins de deux mois, je serai solidaire avec mon Victor. Puis y a mes parents. Moi, je ne risque pas grand chose. Mais je ne peux pas laisser tomber. Parce que cette société solidaire, j’y crois.

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Faut juste que je trouve comment la défendre en laissant les politicards dans leur cirque.

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Le débat a-t-il pour réel objectif de faire changer d’avis l’autre ?

De temps en temps, je me lance dans un débat sur Twitter : des échanges d’arguments ponctués d’attaques sur mon ouverture d’esprit et quelques noms d’oiseaux en prime. J’en ressors parfois lessivée et certains me disent “non mais tu ne le feras pas changer d’avis, laisse tomber”. Non. Parce que c’est pas forcément elle ou lui que je vise mais ceux qui lisent l’échange en silence et pourraient être touchés par certains arguments.

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Un soir de 2012, deux hommes engoncés dans un costume débattent sous l’oeil torve d’un homme et d’une femme qui balancent aléatoirement des timings. A droite, Nicolas Sarkozy, à “gauche”, François Hollande. Les deux se balancent chiffres, promesses et punchlines sur des sujets lancés par les deux arbitres qui ne servent pas qu’à donner l’heure. Nous voici au coeur du débat d’idées de la Ve République, le fameux débat présidentiel d’entre deux tours qu’on regarde pour… se laisser convaincre ? J’aimerais avoir une étude précise sur la réelle influence du débat d’entre deux tours sur le résultat final… J’en étais restée à environ 10% de l’électorat qui est indécis et qui peut être conquis lors de cette grande cérémonie mais est-ce toujours le cas ? Bref, ça échange, ça débat, ça s’indigne et à la fin, chacun reste campé sur ses positions… Ca vous étonne ? Bien sûr que non, imaginez la scène “Mais… mais vous avez raison en fait. Mais oui, vous venez de m’ouvrir les yeux ! Bah écoutez, vu que vous êtes dans le vrai, j’invite tout le monde à voter pour vous.” Non, non, soyons sérieux deux minutes. Mais alors du coup, pourquoi débattre vu que personne ne lâchera le morceau ?

le débat télévisé de la présidentielle

Parce qu’on ne cherche pas à convaincre son contradicteur direct mais bien l’audience passive. Déjà, admettons assez facilement qu’il est difficile de faire admettre à quelqu’un ses torts en public. Je pense pouvoir plaider coupable, ce moment où tu sais que l’autre a raison mais ça t’arrache la gueule de l’admettre. Mais il y a aussi les autres, ceux qui te répètent en boucle les trois mêmes arguments foireux que tu entreprends de démonter à grand coup d’articles (écrits par d’autres) ou de vidéos qui expliquent en long, large et travers les quelques notions que tu balances de ci de là genre, au hasard, l’humour oppressif (humour oppressif, humour oppressif, humour oppressif, voici mes références habituelles, n’hésitez pas à m’en balancer d’autres au besoin). T’as beau expliquer, gentiment ou plus “énergiquement” le pourquoi de ta colère, tu butes systématiquement sur un mur de “mais je dis ce que je veux”, “j’ai encore le droit d’avoir mon opinion”, “mais moi, je connais quelqu’un qui prouve le contraire de ce que tu dis” (selon la grande loi qui dit qu’une seule exception dans ton entourage nique l’ensemble du travail des statisticiens et sociologues, t’séééé), “moi ça me fait rire, donc c’est drôle”, “ah Coluche et Desproges seraient bien malheureux aujourd’hui”, “on ne peut plus rire de rien” “oh, ça va les minorités, hein !”, “t’es qui pour me juger d’abord ?”, « c’est la liberté d’expression ! » « t’es pas Charlie, toi ! ». Bref, vous avez beau tenter différentes techniques, c’est le bide.

Hé oui, des fois, ça démange un peu de choper l'adresse du crétin qui s'entête pour aller lui en donner une

Hé oui, des fois, ça démange un peu de choper l’adresse du crétin qui s’entête pour aller lui en donner une

Et ce n’est pas grave. Parce que pendant que vous croisez fermement le fer avec Jean Connard (ou Jeanne Connasse), il y a Jean Naïf (Jeanne Naïve) ou Jean-ne “je n’avais pas d’opinion sur le sujet mais à présent que je te lis, j’ouvre les yeux” qui suit l’échange en silence. Et si vous avez bien argumenté, c’est celui là que vous allez convaincre. Si j’en reviens à mon cas personnel, j’ai appris énormément de choses en suivant des débats dans lesquels je n’étais pas impliquée, parfois par manque d’opinion, parfois parce que j’arrivais deux heures après la bataille. Prenons, au hasard, le débat sur le “mademoiselle” que les féministes ont souhaité supprimer des formulaires. Ma première réaction fut à peu près : “mouiiiiiiii ?”. Soit “heu ben appelez moi madame ou mademoiselle, peut me chaut”. Puis j’ai lu des échanges, parfois acerbes, entre celleux qui défendaient cette proposition et ceux qui s’indignaient parce que… ben, c’était soit par coquetterie (“hihi, j’aime qu’on m’appelle mademoiselle, c’est une façon subtile de me draguer, hihi”) et les “mais y a plus important comme combat, putain !” J’ai donc aussi réalisé à quel point les gens qui se foutaient des combats féministes étaient par contre très préoccupé par leur liste des priorités… Parce que c’est bien connu que les féministes sont un bloc monolithe qui ne peut prendre les problèmes que les uns à la suite des autres. Bref, d’un sujet sur lequel je n’avais pas grand avis, je me suis mise à défendre la suppression du “mademoiselle” dans les formulaires car j’ai compris en lisant des argumentaires qui ne m’étaient pas adressés en quoi, effectivement, c’était problématique. Je prends cet exemple mais je pense que ma conscience féministo-gauchiste (et surtout le fait que j’assume l’être, nous en reparlerons) s’est construite grâce à ses débats qui fleurissaient sur ma timeline, sur Twitter ou Facebook.

jeune fille lit sur un écran portable

Alors échange avec Jean-Connard, balance des arguments et tes liens et une fois que tu as bien tout étayé, pars la tête haute, un petit coup pour balancer tes cheveux avec classe par dessus l’épaule (comme c’est virtuel, tu peux le faire même si tu n’as pas de cheveux) et adresse un clin d’oeil complice à celui ou celle qui te lit sans savoir et qui sera convaincu. Limite, sois un troll et quitte Jean-Connard en le remerciant de t’avoir permis d’argumenter et de gagner de nouvelles personnes à ta cause.

Rihanna double doigt d'honneur clip we found love

PO PO PO !!!

Ah oui, je vais faire ça la prochaine fois. Délicieux !

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Ma tradition chérie : le bilan

Ouais, j’aime les bilans, je suis comme ça. Parce que ça fait toujours du bien de s’arrêter de courir un peu pour voir le chemin parcouru et quelles leçons en tirer. Mesdames et messieurs, comme chaque année, je vous propose mon bilan 2015.

bilan de l'année : l'équilibre ?

Oueeeee !

lapin-tout-mignon-lapinou

Alors 2015, c’est une année complètement bipolaire, une année Double Face (je regarde trop Batman). C’est à dire que selon ce que je regarde, c’est soit une année tellement géniale que je pourrais la classer dans le top 3 à 5 de mes meilleures années mais de l’autre, c’est une année aussi très amère. Alors parce que je reste un bisounours, parlons d’abord du négatif pour finir sur le positif

bisounours pas content

Le négatif : monde de merde

Ai-je réellement besoin de détailler ? En 2015, tout le monde a morflé. Double attentat en France mais aussi les drames humains qui se passent à nos portes, sur les plages de nos voisins, personnes qui meurent pour éviter le pire et finissent tristement leur vie échoués sur une plage européenne. Attentats, fusillades, relations qui se tendent… Je sais pas où on y va mais on y va en courant

avions de chasse

Et justement, 2015 a été l’année du vrai réveil douloureux. C’est pas tant que je dormais mais… cette année plus que jamais, j’ai bien compris à quel point je ne pouvais plus faire confiance à notre classe politique mais surtout, j’étouffe devant ce constat simple : pas d’alternative. En 2012, je haïssais la France de Sarkozy, celle qui “dressait les citoyens les uns contre les autres”, j’avais hâte que ça se termine. Je n’avais pas d’espoir particulier pour la France d’Hollande parce que je ne crois pas du tout à l’homme providentiel mais… bordel, la France de Hollande/Valls n’a rien à envier à celle de Sarkozy mais depuis un mois, on piétine peu à peu nos libertés, on nous dresse les uns contre les autres, on nous manipule à grosses ficelles pour nous faire avaler plus facilement des boas constructors… “La droite aurait fait ça, les Français auraient hurlé”. Je suis bien d’accord. Du coup, quand je pense à 2017, je me dis que quel que soit l’heureux élu, on continuera à s’enfoncer dans la merde jusqu’au cou, avec le consentement de la majorité silencieuse qui continue de croire que « c’est pour notre bien ». Du coup, 2015 est l’année où, plus que jamais, j’ai ressenti le besoin de lever le poing, d’arrêter d’attendre un lendemain meilleur ou de compter sur les autres. Si je veux gueuler, je dois le faire avec les autres et je dois trouver une façon de le faire bien. Militer dans un parti, c’est non mais trouver une asso qui me corresponde dans mes “combats”… J’ai un piste, autant essayer de la suivre.

Lever le poing révolution

Bref, 2015, c’est vraiment une année où ma foi en l’humanité a souffert, une année où, pour la première fois de ma vie, je me suis prise à avoir la trouille dans certains lieux publics bondés et ça, très honnêtement, ça me fait chier. Je ne me retiens pas de sortir et je vais là où je dois aller mais parfois, me traverse une pensée “casse-toi d’ici, c’est pas safe”. Alors qu’au fond, si les terroristes ne courent pas les rues, on n’est jamais à l’abri d’une mauvaise rencontre, un psychopathe ou une voiture qui roule trop vite ou aux freins un peu défectueux. Dire qu’on ne cède pas à la peur est facile… Le faire réellement nécessite plus de travail que ce que je pensais.

inquietude fatigue stress

De l’autre côté, du côté totalement personnel, 2015 a été une année merveilleuse : niveau perso, il y a donc Victor, ce garçon que j’ai failli laisser partir 3 fois et finalement, la 4e fut la bonne. Bon, ok, techniquement, on s’est remis ensemble en 2014 mais c’était le 30 décembre alors c’est presque 2015, chut. En fait, à la relecture de notre histoire, on faisait plein de trucs de couple sans se considérer en être un (genre partir en vacances ensemble), on a mis du temps à capter mais finalement… En 2016, si tout se passe bien, ce sera emménagement puis PACS. Ah bah oui, on a assez perdu de temps comme ça, on passe la seconde.

On s'offre des bagues pour le PACS ?

On s’offre des bagues pour le PACS ?

Pour le reste : des voyages superbes (Rome, Philippines, Naples, Athènes, les Iles grecques, New York), une nièce absolument adorable, un neveu qui ne jure que par “Tatie Nina” et même au boulot, après une première partie d’année compliquée, ça va beaucoup mieux. Les choses prennent naturellement l’inclinaison que je veux leur donner (je veux me perfectionner en e réputation et data analyse et ma chef veut que j’aille dans ce sens là aussi tout en me demandant de faire des formations aux clients. Que demander de plus ?), il faut juste qu’en 2016, je mette le ola sur certaines choses comme ces putains de réunions et…

Pivoine la plus jolie

Ah mais là, je déborde sur mes résolutions 2016. On en reparle demain !

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L’école de la vanne

Sous titre : ris d’être rabaissée sinon tu n’as pas d’humour.

L’humour, ah, l’humour ! Qu’il est bon de rire, ça fait tout un tas de choses à ton corps : ça te détend, ça fait brûler des calories, ça rallonge ta vie, ça crée de la cohésion et encore plein de choses, je suppose. Et j’avoue que j’aime rire, je suis d’ailleurs très bon public, j’explose facilement de rire devant la série abrégée des Chevaliers du Zodiaque (je rebalance le lien), les délires de Natoo ou Andy, le coeur a ses raisons, le dézapping du Before… Ouais, j’ai un humour Canal, apparemment. Mais y a un truc qui commence à me fatiguer. Faaaatiguer : l’humour de la vanne.

Dès le départ, ça situe le niveau

Dès le départ, ça situe le niveau

 

Ca fuse. Vite, trouver une vanne sur la dernière phrase de Clarisse, sur le pull d’Antoine, sur l’épi chelou de Marwa “et vazy, tu t’es crue dans Mary à tout prix, mouahahahah !” Tout le monde se marre. Et Marwa ? Bah, si elle est bien lunée, elle partagera l’hilarité générale, sinon… ben tant pis pour elle. Sauf que j’avoue que je suis plus que lassée par cet humour de la vanne, que j’en sois la cible ou non.

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D’abord, il faut bien choisir sa “victime”. Il y a des gens dont tu accepteras d’autant mieux les vannes car ils sont tes amis et tu sais qu’il n’y a pas de volonté de blesser derrière (en tout cas, qu’ils seraient désolés que ça arrive). Il faut également être attentif au sujet de la pique, on a tous certaines blessure où il n’est pas bon foutre un bon coup de hâche, même s’il est donné avec humour. On va éviter de répéter à une personne ayant pris du poids et ne le vivant pas très bien qu’elle risque pas de se noyer avec sa bouée, ahah ! Ou ironiser sur les difficultés d’une personne dans un domaine précis alors que celle-ci galère pour s’en sortir “Ahah, Jean-Claude, ça fait combien 2+2 ? Ah mais oui, c’est vrai, tu es nul en maths, mouahahahah ! Allez, fais pas la gueule Champion”. Vous saisissez l’idée.

humiliation

Le bashing est pour moi l’un des avatars les plus malsains de l’humour oppressif. Rire de soi, ok, je pense que ça peut être sain et dédramatiser. Seulement, il y a un fossé énorme entre “je ris de mes défauts pour les dédramatiser” et “je ris des défauts des autres pour passer pour le petit comique de service au détriment de quelqu’un”. Evidemment, le bashing permet de s’adonner à de bons mots, à se faire applaudir sur sa réactivité et son sens de l’à propos et il est si bon de rire des autres ! Au moins, ça ne nous tombe pas dessus.  Mais franchement, à quoi ça sert ? Se lier les uns en descendant les autres, mettre quelqu’un en faiblesse pour se mettre en position de force à l’inverse. Parce qu’on a beau avoir de l’humour, quand tu entends toute la journée que tu es moche, gros, bête, nul en ci ou en ça, tu finis quand même par intégrer un peu.

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Alors je dis stop. Je m’énerve, je peste, je ferme les portes de l’humour autour de moi. Je ne suis pas drôle ? Parce que tu crois que tu étais drôle quand tu m’as agressée un peu gratos juste pour faire marrer ta petite cour ? Tu n’as pas la sensation que je ne suis pas d’humeur ou que tu as tapé pile où il ne fallait pas ? Et t’excuser au lieu d’en plus attaquer mon humour non ? Bah non, c’est moi qui ne suis pas drôle. Parce qu’on est dans la culture de la vanne, du clash et du bashing, du “on peut rire de tout mais pas avec tout le monde”, cette phrase prononcée généralement par ceux qui n’en comprennent pas le sens. Et bien pardon mais perso, j’en ai marre. Je ne suis pas contre l’humour vache, trash, si celui-ci sert à dénoncer, à s’engager. Qu’on se moque de Hollande ou Sarko parce que leur politique est bancale, parce qu’ils se posent en personnes qu’ils ne sont pas (genre quand Sarko “lit” Victor Hugo). Qu’on les rabroue sur leur tour de taille ou leur taille, j’ai déjà dit à quel point c’était inutile et même franchement débile. Mais bon, peut-être attends-je peut-être trop de finesse de la part de mes congénères, moi aussi.

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Tellement…

 

Pourtant les vannes de cul, ça marche bien pour faire marrer, éventuellement (quoi qu’on flirte toujours un peu avec le sexisme…)

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Demain, je vous parlerai d’une vanne trèèèèèèès populaire sur les Internets que je ne supporte plus.

 

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Et après ?

J’ai un peu de mal à reprendre l’écriture de ce blog, j’ai une sensation de décalage, de grotesque, d’incongru. Comment vous parler de sites de rencontres et autres bêtises après ce qu’il s’est passé ? Pourtant, il le faudrait, il faudrait revendiquer notre droit à la futilité, au léger, au rire, ne pas les laisser gagner cette bataille là non plus. Alors je reprendrai comme avant même si, dans ma tête, ça tourbillonne autour des derniers événements, je suis pas arrivée au bout de ma réflexion sur tout. Mais j’ai besoin de poser quelques trucs donc aujourd’hui, on en parle et demain, on fera comme si la vie était belle.

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Alors, et après, se questionne-t-on. J’ai envie de dire “mais pose-toi d’abord la question !”. Je n’attends pas une réponse globale parce qu’elle ne viendra pas. On en est au même point qu’il y a un mois, le traumatisme en plus. Dimanche dernier, en allant marcher à Paris, j’ai ressenti plus que jamais à quel point je ne devais plus rien attendre des politiques. Oui, Hollande a été digne, on ne lui enlèvera pas ça mais quel cirque, putain. Entre la Marine qui se la joue victime (son rôle préféré), Sarko qui joue des coudes pour se positionner au milieu des chef d’Etats, la présence des joyeux Netanhayu, Davutoglu ou Bongo (lire le communiqué de presse de RSF à ce sujet), le délire sécuritaire qui en a suivi avec cette idée folle qu’en surveillant plus Internet, on arrêtera les massacres. Hmm… Déjà que j’étais bien désabusée sur la politique, là, je suis définitivement en rupture. Pour changer les choses, faudra pas compter sur les 40 gus qui marchent tout seuls devant mais sur les 3 ou 4 millions derrière. Encore faut-il faire quelque chose.

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Et justement quoi ? J’y pense mais j’ai pas encore trouvé de réponse. S’abonner à Charlie hebdo ? Pourquoi pas mais je ne le lirai pas. Le journal n’est pas en cause mais ça fait bien 3 ans que mes Nouvel Obs partent direct à la poubelle encore sous blister par manque de temps. S’abonner à Arrêt sur images et Mediapart aussi, depuis le temps que je devais le faire, au moins, c’est réglé. Faire un don régulier, oui, mais à qui ? Je penche vers RSF qui me paraît l’association la plus proche en terme d’action au message de la marche de dimanche. Mais là encore, même si je donne pour RSF, que faire pour les drames qui se passent ailleurs et qui touchent des populations n’ayant rien à voir ni de près ni de loin avec le journalisme ? Je rajoute Amnesty sur la liste ?

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Ok mais après ? Je me lave les mains parce que je donne deux ou trois dizaines d’euros par mois à une asso qui fait tout le boulot pour moi. C’est là qu’est mon souci. C’est un peu “facile” et ça tourne dans ma tête. Je pense aux terroristes, à ces 3 gaillards qui se sont dit un jour que tuer des mecs au nom du Prophète, c’était bien. Comment aurait-on pu les empêcher d’en arriver là ? Oh, je vous parle pas de surveiller la planète entière car il est à peu près certain qu’un jour ou l’autre, un mec passera à travers les mailles du filet. Non, je parle de l’amont. Quand on lit l’histoire des frères Kouachi, on se dit que des gamins expulsés du système, comme ça, ça risquait de mal finir. Je n’excuse en rien leur geste et on ne peut pas garantir que s’ils avaient été pris en main sur du long terme, ils n’auraient pas plongé tête la première dans cette violence. Mais peut-être que… Après tout, pour suivre un mec qui te dit que mourir en martyre, c’est choper 72 vierges direct en arrivant au Paradis et que tout ça, c’est trop cool… tellement cool qu’il te cède la place, vas-y, fais toi sauter en premier, je te regarde, c’est quand même qu’il nous manque quelques éléments de réflexion. Mais bon, comment faire, à mon niveau ? Je veux bien donner des cours ou quelque chose mais quand, où (je suis pas sûre que ma ville soit le berceau idéal pour terroristes en devenir…), comment ? Y a-t-il une solution à mon niveau ?

olympiadesdemathematiques

Ca tourne dans ma tête et je peux vous garantir que là, je ne trouve pas. Par contre, je vais me constituer une petite liste de liens sur les questions d’immigration, de délinquance, de réinsertion, de religion… Parce que mine de rien, j’en ai entendu de grosses conneries depuis ce 07 janvier un peu de pédagogie nourrie par quelques liens devrait remettre quelques pendules à l’heure. J’espère.

 

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La politique de gauche existe-t-elle ?

Si j’avais le temps, je comparerais les premières années du règne de Sarko et celui du règne de Hollande. Je comparerai les journaux, je traquerais la différence, histoire de me rassurer. Parce que là de suite, le seul qui me vient, c’est qu’on raillait Sarkozy sur sa taille, on ricane de la (re)prise de poids d’Hollande. Des sujets indécemment intéressants, donc. Mais la resucée de certains débats me fait douter : la politique de gauche existe-t-elle ?

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J’entends le brouhaha médiatique et je ne comprends pas, je ne comprends plus. Je vois mes amis de gauche grimacer de plus en plus et même commencer à tonner. On nous bassine avec une vague bleue marine qui va tout balayer sur son passage. Je vois un gouvernement qui nous fait une politique du fait divers. Comme Fillon et ses copains à l’époque et on se moquait bien. Ben finalement, c’est pareil. On nous ressort même les Roms, ça fait jaillir l’encre en tout sens. Tout ça pue bien la merde…

ca-pue

Alors je m’interroge : était-il possible de mener une véritable politique de gauche alors qu’il y a la crise, le FN, l’UE qui tire une drôle de gueule ? Notre survie impose-t-elle un serrage de ceinture jusqu’à l’asphyxie ? Doit-on se trouver des ennemis de la Nation comme une sorte de patafix du peuple, histoire de tenter une cohésion ? Les Ministres de l’intérieur sont-ils condamnés à jouer les intraitables douaniers ? Je suis pas énarque ou politicienne, y a sans doute un truc que j’ai loupé.

politique de gauche... pas avec Valls

1 an et demi qu’Hollande est élu et… Rien. Je me sens revenue entre 2002 et 2004, quand le Premier Ministre Raffarin passait inaperçu face à son excité Ministre de l’Intérieur… Je me sens perdue dans ma temporalité. Le pire, c’est que je peux même pas dire que je suis déçue, je savais au 6 mai au soir que la gueule de bois serait terrible. Je ne crois pas aux hommes providentiels, je ne crois pas aux Sauveurs. Mais j’espérais quand même ne plus entendre certaines choses. J’en peux plus de cette culture du « salaud de pauvre », de voir des propos homophobes ou racistes fleurir partout sur mes réseaux sociaux et dans la presse, comme si plus personne ne pouvait être choqué. On peut désormais traiter une Ministre Noire de guenon en toute impunité, ça fait rire gras. Je vous linkerais bien les pages qui diffusent à l’envi des montages du visage de Taubira sur un singe ou qui ricanent bêtement sur les « Taubira Banania » mais je me refuse à leur donner un tant soit peu de lumière. Vous savez que ça existe, de toute façon. Je rêvais d’une France un peu apaisée. D’une France qui ne sombre pas dans l’hystérie et la haine de l’Autre, quel qu’il soit, d’une France qui ne jouit pas de brûler tous les épouvantails qu’on lui tend. Si on va mal, c’est la faute de ces Autres : les Arabes, les Noirs, les Ministres de couleur, les Roms, les pauvres, les pédés… ou qui vous voulez. Je rêve d’une France qui arrête de croire que le portrait esquissé d’elle par une presse creuse et sensationnaliste est l’exact reflet de la réalité. Je rêve d’une France qui s’indigne des perpétuelles chasses aux sorcières. Je rêve d’une France qui, à défaut d’aimer l’autre, le tolère. Je rêve. C’est peut-être ça le problème.

reve

Peut-être qu’au fond, le socialisme n’est qu’une utopie ? Qu’en temps de crise, c’est invivable ? Que de toute façon, croire que l’homme n’est pas individualiste et obsédé par son intérêt personnel, c’est croire encore au Père Noël. Que souhaiter vivre dans un pays solidaire, préoccupé par autrui avec une vraie justice sociale, c’est juste bon pour les neuneus fans de licornes à paillettes. Peut-être qu’aujourd’hui, je ferais mieux de me réfugier dans le cynisme. Ca n’arrangera rien mais au moins, plus rien ne m’étonnera. Mieux, je pourrai m’en servir pour me montrer incisive et impertinente sur Twitter. Peut-être que je serai tellement bonne que mon tweet sera repris sur les pseudos journaux en ligne qui construisent des milliers d’articles en se contentant de captures d’écran. Une sorte de gloire… Je crois.

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Etre dans l’opposition rend-il forcément con ?

(Titre troll)

Avant, mes opinions politiques étaient celles de l’opposition. Puis le 6 mai, grâce à la victoire de François Hollande (et surtout celle de la gauche aux Législatives,hein…), on change de place : me voici dans le camp du gouvernement et les gens de droite dans l’opposition. Et c’est là qu’on découvre que changer de place ne rend pas plus intelligent.


Quand Sarkozy était au pouvoir, je me suis énervée plusieurs fois contre les attaques physiques à son encontre, les points Sarko, ce moment où on lui colle des responsabilités qu’il n’a pas (genre « un enfant renversé par un chauffard, c’est encore la faute de Sarko). Maintenant que les rôles sont échangés, je constate avec une pointe de soulagement que nos amis de droite ne font pas une opposition plus fine. Passons sur les histoire de Flamby, à nouveau, on constate que notre Président et son gouvernement sont la cause de tous les maux. Et cette nouvelle opposition tombe dans tous les pièges, exaltée par son nouveau rôle. Gueuler contre le gouvernement quand on reçoit son 3e tiers des impôts. Heu, pardon les enfants mais les impôts, vous les avez déclarés avant la fin des législatives, quand la France était encore à droite. Et disons le une fois pour toutes : ça vous fait peut-être mal au cul de payer des impôts mais toutes les aides dont vous avez bénéficiées (moi aussi d’ailleurs) dans votre vie, ça tombe pas du ciel. On a reçu quand on avait besoin, on donne quand on le peut, normal.  Vous allez me dire, les gens de droite n’applaudiront jamais le travail de Hollande, c’est normal. J’ai pas du beaucoup dire en 15 ans de droite « ah mais ça, c’est bien », même si je me force à essayer d’être la plus honnête possible parce que je ne supporte pas la politicaille primaire, de quelque bord qu’elle soit. Tout ce que fait la droite/la gauche, c’est caca beurk ! Oui bien mais tu n’aurais pas un petit argument pour me dire pourquoi c’est de la merde ? Ah ben non. Manifestement, le fait d’être un€ abruti(e) fini(e) qui s’y connaît à peu près autant en politique que moi en biologie moléculaire ne t’encourage pas à fermer ta gueule. Et depuis que tu es dans l’opposition, c’est pire que tout, tu regardes le bout de ton nez avec obstination en te disant que la gauche t’en veut, à toi perso et fait tout pour te pourrir la vie. Même quand tu es un joyeux expat installé en Suisse qui manipule tous les pigeons en omettant de rappeler que tu as été bien proche de l’équipe Sarko à l’époque.


Mais là encore, disons que c’est normal. Mais le pire, le pire, c’est bien la néo opposition composé de ceux qui ont voté Hollande comme ils auraient voté Obama s’ils avaient été Américain en se disant que demain, tout sera différent. Je rappelle à toutes fins utiles qu’un homme politique (ou une femme, tiens) est avant tout un humain, il n’a pas de pouvoirs magiques. En mai dernier, nous étions au beau milieu d’une crise et aucun prévisionniste n’avait envisagé sa fin dès le 07 mai. Notre nouveau gouvernement récupère donc un pays dévasté ou à peu près et va falloir cravacher dur pour remonter la pente. Si vous prenez 15 kilos avec des bourrelets dégueulasses, c’est pas en claquant des doigts que vous allez les perdre, faut faire des efforts. Là, on doit tous se serrer la ceinture. Tous. Les riches plus que les pauvres, c’est au moins juste ! Mais jamais ô grand jamais il n’a été question de ne plus payer d’impôts ! Alors quand je lis le témoignage d’une petite connasse pourrie gâtée sur Rue89 (ce site est devenu une immonde merde où les egos se précipitent pour se la raconter. Une vraie revue d’articles de blog finalement) qui est scandalisée d’être moins payée suite à la fin de l’exonération des heures supps, c’est intolérable, elle a voté Hollande, merde ! Ah ? Ah mais pardon, j’avais pas du tout compris que ça marchait comme ça ! Non parce que moi aussi j’ai voté Hollande alors bon, je dois aller où pour réclamer une exonération d’impôts ? Et qu’il fasse voter les lois qui me plaisent à moi puisque je lui ai donné ma voix. Quoi ? C’est pas comme ça que ça marche ? Je vais payer tous mes impôts l’an prochain ? Oh ben vu ce que j’ai gagné cette année, ça va me faire très mal au cul, je suis scandalisée. Néo opposition, attends-moi ! J’ai tellement envie de grossir les rangs des gros débiles incultes qui ont cru que la gauche ferait sauter les impôts… Juste pour rappel : les impôts ne sont pas une punition.


Bref, tout ça pour dire qu’en ce moment, j’ai vraiment envie de faire marcher la machine à baffe.

PS : J’ai découvert le site « Je suis stupide j’ai voté Hollande » en préparant cet article… via une pub Google Ad ! Ben dis donc, les entrepreneurs saignés à blanc à les entendre ne savent plus quoi faire de leurs sous…

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