Blogueuse depuis 2005, moi, monsieur !

Et voilà ! Aussi fou que ça puisse (me) paraître, ce blog a donc 10 ans. Et comme je suis une fana des bilans, celui là s’imposait parce qu’il y a 10 ans, alors que je fumais sur le balcon d’un immeuble du 9e arrondissement, je n’imaginais pas qu’en ayant cette idée, j’allais juste changer ma vie. Sans exagérer.

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Le blog, lanceur de carrière

Il y a 10 ans, j’imaginais qu’aujourd’hui, je serais journaliste. Je n’avais pas la moindre idée dans quel canard, tout m’intéressait potentiellement. Raté, j’ai quitté cette voie sans issue pour moi pour emprunter l’autoroute du marketing. Mon premier poste, il y a maintenant 8 ans, je l’ai en partie grâce à mon blog et ma connaissance de l’animation de communauté. Depuis, j’ai grandi, j’ai enchaîné quelques CDI pour finir aujourd’hui consultante social media senior dédiée à la stratégie dans une big agency. En positif, je gagne bien ma vie et je peux faire plein de voyages. En négatif j’ai un langage insupportable, sorte de franglais sans queue ni tête pour les profanes. Mais cette carrière m’a cependant permis d’améliorer mon anglais. Aujourd’hui, j’approche de la fin d’un cycle, j’attends d’avoir une épiphanie sur ma prochaine carrière, je ne suis que doute.

Photo cliché des Philippines en attendant de vous parler, le jour où j'aurai fini de jouer avec mes photos

Photo cliché des Philippines en attendant de vous parler, le jour où j’aurai fini de jouer avec mes photos

 

Le blog, facteur social

Bien entendu, le blog m’a permis de faire des rencontres, des connaissances devenues des ami-e-s proches, mes meilleurs amis. Pour vous situer, parmi les 6 personnes que j’ai conviées à mon anniversaire, j’en connaissais 4 direct via le blog. Il y a aussi Tatiana/Goldie que je n’ai pas rencontré via le blog mais cette expérience commune nous a certes rapproché. Je dois également à ce blog quelques histoires de fesses et même un peu plus. Parmi la liste de mes ex officiels, il y en a au moins 4 que j’ai rencontrés par ici (tiens, c’est drôle, deux fois que le chiffre 4 ressort). Je me suis fait plein de camarades dans ses colonnes, certains sont restés, d’autres sont repartis, on ne change pas tous de la même façon, on n’a pas toujours les mêmes ambitions, c’est la vie. J’avoue qu’avec le recul, je ne regrette in fine personne.

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La plongée

Ah oui, ça, c’est un des trucs essentiels, je crois. Je dois effectivement la pratique de la plongée à ce blog. Je vous raconte, tiens. Fin 2009, j’écris un article sur les difficultés de faire des rencontres amoureuses dans la vie. Je suis alors contactée par Camille (ex rue 69, actuelle Sexpress) qui me dit que si je veux, il/elle peut me présenter quelqu’un. Me voici donc embarquée pour un dîner chez une personne que je ne connais pas qui va jouer les entremetteurs/euses. Durant la soirée, je discute de mon baptême de plongée en Martinique et explique que j’aimerais bien en faire. Ni un ni deux, Camille décroche son téléphone et appelle un de ses amis qui plonge justement. Bon ben me voilà au pied du mur. Pour finir l’anecdote, cet ami, c’était Amant Chouchou devenu ensuite l’Amoureux puis l’Ex. Et c’est à la plongée que j’ai rencontré Anaïs aussi.

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Le bébé

Alors ça, pour le coup, c’est mon “coup de maître”, j’ai envie de dire. Ce blog a permis la naissance d’un bébé. Alors pas de moi, je n’ai pas caché de grossesse hein mais 2 de mes lecteurs se sont rencontrés dans des fils de commentaires, une idylle est née. Presque 9 ans plus tard, ils viennent d’avoir un enfant. Bon, il y eut aussi quelques coucheries entre lecteurs à l’époque où on squattait les commentaires mais vous imaginez, ce blog a permis la vie. Rien que pour ça, cette aventure valait le coup.

Oui bon, ok, ça, c'est le poing de mon neveu...

Oui bon, ok, ça, c’est le poing de mon neveu…

 

Mettons aussi deux ou trois points négatifs histoire que le bilan soit complet

Les haters

Bon plus le temps passe et plus le pluriel me semble abusé, il me semble que je suis toujours la “victime” d’une seule et même personne qui s’amuse à changer de style pour m’agresser, jouant tour à tour le mec hyper lettré ou le débilos qui fait des fôtes. Mais les agressions sont globalement les mêmes, je vous renvoie à l’article sur le sujet, il a aussi une certaine obsession pour ma soeur (?), se persuadant que j’envie sa vie et que je morfonds sur la mienne en comparaison. Je ne sais pas bien d’où il tient ça parce que bon, je peux éventuellement envier sa carrière, oui, surtout à l’époque où, moi, j’étais au chômage mais sa vie matrimoniale… J’adore mon neveu, je suis heureuse quand je m’en occupe mais j’ai trop envie de voyager pour me reproduire, actuellement. Bref, ça doit bien faire 9 ans que le mec vient troller ici et j’avoue que ça continue à me dépasser, je ne comprends pas ses motivations, surtout que je ne publie pas ses commentaires. On pourrait y voir une volonté de me blesser mais quand le mec se met à répéter à longueur de comm que j’avais été virée de Pubilon et que je mentais, je vois pas comment quelque chose que je sais être faux sans aucun doute possible peut m’atteindre.

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La blague est cependant allée assez loin et quand j’ai vu un blog parodique (un morceau de poésie tout à fait charmant) du mien publier ma photo sur une pierre tombale, ça a fini au commissariat.

Je reste très circonspecte sur ce phénomène de hating. Je ne parle pas que de mon cas (même si à mon niveau, c’est encore plus incompréhensible vu que je ne représente rien, je ne gagne aucun argent avec mon blog donc je ne peux susciter aucun sentiment de jalousie, il me semble), il semble de bon aloi de se réunir en troupeau de hyènes pour vomir sur les autres, ceux qu’on a choisi pour cible. Du genre les blogueuses mode ou les hipsters, les vegans et autres… J’avoue que sur ce point, j’ai même été cruellement déçue de voir que certaines personnes que j’estimais ne pouvaient s’empêcher de mordre les chevilles de leurs victimes dès qu’elles passent à portée. Mais payez vous une vie, putain !

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Pas le livre

Ca, c’est le gros raté de ce blog, je dois l’avouer. En 2006, j’avais été contactée par deux éditeurs pour écrire un livre tiré de mon blog, je n’ai pas écrit une seule ligne de cette adaptation. A ma (très légère) décharge, ces propositions sont tombées à un moment de ma vie où j’allais très mal, j’étais engluée dans une vie faite d’inactivité totale (coucou le chômage), de coeur brisé et de beaucoup trop d’alcool. Aujourd’hui encore, quand je repense à ce moment de ma vie, je me sens mal à l’aise. Mais j’ai loupé le coche et franchement, c’est bien fait pour ma gueule. J’ai longtemps attendu qu’on vienne me chercher, je n’ai jamais bien travaillé mon sujet et toutes les portes que ce blog auraient pu m’ouvrir, je les ai refermées.

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Mais rien n’est inéluctable alors peut-être que… Non, pas maintenant, cet article est bien trop lu, je vous parlerai de ma vision du blog lundi, promis.

En tout cas merci à vous, les fidèles et les occasionnels. Vous m’avez apporté bien des choses, plus que ce que j’aurais cru quand j’ai commencé cette aventure il y a 10 ans.

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Les rouages de la vie

Parmi mes passions et marottes, il y en a une qui peut me plonger des heures entières au pays des Si : imaginer ma vie telle une machine dont chaque événement est une roue. Elles tournent, certaines en déclenchent d’autres, certaines tournent à vide. Et l’horlogère se demande : et si cette roue n’existait pas, que ce serait-il passé ?

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Je ne me projette pas. Je ne peux que mesurer les effets du passé mais la grande machiniste de ma vue ne peut pas toujours tout prévoir. Par exemple, dernier évènement de ma vie : mon trou dans ma jambe. Pour l’heure, la roue liée à cet évènement tourne seule. Mais comme je dois aller chez l’infirmière tous les matins, je suis stressée par le timing, j’arrive au boulot à 9h45 au lieu de 9h30, je peux pas arriver tôt pour terminer un truc et l’envoyer par exemple. Et si ce stress dégénérait en nerfs en pelote (c’est déjà un peu le cas et je peux même pas aller à la piscine donc je perds une source de détente) et je pourrais péter un plomb ou faire une connerie sur un dossier car je suis en speed. Ou alors en positif, je vais marcher mon heure pour favoriser la circulation et donc la cicatrisation et rencontrer au détour d’un chemin un charmant jeune homme qui me trouvera sexy malgré mon jogging, mon absence de maquillage et ma coiffure alternative. Et s’il le faut, il se passera rien et cette histoire ne laissera qu’une cicatrice sur la jambe déjà stigmatisée par ma rupture du plateau tibial.

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Tiens parlons-en d’elle ! Cette roue a tourné et déclenché pas mal de choses, même plus d’un an après ! Du positif, du négatif, du positif sur du négatif qu’elle a peut-être un peu provoqué… Peut-être car parfois, on ne sait pas quelle roue provoque quoi. On pense identifier une origine mais en fait, on se trompe…

Mechanisme / AI-139©

Et je détricote ma vie. A coup de si, je dézingue les événements qui m’ont amenée là en reconstituant l’univers des possibles. Stérile ? Tout dépend de ce qu’on en fait. Je ne joue pas à l’horlogère pour remuer la vase de la nostalgie et des regrets, ce serait malsain. Non je me contente de m’entraîner. Entraîner quoi ? Mais mon imagination bien sûr ! Je ne peux, dans les faits, savoir ce qu’il serait advenu si tel évènement avait eu lieu et celui là non. Si je ne m’étais pas cassé la jambe, j’aurais plongé le lendemain, serais retourné au boulot dès le lundi, aurait dansé au mariage de ma sœur et je serais partie une semaine en Martinique. Peut-être qu’en restant à Paris cet été là, j’aurais pu rencontrer un only one avec qui je parlerais peut-être appart commun à l’heure actuelle. Ou alors j’aurais juste passé l’été à Paris en mode métro-boulot-dodo avec quelques rencontres d’une nuit. Et je n’aurais peut-être pas trop dansé au mariage de ma sœur parce que mes chaussures m’auraient fait mal aux pieds. Qui sait ? Pas moi. Mais j’imagine…

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Et parfois, je m’amuse de voir se dévoiler une conséquence inattendue, une cascade de micro événements qui font qu’il t’arrive un truc cool. J’aime même essayer de le faire remonter à loin. Vous n’imaginez pas tout ce que je corrèle à ma fracture du plateau tibial. Si je devais faire une chronologie de ma vie, ce serait une date marquante, assurément. Ça a changé ma vie, en bien ou en mal, tout dépend de l’éclairage, de quoi on parle, du raisonnement que j’entreprends, des fils que je tire, parfois jusqu’à l’absurde.

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Alors peut-être que le trou que j’ai dans la jambe est une petite roue qui va finir par en faire tourner une autre über cool. Non parce que là, à part du stress, de la fatigue et une interdiction de baignade, la petite roue m’a rien apporte !

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Philosophe ou inconsciente ?

Les gens admirent souvent ma capacité à illustrer l’adage “faire contre mauvaise fortune bon coeur”. J’ai beau être une râleuse sur les petites conneries du quotidien, l’éternelle loi de Murphy qui me taquine en permanence, globalement, je suis plutôt de bonne composition comme me l’avait fait remarquer un marin en Martinique “il pleut et tu ne te plains pas”. “Bah, je pourrais être sous la pluie à Paris alors tu sais…”. Philosophe.

 

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Mais parfois, mon optimisme n’est pas dû à une philosophie de vie mais juste à une mauvaise conscience de la situation. Je me souviens de ce lundi soir de janvier où j’étais sortie avec la gang TGGP. J’aime bien dire la gang, à la québécoise, c’est mignon. Passablement éméchée, je rentrais chez moi ivre de confiance : la crise que je venais de provoquer avec l’Amoureux allait trouver une issue positive, on allait s’en sortir. Deux jours plus tard, c’était fini. Raté… Mais j’ai l’alcool beaucoup trop euphorique, je trouve, j’ai beaucoup trop confiance en la vie et je finis par monter sur les bars et me péter le genou. Sur du Lady Gaga. So sad face.

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Le cas qui m’intéresse actuellement est celui de mes réactions vis à vis de ma jambe. Parce que j’ai pas bien compris la gravité de la situation, je crois. Petits morceaux choisis “c’est rien, c’est une entorse”. “Bon, je vais me faire opérer mais le docteur a dit que je pourrai reprendre le boulot dans 15 jours”, “non mais je vais rentrer sur Paris avant ton mariage, je vais pas avoir un arrêt maladie pendant 107ans”, “je reprends le 18 juillet”, “je reprends le 24 juillet”, “hors de question que je reprenne fin août, c’est trop loin !”. Oui, je n’avais pas compris la gravité de la fracture, rappelée d’un air grave à chaque fois par le chirurgien : “dans 15 ans, vous risquez de souffrir d’arthrite, quand même”. Oui, ok mais je retiens aussi qu’à 2 cm près, je m’arrachais aussi le péroné et les ligaments et cette phrase clé d’Isa 4e du nom parce qu’il n’y a que des Isa dans mes histoires de plongée : “Mais en fait, tu aurais pu te tuer!”. Oui alors forcément, je suis toujours en vie et je n’ai “que” le plateau tibial fracturé et en plus, les dernières radios sont très bonnes donc comment tu veux que je m’angoisse. Philosophons : j’ai échappé à bien pire. Alors oui, mon été est foutu, je ne peux pas jouer avec mes crushes pour voir si c’est réciproque ou si je fais un peu mon érotomane (si mes rêves sont prémonitoires, y a quand même de la réciprocité… ou alors je suis juste frustrée), j’ai pas pu danser au mariage de ma soeur, je ne peux plus aller en Martinique. Mais là encore, relativisons. Mes crushes, si réciprocité il y avait (s’il n’y a pas, il n’y en aura pas plus à mon retour donc c’est même pas la peine d’en parler), soit y aura toujours réciprocité à mon retour, soit ça ne devait pas se faire et puis c’est pas grave, des crushes, j’en ai tout le temps. Pour le mariage de ma soeur, je me suis quand même dandiné sur ma chaise et je me suis pas ennuyée au final, observant les gens, activité que j’adore par dessus tout. Pour la Martinique, j’y suis déjà allée et l’argent que je ne dépense pas là, je vais le garder pour cet hiver pour aller ailleurs (et je sens que dès que j’ai fini de payer mes dents, je tente une économie à mort pour me payer les Philippines, j’en crève vraiment d’envie et y a des semaines à 2500/ 2600 € à l’UCPA). Puis je peux digérer tranquillement les séquelles du Marasme comme déjà dit et tourner définitivement la page, j’ai du temps pour écrire, je travaille quand même un peu et je profite de ma famille. Et de toute façon, il fait dégueulasse donc je perds pas beaucoup de terrasses et de pique-niques.

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Cependant reste ce côté un peu inconscient du problème. Je pensais pouvoir remarcher vite, j’en ai pour 2 mois post-op (j’en suis à peine à un mois), je dois renoncer au voyage en Egypte avec le club de plongée car d’ici à ce que je sache si en novembre, je pourrai replonger ou pas, les places seront prises. Philosophons : ce qui ne se fait ne devait pas se faire. Puis l’Egypte, c’est un peu comme Rome, ce sont mes destinations un peu maudites. L’Egypte, je devais y aller en 98, la fameuse année de l’attentat de Louxor. Je me souviens, la veille de l’attentat, mon père a dit “ahah, si tout se passe bien dans 2 mois, on est en Egypte!”. Et ben non, à la place, on est allés au ski, ma mère s’est arraché les ligaments croisés dès le troisième jour. Idem pour Rome, j’y suis allée en 96, j’ai eu la gastro de ma vie au Vatican (une vraie crise de foi(e)…krr krr krr), je n’ai vu ni la Chapelle Sixtine ni le Colysée car on avait perdu la fille d’une prof. Je devais y retourner en 2003 avec mes parents et ma soeur mais 4 jours avant le départ, celle-ci a appris qu’un concours qu’elle avait passé était annulé et reprogrammé… le week-end où on devait partir. Mais pour Rome, je crois avoir une compagne de voyage toute désignée…

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Bref, les gens sont souvent admiratifs de mon optimisme mais en fait, je crois qu’ils se leurrent. Je suis pas optimiste, juste totalement à côté de la réalité.

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Je ne serai jamais gogo danseuse

C’est pas vraiment que j’y comptais mais là, c’est officiel.

Samedi 18 juin, j’ai donc mon niveau 2 malgré une grosse baisse de forme mais une bonne sieste m’a permis de récupérer, je ne récolte que compliments sur ma combishort bleu électrique (normal, elle est canon), je bois un peu et commence à aimer tout le monde. Ce qui donne à peu près « haaaaaaaaaan, cââââââlin » à toute personne s’approchant de moi. Enfin ceux que j’aime bien, faut pas déconner non plus. Je suis bien, j’aime la vie et les gens, on invente une chorégraphie avec les filles de mon groupe à base de signes de plongée, la soirée est divine.

 

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Et là, tu le sens qu’un drame se noue. A un moment, Michel l’encadrant et Thibault, un nouveau N3 me font grimper sur le bar. Je proteste mais une fois dessus, je commence à danser. Tu le sens venir là ? Ben t’as raison. Un faux pas et je tombe à la renverse, près de 2 mètres plus bas. Tout le monde se précipite vers moi mais je les rassure : ça va, je vais juste rester assise 5 mn le temps de vérifier que tout est ok. Déjà, je me suis pas fracassé la tête, j’ai un peu mal au genou mais ça va passer. Un mec du club vient me tenir compagnie. A un moment, je décide de me lever et je hurle : genou gauche hors service, ça fait putain de mal. Là, je vous passe la parano à base de
« je me suis niqué le genou », « je me suis pétée les ligaments ». Quoi que non, le genou plie mais j’arrive pas à m’appuyer dessus pour marcher. J’essaie, je supporte pas, je suis vagale, mon compagnon de service pense que c’est le bon moment pour tenter une insertion digitale dans ma culotte. Heu non, mec, j’ai mal pour de vrai, là. Finalement, incapable de marcher, je me fais porter à mon lit par deux gars du club. Dormons, on verra demain.


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 Dimanche matin, je me réveille et j’ai maaaaaaaaaaal. Genou gauche toujours hors service et dos qui fait mal. Je vais à la salle de bain à cloche-pied mais c’est officiel : pas de plongée pour moi et je veux aller aux urgences pour savoir ce que j’ai. Comme nous n’avons aucun moyen de transport, je me fais donc trimballer par les pompiers qui pensent aux ligaments. Je continue à penser entorse mais la fille qui s’est tué le genou plus tôt dans la saison paraît très inquiète. Larguée aux urgences sur un fauteuil roulant (que je maîtrisais plutôt pas mal), je finis par voir un médecin libéral car comme dit l’infirmière des urgences « sinon, vous en avez pour 4h ». Oui mais non, je dois prendre un bus à 17h pour retourner prendre le train à Toulon alors je vais pas y passer la journée. Je rencontre donc le docteur qui est drôlement mignon, il me tripote la jambe « mmmm, je crois que vous vous êtes fracturé le tibia ». Non monsieur, c’est le genou qui me fait mal, pas la jambe. Allez, c’est parti, je roule jusqu’à la radio et là, verdict « ah oui, oui, vous vous êtes cassé le tibia, là ». Oh… « C’est une vilaine fracture ». Aaaaah… (en vrai, là, je commence à faire un malaise). « Bien, vous avez deux solutions, où je vous plâtre de la cheville à la cuisse et vous repartez à Paris vous faire hospitaliser soit vous restez ici et on vous opère ». M’opérer ? Pour un os cassé ? Quoi ? Bon, à Paris, je n’ai aucun moyen de transport, j’ai pas pensé à prendre de béquilles dans ma valise donc je choisis de rester là me faire opérer. Entre temps, je préviens mes parents et finalement, je vais me faire rapatrier chez eux.

 

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Sauf qu’à l’hôpital, j’ai vu du monde : pompiers, infirmiers et infirmières, docteur choupinou, radiesthésiste et son collègue au scanner (oui, j’ai aussi passé un scanner) et à chaque fois, le même dialogue :

« Mais comment vous vous êtes fait ça ?

– Je suis tombée.

 – Mais en faisant quoi ?

 – Et bé, je dansais sur un bar… »

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De là, un infirmier m’a fait « allez, on y va la gogo danseuse ! ». Le lendemain matin, alors que j’étais dans le gaz, une infirmière arrive : « alors, c’est vous qui êtes tombée du comptoir ? ». Rooooooh putain la honte. Par contre, docteur choupinou a cru que j’avais 22 ans et une infirmière m’a demandé comment ça se faisait que je passais pas le bac à cette période de l’année. J’ai gloussé en remerciant le ciel qu’elle ne me fasse aucune piqûre parce que m’enlever 13 ans en un claquement de doigt, ça me rassure pas trop sur sa vue quand même.

 

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Au final, j’ai été rapatriée et prise en charge par un super chirurgien qui a expliqué à mon père : « elle a eu du bol ta fille, à 3 cm près, elle s’arrachait aussi le péroné et les ligaments ». Et comme je mange beaucoup de yaourt, j’ai les os solides donc je n’ai eu que 2 vis au lieu d’une plaque.

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Maintenant ? 5 semaines d’arrêt maladie (mais j’ai suggéré un télétravail à mon boss), 2 mois de rééducation au moins, pas de sport d’ici avant 3-4 mois, vacances en Martinique annulées, une piqûre quotidienne dans le ventre pour éviter une phlébite pendant un mois, deux prises de sang par semaine, je sais même plus combien de médocs en tout genre, des bleus tout partout. Et une belle attelle qui va faire joli sur les photos du mariage de ma sœur. Mais positivons : vu la configuration du lieu où je suis tombée, j’aurais pu me faire beaucoup plus mal (mon dos n’est que râpé in fine) voire me rompre pour le cou au sens propre du terme. Alors ça fait chier, mon été va être entre parenthèse mais finalement, c’est dans la lignée de 2011. Puis je sais que la vie est taquine : si elle me pète le genou, c’est pour mieux me faire des bisous derrière.

On va dire ça comme ça.

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Petite chose fragile

Dernièrement, j’ai expérimenté le « je suis la petite chose fragile de service », statut assez inhabituel pour moi dans la mesure où je suis plus habituée à être la pompom girl du groupe, celle qui encourage, montre que le verre n’est pas si vide et que « tu verras, demain, ça ira mieux ». Préceptes que j’applique à moi-même même si parfois, je ne serais pas contre une télécommande magique qui ferait avancer ma vie de quelques semaines jusqu’au moment où tout ira mieux de façon indéniable.

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Ces derniers temps, les gens sont donc très préoccupés par mon bien-être et la gestion de la crise qui est mienne depuis presque deux mois. Tout le monde me dit « n’hésite pas, je suis là pour toi », y compris celle qui vient de perdre sa grand-mère. Les gens me demandent s’ils peuvent inviter l’Amoureux parce qu’ils ont peur que ça me fasse mal. C’est délicat de leur part mais je ne suis pas fâchée avec lui (ni lui avec moi) et le fuir ne servira à rien. J’ai coupé les ponts pendant 15 jours histoire de reprendre des forces. Maintenant, il
nous faut construire une relation amicale et ce n’est pas en le fuyant que je vais arriver à quoi que ce soit. Nous avons des amis et des activités communs, autant affronter la situation.

Je ne sais pas si je suis forte ou juste apathique dans cette histoire mais quand je vois comme les gens s’inquiètent pour moi, ça me touche mais me surprend néanmoins. La semaine dernière, je l’ai revu. Pas en tête à tête, il y avait du monde. Il est arrivé, nous avons parlé tous les deux pendant quelques minutes. Pas de la rupture, je pense qu’il n’y a rien de plus à dire sur la question qui ne remuerait le couteau dans la plaie. Juste de nos vies depuis 15 jours, de ses projets, de mon nouveau taf… Et j’ai vu mes copines qui me surveillaient du coin de l’oeil, vérifiant que j’allais bien, que je n’allais pas me mettre à pleurer et cette question sous-tendue : »Ça va? ». D’autres m’ont questionnée par mail le lendemain, même ma maman m’a posé la question alors que nous avons des problèmes plus graves à gérer dans la famille que mes peines de cœur.

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Je suis touchée. Indéniablement. Mais quelque part, ça m’effraie légèrement : ai-je bien réalisé ? Sous-estimé-je ma propre situation ? Je suis parfois gênée de voir mes copines s’excuser car elles parlent de lui à un moment. Mais son nom n’est pas tabou. Je ne me surestime pas, je me sais fragile en ce moment et les discussions autour de mon retour au pays de la séduction de simples boutades car pour le moment, je n’en ai pas envie. J’ai envie de boire de la tisane dans un pyjama pas sexy du tout et de dormir avec mon chat. Bon, l’épilation reste irréprochable, plongée oblige. Je ne veux pas d’un homme qui ne serait qu’un cataplasme sur mon coeur. Mais j’ai pas non plus envie qu’on marche sur des œufs en ma présence, d’être le centre de l’attention générale pour quelque chose de triste. Réjouissons nous plutôt ensemble de mon nouveau boulot. Concentrons-nous sur celles qui vivent des drames plus graves que les miens. Il est vrai qu’il est doux de voir toutes ces mains tendues, de savoir que si l’on recraque, que l’on a besoin d’une épaule ou de sourires pour oublier, on a qu’à décrocher son téléphone. En attendant, je tiens le cap. Alors the show must go on, parlons de choses gaies. Comme mes vacances d’été en Martinique !

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La lose, une fois que tu l’as, elle te lâche plus

De façon générale, je me vois comme quelqu’un de plutôt chanceux, malgré quelques périodes noires. Mais j’ai quand même une solide poisse et ça continue encore et toujours et non, ce n’est pas une vue de l’esprit, c’est un fait ! Non mais vous en connaissez beaucoup de personnes qui partent en Martinique et se prennent le déluge du siècle ? Ou qui se retrouve avec une fuite d’eau massive alors que sa chaudière ne marche plus et qu’on est bien sûr au coeur de l’hiver ? Mais là où j’accumule, c’est dans ma relation avec la SNCF.

sncf

Jeudi, neige donc. Malgré ma joie enfantine, je pressens le drame : je dois rentrer samedi dans mon pays en train et forcément, je sens que ça va être drôle. Déjà, le vendredi soir, alors que je quittais le boulot bien tard suite au rush d’avant vacances, je me pointe à la gare pour rentrer chez moi. Prochain train à « retardé ». Ce qui en général, en langage transilien veut dire : « en fait ton train est annulé, attends le suivant mais on n’ose pas le dire ». Sauf qu’au bout de 10 mn, j’ai froid jusqu’au tréfond donc je pars prendre le métro. Du coup, une fois chez moi, j’appelle un taxi pour le lendemain matin, sentant que me rendre à Austerlitz s’annonçait périlleux.

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Arrivée à Austerliz : 7h10, Kenya a encore fait caca dans sa panière donc après avoir récupéré mon billet, je fonce aux toilettes pour nettoyer tout ça. Oh ben y a du monde ! C’est le froid qui rend les vessies sensibles ? Bref, je fais mes affaires (je crois que j’ai au passage bouché les toilettes), je vais faire mes emplettes au relais H (les magazines féminins ont toujours un goût de vacances), un petit passage à la brioche dorée pour un petit déjeuner et voilà. Je zieute le panneau d’affichage : train à 7h40. Ouf, j’ai eu chaud, j’avais oublié qu’il ne part pas à 54 comme d’hab mais là, j’ai encore 15 mn de marge… Mais tiens, pourquoi le train n’est pas affiché… et que celui de 6h58 n’est pas encore parti ? Pas de panique, je savais bien qu’il y aurait du retard.


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Sauf qu’Austerlitz est une gare ouverte, il n’y a pas vraiment d’endroit pour attendre au chaud, sauf le café qui est bondé. 8h15, je finis par me déplacer en espérant trouver un coin plus chaud. 8h35, quasi une heure après le départ prévu, on a enfin une voie annoncée. Ouais, je vais enfin pouvoir me mettre au chaud, j’ai mal aux pieds. Je marche vite jusqu’à mon wagon, je grimpe dedans et avance, un peu étonnée : ils nous donnent des couvertures maintenant ? J’avise ma place, à côté d’une jeune fille à l’accent bien de chez moi. Je lui demande pourquoi on a des couvertures. « Parce que le chauffage est en panne dans ce wagon! ». Non… non ! Je vais pas passer les 6 prochaines heures (et même 7 en fait, entre le départ qui n’a pas eu lieu de suite et les trois arrêts supplémentaires que nous avons fait pour remplacer des TER annulés). Et bien si. Je m’enroule comme je peux dans la couverture. IL y a une ambiance un peu étrange, on se croirait dans un film catastrophe où l’on serait des sinistrés sous couverture de survie. Sauf qu’on n’a pas de couverture de survie et ça pèle.

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Me voici donc partie pour 7h de froid intense, impossible de dormir tellement j’ai froid, je me demande si je ne vais pas perdre un orteil dans l’opération. Je vérifie épisodiquement que Kenya qui ne moufte pas est toujours en vie. J’ai froid que j’en ai mal, j’ai même une cicatrice au niveau des chevilles, là où ma chaussure s’arrêtait, tellement ma peau était sensible. Pourtant, les gens ne s’indignent pas. On fait contre mauvaise fortune bon coeur même si ça m’agace de constater que la SNCF nous parque dans ce wagon sans chauffage (avec la mention passage interdit sur les portes des wagons qui communiquent avec nous, histoire qu’on se sente encore plus pestiférés) sans rien faire de plus. Moi, je dis pas, mais il y avait quelques enfants dans le wagon, ça aurait été bien d’essayer de les replacer ailleurs, quand même. Heureusement, vers 14h, la vente ambulante arrive et nous offre gracieusement un café. Du coup, on commence à papoter avec ma voisine. C’est le seul truc que j’aime bien dans ce genre de galère, je me fais toujours une pote dans l’affaire. A la fin, on comptait limite les minutes qui nous séparaient de la gare d’arrivée en se désolant de ne plus voir de neige. On en a eu tout le trajet, jusqu’à 10 mn de l’arrivée, pfff.


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Sortie du train, Kenya se remanifeste et vomit (je crois qu’elle essaie de me faire comprendre que les voyages ne lui plaisent pas), mes parents me récupèrent et me ramènent à la maison où la cheminée est en route. Un bon repas, une décoration de sapin et une lecture de magazine interrompue par une sieste plus tard, mes 10 orteils sont toujours là. 24h plus tard, mon nez reste sec et ma température normale. J’ai passé 8h dans le froid, sans bouger et même pas j’ai la crève ? Si je chope rien les prochains jours, je me ferai surnommer wonder woman, je vous préviens !
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En tout cas, après avoir testé le train sans clim en été (et même deux fois), j’ai fait le train sans chauffage en hiver. Je vais bientôt pouvoir écrire un livre sur les loses de voyage.

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Les articles qu’on a bien fait de ne pas écrire

Petite pause dans les aventures québécoises d’Ella pour la bonne raison que j’ai oublié la vidéo sur le pc du bureau (je crains). Du coup, je fais un article un peu de type métablogging, on va dire. Je vais vous parler d’un article que je voulais écrire et que j’ai bien fait de ne pas faire.





Il y a donc un mois, je suis partie en Martinique, des vacances qui m’ont fait un bien fou, il faut le dire. Pour y aller, avion donc, j’avais peur, bouh. Et puis finalement, plus. Le vol se passe sans encombre, quelques mini turbulences puis on atterrit et là, Anthony commence à applaudir pour lancer le truc et ça ne rate pas, les gens applaudissent. De là, je me dis « je vais faire un article pour dire que ça m’énerve les gens qui applaudissent à l’atterrissage ». Parce que je considère que le pilote et le copilote ont juste fait leur
travail et que moi, on ne m’applaudit jamais quand je termine mon boulot (alors que des fois, je trouve que je le mérite). Et puis je trouve ça bof d’applaudir l’atterrissage d’un avion.




Et puis l’avion AF447 a disparu. On ne sait pas encore ce qu’il s’est passé (mais qu’est-ce qu’ils me saoulent les pro « c’est un attentat, l’Etat nous ment ») mais je me dis que si j’avais écrit cet article, en fin de compte, je me serais sentie un peu ridicule. Parce que oui, faire décoller un appareil, le faire voler et atterrir tout en réajustant le plan de vol, les données… c’est le métier des pilotes, une routine pour eux et que des milliers d’avions décollent et atterrissent par jour sans que personne ne meure dans la manœuvre. Du coup, quand un vol se passe sans histoire comme celui qu’on a eu pour aller en Martinique (et encore plus au retour où on n’a même pas eu de turbulences), les applaudissements me paraissent un peu déplacés. Autant après un atterrissage mouvementé, je peux comprendre mais là…





Alors oui, le métier de pilote est pénible, il vole pendant que nous, on dort, on regarde des films et même si le pilote automatique est enclenché, il doit veiller. Ceci étant, ma mère, comme toute infirmière, a travaillé de nuit aussi et on ne l’a jamais applaudie pour autant. Mais surtout, je me demande d’où ça vient ces applaudissements. Des films catastrophes où pendant deux heures, l’avion menace de se crasher mais non, l’équipage a super assuré ? Ouais enfin dans mon cas, l’avion a décollé et atterri entier, sans terroriste ou serpent dedans, sans aucun problème technique remarquable (mais je crois qu’il y en a très souvent sans qu’on soit au courant. Un pilote peut même mourir sans que les passagers en soient avertis, ce que je comprends parfaitement, bonjour la panique sinon). Alors pourquoi applaudir ? Parce qu’on est en vacances, détendus du string ? Parce qu’on passe immédiatement en mode euphorique à base de tout est merveilleux ?





Et puis le vol AF447 s’est crashé et je me suis dit que cet article aurait été plus que maladroit. Evidemment, je n’aurais pas pu deviner, « j’ai raté mon DU de voyance » comme j’aimais dire aux internautes qui me disaient « mon blog marche pas, réparez le ! » sans me dire ce qui ne fonctionnait pas dans mon premier boulot. Du coup, parfois, je me demande si mon gentil cynisme n’est pas un peu déplacé, si des fois, je ne m’exaspère pas pour des choses, qui, finalement, sont plus importantes que ce que je croyais. Un pilote a ma vie entre ses mains. Mais un chirurgien aussi, par exemple, et on ne l’applaudit pas, lui. Ouais, bon, on ne peut pas, on est sous anesthésie mais quand même…


Bref, un jour, je comprendrai pourquoi les gens applaudissent à l’atterrissage, y compris à la fin d’un vol sans encombre. Mais comme c’est pas le moment d’ironiser sur la question, je creuserai cette éternelle question un autre jour.

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Je travaille dans un immeuble de cons

Avoir vécu 25 ans en province, ça laisse des traces, notamment au niveau de l’éducation. Par exemple, ma mère, dans son infinie sagesse, m’a appris à dire bonjour aux gens que je croisais. Tellement qu’à une époque, je disais bonjour à tout le monde dans la rue, ce qui est mignon mais peut-être un peu flippant.




Puis j’ai grandi et j’ai quitté le nid familial pour vivre dans différents immeubles où les voisins disaient toujours bonjour. Dans l’actuel, c’est déjà moins le cas et ça m’énerve. Typiquement, j’habite à côté d’un couple de vieux pas courtois du tout, on sent vraiment que de me dire bonjour quand on se croise, ça leur arrache la gueule. Leur fils n’est pas mieux, leur fille, que j’ai vue une fois, est plus sympa. Bon, à côté de ça, ils ne m’ennuient pas mais je trouve que dire bonjour est un minimum. Et y en a une foule comme ça dans mon
immeuble. Hier, par exemple, je pars, je sors de l’immeuble et pour rejoindre le trottoir, y a un espèce de petit chemin goudronné qui permet de se croiser mais c’est quand même pas un boulevard. Là, je croise un vieux, je commence à sourire pour dire bonjour et là, le mec tourne la tête genre « je t’ai pas vue ». Connard.



Dans l’immeuble du boulot, c’est pire. Pour info, je ne suis plus dans les locaux aux murs pourris, on a déménagé début mai (quand j’étais en Martinique), on est maintenant dans un immeuble sans moisissure avec ascenseur et marches d’escalier normales. Il n’y a que des bureaux dans cet immeuble et sa particularité, c’est que quasi personne mais alors personne ne vous dit bonjour. Et je ne trouve pas ça correct du tout. Le nombre de gens qui tournent la tête pour ne pas vous parler… Le seul endroit finalement où les gens sont obligés d’être cordiaux, c’est dans l’ascenseur mais je le prends très rarement.



Hier, j’ai pu observer le phénomène de près, un peu malgré moi. En fait, au bureau, il y a trois jeux de clés : Rémi en a un, Martin un deuxième et Guillaume (un dont j’ai pas encore parlé, je vous ferai un point collègues à l’occasion) le dernier. Je récupère régulièrement celui de Guillaume selon nos horaires. Hier midi, je sors déjeuner et reviens plus tôt que prévu : porte fermée. Bon, comme j’ai la flemme de chercher mes collègues dans le quartier, je prends mon sandwich, mon bouquin et je m’installe sur une marche des escaliers. Expérience sociologique en place. Je précise juste avant de poursuivre que hier, j’avais un sublime chemisier rose fuschia que quand tu éteins la lumière, tu le vois encore. Donc expérience, je disais, je suis posée dans les escaliers et totalement visible, que se passe-t-il ?



Et bien précisément l’inverse du théorème de l’amabilité de mon immeuble : chez moi, c’est plus t’es vieux, moins t’es aimable et là, c’est précisément l’inverse. D’ailleurs, c’est pas la première fois que je le constate. Un homme d’une soixantaine d’année me lance même un « bon appétit bon baguépi ! ». Mais les jeunes, rien. Ils passent devant moi l’air gêné, limite me marcheraient dessus pour faire genre qu’ils ne m’ont pas vue (rose fluo, rose fluo !) mais surtout, surtout, ne me disent pas bonjour. Ca me fait limite penser à cet air un peu gêné qu’on prend dans le métro quand quelqu’un fait la manche et qu’on n’a pas de pièce à lui donner.  Mais merde, n’est-ce pas totalement ridicule de faire semblant de ne pas me voir alors qu’on ne peut objectivement pas me rater tout ça pour ne pas dire bonjour ? Mais c’est quoi cette mentalité ? Bande de cons.


De toute façon, je reste dramatiquement provinciale et polie. Par exemple, hier soir, je faisais la queue au supermarché, j’étais fatiguée, je voulais rentrer chez moi, un mec se pose derrière moi avec deux articles dans la main (j’en avais une bonne dizaine). Après deux minutes de débats intérieurs à base de « oh et puis je suis pas censée l’avoir vu et personne ne me laisse jamais passer, moi, quand j’ai juste une bricole à acheter… D’un autre côté, justement, ça m’énerve que personne ne me laisse passer, je ne veux pas être une connasse comme les autres… ». Alors je me suis retournée et je lui ai proposé de passer.





Incorrigible, je vous dis.

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C’est un peu comme une récompense, une éternité de jour de chance…

Mon Dieu, c’est beau comme du Obispo. Bon dernier article sur la Martinique et après je vous laisse tranquille avec ça. Quoi que vu notre climat hivernal, vous devriez me remercier de parler de lieux tropicaux. Bref, ce dernier article sera basé sur « et si je partais vivre en Martinique ou aux alentours façon Hélène et sa bande dans les Vacances de l’amour ». Evidemment, ce billet est dédié à Steve Haliguen, l’analyste absolu de la série (allez voir ses commentaires sur l’article).




Donc est-ce que j’ai envie d’aller vivre sous les tropiques, plaquer ma vie parisienne pour apprendre la plongée et devenir prof, tiens (c’est drôlement bien la plongée, j’ai adoré), faire du catamaran très souvent et même pécher des poissons volants (ça se mange ?), vivre toute l’année en short ou en mini robe avec des sandales compensées aux pieds ou des tongs ? Après une dure journée de labeur, courir sur le sable blanc ou noir voire rouge (oui, y a tout ça en Martinique) pour me jeter dans la mer en riant ? Bref, vivre ma vie comme Hélène et ses potes qui partent en vacances après avoir gagné au loto, grillent toute leur tune (tssss), restent quand même là bas en devenant propriétaires d’un watersport ou d’un bar (je suppose qu’ils ont regagné au loto entre temps). Bref suis-je motivée à l’idée de devenir une Robinson Crusoë des temps modernes ?

Non. Clairement non. Autant j’ai vraiment aimé la Martinique, autant l’idée d’y vivre ne m’enchante pas. Pourquoi ? D’abord le climat. Je ne sais pas si c’est mon quart de sang breton mais le soleil et la chaleur, ça n’est pas trop pour moi. Deux minutes, ça va, une vie, c’est impossible. J’ai déjà dit que j’avais la mélanine paresseuse et que je devais me protéger à coup de crèmes indice 50 alors bon… De plus, là bas, il fait moite et s’il y a bien une chose que j’ai du mal à supporter, c’est la moiteur. Je suis admirative des locaux, je sais pas comment ils font. Non mais on brocarde la langueur des Antillais mais c’est miraculeux d’arriver à bosser quand le moindre mouvement vous fait poisser. Chaque soir, je me délectais d’une bonne douche, même quand on n’a plus eu d’eau chaude (oui, on a eu inondation et rupture de canalisation mais ce dernier n’est pas lié au premier).



Ensuite, en tant qu’urbaine forcenée, arriverait un moment où la nature et les petites villes, ça me taperait sur les nerfs. Oui, c’est beau, les fonds marins sont magnifiques, le bateau, c’est rigolo… Mais après ? La seule ville digne de ce nom (en terme de taille, je veux dire), c’est Fort de France et pour le peu que j’en ai vu, j’ai pas du tout envie d’aller y vivre. Je comprends pourquoi Lucie n’a pas réussi à s’adapter à la vie là-bas : il manque d’activités. Le bateau, la plongée, la natation, ok mais en terme de culture, c’est pas super développé.  Et à force de tourner en rond, je finirais par devenir dingue.




Mais surtout, le pire de tout dans les Antilles, ce sont les prix. Tout cartonne et y a des choses dont on ne peut se passer. Quand Lucie vivait là bas, elle me parlait par exemple du prix des tampons, le double de celui de la métropole et pourtant, c’est pas vraiment quelque chose dont on peut se passer, ce n’est pas un luxe . Enfin pour les femmes. Tout est plus cher (faut les faire venir) mais le problème, c’est que les salaires ne suivent pas. Quand on visite certains coins, on comprend de suite mieux les émeutes de cet
hiver…




Bref, y vivre, non, je ne suis pas faite pour cette vie là. Par contre y retourner, oui !

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Où trouver l’homme ? Episode 34 : en vacances avec ses parents

(Cette série est normalement très fictionnelle mais cette fois-ci, quasi pas)

Martinique, 16h30 heure locale, 5 métropolitains blancs comme des bidets débarquent. On la fait comme la Croisière s’amuse, attention : « Love, exciting at you, and the boat, is expetiiiiiiiiing you ! » avec (image dans un hublot avec grans sourire et effet de cheveux pour celles qui les ont longs) : Papa Bartoldi, Maman Bartoldi, Anthony, Alice, Nina. Ils sont 5, 3 femmes et 2 hommes donc même les plus nuls en maths l’auront compris : je suis la célibataire de service




Arrivés à l’hôtel, on explique au monsieur de l’accueil que non, les deux soeurs Bartoldi ne dorment pas dans la même chambre, y en a une avec M. Rosso qui est censé être seul dans la chambre et une soeur qui dort seule. A partir du moment où je suis clairement identifiée comme la célibataire de service, j’ai droit à un joli jeu de drague mais rien de bien sérieux. Le lendemain soir, rebelote, deux Martiniquais nous invitent à danser le souk, ma mère et moi, je sens mon compagnon de danse très emballé (alors que je ne sais pas danser en plus). Ma mère est très fière : « Ben dis donc, ma fille, tu as du succès ici ! ». Ouais, enfin, comme toutes les filles, quoi… Faut dire que ma peau laiteuse et mes cheveux clairs sont un solide atout, apparemment.



Mais le top du top, c’est la virée en bateau. Il y a quatre membres d’équipage : le capitaine Aziz, l’hôtesse Coralie, la photographe Delphine et le marin Domé. Dès le début du périple, Domé me colle un peu, il pose avec moi sur des photos, c’est assez amusant et je prends ça pour ce que c’est : du jeu. Même si à un moment, il commet un grosse faute : quand je remonte dans le zodiaque après une escale, il me chatouille la voûte plantaire. Il ne faut JAMAIS faire ça, c’est très dangereux ! J’ai assommé Guillaume 1er un  jour où il s’amusait à ça, je me débattais, il a lâché mon pied qui a atterri direct sur son front. DANGER!


Bref, Domé arrive à choper mon prénom (l’a-t-il entendu ou demandé?), explique à ma mère que nous allons nous fiancer… Ouhla, va falloir que je lui explique que j’ai quelques soucis d’engagement, moi… Mais bon, c’est rigolo, je ne prends pas ça au sérieux. Surtout que je ne suis pas du tout à mon avantage : la chaleur m’a fait gonfler, on dirait que j’ai pris 20 kg, mes cheveux sont en bataille, ma face rouge et je ne suis même pas maquillée. A table, quand il me sert mon plat, il s’assoit à côté de moi et me sussure « mmmm, tu dois
être douce! ». DANGER  je suis extrêmement sensible des oreilles, ça m’émoustille un peu quand on me chuchote des trucs. Ma mère en face rigole qu’elle n’en peut plus (le planteur, c’est le mal).


A un moment, à la faveur d’une escale, on discute. Il est très sympa en fait, beaucoup moins clown dès qu’il ne joue plus son rôle, on parle de nos amours, il me dit que je dois faire attention à me préserver (avec un préservatif, s’entend). Il m’explique qu’il a deux doudous en ce moment mais « y a le corps mais pas l’esprit ». Il me raconte aussi qu’il a parfois eu affaire à quelques nanas un peu olé olé sur le bateau qu’il s’amusait à dragouiller un peu pour l’ambiance mais elles se prenaient tellement au jeu qu’il devait expliquer au mari que, non, il n’avait pas de vues sur elles. Y en a même une qui, au moment de quitter le bateau, lui a planté une bise juste à côté de la bouche. Y a de ces connasses des fois…



Lors du dernier jour, je pars faire de la plongée seule et je sympathise avec un mec sur le bateau, je lui ai même prêté ma crème solaire indice 50. Ne nous emballons pas, le monsieur était marié. Mais à peine descendu du bateau, ma mère me voit dire au revoir à cette personne et me demande qui c’est et s’il m’a laissé son numéro.



Conclusion ? Mes vacances ont été beaucoup plus torrides dans l’imagination de ma mère que dans les faits. Non que ma mère ait imaginé la partie torride de l’histoire justement (mais ça va pas non !) mais parce qu’à l’écouter, je suis incapable de me rendre dans un endroit sans briser tous les cœurs.

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