Cendrillon a la gueule de bois

(toujours pas l’article sur le mariage de ma soeur mais on continue à tourner autour).

Dimanche 10 juillet, 11h, “le jour d’après”. Je m’éveille péniblement car il va falloir retourner à la salle des fêtes tout ranger. Face à moi la porte miroir du placard de ma chambre. Et là, ça fait mal : mes cheveux ont un pli épouvantable (l’effet 30 kg de laque sur ton chignon la veille), j’ai du mascara jusque sur les joues. En un mot, je suis passée d’une soirée magique où tout le monde s’extasiait sur ma beauté à un réveil où je ne ressemble à rien de connu. C’est le syndrome Cendrillon a la gueule de bois.

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Bien qu’en l’espèce, la gueule de bois, je ne l’avais pas. Ben oui, je ne maîtrise pas les béquilles suffisamment pour m’en servir une fois saoule et j’ai pas envie de me recasser la jambe donc je suis restée raisonnable dans ma consommation d’alcool. Par contre, à force de béquiller et co, j’avais mal au genou, justement, et au dos, aussi, on va dire que ça fait office de gueule de bois. Vous connaissez un peu cette sensation déprimante de fin après une soirée divine où vous vous sentiez bien ? Ou le monde semblait vous appartenir ? Que vous vous sentiez au faite de votre séduction ? Et bien plus vous montez haut, plus la chute est grande le lendemain. Sauf si vous avez réussi à ramener un vrai prince charmant dans votre lit. Oui, parce que des fois, le syndrome Cendrillon a la gueule de bois peut être aggravé par le phénomène déjà expliqué de la grenouille et de la citrouille et, pas de bol, au lieu de rentrer avec le prince, vous êtes rentrée avec le gueux.

 

gueux

Je déteste ces matins. Le soir, même quand la fête finit, ça ne donne pas cette sensation, on est encore dans l’excitation de la soirée en se disant “waouh, c’était trop bien”. Un peu comme Cendrillon qui, quittant sa citrouille, rentre raconter à ses petites souris la féerie de son bal. Mais le lendemain, quel vide tout à coup. D’une soirée pleine de rire, de glamour, de gens sympathiques (et de champagne), vous passez à votre appartement plus ou moins rangé, plus ou moins grand, plus ou moins glauque. De toute façon, même si votre appart est digne des meilleures pages de Déco magazine, vous voilà à nouveau dans votre décor quotidien, seule ou à peu près (cf supra). Plus de champagne, plus de paillettes ou alors elles sont toutes éparpillées dans votre lit, plus de glamour, votre coiffure est digne des pires atrocités capillaires de Sue Ellen (c’est bien ce à quoi je ressemblais dimanche matin). Vous vous éveillez avec en tête, outre la migraine, cette lancinante et déprimante question : me lever ? Pourquoi faire ? Parce que votre soirée a été tant remplie que là, l’idée de vous adonner à vos tâches habituelles vous donne envie de noyer trois boîtes de Kleenex.

 

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J’aime les soirées, je les aime vraiment. Mais alors le lendemain… Heureusement, Cendrillon a parfois droit à un tour de manège de consolation comme là, dimanche, où nous sommes remontés à la salle retrouver tous les gens qui avaient dormi là et nous avons fait un petit buffet froid. Buffet cafardeux pour la peine car les gens commençaient à partir pour rentrer chez eux et leur chez eux, parfois, c’est loin. Plus tôt dans l’année, par exemple, il y avait eu cette soirée chez la belle Jade qui m’avait inspiré l’article sur la grenouille et la citrouille (cf supra. Oui, j’aime bien dire ça). Le lendemain, avec Anaïs, on étaient allées pique-niquer avec Marielle, une autre fille de la plongée, ça permet de ré atterrir tout en douceur dans la vie quotidienne.

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En fait, nous faire la princesse d’un soir est le pire cadeau qu’on puisse nous faire. La fée était une garce.

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Je ne serai jamais gogo danseuse

C’est pas vraiment que j’y comptais mais là, c’est officiel.

Samedi 18 juin, j’ai donc mon niveau 2 malgré une grosse baisse de forme mais une bonne sieste m’a permis de récupérer, je ne récolte que compliments sur ma combishort bleu électrique (normal, elle est canon), je bois un peu et commence à aimer tout le monde. Ce qui donne à peu près « haaaaaaaaaan, cââââââlin » à toute personne s’approchant de moi. Enfin ceux que j’aime bien, faut pas déconner non plus. Je suis bien, j’aime la vie et les gens, on invente une chorégraphie avec les filles de mon groupe à base de signes de plongée, la soirée est divine.

 

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Et là, tu le sens qu’un drame se noue. A un moment, Michel l’encadrant et Thibault, un nouveau N3 me font grimper sur le bar. Je proteste mais une fois dessus, je commence à danser. Tu le sens venir là ? Ben t’as raison. Un faux pas et je tombe à la renverse, près de 2 mètres plus bas. Tout le monde se précipite vers moi mais je les rassure : ça va, je vais juste rester assise 5 mn le temps de vérifier que tout est ok. Déjà, je me suis pas fracassé la tête, j’ai un peu mal au genou mais ça va passer. Un mec du club vient me tenir compagnie. A un moment, je décide de me lever et je hurle : genou gauche hors service, ça fait putain de mal. Là, je vous passe la parano à base de
« je me suis niqué le genou », « je me suis pétée les ligaments ». Quoi que non, le genou plie mais j’arrive pas à m’appuyer dessus pour marcher. J’essaie, je supporte pas, je suis vagale, mon compagnon de service pense que c’est le bon moment pour tenter une insertion digitale dans ma culotte. Heu non, mec, j’ai mal pour de vrai, là. Finalement, incapable de marcher, je me fais porter à mon lit par deux gars du club. Dormons, on verra demain.


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 Dimanche matin, je me réveille et j’ai maaaaaaaaaaal. Genou gauche toujours hors service et dos qui fait mal. Je vais à la salle de bain à cloche-pied mais c’est officiel : pas de plongée pour moi et je veux aller aux urgences pour savoir ce que j’ai. Comme nous n’avons aucun moyen de transport, je me fais donc trimballer par les pompiers qui pensent aux ligaments. Je continue à penser entorse mais la fille qui s’est tué le genou plus tôt dans la saison paraît très inquiète. Larguée aux urgences sur un fauteuil roulant (que je maîtrisais plutôt pas mal), je finis par voir un médecin libéral car comme dit l’infirmière des urgences « sinon, vous en avez pour 4h ». Oui mais non, je dois prendre un bus à 17h pour retourner prendre le train à Toulon alors je vais pas y passer la journée. Je rencontre donc le docteur qui est drôlement mignon, il me tripote la jambe « mmmm, je crois que vous vous êtes fracturé le tibia ». Non monsieur, c’est le genou qui me fait mal, pas la jambe. Allez, c’est parti, je roule jusqu’à la radio et là, verdict « ah oui, oui, vous vous êtes cassé le tibia, là ». Oh… « C’est une vilaine fracture ». Aaaaah… (en vrai, là, je commence à faire un malaise). « Bien, vous avez deux solutions, où je vous plâtre de la cheville à la cuisse et vous repartez à Paris vous faire hospitaliser soit vous restez ici et on vous opère ». M’opérer ? Pour un os cassé ? Quoi ? Bon, à Paris, je n’ai aucun moyen de transport, j’ai pas pensé à prendre de béquilles dans ma valise donc je choisis de rester là me faire opérer. Entre temps, je préviens mes parents et finalement, je vais me faire rapatrier chez eux.

 

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Sauf qu’à l’hôpital, j’ai vu du monde : pompiers, infirmiers et infirmières, docteur choupinou, radiesthésiste et son collègue au scanner (oui, j’ai aussi passé un scanner) et à chaque fois, le même dialogue :

« Mais comment vous vous êtes fait ça ?

– Je suis tombée.

 – Mais en faisant quoi ?

 – Et bé, je dansais sur un bar… »

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De là, un infirmier m’a fait « allez, on y va la gogo danseuse ! ». Le lendemain matin, alors que j’étais dans le gaz, une infirmière arrive : « alors, c’est vous qui êtes tombée du comptoir ? ». Rooooooh putain la honte. Par contre, docteur choupinou a cru que j’avais 22 ans et une infirmière m’a demandé comment ça se faisait que je passais pas le bac à cette période de l’année. J’ai gloussé en remerciant le ciel qu’elle ne me fasse aucune piqûre parce que m’enlever 13 ans en un claquement de doigt, ça me rassure pas trop sur sa vue quand même.

 

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Au final, j’ai été rapatriée et prise en charge par un super chirurgien qui a expliqué à mon père : « elle a eu du bol ta fille, à 3 cm près, elle s’arrachait aussi le péroné et les ligaments ». Et comme je mange beaucoup de yaourt, j’ai les os solides donc je n’ai eu que 2 vis au lieu d’une plaque.

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Maintenant ? 5 semaines d’arrêt maladie (mais j’ai suggéré un télétravail à mon boss), 2 mois de rééducation au moins, pas de sport d’ici avant 3-4 mois, vacances en Martinique annulées, une piqûre quotidienne dans le ventre pour éviter une phlébite pendant un mois, deux prises de sang par semaine, je sais même plus combien de médocs en tout genre, des bleus tout partout. Et une belle attelle qui va faire joli sur les photos du mariage de ma sœur. Mais positivons : vu la configuration du lieu où je suis tombée, j’aurais pu me faire beaucoup plus mal (mon dos n’est que râpé in fine) voire me rompre pour le cou au sens propre du terme. Alors ça fait chier, mon été va être entre parenthèse mais finalement, c’est dans la lignée de 2011. Puis je sais que la vie est taquine : si elle me pète le genou, c’est pour mieux me faire des bisous derrière.

On va dire ça comme ça.

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