Mon carnet d’écrivaine

Ca y est, je l’ai fait. J’en parlais y a quelques mois mais je me suis dit que là, il n’était plus temps de niaiser, je devais agir. Il y a donc moins d’un mois, j’ai garni mon sac à main d’un petit carnet mignon trouvé chez moi et je l’ai élu mon carnet d’écrivaine. Le but : écrire à la moindre occasion.

J'adore tellement cette photo

J’adore tellement cette photo

Ca a commencé en réunion, ce genre de meeting qui me rend folle “alors on a un point avec le client de 9h30 à 12h30, on va parler de médias tout du long et toi, tu as 15 mn à la fin pour faire tes claquettes”. Je traduis : “bonjour, on te propose de rester à ne rien faire pendant 2h30 dès potron-minet sans t’endormir parce que ça nous foutrait la honte, merci, bisous”. Courageuse, j’étais donc allée me prendre un double café avant la réunion, vérifié la batterie de mon téléphone un peu mise à mal par Pokemon Go et prié pour que ce soit pas trop chiant. La réunion fut plutôt riche en enseignement sur certains trucs mais au bout de 45 mn, j’avais plus de mails dans ma boîte et l’ennui me caressait du bout de son doigt taquin. Ok. Je pris mon cahier de note et commençai…

Mon petit carnet d'écrivaine : le 500 liberty my little paris

“Il est souvent difficile de savoir où commence réellement une histoire.”

Ouais, mon histoire, elle commence comme ça (et je me rends compte soudain de la nullité de cette phrase). Je donne vie à Maja, une jeune Suédoise qui va se prendre de passion pour l’écologie et entrer dans la contestation. Toute ressemblance avec L’amour et le monstre serait purement… ah non, c’est vrai, j’ai lu ce livre parce que j’avais une idée sur l’activisme écologique et que ça allait m’inspirer forcément (oui, d’ailleurs). Et depuis, je noircis les pages de mon carnet pour raconter l’histoire de ma brave Maja. Et ça marche ! Pour le moment, je n’en suis qu’à 8 pages tapées (déjà pas mal quand on voit que certains de mes romans n’ont même pas atteints la page 2)… alors que j’ai déjà éclaté le carnet ! Et oui, celui ci atteint déjà sa dernière page (mais ok, j’écris tellement mal que je sais pas trop quoi penser de cette folle consommation de papier). Mais comment ai-je réussi cette incroyable régularité ? Facile : j’ai un jeu.

carnet de note noirci

Admirez donc cette écriture qui fait passer celle de mon papa docteur pour de la calligraphie

J’ai donc déménagé il y a 5 mois, passant de 25 mn de marche à 45 mn de transports, je vous dis pas comme ça fait mal au cul. Mais j’adore notre petit nid donc ça va, je me plains pas trop non plus. Je vois même dans ces transports l’occasion de gagner du temps sur certaines activités. Au début, je voulais écrire des articles mais ça n’est jamais arrivé parce que… ben je sais pas. Ca m’arrivait pourtant à l’époque où je prenais le métro pour aller bosser, y a genre 6 ans (oui, ça fait 6 ans que je vais bosser à pied, imaginez mon état de choc quand même) mais là, non, ça ne fonctionne pas. Alors comment j’arrive à écrire ? C’est très simple : dès que je trouve une place assise, je la prends et je sors mon carnet. Alors je ne vous cache pas qu’il y a des matins où je me contente de lire ma liseuse car impossible de trouver une place assise mais le soir, généralement, je n’ai aucun souci. Alors si on prend les 15 mn de métro de mon boulot à la gare RER puis les 15 mn de la gare RER de départ à la mienne, ça fait quand même 30 mn d’écriture, c’est pas rien.

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Alors je vais continuer l’histoire de Maja comme ça. Parce que y a que le jeu qui marche avec moi, parce que ça rend les voyages en métro bien plus courts et exaltants. Le seul truc “négatif”, c’est que les matins où je parviens à écrire, j’arrive au travail avec une seule envie : continuer. Et j’ai bien checké dans mon contrat : je suis pas payée pour ça.

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Je suis en couple, j’ai le droit de me foutre de la Saint Valentin

Pour les plus étourdis d’entre vous (ou ceux qui ne bossent pas dans les médias, les boutiques ou sur les réseaux sociaux), dimanche, c’est la Saint Valentin, la sacro sainte fête des amoureux et la date supplice pour les célibataires. Supplice, vraiment ? Apparemment oui, pas le choix : si tu es célibataire et que tu dis que tu t’en fous de la Saint Valentin, on te soupçonne de mentir. Woah.

Saint Valentin, l'horreur pour les célibataires

Le calendrier est rythmé par de nombreuses fêtes et certaines d’entre elles ne me concernent absolument pas : fêtes religieuses (sauf Noël même si je vais pas à la Messe), fête des mères… Et personne ne me demande mon avis sur la question. Parce que oui, on ne va pas se mentir, la fête des mères, je m’en fous pas mal même si je fais toujours un petit cadeau à ma maman et ma soeur, plus pour faire plaisir qu’autre chose. Pourtant moi, je ne recevrai rien ce jour là puisque… puisque je ne suis pas maman. Et personne ne vient me soupçonner d’aigreur si je ne suis pas concernée par la fête des mères. Pourtant, c’est aussi une fête commerciale qui fait la joie des fleuristes et parfumeurs et on pourrait même ajouter un background politique pas jojo… Pareil pour les anniversaires : il arrive souvent que des gens fêtent leur anniversaire et reçoivent amour et présents le jour où moi, je n’ai droit à rien. Je vais pas monter une contre soirée juste pour protester, il me semble.

bouquet

Mais non, on te saoule juste pour la saint Valentin. Fait être pour ou contre, se payer un resto à 50 boules le repas pas top et se noyer dans le rose ou faire des contre soirées de l’aigreur. Se foutre de la Saint Valentin ? Impensable !

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Alors oui, c’est une fête atrocement commerciale et je n’ai aucune envie de dépenser mes sous ce jour là… Même si les offres massage en duo m’arrangent bien pour le cadeau d’anniversaire d’Anais comme ça, je nous prends un truc bien sympa mais très clairement, je prévois de ne rien faire de particulier avec Victor dimanche… A part un gâteau magique mais ça fait longtemps que j’ai envie d’essayer. Mais ce n’est pas pour autant que j’ai envie de jeter des cailloux à ceux qui la fêtent. Je suis bien plus saoulée par ceux qui font un crédit conso pour se payer le dernier iPhone qui coûte plus d’un loyer pour se la péter auprès des copains. Je trouve déjà violent de payer un smartphone plus de 300 boules alors bon…

Pile of smart phones

Parce que quitte à être victime du marketing, si c’est pour passer une douce soirée avec sa moitié, au fond, pourquoi pas ? C’est toujours ça de pris pour certains qui sont tellement pris par le quotidien que se retrouver peinards à 2 devient rare et précieux. Laissez les se bécoter et s’envoyer des cœurs, ça n’a jamais fait de mal à personne.

amour-coeur

Et si vous n’avez pas envie de la fêter, y a the Walking Dead qui revient dimanche… Une autre idée du romantisme !

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Le guide du plan cul

Chose promise il y a presque un an, chose due, voici un petit guide pour bien vivre son plan cul. Parce que quand on le pratique assidûment, on s rend compte que certaines questions restent un peu en suspens, que personne ne vous a expliqué s’il y avait une bonne façon de faire ou réagir à une situation donnée envers cette personne que vous butinez ponctuellement.

une abeille butine

Depuis un an, je suis rangée des voitures et j’ai décidé de vous offrir mon petit carnet de route pour vous aider à bien vivre votre plan cul. Bien sûr, chaque histoire est unique et votre relation plancuesque (néologisme) peut être radicalement différente de ce que je vais vous conter ici mais… hé, faut pas trop prendre ce que je vais dire au sérieux, d’accord ?

Les choses de la vie de Sautet avec Romy Schneider et Michel Piccoli

Parce que le plan cul, faut pas lui donner trop d’importance, pour commencer. Les médias adorent nous en parler, on a eu droit à quelques films et c’est vrai que ça brouille bien les cartes : est-on amants ou amoureux ? A partir de quand on bascule de l’un à l’autre et le basculement de l’un à l’autre n’est-il pas qu’un mythe in fine bien moralisateur pour nous expliquer que le sexe, c’est bien mais qu’au fond, on cherche tous l’amour, hein… D’ailleurs, est-ce que vous pouvez me dire une seule histoire de plan cul dans les fictions qui ne se terminent pas par des tourments amoureux ? Même dans Bref, à la fin, il veut retrouver son plan cul parce qu’il se rend compte que peut-être, c’était elle, la femme de sa vie, plutôt que la sublime Brune à tomber par terre mais peut-être moins drôle, moins folle… Ou alors c’était une resucée du Bachelor où à la fin, entre la bombe et la girl next door, il choisit cette dernière parce que ça permet aux téléspectatrices de s’identifier et donc de vivre la belle histoire par procuration… Mais je m’égare.

Un bachelor se promène à Toulouse

Toulouse ! <3

Bref, le plan cul, c’est cette relation étrange, encensée par les médias mais assez peu valorisée, qui se situe entre le one-shot et l’histoire d’amour, cette relation où l’on s’aime pas mais on aime mélanger nos corps parce que le sexe, ça fait toujours du bien et c’est “moins prise de tête” que de partir en chasse dans les bars ou en boîte.

drague - Gossip Girl

Penchons nous ensemble sur le plan cul : qu’est-ce, comment bien le vivre, que faire ou non ? Et n’hésitez pas à commenter, à me donner des pistes de réflexion : si j’ai eu pas mal de plan culs, je n’ai pas le monopole de la connaissance sur le sujet.

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Obama we will always love you

Faire un titre reprenant une chanson de Withney Houston presque un an après sa mort, j’ai toujours la palme de la réactivité.

Hier, nous nous sommes tous levés en faisant des galipettes de joie : oueeeeeeeee, Obama est réélu, le monde libre respire. Perso, la nouvelle ne m’a pas vraiment fait l’effet d’une bombe, je n’ai jamais douté de l’issue de ces élections. Je reste sur la sensation que le suspense électoral n’était qu’un scénario concocté par nos amis des médias américains histoire d’épicer un peu tout ça.

Et justement, à propos de médias, ce que je trouve merveilleux dans cette élection, c’est la fabrique du méchant de l’histoire de Mitt Romney. Du moins en France, je n’ai malheureusement pas le temps de faire une étude comparée de la couverture journalistique des élections américaines dans les autres pays (et c’est bien dommage, ce doit être super intéressant). Donc en France, on se passe d’objectivité et on y va à fond pour Obama et contre Romney. D’un côté, un homme élégant, poli, raffiné, cool et noir (on ne se lassera jamais de nous le rappeler), prix Nobel de la paix. De l’autre un Mormon complètement crétin qui veut ouvrir la fenêtre d’un avion parce qu’il a chaud. Au passage, je veux bien son avion parce que moi, j’ai toujours froid là-dedans. En plus, c’est un Républicain comme ce fils de Satan qu’est Bush, imagine le dégénéré total, quoi.

L’affiche est posée, ce sera Super Obama vs Evil Mitt. Parler du fond ? Non mais attendez, les gens, ça les intéresse pas le fond surtout qu’on s’en fout bien, on ne connaît pas grand chose en politique américaine, on se base juste sur la présentation. La politique spectacle, on appelle ça et force est de constater que c’est aussi efficace qu’un blockbuster. On a peur pour Super Obama, il se prend des coups, le Méchant lui fait des sales coups, le ratatine un peu au premier débat, histoire de faire un bon scénario. Jusqu’à l’affrontement final, on retient notre souffle, qui triomphera ? Les Français aiment voir en Obama une sorte d’humaniste éclairé qui sauvera le monde du mortel sable mouvant dans lequel il est en train de s’enfoncer. On repart en pleine Obamania. Oui, oui, c’est bien mais qui peut me dire ce qu’Obama a changé en 4 ans ? L’Irak ? L’Afghanistan ? Guantanamo ? L’économie américaine ? Il y a 4 ans, j’avais déjà souligné qu’on s’emballait un peu promptement. Oh mon Dieu, la vie m’a légèrement donné raison… Mais la machine médiatique a fait oublier tout ça et nous a refait avaler cette belle histoire de sauveur de l’humanité. Et ça marche. Un peu comme Matrix 3, en fait : le 2 était une merde mais pas mal de gens sont allés voir le 3 en espérant un finish incroyable… Bah non.

Alors oui, entre un Démocrate et un Républicain, je respirerai toujours mieux avec le premier mais le monde n’a pas changé… Ni aujourd’hui, ni demain, ni dans un mois ou dans un an. En attendant, si les Français pouvaient autant se passionner dans leur pays que chez les voisins, ce serait teeeeeellement mieux…

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Le sexe n’est pas une arme

Fiers d’eux, ils s’affichent dans les médias, inventent des termes pour se singulariser. Eux sont différents et le clament sans honte : ils ont une sexualité hors norme. Vomissant le concept de partenaire unique, ils avancent fleur au fusil pour défendre leur cause. Laquelle ? À part l’énormité de leur ego, nul ne le sait.

Ils revendiquent le droit d’exister. Ok, super, personne ne les en empêche. En France, les lois régissant la sexualité sont plutôt lâches : du moment que tout se passe entre adultes consentants, pénétrez qui vous voulez où vous voulez. Enfin quand je dis où, je parlais d’orifices, vous etes priés de pas baiser dans des lieux où les gens n’ont aucune envie d’assister à vos ébats. Et je vous jure que globalement, vos parties de jambe en l’air n’intéressent que peu de monde…

Pourtant, tous les jours, des inconnus clament avec fierté qu’ils baisent. Des hommes, des femmes, des transsexuels et que s’ils tombaient sur des hermaphrodites, ça les gêneraient pas. Puissante déclaration s’il en est, c’est comme si je disais que si j’avais l’occasion de sauter en parachute, ça ne me dérangerait pas. Alors que rien que de voir la vidéo du saut de mon beau-frère, j’ai crié et me suis cachée dans mon pull. Ok, c’est bien mon petit, tu couches donc avec tout le monde sans t’arrêter au genre de tes conquêtes. Et ? Tu as une revendication ? Ah non, aucune ? Alors pourquoi tu nous racontes ça ?

Passons sur le fait qu’on se demande si la multiplicité des genres des conquêtes n’est pas lié à cette volonté d’être « différent ». Le problème de la prise de parole sur la sexualité, c’est que d’un sujet intéressant à la base, on se vautre rapidement dans le racolage. La sexualité de Jean ou Jeanne n’a en soi aucun intérêt, ce n’est que de l’anecdote graveleuse. Je suis bien placée pour dire ça au vu des origines de ce blog. En relisant mes articles purement cul des premières années, je me suis demandée pourquoi les gens s’intéressaient au récit de ma nuit avec Paul ou Jacques. Réclamer une certaine liberté sexuelle ? Mais personne ne me l’a niée. Prouver qu’on peut aimer le sexe sans être salope. Moui, léger. En fait mon processus était simple : après 4 ans et demi en couple, je me trouvais à nouveau sur les chemins de la conquête et oh wouaaaaah ! Ça marchait pas mal pour moi, dis donc. J’ai vécu ces expériences les yeux grands ouverts, persuadée que je réinventais la poudre. Comme on dit sur l’Internet : lol.

Car le sexe n’est pas une arme. Je peux écarter les cuisses et m’en vanter tant que je veux, le monde sera le même le lendemain, je ne fais avancer aucune cause. Serais-je un exemple pour de jeunes filles timorées qui n’osent céder aux tentations de la chair ? Ahah non. Nombreuses sont les séries qui ont dédramatisé le sexe pour le plaisir, crier que oh oui, on fornique quand on en a envie n’est qu’une goutte dans l’océan.

Il y a pourtant des causes à défendre vis à vis de la sexualité comme tout ce qui touche à la prévention, le droit des femmes à disposer de leur corps et de leur fertilité, le droit de dire non… Et plus loin toute la question du droit des homosexuels en terme de mariage et d’adoption. Des combats, il y en a. Dire qu’on baise hors des conventions petites bourgeoises n’en est pas un, c’est juste une posture. Et si on considère que dans les Mystères de l’amour, y a un club libertin et un couple à 3, c’est limite ringard comme posture.

Je terminerai par cette éternelle phrase tellement originale et inconnue de notre ami Epicure : pour vivre heureux, vivons cachés. Car n’oublions pas une chose : notre vie amoureuse et/ou sexuelle n’a d’intérêt que si on ne la vit que pour nous, pas pour se la raconter dans les médias.

Et je finis par un article hilarant qui m’avait inspiré cet article : L’arène 69, parlons cru puisqu’elle est nue.

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Attend-on trop des fêtes ?

Je le disais l’autre jour, je n’aime pas vraiment le mois de décembre mais j’ai de bonnes raisons pour. Sauf que qui dit décembre dit Noël et nouvel an donc ça me console. Pourtant, on peut légitimement se demander : est-ce que je n’attends pas trop de ces fêtes ? Et quand je dis « je », je devrais dire « la plupart d’entre nous ».


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Il y a quelques jours, on m’a confié une dure mission au boulot : trouver sur nos forums des personnes ayant un budget serré ou étant seules à Noël. Si pour les premières, j’ai eu du mal (on était plus dans l’étalage de cadeaux), pour les seconds, j’ai trouvé et ça flingue bien le moral. Jusqu’à lire cette sentence bien vraie : « non mais on attend trop des fêtes ». Ben ouais.

 

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Il existe quelques dates qui nous permettent de mesurer un peu notre intégration à la société. J’en dirais deux : notre anniversaire et les fêtes. Oui, bon, les fêtes, y a deux dates, Noël et Nouvel An. Selon les convenances, ces fêtes ne doivent en aucun cas se passer seul sous peine de passer pour l’asocial de service. De fait, si mon anniversaire ne représente pas forcément grand-chose (je ne le fête pas forcément le jour J) et qu’un Nouvel An seule, j’ai survécu même si c’était dû à une grippe pourrie, Noël, c’est trop « famille » pour moi pour imaginer le passer seule. Chaque année, j’en attends la sérénité que peut m’apporter ma famille, du repos, du calme même si en l’espèce, à bien y réfléchir, ce sont les pires vacances de l’année vu qu’on les passe à courir pour faire les derniers cadeaux. Quoi que cette année, mes vacances étant un peu décalées, j’ai pas eu ce souci là. Donc cette année, les vacances sont, pour l’heure, un véritable havre de repos parce que bordel, je l’ai bien mérité.

 

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Au-delà de mon cas particulier, il faut avouer qu’on met bien la pression sur les fêtes de fin d’années. Avez-vous fait vos cadeaux ? Le repas est-il prêt ? Et votre tenue ? Faut-il inviter les beaux-parents ? Noël, dans sa famille ou dans la vôtre ? Bref, quel que soit l’angle attaqué, hors de question de parler de la solitude pendant les fêtes, ce n’est pas envisageable. De façon générale, les médias ont du mal avec le concept de solitude, de « sans famille ». Noël et le Nouvel An sont des dates festives, tu fais la fête en collectivité et puis c’est tout. Mange des bûches, du foie gras, des huîtres, du saumon… Sois généreux avec ton prochain, oublie les conflits qui t’opposent à ta famille parce qu’à Noël, tout le monde s’aime-euuuh !

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Alors évidemment, avec tout ce matraquage, difficile de ne pas avoir de grosses pressions sur les épaules. Comme à la St Valentin où les célibataires sont stigmatisés mais là, c’est pire. Parce que le célibat, ça concerne plein de monde mais les sans familles, ce n’est pas censé exister, ça se peut pas ! Tu as forcément des parents, des enfants, une belle-famille, des cousins à la rigueur mais être seul, non, ça ne se peut point. Ou alors, t’es vieux, la solitude des vieux, ça passe mieux. Ce qui nous fait tout un tas de gens qui culpabilisent de ne pas inviter tel ou tel membre de la famille que l’on n’apprécie pas du tout, de devoir aller dans la famille du conjoint plutôt que la leur ou imposer au conjoint de ne pas passer les fêtes dans sa famille pour la passer dans la nôtre… Sans parler de la pression des cadeaux. Dis moi ce que tu m’offres, je te dirai qui je suis pour toi.


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Pourtant la question est : quelle importance de rater les fêtes ? Quand j’ai dû passer le réveillon toute seule pour cause de grippe, sur le coup, ça m’a complètement déprimée mais finalement, est-ce que ça a changé quelque chose ? Non. Ce n’est qu’une date, une soirée. Pour le coup, là, ça ne renvoyait pas à ma solitude mais à ma santé précaire. Pourtant, j’ai la sensation que les réveillons se font de plus en plus en petit comité. Mes parents sont ravis de ne rien faire cette année, ma sœur et moi le faisons chacune en petit comité, elle avec son futur mari et ses amis, moi avec quelques amis, sans même mon amoureux mais je n’avais même pas pensé que ça puisse poser problème avant de découvrir la pression des fêtes. On se fera un petit truc tranquille après. Finalement, je la gère pas si mal cette pression de ce point de vue. Mais laissez moi passer Noël hors de ma famille nucléaire et là, je serai sans appel : l’année a été à l’image de ce Noël : pourri. Oui, condamner toute une année pour un jour, c’est excessif mais je suis comme ça, moi.


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Peut-être qu’un jour, on apprendra à dédramatiser, à se détacher de la pression médiatique attachée à ces fêtes. En attendant, cette année, mon Noël fut joyeux même si je crois que mon iPhone, plongé dans l’eau glacée de mes toilettes par inadvertance (ne le rangez jamais dans la poche arrière du jean) est en train de me quitter, je crois. Enfin, tout marche sauf qu’il ne capte par intermittence et encore, la 3g, il connaît plus. Supeeeeeer, je sens que ça va me coûter bonbon cette histoire. Mais à chaque Noël sa petite anecdote fâcheuse, cette année, elle est bien légère, ouf !

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Faire de la politique ou vivre de la politique ?

Par Lucas

Cher René,

J’ai failli intituler cette bafouille « La politique n’est plus ce qu’elle était » mais je me suis rappelé à temps que je t’avais déjà chourave ce titre pour un autre article, terne et vide. Tu as donc évité de faire des triples lutz piqués et des doubles axels dans ta tombe : ne me remercie pas, voyons, tout le plaisir est pour moi.

Pour autant, tu as bien fait de clamser il y a quelques années.
La politique n’est définitivement plus ce qu’elle était, René.

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Les hommes politiques n’ont plus aucun engagement pour des idées intelligentes et utiles.
Le Monde Diplomatique a fait tout un dossier dans son numéro 667 d’octobre 2009 qui s’intitulait « Faire de la politique ou vivre de la politique ». On a atteint un degré incroyable de théâtre et de faux semblants. Depuis 40 ans, notre personnel politique cherche simplement à faire preuve d’à propos pour se maintenir en place et pour profiter de ses indemnités. Au gouvernement, comme dans
l’opposition, il n’y a pas un seul esprit qui ne soit pas inféodé au qu’en dira t-on, pas un seul esprit qui ait une vision d’avenir. Et quand une politicienne parle de désir d’avenir, c’est seulement un message marketing pour faire rêver le consommateur…

Parce que l’électeur est un consommateur comme un autre pour un produit comme un autre.
Tu t’en doutais un peu, René, ça devait arriver un jour. Tu l’avais plus ou moins suggéré…

Aujourd’hui, il faut un propos vendeur, il faut exprimer ce que l’électeur attend. Il faut anticiper et ruser, faire des coups d’éclat et des opérations coup de poing, de la promotion et du marketing. Pire… Aujourd’hui quand tu prends les media, l’info n’est plus, René. L’info est morte, vive l’évènement ! Attends, va te prendre un mojito et reviens vite que je t’explique…

Je ne regarde pas là télé mais j’ai observé, depuis 5 ans, l’évolution du journal de 13h sur France Inter, un des plus écoutés de France si ce n’est LE plus écouté. Eh bien, vois-tu, René, même là, même sans image, c’est le règne de l’info produit, du coup médiatique, du truc glamour à dire pour susciter l’émotion de l’auditeur. Ce n’est que du maquillage : on a atteint le degré zéro de l’épure (oui, je fais du pastiche et je convoque Roland Barthes pour que tu te sentes moins seul à ronchonner)

 Vois-tu, René, j’ai eu un arrière grand père qui était au Congrès de Tours en 1920, un grand père qui a toujours voté marxiste, un père qui a créé les jeunesses communistes de Bagneux à 14 ans et qui a voté… Sarkozy en 2007.
Et moi, je ne sais plus que penser.
Taubira (radical) en 2002, Ségolène x 2 en 2007…
Je refuse la complaisance du Modem et les blagounettes utopiques de Besancenot,
Je renie la démagogie du PS et la cosmétique de l’UMP…
Vais-je donc voter Cohn Bendit pour confirmer ma lassitude et adouber son apparent « parler vrai » ? (t’as raté un super débat entre lui et Bayrou aux dernière élections, un débat ou François s’est ridiculisé et où DCB a tenu un propos humain avec des vrais morceaux de sincérité dedans ; trop frais)

Trop frais…

Vois tu c’est bien ça le problème…
Les simagrées et les discours niaiseux des uns et des autres m’insupportent et me lassent.
D’un coté on fait des lip daubes, de l’autre on s’excuse partout où on passe : bref, on fait le show…

Si je me suis engagé pour la campagne des Européennes, c’est parce que j’ai trouvé un parti,Newropeans, qui me semblait aller au delà du clivage stérile Droite Gauche, un parti utile quand on sait que 85% des lois sont votées à Bxl et transposées ensuite par le Parlement
Français. Mais tu sais bien que nos 72 représentants au Parlement Européen (les 72 hommes et femmes politiques les plus puissants de France) n’ont pas le droit de proposer des textes : ils ne peuvent qu’entériner ou refuser les décisions et les choix faits par les technocrates…

C’est parce que je rejetais ce déni de démocratie que je me suis engagé chezNewropeans.
Parce que je refusais ce vaudeville scabreux qu’est devenu le jeu politique français.
Je refusais l’inanité lâche et la comédie niaise des débats entre une majorité et une opposition dont la frontière est incertaine.
La politique vaut mieux que ça, René, et tu le sais bien. Toi qui a connu l’époque des Mendes France (« Gouverner c’est choisir« ) toi qui a du nécessairement lire ce discours de Jean Jaurès dans lequel il martèle l’évidence. Rappelle-toi, René…

« Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui volontairement accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en
prenant pour soi les dangers. » (…)
« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux
applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques »

Et pourtant, je suis le premier à faire ça, René.
A faire écho aux huées fanatiques et aux discours creux.
Pire, j’ai été le premier à stigmatiser ces 500 conducteurs de la ligne A du RER de Paris qui bloquent 1 million de personne (bon, OK, j’étais frustré…)
Je suis défait, René. Il n’y a plus de place pour les idées, il n’y a plus que l’urgence.
Oppressés par le poids des média, on jette de ci de là, de nébuleux messages sans jamais s’engager ; des trucs stériles pour « donner l’impression que »… On pourrait même détourner un peu Céline (non, pas celui qui fait des voyages jusqu’au bout de la nuit, je te parle d’une chanteuse québéqouhèze) :

Tu les entends dire des phrases sans aucun sens
Qu’importe les mots n’ont plus la moindre importance…
Car le Ballet a commencé…

Un ballet où tout n’est que gestuelle calculée et entrechats plus ou moins lestes sur la grand scène illuminée de l’opéra existentiel (je fais des phrases prétentieuses si j’veux)

Voila René…
J’espère sincèrement que tu profites bien de ta mort parce que là, en ce qui nous concerne, on en chie vraiment avec tous ces macaques.
Dernière chose. Si tu pouvais faire un truc qui me ferait graaaave plaisir,
Passe mon bonjour à Salengro et à Beregovoy…

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Elle est dans ton cul la crise

Par Lucas

C’est un peu ce que j’ai envie de dire à chaque fois que j’entends quelqu’un se vautrer allègrement dans ce poncif : « célacriz ».

Purée, mais la crise c’est Wonderwoman : elle supporte à elle seule tous les maux de la Terre. Dès qu’il y a un truc qui ne va pas c’est la fautàlacriz.

Je ne sais pas pour vous mais perso ça m’agace prodigieusement cette facilité et ce fatalisme !

Facilité parce que si on se sortait les doigts du cul, si on allait de l’avant on pourrait trouver des solutions sûrement plus efficaces que les classiques remèdes plus ou moins keynésiens.

Fatalisme parce que la gente del barrio se complait là dedans pour justifier tout et n’importe quoi.

Tu n’trouves pas de boulot ? Ah bah oui mais c’est la crise.
Le cout de la vie augmente ? Ah bah oui mais c’est la…
Les bébés phoques sont tués ? Ah bah oui mais c’est…  

Tiens d’ailleurs c’est étonnant qu’on ait pas dit que c’était la fautalacriz le coup des deux marins qui ont chaviré au Vendée Globe et le motard qui s’est tué au Paris-Dakar-mais-en-fait-cette-année-c’est-en-America-del-Sud-et-s’ils-ont-émigré-c’est-la-faute-aux-terroristes-c’est-pas-la-fautalacriz.

Bon d’accord, je suis un peu mauvais esprit. Mais pour moi c’est aussi un bon prétexte pour évoquer autre chose. J’en ai tellement marre qu’on nous impose des images comme des vérités. Tellement ras le bol de cette lobotomisation. « Le Bac S, c’est le meilleur » ; « Les Allemands sont plus rigoureux que les Français » ; « Le Bourgogne, ca donne mal au crâne ». Entre autres…
La crise, ça fait 3 mois que les média nous la balance à toutes les sauces.
Si on fait le bilan des actions gouvernementales en Europe qui soient des actions non pas réparatrices mais « proactives » (pffff, vocabulaire école de commerce) pour lutter contre cette stagnation et relancer l’activité, eh bah ledit bilan est nul.

Faut arrêter les conneries. Les salaires n’ont pas baissés, le niveau de vie non plus (cf numéro spécial de Capital en fin d’année) mais on a tellement martelé « célacrwahiz » que les ménages sont devenus circonspects donc ont restreint la conso. D’ailleurs, je suis sûr que les média ont un rôle dans le maintien et le renforcement de ladite crise, tout ça parce que ça fait vendre du papier que de mettre ces 5 lettres en gros titre partout…
Mais si on se bougeait tous un peu les fesses, y aurait pas moyen de relancer la machine ?

Rappelez-vous vos cours au collège où on nous a appris le coup des cycles Juglar et Kondratieff (c’était au collège parce qu’après au lycée j’ai fait littéraire et c’est surement pas là que j’ai appris ces trucs là…).
On est en phase descendante depuis quelque temps alors maintenant on se sort les doigts du cul et on va de l’avant pour remonter la pente. Allez, on consomme, on rigole, on s’éclate. On chante tous « We are the Weeeeeeeeeurld »

Et pour se redonner le moral, on fait plein de jeux de mots pourriiiiiiiiiiis comme nous le propose Al Dente La Crise.

T’as Vu la Crise ? Quess qu’elle a grossi !
C’est la Crise sur le Gateau !
Il fait froid, la Crise fait son Show !
Ne Mets Pas tes Doigts Dans la Crise !
La Crise : What Else ?

Tiens, avant que vous ne mettiez vos commentaires pour dire à quel point je suis un gros naïf et que je mérite des claques et bordel Louka laisse nous bader en paix, je vous mets un lien vers une anim que j’avais faite. J’avais honteusement copié la diatribe d’Edward Norton dans « la 25 ème Heure ». Ca s’appelle YANAMAR et c’est sur cette page.

Pour la suite de « Comment j’ai séduit ma Libraire » on va temporiser un peu le temps que Nina me dise si l’histoire vaut la peine d’être publiée.

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Ensemble, tout devient merdique?

Par Diane

Vingtenaires, vingtenairettes, j’ai aujourd’hui à vous faire part de constatations résultantes de mes moultes observations existentielles.

Il se trouve que je suis revenue la semaine dernière d’une semaine de vacances dans un petit lieu dit de provence (au milieu des moutonsss, dans le sud de la france en pays des santonnns). Si l’on ajoute le fait que je me trouvais dans un petit lieu dit accessible uniquement par une petite route encastrée dans la montagne et peuplée d’animaux bizarres à celui qu’on était mi septembre, et donc que la populace vacancière était à 98% partie, vous conviendrez que j’avais passé la semaine dans un cadre relativement propice au calme, à la méditation et à la paix de l’esprit. Et
effectivement, ma tension a baissé d’un coup, j’ai cueilli des noisettes et le peu de personnes que j’ai pu croiser pendant mon séjour a été plus qu’avenant et aimable.

Or, lorsque j’ai repris le train et que je suis arrivée dans le métro parisien, force m’a été de constater que l’amabilité ambiante avait un brin diminuée.  Et que j’te rentre dedans en râlant parce que t’es sur mon chemin, et que jte laisserais debout même si t’as 95 ans, une jambe en moins et une valise de 45 kilos parce que moi je bosse toute la journée, merde, hein, toi t’es à la retraite, t’asseoir, t’as que ça à foutre, j’en passe et des meilleures.

Et il m’est souvenu que l’année dernière, quand j’avais passé 15 jours au québec, l’amabilité des gens m’avait étonnée aussi. Sachant que les québecquois, si mes souvenirs sont bons, se partagent
un territoire de 7 fois la france avec une population équivalente à celle de Paris/banlieue, j’ai commencé à me poser sérieusement des questions sur le rapport entre la qualité de vie (et je ne parle pas d’un point de vue financier, hein, mais de choses futiles comme l’amabilité, l’empathie, la fraternité tout ça…) et la masse de population. Prenons quelques exemples tous simples:

1/Vous êtes en haut d’une montagne, au milieu d’une belle rando de 6h. Vous êtes arrivé en haut, vous en avez chié,  vous n’en pouvez plus, mais vous êtes le roi du monde (Jack dawson peut bien aller se rhabiller, ce guignol). Et tiens, tout en haut de la montagne, vous voyez un vieux monsieur assis qui se repose. Qu’est ce que vous faites? Vous vous dites bonjour, vous vous auto-félicitez de votre belle montée, vous vous extasiez tous deux sur le panorama et tiens, c’est drôle, vous venez du même coin, et, votre oncle, c’est le pharmacien de son village! Alors que, à
St Lazare un lundi soir, est ce que vous allez causer à votre voisin de train? A ceux qui attendent le train avec vous sur le quai? A 95% non. D’ailleurs, ils tirent la gueule, ça donne pas franchement envie. Et pis lui là, il est louche avec son grand imper.

2/Vous êtes prof, animateur, éducateur, ou n’importe quelle situation où vous avez affaire à cet étrange catégorie humaine(?) qu’on appelle les adolescents. Prenez en un, montrez lui quelques trucs et pouf, il sera capable de vous pondre de magnifiques dissertations, de montrer l’envie d’apprendre, voire même, j’ose à peine le dire, d’avouer que Tokyo hotel, c’est d’la merde et qu’il écoute Maxime le Forestier quand personne le regarde. Alors que, prenez le même adolescent et mettez le avec une douzaine de ses con(dé)génères, il diminue aussitot son vocabulaire de moitié, lit « scooter magazine » et balance des pierres du haut d’un pont sur l’autoroute en dessous en signe de sa pathétique rebellion à l’autorité castratrice qui ne le comprendra jamais.

3/Et là, je pique mon exemple à Pierre Desproges, (dans un de ses réquisitoires il me semble), tiré de son expérience personnelle. Quand il était à l’armée, il a assisté à un jeu formidable: la course de tortues. Quelques uns de ses camarades avaient chacun une tortue à laquelle ils faisaient une petite incision sous le bide pour y placer un morceau de coton imbibé de je ne sais plus quoi inflammable. Et le jeu, je vous le donne Emile, c’était au signal de départ, de foutre le feu à sa tortue pour voir laquelle arriverait en premier. Qu’est ce qu’on se marre à l’armée! Et M. Desproges de remarquer que si l’on prenait individuellement un de ces hommes et qu’on lui donnait une tortue, il n’aurait pas d’autre idée que de l’appeler « Fifi », de lui donner quelques feuilles de salade et de lui trouver un abri pour pas qu’elle aie froid l’hiver.

Je ne sais pas si vous avez noté, mais les médias mettent un point d’honneur à nous faire remarquer que le monde est dans une misère noire et qu’il risque de s’écrouler d’un moment à l’autre, que
le malheur est là, partout, on ne peut y échapper. C’est apocalypse soon.

Déja on va tous crever de faim parce que notre pouvoir d’achat ridicule ne nous permettra bientot plus de nous acheter à manger. Ensuite on va tous crever désintégrés sous les bombes des terroristes intégristes islamistes et tout un tas de trucs en « iste » qui ont juré d’avoir notre peau, sans compter les jeunes de banlieue qui brûlent tout et fusillent les enfants dans les collèges. Ah, et puis on va aussi tous crever de cancer, de cirrhose ou d’horribles maladies parce qu’on ne mange pas 5 fruits et légumes par jour. Sans compter bien sûr mesdames les guéguerres au
sujet duquel je ne résiste pas à vous citer une magnifique phrase de l’article « guerre » du dictionnaire Philosophique de Voltaire:  » Les malheureux harangueurs parlent sans cesse contre l’amour, qui est la seule consolation du genre humain et la seule manière de le réparer; ils ne disent rien  des efforts abominables que nous faisons pour le détruire ».  (oui, c’est beau. Vingtenaires, vingtenairettes, amis du genre humain, lisez Voltaire. Jvous assure, des fois, ça fait du bien)
Donc, disais-je avant d’être grossièrement interrompue par Voltaire, j’aurais tendance à me dire que, plus il y a de population sur la planète….plus c’est la merde. (sans oublier le rôle des médias et des politiques hein. C’est bien connu, la peur est l’ingrédient le plus efficace jamais testé pour soumettre le peuple aux choses les plus ignobles, quitte à se torcher bien allègrement avec la déclaration des droits de l’homme)
Et là je me demande: est ce que l’homme serait incapable de se retrouver à plusieurs sans devenir automatiquement con? Ce fameux « effet de groupe » est-il inévitable?

D’un autre côté, c’est aussi au contact des autres qu’on devient soi et qu’on s’enrichit….laissez un homme seul au monde (avec ou sans ballon de volley) il tardera pas à devenir dingue, ou en tout cas à régresser carrément. (le contact de l’autre permettant la confrontation et l’émulation intellectuelle). Ou alors, énième suggestion: le contact de l’Autre enrichit l’homme; le contact des autres le rend con. (et encore, j’vous ai même pas parlé des supporters).

Enfin voilà, à vous de me dire ce que vous en pensez.

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Le sidaction

Le dimanche, en général, je vous gratifie d’un petit article léger mais là, je me suis dit qu’il valait mieux faire un article utile en adéquation avec l’actualité. J’aurais pu vous parler du CPE, des grèves de la SNCF dont j’ai été victime mais non… Je ferai de la politique à un autre moment, peut-être. Aujourd’hui, je veux vous parler du sidaction et, donc, du sida.


Je me souviens de la première fois que j’ai entendu parler du Sida, j’étais toute petite, je jouais avec mes cousins et on se battait pour savoir lequel de nos personnages aurait la maladie la plus grave et un de mes cousins dit : « moi, j’ai le SIDA ! » mais son frère lui répond : « mais non, on en guérit pas, tu vas mourir. » Moi, je les regarde avec des yeux ronds : le quoi ?

Je suis ce qu’on appelle la génération SIDA, la génération sacrifiée (et la génération Mitterrand aussi mais ça n’a rien à voir). Je savais même pas comment marchait un zizi que je savais déjà qu’il fallait que je mette dessus un préservatif. Mon adolescence a été bercée par des slogans : « l’été sera chaud, sortez couverts ». J’avoue que j’étais tellement coui-couille à cette époque là que je comprenais rien au slogan. Après, nous avons eu les préservatifs à un franc, avec une pub marrante avec des capotes qui tournaient avec la pièce de 1 francs, sur le « mon manège à moi » version Daho. On est la génération « capote sur l’obélisque », l’arrivée du petit ruban rouge. Je me souviens, ado, ma mère nous en avait acheté un, à ma sœur et à moi, que nous étions fières de porter. Nous étions la génération « nuit du zapping au profit du sidaction ».

 

Mais pendant quelques années, y a eu un essoufflement : plus d’émissions, plus de CD, le ruban rouge porté sur certaines personnalités engagées ne représentait plus rien. Les
capotes ne coûtent plus un franc, personne ne nous explique que la trithérapie n’est pas un remède, juste une façon de prolonger la vie d’un séropositif… Et encore, faut voir comment. Oui, la trithérapie, c’est pas comme prendre la pilule, c’est très violent, ça vous fait vomir, ça vous détruit tout… Comme la chimio, c’est très agressif pour le corps. La première personne qui m’en a parlé, c’est la doctoresse qui m’a fait un test du SIDA. En gros, elle me prend mon sang et m’explique que la trithérapie ne soigne pas du tout le sida. Bon, je le savais, je suis pas tombée des nues mais je me dis que tout le monde n’est pas dans mon cas et quand on fait le test, c’est un peu tard pour nous le dire…

Parce que si j’ai fait un test, c’est que j’ai eu un comportement à risque, j’en suis pas fière surtout qu’on m’a bien fait la leçon quand j’étais jeune. Mais nous avons tous des comportements à risque. Quand je vois mon propre comportement alors que j’ai été bien informée, je frémis pour les jeunes qui ne savent même plus comment on attrape le Sida. L’autre jour, j’écoutais le Mouv’, un buzz consacré sur le sida, un gars expliquait qu’il était parti faire de l’information dans des facs et des écoles de commerce et il avait entendu tout et n’importe quoi, notamment un élève d’école de commerce lui dire sans rire que le Sida s’attrapait aussi par la salive. C’est dingue ! Là, je pense à Clémentine Célarié qui avait roulé une pelle à un séropositif pour montrer que ça ne risquait rien : oublié, tout ça est oublié.
 

Hier, je lisais sur le blog de Julien Lem que les médias ne couvraient plus vraiment le sujet car ce n’est pas vendeur. En effet, c’était quand la dernière fois que le SIDA a fait la une des magazines ? Quand une actrice a révélé sa séropositivité. Et voilà, le sida devient désormais un sujet people, c’est franchement pas rassurant ! Surtout que j’ai l’impression que le sida devient de plus en plus une maladie des années 80 donc les ados d’aujourd’hui ne se sentent plus concernés. Un peu comme la syphilis, une vieille maladie désuète qui n’existe presque plus… C’est ça, oui ! Enfin, si aujourd’hui des gens croient que le SIDA ça se guérit ou ça s’attrape par la salive, c’est bien qu’il y a un déficit d’information énorme, personne ne s’en soucie donc ?

 

Le problème, je crois, aujourd’hui, c’est que le sida est typiquement une maladie qui « n’arrive qu’aux autres », à ceux qui ont une vie sexuelle déviante, aux drogués, aux homos. Mais pas à moi, adorable hétéro qui ne fréquente que des gentils garçons. Foutaises ! Quand on me voit, impossible de savoir si je suis saine ou pas. Oui, j’ai l’air d’une fille sérieuse et j’utilise des capotes mais il m’est déjà arrivé de constater après l’acte que la capote qui décorait le pénis de mon partenaire était tout déchiré, il m’est déjà arrivé d’avaler du sperme… Une fois, un de mes partenaires très occasionnels a tenté de me brouetter sans capote, il est entré sans capuchon… Et il est ressorti tout aussi vite. Connaissant le passif sexuel de ce mec, je savais que j’étais loin d’être la première à passer entre ses mains et que la capote, c’était pas son truc. Mais j’aurais pu aussi bien me laisser faire. Tout le monde n’a pas le courage de dire non… D’ailleurs, plus jeune, je ne l’ai pas eu, avec Pierre le pervers, comme quoi…

Le sida n’existe pas qu’en Afrique. Ca existe chez nous aussi et, en plus, c’est en recrudescence. Hé oui, à force d’oublier de se protéger, le sida revient en force et ça risque
de ne pas s’améliorer. Sur des sites de rencontre gay, Gauthier m’a montré des jeunes hommes se déclarant séropositifs et refusant de porter une capote. Véridique, je l’ai vu de mes yeux vus. Certains diront : « bah, s’ils couchent avec d’autres séropositifs… » Mais le sida est un virus particulièrement vicieux, il n’y a pas un virus type mais plusieurs : coucher entre séropositif comporte des risques aussi. Mais bon, ça, personne ne le sait, il n’y a plus d’information.

 

Il y a-t-il plus de population à risque que d’autre ? Je suppose, oui, mais je n’aime pas trop penser en ces termes-là. En effet, ce n’est pas parce qu’on ne fait pas partie de ces populations plus à risques qu’on n’en prend pas, de risques. De toute façon, y a pas de secret, le sida, il n’y a qu’une façon de ne pas l’avoir, c’est d’utiliser des préservatifs. Je crois qu’on ne le dira jamais assez…

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