Liste de la fille un peu sous l’eau

Tellement de choses à faire, tellement pas de temps, youhou…

– “Tu fais quoi ? 1m65 ?”. Jeune homme, soit tu surestimes totalement ta propre taille et donc la mienne, soit tu cherches à me flatter. Je fais quasi 10 cm de moins… (mais c’était mignon).


– Cours d’anglais vendredi (oui, j’ai des cours d’anglais payés par ma boîte, c’est un peu cool quand même), je suis avec Salima et on doit s’interviewer (en anglais donc), elle me demande mon âge, je réponds “thirty-one” (je suis fluent in english, t’as vu ?). Là, le prof me reprends : “thirty-one ? Trente-et-un ?” Et ouais, mec, c’est unbelievable mais je n’ai plus 25 ans (ni 21)

– Ma vie, c’est un peu Hélène et les garçons quand même. Genre jeudi dernier, on est joyeusement allées au sport avec Anaïs et Isa Brune et nous voilà à papoter sur le vélo elliptique puis au rameur. En fait, la seule différence c’est que nous, on faisait vraiment du sport au lieu de rester assises sur les appareils en soupirant sur le fait que José avait encore trompé Béné.

– Jeudi soir, suite. Avec Anaïs, on rejoint un de ses potes, Flavien. Après une piña Colada méritée (et ok, à jeun), je m’enflamme un peu dans mon discours quand je me suis fait crucifiée par un “t’as vraiment un vocabulaire de femme castratrice”. Heuuuuu ? Enfin vu le nombre de fois où il m’a touché le bras suite à ça, c’est un bon plan, la femme castratrice.

– Y a des moments où tu sens chaque seconde s’écouler douloureusement. Lundi dernier, je suis convoquée à 18h pour une soirée avec un client. Je m’exécute et quand j’arrive… “ah ben tout est prêt en fait”. Du coup, de 18 à 19h30, je suis restée dans un coin sans que personne ne vienne me parler et j’avais un peu décidé d’arrêter de fumer donc je pouvais pas m’occuper avec une ou deux clopes… Et aller faire pipi ne prend pas plus de 5 mn, lavage de main compris. Je remercie mon smartphone d’avoir capté…


– Jeudi soir, drame dans le métro. Je filais retrouver le club des 5 devenu clan des 7 avec de légers changements dans le casting (une en moins, trois en plus). Je m’apprête à prendre la ligne 14 quand j’entends le bip me signalant le départ donc je me précipite pour entrer dans la rame mais la fille devant moi stoppe pile devant la porte et je me retrouve coincée entre les deux portes. Petit à petit, j’arrive à me dégager de la porte (qui est quand même assez violente) sauf ma cheville droite et me voilà par terre, la cheville droite bloquée dans la porte. Bilan : un peu mal à la cheville, un peu mal au genou, beaucoup mal à l’ego. Nouvelle résolution de vie : arrêter d’avoir des histoires où je finis à terre. Littéralement, je veux dire.

– Je suis débordée au boulot en ce moment, c’est parfois un peu déséspérant. Parce que c’est forcément quand t’as what millions de trucs à faire que tu as des pépins en plus à régler genre “mais pourquoi elle marche pas l’appli Facebook ?”. Oui, hein, pourquoi ?


– Le micro-short, c’est super pour les soirées mais j’ai un peu plus de mal à l’assumer au boulot, quand même (enfin, ça va, hein, il descend à mi cuisses).

– Y a des fois dans la vie, tu te retrouves à tricoter des chaussons pour bébés devant Dexter, en toute décontraction. Au passage, la VF me fait peur mais pas dans le bon sens du terme.



– Tiens, 4e petit(e) cousin(e) en approche (enfin, j’en ai déjà 5, y en a 4 en plus qui arrivent en peu de temps dont le premier côté Bartoldi).

– La semaine dernière, on nous a proposé une formation photocopieuse. Ca m’a laissé sans voix. Non, en vrai, ça m’a fait rire parce qu’une photocopieuse, à part imprimer, photocopier et scanner, je vois pas trop quoi en faire.

– Depuis quelques temps, j’ai les cervicales en vrac. Osthéo, prépare-toi, j’arrive (quand j’aurai des sous).

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Quelle plaie ces touristes !

Sartre a dit : « L’enfer, c’est les autres » et s’il a tort grammaticalement parlant, sur le fond, c’est un peu ma citation fétiche tant elle est vraie. Même si quand je dis ça, je prends le contrepied de ce que voulait dire Sartre mais on va pas chipoter, on n’est pas en cours de philo, là. Je n’aime pas les autres, ils ne font rien qu’à m’empêcher de faire ce que je veux.

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Là, plus les jours passent et plus les touristes affluent et j’ai des envies de touristicide. Par exemple mercredi, nous nous rendons aux îles Lavezzi au sud de Bonifacio. Entre nous soit dit, c’est sympa 5 mn mais après… On retourne au bateau qui nous ramène à Bonifacio, bateau qui doit nous faire une petite balade d’une heure en passant par l’île des milliardaires (aucun intérêt), longer les falaises de Bonifacio et finir dans une grotte. On arrive assez tôt à l’embarcadère pour avoir une bonne place quand arrivent 2 familles très Lequennois dans le genre (parmi les enfants 2 Margaux, un Brieuc, une Camille. L’avantage de croiser ce genre de famille, c’est que j’allonge à chaque fois la liste des prénoms à ne pas donner à mes enfants. J’ai entendu Amenory aussi. Par contre, Camille, j’aime toujours bien notamment en référence au Mépris de Godard tiré d’un roman de Moravia. Même si dans le roman, Camille s’appelle en
fait Emilia). Bref les Lequennois nous grillent la politesse et pendant l’heure de bateau où nous sommes censés découvrir les falaises de Bonifacio, moi, je ne vois que le dos du père et impossible de prendre la moindre photo sans que les deux starlettes de la famille posent. Vous êtes bien mignonnes les Margottes (ou pas, d’ailleurs) mais aux dernières nouvelles, vous ne faites pas partie de ma famille donc dégagez de la photo, merci. A la fin, je renonce même à l’idée d’en faire, peu motivée pour jouer à la plus conne.

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Mais eux, ils ne sont rien par rapport au touriste le plus insupportable au monde : l’étranger. Selon le lieu de villégiature, ce n’est pas le même mais il a grosso merdo le même comportement partout. Comme il n’est pas chez lui et qu’il parle une autre langue, il se pense dispensé de respecter les codes de la politesse. Attention, quand je dis ça, je considère naturellement que les Français à l’étranger ne sont pas mieux. Je vous renvoie à l’article de Jane sur le sujet, très éclairant. Mais ce qui est « drôle », c’est qu’en vacances « chez nous », on peut vite devenir xénophobe avec cet autre qui débarque en masse. Par exemple en Corse, tu soulèves un caillou, tu trouves un Italien. Et les Italiens que j’ai croisés n’avaient rien de l’image raffinée de séduction qu’on veut bien leur donner. C’était plus de l’Italien « confessions intimes » avec Kro à la main (ou assimilé), bermuda qui arrive à mi hanche avec maillot de couleur vive dessous qui
dépasse bien, qui parle très fort et te marche un peu dessus parce qu’ils sont plein et que tu es peu. Combien de fois avons-nous dit, sur le ton de la plaisanterie mais pas tant que ça : « Ah, la voiture garée n’importe comment, je te parie que c’est un Italien. Gagné ! Et le mec qui roule comme un con, encore un Italien ? Gagné ! Et le groupe qui fout un bordel monstre sur la plage semi déserte en criant, des Italiens ? Et bien oui. Alors voilà, les Italiens étaient les ennemis à abattre de la semaine. Pourtant, en temps normal, je n’ai strictement rien contre les Italiens dont j’apprécie la culture, le pays, la générosité. On peut bavasser sur leurs choix politiques plus discutables mais j’ai pas très envie. Quoi qu’au passage, ça m’a quand même pas mal fait rire de voir tous les Français se moquer des Italiens avec leur Berlusconi. Maintenant, nous, on a Sarko… On repassera pour donner des leçons de morale.

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Je parle des Italiens en Corse mais y a quelques années, c’étaient les Espagnols à Font-Romeu, sans parler des Allemands ou Hollandais qui bombent comme des tarés sur l’autoroute… Je pense qu’on peut tous avoir ce discours sur un type de touristes donnés. C’est prouvé scientifiquement (ou sociologiquement), en vacances, on lâche du lest et plus on s’éloigne de chez soi, plus on oublie les conventions sociales. Moi la première, hein, plus je pars loin, plus mon look devient alternatif, par exemple. Mais du coup, autant j’ai trouvé naturel de me balader en micro tenue pendant toutes les vacances avec un chapeau improbable, autant dimanche soir, de retour de la plage avec Vicky, le micro short et le bustier option épaules nues, j’assumais un peu moins, déjà…

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Mais bon, à l’arrivée, peut-être que le problème, ce ne sont pas les Italiens, Espagnols, Allemands ou Dieu seul sait qui. Peut-être qu’une fois de plus, je suis victime de ma foulophobie et que j’aimerais être seule et tranquille pou pouvoir profiter en toute sérénité.

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Complexée, moi ? Ben oui !

Aujourd’hui, au lieu de sonder nos âmes, sondons nos corps. Samedi, déjeuner familial entre mes parents et moi, on en vient à parler de ma sœur qui se drogue de sport en ce moment pour son super régime. Sauf qu’elle est tombée sur une diététicienne qui essaie de régler son problème psychologique : ma sœur hait son corps. Ainsi, quand la diététicienne l’a forcée à se regarder dans un miroir, elle a pleuré. Du coup, moi, ça m’interpelle.

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Comme la plupart des femmes, j’ai un rapport particulier avec mon corps. Des jours, je l’aime à peu près, des jours, je le déteste. Il y a des trucs contre lesquels je peux à peu
près lutter (cellulite, vilain bidou) et d’autres non (ossature forte, tendance génétique au ballonnement). Bon, m  a petite taille n’a jamais été source de complexe particulier : être une fille d’1m57, c’est plus mignon qu’effrayant, soyons honnêtes. Ma grosse poitrine, par contre, ça dépend. De suite, sur les photos, gros seins = grosse fille, si on a
qu’une photo de la tête et de la poitrine. Prenez par exemple Pamela Anderson, selon comment vous cadrez la photo, elle prend ou perd 10 kilos. Et puis j’en ai marre de jamais trouver de chemises qui ne baillent pas. Mais je m’égare, je vais pas vous faire la revue de ma personne, on s’en fout. Donc mon corps, je vis avec, pas le choix. Globalement, quand je le regarde (sans ma tête, elle, je la trouve très chouette à deux ou trois détails près mais l’ensemble me plaît, à la poubelle la modestie), c’est clair qu’il y a mieux mais c’est aussi clair qu’il y a pire. En général, les jours de mauvaise humeur, je l’aime pas, les jours de très mauvaise humeur, je le déteste (mais pas que lui, je déteste la terre entière), des jours, je me sens mal dans ma peau. Mais d’autres, ça va. Je passe beaucoup de temps à me regarder dans la glace, de face de profil, je rentre le ventre, j’adopte des positions. Jamais en public (quoi que les regards à peine discrets dans les vitrines qui renvoient mon image, je suis sûre que je suis pas la seule) mais en privé, c’est mon plaisir égoïste. Même que des soirs, je m’amuse à vider mon placard et à essayer plein de fringues, pour m’amuser.

Mais globalement, en France, on a un rapport plutôt conflictuel avec notre corps et j’ai pas l’impression que ça soit le cas à l’étranger. Y a quelques temps, je discutais avec Vicky, elle me parlait de son voyage en Angleterre, le pays où le micro short est limite l’uniforme de la rue. Elle m’expliquait qu’en gros, les Anglaises n’avaient aucun complexe à exposer leur cellulite et que, du coup, là-bas, tu te prends à porter des fringues méga mini que t’oseras jamais ressortir en France. De la même façon, quand je regarde certaines émissions américaines avec des obèses à moitié à poil ou les Californiens toujours en maillot prenant soin de leur corps en permanence ou encore les Allemands qui n’ont pas du tout de pudeur et semblent très à l’aise avec leur corps, je me pose très sincèrement la question : pourquoi, nous, on complexe ? Non parce que la plupart des gens complexent sans avoir de réelles raisons. On est trop gros ou trop maigres, voire trop grands ou trop petits mais jamais parfaits. On pourrait penser à une fausse modestie genre « mais non, voyons, mon corps n’est pas parfait, hihihi ! ». Mais non, pour les gens que je connais, les complexes sont réels. Rarement, ils nous empêchent de vivre mais ils sont là.

A côté de ça, je connais quelques personnes terriblement à l’aise avec leur corps et je les envie. C’est pas forcément des gens super bien foutus, en plus, mais ils sont tellement
bien dans leur corps qu’on ne fait même pas attention à leurs imperfections. Je les envie ces gens là, vraiment. J’aimerais être capable de me trouver parfaite comme je suis, de pas loucher sur mon vilain bidou (oui, en ce moment, c’est lui qui me fait chier mais ça peut être rotatif les complexes), de me sentir so irresistible. Oh, ça arrive, ces jours de grâce que j’adore où je suis de tellement bonne humeur que je me sens même plus mignonne mais carrément belle. Que je marche dans la rue comme si j’étais dans un clip vidéo dont je suis la star. Ces jours où, forcément, les hommes me regardent et me sourient.

Bref, des fois, je me dis qu’on devrait nous apprendre à l’école à aimer notre corps et à en prendre soin. Je lisais y a pas très longtemps dans le magazine Psychologies (pas trop

ma tasse de thé, le magazine) que les femmes ont souvent du mal à accepter la futilité des soins du corps, qu’elles ne se sentent pas dignes d’être parfaites ou à peu près, d’où le très bon slogan L’Oréal « Parce que tu le vaux bien ». Moi aussi, je le vaux bien, après tout. Oui, c’est futile de se tartiner la figure avec une bouillie verte pour avoir bonne mine, de se
vernir les ongles, de faire du sport pour avoir le corps qui nous plaît, de s’épiler les orteils parce que c’est la seule partie de mon corps vraiment poilue et ça fait chier. Mais j’ai aussi le droit de pas avoir de muscle si ça me plaît pas, de pas aimer courir, de vouloir être jolie et bien dans ma peau sans forcément manger 3 radis par jour maximum. Bref, je crois qu’il y a toute une éducation d’acceptation de son corps à faire. Tant que la santé n’est pas en danger, pourquoi ne pas nous accepter tels que nous sommes ? Après tout, si on arrive pas à mincir ou à grossir (selon les cas), c’est peut-être aussi qu’on est à notre poids de forme et qu’on est génétiquement pas faits pour être plus gros ou plus minces ?

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